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[RP] Un charmant bambin, un Duc, l'hermine et le lys

Riwan
J'avais quelque chose de coincés dans ma bouche, entre mes dents. Je saisis donc mon couteau pour essayer de faire partir ce bout de poulet.
Je dérape.
Mon coude part je ne sais où et fait gicler la sauce. Mon beau costume est fichu. Le couteau part et il s'en faut de peu, très peu, pour que je sois marqués à vie de ce triste incident. Cela m'aurait obligé à déclencher une guerre pour pouvoir faire passer la cicatrice pour une blessure de guerre.
Aristote est sans conteste intervenu.
Courroucés, principalement après moi, je hurle:

Servaaaaaaaan !
Le pauvre serviteur entre, un courrier à la main. Habitués à mes accès, ou mes excès ca dépend du point de vue, de colère, il répond:

-Oui votre Altesse ?
-Et bien je... je ne sais pas. Nettoie tout ca, pour commencer.
-Bien sûr.
-Et que tient-tu là ?
-Ca ?
-What else ?
-Oh, Votre Altesse s'entraîne à l'anglais, c'est bien.
-J'ai fait des progrès, tu a vu. Et donc ?
-Ah oui. Il s'agit d'une lettre que Votre Altesse vient de recevoir.
-Montre.


Et les doigts plein de graisses et de sauces, je me met à lire.


Citation:
Au Dug Breizh, Sa Grâce Riwan Nathan de Brocéliande,

De moi, Arnaut de Malemort, salut et respect.



Monseigneur,
Vous ne me connaissez point et, bien que vous soyez vous seul à la tête de la plus grande puissance de l'Ouest, je ne vous connais guère non plus. Aussi me pardonnerez-vous l'incongruité de la présente missive, et l'audace de la requête qu'elle transporte. Mais icelle revêt pour moi une telle importance que je me dois de faire fi des us et du décorum, afin de me montrer économe de mon temps comme du vôtre, en allant droit au but. Ma naissance ne m'a pas enseigné la patience, mon jeune âge ne m'a guère permis d'y être rompu par l'éducation. C'est pourquoi j'écarte sans reproches les intermédiaires qui sont le lot des voyageurs habituels pour m'adresser directement à vous, Duc de Bretagne.
Je suis Arnaut de Malemort, bâtard de la Maison Malemort, enfançon de Nebisa de Malemort et de Feu Bralic Fauconnier.
Si le nom illustre de mon père doit vous être inconnu, celui non-moins illustre de ma matriarche vous sera familier, j'en suis sûr.
Vous saurez dès-lors qu'elle compte parmi les plus grands feudataires du Royaume de France, et qu'elle est un très estimé officier de sa Couronne.
Et vous saurez également que malgré mon jeune âge, à l'instar de vous et de vos semblables en Bretagne, je compte de par ma naissance parmi les grands de France, prédestiné que je suis à un avenir pareil à celui de ma mère et de mon défunt père.
C'est pourquoi j'ai pris la plume pour vous causer à vous et non à un fonctionnaire de votre administration tentaculaire, et c'est ce qui nous mène au vif du sujet.

J'ai atteint il y a quelques semaines mes 10 ans, âge chez les Malemort d'une certaine maturité. De ce fait, j'ai pu entreprendre depuis Paris un voyage initiatique qui devrait me mener où ma curiosité du monde me pousserait, au gré de mes envies de découverte, et ce afin de parfaire ma connaissance de l'Europe et de ses richesses, culturelles comme économiques.
Et si mon choix devait initialement se porter sur les Pays-bas Impériaux et sur la Bourgogne, pays exotiques et de ce fait attrayants, ma curiosité finit irrémédiablement par me pousser vers l'Ouest. Curiosité attisée par les récits de mon enfance d'exploits passés de chevalerie, de grandes batailles pour le contrôle de la Bretagne, et de guerres innombrables qui virent finalement triompher la culture et l'indépendance Bretonne.
Je me trouve actuellement en terre Normande, à Avranches. Depuis quelques semaines que je traverse ce Duché, je me meurs d'ennui, attendant l'opportunité de découvrir le Grand-Duché de Bretagne, dans toute sa complexité et sa magnificence, comme il mérite que je le découvre.
Vous êtes mon opportunité.

Car de par ce que je sais de vous et des vôtres, de ce que votre famille ne compte pas de rustres qui ne verront en moi qu'un potentiel ennemi -pourtant bien frêle-, j'espère avec audace que vous serez enclin à me faire découvrir votre pays, à me gratifier de quelques enseignements qui m'aideront à mieux en comprendre la culture et l'essence, ce qui en fait la puissance. Au nom de l'amitié entre nos deux Couronnes, par égard pour ce que je suis et pour l'avenir que ceux de ma génération comme ceux de la votre se doivent de bâtir pour que nos deux pays prospèrent dans la paix, je sais que vous accéderez à la requête d'un fils de France.

Je vous demande par la présente, Vôtre Grâce, de bien vouloir accorder laissez-passer, sauf-conduit et escorte à ma personne et à ma suite, pour la frontière et pour l'intérieur des terres. Et surtout Monseigneur, je sollicite votre bienveillance, vos conseils et votre enseignement, afin de jouir de mon séjours en Bretagne pour élargir mon esprit à de plus larges horizons et complèter mon éducation d'Homme et de noble de France.

Permettez qu'un enfant ivre d'espoirs d'un monde nouveau se fasse l'ambassadeur de son pays au sein du vôtre. Permettez que mon séjours me permette de me faire vôtre ambassadeur auprès des feudataires de Province et de la Cour de Sa Majesté le Roi de France.
Permettez, Monseigneur, que je dépasse les clivages pour m'ouvrir l'esprit à un monde qui me fut longtemps interdit, mais qui ne saurait me rester inconnu.



A Avranches, le 26 Octobre 1457
En mon nom seul
Arnaut de Malemort
Fils de France


Je repose la lettre en souriant.

Il est mignon ce petit. Même si ce n'est qu'un bâtard, j'ai bien envie de lui répondre. Après tout, la Comtesse de Ségur, c'est quand même quelqu'un.
Prend une plume et écrit.


Et Servan d'obéir.


Citation:
Au Sieur Arnaut de Malemort ,

Demat,
Vous avez bien fait d'écarter les intermédiaires. Vous n'êtes pas n'importe qui après tout. Le nom de votre Mère, sa grâce et son prestige, fait de vous un dignitaire du Royaume de France. En conséquence vous ne pouvez vous adresser à des sous fifres.
Soyez sûr que la Bretagne sera prête à vous accueillir. Je vais immédiatement vous faire préparer escorte.

Il va sans dire que vous profiterez de votre séjour pour visiter la Bretagne et en apprendre davantage sur sa culture, ses valeurs et la source de sa puissance. Je m'assurerais en personne que votre séjour chez nous vous soit enrichissant.

Fait au Château de Rennes,
D'ar Meurzh 27 a viz Here 1457

SA Riwan Nathan De Brocéliande,
Duc de Bretagne




Une fois terminés, je prend sans un mot le courrier, le relit. Puis j'y fait couler la cire rouge, avant d'y apposer mon sceau.

M'adressant à Servan:

Tu feras partir ce message le plus rapidement possible. Et dis au Capitaine que je veux le voir.
_________________
Arnaut
    Une auberge Normande, un soir de tempête...


Un fin sourire d'aise et d'auto-satisfaction fendit les lèvres du petit Malemort, tandis que son précepteur lui faisait la lecture de la réponse ducale.
S'affairant déjà à se préparer pour un voyage qu'il avait espéré et organisé de longue date, fourrant ses effets dans les malles qui étaient étalées à même le sol de sa chambre d'auberge, dans un bric-à-bric de chiffonnier, il fit rédiger une réponse par la main habile du professeur que lui avait délégué sa mère, et qui savait mettre en forme ce que lui dictait à brûle-pourpoint le cadet de la Chieuse.


Et n'oublie pas de lui donner de l'Altesse, puisqu'il en use lui-même allègrement.


Citation:

A Son Altesse Riwan Nathan de Brocéliande, Dug Breizh;

De moi, Arnaut de Malemort, salut;


Votre Altesse,
J'accuse réception de votre réponse, et vous remercie en mon nom et celui de ma mère de votre bienveillance. Elle sera payante, soyez-en assuré.
J'ai peine à dire ma reconnaissance et ma joie de pouvoir enfin découvrir cette mythique Bretagne dont on m'a tant vanté le charme.
Je me met sans attendre en route pour Felger, où j'attendrais de vos nouvelles.
Vous écrirez une page de l'histoire d'Europe, Monseigneur.


Avec dévotion,
Arnaut de Malemort
Fils de France


Un regard entendu pour l'érudit qui s'était fait fort de faire son éducation de jeune noble. Il parcourut rapidement le vélin qu'il lui tendait, esquissa un sourire satisfait, et confia le précieux parchemin au messager du Duc de Bretagne. A celui-ci :

Porte ce pli à Monseigneur. Vois avec Gontran ci-présent pour que l'on te baille à souper, et récompense pour ton prompt service.
Bon voyage.


Le messager, trempé et transis de froid, ne se fit pas prier. Il avait attendu, grelotant, que le petit ait fini de dicter sa réponse à son maître, luttant contre la faim qui le tiraillait, la fatigue, et surtout le désir pressant de quitter cette auberge, cette ville Normande où ceux de son pays étaient loin d'être les bienvenus.
Arnaut lui, tout fier de son effet de style, s'éclipsa sur ces mots, s'affairant nerveusement à enfiler des habits d'hiver adéquats pour le voyage, à refaire sa toilette, à se répèter à lui-même la scène qu'il jouerait bientôt à son publique restreint, le Duc et ceux qui l'accompagneraient à sa rencontre.
On restait souvent sur sa prime impression. Elle devait donc impérativement être bonne. Tout les opposait, il partait lesté par une donne défavorable, et par des décennies de conflits, de trahisons et de frustration qui étaient tout le désamour entre la Bretagne et la France.
Mais le petit se devait de convaincre, de faire mouche pour être intégré non comme un intrus, mais comme un émissaire auprès de la Cour de Bretagne. Lourde tâche, hardi défi. Mais à coeur vaillant, rien d'impossible. Et le fils de Bralic en avait un, de coeur vaillant...



    Il était une fois... la Bretagne !


Le lendemain de ce bref échange, aux aurores, un attelage sans prétention apparut en vue des remparts de Fougères.
Composé d'une voiture plutôt imposante par son luxe et sa taille et de deux paires de chevaux de trait Limousins, l'équipage matinal soulevait dans son sillage d'épais panaches de poussière, mais serpentait sur les routes de la plaine fougeraise sans presque émettre aucun son.
A l'intérieur, sous le couvert des pans de tissu qui obstruaient les fenêtres des portières de sa voiture, le petit Malemort bringuebalait, tombait, se relevait, jurait des mots que sa mère n'aurait pas toléré et... tyrannisait sa nourrice vieillissante et son pauvre professeur.
Blâmant tous les Saints, maudissant tous les cochers, il n'avait de cesse de remuer sur son siège de velours capitonné, pour aller timidement écarter les pans de la tenture et risquer un regard vers le dehors, et vers cette campagne bretonne qui le fascinait tant déjà.
La gorge nouée, il demeurait quelques secondes à admirer le paysage défilant sous ses yeux à l'allure forcée qu'avait pris son attelage, avant de retourner s'asseoir, le visage fermé, le regard bas. Il se triturait les doigts, se rongeait les ongles, pestait contre la médiocrité du confort et... retournait à sa fenêtre. Ce ne fut que cela, pendant toute la durée du voyage.
Voyage de nuit et sans encombres, d'ailleurs.
Tout s'était passé pour le mieux, malgré ses propres craintes et celles des adultes qui l'encadraient. La vue d'un attelage en provenance de Normandie ne rendait pas encore les paysans bretons fous de rage.
Une chance qu'il n'y ait eu aucun Lys sur les armes familiales qui ornaient la voiture. Ils avaient dû le prendre pour un nobliau du pays, de retour d'un commerce...


Gontran, veux-tu dire à ce traine savates de cocher de ralentir l'allure ?
Nous arrivons. Je ne voudrais pas être pris pour cible par les défenseurs de Fougères. Sait-on jamais, avec les soudards.


Le ton est sec, glacial, et surtout sans appel. Gontran, son professeur, s'exécute sans broncher.
L'allure décroit. Le paysage défile toujours, mais le petit Malemort peut encore mieux en goûter les raffinements.
Durant quelques minutes, un silence de plomb s'installe à l'intérieur de l'habitacle.
Et enfin, Fougères. L'ombre de ses remparts qu'un soleil levant projette sur les alentours. La poterne. Le pont-levis, passé sans encombres. Les gardes, sur le qui-vive, mais qui font preuve d'une bienveillance plaisante à l'égard de cette petite compagnie, une fois la lettre du Dug présentée en sésame.

La voiture s'immobilise devant une auberge.
Le cocher en descend les malles, prêtant à peine attention aux remontrances fielleuses et sourdes du petit Chieur. La nourrice se dirige fébrilement vers les latrines. Gontran, lui, s'en va voir l'aubergiste et régler les menus détails de leur séjour ici.

Le manège bien rôdé depuis quelques étapes se poursuit, et chacun vaque à ses occupations. Arnaut prend possession de sa chambre, anxieux de voir arriver dans les jours prochain son soldatesque comité de réception, et son hôte lui-même...
Gontran, la nourrice et le cocher, eux, préparent, mitonnent, rangent et garent sans se soucier du jeune maître, et de ses habituels états-d'âme.
L'un à la chambre, l'autre au comptoir, l'une à la baignoire et le dernier aux écuries. Ainsi va la suite du bâtard de Malemort...

_________________

Tribulations d'un Fils de France
Trilo
Un servant était venu chercher le capitaine de Breizh. Le Dug voulait s'entretenir avec lui, probablement pour mettre en ordre de marche ses hommes afin de protéger la Bretagne de la françoise toujours aussi présente.

Demat votre Grâce,

vous avez dû recevoir des nouvelles de mouvements de troupe de l'autre coté de la frontière. Où voulez vous que je place mes hommes afin de protéger notre beau pays.

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Riwan
Je terminais tout juste mon dessert, des pâtes de fruits angevine. J'en était tombés amoureux depuis que la Duchesse Kilia m'en avait fait goûter.
Trilo rentre, sans prévenir. Groumpf, aucun respect les militaires. Après un cours instant d'attente, et tout en prenant une autre pâte de fruit, je lui dis:

Ah Capitaine, heureux de vous voir. Vous penserez à préparer une escorte. Un dignitaire français vient nous rendre visite. Il devrait être à Fougères sous peu. Accueillez-le et escortez-le jusqu'ici pour me le présenter. Il terminera plus tard son voyage.

J'avale rapidement la pâte de fruit, et je conclus:
Vous pouvez disposer.

Alors qu'il s'exécute, j'ajoute quelques mots:
Il se nomme Arnaut de Malemort, c'est le fils de la Comtesse de Segur et Grand Chambellan du Royaume de France.

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai "omis" de préciser que ce n'était qu'un bâtard.
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