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[RP] Entre le roseau et le chêne

Gadzelle
Un pas.
Un autre

Vous z'allez bien dame, v'lez de l'aide?
La brune tourne la tête du côté du page mais ne le voit pas, et continue de marcher. Dans sa tête rien que le vide, le néant, la noirceur de tout ce qu'elle a refoulé ressort et tape contre les barreaux qu'elle s'est imposés. Les coups martelés rythment ses pas, sa respiration, son état second.

Un battement de cil, une seconde, le quart de la journée, elle ne savait, mais un moment plus tard la jeune femme réalisa que son environnement avait changé. Elle se trouvait dans un endroit qu'elle affectionnait particulièrement, quelque part dans la forêt. Assise, les genoux entre ses bras elle regardait filer le courant d'un petit ruisseau à la surface à moitié gelée. Gelée, comme les larmes qu'elle sentait sur ses joues. Un bref instant, elle ne comprit pas pourquoi ces larmes étaient là. Trop bref... tout lui revint d'un coup. La tête lui tourne, elle s'était levée trop rapidement.
Vite, partir, loin. Où? Qu'importe. Pourquoi? Pour fuir, encore et toujours. Fuir pour ne plus rien ressentir, fuir pour ne plus penser, penser, penser et se souvenir.

Encore ce sentiment d'être dans du coton. Les doigts chatouillent, la colonne qui tremble, petit à petit on sort du noir qui nous enferme. Elle s'imprègne de ce qui l'entoure et réalise. Toujours de l'eau près d'elle, mais en grande quantité. L'Isle. Les remparts non loin, elle est à l'extérieur de Périgueux.
Si tu veux me joindre, tu sais comment faire.
Un des barreaux craque, un flot de souvenir resurgit. Une larme coule.
Est-ce que ce ne sont que des mots, des promesses?
Les larmes ne sont plus contenues, elle ne peut plus, ne veut plus.

Pourquoi en être arrivé là, comment? Ce geste... elle se revoyait le faire, à travers un brouillard. Alors qu'elle ne rêvait que de sentir sa présence, son odeur, sa voix près d'elle à défaut de pouvoir se toucher. Elle l'avait congédié... Elle qui pensait revenir plus forte, n'avait fait que recouvrir ses blessures d'un peu plus de poussière, jeter un dais pour cacher ses faiblesses n'avait jamais arrangé les choses.
Assise, la tête dans ses bras, les sanglots ne pouvaient plus être retenus. Seule, elle n'avait pas besoin de se cacher pour se vider de tous ses maux.

Comment l'aimer autant et le repousser tout à la fois?

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Gadzelle
A l'occident, le soleil jetait ses derniers rayons carmins. A l'orient, la nuit mêlait ses sombres atours à ceux d'un orage approchant. On n'y verrait bientôt goutte. On y verrait bientôt gouttelettes. Les bras glacés de l'obscurité naissante faisaient valoir leurs droits sur toutes choses. Il lui fallait s'activer si la brune ne voulait geler sur place.

Retourner à la cité et au Castel non loin ou reprendre la route vers Périgueux? N'étant prête à croiser quiconque, l'entêtée préféra opter pour le chemin le plus long, elle avait vécu des situations autrement plus difficiles que pluie battante ou verglacée, cela la viderait peut être de ses maux.

Affamée, Gadzelle sortit un épi de maïs braisé de la lourde besace qui ne la quittait jamais. Bouchée par bouchée, elle eut tôt fait d'engloutir la maigre pitance. Ne souhaitant pas plonger une fois encore dans la lourde torpeur de l'oubli, la jeune femme chercha des sujets de distraction dans la nature environnante. Las! Le silence imposant annonçait l'arrivée de l'orage, bientôt remplacé par le tonnerre grondant.

La jeune femme fatiguée ne put empêcher quelques éclats de la conversation de remonter effleurer sa conscience.
Tu n'étais pas bien, et préoccupée par tes mandats...
...
Tu n'étais pas là quand j'ai heurté le fond! Réalité plus que douloureuse.
Si il savait... Le constant jeu de subtile neutralité qu'elle avait enfin sacrifié, la douleur d'être en arrière plan et de s'effacer devant sa soif... de tellement de choses. Mais c'était dans ces moments là qu'elle l'appréciait le plus...

Pelotonnée dans une couverture, au fond d'un large fauteuil, elle riait de ses allers-retours devant la cheminée, son regard brillant d'excitation, gesticulant pour lui raconter tel ou tel évènement.

De chaque côté d'un large bureau, à s'étudier l'un l'autre et à se jauger dans une joute verbale endiablée qui n'aura de fin que celle de leurs paupières fatiguées.

Tous ses courriers qu'elle gardait précieusement mais auxquels elle avait du mal à répondre, tellement il lui était difficile d'ouvrir son cœur... même à lui...


Tout cela s'envola, brisé en éclat par ce geste malheureux. Suivi pour la seconde fois par le bruit d'une porte maltraitée. Dans son imagination elle l'entendait presque Il vaut mieux une porte qu'autre chose! Oui, en effet. Même si sa confiance en lui était telle qu'elle aurait placé sa vie entre ses mains, certaine de ne souffrir la plus petite égratignure.

Les yeux brouillés la brune déboussolée ne vit pas la plaque de verglas qui la fit glisser. Par réflexe elle bascula les deux mains en avant et s'enfonça dans la boue glaciale, neige fondue. A peine perturbée par la chute, sa seule pensée fut le regret de maculer encore plus sa houppelande blanche en s'y essuyant les mains. Le geste la brûla, elle baissa son regard, étonnée de ressentir quelque chose. Du sang mêlé de boue coulait, elle s'était entaillée. La vue de la tache carmin et la douleur ressentie la firent s'arrêter.

Alors elle comprit.
On ne pouvait pas vivre dans un monde en restant neutre, isolé. Ce n'était que survivre, anesthésié, entouré de coton dans une jolie boîte dorée. Depuis son retour elle pensait aller mieux, mais elle s'était endormie sur de faux contentements de soi, son cœur s'était asséché. Pour se sentir vivre à nouveau, l'entendre battre et ressentir du bonheur ou tout simplement une émotion, elle ne pouvait s'empêcher de le laisser souffrir, saigner pour mieux cicatriser. En voyant la boue et le sang, elle comprit que toute chose a son contraire qui lui est indispensable pour pouvoir s'épanouir et exister. Comme pour répondre à ses pensées, ses sens engourdis s'éveillèrent et elle entendit son cœur battre dans ses oreilles, plus fort que l'instant précédent. La chute ou l'éveil? ...


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Franckshinatra
La maudite bête à qui il manquait les cornes pour la montrer comme bête du Sans Nom avait fuit encore ! Le maigre blond, lancé à sa poursuite, n'avait que suivi ses traces dans un sol pourri d'humidité. La neige avait laissé à la boue une place de roi. Et chaque foulée crachait un limon collant vers le bas côté.

Par le saint établissement, si je te retrouve avant la tombée de la nuit, je fais de toi le plus beau des manteaux !

Il n'en était rien, mais l'éthéré religieux se donnait une importance ridicule en jurant ainsi. Il ne le faisait jamais en public, et la pauvre brebis en faisait ses choux gras ! Tout en cherchant, le nez aussi près du sol que celui d'un cerf qui renifle la piste odorante d'une biche, il se raidit et se redressa d'un trait... Mais... Que faisait-elle là, elle ?

Hmm... HMMMM !!!!

Oui, entrée en matière un peu téléphonée - enfin... il voulait dire, évidente ! - mais la surprise était de taille. Le "ex" maire, là sous ses yeux... Souillée, et l'air désemparé...

Ma fille ? Avez vous donc un besoin d'aide ?

Le regard bienfaisant du blond, et une main aussi fine qu'elle était sincère se leva vers cette femme, d'ordinaire si vivante. une invitation, sans doute...
Gadzelle
A se demander si ce n'était pas là le fameux tournant dans sa vie qu'elle attendait et espérait ces derniers temps, voilà où la brune en était.

Hmm... HMMMM !!!!

Complètement perdue, Gadzelle n'avait nullement fait attention à la présence du blond diacre. Elle qui n'avait jamais fait attention aux signes, se demanda soudainement si la vision qu'elle eut alors n'en était pas un: les cheveux presque blancs prenant une teinte rougeoyante sous les rayons du soleil couchant, le fond violet et sombre du ciel, ce regard limpide et cette main tendue... Sensible aux couleurs et aux paysages, la scène la toucha d'une manière indescriptible, au plus profond de son être.

Serait-ce donc ça, l'âme?


Ma fille ? Avez vous donc un besoin d'aide ?

Encore une fois en cette journée, son cœur se serra, une partie de sa volonté céda, tout comme ses jambes. La jeune femme se retrouva à genoux devant l'homme d'Église, le visage baigné de larmes. Calme, elle n'était pourtant pas secouée de sanglots.

Mon père... Enrouée peut être d'avoir trop pleuré ou de n'avoir parlé de la journée, cette voix d'ordinaire portée par les rires et les discours sans fin, cassée cette voix se tut avant même avoir pu s'exprimer. Que lui dire de toute façon? Qu'elle regrettait tant de ne pas avoir donné suite à leurs discussions? Qu'elle avait du s'absenter de la capitale, fuir cette vie qui l'opprimait, appelée par une personne qui avait besoin d'elle? Que pensant revenir plus forte et enfin sereine, il lui avait suffit d'une discussion avec un être cher pour la briser plus qu'elle ne l'avait jamais été?

Oui tu dois lui dire tout cela.
Ne s'apercevant pas s'être adressé à lui à voix haute, la brune leva son visage humide vers lui, prit sa main dans la sienne. Telle une bouée lancée à un naufragé elle s'y accrocha, tel ce naufragé cherchant un phare dans la tempête elle riva son regard au sien.

Cela coûte toujours de demander de l'aide. Dévoiler ses faiblesses n'était jamais aisé.

Oui mon père, j'ai besoin de votre aide.
J'ai besoin que vous m'excusiez de ne pas avoir été là pour ma pastorale alors que je vous l'avais promis.
Cette renaissance que j'ai souhaitée...
J'ai besoin que vous me pardonniez pour les fautes que j'ai pu commettre. Ces pêchés que j'ai commis, où me mèneront-ils?
J'ai besoin que vous me pardonniez de n'avoir pas été là pour un être innocent qui avait besoin de moi. Yeleyna... je t'ai presque oublié...
J'ai besoin que vous me pardonniez pour avoir repoussé un ami, très cher, pour avoir ignoré ses appels et l'aide qu'il attendait de moi, pour avoir fui encore et encore. Lui...affronter la réalité de son geste. Souffrir pour mieux affronter, accepter et renaître.
J'ai besoin de sentir que le bonheur peut encore exister.

Au fond du puits, n'était-on pas censé voir le ciel et les étoiles? Elle ne distinguait pas même les ténèbres qui cherchaient à l'engloutir.
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Franckshinatra
Ce fut donc naturellement qu'il plia le genou, et se retrouva à la hauteur de la jeune femme. Qu'importe l'endroit, qu'importe la saleté ambiante. Seul comptait ce regard désemparé. La voix douce du religieux faisait au mieux pour emplir à nouveau ce corps qui se creusait pour rien.

Ma fille... Que parlez vous de pardon ? Avez vous donc égorgé une fillette sous les yeux de sa mère ? Avez vous foulé au pied l'honneur restant d'un mendiant qui tendait la main ? Allons, cessez de vous moquez de moi !

Il avait bien entendu, mais malgré ce que certains pensait de lui, il savait à qui il s'adressait. Et ses sourires aussi, et une lumière douce et chaude sortit de sa bouche... Non, en fait, juste un peu de considération, mais après tout, les légendes naissaient grâce à la transcription, non ?

Fille d'Adam, je t'en conjure ! Rester dans la boue n'arrangera pas tes souffrances. Te relever, en revanche, sera bien plus bénéfique, même si tu n'en vois pas la raison. Alors, si tu as un peu de respect pour moi, sinon pour ton Église, prend cette main, et suis moi. Soyons, toi et moi, une sorte de doublon vital. La sacristie est un lieu qui ne souffre aucun regard, et personne ne saurait juger ce qui s'y passe !

Tes remords, tes craintes, tes espoirs même, seront à l'abri là bas, et j'en serai le gardien féroce !

Et de la lever sans qu'elle en puisse renoncer !
Gadzelle
[Un soir, tard, l'un des bureaux de la brune, peu importe lequel]

Renversée dans son siège, les yeux mi clos, elle suivait des yeux la lumière projetée sur le plafond par l'unique bougie de la pièce. L'esprit bien éveillé, elle souffrait encore d'une crise d'insomnie, bien que son corps soit plus que jamais fatigué. Le Maure l'aidait comme il pouvait, mais ses drogues n'avait pas un effet éternel et le mal revenait, insidieusement. Souvent elle pensait à Franck qui l'avait tant aidé, reléguant pour un temps le mal de son esprit dans les limbes. Elle avait occupé ses journées dans la joie d'élever l'enfant dont elle avait la charge... Cette enfant qui lui rappelait tant sa mère. Le visage de celle ci et les yeux de son père, une douleur de la regarder, mais elle était si belle dès son jeune âge!

A la douleur morale s'était substituée la douleur physique, toute aussi dure à supporter. Elle en avait perdu l'appétit et le sommeil. Le cachant à tous, seul le maure était autorisé à la voir certains soirs, il lui apportait un remède de sa composition. Fumer, inspirer, boire ou manger, qu'importe tant que ça la faisait dormir.
Mais aujourd'hui... aujourd'hui elle avait eu un coup de fatigue en public. Et cela ne devait pas lui arriver, plus jamais. Certaines mesures s'imposaient, elle se sentait prête. Ou plutôt, un peu plus courageuse que la veille et craignait que sa décision ne retombe comme un soufflet. Devant elle, plusieurs courriers n'attendaient plus que la cire pour les cacheter. Le dernier lui avait donné plus de mal que tous les autres réunis, elle hésitait encore à le changer. Elle l'avait lu tant de fois que les mots étaient gravés dans sa mémoire et dansaient devant ses yeux sur le mouvant fauve des murs sous la lumière de la chandelle.



Citation:
A vous,


Combien de fois me suis-je assise à ce bureau, la plume dans la main, l'encre non loin, les mots tout prêts à noircir les feuillets de parchemin... Mais jamais je ne vous ai fait parvenir tout ce que j'ai pu écrire. Je le regrette à présent, peut être que leur lecture vous aurait amené plus souvent auprès de moi.

Ces derniers temps plus que jamais j'ai eu l'occasion de réfléchir à ce que nous avons pu vivre tous les deux, à tous ces moments partagés ensembles dans les rires comme dans les larmes, si rares furent elles. Seulement, nous le savions dès le premier jour, un gouffre nous sépare. Mon éducation ne fut pas rustre, loin de là et j'en remercie ma famille, mais nous avons chacun de nous évolué dans des mondes si distants que leurs différences ne purent que nous éloigner petit à petit. Je vous sais préoccupé par vos charges, et c'est tout à votre honneur, mais vous êtes appelé à occuper de hautes fonctions, nous savons tous les deux que vous le souhaitez et y arriverez. Ma présence à vos côtés fut de plus en plus épisodique et vous n'avez pas cherché à y remédier. Du moins pas assez à mon goût...

Je ne suis pas du rang de celle qui sera amenée à vous soutenir sans faille dans tous vos projets et me sais trop égoïste pour souffrir rester dans votre ombre éternellement, et pas assez établie pour paraître votre égale. Soyez assuré que la décision qui suit est la mienne, et que rien ou presque de ce que vous avez fait ne m'y a contraint. Ne vous blâmez pas, mais maudissez mon égoïsme, mon état de roture, mes faiblesses.

Je m'en vais quelques temps, appelez cela retraite, fuite ou besoin de me retrouver, à votre guise, mais je m'éloigne des mondanités, du monde politique ou simplement publique pour les prochains jours.

Je vous délie de toutes vos promesses, serments, et vous rends votre liberté que vous n'auriez jamais dû sacrifier. Oublions ces mots, nous savons qu'ils furent prononcés sur un coup de folie comme seule l'ivresse peut provoquer.

Le souvenir de ces derniers mois est l'un de mes biens les plus précieux, sachez que je ne l'oublierai

Jamais, Toujours...







A aucun moment elle ne s'était autorisée à écrire ce qu'elle ressentait, la décision de partir était déjà assez difficile comme ça, elle ne voulait pas lui donner de raisons de chercher à la contacter, ou de savoir qu'elle était déchirée d'avoir enfin choisi. Qu'il pense qu'elle était assez forte pour supporter cette situation, c'est tout ce qu'elle espérait. Il ne savait rien des douleurs physiques et insomnies qui la hantaient, elle souhaitait que cela perdure.

Un souffle dans l'air, un mouvement, quelqu'un était là. La flamme hoqueta, les murs flamboyèrent une infime éternité.


Azeem?
L'étourdissement du silence lui répondit. Elle avait prononcé son nom, nom qu'il lui avait confié à elle seule, comprendrait-il que le moment était d'importance? La main fraiche qu'il posa sur son front lui apporta la réponse.
J'ai besoin de ton aide. Peux-tu lui apporter cette lettre? S'il te questionne ne dis rien, et s'il te plaît ne reste pas assez longtemps pour voir dans quel état la lecture le met, je ne veux pas savoir.
Surtout souffrir, elle ne pouvait l'imaginer souffrir par sa faute.
Je le ferai. Pour toi je le ferai. Mais es-tu sûre? Il est encore temps de reculer...

Elle l'aimait comme jamais... comme on ne peut aimer qu'une personne qui sait tout de vous, qui est votre seconde moitié, qui vous complète sans jamais s'imposer. Mais il était bien plus que cela encore. Il ne pouvait se réduire à un de ses membres dont elle aurait besoin pour se sentir entière. Il devait vivre sa vie, elle la sienne. C'était grâce à lui qu'elle avait levé un voile sur une partie d'elle même qu'elle ne soupçonnait pas. Il avait appelé cela 'âme'. Elle l'avait cru et s'était mise à écouter ce morceau d'elle qui lui était inconnu. Depuis elle se regardait grandir et mûrir. Mais la maturité amenait certaines questions, certains besoins. Savait-il alors que c'était un peu à cause de lui qu'elle partirait? Apprenez à un oiseau à battre des ailes, il s'envolera un jour...
Tout ce qu'elle espérait était lui avoir apporté autant que ce qu'il avait éveillé en elle.

Une. Puis une autre. Suivie par toutes les larmes qu'elle retenait depuis le début de la soirée. Un doigt délicat vint lécher les gouttes au bord de son visage. La présence amie lui redonna des forces.

Oui, j'en suis sure. S'il te plaît, va porter cette lettre au Baron de Segonzac.
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Vonafred
[Segonzac...plus tard...]

Tout à ses préoccupations du moment, le Baron recevait et déployait ses énergies à convaincre du bien fondé de ce qu'il...voulait.
Klaus pointa sa trogne rougeaude...

-Une Dame et un message Mon Seigneur...La dame insiste...elle ne le remettra qu'a vous en personne.
L'affaire était certainement d'importance.
Il se fit rapidement pardonner pour son absence et prit momentanément congé de ses hôtes.


Le Baron se fit remettre le pli sans formalités ni convenances particulières, gratifiant la messagère d'un simple...
-Merci...
Il s'éloigna et la décacheta dans son bureau, la mine pale...Il reconnu l'écriture en un instant.

Il lu...se décomposa...relu...et pour la première fois de sa courte vie...s'effondra.
L'espace d'un instant la terre s'arrêta de tourner....vertiges de l'âme et tentation de mettre fin à ce cercle vicieux ou vertueux.
Une lourde remise en question de toute une vie, de tout ce qui fut lui...

A bout de souffle et tremblant il répondit à la missive.


Citation:
A vous,

Je réalise à présent ma douce amie la futilité de toute émotion au regard de ce qui nous a lié.
Au secret espoir de m'affranchir des fossés séparant nos deux existences c'est affirmé un mur infranchissable.
Qu'il est cruel de se retrouver face au miroir de sa propre turpitude.
Il n'y a plus de mots pour faire état de ce que j'éprouve sur l'instant...
De grâce ne vous blâmez jamais, je porte l'entier fardeau de cet échec.
Vous fûtes une éclaircie dans les ténèbres qui m'accaparent, je le jure devant Aristote, nul n'est plus à incriminer que cet égo démesuré qui tient son siège en mon esprit dévoyé.
Nulle cause ne mérite un tel holocauste et je l'ai pourtant mené sans relâche en dépit de tout cela, sacrifiant ce qui m'était le plus cher sur l'autel de ce Comté.

Soyez clémente envers celui qui vous fit promesse, si vous le pouvez.
Quand à moi, Je ne me le pardonnerai jamais.

Jamais je ne vous oublierai.

Louis.


Il confia la lettre à Wolf et s'emmura en un pesant silence.
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CANA,au service du Périgord Angoumois.
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