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[Rp-fermé] Quand l'amour se rappelle à Vous

Aléanore, incarné par Eusaias


[Vingt-cinquième jour de janvier de 1458, quand sonne Prime.]

C’est un nouveau jour qui s’était levé sur l’Anjou, un nouveau jour où les rayons de soleil glissent sur la chambre d’une adolescente assoupie.. Non, Aléanore ne dort pas ce matin-là, trop occupée qu’elle est à veiller sur le sommeil de deux fillettes dormant sur les couches installées dans sa chambre. Pour quelles obscures raisons, la jeune fille avait-elle réclamé la présence des enfants dans sa chambre alors que Château-Gontier en était rempli, nul n’aurait su le dire, et Aléanore encore moins que les autres, comme rien ne peut expliquer la raison de son éveil toute la nuit durant où le moindre frémissement des petits corps lui avait arrachée des sursauts de peur. Aussi le soleil hivernal de ce matin de janvier avait-il trouvé l’Etincelle emmitouflée dans une fourrure sur le rebord de sa fenêtre, dans l’attente du réveil du château, pour se préparer, assister au lever de la Duchesse, préparer les deux enfants et rejoindre Saumur où tout se passait pour elles. Voilà, une journée qui débute comme toutes les autres depuis qu’Alycianne et Natsuki sont arrivées à Saumur pour rejoindre une Etincelle pas du tout au courant. Mais ce n’est que le début de la journée justement.

[Après la rencontre avec un Borgne, pour None.]

Dans la cour de Château-Gontier, Aléanore, surexcitée, descend du coche, laissant à Clarisse le soin de récupérer une Fiora que l’excitation de sa petite maitresse a mis sur les nerfs, et la jeune fille tenant dans la main, un couteau à la lame recourbée de se diriger à toute allure vers les écuries, vision effrayante pour qui connaît l’Etincelle, et les lads de s’écarter à vive l’allure de la jeune fille aux tendances sadiques qui est armée cette fois. Mais point de torture ce jour, la poupée sanglante veut juste montrer son nouveau cadeau à son ami, son seul vrai ami, celui qui sait tout mais qui ne répètera jamais rien, celui qui sait la réconforter sans paroles vaines. Et aussi, est-ce dans une envolée de jupons que la jeune fille s’engouffre au fond des écuries pour gagner la stalle réservée à l’orgueilleux étalon, couteau à la main, la porte du box est ouverte à vive allure et la jeune fille est déjà contre l’animal, arme en main. Contraste étonnant que le petit bout de femme qui se tient près de l’animal à la carrure imposante mais des pattes puissantes ou de la lame incurvée, qui pourrait le premier tuer ? Ni l’un, ni l’autre, puisque déjà, l’Etincelle se glisse entre les pattes avant de l’étalon, appuyée contre le poitrail fort, doigts qui glissent sur la lame, tandis qu’elle raconte à l’animal à mi-voix, murmures entre eux deux, haineux de la vie, éternels assoiffés de violence. Le couteau ? C’est un borgne qui lui a offerte. Maleus, qui connaît sa mère. Le borgne lui a expliquée qu’avoir une arme ce n’est pas tout, il faut aussi savoir s’en servir, mais elle apprendra, tout s’apprend, Aléanore le sait. Alors elle raconte encore à l’étalon qui était encore un poulain, il y a peu, la lame n’est pas faite pour planter, mais pour trancher, les noisettes étincellent quand elle explique à l’animal que c’est pour faire un deuxième sourire, et que le borgne avait surnommé l’arme : L’égorgeuse de maréchaux. Et c’est avec le sourire que la jeune fille raconte tout cela, parce que cela signifie qu’elle pourra un jour se venger, lui faire payer. Mais en attendant, elle doit faire vite, elle appris que la Féline de la Zoko voulait la mort du Balbuzard, et dans l’esprit de la jeune fille, il n’est pas question que quelqu’un d’autre qu’elle puisse le tuer.

-« Nous l’aurons, Bélial. Tu m’aideras n’est-ce pas ? »

Les bras malingres de la jeune fille s’enroulent autour de l’encolure puissance de l’animal, sa robe serait gâchée, mais tant pis, il y en aura d’autres. L’affection d’un ami, la chaleur voilà ce qui manquait à la jeune fille qui essayait d’entourer ceux qu’elle aimait d’une tendresse souvent étouffante, et l’étalon, instinct animal aidant, constitué à lui seul, la dose de chaleur et de réconfort nécessaire à une jeune fille trop orgueilleuse pour admettre qu’elle avait besoin des autres. Alors qu’elle se laisse bercer par la respiration profonde de l’animal, un murmure, un souffle la tire de ses rêveries, visage qui se tourne pour tomber sur une Clarisse qui tente de lui souffler des informations sans se faire remarquer de l’animal qui l’inquiète, entre deux claquements de dents, l’Etincelle apprend qu’il est question de ceux qu’elle avait fait demander. Geste de la main pour l’inciter à les faire venir, elle n’a pas envie de se déplacer, de quitter le cocon réconfortant et chaleureux de l’animal. Une flatterie à la bête avant d’épousseter quelque peu sa tenue, et puis qu’importe même si elle avait chevauché l’animal – dans le cas où elle serait capable de monter à cheval – elle était sure qu’elle était bien mieux habillée que ceux qui ne tarderaient plus à arriver.

Appuyée contre l’animal, épaule contre épaule, chevelure dénouée, tombant en vagues sombres sur le corps frêle, yeux cernés, et un couteau fait pour les mutilations dans la main gauche, la jeune fille attend sagement, sourire cruel aux lèvres. Enfin son heure approche, lentement, inexorablement. Car si elle ne peut le tuer elle-même, elle veut qu’il meurt en sachant que c’est elle qui a commandité sa mort, et si les hommes de main échouent, cela lui laissera le temps d’apprendre, ainsi se déroulait le plan dans l’esprit de l’Etincelle. La mort, toujours, seul et unique alternative qu’elle lui laisse. Et ce sont des noisettes étincelantes d’une lueur meurtrière qui se posent sur les trois hommes qu’elle a fait venir, lentement, elle les détaille, des faciès peu amènes, mais au demeurant assez communs.

-« L’homme est en Bourgogne. Je le veux mort. Je veux qu’il souffre. Je veux qu’il sache que c’est moi, avant de mourir. »

Les mots sont lâchés, froids, durs, cruels et sans appel, et alors qu’elle les a déjà oubliés et qu’elle pose sa joue contre l’encolure de la bête, celui-ci renâcle et piaffe, noisettes relevées sur l’un des trois hommes qui s’est avancé. Sourcil arqué, la main se resserre sur la garde du couteau. Pas de peur sur le visage du coupe-jarrets, de l’étonnement peut être en voyant une jeune fille avec une arme si peu conventionnelle protégée par un étalon, et la voix sifflante s’élève.

-« Des preuves de sa mort ? En voulez-vous ? Un doigt ?Une oreille ? »

Doigt à l’ongle crasseux qui se glisse dans l’échancrure de son col pour pouvoir respirer pour allégrement, dévoilant une cicatrice le long de la gorge. Un instant la surprise s’insinue sur le visage de porcelaine de la poupée avant qu’il ne laisse place à un masque haineux, et finalement, c’est un rire qui s’échappe des lèvres de la jeune fille, décontenançant tout à fait les trois malfrats.

-« Il est dommage qu’il soit mort, au final, il a su faire son travail jusqu’au bout. Et parfaitement. » Il ? Rappelez vous le valet téméraire ayant posé la main sur l’Etincelle. « Non, je ne veux pas de bout de lui, mais oui, je veux des preuves, trois. Son épée, le ruban qui tient ses cheveux et un chapelet qu’il a autour du cou aussi. »

Preuves dérisoires aux yeux des trois hommes qui ne laissent rien paraître et s’en retournent chercher les derniers ordres auprès d’une Clarisse bien trop débordée par tout cela mais qui se contente de faire. L’Etincelle quant à elle, sourit dans la stalle de l’Etalon. Et se laisse même aller à rire aux éclats d’une joie éperdue, s’imaginant avec Victoria, Son épée dans les mains, ce ruban lui venant de sa défunte épouse, Enyz et le chapelet qu’elle-même lui avait offert. Alors oui, si ces trois objets lui revenaient, le Balbuzard ne serait plus. Et le rire de l’Etincelle de s’élever de plus belle dans les écuries de Château-Gontier, mélodie d’un cœur en folie.
--Araignee


Un sifflement sordide dans les rues de Sémur, trois hommes qui se profilent dans le brouillard opaque de la Bourgogne hivernale et après, quelques paroles échangées à mi-mot, les trois hommes se séparent. Le siffleur n’est autre que l’Araignée, visage fin, corps musclé mais sec, et pour qui survit à l’approche de l’homme, une vision d’horreur en regardant le corps du malfrat couvert de la tête aux pieds de coutures, certaines fois pour recoudre une plaie, refermer une blessure, d’autre fois, parce que l’Araignée a appris à tisser lorsqu’il était enfant et que sur la paume de sa main, est brodée une araignée, aptitude à tout coudre, tout broder, les fils, son lien avec l’insecte, mais aussi le poison, affectionné par l’homme. Et le sifflotement s’élève, se tend, redescend, dormez bonnes gens, nous ne faisons que passer, ce sera vite fait, dormez bonnes gens, nous ne faisons que tuer, vous n’en entendrez presque pas parler.

Toute à la joie de la mission confiée, l’homme fin s’adonne une danse, le menant jusqu’à la demeure de l’homme, on en fait le tour une fois, deux fois. Pas d’entrée possibles par le bas, qu’à cela ne tienne, un fin cordage est déployé puis jeté sur le toit, accrocher le tout à une corniche, et la façade de la maison est escaladée pour gagner une fenêtre ouverte, où l’Araignée s’infiltre, prenant garde de détacher le fil. Demi-tour pour s’approcher silencieusement du lit, et constater que ce n’est pas un homme qui dort là, mais un enfant et un chiot qui se réveille, viande farcie aux grains de pavot jetée, et avalée tout rond, et pendant que l’animal se rendort, le tueur s’approche du lit. Qu’avait-elle dit la servante de leur commanditaire ? Il y aurait un petit blond, ne pas y toucher. En temps normal, l’Araignée aurait fait fi de la recommandation, ça faisait toujours une vie volée à broder sur le bras où s’alignaient un point de croix pour chaque mort, mais la haine discernée dans les yeux de leur expéditeur le dérangeait plus que tout. Et sans un bruit, l’Araignée quitte la pièce, direction la deuxième chambre, lamelles de viandes fourrées en main, l’assassin se glisse dans la chambre où sommeillent le maitre des lieux et ses trois dogues. Décidément, les informations étaient précises, puisqu’effectivement au pied du lit, trois énormes chiens se redressent. La viande finit entre leurs pattes, l’Araignée se plaque contre le mur, ne pas bouger, attendre l’effet du somnifère, et enfin, il s’écarte, parcourant du regard la pièce, de la besace sont sortis un vélin et une fiole. La carafe de vin sur la table de chevet est avisée, la cigüe est déversée dans le verre, tandis que la note vient se poser à côté du verre. L’Araignée n’a pas compris, mais est payée donc obéit. Etrange petit bout de femme. Les prunelles au gris délavé fixe l’écriture nerveuse tracée à l’encre rouge sombre, du sang.


Citation:
Aujourd’hui, tu meurs. Avec toute ma haine, mon Amour. A.


Méfaits accompli, l’Araignée revient sur ses pas, la couverture remontée sur l’épaule du garçonnet, se prenant à prier pour que la jeune fille ne l’aime jamais comme elle aime l’homme qui va mourir aujourd’hui. Fenêtre passée et refermée, Araignée plantée sur la corniche qui cherche des yeux, avant de se glisser vers la fenêtre du Balbuzard et de surveiller discrètement le réveil du futur mort. Dieu que les femmes sont cruelles.
Eusaias
Un œil s’ouvre, puis un second, le bec remue, le Balbuzard se réveille. Il s’étire et râle. Une chose froide et lourde gène ses doigts. Analyse rapide… c’est la *gling* c’est trop tard, c’était la cruche d’eau. Il y a des matins comme ceux là, ou tout semble difficile. Il vire les draps, dévoilant aux quatre murs son corps nu, noueux et au combien cicatrisé. Il s’assoit au bord du lit et prend sa tête lourde dans ses mains. Le martel lui rappelle gentiment le vin et la liqueur de la veille.

La veille, une taverne de l’alcool, des femmes et ses hommes. Ses hommes, connu aussi sous le sobriquet d’écorcheurs ou Corbeaux de saint Robert, étaient quasiment tous d’anciens soldats. Rires sonores, langages grossiers, corbeaux étaient de grands buveurs et quand on veut s’imposer comme chef, il faut surpasser tout le monde. Mais, comme à chaque fois il y a un mais… Quand dans ses hommes il y a nombreux membres de la confrérie des assoiffés et que l’un de ses compagnons de misère à la descente d’un ogre, les choses se compliquent.

Rochefort, Lukenaton, Tip et les autres avaient passé la soirée à s’abreuver, se vantant de leurs faits d’arme et réclamant duel et pugilat à ceux qui osaient leur demander de baisser d’un ton.

C’est titubant et appuyé sur sa protégée Jusoor et son amie Lady que le balbuzard avait retrouvé le chemin de sa couche. Sans doute était ce l’œuvre des demoiselles s’il était nu ce matin.

Voulant soigner le mâle par le mal, comme il aimait le dire, il s’extirpe donc du lit et descend les escaliers usés de la bicoque.

Un courant d’air des plus froids enveloppe son corps et le fait frissonner. Il ferme un carreau visiblement resté ouvert de la veille et rejoint la table. Il ouvre la bouteille de pinard et en verse dans un verre. Il faut bien ça pour faire cesser le marteau.

Regard qui se porte sur les carreaux. Le balbuzard foudroie du regard le bougre qui le lorgne en tenue d’Adam. Serait-ce sa virilité qui intrigue le gueux. Il crispe le point et fait bander ses biceps.


« T’es jaloux ? »

Sourire niais sur le visage du provocateur sémurois. Les onyx se portent sur un papier.

Citation:
Aujourd’hui, tu meurs. Avec toute ma haine, mon Amour. A.


Un éclair de lucidité le traverse, le gueux…. Le balbuzard lâche l’écuelle et saisit le couteau à pain sur la table avant de fondre à l’extérieur. Première grimace qui se forme lorsque le pied prend place sur les pavés de la ruelle. Il est nu, il fait froid et l’idiot qui veut lui faire rendre gorge s’échappe.

« Fils de rien ! Butor ! Foie jaune ! »

Il sprinte dans les rues, virage à gauche, traverse la place du marché qui commence à s’activer… et perd de vu le larron.

« PLEUUUUUUTRE ! »

Une chose le ramène à tout de suite, le regard de la vieille rombière qui sert de poissonnière. Elle le dévisage, même si le visage ne se situe point là.

« Quoi t’en a jamais vu ? »

Une chose dont le balbuzard peut se vanter c’est qu’il n’est pas du genre à rougir de honte facilement.

« Le truc est de rester naturel, toujours rester naturel. » Voilà ce qu’il se dit.

« Gaston ! Donnez moi une pomme, je passe vous la payer plus tard, j’ai oublié mes écus dans mes poches. »

Quoi de plus vrai ceci dit.

« Merci l’ami ! Je vais rentrer avant de prendre froid… Je repasse plus tard»

Et c’est rassasié d’une pomme qu’il retrouve la chaleur de sa maisonnette. Bien que la chaleur lui cuit les joues, il se place près de la cheminée, balayant machinalement la pièce du regard.

Tout près de l’écuelle renversée, tête dans le vin au sol, babines pleines d’écume blanchâtre, « Triple buse » le plus petit de ses dogues de bordeaux git. Grimace sur le faciès d’oiseau de proie.

« La gârce, une cuvée de Maussac-Thezan qu’elle m’a foutue en l’air »

Oh oui, l’écriture et le style prétentieux ne pouvait appartenir qu’à une personne : Aléanore, sa promise.
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--Eloi.



[Le Grand Saint Eloi lui dit « Ô mon Roy »]


A trop vouloir d’un Saint, on en obtient l’opposé.
Imaginez un garçon ordinaire. Une crémière pour mère, un rêveur en guise de père, il en fait des envieux. La vie d’Eloi commençait sous les meilleurs hospices à ce moment là, et pourtant. Le voilà des années plus tard, à errer au gré des bourses qui claquent le long des cuisses des gras-du-bide-velus. Bel homme, il n’y a pas à dire, mais la chance ne sourit pas pour autant à tout le monde -fort heureusement d’ailleurs. De bipède, le Fou est passé à unijambiste. Pas de case départ, pas de vingt mille francs, dommage.

Il a alors trouvé en sa jambe de bois une amie plus que fidèle. Son amour pour cette ébène mystérieuse et indestructible n’a pu que le rendre aveugle. « Rien n’est irremplaçable » est un adage qui ne s’applique pas à tout le monde. Il en est bien la preuve vivante. Alors il s’en est fait une arme fatale. Les formes de cette dernière sont traitresses, et travaillées pour l’être bien sur. Eloi n’a fait que la tester, et ce depuis des années. Les chocs qui lui sont infligés ne permettraient à aucun os de résister. Les plus solides se retrouveraient broyés en un clin d’œil.
La haine, la rage et l’audace font parties de son quotidien. A croire qu’il est invincible aux yeux des autres. Une belle force imposée inconsciemment que celle-ci. Le regard est aussi noir que cette souche. Sa démarche est grinçante et effrayante. Au fil des ans, cette dégaine se transforme d’ailleurs. Les épaules ne se tiennent plus vraiment à l’horizontale. Sa cuisse s’alourdie, quitte à piquer le boulot de sa jumelle. Les joues se creusent, la parole se fait rare bien que parfois rauque. Sa langue atrophiée par une morsure forcée le gêne.

Une seule chose à faire, obéir aux désirs d’une pimbêche.
Tout pour la tune et rien d’autre.

Il avait écouté à Saumur. Pas de questions posées, juste un hochement de tête pour bien faire comprendre à la Alterac qu’il lui donnera ce qu’elle souhaite. Un solitaire de plus dans ce Royaume, c’est certain. Et le Fou de chevaucher son destrier accompagné des deux autres. Le bruit sourd des sabots sur la terre encore humidifiée par l’hiver le fait sourire. Il aime ces échappées ou il se doit d’être plus rapide que l’éclair. Surtout quand les deux autres ont cette même endurance.

Les portes de la Bourgogne franchies, il laisse sa monture à l’abri des regards pour seul objectif, être discret et pénétrer en silence. Eusaias est facile à trouver. Il est peu prudent le bougre, à se demander s’il a conscience des dangers qu’il frôle. Ce matin là, c’est au coin d’une rue qu’Eloi fait office de témoin pour une scène ridicule à lui en titiller les glandes. Les trois tueurs s'étaient donnés quartier libre tant qu'Eusaias finissait éliminé.


Et merde. Les ennuis commencent..

Le Fou devra donc attendre. Il n’a pas été le plus rapide à retrouver la trace de l’homme en question. Un de ses deux acolytes l’a devancé, il en est sur. Le Bourreau deviendra plus difficile à approcher. A partir de maintenant, la méfiance est de mise dans les deux camps. Surprendre l’autre, Eloi va devoir user de son talent.
Alors qu’il rumine, détestant reporter les affaires à plus tard, une ouverture se créée à son avantage. La porte grande ouverte, Eusaias s’emporte. Le Fou se faufile dans l'antre alors que l’homme nu s’éloigne. Son corps épouse parfaitement la forme des murs qu’il rase. Son pied de roc se pose lentement à chaque fois qu’il effleure le sol. Pas un bruissement, pas une bourde.

Il est à l’intérieur, caché dans l’ombre. Un sourire malsain nait sur ses lèvres lorsque la cible refait son apparition. Maintenant, il faut penser vite, et bien..



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Eusaias
Et le Nectar de Maussac-Thézan, pimenté version Aléanore, rejoint l’herbe du jardin. Tout débarrasser, tout nettoyer avant le réveil de Cassian. Ca…

Cassian ! CASSIAN !

Et le balbuzard s’engouffre dans l’escalier. Ses mains s’appuient sur les murs qui l’encadrent, il combat les pertes d’équilibre. La porte se dresse face à lui, épaule en avant il l’enfonce.

Cassian !


Tout semble en ordre, mais le regard se fait mauvais, dur et violent. Du sang dans le lit ? Un Cassian la gorge ouverte de part en part va-t-il trouver ? Main qui se referme sur la couverture, la respiration est plus forte, le balbuzard est prêt à explosé. Il la tire…

PFFFFF !

Soulagement, son fils dort comme une masse. Il passe une main délicate et paternelle sur le visage de la future légende et retourne en sa chambre afin de passer des vêtements. Pantalon noir, chemise pourpre, son foulard tout aussi voyant dans ses cheveux corbeaux, le voilà prêt à affronter la journée.


Retour en bas, là où on doit retirer un chien de la salle pour le mettre en terre. Le Molosse, bien que plus maigre pèse son poids et c’est grimaçant que le Balbuzard l’extirpe de la maison. Une affreuse odeur d’urine est présente, il connait cette odeur… Il grince des dents, souvenir cinglant pour se vendredi matin. Zhaïa avait été elle aussi empoisonnée par de la cigüe. « Triple buse » est posé au sol et c’est sous une flopée de jurons que le sémurois fait écarter les deux autres cabots.

La pelle et la pioche s’activent dans le jardin, le chien doit disparaitre avant que Cassian ne soit debout. Il suffira de dire qu’il est parti faire un tour… pour longtemps.


« Repose en paix, compagnon canin ! »

Un semblant de prière pour un chien ? Oui aux yeux du Balbuzard certains animaux valent beaucoup plus que les hommes. Le dogue de Bordeaux rejoint le fond du trou, le travail ainsi à moitié fait. Mais d’abord, une lichette de vin avant de reboucher ceci. Pas décidé et sourire retrouvé, le Balbuzard s’engouffre dans sa cave.
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--Eloi.



[Si le chien n’aboie plus, la caravane passe quand même..?]


Il est là le Fou, posté derrière le faussoyeur à ses heures. Les moindres pas d’Eusaias sont foulés du regard aussi sombre qu’étincelant. Se coller au mur lorsque la cible s’approche de trop près. Retenir sa respiration fait partie intégrante du cache-cache improvisé. Une fois. Deux peut être.
Il avise la table ainsi que le colosse étalé au sol de tout son long. C’était donc un coup de l’Araignée ce boucan. Du poison. Lui qui ne rate pourtant jamais. Pas de chance. Mais ce ne sera bientôt plus qu’un souvenir. Eloi s’en charge. Puis un cri retentit. Les escaliers sont dévalés, dans un sens comme dans l’autre. Ils ne sont pas seuls dans la maison. Élément auquel Eloi n’avait pas encore pensé. Un gosse? Un autre cabot d’une fortune inestimable? Un bijou peut être? Une seule chose est sure, Eusaias tient à la vie du dénommé Cassian.

Il aime bien les challenges le Fou. Savoir qu’on pourrait le démasquer d’un instant à l’autre lui donne encore plus envie de faire durer le plaisir. Le péril auquel il fait face l’émoustille un instant. De plus, on ne peut pas dire qu’Eusaias soit une proie facile. La Alterac avait fini par reconnaitre leur utilité. Tuer en guise de pain quotidien. Des experts. Un déjeuner dominical tous les jours. Enfin un boulot qui vaut le coup. Il est serein, protégé par cette ombre qui le suit partout, sa cachette favorite. Ses lèvres se pincent. Un sourire diabolique fait son apparition. C’est l’heure de passer à l’action, dans la cave où se dirige l’inconscient.

Une main se pose sur la porte du sous sol. Il se déplace aussi habilement et rapidement qu'un courant d'air pour ne pas éveiller les soupçons et ne donner que quelques secondes de retard à la porte qui se rabat. Le visage se referme. Eloi n’est autre que concentré sur les moindres faits et gestes de son hôte trop intéressé par l’alcool. Combattre le mal par le mal. Dommage, bourré, Eusaias ne sentira pas la peine de la même manière. Une seule idée en tête. L’affaiblir. Lui faire mal. Le tuer délicatement. Assouvir la haine qu’il a lu dans les yeux de l’Alterac. Un travail propre et soigné.

Le Fou s’approche, tout près, encore plus près. Il y est presque. Il compte sur la surprise pour déstabiliser son adversaire. A deux doigts du succès il lève sa main gantée prête à frapper. Un grand coup de théâtre dans la vie du bourguignon. C’est ce à quoi l’on s’attend tous. Tant de gens le veulent mort. Gisant au sol, payer pour tous les crimes qu'il a commis. Mais contre toute attente, la main d'Eloi se fige. On pourrait croire à une hésitation. Mais le regard malin devient stupeur, la bouche s'entrouvre. Un geste franc simple et expert vient percer la chair de l’assassin unijambiste. De quoi en laisser perplexe plus d'un. Situation renversée, étonnement général.

Il n’a rien vu venir le Fou.


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Eusaias
Sémur la rieuse est le berceau de la confrérie des assoiffés. Confrérie, qui comme son nom l’indique regroupe les plus grands buveurs du Royaume de France. Pour ce fait historique, chaque sémurois possède une cave des plus fournies.

C’est en cette cave que le Balbuzard c’est glissé, d’humeur mauvaise après le réveil catastrophique auquel Aléanore Alterac, sa promise, l’a convié. Le Mauvais hume l’air, rien ne va… Une chose l’incommode, mais il ne trouve pas quoi. La trahison de la petite Alterac sans doute, la belle enfant l’a quitté en plein Mâcon la rusé, après leur nuit d’amour. Nuit d’amour… Il le croit toujours. Sa main est guidée par la rambarde afin d’éviter la chute si le pied vient rater la marche.


Foutus escaliers, il faudra les changer avant que Cassian commence à vouloir jouer en bas et se rompe le coup en glissant. Il tâte le bois de la dernière marche du bout de sa botte, le bois est trop humide, trop vermoulu.

L’homme au faciès d’oiseau de proie est tout sourire quand il voit « ses bébés », qui sont sept gros fûts de vin. Trois sont pour lui en cas de soif, les quatre autres seront portés à la foire en Hollande. Les pays bas regorgent de choses intéressantes, que ce soit ses drôlesses, ses bars à marins ou sa foire. Rotterdam accueille chaque année une foire des plus célèbres, foire dans laquelle tout se trouve, du clou à l’animal de compagnie en passant par l’œuvre d’art, la catin bon marché et la fausse monnaie. Eusaias y fait pèlerinage tous les 3 ans.


Les mains du balbuzard nettoient le couvercle d’un tonneau sur lequel on peut lire :

Citation:
Haute Côte du Beaune
Domaine de Protas
Cuvée : mil quatre cents vingt-neuf


« Voilà qui fera l’affaire »

Il saisit son marteau à tonneaux, le pose sur le couvercle. Il essuie ses mains… Grimace… et fait jaillir monsieur stylet de sa manche, avant de l’envoyer pointe en avant sur ses arrières. Le couteau a saisi sa proie, il en est certain. Le Balbuzard ne se retourne pas, mais il prend le marteau dans sa main.

« Qui es tu ? Donnes moi ton nom que je sache qui je vais tuer.»
_________________
--Eloi.



« Je suis un Fou qui préfère mourir que de te dire d’où je viens Balbuzard. »

Il avait réussi à laisser ces quelques mots s’échapper de sa bouche encore figée par la surprise. Il pourrait essayer de se débattre, envoyer la lame à terre et tordre le cou de son vis-à-vis lui tournant le dos. C’aurait été bien plus amusant. Il y aurait eu du vacarme dans la cave du nobliot bourreau. Peut être une tierce personne serait venue assister à cette bataille sans fin puisque les deux adversaires sont de taille. Le sang aurait giclé plusieurs fois de suite. Les pupilles des deux hommes se seraient dilatées par tant d’excitation.

Mais il n’en est rien. Il connait la réputation de l’homme. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et ce n’est pas du tout le cas d’Eloi qui n’a plus le dessus. Destabilisé il aurait pu l’être, mais le Fou s’est toujours préparé à la mort. Il a toujours voulu l’accueuillir en bonne et due forme quand le jour viendrait. Ne pas se battre pour une vie qui n’a simplement pas de sens. Pas de femme, pas d’amis, des parents bien trop gentils, il n’a plus que ses acolytes qui ne viendraient jamais mettre leur peau en danger pour une simple vie.

C’est pourquoi, avec toute la volonté qu’il arrive à réunir une dernière fois, le corps de l’unijambiste assassin se projette en avant pour que le coup soit plus profond et qu’il vive son dernier souffle un sourire sadique au coin de ses lèvres. Il sent la lame lui ôter la vie. La Alterac voulait qu’il sache, il saura, à l’instant même.

Par chance, ce dit souffle effleure l’oreille d’Eusaias. Après quelques balbutiements incontrôlés, des rejets de sang qui font une montée fantastique jusqu’à sa bouche, une main sur le liquide chaud qui coule le long de ses braies, il parle, surement pour la dernière fois.


Alt..

Une main s’agrippe alors sur l'épaule de son ennemi du moment. Il veut tomber au sol doucement et ne plus souffrir. Plus jamais. Le Fou grimace alors pour enfin s’étaler de tout son long dans la cave, qui en deviendra son tombeau quoi qu'il arrive. Sa jambe de bois se détache et vient rouler à l'autre bout de la pièce. Il est sans défense et ne peut plus rien.
Mort? Déjà..?


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Eusaias
Eusaias ne lâche pas du regard l’assassin qui s’empale sur la lame. Voilà bien longtemps que le Balbuzard n’avait pas croisé d’homme aussi professionnel. Le dernier sans doute était le sicaire des lions de judas : Aileron. Eusaias avait eu raison de lui entre Sémur et Autun, avant de l’interroger et lui faire rendre gorge.

Le sang de l’ennemi lui coule dessus, mais le balbuzard reste froid, impassible. Il n’est pas fait pour avoir de sentiment et certainement pas dans ses moments là. Il regarde l’homme, les yeux d’oiseau de proie toujours braqués dans celui d’Eloi. Puis une main se pose sur son épaule.


« Alt… »

Alterac… c’est certain. L’homme doit être complice du premier. « Aléanore… que fais-tu mon amour ? ». Le bruit du corps qui s’affaisse le rappel à la scène. La jambe roule sur le plancher. Alors, le Balbuzard se redresse, grimace. La journée va être longue, très longue… il en est certain. L’homme à ses pieds agonise.

« Tu as cru être capable idiot ? Tssss… Saches que tant que je respirai la bourgogne ne sera pas terre d’accueille pour les crapules comme toi. »

Il le dévisage toujours.

« Tu souffres ? Ne t’inquiètes pas, ton calvaire touche à sa fin. »

Il se laisse tomber à genoux sur l’agonisant. Sa main gauche saisit l’homme au cou, tandis que la droite arme le coup. Le marteau à tonneau vient s’écraser sur la tête d’Eloi. Il double le coup, puis le triple. Il est connu que la vue du sang excite les carnassiers, les charognards, Eusaias ne coupe pas à la règle. Il continue à fracasser le crâne de l’homme qui ne respire déjà plus. Le sang gicle, recouvre le balbuzard, le plancher et le mur proche. Des morceaux de chair, de dents et des fragments d’os bondissent de partout. Sursaut d’humanité, le balbuzard lance le marteau plus loin et s’assoit à côté du cadavre. Sa respiration est lourde.

Un moment de réflexion après, il se lève et prend le cadavre par les pieds afin de l’extraire de la cave. Le corps ainsi tiré fait un bruit sourd à chaque fois qu’il « gravit » une marche. Par chance la tombe du chien est proche et pas encore recouverte. Le cadavre rejoint l’ami canin qui repose déjà au fond.

Nouvelle grimace sur le visage du sémurois, il sait que la matinée sera prise par le nettoyage de la cave et par le trou à reboucher. Il va juste s’accorder, un verre de vin avant cela.

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--L_albinos
[De Saumur à Sémur. Troisième Tentative.]


Il avait chevauché depuis l'Anjou aux cotés ses deux comparses, sans desserrer les lèvres de tout le trajet. L’homme n’aimait pas parler, ni se mêler aux autres. Sa différence avait fait de lui un solitaire, et si cette fois ci il acceptait la compagnie des deux autres tueurs, c’était bien pour augmenter ses chances de percevoir la prime promise. Il avait dissimulé ses traits sous un capuchon noir, ce n’était guère le moment d’attirer l’attention sur lui, et ses cheveux bien trop blancs pour un homme de son âge, ses yeux bleus presque translucides ne l’aidaient pas particulièrement à se fondre dans la masse. Sans quitter sa proie des yeux une seule seconde, il la traquait comme un véritable chasseur, la pistant comme son ombre depuis leur arrivée en Bourgogne, mais laissant les autres agir avant lui. Il n’était pas le seul à le suivre, mais il resta à bonne distance, observant les différentes tentatives.

Les ordres étaient limpides : le tuer et ramener trois preuves du méfait. La victime désignée, il ne la connaissait pas, pas plus que toutes les autres auparavant. La commanditaire … une gamine capricieuse à ses yeux, mais peu importe tant qu’elle avait de quoi les payer grassement, et en l’occurrence cela semblait être le cas. Décision avait été prise d’agir les uns après les autres plutôt que de tenter l’assaut de face à trois contre un, et si l’idée lui plaisait moyennement, il s’y était plié, espérant en lui-même que les autres échoueraient. Pas qu’il n’ai pas confiance en ses acolytes, mais il lui paraissait évident que si ces deux là se plantaient alors la prime ne reviendrait plus qu’à lui seul.
Et ce qu’il espérait arriva.

Premier échec, le Poison. Dommage, l’idée était belle, lui même aurait pu user de cette méthode qui a fait ses preuves plus d’une fois. Mais le Balbuzard semblait avoir de la chance, et les seules victimes de ce premier assaut furent un chien et une bonne bouteille de rouge. Raté. Second essai, il ne put que voir Eusaias s’engouffrer dans sa cave, aussitôt suivi de l’Unijambiste, et quelques instants à peine plus tard, l’un des deux ressortit en traînant derrière lui le cadavre de l’autre. Dommage, le mort n’était pas celui escompté.

Tapi derrière un arbre, l’Albinos retint un soupir … Incapable Fou. A lui d’entrer dans l’arène désormais, que le Bal commence, fini de faire mumuse. Les yeux vitreux suivirent leur proie alors que de sous sa cape jaillit une arbalète au poing. Pas son arme de prédilection, l’homme préférait les corps à corps, mais il la savait utile en certaines situations. Légère, discrète et terriblement efficace. Arme dépliée, corde tendue et carreau mis en place … il était fin prêt. Son regard perçant suivait les allers et venues du Balbuzard derrière ses fenêtres, attendant l’ouverture, l’occasion à ne surtout pas manquer. Et soudain, silhouette très claire derrière une fenêtre entrouverte, de profil, verre à la main. Les gestes étaient précis et rapides et :
« Tcccchhhhhaaaaaacckkkkkk ». Le carreau fila en direction de l’ombre. Il avait visé la tête, mais alors qu’il s’employait déjà à recharger, c’est un bruit de verre brisé qui résonna à ses oreilles, en lieu et place du cri qu’il espérait.

Réagir et vite … Maudite arbalète qui perdait tout son attrait lorsqu’il s'agissait de renouveler le tir…


Eusaias
Le trou fut bouché, le vin avalé et la fenêtre vient d'éclatée au nez d'un Balbuzard surexcité.

BORDEEEEL !

Il se laisse tomber au sol afin de ne plus être dans le cadre de la fenêtre. Il regarde l'empennage du carreau figé dans le plafond de sa chambre. Hélas il ne le connait pas, mais il sait ce qu'il a à faire. Une arbalète donne un avantage sur le premier coup, mais l'arme est longue à charger. Tel sa devise familiale : Sans Jactance ni Crainte, le Balbuzard s'envole par la fenêtre brisée, où plutôt il tente de ne pas s'écraser sur le sol boueux du jardin.

Splatchhhhh !

Presque réussi, il a cependant mis les mains dans la gadoue pour ne pas s'étaler de tout son long. Il peut deviner alors d'où vient le tir. L'homme doit être proche et l'arbalète quasi rechargée. Le Sémurois rampe sur le sol le long du muret, Victoria est restée dans la maison, il n'a pas eu le temps de la prendre. Il tire son stylet de sous sa chemise.

La position il la connait, il la prise bien souvent. Lorsqu'il errait dans Paris, Lyon ou Bordeaux à l'affut d'une gorge à trancher. Une gorge désignée par son « Roy » ou désignée par son ventre qui criait famine. La mort, il la donnait quasiment tous les soirs lorsqu'il vivait au cloaque connu aussi sous nom de Drasnie. Ses doigts se referment fortement sur le manche de « Monsieur Stylet », si Victoria ne connait que la victoire, monsieur Stylet lui ne sait que donner la mort.

Il rampe encore sur le sol et aventure son oeil dans une des fissures du muret. Il le voit. Il est là l'enfoir* qui veut lui trouer la peau. Lui aussi tapis dans l'ombre, l'arbalète posée au sol. Le corps à corps est éminent.


A nous deux !

Le Balbuzard bondit en direction de l'albinos.
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--L_albinos
Un œil sur l’arbalète qu’il s’employait à recharger, l’autre sur la fenêtre brisée. Aucun bruit sourd signe qu’un corps s’est écroulé sur le sol. Il sut qu’il n’avait pas atteint sa cible mais espérait tout de même l’avoir au minimum blessé, ce que le cri qui lui parvînt pouvait vouloir signifier. Mais rapidement ses espoirs s’éteignirent pour de bon lorsqu’il distingua sa proie s’élancer par la fenêtre et disparaître aussitôt de son champ de vision. L’arme était chargée mais il réalisa qu’elle ne lui serait désormais plus d’aucune utilité et l'abandonna donc, la jetant derrière lui d'un geste rageur.
Que de temps perdu ...
L’oreille tendue vers le moindre bruit, le moindre signe de l’approche du Balbuzard, le main qui dégageait déjà le poignard du ceinturon. Sans le voir encore il pouvait sentir sa présence, de plus en plus pressante. Alors que l’arme n’était pas encore totalement sortie du fourreau, l’homme était déjà sur lui …

Les rôles s’inversaient, proie devenue chasseur … L’Albinos ne dut cette fois son salut qu’à la célérité de ses sens et il roula rapidement sur le côté pour éviter de justesse la pointe d’un stylet qui réussit pourtant à lui entailler le bras gauche et à lui arracher un cri de douleur. Prestement il se releva et se remit sur ses pieds, grimaçant mais de nouveau prêt à affronter son adversaire.

Le corps à corps, l’odeur du sang et de la sueur mêlée … l’excitation du combat faisait pulser plus vite encore son sang dans ses veines, allumant une étincelle dans son regard vitreux … Ce pourquoi il vivait .. Tuer. Un remerciement muet à sa patronne du moment qui lui offrait là une belle occasion de se battre avec un homme de valeur. Une seconde pendant laquelle il l’observa, ne l’ayant jamais vu de si près.
A son tour maintenant de se ruer sur lui, lame en avant, visant le ventre de son adversaire. L’Albinos n’était pas une montagne de muscles mais il escomptait sur sa rapidité pour prendre l’avantage. Ce fut bien sûr sans compter sur le sol boueux et détrempé par la pluie, et alors qu’il fonçait vers Eusaias, son pied droit glissa et se déroba sous lui, le faisant vaciller dangereusement et déviant la trajectoire de son bras.


AAAARRRGHHHHH !!!!

Quand ça veut pas … ça veut pas …


Eusaias
Les deux armes fendent l’air, piquent et cinglent leur adversaire. Le Balbuzard, les yeux onyx à l’affut de tous les gestes, tente de prendre le pas sur son assaillant. L’albinos est doué, rapide et expert, mais hélas pour lui son pied se dérobe dans la boue et son coup vient mourir dans le vide. Fente avant et pas chassé, la lame de monsieur stylet s’enfonce dans le sternum du tueur. La sensation de cette chair qui se fend sous la lame, le sang chaud qui coule sur sa main régalent le Sémurois.

Je t’ai eu…

Il reste là, tel un charognard, il regarde sa proie s’en aller à jamais. Il tire lentement monsieur Stylet dub thorax que son assaillant. Sa main gauche pousse celui-ci à la renverse, pour qu’il n’agonise pas face au sol. Le fait d’embrasser la poussière en mourant est réservé aux faibles et aux fourbes, Eusaias ne peut que reconnaitre la vaillance de l’albinos qui s’éteint.

Foutre dieu… cette journée est à marquer en lettre de sang.

Trois assassins en une journée, trois envoyés par Aléanore. Sa douce, sa promise aime les hommes forts, elle ne sera pas déçue. Combien de spadassins seraient encore aujourd’hui sur son chemin. Il devait déjà retrouver le loufiat du matin, afin de lui faire rendre gorge. On n’attaque pas impunément le Légendaire.
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--L_araignee_assassin


Il aura couru, couru pour échapper au Balbuzard, mais que peut un oiseau contre un insecte, et l’Araignée de disparaître dans un coin de rue pour s’engouffrer derrière un chambranle de porte, assez mince pour se dissimuler dans les plus petits interstices possibles. Le cœur battant à tout rompre, mais le sourire qui s’étire, les pupilles qui se dilatent sous l’impulsion du palpitant qui s’agite, goûtant la joie du danger, de la promesse de mort, seul bémol à cette joie, il ne sait pas si le Balbuzard va boire le poison. On ne laisse pas passer une heure de gloire, on a beau être courien et n’être qu’un assassin, on a sa fierté, alors l’Araignée se faufile discrètement de mansardes en mansardes pour rejoindre la maison de la cible à abattre.

Et pendant que les yeux scrutent les environs pour s’assurer qu’Eusaias est bien rentré à son domicile, les mains retrouvent leur vie propre, et préparent ce qui achèvera sûrement la victime, un petit roseau creux dans lequel se glisse une aiguille qui aura été trempé au préalable dans un petit réceptacle contenant de l’aconit pur, dans le chas de l’aiguille, un nerf d’agneau renforcé tellement long qu’il dépasse du roseau, méthodique, pour ne pas se piquer, et pourtant les yeux scrutent encore et toujours les ruelles pour enfin arriver à la bâtisse où loge l’homme, et apercevoir un combat opposant l’albinos et le balbuzard. Donc, le poison n’a pas marché, pour un peu, il collerait un coup dans le tonneau à côté de lui, s’il n’y avait ce besoin irrépressible de se cacher, on est araignée ou on ne l’est pas, hein. Alors, il se cache derrière ledit tonneau, observant silencieusement le combat de titans en face de lui, et quand l’Albinos est mis à mort, il retient son souffle, comprenant enfin, que l’homme qu’ils doivent tuer n’est pas un faible. Et pourtant .. Ne dit-on pas que Prudence est mère de Sureté ? Et bien quand l’Araignée sort de son tonneau et se met à découvert à quelques pas du Balbuzard, on peut dire que la Sureté se retrouve bien orpheline.. Le Ballet reprend.

A quelques pas derrière le balbuzard, une fosse creusée, sait-il, sent-il la mort qui ressort de cette tombe, l’oreille se tend, cherchant à déceler une trace de la présence du Fou qui pourrait être encore vivant, alors même que l’Albinos est à terre. Alors l’Araignée déglutit doucement, il ne veut pas mourir pas pour les yeux d’une péronnelle, si beaux soient-ils, et encore que là-dessus, l’Araignée ne se prononcera pas, et il ne comprend pas pourquoi on peut tuer pour une femme, pour l’argent d’une femme, comme eux, peut être, mais pas pour une femme. Alors le roseau se porte aux lèvres et les joues se gonflent d’air avant d’expirer fortement pour en déloger l’aiguille qui fuse dans l’air humide de Sémur et vient se planter dans le col de la chemise, loupant d’un cheveu le cou du Balbuzard, qu’à cela ne tienne, il pourrait maudire le vent qui est forcément le coupable de cette déviation prise par l’aiguille, à moins que ce ne soit les mains qui tremblent, car elles tremblent, et il a peur, l’assassin, pour une des premières fois de sa vie. Mais la peur n’évite pas le danger, et dans un accès de courage désespéré, l’Araignée, se jette vers le Balbuzard, épaule en avant pour le percuter, en apparence, car la vérité est la suivante, en bousculant le Balbuzard, l’Araignée récupère le mince nerf d’animal passé dans le chas de l’aiguille et d’un bond leste, le voici, qui se retrouve sur le dos du meurtrier de ses deux congénères, entrain d’essayer de l’étrangler de son mieux, poussé par les derniers accès de rage que la survie offre.
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