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Info:
Maeve Alterac s'en va rencontrer son maitre d'armes, Snell.

[RP] Deux balafres, une écuyère, un maitre d'armes.

Maeve.
Depuis le temps... elle aura parcouru du chemin la Flamme, avant d'enfin envisager de rencontrer son maitre d'armes. La première fois qu'on lui avait proposé de lui apprendre les armes, elle avait huit ans, se remettait à peine de son agression, et sa mère avait dit que ça attendrait un peu.
Maeve s'était alors contentée du tir à l'arc, art qu'elle avait perfectionné jusqu'à y devenir excellente. Et puis était partie pour la Lorraine. Livrée à elle-même, Leandre étant très occupé à l'époque, elle avait perfectionné encore sa technique, puis avait postulé à l'Ost lorrain. Là-bas, elle avait surtout ... bah tiré à l'arc, pratiqué l'équitation, et appris les bases de la balistique. Mais toujours ni dague ni épée en vue...

C'est à Vaudémont qu'elle avait reçu la missive d'Eusaias, au milieu des malles qu'elle préparait pour son retour. Un pli dans lequel il lui demandait de rentrer, lui annonçant qu'il avait trouvé pour elle un maitre d'armes autre que lui-même, un bon... Intriguée, elle avait pris la route, ne prévenant que le jeune Cassian, qu'elle n'avait même pas rencontré alors.
Plus vieille, plus sage, elle avait d'abord gagné la Franche-comté, et son lot de souvenirs sombres. Trois baffes, du sang, des plongeons... - entre l'annonce de la mort de Zelda et les retrouvailles avec Soeli- ce qui avait d'autant plus renforcé la conviction de la rouquine qu'il lui fallait rentrer chez elle...

Majeure désormais, grandie, mûrie, elle avait retrouvé avec plaisir et déconvenues famille et entourage... Un tas de nouvelles têtes, de Cassian à Alycianne, une Nore changée en fashion victim, Marie qui sourit de nouveau, et surtout, surtout... ses parents réunis ! Tant de choses qu'elle aurait aimé partager avec son chevalier...
Mais s'il l'a bien suivie dans son retour à la maison, il se fait pourtant bien rare à l'heure des confidences et du partage d'émotions. Ainsi soit-il... Elle s'est concentrée sur elle-même.
Voyage en Limousin de nouveau, retour avec un nouvel écu, de nouvelles terres à gérer, la demoiselle est devenue Dame, souvenir étrange d'une journée forte en souvenirs...

Bourgogne la revoilà ! Et forte de ses expériences, prête à enfin attaquer sa vie de femme, la jeune Maeve se met, à peine rentrée, en quête de son futur maitre d'armes. Perchée sur son cadeau d'anoblissement, à savoir un hongre alezan brulé de quelques années, doté d'une liste et de deux balzanes, avantageusement nommé Fernand, elle parcourt donc les quelques lieues qui la sépare du campement de l'armée de son futur maitre d'armes, dont elle n'a eu au final que quelques échos.
Vassal du triduc, l'Infâme de Bourgogne, frère d'Eusaias... Elle attend beaucoup de Snell. Ce matin, elle a même fait l'effort d'enfiler une tenue de circonstance : des braies d'un cuir aussi noir que ses bottes -même si celles-ci portent des marques évidentes d'éraflures, l'orteil qui commence même à forcer un peu le bout, depuis le temps qu'elle les porte- une chemise de laine noire, un doublet de cuir bouilli, rouge sang, aux couleurs de son nouveau blason.
La tignasse rousse a été pour une fois disciplinée à coups de brosse douloureux, jusqu'à parvenir à les nouer dans la barrette au serpent d'argent offerte par une Féline. Quelques boucles qui retombent sur la joue droite, afin de masquer la balafre qui la traverse. Sur sa cuisse, la dague offerte par sa mère. A la hanche, une épée vieillie qu'elle a trouvé dans la salle d'entrainement de la demeure familiale.

Intimidée bien que faisant la fière, elle arrive enfin en vue des premières tentes. Quelques gardes qui semblent discutailler le bout de gras alors qu'elle approche, attirant par là les sourires narquois. Que fait donc une jeune dame de quatorze ans à peine sonnés à l'orée d'un campement militaire ? Tâchant de rester digne et droite, Maeve consent un sourire un peu forcé, heureusement le rouge de ses pommettes peut être imputé au froid qui règne en ce matin de janvier.


Hola la garde ! Est-ce bien ici que je peux trouver Snell, seigneur de Moulins-Engilbert ?
- Oui m'zelle même si on s'demande qu'est-c'qu'vous pouvez bien lui vouloir !
Faisant fi des ricanements qu'elle sent sourdre dans leurs propos, elle enchaine...
Veuillez m'y conduite, ou lui annoncer que Maeve Alterac, fille de Marie-Alice Alterac, est présente afin d'endosser sa fonction d'écuyère.
Elle n'a pas énuméré son titre, ni ceux de sa mère. Elle n'est pas là pour pavaner, mais pour se mettre au service d'un des grands bourguignons et d'un combattant.
- euh oui m'zelle Alterac, tout d'suite...

Et un des deux de détaler, la plantant là face à l'autre qui se dandine. Décidée à rester à cheval, elle attend donc. A quoi peut-il bien ressembler son maitre d'armes ? Grand, beau, brun, élancé, jeune et élégant ? Ou vieux, barbu, ventripotent et vulgaire ? Oui, oui, des questions plus que légitimes pour une jeune fille. Si, si. Comment ça les armes ? Oui, bah des fois, Maeve, elle pense à autre chose que sa future collection de goupillons et autres morgenstars... c'est comme ça.
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Au revoir, Fab.
Snell
Ayant délaissé ses cartes du duché, l'infâme Borgne de Bourgogne était installé à son bureau de terrain, une lettre dans une main et une bague surmontée d'un rubis dans l'autre. Devant lui, une collection de lettres semblables étaient étalées et une coupe de vin à moitié bue veillait sur le tout.

Un léger sourire aux lèvres, Snell lut la missive écrite d'une écriture délicate.


Citation:
Voici, bel Ulysse, un rubis monté en chevalière. Nous serons demain dans le Béarn, mais je trépigne en songeant à ceux qui se battent en Provence... Que ne suis-je avec eux !

Tendrement,
Ta Pénélope énamourée


De par la nature secrète de leur liaison, Snell et Armoria avaient depuis longtemps commencé à s'écrire via des notes sans sceaux officiels et signés des pseudonymes d'Ulysse et Pénélope, un clin d'oeil aux odyssées qui les séparaient régulièrement. Quiconque interceptait ces mots d'amour n'avait donc aucun moyen de les utiliser contre eux.

Snell sourit en pensant à sa douce Pénélope, loin dans le sud du royaume. Elle lui manquait, mais il devait poursuivre sa propre mission. Celle de redonner des dents à la Bourgogne. De la doter d'armées et d'une nouvelle génération de guerriers pour la protéger. Même si pour cela il devait se séparer de la femme qu'il aimait.

Il soupira.


Cap'taine?

Snell releva le regard et toisa le soldat qui avait passé la tête par l'embouchure de la tente.

Oui?

Le soldat entra timidement.

Y'a une mam'zelle Alternac ici pour vous. Elle dit être la fille de Marie-Aline Alternac. Pour être vot' écuyère qu'elle dit.

Le Borgne sourit à la déformation du nom et en prit note pour le réutiliser devant Marie. Marie-Aline Alternac, reine de Hongrie! Ça lui méritera un bouchon sur le cabochon, mais ça en vaudra la chandelle pour lui voir la tête.

Merci, soldat. Dis-lui d'entrer.

Le soldat hocha la tête et retourna dehors d'un pas rapide.

La réponse à la lettre allait devoir attendre pour l'instant.

Son écuyère était finalement arrivée! Voilà plusieurs mois qu'Eusaias et Marie lui en avait parlé. En fait, tellement de temps avait passé que le Borgne avait même oublié l'arrangement qui avait été pris. Enfin, la situation promettait d'être intéressant! La fille de Marie! Il se demanda si elle ressemblait à sa mère. En fait, tout ce qu'il savait d'être est qu'elle était balafrée comme lui. Enfin presque, puisqu'elle avait encore ses deux yeux. Mais pour le reste, il ne savait rien. En gros, il s'imaginait une Marie en plus jeune, avec une balafre.

L'image le fit sourire.

Snell glissa la chevalière à son annuaire, ajouta la lettre qu'il tenait aux autres et puis les rassembla toutes. Il alla ensuite au fond de la tente les replacer dans le coffre qui contenait ses effets personnels.

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Maeve.
Une, deux, trois mèches échappées sous les coups d'un vent farceur pendant qu'elle attend sagement qu'on vienne la chercher... qu'elle rattrape de ses doigts déjà engourdis par le froid. D'autant que les gants de cuir les rendent électriques. Autant dire que sa coiffure ne ressemble plus qu'un amas roux tendance abstrait.
Et c'est précisément alors qu'elle tente de calmer les ardeurs de ses boucles que le garde revient se planter devant Fernand. Minois légèrement confus qui se tourne vers le garde, menottes emmêlées dans les cheveux, larmes perlant au coin des saphirs chahutés. Maeve tente vainement de récupérer une contenance, et tant pis pour sa caboche échevelée...


Et bien ?
- C'est par là m'zelle, l'chef vous attend... v'lez qu'on vous garde l'canasson ?
Non merci... je m'en occupe.

D'une pression des mollets, elle intime à l'hongre l'ordre d'avancer... Pas très rassurée, elle progresse entre les tentes jusqu'à rejoindre celle désignée par le garde comme étant celle de Snell. Quelques braseros, quelques feux de camp, des soldats affutant leurs haches ou épées, d'autres alanguis, certains qui la regardent d'un air surpris.
Faut dire qu'elle n'est pas très grande pour son âge, Maeve, et qu'une silhouette menue perchée sur un alezan plus robuste que haut, habillée de noir et de rouge, une coiffure alternative évoquée plus haut, deux saphirs lui mangeant un visage ravagé pour une balafre qui n'a rien à envier à leurs blessures de guerre, y'a de quoi déconcerter. Elle ressemble à Flaiche bien plus qu'à Marie physiquement, il semblerait que ce soit au niveau du caractère qu'elle tienne de sa mère. A en croire certains, ce ne serait pas un compliment... Pour la rouquine, c'est signe de fierté, bien sûr, et d'une bonne éducation.

Enfin elle met pied à terre, devant la tente imposante du chef d'armée. Attachant le licol à une corde, desserrant muselière et sangle, elle se prépare mentalement à la rencontre. Elle tire sur sa chemise, replace le doublet, la cape, essaie de rattraper une dernière fois ses cheveux rebelles, et inspirant un grand coup, elle soulève un pan de toile épaisse, et pénètre dans l'antre de l'Infâme.
D'un coup d'oeil elle l'a repéré au fond... Encore de dos, il l'entend arriver, mais elle a le temps de se rendre compte de sa taille, sa corpulence, l'allure d'un guerrier, les épaules carrées, la nuque lourde et quelques têtes de plus qu'elle. Au moins ne s'agit-il pas d'un ventripotent petit soldat débonnaire... ça aurait eu moins de classe, avouez.


Bonjour .. euh... Sieur ? Elle aurait peut être du l'appeler maître dès le départ ? Zut... Comme on a du vous l'annoncer, je suis Maeve Alterac. Eusaias m'a envoyée chez vous, afin d'y prendre la place d'écuyère à votre service.

Le bout du nez rouge et la cicatrice qui en ressort d'autant plus blanche au milieu du minois rosi par le froid et la timidité. Que n'a-t-elle lâché ses cheveux qui de toute façon se sont libérés seuls du carcan d'argent ? Peut-être n'aura-t-il pas envie d'une écuyère aussi amochée, aussi maigrichonne, déjà toute abîmée...? Mais Snell se tourne enfin, dévoilant à la lueur du brasero qui réchauffe la tente son visage aussi couturé que celui de la jeune fille, un oeil en moins.
Mirettes azurées qui s'écarquillent, lèvres purpurines qui immédiatement dévoilent les quenottes dans un sourire franc. Il est aussi moche qu'elle ! Lui non plus ne dispose plus d'un visage épargné ! Ils ont presque la même cicatrice, en miroir, droite, gauche, elle s'en fiche, elle sourit, rassurée. Ainsi il ne la jugera pas sur ça, au moins.

Inquiétude qui après tout était vaine, vrai qu'elle ne postule pas comme sa soeur ainée à un poste de dame de compagnie que l'on traine dans les salons... Ecuyère, cela signifie les armes, les champs de bataille, les tournois et l'apprentissage de la guerre et de la défense. Pas de place pour la dentelle et la coquetterie... Et ça tombe plutôt bien.
Poliment elle s'incline. Si 'Nore est douée dans les usages du monde, Maeve ne sait toujours pas exactement comment se conduire envers les étrangers. Sur ce point aussi, il faudra la former.

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Au revoir, Fab.
Snell
Snell terminait de ranger ses affaires lorsqu'il entendit le lourd rabat de la tente se soulever et retomber.

Bonjour .. euh... Sieur ? Comme on a du vous l'annoncer, je suis Maeve Alterac. Eusaias m'a envoyée chez vous, afin d'y prendre la place d'écuyère à votre service.

Il se releva et songea un instant à son apparence. Vêtu de son vieux mantel marron, de ses braies bleues et de ses lourdes bottes de combat, il faisait bien le vétéran aguerri, mais pas du tout noble raffiné. Enfin, c'était bien un maître d'armes que la petite venait chercher, non?

Le Borgne se retourna enfin pour voir la petite femme qui se tenait à l'entrée de la tente. Ses réflexes de guerrier prirent le dessus et il évalua sa future écuyère en tant qu'adversaire potentiel.

La première chose qui le frappa était sa grandeur. Maeve était du même âge que sa propre fille aînée, mais nettement plus petite. Certains diraient qu'une petite taille était nécessairement un désavantage en combat, mais Snell avait assez d'expérience pour savoir que c'était faux. Même qu'inspirer un faux sentiment d'infériorité pouvait se révéler un avantage important.

Ensuite il remarqua la chevelure écarlate et indomptée qui laissait présager un caractère semblable. Un peu inquiétant, ça. C'était imprévisible et donc très utile dans un combat.

Finalement, la petite avait une posture aux aguets, comme si elle anticipait un coup. Un excellent réflexe pour une guerrière. Elle avait du potentiel, ça se voyait immédiatement.

La réaction de Maeve en le voyant lui plut moins. De la surprise et un sourire ravit. Elle pensait peut-être qu'elle était arrivée en colonie de vacances? Snell espérait de tout coeur qu'il n'avait pas affaire à une gamine venue jouer à des jeux.

Il décida de mettre les choses au clair avant de commencer.


Enchanté, damoiselle Maeve. Je suis Snell du Quai Baudon, l'infâme Borgne de Bourgogne.

Bah oui, pour être clair, c'est clair. Il est lui, quoi. Et qui le connait sait bien qu'il aime se présenter. Mais voilà, c'est fait. Heureusement, il n'avait pas terminé.

Avant de vous accepter comme écuyère je désire être très clair sur deux points très importants. Si vous n'êtes pas prête à accepter mes termes, il sera toujours temps pour vous de quitter.

Le Borgne empoigna son épée, la dégaina et la planta dans le sol devant la rouquine.

Premièrement, l'acier d'une épée se moque éperdument que vous soyez une roturière, une noble ou la fille d'une amie très chère. Elle tranche tout de la même façon et comme elle, je ne vous ferai pas de cadeau, ni de passe-droit. Vous comprenez?
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Maeve.
Elle a l'habitude, Maeve, d'être observée, étudiée, jaugée. D'abord, en taverne. La balafre dont elle a arrêté d'avoir honte attire regards et commentaires régulièrement, sans compter les questions. Ensuite... Quand elle avait huit ans, un premier maitre d'armes, informel, roturier, lui a appris à tirer à l'arc. De la même façon que Snell ce matin, il l'avait étudiée pour lui façonner une arme à sa mesure.
Puis il y avait eu la Lorraine, et l'entrée à l'Ost. Crusader aussi l'avait ainsi étudiée, avant de l'accepter et de la former aux bases de son art. Elle connait ses points forts et ses points faibles... Amoureuse de l'escalade d'arbres et de murs, elle a travaillé les muscles du dos, allongeant ceux des mollets et des cuisses. Les bras doivent leur force au tir à l'arc qu'elle pratique quotidiennement. Les jambes à l'équitation. Même si elle semble fine et presque fragile, Maeve n'en est pas moins capable de tenir un entrainement, du moins ceux qu'elle a subis pour l'instant, compensant ainsi sa petite taille, sa condition féminine et sa jeunesse.

Le sourire s'est affadi, légèrement, les prunelles quant à elles toujours rivées au visage de son maitre d'armes. Ou du moins de celui qui devrait l'être, s'il la juge digne de son enseignement. Epaules bien droites, elle ne cille pas. L'énoncé de son nom l'amuse, mais elle ne sourit plus, sérieuse comme un pape...
De même qu'elle réprime un sursaut quand le bourguignon vient planter son épée dans le sol devant elle. Les saphirs toujours levés vers l'oeil valide de Snell, elle ne la regarde pas. Sérieuse comme un pape, elle répond à la question d'une voix grave qu'on n'attend généralement pas chez une jeune noble de quatorze ans. A peine se permet-elle un hochement de tête. Marie-Alice a raison, elle a mûri la jeune Alterac.


C'est afin d'être écuyère que je me suis présentée, Maître ; je suis consciente du rôle qui sera le mien : obéissance, respect et entrainement. Le contraire m'aurait déçue, je suis là pour apprendre.

La sincérité ne fait aucun doute dans les mots qu'elle pose. Un instant, elle imagine Nore à sa place et manque esquisser un sourire... Les deux soeurs Alterac sont si différentes l'une de l'autre... Si l'étincelle voue un culte à la mode, les robes et la vie de Cour, la Flamme annonce sa volonté d'être chevalier depuis qu'elle sait parler, et les discours sur la difficulté de l'apprentissage, elle les entend depuis toujours. Sans compter les entrainements déjà subis, son agression et la vie qu'elle a menée seule, tenant sa maison et s'occupant des plus jeunes, à Vaudémont. Loin d'être la demoiselle en fourrures des salons de la Cour.

Quelle est la seconde condition ?
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Au revoir, Fab.
Snell
Snell toisa la fille, non, plutôt la jeune femme, qui était devant lui pendant un long moment. Car s'il s'attendait à recevoir une fille, c'est bien un jeune femme qu'il avait devant lui. Maeve n'était pas du tout comme sa soeur, qui avait accompagné son armée jusqu'à Genève juste pour se percher sur les épaules des ses soldats comme une enfant gâtée. Le Borgne était agréablement surpris.

Ma seconde condition concerne ce que je vais vous enseigner. Ceci concerne donc plus vos attentes que mes propres exigences.

Je ne suis pas chevalier, voyez-vous, et je ne prétends pas l'être. Je vais vous montrer plus que simplement vous battre, je vais vous enseigner comment tuer et surtout comment éviter de vous faire tuer, et ce par tous les moyens possibles. Avec moi vous apprendrez les pires saloperies, les plus infâmes manoeuvres et les plus basses vilénies possibles pour gagner un avantage dans un combat. Pour vous défendre contre eux, il faut d'abord les maitriser.

Ce que je ne vous enseignerai pas, par contre, c'est un code moral stricte ou un code de chevalerie. Si c'est ce que vous recherchez, vous pourrez aller le trouver ailleurs après avoir complété votre formation.

Vous comprenez?

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Maeve.
Elle ne peut que l'écouter. Le ton, la voix et l'autorité naturelle de Snell font de Maeve une élève attentive. Le petit discours de son maître d'armes, elle l'entend et le digère avant de répondre. Il faut dire que certains mots résonnent à ses oreilles.
Tuer.
Pires saloperies.
Infâmes.
Vilénies.

La pupille s'étrécit dans l'azur de ses prunelles, elle cogite les termes, sans douter un seul instant que le Borgne n'ait soigneusement choisi ses mots. Bien sûr elle a toujours voulu être chevalier. Elle connait les armes et leur double tranchant, elle sait que défendre les faibles et les paysans, ne serait-ce que parce qu'elle est noble, ça signifie avoir à tuer. Pour autant l'idée fait son chemin qu'elle aura à l'apprendre, froidement... Pour mieux pouvoir l'éviter plus tard, se dit-elle.
Comme le dit Snell... Mieux elle connait les techniques, mieux elle pourra les éviter, mieux elle pourra se défendre, sans forcément les appliquer à son tour. La rouquine déglutit, avant de hocher la tête. Elle a bien compris.

Le reste lui arracherait presque un sourire, si elle avait perdu le léger gout métallique qui lui est venu en bouche aux premiers mots.


Oui, Maitre, je comprends. Et il est prévu dans mon apprentissage que je rejoigne l'Ordre royal de la Licorne, où je trouverai un chevalier pour m'enseigner ce code de chevalerie, ces valeurs morales auxquelles vous faites référence. De vous, il a toujours été clair que j'apprendrai le maniement des armes. Si vous décidez de m'accepter comme écuyère, je tacherai de me montrer digne de cet honneur, et une élève attentive.

La Licorne... Seul ordre valable à ses yeux... Celui qui aura accueilli sa mère, son père, dont son oncle aura été Grand maitre, souvenirs d'une pivoine maitre de guerre et d'un brun ténébreux qui l'avaient sauvé d'une mort certaine, le jour où elle avait écopé de sa balafre. Elle sait qu'elle sera, quand elle sera prête, quand elle en aura le courage, aussi, l'écuyère personnelle d'Ethan, son sauveur. Les valeurs, le code, elle peut déjà l'appréhender avec ses parents, avec Enguerrand qui emménage à Sémur. Ce sont les armes qu'elle tient à maitriser. Et pour cela, le Borgne a l'air d'être plus que compétent.

Par quoi puis-je commencer ?
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Au revoir, Fab.
Snell
Le Borgne sourit. La petite semblait bien comprendre ce qu'elle pouvait attendre de lui et ce qu'il attendait d'elle. Quel meilleur départ pouvait-il y avoir?

Très bien. Maeve Alterac, vous êtes dès maintenant mon écuyère.

Snell aimait bien l'idée d'avoir une écuyère. Certes, il avait déjà donné des leçons d'armes auparavant, mais une écuyère allait plus loin. Les leçons seraient plus nombreuses et plus poussées, mais il y aurait plus car elle le suivrait partout et partagerait ses expérience pendant une longue durée. Il avait bien spécifié qu'il n'avait pas de code moral à proprement parlé, mais ses actions auraient quand même un impact dans la formation de la jeune femme. "L'infâme" en était-il à la hauteur? C'était un défi qu'il voulait relever.

Puisque que vous êtes anxieuse de commencer, voici votre première leçon: L'entretien de l'équipement. Un guerrier doit être en mesure de compter sur ses armes et armure. Sa vie peut en dépendre. Il est donc important de savoir les maintenir dans le meilleur état possible.

Le Borgne désigna son armure de cuir négligemment entassée dans un recoin de la tente et l'épée plantée dans le sol.

Voyez l'exemple à ne pas faire! Un guerrier négligent a laissé son armure à la traîne sur le sol et son épée plantée dans la terre. Un tel étourdi risque de se retrouver avec une armure pourrie et inconfortable, ce qui peut le déconcentrer, et sa lame peut être abimée ou émoussée par les pierres dans le sol. Ce type mériterait d'être fouetté.

Retour de son sourire narquois et désinvolte.

Vous allez ramasser, affuter, huiler et ranger le tout. Montrez-moi ce dont vous savez déjà faire et souvenez-vous que dans un camp militaire il y a toujours des corvées de latrines qui attendent les négligents.

Le sourire de Snell s'élargit alors qu'il s'en retourna à son bureau pour commencer à répondre à la pile de correspondances qui l'attendait. Il aimerait bien avoir une écuyère, il en était convaincu.
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Maeve.
Elle a réussi le test, il semblerait. Ecuyère, elle est écuyère. Pas peu fière, la môme, d'avoir été acceptée comme telle par l'Infâme de Bourgogne, par un ami de sa mère, un homme respecté. Elle a bien conscience, la rouquine, qu'il ne faudra pas faire de bêtise.
Presqu'impatiente, elle attend ses premiers ordres. Qui ne tardent pas à venir d'ailleurs. Elle esquisse un sourire en voyant Snell désigner son armure et l'épée plantée au sol... L'homme qui mérite le fouet, c'est lui, elle a observé, elle sait... sourire glissé en coin, elle acquiesce.


Oui, Maitre.

Sagement elle se dirige vers l'armure de cuir qu'elle tente de rassembler... essaie de trouver dans un environnement proche le matériel nécessaire. Minois chafouin... Par Aristote, mais n'a-t-il pas dans le coin quoique ce soit qui ressemble à un chiffon ? de l'huile ?
Zieutant Snell à la dérobée, elle farfouille légèrement aux alentours de l'armure et finit par dégoter un vieux chiffon et un pot de graisse qu'elle récupère avec un sourire. Tout en essayant de se faire discrète, elle se pose dans un coin de la tente, en tailleur, son baudrier déposé sur le côté, la première pièce de l'armure posée sur les genoux. Huile à droite, chiffon dans la menotte gauche... Concentrée, elle attaque l'entretien de l'armure. D'abord, passer le tissu afin d'oter la poussière déposée dans les rainures, sur les bords, le moindre pli... Ensuite, verser un peu d'huile. Et doucement, de petits mouvements circulaires, elle frotte son chiffon imbibé sur l'armure jusqu'à le faire disparaitre.

Amusée, elle répète l'opération plusieurs fois... A coup sur, il a besoin d'un écuyère, le Borgne, parce qu'il a sacrément soif, ce cuir. Alors qu'une fois graissé, il récupère une couleur, une souplesse que Snell appréciera assurément... Les minutes passent, les pièces s'enchainent. Elle ne songe même plus à vérifier la présence de son maitre d'armes, elle l'a oublié, accaparée par la tâche. Calmement concentrée, elle achève enfin la dernière jambière.
Légèrement courbatue par sa précédente position, elle se relève pourtant et entreprend de ranger l'armure comme il se doit. Assez satisfaite du résultat, elle se tourne vers l'épée... Entreprend de la sortir du sol... Ce n'est qu'après quelques tentatives et force soupirs qu'elle l'extraie enfin du sol et... Et se retrouve con, l'épée à la main, trainant au sol à cause du poids... Ne sachant absolument pas ce qu'elle doit en faire.
Oh, elle a bien vu les forgerons s'occuper des épées de sa mère, elle voit bien la pierre tourner, l'acier se refaire... Mais de là à reproduire le mouvement. Gênée, elle se tourne vers Snell, se mordille la lèvre inférieure... Esquisse un pas... Toussote afin d'attirer son attention. Quand il consent à lever la tête de son travail, elle rougit carrément.


Hum... C'est que... Enfin l'armure est prête, mais... pour l'épée...

Se dandinant d'un pied sur l'autre, elle espère qu'il ne reviendra pas sur sa décision. La promesse de la corvée de latrines non plus ne l'enchante pas à vrai dire, même si elle y avait déjà eu droit en Lorraine pour avoir refusé de dormir dans le dortoir avec les hommes d'armes.
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Au revoir, Fab.
Snell
Snell déposa sa plume et leva l'oeil de sa correspondance. Elle avait déjà terminé? Il avait perdu la notion du temps en écrivant et ne pouvait même pas estimer combien de temps avait passer. Mais peu importait, finalement. Il leva les bras et allongea ses jambes pour s'étirer et chasser la fatigue de ses membres, puis il se leva.

Le Borgne jeta un regard qu'il voulait dubitatif à son écuyère. Après tout, elle n'avait pas gagné sa pleine confiance encore. Elle n'avait en fait rien prouvé du tout, donc il se devait de vérifier tout. Il s'avança vers l'armure et l'inspecta attentivement. Il remarqua immédiatement que la petite avait fait du bon boulot, mais il ne voulait pas lui donner l'impression qu'il était un maître facile à plaire ou négligent. Sa force était plus dans le combat comme tel, mais il se devait de montrer à Maeve que le combat était le point culminant d'une longue préparation... même si lui-même était porté à négliger sa préparation. "Fait ce que je dis, pas ce que je fais!"

Après avoir passer ce qu'il estimait être assez de temps à inspecter l'armure, Snell émit un grognement satisfait qui ressemblait fort à un grognement d'appétit car il avait plutôt faim. Le trouvant lui-même ambigüe, il décida de préciser.


Bon travail.

Se tournant vers Maeve, il fouilla dans une poche de son vieux mantel et en produisit une pierre plate.



Voici un outil très important pour un guerrier. Les roues des forgerons sont plus efficaces et rapides pour affuter une lame, mais elle se traînent difficilement sur la route. Cette pierre te permettra d'entretenir le fil de ta lame.

Le Borgne subtilisa l'épée que son écuyère tenait et lui montra comment utiliser la pierre d'affutage. Ce n'était pas très compliqué. Il cracha sur la pierre sans aucune grâce, puis la fit glisser sur le plat de la lame avec une légère motion vers l'extérieur.

Il remit ensuite les deux objet à Maeve.


Voilà. Tu peux garder la pierre, c'est un cadeau.

Pour ma part, je vais manger un brin. Termine d'affuter mon épée et ensuite tu pourras t'installer un lit de ce côté. Demain je te trouverai une tente. Habituellement les écuyers dorment dans la tente de leur maître, je crois, mais ta mère fera pire que me bombarder de ses bouchons acérés si je fais cela.


Il n'avait pas remarqué qu'il avait commencé à tutoyer la petite et se tourna vers la sortie de la tente.
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Maeve.
Alors qu'il inspecte son travail sur l'armure, elle guette sur le visage ravagé du borgne le moindre signe d'insatisfaction. Le grognement dubitatif émis ne la rassure pas le moins du monde, et il est heureux pour la rouquine qu'il précise aussitot que ça lui convient.
Pour peu, elle laisserait échapper un soupir de soulagement, mais elle n'en a pas le temps, déjà Snell lui tend une drole de pierre. Un caillou ? Mais c'est 'Cianne qui les collectionne, Maeve, elle, ce sont les coquillages qu'elle empile dans ses malles, depuis qu'elle a remarqué que ça tenait plus dans ses poches.

Mais bien ancrée dans son rôle d'écuyère, elle étudie l'objet, tendant une oreille attentive aux explications du borgne. Léger sourire quand elle imagine chaque soldat avec le tour des forgerons, des tas de carrioles à la suite des armées, un bruit infernal pendant les soirées autour du feu... ah oui non ça pas glop, c'est que de bruit, y'en a déjà bien assez, à son gout.
Hochement de tête inspiré alors qu'elle détaille chaque geste de Snell, se demandant en grimaçant intérieurement si elle devra elle aussi cracher sur la pierre de façon aussi virile. Parce que si c'est le cas, là aussi y'aura de l'entrainement, et d'une sorte que sa mère risque de ne pas apprécier.

Reconnaissante elle recueille pierre et épée, un peu étonnée, agréablement surprise, ainsi elle a déjà sa pierre à affuter, avant même d'avoir une vraie arme. Cependant, quand sa mère lui avait demandé si elle préférait une épée ou un cheval, l'hésitation n'avait pas été longue, l'adolescente se disant qu'elle attendrait d'être capable d'en bien manier une avant de délaisser celles d'entrainement. Et puis elle garde bien en tête l'idée d'une hache...
Et là...


je vais manger un brin

Sourire.

Termine d'affuter l'épée et ensuite tu pourras t'installer un lit de ce côté.

Elle en reste coite, l'écuyère. Et son estomac de gargouiller dans un soutien à l'interrogation muette des saphirs éberlués. Et elle ? elle mange pas ? Il croit qu'une écuyère ça se nourrit d'ordres et de travaux manuels ? Non, parce qu'elle est sage, gentille et polie, Maeve, mais faut pas exagérer. Malgré tout, elle ne dit rien, restant là avec l'arme et la pierre, tachant d'intégrer la seconde nouvelle de la journée...
Elle va dormir avec Snell, dans la même tente en tout cas ! Il avait même envisagé que ce soit le cas tout le temps, mais avait pensé à Marie... Pour sûr elle ne fermera pas l'oeil... Elle ne dort avec personne sauf Karyl avec qui ils se racontent des histoires une partie de la nuit jusqu'à ce que le petit blond tombe de sommeil...Mais..


Bien Maitre...

Quand on disait qu'elle était très sage cette petite... Et une fois l'Infâme sorti, la gamine obéit, s'asseyant en tailleur dans le coin où elle rassemblera plus tard des couvertures pour affuter l'épée de son maitre. Ensuite, après avoir ravivé les braseros, elle s'enfouira toute habillée dans les couvertures. Ce n'est qu'au matin, avant l'aube, comme toujours, qu'elle se lèvera, s'enfuira s'entrainer, avant de revenir vers Snell, rouge de l'effort, frigorifiée, afin de voir s'il avait le temps, avant d'organiser la journée de ses hommes et le voyage, de discuter des entrainements.
Pressée ? nooooooon...

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Au revoir, Fab.
Snell

La pauvre jeune Alterac n'était pas satisfaite. Snell le savait. Plus, il comprenait. Il se souvenait bien des ses premiers pas avec les armes et comment il était impatient et assoiffé d'apprendre. Il voyait bien les mêmes disposition chez son écuyère... et c'est bien pour cela qu'il attendit un peu.

Pendant ces dernières semaines, il mit la patience de Maeve à l'épreuve. Il voulait éprouver sa persévérence. Au sein de l'armée, la petite fut affectée à une foule de corvées. Certaines concernaient les armes, comme l'affûtage et l'entretien, mais d'autres non. Tours de garde, corvées de cuisine, dressage ou paquetage de tentes. Ce n'était pas l'ouvrage qui manquait. Mais l'écuyère suivit pendant tout ce temps, lui demandant souvent pour les leçons, mais devant se contenter d'un silence en réponse.

Puis, un bon matin, alors que Maeve était dans sa propre tente, Snell décida qu'il était temps. Ramassant sa vieille hache de guerre, il quitta la sienne et passant devant celle de son écuyère en prenant le temps de lui lancer d'une voix qu'il voulait empreinte d'autorité.


Écuyère! Choisis-toi une arme et rejoins-moi sur le terrain d'entraînement dans deux minutes.

Sans attendre une réponse, le Borgne continua son chemin jusqu'au dit terrain où il entreprit d'ajuster son armure en attendant Maeve.

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Maeve.
Quelques semaines maintenant qu'elle suit l'armée, les soudards et surtout son maitre d'armes. Depuis ce premier soir où elle avait partagé la tente de Snell le ventre vide, elle avait chaque jour dressé la sienne, voire d'autres. Cuisiné son repas, partagé avec Gaspard et Cassian, puis Gaspard seul. Elle avait appris à nettoyer une armure plus rapidement, plus efficacement chaque jour.
Sous les ordres de son maitre, elle avait rangé, monté à cheval, aidé à transporter, à cuisiner, elle s'était rendue utile de mille et une manières, discrète ombre rousse qui sait se faire aimer des soldats et des aides de camp, d'un clin d'oeil, d'un tranche de jambon offerte pour accompagner le pain.

Bien sur, lorsque parfois elle avait croisé Snell pendant leurs quelques pauses dans les tavernes bourguignonnes, elle avait -discrètement croit-elle- fait allusion aux entrainements qu'il avait promis de lui dispenser... Quelle arme il lui apprendra en premier, ce qu'il lui apprendra, si elle se débrouille bien... Mais elle n'insiste pas, la Flamme. Avide de savoir, mais sans pour autant en vouloir à Snell de la faire attendre.
Pas son genre. Trop bien élevée, trop sage, trop responsable, trop sérieuse... Elle attend, patiemment, que le moment vienne, sachant que tout vient à point à qui sait attendre, la notion d'effort et de récompense ancrée bien profondément dans sa petite tête.

Ce qui ne l'empêche pas, ce matin, alors que la voix de Snell s'élève devant sa tente, de sourire largement quand il l'invite à le rejoindre pour attaquer l'entrainement. Deux minutes, ce n'est pas un souci pour la Flamme. Comme toujours, elle s'est levée avant l'aube, afin d'aller tirer à l'arc dans un coin retiré avant de revenir au campement et de faire une toilette rapide, attendant les premiers ordres de la journée.
Elle est donc prête... Braies usées du même cuir noir que ses bottes, chemise rouge et plastron de cuir bouilli aux couleurs de son blason... Flamme noire et carmin qui noue sa tignasse emmêlée dans une natte approximative, avant d'aller ouvrir sa malle...

Quand elle arrive sur le terrain d'entrainement, c'est avec l'azur pétillant de fierté qu'elle se plante devant Snell. Faut dire que dans sa main droite, c'est une hache toute neuve qu'elle tient fermement. Sur les conseils de sa mère, elle avait osé déranger son oncle dans la forge où il s'enferme depuis son arrivée à Sémur. Cet oncle qu'elle trouve si impressionnant, avare de ses mots, a pourtant accepté de lui forger une hache à sa taille, à sa mesure. Entre deux campagnes à Autun ou Chalon, elle était repassée à Sémur. Plusieurs jours maintenant qu'elle affutait le fil de sa nouvelle arme, sur la lame de laquelle Enguerrand avait pris soin de graver le blason familial, attachant Maeve à l'Alterac.
Sous la poignée de cuir, un symbole comme un clin d'oeil, pour eux seuls puisqu'invisible... Deux canons croisés pour deux amateurs de balistique. Tout ça pour dire qu'elle scintille, la Flamme, pas peu fière de son cadeau. Droite dans ses bottes devant son maitre d'armes à qui elle arrive à grand peine à l'épaule, elle attend les premiers conseils.


Maitre, je suis prête.
En revanche, si j'ai des bases à l'arc, l'épée et des notions de balistique, je n'ai jamais manié de hache.


Mais après tout, n'est-elle pas là pour apprendre ? La seule difficulté après tout, c'est qu'elle est gauchère Maeve... et qu'elle doit pourtant combattre avec l'arme lourde à droite. C'est la règle...
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Au revoir, Fab.
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