Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Parce qu'encore une fois, Thalys+musique = envie de reprendre la plume, la suite des aventures de Guillaume. En espérant que cela vous plaise.

Il neigeait...

Guillaume_de_Jeneffe
Il neigeait. Encore et toujours. Sous ses pas, la neige s'écrasait dans son bruit caractéristique. Il y a bien longtemps, cela lui causait plus qu'un sourire. Il avait souvent pensé, alors, à la joie que pourrait être un combat de fronde où le blanc aurait remplacé le gris des pierres. Il s'y était entraîné, d'ailleurs, souriant seul à la joie d'atteindre l'arbre, les stères, l'hermine, parfois, qui lui passait sous les yeux. Mais aujourd'hui, ce n'était pas le sourire qui se peignait sur son visage, ni les bottes cloutées qui abandonnaient leur trace sous les arbres flamands. Aujourd'hui, le roncin qui le portait depuis des mois se contentait d'avancer, lent et insouciant des kilos de métal l'entourant, ne lui laissant guère le plaisir d'entendre encore ce bruit si typique des randonnées d'hiver. Pas plus que ne le laissaient percevoir les murmures des hommes l'entourant.

Il les couvait d'un regard bienveillant, eux qui, pour la plupart lui étaient inconnus il y a quelques semaines encore. Et qui pour certains le resteraient à jamais, fauchés trop tôt ou négligés bien vite. À y réfléchir, d'ailleurs, il ne connaissait que peu de monde dans cette troupe. Tout au plus les autres cavaliers avaient-ils échangés deux-trois paroles avec lui, bien aidés par l'interprète qui devait n'avoir jamais pensé que le français lui serait utile là où ils étaient. Pour lui, en tout cas, la marche continuait sans lui offrir d'émettre le moindre son. Le silence, encore une fois, était son compagnon le plus fidèle. Même si, au final, cela ne le dérangeait guère. Toujours l'avait-il apprécié. Silence avant le fracas des armes, silence avant les négociations, silence même après L'acte. Celui qui vous laissait calme, l'instant de répit avant que la vie ne reprenne son cours. Même si sa vie à lui attendait depuis bien des mois de reprendre son cours.

Un flocon venait de s'écraser sur son nez, dans une sarabande qu'il avait suivi attentif jusqu'à son terme. La neige reprenait de plus belle, couvrant peu à peu son entourage. Guidé par sa monture qui ne semblait se soucier de tout cela que comme d'un élément de pauvre importance, il laissa courir son regard. Une épaule montant avant de redescendre, un pas qui s'accélérait, peu à peu un rythme s'offrait à lui. Sans général pour leur ordonner, sans tambour pour battre la mesure et sans fifre pour les conduire, les hommes s'accordaient dans ce vaste cérémonial qu'était la marche. Des groupes se formaient sans se parler, se rejoignant, puis se défaisant au gré des allures de chacun. Les longues vouges répétaient bien au-dessus de leurs crânes le rythme qu'ordonnaient leurs pieds. Et cela, du haut de sa jument, l'homme le voyait, le suivait, y souriait même parfois, témoin de son propre présent, présent qui pourtant lui restait étranger.

Tout avançait, réglé par une mystique ordonnance, sans qu'il n'y intervienne. Se laisser porter par la marche, ne pas s'user à l'ordonner, faire confiance à l'autre, tout cela lui était neuf, ou presque. Passager du temps qui passe, sans plus chercher à l'influencer, se laisser porter par lui, sachant qu'au terme de cette marche se dressera toujours le même ennemi. Comme l'hydre, encore et toujours ses têtes repoussaient. Ils avaient beau, tous, user leurs vies, leurs membres, leurs armes, leur courage, rien n'y faisait. Toujours elle revenait, plus méprisante, plus menaçante, plus effrayante. Et toujours, l'étranger aidait ses gens qu'ils ne connaissaient pas à la vaincre, à la repousser, à la retarder. Comme si rien ne pourrait la tuer, mais qu'ils n'offraient qu'un répit à ceux qui, bien loin derrière eux, festoyaient dans leurs castels, priaient dans leurs abbayes, œuvraient dans leurs masures.

La fatigue, certainement, lui faisait parfois baisser le regard, comme s'il dormait sur sa selle le temps qu'il ne pouvait dormir sous un toit de toile ou sous les poutres d'une auberge. Cette fois, pourtant, son regard rencontra un obstacle. Rien de bien neuf, pourtant. Une simple plaque de métal, stuquée d'un étrange motif. Sur le noir il se détachait, ce dessin argenté d'une rose dont seul le cœur restait de gueules. Un léger sourire se fait sous la barbe moins brune qu'auparavant, que déjà courraient les poils blancs. Sourire qui disparaît rapidement. Ce n'est plus que la tristesse, la mélancolie, le souvenir d'une joie disparue que lira le regard attentif sur le visage de l'étranger. Si du moins quelqu'un porte son regard sur lui, le chevalier à la rose. Nom qu'il avait choisi, moitié pour hommage, moitié par souci d'incognito. Comme si quelqu'un pouvait le connaître, ici, si loin. Souci ridicule d'un homme qui croit que tout n'est pas encore perdu. Qui nourrit encore, absurde, l'idée de regagner le plat pays qui est le sien. Souvenir d'un jour de neige, comme celui-ci, où il a joué avec celle qui était sa fille, qui est toujours sa fille si la Faucheuse ne l'a pas encore enlevée. Souvenir, encore, d'une chevauchée, moins blanche, mais qui avait provoqué tant de choses. Puis mémoire qui glisse vers la victime de tout cela, le gigantesque cadavre, percé de tant et tant de lames, que peu à peu le feu dévore. Se regarderait-il, aujourd'hui, l'inconnu, qu'il se verrait sous les traits de celui qui fut son frère et son ami avant d'être l'époux d'une femme rêvée. Armure noircie – par les combats ou par le suif ? –, regard qui ne laisse personne en paix, mains plongées dans le sang jusqu'aux coudes, et toujours tristesse d'un bonheur perdu au fond des prunelles, si du moins on osait le regarder jusque là.

Enfin, il décroche ses yeux de cet aimant pour les reporter devant lui, loin devant lui. Là où s'ébroue l'avant-garde, là où le danger est le plus grand, là où le prochain pas peut offrir votre gorge aux traits ennemis. Il s'y était proposé, pourtant, mais on le lui avait refusé. Aussi demeurait-il au centre, dans ce qu'intérieurement il appelait l'hôtel seigneurial, sans savoir vraiment ce que c'était. Il se contentait de suivre la bannière du seigneur Alexandre, Iskander-bey que l'on disait par ici, sans plus se poser de question. Il vivait, et par-delà les fêtes, guerres, messes, pillages, repos, escarmouches, il s'accrochait à son écu rosé. Nombre de fois l'avait-il fait refaire, réharnacher, compléter de nouvelles plaques, comme si cela restait le seul lien avec le monde qui avait été le sien, avant. Les forgerons devaient le prendre pour un fou, mais lui ne se souciait guère de les contredire. L'eut-il pu, seulement, lui qui ne parlait pas leur langue et ne devait sa place ici qu'à des circonstances dont nul ne savait véritablement tout ? Et puis, il était L'étranger, celui qui ne pouvait être comme eux. Ainsi vivait-il donc, ses caprices considérés avec indifférence ou léger mépris par ceux qui l'entouraient.

Et toujours, la troupe avançait, sous des branches depuis bien longtemps vierges de ce vert qui devait les faire si belles à la gaie saison. Aujourd'hui, le gris du ciel s'unissait au blanc du paysage pour couvrir la terre de son manteau de désolation. Pas de cris, pas de musique, rien que des hommes avançant, perçant le froid de leurs respirations s'élevant en de petits nuages. La désolation, oui, c'était bien cela qu'il savait le mieux offrir. Il passe sa main sur le pommeau de son épée, une fois de plus, la détaille encore sous ses doigts experts, la flatte comme on flatte un étalon farouche, l'apprivoise en somme. Elle ne lui était pas si familière que ses sœurs forgées en ses ateliers, achetées à ses amis ou offertes par ses proches. Pas encore. Mais chaque jour, il la connaissait plus, il la connaissait mieux. Puis le revers de sa main glisse sur ses cuisses, détaillant les couches de métal qui se superposaient les unes aux autres. Enfin, elle vient se poser sur le cuir de sa monture. Pas de barde ni de manteau d'armes, pas pour la marche. On garde cela pour les grandes batailles, les joutes et les parades, pour les jours où il faut être vu. Aujourd'hui, qui s'inquiétera de savoir où ils ont mis leurs pieds, ces hommes de métal ?

Même l'ennemi n'aurait dû s'en soucier. Qui porte le fer dans le corps de l'autre quand la terre se recouvre de son blanc manteau ? Qui cherche à tuer quand nul ne sait si les réserves de l'année permettront de passer l'hiver ? Qui oublie cette loi élémentaire, « pas de guerre en hiver » ? Personne. Personne que ceux qui ne pensent avoir d'autres choix. Et pour l'étranger, comme pour ceux qui l'entouraient, attendre la fin des mois de froid pour combattre à nouveau semblait plus stupide que de penser voir une lame supprimer les Privilèges. On n'avait que trop tardé. Et ce n'était pas les hommes en rouge qui en étaient le moins responsables. Aussi l'avaient-ils choisi, tous, ou presque, ce destin qui les conduisait à tuer sans cesse, à lutter sans espoir de secours, à combattre en priant pour un sursaut loin, bien loin de leurs rivages. Alors, que pouvait bien représenter de la pluie gelée face à la stupidité de ceux qui pensaient que le commerce pouvait justifier l'abandon de ces terres autrefois fières porteuses de la croix ? Rien, ou si peu.

Peu, comme ils lui semblaient peu alors qu'ils s'étendaient sur une plaine immense. Lentement, ils prenaient place, ils s'ordonnaient. Les archers en tête, les hommes d'armes au centre, les cavaliers légers aux ailes. Cela avait été prévu, certainement. Il avait peut-être acquiescé, l'étranger, en entendant cela. Il avait suivi, comme il le faisait toujours, l'otage devenu prince et chef de guerre, se plaçant à sa gauche, au milieu d'autres frères d'armes inconnus. Le sourire de circonstance avait gagné son visage, de celui que l'on adresse quand on sait que tous seront peut-être morts au soir de la journée, et comme si cela pouvait leur donner un espoir que, non, peut-être pas, tout n'était pas perdu. Alors que, surtout, tous agissaient de même, et tous, malgré cette conscience de la feinte, y puisaient une nouvelle énergie. Les pennons, les bannières, les enseignes s'étaient levés, dessinant qui une croix, qui un croissant, qui un lion, qui un ours. Pour l'étranger, tout cela avait eu lieu en un silence absolu. Rien de tout cela ne lui était étranger, il l'avait fait bien trop de fois, chez lui, en ses terres ou ailleurs, pour encore hésiter sur la marche à suivre, sur la direction à prendre.

Les hérauts avaient ouverts les discussions, pour la forme, car l'un des deux camps vit bientôt revenir son messager plus percé de flèches et de carreaux que saint Sébastien à l'heure de son supplice. Les discours s'étaient alors élevés, dans des langues qui toutes lui restaient incomprises, il n'allait tout de même pas appeler l'interprète, pas ici, pas maintenant. Il avait abaissé son bassinet, comme pour masquer aux yeux des autres le spectacle de son visage qui se fermait, comme avant le sommeil. Il les avait répétées, ces prières qui l'accompagnaient de plus en plus souvent. Puis il avait relevé le visage quand les exhortations s'étaient tues. Il ne restait plus que peu de temps.

Il avait alors enfourché son coursier, empoigné la lance que lui tendait un page – combien de temps faudra-t-il avant que toi aussi tu ne consacres ton existence à répandre les entrailles ennemies que le sol qui t'a nourri ? –, vérifié la solidité de son arrêt de cuirasse, calmé sa monture, et attendu. Puis les lignes s'étaient ébrouées, rituel immuable, et bientôt, seul la langue du métal avait noué, dans cette nouvelle Babel, ceux qui ne savaient se comprendre autrement. Et le savaient-il seulement ainsi ?

Il avait frappé, encore et toujours, une fois le fut de bois brisé, de la longue lame de son épée. Son cheval, bientôt, n'était plus qu'une masse immobile, ne cherchant qu'à éviter les lames des piétons, offrant, au hasard, une ruade à celui qui, ami ou ennemi, se mettrait sous leur menace. L'étranger, lui, proche du dragon, comme souvent, avait fait son travail, ce pour quoi il avait gagné sa place en cette compagnie. Tuer, encore et toujours. Ne pas se soucier de rançon, d'honneur, de valeurs qui lui semblaient de plus en plus étrangères. Son armure s'était couverte de sang, de sueur, de neige, l'assombrissant d'heure en heure. Puis, enfin, l'ennemi avait fui. Il les laissait maîtres du champ, vainqueurs. La joie avait éclaté, dans les cris d'abord, puis dans la joie mise à achever les blessés. Pas de pitié pour les croissants avait été le mot d'ordre de leur chef depuis bien des lunes. Et de pitié il n'y en eut guère, pas plus aujourd'hui qu'hier, ni que demain. La pitié, ils ne la connaîtraient que quand ils l'exigeraient de leurs futurs vainqueurs. Aujourd'hui, c'était la soif du sang qui régnaient.

Ensuite, comme toujours, on avait détroussé les cadavres, fait du butin, que l'on divisera ensuite, récupéré ce qui pourrait l'être, un carquois, un pavois, un cheval ou un sabre. Puis, à nouveau, la sarabande avait repris, toujours dans cette cadence spontanée qui, peu d'heures auparavant, avait éclairé le visage de l'étranger d'un léger sourire. Ensuite, une fois de plus, on avait dressé le camp, à quelques lieues du champ de bataille abandonné aux charognards qui trouvaient toujours un profit dans la guerre, qu'importe le vainqueur. Certains avaient célébré leur triomphe, bien aidés par l'alcool que contenait le bagage des vaincus, d'autres s'étaient vu assigner la garde. D'autres, enfin, avait gagné leur pavillon, pour s'y isoler, prier parfois, et tenter de chasser par le sommeil la vision d'horreur qu'ils avaient créée. Parmi ceux-ci étaient le chevalier à la rose, Guillaume de Jeneffe.

_________________
Guillaume_de_Jeneffe
Seul. Il était seul à manger au milieu d'eux tous. Eux qui le regardaient comme on regardait une bête curieuse. Ce qu'il était, au fait, à bien y réfléchir. Et ce qu'il aimait être, aussi. Ne pas échanger, ne pas les connaître. Pour ne plus avoir à les pleurer, sans larme, comme ses précédents frères d'armes. Dans ce pays étrange, il faisait ce qu'il savait le mieux faire, dégainer son épée pour la replonger dans le fourreau de chair humaine que lui offraient ses ennemis. On ne lui demandait rien de plus. Il ne demandait rien de plus. Étrange échange qui avait commencé il y a bien des mois de cela.

Il y repensait, en enfournant sa nième tranche de pain. Il avait quitté ses chaînes de galère pour rejoindre celles, librement consenties, d'une fidélité qu'il qualifiait presque de vassalique. Il ne s'était pas laissé le choix, en fait. Il ne connaissait personne, là où il avait débarqué. On lui avait tendu une main, il l'avait saisie, comprenant tout ce qu'il devait au chef de guerre qui se trouvait là, quand il avait quitté sa prison de bois. C'était cette dette qu'il remboursait, sans rien dire, sans chercher à être compris. Il n'y avait que lui qu'il cherchait à convaincre. Se convaincre qu'il n'abandonnait personne en restant si loin de ses terres. Se convaincre qu'il rentrerait, ensuite, une fois sa dette remboursée.

Et c'est là qu'il s'arrêtait, toujours, quand il y repensait. Il s'effrayait quand il en arrivait là, et refusait de se dévoiler faible, à lui-même, comme si, après cela, plus rien n'empêcherait jamais personne de le voir, médiocre, perdant, soumis. Ne jamais s'exhiber en ses faiblesses, en ses défauts, il l'avait vite appris, serait sa façon de vivre, sa façon d'exister, sa façon de transmettre les choses. Toujours se montrer fort, à son avantage, et ainsi exister, être considéré, être craint. Et surtout à soi. Pour ne pas douter, pour se faire confiance, au-delà des médisances. Être sûr de ses choix, et les conduire à leur terme. Là avait été son échec. Un de ses échecs. Il n'avait que rarement réussi à se juger positivement.

Légère crispation des lèvres, qui s'élargissent ensuite en un sourire, alors que ses pensées quittent le tréfonds de son âme pour contempler son quotidien. Une troupe aguerrie, réduite mais redoutée. Peu de noblesse, de l'ardeur au combat, peu de considération pour l'ennemi, de la violence lâchée au moment fatidique. Peu de paroles, des signes plutôt. La guerre se fait partout de la même façon. Le cuir, animal qui vient redoubler l'humain. Puis l'acier, pour repousser l'acier. L'écu, pour dire qui l'on est, qui vous tue, et sur qui vos fils vous vengeront. La lance, l'épée, la hache, la masse, pour réduire la vie à des lambeaux de chair. Pour laisser l'âme s'échapper et fuir cet univers.

C'est presque sans parole qu'il vit là, tuant encore et toujours ceux qui se dressent face à lui. Loin de ceux pour qui, quelques années plus tôt, il aurait tout donné, serait mort trois fois s'il l'avait pu. Il s'était adapté, aisément, à cette guerre loin de chez lui, assimilant les nuances, diffusant ses connaissances par l'exemple. Il avait toujours refusé de compter, de réfléchir au temps qu'il y passait. Il ne voulait chiffrer ce qu'il devait. Il fuyait, certainement, la réalité des choses. L'aurait-il demandé que, peut-être, déjà, on l'aurait conduit sur la route de l'Ouest. Mais, encore une fois, c'est lui qu'il voulait pour seul juge.

Et hier, il s'était surpris soulagé. Sans surprise. Par réflexe. En retirant sa lame d'une nouvelle gorge. Rodée mécanique humaine. Le temps de lever les yeux, de reconnaître l'Alexandre qui les conduisait. Puis tout avait repris, après un sourire rapidement échangé entre deux hommes qui savent ce qui vient de se passer, qui savent ce à quoi ils ont échappé, et qui savent ce qui s'en suivrait. La journée s'était achevée sur un nouveau champ couvert de sang, une nouvelle victoire. À la Pyrrhus, comme toujours.

La troupe avait repris sa route, au soir. Pour s'établir dans une nouvelle clairière. Et se réveiller ce matin, sous la rosée.

Englouti, le dernier quignon avait été le signal. L'homme s'était levé, avait appelé à lui, d'une simple pression sur l'épaule, l'interprète. En quelques pas, ils y étaient, devant le Castriote. D'un mouvement de tête, celui-ci les avaient invités sous son pavillon. La discussion avait été calme, presque murmurée, sans éclat, à leur image. L'étranger était sorti le premier, visage neutre, comme souvent depuis qu'il les côtoyait. Suivi peu après par l'homme qui venait de le traduire, visage mou, comme toujours avec lui. Émotions qui s'y dessinaient pour se perdre aussi tôt dans la masse adipeuse. Et enfin, par leur capitaine, celui qui les conduisait depuis des années après avoir servi ceux qu'ils combattaient aujourd'hui.

Et, vers l'Ouest, une nouvelle voie avait commencé, vers les lys, pour Guillaume de Jeneffe.

_________________
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)