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[RP] Retrouvailles tant attendues

Leania
Merci de prendre contact avec moi si vous voulez participer à ce RP. Bon jeu à tous.

[A St Liziers]

La patience n’est décidément pas son fort. Depuis qu’elle a reçu ce pigeon, elle trépigne d’impatience. Cela fait un long moment qu’ils ne se sont plus vus, et il lui manque, mais ça elle ne lui avouera pas. Aujourd’hui encore elle arpente les rues de la ville, profitant des rayons du soleil enfin revenu, mais qui ne parvient pas à atténuer le froid mordant de ce début de février. Bien sûr elle pourrait lui envoyer un pigeon, mais alors il saurait qu’elle s’inquiète pour lui, et elle a toujours bien pris garde à ne lui dévoiler aucune de ses faiblesses. C’en est même devenu un réflexe, ce qui elle en convenait pouvait paraître bien étrange aux yeux des personnes qui ne les connaissaient pas.

Arrivée au bout de la rue, les portes de la ville se dressent maintenant devant elle, et les bras croisés pour se protéger du froid qu’amène une brise hivernale, elle scrute au loin, vers la forêt, cherchant des yeux cette silhouette si familière. Hésitant entre l’inquiétude et l’agacement, elle marmonne tous les reproches qui peuvent lui venir à l’esprit, comme si le vent pouvait les porter à ses oreilles. Les questions et suppositions se bousculent maintenant dans sa tête… où avait-il pu aller, où se trouvait-il maintenant, il devrait pourtant être arrivé. Il est vrai que son frère n’avait pas vraiment un très bon sens de l’orientation, elle en avait fait suffisamment souvent les frais pour le savoir.

Le soleil commençait déjà sa lente descente, auréolant le paysage d’une lumière orangée, annonçant une nouvelle soirée dans cette ville que Leania découvrait peu à peu. Il n’arriverait apparemment pas ce soir, cela ne servait à rien de continuer à l’attendre ainsi. Espérant recevoir de ses nouvelles, elle rebroussa chemin à la recherche d’une taverne où elle pourrait se réchauffer.

Déambulant dans les rues licéroises qui s’assombrissaient peu à peu, croisant les habitants qui se hâtaient vers leurs demeures ou vers les tavernes, le visage baissé vers le sol pour se protéger du froid, le manque se faisait plus présent. Son frère lui manquait elle ne pouvait le nier, et la solitude commençait à lui peser. Les soirées s’éternisaient, et elle commençait à trouver vraiment le temps long.

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Aud_dragon
[Il y a quelques jours, à des milles de là, vraiment très loin]

Il s'était perdu... Si seulement le panneau avait pu être... lisible. En effet le bois avait pourri et l'écriture qui y était gravée avait en partie disparue... Hormis ce détail qui l'avait poussé à prendre le mauvais chemin, il avait flâné toute la journée dans l'herbe fraîche et humide. Être proche de la nature lui manquait... La brutalité des villes et les mouvements militaires provoqués par la politique lui avait remué la tête...

C'est a ce moment qu'il se rappela que sa sœur l'attendait, enfin, si elle n'avait pas pris la décision de partir en courant vers une autre ville attirée par une distraction futile... Il se remit alors en route, il marchait vite, sa grande taille lui permettait de marcher très vite.

Il arriva enfin a Saint Bertrand. Il trouva la ville grande, et... grande... Les mots lui manquaient mais Aud se sentait petit. Une sensation qu'il détestait. Après avoir cherché une bonne heure la volière il envoya un courrier a sa sœur, avec l'espoir que ce pigeon la ferait attendre le temps qu'il trouve le chemin. Peu à peu son estomac prit la place de sa sœur, il pensait alors avec son ventre. Dans toute sa vie le seul moment où il arrivait à s'orienter c'est lorsqu'il fallait manger.

Une fois dans la taverne il commanda la carte entière. Si vous aviez marché toute la journée vous aussi vous auriez eu faim. Il se régala et mangea de tout... Mais vint l'heure de l'addition. Ah payer une note aussi salée que la viande qu'il venait d'avaler avec une bourse vide, voilà le genre de défi qu'il aimait. Il leva sa main gauche, fît mine de se gratter le dos. Il sortit son bâton et l'envoya directement sur la tête du pauvre homme. Ce dernier s'écroula au sol. Aud en profita pour sortir discrètement alors que tout le monde s'inquiétait de l'état de santé de l'aubergiste.
Leania
[St Liziers]

Elle sort de la taverne après un frugal repas… sa maigre bourse ne pouvant lui en offrir plus… elle décide de faire un dernier tour de la ville avant de rejoindre sa paillasse pour la nuit. La lune éclaire les rues et ruelles dans lesquelles elle erre sans but précis, perdue dans ses pensées, repensant à ces dernières années. Un bruissement d’ailes la fait sursauter, la ramenant brusquement dans le présent. D’un geste de la main elle essaie d’éloigner le téméraire volatile. Rien à y faire, il continue son manège, tournoyant autour d’elle avec obstination. C’est alors que son regard s’attarde sur sa patte, où semble être attaché un morceau de parchemin. Bien tardif ce pigeon… plongeant sa main dans sa besace, elle lui balance au sol quelques graines de maïs avant de lui retirer délicatement le message dont il est porteur.

Trouvant un banc à quelques pas de là, près de la fontaine qui orne la place du village, elle s’y installe, déroulant la missive avec précaution. Elle espère, souhaite et prie pour que ce soit enfin des nouvelles de son frère, tout en essayant de ne pas se donner de faux espoir. Ses yeux se posent sur l’écriture qu’elle reconnaitrait entre mille, et son visage s’éclaire d’un radieux sourire. Il va bien… il est tout proche… enfin ils seront bientôt réunis. Enfin bientôt… avec lui on ne pouvait jamais savoir, mais il avait dit qu’il arrivait, et en cela on pouvait le croire. Restait à savoir quand… enfin, une seule journée de marche les séparait… hmm on pouvait en compter deux avec lui, à croire qu’il prenait un malin plaisir dans les détours inutiles. Tout ça en supposant qu’aucune donzelle ne le retienne encore plus longtemps à St Bertrand.

Certes il lui manquait, mais de plus, Leania avait une furieuse envie de reprendre rapidement la route. Rester trop longtemps dans un même endroit ne lui convenait guère. Voyager, changer de décor, rencontrer des gens différents chaque soir, c’était cela sa vie. Et ici, elle commençait à trouver le temps bien long. Elle soupira, frissonnant dans l’air glacé de ce mois de février et se décida à rejoindre un abri potable pour y passer la nuit.

Elle pénétra dans la bicoque qui lui servait d’abri depuis son arrivée ici, et s’affala sur sa paillasse. N’ayant que moyennement envie de dormir, elle sortit de sa besace de quoi répondre à son entêté de frère. La plume glissait sur le parchemin, et de son écriture régulière, elle le pressait de la rejoindre. Elle voulait bien l’attendre encore quelques jours, mais si il ne montrait pas le bout de son nez d’ici une semaine, elle se passerait de lui et reprendrait les routes sans l’attendre. C’est qu’il était hors de question qu’elle se tienne à sa disposition, il pouvait toujours rêver si il le croyait…

Un sourire aux lèvres, heureuse d’avoir reçu de ses nouvelles même si elle ne l’admettrait jamais, elle regarde le pigeon chargé de sa missive, s’envoler dans l’obscurité de la nuit. Se blottissant sous la couverture de laine qu’elle transportait partout avec elle, elle s’endormit rapidement, vite rattrapée par ses rêves d’aventures.

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Aud_dragon
Le lendemain il s'aperçut que le givre avait commencé à attaquer ses vêtements… Ce climat ne lui convenait pas. Il venait d'un pays chaud. Il était fier de sa cape qui lui avais permis de passer une nuit dehors. Il fit alors un effort pour se remémorer la soirée d'hier soir. L'aubergiste et son repas lui revinrent. Il n'avait pas faim, la brume de l'alcool perturbait ses sens, sans elle, le froid de la nuit lui dévorant les doigts l'aurait rendu fou.

Il prit la décision de chercher un peu d'action dans cette ville… Alors qu'il finissait de sortir du sommeil, il aperçut en levant les yeux, à quelques mètres, une jeune femme récupérer un peu d'eau dans le puits, ses cheveux bruns ruisselaient sur son dos, elle avait les yeux noisette, on pouvait y plonger, s'y noyer, plus rien ne comptait. Son corps parfait, ses gestes incarnaient la finesse et la grâce. Aud ne vit pas qu'elle était vêtue de haillons, sa beauté était telle qu'il succombât à son charme. Cette femme était a ses yeux une princesse, elle incarnait la perfection.

Notre homme de Bayonne s'approcha d'elle par derrière et lui susurra ces quelques mots :

Tu es la gardienne de mon coeur
A toi seule appartient mon bonheur
De toi dépendent ma joie et ma peine
Que mes sentiments soient amour ou haine...
Elle se retourna, flattée par ces quelques mots. Elle sourit. Aud souriait aussi, il en oublia de se présenter, c'est elle qui lui dit son nom :
Enchantée, je suis Esméralda, je ne vous ai jamais vu, êtes vous d'ici?
Sa voix le faisait rêver, mais il fallait qu'il quitte son nuage. Il se présenta, lui expliqua qu'il était un voyageur et qu'il devait attendre un homme avant de rejoindre sa sœur.

C'est à ce moment qu'elle lui revint en tête, il doit lui envoyer un pigeon pour la prévenir. Il doit attendre Faebur car le chemin entre St Bertrand et St Liziers n'est pas sûr et est réputé pour ses brigands… Il proposa de lui donner alors rendez-vous un peu plus tard. Il ne savait pas si elle viendrait mais il voulait essayer.

Il courut envoyer un courrier à sa soeur lui expliquant qu’il devait attendre un ami, et lui proposer de le rejoindre, afin qu’ils puissent enfin se revoir !
Leania
Une faible lueur pénètre dans la pièce, annonciatrice d’une aube froide et trop vite arrivée. Elle se pelotonne sous sa couverture, sans la moindre envie de s’en extirper. Elle se doutait que la journée allait encore être longue, à attendre son arrivée ou au moins de ses nouvelles. Elle sentait que la limite de sa patience était proche, et que frère ou pas, famille ou pas, elle ne tarderait pas à prendre la route sans lui, si il ne se bougeait pas un tant soit peu. Elle sourit en sachant déjà très bien que cela le mettrait hors de lui… prendre la route seule encore, avec les dangers que cela représentait. Il n’arrivait pas à accepter qu’elle puisse se débrouiller seule, et se croyait encore indispensable à ses côtés… ah ces hommes… Bien sûr elle préférait voyager avec lui, et elle avait envie de le revoir, mais bon il pourrait toujours la rattraper si il y mettait un peu du sien.

S’étirant paresseusement, elle daigne enfin se lever, plissant les yeux sous les premiers rayons de soleil qui viennent lui caresser le visage. S’approchant du broc d’eau, elle en verse dans la cuvette et grimace en commençant sa toilette, n’ayant qu’un penchant plus que limité pour l’eau glacée au saut du lit. Une fois rafraîchie, et c’était rien de le dire, elle enfila quelques vêtements propres, avant de sortir faire un tour au marché, trouver de quoi remplir son estomac qui manifestait son mécontentement.

Les rues étaient déjà bien animées, et même si elle n’appréciait que moyennement la foule, pour une fois, voir du monde autour d’elle lui fit du bien. Non pas qu’elle engageât une quelconque conversation avec qui que ce soit, mais l’animation de la ville la faisait tout de même se sentir moins seule, et l’aidait un tant soit peu à patienter. Patienter… elle n’avait l’impression de ne faire que ça depuis des jours et des jours.

Sa miche de pain achetée, elle s’éloigna du marché parcourant une fois de plus les rues de la ville, sans les voir vraiment. Son esprit vagabondait, rêvant à de nouveaux horizons, de nouvelles aventures avec son frère. Ils avaient dû se séparer voilà quelques semaines, et depuis, elle ne voyait pas le temps avancer. Elle lui avait promis de l’attendre, mais tout le monde savait que les promesses étaient là pour ne pas être tenues… du moins il en était souvent ainsi entre eux, leurs forts caractères les poussant à se défier sans cesse. Sans s’en rendre compte, elle avait atteint les limites de la ville, et en franchit les portes, pour prolonger sa balade au cœur de la forêt. Le soleil avait fait disparaître le givre qui recouvrait le paysage d’une pellicule scintillante, et réchauffait lentement l’air, suffisamment pour qu’elle puisse poursuivre son escapade. Franchissant un talus, elle se trouva face à une rivière, et s’installa sur un rocher qui lui faisait face, repliant ses jambes contre elle, le regard perdu sur les eaux tumultueuses qui semblaient refléter exactement son état d’esprit actuel.

C’est alors qu’un roucoulement lui fit tourner la tête, un sourire s’affichant sur son visage à la vue du volatile qui venait de se poser à quelques centimètres d’elle. Après un long silence, son frère semblait vouloir se rattraper par des pigeons quotidiens. Elle n’allait pas s’en plaindre, bien au contraire. Elle déplia la missive, la parcourut rapidement, et soupira. Elle aurait dû s’en douter… il n’était même pas encore sur la route pour la rejoindre, et elle se demandait quelle pouvait bien être cette histoire d’ami qu’il devait attendre. Pourvu qu’il ne se soit pas encore mis dans de fâcheuses histoires, elle n’avait pas envie de remettre indéfiniment son départ. Quant à le rejoindre à Saint Bertrand, elle ne savait pas trop. C’était à l’opposé de la direction qu’elle souhaitait prendre, et puis après tout c’était à lui de la rejoindre, comme c’était prévu au départ. Pestant comme à chaque fois qu’il la contrariait, elle prit sa plume dans sa besace, et ne fit pas grand effort dans sa réponse. Elle n’irait pas le retrouver, et elle lui annonçait qu’elle l’attendrait peut-être encore quelques jours ici. Une seule ligne, et le pigeon reprenait déjà son envol alors qu’elle mordait rageusement dans sa miche de pain.

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--Faebur


La vie pouvait être parfois aussi calme et monotone que le cours d'eau d'un fleuve paisible, et à d'autres moments pleine de rebondissements d'imprévus, agréables ou non. Depuis quelques temps, celle de Faebur semblait prises de soubresauts frénétiques, depuis qu'il était arrivé au Béarn en fait. Il avait participé à l'assaut contre le château, avait affronté deux jours durant les armées béarnaises supérieures en nombre et y avait récoltés plusieurs graves blessures qui l'avaient laissé dans un état de faiblesse extrême. C'est là qu'il avait fait plus ample connaissance, dans une grange non loin de Pau, avec une bohémienne, Kalliopé, qui l'avait soigné avec savoir et patience plusieurs jours durant. Se sentant parfaitement bien en sa compagnie, il avait eu l'audace bien téméraire de lui proposer de l'accompagner où ses pas le mèneraient, et si elle avait été quelque peu réticente de prime abord, la jeune femme avait fini par accepter de le suivre, au moins pour un temps, et ils s'étaient ensemble rendus à Lourdes. Et là... Plus de nouvelles, d'un coup... Au bout de quelques jours, la jeune femme s'était évaporée. Faebur avait bien essayé de la chercher, mais ses blessures le contraignaient au repos, comme elle n'avait eu de cesse de lui répéter d'ailleurs, et il ne connaissait de plus absolument pas la ville et ses environs. Peut-être en avait-elle eu marre de lui, ou bien était-elle retournée voir son cher et tendre. Il essayait de laisser de côté les hypothèses plus sordides qui pouvaient lui venir à l'esprit, quand il se sentait fatigué et démoralisé notamment.


S'étant fait une raison, il n'avait de toute façon pas le choix, Faebur s'occupa à récupérer des forces au plus vite, achetant régulièrement de la viande au marché pour soigner son régime alimentaire. Il louait une petite chambre dans une taverne mal famée, et personne ne semblait soupçonné qu'il avait participé, même si ce n'était que de façon minime, aux événements qui avaient secoués le Béarn et les provinces alentours. Tous ces événements touchaient d'ailleurs à leur fin à ce qu'il avait compris, puisque le Lion de Juda et le Béarn semblait s'être entendus pour trouver une solution à la situation à priori inextricable qu'ils avaient eux-mêmes créée.

Raccompagnés à la frontière, voilà ce qui avait été décidé. Bon... Pourquoi pas après tout ? Il ne restait plus à Faebur qu'à attendre le Béarnais qui devait l'escorter jusqu'à Tarbes, et ensuite, adieu veaux, vaches, cochons, en route pour de nouvelles aventures ! Surtout qu'il était attendu, et que ça ne se faisait pas de faire attendre les gens quand même. Bon, il ne s'agissait pas d'une gente demoiselle aux yeux papillonnant, mais ce n'était pas une raison pour ne pas se presser. Il termina de préparer ses maigres bagages, retenant un léger soupir en voyant de quoi se composait toute sa fortune, puis attendit patiemment. Il n'avait que ça à faire pour le moment...
Aud_dragon
Aud n'avait pas froid ce matin. Les souvenirs de la veille lui apportaient de la chaleur, il sentait son sang bouillir dans ses veines, sa respiration s'accélérer, il fermait alors les yeux pour laisser ses souvenirs le pénétrer, pour qu'il ne puisse jamais les oublier. Aud se trouva très sensible aujourd'hui. Il pensa qu'il avait trop bu la veille.
Il somnolait encore, cette femme, il la connaissait à peine mais elle hantait déjà ses pensées.

Ses pensées, parlons-en, il n'avait toujours aucune nouvelle de son ami, mais que faisait-il ! Faebur aurait dû être là depuis bien longtemps. Il espérait qu'il n'avait pas eu d'ennui au moins. Enfin son ami était un homme fort, les brigands ne lui faisaient pas peur, et encore moins les créatures que l'on croise la nuit. Un grand téméraire cet homme.

Des battements d'ailes le firent sortir de ses pensées. Un message. Le sourire béat s'effaça de son visage. Le message était de sa sœur très bref et très froid. Il hésitait… Aller la rejoindre et envoyer un pigeon a son ami, ou attendre son ami et risquer de perdre sa sœur. Il ne savait pas que choisir. Son estomac gémit bruyamment.

Il déciderait plus tard ce qu'il ferait. Arrivé a la taverne il vit Esmeralda.
Il prit la décision de rester ici encore un jour… Ou deux.

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Leania
[Sur les routes]

Les jours passaient, et les limites de sa patience avaient été largement éprouvées… elle ne tenait plus en place. Elle arpentait une nouvelle fois les rues de la ville, désespérant le voir arriver, se demandant si il ne le faisait pas exprès pour la faire enrager. Quelques flocons virevoltaient dans le ciel, mais cela ne lui faisait pas peur, elle en avait vu bien d’autres. Par ailleurs, elle devait bien s’avouer que l’idée de contrarier son frère faisait également pencher la balance dans sa décision. Un léger sourire narquois aux lèvres, dégageant de la main les quelques flocons qui s’étaient pris dans sa chevelure brune, elle rebrousse chemin vers sa masure, ignorant le paysage alentour, ne pensant qu’à prendre la route le plus rapidement possible, maintenant que sa décision était prise.

Il lui fallut moins d’une minute pour préparer son baluchon, ne transportant que peu de choses. Regard circulaire à la pièce qu’elle avait occupée ces derniers jours, et prise d’un léger remord, à moins que ce ne soit simplement pour défier son frère, elle s’empara d’un parchemin afin de le prévenir de son départ, en insistant sur le fait qu’après tout elle l’avait prévenu, et qu’il n’avait qu’à pas avoir tant tarder à la rejoindre. Assez contente d’elle, elle lâcha le pigeon et le regarda s’envoler dans le ciel blanc, ne regrettant qu’une chose… ne pas pouvoir être là pour voir sa tête quand il recevrait la lettre.

Enroulant un châle autour de ses épaules, elle franchit la porte, et traversa rapidement la ville, jetant un dernier regard aux bâtisses maintes fois croisées. Le chemin commençait à se couvrir d’une mince pellicule blanche sur laquelle chacun de ses pas laissait une empreinte éphémère. Gardant un rythme de marche soutenu, tant parce qu’elle était pressée de gagner la prochaine ville que pour éviter de trop ressentir le froid, elle se sentait de nouveau bien. Elle aimait cette sensation de liberté qu’elle ressentait dans chacun de ses voyages, prête à découvrir de nouveaux paysages et de nouvelles villes, ne s’y attardant jamais plus que nécessaire.

Elle était partie tard, et les journées étant encore courtes, elle savait qu’elle n’arriverait que dans la nuit à la prochaine ville, mais peu lui importait, elle était sur les routes, et avec un peu de chance, son frère réagirait et se dépêcherait de la rejoindre enfin. Elle avait l’habitude de marcher, et ne fit que très peu de haltes, en profitant pour manger un morceau de pain et boire un peu d’eau, avant de repartir sans fléchir dans son allure. Elle avait décidé que cette nuit elle dormirait en ville, et ferait le nécessaire pour y parvenir.

Cela faisait déjà plusieurs heures qu’elle suivait ce chemin boisé, le froid engourdissait ses mains, et les rencontres étaient inexistantes. Il valait mieux qu’elle évite de se perdre, il ne ferait pas bon passer la nuit dans ces bois. Son engouement du départ s’amenuisait peu à peu, regrettant presque de ne pas avoir attendu Aud pour faire la route. Mais son incertitude ne fut que de courte durée, repensant aux nombreux jours où elle l’avait attendu, la colère reprit le dessus, et sans s’en rendre compte elle accéléra encore l’allure. Sûr qu’à ce rythme elle ne tarderait pas à voir les portes de la ville.

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Leania
[A Muret]

La nuit était tombée depuis longtemps quand elle vit se profiler les portes de Muret au loin. Elle était épuisée et frigorifiée. Elle hâta le pas afin de dénicher rapidement un refuge et y trouver un peu de chaleur. Elle poussa la porte de la première taverne qu’elle vit sur son passage, heureuse d’y découvrir une ambiance chaleureuse, et un feu qui brulait dans l’âtre. Frottant ses mains devant le feu, elle questionna les quelques clients pour trouver une auberge qui l’abriterait pour la nuit à moindre coût, car elle voulait repartir tôt le lendemain. Pas question de refaire la majeure partie de la route de nuit, il faisait bien trop froid pour ça.

Lançant un regard par la fenêtre elle soupira. Toujours aucune nouvelle de son frère, décidément, elle avait bien fait de ne pas l’attendre. Il devait être en train d’écumer les tavernes de Saint Bertrand avec son fameux ami. Soupir résigné, finissant la seule chope que ses moyens lui avait permis de s’offrir, elle se leva à regret, et poussa la porte peu encline à affronter de nouveau ce froid hivernal. L’auberge n’était heureusement pas loin, et elle la rejoignit rapidement, payant sa nuit par avance, et monta dans la modeste chambre qui l’abriterait pour la nuit. Le temps d’une toilette rapide, elle s’endormit dès qu’elle eût rejoint sa paillasse. Elle sombra dans un sommeil profond, et la nuit lui parut bien courte.

Réveillée par les premières lueurs du jour, sortant difficilement de sa torpeur, elle se prépara rapidement et sortit de l’auberge où personne encore ne semblait être levé, laissant le froid s’engouffrer alors qu’elle poussait la porte dans un grincement. Elle n’aurait finalement connu que très peu de cette ville, non pas qu’elle ne fut pas accueillante, mais par un étrange paradoxe, elle semblait vouloir mettre rapidement de la distance entre son frère et elle. Il aurait ainsi beaucoup plus de difficultés à réussir à la rejoindre, et cela l’amusait.

Un soleil radieux avait fini par faire son apparition, réchauffant l’air de ses rayons qui filtraient entre le feuillage des arbres, les murailles de la ville semblant déjà loin, le chemin serpentant devant elle annonciateur de prochaines aventures, dès que son frère l’aurait enfin rejointe. C’est donc un léger sourire aux lèvres qu’elle avance au travers des bois, en direction de la prochaine ville, où elle savait devoir s’arrêter, ne serait-ce que pour y trouver quelques provisions.

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Aud_dragon
Aud travaillait dans la mine lorsqu'il reçut le courrier de sa sœur. La lettre était froide. Elle était partie, il était surpris… Une sensation de peur l'envahit. Il fallait prendre une décision. Mais que faire ? Dans une heure il serait payé pour son travail à la mine mais sa sœur mettait de plus en plus de distance entre eux. Chaque seconde comptait, en une heure elle pouvait avoir parcouru une très grande distance, sachant qu'elle était énervée par le retard de notre homme de Bayonne. Il écouta son cœur, lâcha sa pioche et partit. Il n'avait pas d'affaire à rassembler, tout était sur lui constamment.

Il marchait depuis peu de temps, la nuit était déjà tombée, et le froid avec elle. Tout était sombre, il n'y avait plus aucune couleur. Aud redoubla d'effort et marcha encore plus vite, il fallait rejoindre Saint-Liziers au plus tôt. Ses pensées allaient à la même allure que ses pas. Elles étaient partagées entre Esméralda et Leania. Il n'avait pas prévenu Esméralda de son départ. L'avait-elle déjà appris… Était-elle triste? Il ne regrettait pas de ne lui avoir rien dit. Il n'aurai pas su quoi lui dire… Leania lui avait réellement coupé l'herbe sous le pied… Toutefois Aud n'avait pas hésité. Il n'était ni passé voir Esméralda, ni récupéré l'argent de sa longue journée de travail. Il n'avait même pas mangé.

Les portes de Saint-Liziers était apparues. Aud heureux et soulagé, finit son chemin en courant.

Enfin en ville, il entra dans une auberge mangea et se renseigna sur sa soeur. L'aubergiste la connaissait. Il savait où elle était partie. Aud savait qu'il avait énormément de chance. Il allait pouvoir repartir dans l'instant. Son corps souffrirait de ce voyage… L'aubergiste le soula pour l'empêcher de partir. C'est le lendemain après avoir réglé la note et envoyé un pigeon à Esméralda qu'il repartit. La route était longue surtout qu'il savait que l'alcool n'était toujours pas sorti de son corps. L'herbe encore humide et les rayons du soleil qui chauffait petit à petit lui faisait du bien.

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--Esmeralda.


Cela faisait une bonne heure qu’elle attendait Aud à leur point de rendez-vous, dans une auberge assez peu fréquentée non loin de la mine . Pensant que son travail l’avait quelque peu retardé, Esméralda s’était commandée une chope de bière pour… patienter. Ne le voyant toujours pas arriver, elle décida de partir à sa recherche au plus vite. Sa bière étant payée, elle enfila sa cape, rabattit la capuche et tout en prenant une grande inspiration elle ouvrit la porte de l’auberge, prête à affronter le froid qui l’attendait. Sournois, il allait se faufiler entre les mailles de ses haillons…

Arrivée à la mine, elle dénicha le directeur lui demandant s’il avait aperçu Aud ce jour-là. Apparemment il était bien allé travailler aujourd’hui mais était parti soudainement sans attendre sa paie. Elle comprit bien vite qu’il ne servirait à rien de le chercher toute la nuit, il était partit. Personne ne savait où. Elle devait se souvenir. Il y avait forcément un indice qui allait lui montrer le chemin pour le retrouver. Le puits, l’auberge, ses mots, sa voix, ses derniers jours passés avec lui… Non, elle devait se concentrer. Pour partir sans laisser de traces, si soudainement, ce devait être pour une raison importante. Retrouver son ami dont il lui avait parlé peut-être ? Non il serait parti dès le premier jour…Il ne lui avait jamais parlé de sa famille, mais elle l’avait souvent vu avec du courrier. Où était-il ?

Elle devait dormir, elle aviserait demain. Elle enverrait peut-être un pigeon … Elle s’endormit d’un sommeil agité mais le cœur plein d’espoir. La nuit étoilée fut vite remplacée par les rayons du soleil rasant l’horizon et laissant place à une douce chaleur. Esméralda ouvrit doucement les yeux et fut déjà assaillie par les souvenirs de ces récents évènements. C’est le cœur gros qu’elle alla faire sa toilette, puis commença à déambuler dans les rues de la ville, quand un pigeon vînt se poster devant ses pieds. C’était Aud qui lui annonçait qu’il était parti. Comme si elle n’avait pas remarqué son absence…

Il était parti chercher sa sœur, dans la direction de Saint-Liziers. Sans perdre une seconde de plus, elle rassembla ses affaires et partit sur le champ sans se retourner.
Leania
[Lectoure]

Cette fois elle avait réussi à rejoindre la ville avant que la nuit soit trop avancée. Ses réserves étaient épuisées, et elle n’avait rien mangé depuis la veille. Ses jambes avaient du mal à la porter, et les derniers kilomètres furent plus qu’éprouvant pour la jeune femme. C’est à la limite de l’épuisement qu’elle franchit les portes de Lectoure, poussant la porte de la première taverne qu’elle ait pu trouver. Sortant les derniers écus qu’elle avait, elle put se sustenter d’une miche de pain et d’un verre d’eau, la tavernière ne semblant pas avoir l’habitude de servir autre chose que de la bière.

La remerciant pour le repas et pour lui avoir indiqué une auberge où passer la nuit, elle ne s’attarda pas, et franchit les quelques rues qui la séparaient de la chambre qui abriterait ses prochaines nuits. La fatigue et le manque d’écus avaient décidé pour elle, une halte dans son voyage s’imposait. Toujours aucune nouvelles de son frère, partagée entre l’inquiétude et la tristesse, malgré l’épuisement du voyage, le sommeil ne la gagnait pas. Elle se tournait et se retournait sur sa couche, s’emmitouflant dans sa couverture, ses pensées vagabondant plus qu’elle ne l’aurait cru possible. S’essuyant rageusement une larme qui coulait sur sa joue, elle se rabroua elle-même, honteuse de montrer le moindre signe de faiblesse.

La lune éclairait la pièce d’une lumière blafarde, et pour la première fois depuis longtemps elle se sentait seule, vraiment seule. Elle n’aimait pas cette sensation d’être loin de tout, sans personne sur qui compter. Oh ce n’était pas qu’elle collectionnait les amis, et encore moins la famille, mais là elle se retrouvait vraiment seule depuis bien trop longtemps, et la fatigue aidant, ses nerfs finissaient par lâcher. Finalement, quelques jours de repos lui feraient le plus grand bien, et lui permettraient d’y voir plus clair. Les joues encore humides, ses yeux finirent par se fermer, la plongeant dans un sommeil agité de cauchemars depuis longtemps oubliés.

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Aud_dragon
Enfin Lectoure, la ville où était partie sa jeune soeur. Elle devrait être ici, ou du moins être passée par ici. Pour le moment, Aud devait aller manger. Son estomac grondait comme la foudre de Zeus. Il se dirigea donc vers une auberge. Il entra et ce qu'il vit le rendit heureux. Un grand feu brulait, il y avait une multitude de tables, il y avait de la viande et de la bière sur chacune d'elles. En regardant plus attentivement il vit sa soeur installée à une table.

A ce moment là, un étrange sentiment, mélange de colère et de joie l'envahit. Il alla la rejoindre, approcha par derrière et lui chuchota à l'oreille.

Leania, la faucheuse est là pour toi. Lève toi et affronte ton destin.
Leania se leva d'un bon, et se retourna vivement. Son visage était pâle, Aud était heureux de sa blague… La suite des événements était prévisible, la soeurette gifla son frère, puis ils rirent en se souvenant des événements qu'ils avaient vécus ces derniers jours.

En parlant de ces derniers jours, il n'avait envoyé qu'un pigeon à Esmeralda, il devrait surement lui envoyer des excuses et lui expliquer la situation. Aud quitta alors sa soeur en lui expliquant qu'il n'en avait que pour quelques minutes et qu'elle n'avait pas intérêt à partir. Il écrit alors à Esmeralda les meilleures excuses que son coeur lui permettait d'écrire, il lui expliqua alors la situation et ce qui l’avait poussé à partir. Aud pensait toujours à elle. Était-il tombé amoureux…

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Leania
Nouvelle journée qui s’achevait sans nouvelles de lui. Elle décidait alors de reprendre la route dès le lendemain, et cette fois elle ne lui écrirait même pas. C’est d’humeur orageuse qu’elle franchit les portes de la taverne où elle commanda une chope qu’elle partit boire dans un coin tranquille de la salle. Le nez dans ladite chope, ne faisant pas cas des nombreuses allées et venues habituelles à cette heure de la journée, elle sursauta brusquement en entendant une voix tout près d’elle, bien trop près… Elle se lève d’un bond et se retourne pour se trouver face à lui… la rage contenue depuis trop longtemps explose en une magistrale gifle. Il aurait dû savoir qu’il valait mieux éviter de jouer avec ses nerfs. La surprise passée, la colère pas tout à fait, mais bien trop heureuse de le revoir, elle se jette dans ses bras. Ils ont tant de choses à se raconter, et à prévoir.

D’un œil curieux elle le regarde écrire un pigeon qui semble bien secret. Froncement de sourcils de la sœurette qui voit d’un mauvais œil de se trouver déjà délaissée par son frère, alors qu’ils viennent à peine de se retrouver. Le fait qu’il se cache pour écrire n’arrange en rien sa mauvaise humeur. Hésitant entre le planter là ou lui arracher le parchemin des mains, elle finit sa bière en le regardant d’un œil mauvais. N’y tenant plus elle le rejoint alors qu’il finit d’écrire, et un grand sourire aux lèvres tire d’un coup sec sur la lettre dont l’encre n’est pas encore sèche, et recule prestement se dépêchant de lire les quelques lignes avant qu’il ne récupère son courrier.


Alors… tu m’avais caché ça Aud ! et où est donc cette heureuse élue ?

Elle n’avait pas terminé sa phrase que déjà il avait bondi sur elle et repris son bien. Mais c’était trop tard, elle savait maintenant de quoi il s’agissait, et soupçonna que son long, très long retard à la rejoindre portait donc le nom d’Esmeralda. Son frère se souciant d’une femme, cela la surprenait et l’intriguait.

Tu la caches où ? Tu ne veux pas me la présenter c’est ça ? C’était elle ton soi-disant ami que tu devais rejoindre donc ! Tu aurais quand même pu me le dire au lieu de me laisser attendre en m’inquiétant !

Elle le harcelait de questions et de quasi-certitudes mais ne lui laissait pas une seule seconde le loisir de répondre. L’œil brillant, et un sourire en coin, elle était plantée devant lui, le dévisageant comme si cela pourrait lui donner les explications qu’elle attendait.

Le prenant par la main elle l’entraîne vers la table qu’elle occupait quelques instant plus tôt, bien décidée à tout savoir de cette histoire. Lui laissant à peine le temps de s’asseoir, elle commande deux bières avant d’enchaîner…


Allez dépêche-toi d’envoyer ce pigeon à cette pauvre damoiselle qui a eu le courage de s’approcher de toi ! Ensuite j’attends tes explications… depuis le temps que je tourne en rond à t’attendre…
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Aud_dragon
Aud lui expliqua brièvement qui était cette jeune femme, il lui en dit très peu car il savait que sa soeur se moquerait de lui… Elle avait donc un nom, un lieu, et une parcelle de l'histoire. Aud s'arrêta quand il vit que sa curiosité était satisfaite… Il dit ensuite à sa soeur qu'il allait sortir et qu'il la rejoindrait plus tard dans la chambre.

La première chose qu'il fit c'est d’envoyer son pigeon à sa douce qui hantait encore plus ses pensées. Il n'arrivait pas à comprendre, lui qui passait si soudainement d'une aventure à une autre. Cette femme avait quelque chose de différent. Mais elle allait lui en vouloir… Aud, lui s'en voulait. Il regrettait de ne pas lui avoir parlé de sa sœur. Elle risquait donc de ne pas comprendre ce qui l’avait poussé à partir. Enfin il espérait qu'elle l'avait suivi et qu'elle le rejoindrait bientôt. Cette sœur, si seulement elle n'était pas aussi impatiente, et son ami autant en retard… D'ailleurs que faisait-il ? Etait-il au courant qu'il avait réussi à se mettre à dos les deux femmes auxquelles il tenait.

Et oui… Maintenant Aud en était sûr. Il commençait à sentir ce trou au fond de lui… Dans son coeur, il n'aimait pas cette sensation mais il savait qu'il voulait la voir. Elle lui manquait, et il en déduisait qu'il l'aimait. Aud n'oserait jamais dire à sa soeur ce qu'il ressentait… Elle se moquerait de lui. D'ailleurs elle n'avait pas compris pourquoi il écrivait cette lettre…

Il était rentré, dans la chambre, au chaud… Il était perdu dans ses pensés… Il devait envoyer un courrier à son ami Faebur… Mais où envoyer le pigeon ? Il ne savait pas où il était, ni ce qu'il faisait… Et cela l'énervait profondément… Ne sachant pas très bien comment le contacter il abandonna cette idée pour tourner ses pensées vers Léania. Elle n'avait rien et apparemment elle ne s'était attirée aucun problème. Ses pensées partirent ensuite vers Esmeralda. Elle prenait de plus en plus de place dans sa tête… Mais Aud aimait beaucoup penser à elle… Ca lui apportait beaucoup de plaisir…

La fatigue commençait à le prendre il alla s'allonger et sombra dans le sommeil à peine quelques instants après...

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