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[RP] Allées et venues d'une Périgourdine en vadrouille ..

Kahhlan


Trois jours après …



Théo reprenait des forces pour son plus grand plaisir …
Elle était resté le veiller la première nuit .. les suivantes, elle les avait passé dans sa propre chambre .. besoin de se retrouver , de réfléchir …
Allongée sur son lit … les deux mains encerclant son bas ventre .. elle jouait de cet anneau qui encerclait son annulaire … que restait-il de cet engagement .. ? rien … envolé comme le reste … que restait -il de son amour pour Lui … rien … Elle avait tout donné, ça ne suffisait pas ..
que restait -il de sa confiance en Lui … rien... Elle ne ferait plus jamais confiance en quiconque ..
c'était décidé … elle lui rendrait son anneau, elle le libèrerait de ses engagements .. ses promesses d'avenir commun, elle lui rendrait cette page blanche qu'il leur avait été donné de remplir, entachée à ce jour de larmes et de sang,... elle se libèrerait de lui …
Elle se libèrerait de lui en mettant au monde cet enfant .. ce jour là elle se libèrerait de lui complètement ..
Si lui ressemblait à son père , volant de coeur en femme au moindre signe d'ennui ou lassitude , refusant de se battre pour ce à quoi il s'était engagé ..
A qui ressemblait elle, elle même ? A cette mère maternelle dont lui avait parlé sa mère adoptive Archibaldane , celle qui avait tout quitté pour la guerre … celle qui portait le nom de Guerrière , celle qui l'avait abandonnée enfant pour aller rejoindre une cause ..
Abandonnerait-elle cet enfant à son tour ? De cela elle ne pourrait jurer ..
Ses pensées là ramenèrent à Eloa … soupirs lorsqu'elle devra prendre un parchemin pour lui annoncer sans qu'elle n'ait à porter de jugement sur l'un ou l'autre cette séparation ...
Se levant et se dirigeant vers sa coiffeuse … le reflet renvoyé ne lui convenait pas … elle haussa les épaules se disant que les beaux jours ne tarderaient plus et que ses couleurs reviendraient à ce moment là ..
Dans l'instant … l'urgence était de le rencontrer et de lui rendre cet anneau qu'elle avait eu tant de mal à accepter … encore une fois, elle aurait du suivre son instinct .. plus jamais ça !


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Kahhlan


Theophile a écrit:
Il a choisi.

Pour la première fois de sa vie, il a fait un choix concret. Et pour la première fois, il a fait souffrir. Délibérément. En pensant mettre fin à d'autres maux ... Seul l'avenir dira s'il a eu tort ou raison cette fois.

A l'écurie, Black est prêt lui aussi. Sans doute les consignes ont-elles été données. Théo se sent encore faible, mais il se hisse sur le dos du frison après l'avoir sellé. Un coup de talon et l'animal se dirige vers la sortie. Philibert y entre au même moment. Un regard poli et le cavalier affaibli lui glisse :

Merci pour lui ... et prenez soin d'elle ... Au revoir Philibert

Puis sans un mot, il quitte la maison en direction du lac...


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Kahhlan
De sa fenêtre de chambre, elle l'avait regardé partir jusqu'au virage qui menait au lac … respiration difficile et elle laissa sa tête cogner contre l'encadrement en bois … une fois .. puis deux .. et encore et encore ..juste un bruit sourd percutant l'huisserie résonnait dans la pièce ...

Le Noir …

Combien de temps était elle restée ainsi, elle n'en avait plus conscience , les consignes avaient été données et Philibert l'avait laissée pour rejoindre sa douce Patience.
Ne voir personne et sombrer solitaire dans l'oubli accordé par l'absinthe … douceur d'une gorgée puis d'une autre …
Un regard vers le plafond et sa ceinture jaune … la pendouillerie ou l'absinthe … ?
Bah … autant continuer sur sa lancée … puis y'a eu assez de Mordock pour lui foutre la trouille avec ses histoires de pendouilleries ...

Elle tira sa vieille malle à souvenirs ..

Un godet, Un objet déposé …
Ces derniers rejoindront une robe rose portée une seule fois pour un bal en Angoulême et plusieurs liasses de parchemins , fermées chacune par des rubans de couleur ..
Rejoindra d'abord cette bague sertie d'une pierre d'ambre offerte au lac de Sarlat durant le courant de l'été dernier qu'elle retira de son annulaire droit …
Rejoindra ensuite cette ancienne pièce de monnaie trouée et retenue par un lien de cuir , offerte juste avant qu'il ne parte au couvent …
Rejoindra ce col jaune offert pour le mariage de Jacques … puis cette ceinture jaune pour la même occasion …
La robe de Noël, elle la garderait le temps qui lui restait à couvrir ses rondeurs ...
Godets d'absinthe pour étouffer les prémices de sanglots qu'elle sentait monter et le courage lui revint pour s'attaquer à ses missives … toutes ses missives et son journal intime …
Tremblements lorsqu'elle relit ses dernières qui lui parlaient d'amour et d'espoir …
Mais quelle triste pitrerie !!!
« des pardons et des je t'aime … » pfffff Des « chaque pas que vous faites console mon coeur … » Des « je reste confiant quant à cette flamme ... » bla bla bla …
Des mots dont elle s'était nourrie pour se battre … des mots qu'elle relisait et qui la poignardaient, « Qu'Ellya était témoin de son engagement .. qu'il souhaitait partager batailles , lui montrer ce que pouvait être sa vie … et que son coeur battait toujours pour elle … » c'était le comble du cordonnier le plus mal chaussé ça ..!
Une gorgée pour ne pas rire au ridicule de la situation .. au ridicule de sa situation ..
Elle empila les missives les liant d'un ruban de velours noir, ne les rangeant pas dans la malle, tout compte fait … , elle lui renverrait pour le jour ou il aura besoin de douceurs …

Noire et Haineuse …

Une autre gorgée suivie d'une autre et de finir le carafon ..
Elle s'affalait sur le tapis, emportée dans les méandres tanguant d'une tempête oh combien tumultueuse … un océan de colère .. pas une larme ne viendrait compléter le tableau, elle se murait pour que jamais plus, pareille folie ne l'atteigne …

Réveil difficile, nauséeux, chancelante elle se redressait posant un pied puis l'autre sur le plancher, grimaçante en posant une main sur son front , l'autre ramassant sa chevelure .. le sang lui martelait les tempes ..
Elle se dirigea vers son cabinet de toilette .. se débarrassant de ses vêtements qui n'avaient d'allure que le nom … s'obligeant au bain froid … les brocs furent versés dans le baquet et elle s'y trempa en serrant la mâchoire, s'immergeant plusieurs fois en claquant des dents et en se frottant énergiquement le corps et la chevelure munie de son pain de savon … debout , un broc vint la rincer complètement des résidus savonneux ..

Accalmie ...

Enveloppée d'un drap de lin, propre comme un sou neuf elle maitrisa ses mèches rebelles en les liant d'un catogan de couleur noire , le drap tombé, elle s'enduisit le corps d'huile parfumée et s'attarda sur ce ventre tendu et combien devenu précieux..
Métamorphose choisie à deux dans l'absolue certitude ..
Métamorphose dont elle est seule à jouir dans l'instant présent , métamorphose qui la conduira vers l'ultime … Louve qui couve .. Louve qui veille.. Louve solitaire et protectrice de cet être en devenir … Elle se sent mieux ..respire et inspire lentement, caresse de douces pressions ses flancs vers son nombril … il répond et son visage s'éclaire d'un sourire empreint de promesses ..
Ils seront deux, ils seront forts, ils seront unis, elle lui apprendra l'amour , elle lui apprendra la haine, la confiance et la méfiance, elle lui apprendra les forêts, les marées, les montagnes, elle lui apprendra les Voyages ….

Plus tard dans le temps …

Elle sortait du couvent, cette pause lui avait permit d'une part de ne pas replonger dans l'absinthe, d'autre part de s'affirmer dans ses choix … une longue marche sur la colline de Castillon , prenant soin de mémoriser le paysage, de s'en imprégner en le respirant ..
C'était décidé, elle passerait trois jours dans son fournil avant de le fermer pour reprendre la route ,ses rêves d'étudier s'étaient envolés avec le reste ..

Au soir du troisième jour ..

Ne plus à avoir à rendre de compte, liberté d'agir sans craindre de blesser …
Liberté retrouvée dans la douleur .. le manque , le vide, le silence que curieusement , elle n'avait pas l'envie de combler..
Oublier l'empreinte des étreintes … oublier l'essence d'un parfum .. oublier l'argenté d'un regard … elle ne le pourrait qu'en s'activant vers une autre bataille …

Paquetages prêts , missives envoyées .. Eloa pour lui expliquer … Vanu , réponse faite, enfin lui avouer son échec …
Elle prit un soin particulier à préparer un dernier bagage …
Les échoppes Castillonaise ne manquaient pas, elle était restée longuement chez le tisserand …
Le trousseau du petit Loup , linges de lin, couvertures, lainages, langes, le tout étalés sur son lit, onguents et autres huiles calmantes, hydratantes, cicatrisantes .. tout ce dont elle pourrait et aurait certainement besoin le jour venu, sans oublier le fourreau contenant une lame tranchante , furent soigneusement rangés dans une large sacoche de cuir qui ne la quitterait plus.
Souvenirs du dernier accouchement qu'elle avait assisté .. Alenya .. Limoges .. Curtius et Ael et l'autre fou qui, si tous à l'époque avaient pu deviner les sombres intentions, ne serait plus de ce monde à cette heure …Souvenirs d'une époque heureuse et douces pensées vers la tendre Alenya.

Des draps blancs recouvraient les meubles de chaque pièce ..
En extérieur l'attelage l'attendait ainsi que sa jument qui suivrait …
Sa lanterne, le bâton de Robinne, son épée et bouclier …
Dernier regard et une porte se ferme .. Elle savait où se rendre désormais ..

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Kahhlan


Plouf Plouf Plouf ! on prend les même chemins et et détours et on recommence ....


Elle avançait sur les chemins bien connus et reconnus, prenant soin d'éviter les sentiers fréquentés par la brigandaille, respiration calme, l'esprit fermé à toute souffrance inutile, gardant ses forces pour les offrir au petit loup le moment venu.
Elle conduisait l'attelage confortable que lui avait préparé avec soin Philibert .. il n'avait rien oublié pour lui assurer un voyage ….. couvertures, malle à vêtements … tente pour les bivouacs … cantine pour les repas .
Le soir venu, en rase campagne avant d'arriver sur Nîmes, un dernier écrit pour Lui … le voyage aidant à la réflexion, elle comprenait enfin qu'elle n'était coupable de rien … elle savait que l'écrit aurait un goût d'amertume, de dégoût mais elle avait besoin de coucher ses mots pour aller de l'avant et fermer pour de bon cette parenthèse de sa vie …





Qu'il est curieux de vous écrire sans mettre  « Mon » , « Amour » ou autre qualificatif affectif ..
Une autre s'en charge surement et cela doit vous contenter grandement tout comme ses bras ont du savoir vous accueillir de belle manière …
Ainsi c'était donc ça , c'était donc pour ça que vous vous êtes envolé et non par ma faute comme je l'ai cru si longtemps .
Puissiez vous assouvir tout vos désirs , vos manques que je n'ai su combler , puissiez vous trouver en elle tout ce qu'il m'a manqué, c'est tout le mal que je peux vous souhaiter.

Il est vrai qu'un ventre rond n'est pas ce qu'il y a de plus désirable , il ne le sera plus dans peu de temps , j'ai emporté avec moi tout ce dont mon enfant aura besoin lorsqu'il pointera le bout de son nez et j'espère que l'ange qui lui fera 'chut' à la naissance n'appuiera pas trop fort afin de lui laisser une joli creux au dessus de sa lèvre supérieur.
Cette histoire m'avait fait sourire de bon coeur et tendrement , je la lui conterais dans son contexte lorsque qu'il sera en âge de l'entendre et d'ici là je serai sans doute moins amère.
Vous étiez gêné lorsqu'avec Ellya, vous me parliez de bâtard en songeant à cet enfant, là il en portera doublement le titre ..
il l'assumera tout comme moi et chaque jour qui passera je lui ferai oublier l'affront que vous nous avez fait subir en nous préférant non pas une cause, ça j'aurai pu le comprendre, non pas une bataille, que votre coeur ou sang pourrait réclamer ... mais une pauvre paire de cuisses … ainsi c'était pour ça … pauvre Théo, vous rêviez votre vie , vous la vouliez en famille et lorsque votre rêve arrive à presque réalité, vous fuyez mort de trouille de devoir l'assumer pour aller en rêver une autre ...

Je vous ai aimé comme jamais je n'ai aimé quiconque et je n'en regrette aucun moment, le manque de vous est une torture au quotidien mais je sais …
Je ne suis plus rien …
Alors chaque jour depuis votre départ je me bats pour oublier .. vous détester me tient en vie …
Je suis partie de Castillon et chaque pas que je fais, plus solitaire que de ceux que j'ai fais pour vous rejoindre la dernière fois, plus solitaire que de ceux que j'ai fait pour vous ramener en Castillon, n'ont de but cette fois que de m'aider à panser cette blessure que je ne souhaite à mon pire ennemi … bien plus perverse qu'un coup de poignard dans le dos puisque revenant sans cesse et sans prévenir lorsque l'on s'y attend le moins.


Peu importe ce que je trouverai en arrivant, déjà j'aurai ma conscience d'être revenue là où j'aurai du être depuis ce début de mois de février ..
Je vous méprise pour tout ces mensonges de ce dernier mois , tout ce que vous avez fait pour m'éloigner non pas d'une éventuelle bataille afin de nous protéger cet enfant et moi , mais pour m'éloigner de vos amours naissants …
Dieu que je vous méprise pour cela .. je vous méprise pour avoir tué tout ce en quoi je croyais … Je vous méprise si fort en cet instant que ma main tremble sur ce parchemin et je me méprise tout autant pour vous avoir fait confiance …

Puisse Aristote vous pardonner s'il le veut … j'en suis quant à moi incapable.
Oui l'amour peut faire mourir ... j'en suis convaincue et j'aurai préféré mourir sous vos doigts que de cette manière ..

Kahhlan.


Parchemin froissé , plié et envolé … elle allait mieux regardant les étoiles , si le ciel l'attirait elle n'en gardait pas moins les pieds sur terre ..
Une nuit sans rêves jusqu'à l'aube et elle reprenait route pour Nîmes ..

Nîmes et son lot de surprises .. agréables oh combien … une porte poussée pour découvrir nichée dans le fond d'une taverne sa perle grandie … Eloa sa fille devenue au fil du temps une magnifique jeune femme .. retrouvailles émue et la belle lui parla enfin de l'homme qui faisait battre son coeur depuis si longtemps … confidences toutes féminines , une mère et une fille aux doigts qui se mêlent et s'entremêlent … une journée radieuse, elle avait retrouvé sourire et sérénité , le soir venu, le fiancé s'était fait attendre et enfin la porte s'ouvrit pour le plus grand bonheur de sa fille … présentations d'usages et courtoises .. Gorum puisque c'était ainsi qu'il se nommait lui plût par sa franchise et l'attachement qu'il portait à sa fille n'était pas feint … la soirée passait beaucoup trop vite à son goût et il lui fallait songer à reprendre la route … Elle leur souhaita le meilleur pour l'avenir, ils lui promirent de veiller l'un sur l'autre … sur cette douce image qu'elle gravait en son coeur, ses pas reprenaient le chemin pour Arles.

Envie de chevaucher Faënora pour entrer dans la ville ..
Assise, port de tête haut, les deux jambes du même cotés de la selle pour plus de confort , elle pénétra au levé du jour dans cette ville qui s'éveillait au rythme chantant des grillons invisible pour son oeil pourtant attentif ...


Tout lui était inconnu icelieu, trois tours du village et au quatrième elle se décida enfin à entrer.
Une taverne portant le nom de « Resté Collée » propriétaire Sofio ... et elle y trouva une Ninon accompagnée de son tendre , salutations chaleureuses puis les nouvelles …
Nouvelles qui l'assombrirent … les morts … les blessées , Sofio à Aix et Raianui en convalescence à Forcalquier … il n'avait pas voulu l'inquiéter dans sa dernière missive , il disait juste quelques égratignures et quelques jours au repos pffff moui hein …
Puis elle se renseigne pour son chargement de pains et là … elle s'en mord encore les doigts …
Son manque d'expérience, les nerfs à fleurs de peau …. Ninon connaissant la dame …. les pains partis sur le marché … un doute ensuite à l'arrivée de Gmat qui ne la quittera plus … elle se fiche des écus ça voui … mais pas de l'intention ou de la mauvaise intention , du coup elle garderait un chien de sa chienne pour cette dame qui aura habilement abusé de sa crédulité de l'instant.
Bonne et chère leçon que voilà ...

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Kahhlan


Arles .. " Entrer dans la danse mais n'embrassez pas qui vous voulez .. !"



Première soirée en Arles, ne sachant encore ou planter sa tente, indécise et nonchalante elle entrait à nouveau au « Resté Colléeee ».
Deux rouquines, chevelure aussi flamboyante l'une que l'autre , une rouquine connue et une autre inconnue … Salutations timides et son visage s'éclaira d'un sourire lorsque la rouquine, celle que l'on nommait Carmin l'accueilli de son habituel "b'jour" lui disant qu'elle était à ce moment même en train de lui écrire ..
Alcy ..
Alcy qu'elle avait rencontré en Limousin, une histoire de fiole à l'odeur insoutenable et, déjà à cette époque, elle l'avait réveillé d'un sombre cauchemars …
Alcy, qu'elle avait observé durant tout son mandat à la tête du Comté du Limousin et de la Marche …
Alcy pour laquelle et discrètement elle avait oser entrer en la Cathédrale de Limoges afin d'assister à son anoblissement à la tête de ce même comté.. Souvenir d'un chat noir vite expédié par une botte de choc et elle en sourit encore …
Alcy, qui avait survécut à l'horreur en cette fin de conflit d'avec le Berry … qui avait aussi tant perdu … soupire douloureux lorsqu'elle se remémora le jour de cette triste nouvelle …
Et .. elle était là, devant elle, bien vivante et les pieds sur la table , l'arrondi naissant de son ventre qu'elle caressait lui affirmait alors ce qu'elle avait appris lors d'un échange de courrier, un être en devenir se préparait doucement aussi ...


L'autre rouquine après un bref salut se renfonçait dans le fauteuil grand confort et semblait somnoler les laissant bavarder, puis, d'un geste plus vif qu'elle ne l'aurait peut être souhaité, elle se leva en presque s'excusant de n'être point bavarde … leur regard se croisèrent … juste le temps d'en mémoriser la profondeur .. elle disparût laissant derrière elle et dans l'air, l'empreinte d'un … elle ne savait pas le définir encore …
Enored avait-elle dit … oui elle se souviendrait de ce nom.


Devant un verre de vin offert par Alcy et se trouvant maintenant en tête à tête , elle lui confirmait le pourquoi de sa présence et sans hésitation aucune, elle accepta de la suivre dans son combat qui devenait le sien et pour lequel elle avait donné sa parole … retardée dans son arrivée, elle lui en expliquait les raisons … toutes les raisons .. et elle se sentait si sotte s'écoutant parler … elle n'avait jusqu'alors confié de vive voix tout ce qu'elle avait vécu depuis ce mois ce février …

Un autre verre de vin et d'entendre les mots d'Alcy, mots auquel elle répondit d'un timide "voui" … et elle de lui répondre ..
Non ! Pas voui mais OUI !!!!
Un sursaut .. le regard qui s'ouvre plus grand, une longue respiration et de s'entendre dire ..
OUI !
Du vin encore et elle se détendait au fil du temps , c'était décidé, le Oui promettait de la rendre plus forte.
Elle promit également que d'aucune manière son implication lors de son engagement, ne serait perturbé par sa personnelle histoire …
Elle dormit à l'auberge pour ce premier soir …




Une rencontre ou l' évidence d'une rencontre ..


Elle savait bien en ce deuxième soir qu'elle reverrait cette rouquine là …
Elles se retrouvèrent, curieux comme les gens ont l'habitude de se placer toujours aux mêmes endroits ..
Des changements d'ordres pour l'organisation des lances s'étaient produits la veille au soir, la conduisant avec ses compagnons d'armes sous la tutelle d'Enored.
Elles s'essayèrent au bavardage, banal en premier lieu, pas que de la pluie et du beau temps mais presque, attendant chacune les réponses de l'autre, une sorte de jeu pour se dévoiler, bien souvent un sourire s'affichait sur l'un ou l'autre des visages ..
Au sortir de la soirée, elle savait où elle planterait sa tente, juste auprès de celle de la rouquine ..
Plus tard dans la nuit, on pouvait remarquer une tente blanche montée de travers parmi celles bien ordrées et alignées , bah elle n'allait pas se battre avec ces foutus piquets pour tenter de redresser la toile et ce malgré l'aide amicale proposée par Enored qu'elle avait tout aussi amicalement décliné.
Taratata, têtue et bornée .. et ne dit on pas « comme on fait son lit, on se couche » ?
Toute deux assises en tailleur près du feu réanimé régulièrement par des brindilles, elles continuèrent leur conversation jusque tard dans la nuit.
Des dits et des non dits, une approche en douceur pour l'une et l'autre conscientes de ne pas entrer là où ça fait mal … sentiments pour la cuivrée qu'une histoire commençait.

Des liens se tissaient au fil des jours, son coeur reprenait vie, le vide de ce dernier mois se remplissait de Roux et de grincheries de cette rouquine … derrière son air ronchon qui pouvait en faire fuir plus d'un se cachait aussi une âme emplie de douceur , de souffrance certainement et d'amour contenu …
Respect mutuel sur leur passé , juste ce qu'il fallait qu'elles sachent toutes deux.
Le présent était là …

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Kahhlan


Arles ou le temps suspendu ...


Les jours s'écoulaient aussi lentement qu'une pendule au ralenti dont on entendait le tic tac des aiguilles souffrant d'un manque de rythme, et qui, bon gré mal gré, continuaient inlassablement d'avancer, le ressort était cassé mais non la volonté …
Un soir pourtant, un fait lui réchauffait l'âme .. se trouvant en compagnie d'Alcy, elle eut le courage d'aborder un sujet qui lui tenait à coeur depuis des mois, depuis les jours qui avaient suivi son affrontement d'avec Gmat et dont les conséquences furent pour la rousse une terrible épreuve …
Elle avait souhaité lui en faire la demande lors de leur retrouvailles prévues en Guéret avec Théo, en faire la surprise à ce dernier par la même occasion, mais le destin en avait décidé autrement.
Leurs enfants auraient du naître à quelques jours d'intervalle et, si Alcy portait pour son plus grand bonheur un nouvel être en devenir, en hommage à celui perdu, elle avait osé lui demander d'être marraine du petit loup qui n'allait plus tarder à montrer le bout de son nez.
Anxieuse, consciente qu'une telle demande pouvait raviver une douleur que seule une mère peut ressentir lorsqu'il s'agit de sa chair, elle attendit ajoutant qu'elle pouvait prendre le temps de réflexion …
Regards sur un silence, elle serrait les mains sur sa robe , la malmenant dans les plis … respiration ralentie ..
Sourire chaleureux, respiration reprenant cours, libérant son appréhension et si la dame Carmin était de celle qu'on pouvait serrer dans ses bras, elle s'y serait jetée avec grand bonheur.
Elle avait dit Oui !
Cet enfant, chair de leurs chairs et de leurs batailles, celui qui chaque jour lui rappellerait qu'elle a connu le plus beau du verbe « aimer » et que si elle en a perdu l'essence , tout restait à construire pour ce petit bout et elle.
Cet enfant venait de recevoir son premier cadeau, une marraine en qui il pourra toujours faire confiance ..
Elle n'avait pas les mots pour remercier Alcy comme elle le ressentait, elle n'avait d'ailleurs jamais de mots lorsqu'on lui offrait quelque chose, mais cet instant restera gravé en sa mémoire pour la vie entière.

Rencontre pour le moins surprenante le lendemain de cet heureux jour, ils n'avaient jusqu'alors, choix volontaire, jamais eu l'occasion d'un tête à tête .. Des mots jetés au hasard .. curieusement elle ne ressentait aucune animosité ni rien de la sorte, un voile les séparait de toute façon et elle n'avait pas l'envie de l'entrouvrir même un peu … ce voile la protégeait et sa barrière permettait de lui parler sans amertume. Surprise de sourire et même de rire … surprise d'une main posée sur l'arrondi, et pour la première fois, sa propre main ne rejoignit pas la sienne .. elle était en paix avec elle même.


D'autres journées encore , visite de sa fille pleine d'amour et de tendresses.
Des fous rires, des rencontres surprenantes comme celle d'Hervald, jeune homme d'une douzaine d'année dont le sens de l'honneur était aigu, au fil d'une conversation sur ce dit honneur il appris l'identité du père de sa progéniture à venir … il ne démordait pas malgré maintes recommandation de vouloir remettre à sa place le sieur .. choses dîtes, choses faites .. le lendemain matin … patatras … sans gravité aucune pour l'un et l'autre fort heureusement.
Courageux et téméraire ce gamin !

Un jour de repos, la grinche et tendre Rouquine la conduisit dans un domaine connu et aimé d'elle.
Elles devaient rencontrer une nourrice qui saurait prendre soin du bébé le temps que durerait ce conflit.
Oups quelle entrée !!!

Rires encore bien souvent, elle reprenait goût et plaisir à bavarder, une mairie à garder pour une Altesse pair maire, pleine de fougue et d'entrain accompagnée bien souvent d'un Lambert à faire damner nombres de dames par un port de collant on ne peut plus parlant quant aux courbes divines et sculpturales de son anatomie.
L'espoir aussi l'unissait à d'autres, les nouvelles n'étaient pas si mauvaises .. pas si mauvaises jusqu'au jour où …

Cela ne pouvait être, elle n'en croyait rien … le soir encore rien ne prouvait qu'il ne soit plus .. pas Namay ! Pas lui , cet être plein de force ne pouvait pas ne plus être … ses pensées allaient au rythme fou .. Alcy … rien ne l'arrêterait cette fois …
Sur le matin, elle appris ce qu'elle n'avait que trop redouté … Ils étaient partis …
Priant, pestant … pour ceux tombés, pour ceux à tomber encore elle se battrait avec rage … et qu'Aristote veille sur ces trois vies presque quatre en chemin ..

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Kahhlan


Arles .. journée du 29


La veille au soir, humeur sombre de s'inquiéter alors que personne ne lui demandait … mais elle était ainsi la Périgourdine, inquiète des vies en chemin, en colère aussi, mais sa colère elle se la gardait pour elle …
Une lettre envoyée histoire de rassurer ce qu'il restait à rassurer …

Détours par la taverne, un rien avalé .. elle n'arrivait pas à ce concentrer sur les conversations, Eno égale à elle même veillant à tout et à tous s'oubliant bien souvent … sombre et secrète en cette soirée.
Durant la journée des contractions s'étaient faites ressentir, puis plus rien … elle mis cela sur le dos de l'inquiétude , elle quitta la taverne sans en souffler mot lorsque ces dernières reprirent … son tour de garde aller arriver et il n'était pas question que la rouquine prenne son tour à sa place.
Elle quittait l'assemblée pour aller enfiler sa tenue qui commençait à lui peser de plus en plus.

Son parrain forgeron lui avait fait parvenir une côte de maille de sa fabrication spécialement adaptée pour protéger ses rondeurs, efficace certes mais encombrant ..
elle grognait de devoir s'équiper de la sorte mais une promesse est une promesse et si il y avait une personne à protéger c'était bien cet enfant.
Des braies enfilée et une longue chemise de lin par dessus cet attirail et la voilà en route du coté de la salle communale se postant avec ses camarades hors de vue d'éventuels visiteurs et ne communiquant que par gestes précis … pour une pipelette comme elle, c'était peut être la chose à la difficile à appliquer … le silence ..
bah pour ne pas changer on avait voulu s'en prendre à la mairie … pourtant elle n'était pas un coffre de luxe en cette période , pillée et dépouillée par une mairesse peu scrupuleuse de ses ouailles, son Altesse la princesse veillait quant à elle sur le moindre grain de maïs pour le redistribuer aux démunis et victimes de la sottise humaine de certains villageois ..
Visages reconnus pour certains et une révolte de plus avortée ...
Elle rentrait au camp, pressée de retirer son accoutrement et de s'affaler sur sa couche pour sombrer dans un sommeil sans rêves ..


La journée qui suivit n'arrangeait pas son humeur de chien … pas question de sortir du camp pour la promener, elle n'avait pas le courage d'affronter des bonjours et des sourires ..
Juste aller prendre un repas en taverne municipal et plaisir toutefois d'y rencontrer une savoyarde pleine d'entrain, ce qui lui rejetait son manque d'entrain à elle … elle en bougonnait tout autant … rencontre et discussion également avec cette dame qu'elle avait reconnu sur les remparts, armes déposées, elles n'étaient plus que de simples femmes que les circonstances avaient mis chacune d'un coté de la barrière … bavardages sans haine ni colère et une prière secrète pour qu'elles ne se rencontrent pas lors d'un affrontement ..
Sortir de la taverne et ne plus penser, sortir et se dire qu'elle n'aurait pas du quitter la tente … qu'elle n'aurait pas vu, ni écouté, qu'elle n'aurait pas ressenti les failles qui troublaient son âme ...


Le soir venu, humeur moins grinche, elle reprit la route vers le village et entrait à nouveau dans la taverne municipale.
La Taverne dite « Restée Colléeee » avait été détruite depuis quelques jours déjà emportant avec elle tout les murmures, les joies, les peines d'un printemps aux odeurs et couleurs de sang …
Nouvelles rencontre encore d'une personne animée des meilleurs intentions, arrivée avec de quoi nourrir les combattants … sourires émus lorsqu'il lui parlait de mariage proche … qu'il était loin ce temps ou elle même y songeait … ne pas s'étendre sur le sujet, ne pas ouvrir cette porte qui la mènerait irrévocablement vers le noir … respirer longuement et continuer d'avancer sur des sujets moins sensibles ..
Angelotti, somnolait lorsque la Rouquine arrivait.
Un écossais entrait à son tour puis Samuel qui semblait se remettre au mieux de ces blessures …
Ambiance chaleureuse et détendue lorsqu'une douleur lui traversa les reins; la paralysant presque …
Serrer les dents et ne rien dire .. Enored venait l'avant veille de mettre l'enfant de Reinette au monde, éprouvée si grandement par cet acte qui l'avait transporté vers un passé enfoui, il n'était pas question de lui faire revivre cela ..
Douleur estompée elle quitta la taverne précipitamment prenant à peine le temps de saluer.






Une demi lune éclairait son chemin … Douleur à nouveau qui la laissait sur place grimaçante .. pourquoi avait elle toujours pensé que les douleurs venaient du ventre alors que là c'était ses reins qui étaient en feu …
Respirer ...oui il fallait respirer et se calmer ...envie de hurler comme de rire violemment …
Elle était où la mer ? Souvenirs brefs et vifs … Oui elle avait rêvé d'accoucher au bord de l'eau entre des bras solides … et là elle ravalait juste ses larmes d'avoir mal, ses larmes de trouille ..
Oh Oui ! elle avait la trouille et dieu sait si elle avait déjà eu l'occasion d'avoir peur … mais de cette trouille là … celle de l'inconnu … celle de tenir une vie entre ses mains et de ne pas faillir ...
Se concentrer sur l'accalmie à venir pour avancer vers le camp murmurant à cet enfant d'attendre encore un peu …
Ses pas, entre chaque contraction qui parfois la clouait courbée à mordre son bras pour ne pas crier la conduirent tout près du camp ..
Liquide tiède s'écoulant lentement le long de ses cuisses ...tremblements et surmonter l'enfer des poignards qui lui traversaient les reins … mordre plus fort encore et approcher l'olivier … se laisser glisser dos à son tronc … se laisser glisser souffle court .. se laisser glisser vers le renoncement et puiser force à nouveau lorsqu'elle senti les eaux couler abondamment … ne pas faillir ...
Un hurlement plus qu'un cris dans la nuit … douleur qui dépasse l'entendement au fond de ses entrailles … prendre force en haletant contre le tronc d'olivier ..
Mémoire des gestes ... l'enfant cherchait la sortie et elle devait attendre la contraction qui l'aiderait dans son cheminement … il poussait et elle ne devait pas pousser encore … pas maintenant ..
Là … là elle la sentait venir ...ne pas avoir peur … pousser de toute ses forces se penchant en avant les mains tendues …
Hurlement d'une louve lorsqu'elle senti ses entrailles se déchirer en une fulgurante brûlure , des mains qui cherchent … qui touche … qui glissent … qui empoignent d'un geste mémoire encore .. ce qu'elle sait être les épaules … elle laisse venir le reste du corps gluant et chaud le ramenant sur sa poitrine ...
Douleur laissant place au vide qu'elle ressent en elle … calme après la tempête qui venait de la ravager … calme puis sanglot compulsifs … serrant tout contre elle cet être de chair et de sang .. murmurant ..


Tu es là bébé précieux .. tu es là Amour de mes jours et nuits … je t'aime si fort déjà et tu es Là ..

Un cri cette fois … un miaulement plus qu'un cri .. larmes qui s'écoulent sans qu'elle ne cherche à les ranger ...
Lui ouvrir sa robe .. le laisser gravir le mont qui le mènera à sa première tétée … le couvrir de sa cape .. oubliant et goûtant l'instant Unique et présent … oubliant le sang d'une terre souillée, oubliant son amour envolé … un autre prenait forme si fort déjà …
Murmure encore ...


Nous serons deux mon ange … unis et fort et je t'apprendrai …

Murmures difficiles ...elle sombrait épuisée …


Je t'apprendrai ...je t'apprendrai les Voyages … je t'appren … Theo … Alcy .. Ael ..Curt … Obakhan ..?
Eno où est tu ?
Silence .. chutt …. Elle sombrait si loin ...
Une vie prenait son essence sous l'olivier et sur l'endormie à la robe blanche maculée du sang de la renaissance

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Kahhlan


Enored a écrit:
Un ... deux ... trois jours difficiles allez hop on est plus à ça près ...

Une soirée en taverne à discuter, de tout de rien et une apparition liée à une inquiétude. Kahhlan plus pâle encore la veille, une grimace sur le visage de la jeune femme et une sortie précipitée. Léger froncement de sourcil ... La fatigue sans doute ... la future mère ne ménageait pas ses efforts ces derniers jours malgré son état.

Têtue, elle avait refusé tout aménagement de quoique ce soit ... plongeant ainsi l'Irlandaise dans une inquiétude permanente. Peur de la retrouver allongée sans vie un matin ... un soir ... à tout instant. Elle l'avait accompagné à Vitrolles pour la rassurer et qu'elle y trouve une nourrice.

Pensées sombres en taverne, pas vraiment l'envie de se mêler aux conversations, humeur maussade malgré sa présence à lui à ses côtés. Présence réconfortante, et puis s'était levé ... occasion rêvée pour sortir aussi ... sous prétexte de le raccompagner. Séparation devant la tente des blessés, la nuit était belle, elle n'avait pas sommeil la rouquine.

Ses pas la dirigèrent vers la tente de Kahhlan lorsqu'un cri déchira la nuit. Se diriger au son ... pas qui se précipitent parce que l'intuition dit qu'il y a un problème ... un danger ... ce genre de cris elle les connaissait que trop bien l'Irlandaise. Foutu passé qui l'avait rattrapée. Yeux qui fouillent la nuit et là ...

Au pied d'un olivier ... un corps ... sans vie ... non pas sans vie ... tout mais pas ça ... pourquoi n'était elle pas sortie en même temps qu'elle pourquoi ...



Non murmure ... Kahhlan ! NOOOOOONNNNNNNNNNNN cri qui vient du fond des tripes sans retenue ... rouquine qui s'agenouille à côté du corps qui ... respire .. vite il fallait faire vite ... la réveiller la ramener ...

Reviens Kahhlan reviens tu ... oh ... Yeux qui s'écarquillent, elle avait donné naissance à son enfant là seule dans la nuit. Sentiment de culpabilité qui gonfle ... mains qui se portent vers le petit être ... vivant ... il était vivant ce petit bout de rien ...décidément ... elles ne l'auraient pas épargnée ...

Nourrisson dans ses bras ... cordon coupé ... seule la respiration de la jeune mère troublait le silence de l'instant. Il fallait faire vite, ramener le bébé à la tente pour le couvrir et ... non ... la besace de Kahhlan ... elle ne se séparait pas des linges et de tout ce qu'il fallait. Bébé dans un bras, main qui fouille de l'autre. Premiers soins portés au tout petit bout de rien du tout, petit bout d'homme emmailloté, gestes retrouvé et rouquine qui se laisse tomber à côté de la jeune mère, plus qu'elle ne s'assoit à côté d'elle, enfant protégé au creux de ses bras..

Debout belle endormie ton fils a besoin de toi ...

Murmure alors que la rouquine, d'une main, cherche dans sa besace une petite fiole, fiole passé sous les narines de la belle endormie. Esprit qui s'apaise enfin alors qu'un petit bout de rien se blottit contre elle.

Kahhlan, reviens ma belle, je suis là .. ton fils a besoin de toi ... reviens ... ne le laisse pas ... Aucune réaction ... pas le choix ... une paire de gifles plus loin rouquine qui hausse le ton Allez accroche toi ! reviens bordel !

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Kahhlan
Entre ciel et terre .. elle était bien ainsi .. pas froid pas chaud non plus … juste le bleu en toile de fond .. dormir encore et encore riant des personnages dessinés par les nuages parce qu'elle adorait les voir se transformer .. riant de s'enrouler dans sa cape et de danser contre le vent … riant de se retrouver devant le visage de sa mère et de la serrer si fort … elle l'appelait ..le timbre était doux et rassurant .. violence pour forcer sa mémoire … violence pour chasser ces rires et essayer de comprendre … un visage de rousse contre un autre visage de rousse .. une voix contre une autre voix …

Kahhlan, reviens ma belle, je suis là .. ton fils a besoin de toi ... reviens ... ne le laisse pas ...


Une odeur qui lui rappelait la fiole d'Alcy ...pouah !!!
Le timbre de la voix se fit plus dur … un mot qui claque comme une claque sur sa joue …


Allez accroche toi ! reviens bordel !

Nan sa mère n'aurait pas dit ce mot là … cette voix et cet accent … Eno .. Eno .. c'était Eno !
Elle était là tout prés son fils avait elle dit .. il avait besoin d'elle comme elle de lui … nan elle ne le laisserait pas …
Améthystes qui s'ouvrent sur le ciel étoilé, améthystes qui plongent dans les émeraudes de la rouquine .. améthystes qui se pose sur l'enfant lumière dans ses bras …
Un murmure …


Merci …

Un murmure encore… Elouen il s'appellera Elouen comme la lumière …

Elle se relève sur des coudes défaillants … s'agrippe aux bras de la rousse qui porte son enfant … comprend ce qu'elle vient de lui faire endurer … l'enlace comme on enlace un être aimé .. sanglots qu'elle laisse s'écouler …

Merci …
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Kahhlan


Enored a écrit:
Argh ... que penser d'autre quand la cuivrée vient se serrer contre elle et la rouquine de refouler l'envie de la repousser pour au final passer son bras libre autour des épaules de la jeune mère et laisser le flot de larmes s'écouler. Et de doucement la bercer jusqu'à ce que les larmes se tarissent en fin.

Tout doux ma belle ... tout doux ... maintenant qu'il est là à veiller sur toi ... plus rien de mal ne peut t'arriver.


Des mots comme une prophétie. Instant de douceur au milieu de la fureur qui habite ces terres. Murmure pour apaiser ...

Ag amharc trí m'óige,
Is mé 'bhí sámh,
Gan eolas marbh
Bhí mé óg gan am,

Anois, táim buartha,
's fad ar shiúil an lá.
Ochón 's ochón ó.


Puis la réalité reprend le dessus, elles ne pouvaient rester là à cet endroit. Doucement, la rouquine dégagea Kahhlan de ses bras pour lui confier son fils.

Regarde comme il est beau ton Elouen. Il va falloir que tu te lèves, vous ne pouvez passer la nuit ici tous les deux. Ce n'est pas prudent. Ni pour toi ni pour ton enfant ... Léger soupire juste pour faire tomber la pression ... Vous m'en aurez fait voir Reinette et toi ... Index qui se pose sur les lèvres de son amie. Surtout ne t'excuses pas ... peut être qu'il fallait que je passe par là ... Léger sourire avant de passer son bras sous les épaules de la jeune femme pour l'aider à se relever.


[hrp : Edition pour traduction approximative :

En regardant en arrière vers ma jeunesse
J'étais heureuse,
Je n'avais pas connaissance de la mort
J'étais jeune, hors du temps,

Maintenant, je suis triste,
La journée passe lentement.
Hélas et malheur, oh.../hrp]

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Kahhlan


Prendre un enfant dans ses bras …


La voilà avec ce petit bout si minuscule qui s'agrippe à elle tel un chaton , le nez collé sur le haut de sa poitrine … main qui se pose sous sa nuque et lèvres qui se dépose sur son front … murmures de tendresses et vive émotion …
Elle venait de devenir mère en cette nuit de demi lune ...pensées qui s'envolent en d'autres lieux … pensées pour Eloa … pensées pour Lui qui devenait à nouveau père , pour chacun de ses enfants, pour Alcy toujours inquiète de n'avoir pas de nouvelles d'eux … pensées pour Castillon et ses amis …
Mère d'avoir mis au monde un enfant et se sentir si démunie devant cette petite chose nichée sur elle, démunie et émerveillée des sensations éprouvées aussi diverses soient elles ..
Comment expliquer qu'un coeur fond , que forces reprennent, que la vie vous paraît belle est si importante …
Regard sur la Rouquine, lorsqu'elle posa son index sur ses lèvres … ainsi le « chut » existait bel et bien .
Tel l'ange qui a déposé son index sur les lèvres d'Elouen lors de son premier cri et qui lui aurait dessiné ce joli creux juste au dessus des lèvres … Enored refaisait ce geste … si la cause en était différente le geste lui n'en était qu'aussi beau … alors nan elle ne s'excuserait pas et elle lui offrit un sourire avant de se relever chancelante mais soutenue par des mains amies …


Pas à pas, enserrant sa perle dans le creux de ses bras elle arrivèrent jusqu'à sa tente toujours aussi de travers ...
Elle se laissa faire lorsque qu'Eno lui fit tout les soins nécessaires …
Propre et habillée de propre … elle s'endormit épuisée sa tendresse blottie tout contre elle ..


Un lendemain serein ..

Les gestes d'une mère s'apprennent bien plus vite que le l'art de manier l'épée et c'est sereine qu'elle s'occupa de son trésor ..
Il lui restait à contacter le nourrice de Vitrolle pour qu'elle vienne s'installer auprès d'elle.
Un pigeon qu'elle reconnaissait pour l'avoir réceptionné tant de fois se déposa sur son bras lorsqu'elle quittait la tente , un linge de lin lui entourant le cou et dans lequel reposait Elouen.

Missive lue … missive courte mais qui lui fit expulser un énorme soupir de soulagement ….
Ils étaient en vie et bien arrivés !

Elle retourna sous sa toile et déposa précieusement l'enfant endormi dans son panier …
Songeuse et sereine voui … elle découvrait que la haine qui l'habitait il y a encore si peu lui semblait dorénavant si lointaine … juste aller de l'avant s'en se retourner .. une personne lui avait dit … « Ruminer ne fait pas avancer ... »
Parchemin sur la table de fortune … tonneau vide et coupé par la moitié … elle s'installait pour donner réponse , grimaçant un peu en s'asseyant en tailleur …





Théo,

Merci ... merci oui cette nouvelle m'apaise que de vous savoir en vie tout trois presque quatre.
Prends soin d'Alcy mais ça je sais que tu le feras et salue Namay pour moi en espérant que vous le trouviez convalescent certes mais toujours valide.
Ces rumeurs sur son décès m'ont ébranlées songeant surtout à Alcy qui revivait les même tourments qu'en Berry.
Je combattrais dés que tout sera mis en place ici, et le temps accordé m'est profitable, j'en ai besoin un peu ...

Cette nuit tu es devenu père de notre enfant, un petit garçon du nom de Elouen, qui veut dire lumière.
Il sera ma lumière au quotidien et la tienne si tu le souhaites.
Je le couve comme une perle rare et c'est magique que de sentir un si petit corps contre le sien .
J'écrirai à Alcy pour lui annoncer que son filleul se porte bien mais tu pourras lui dire de vive voix si tu le désires.

J'ai été terriblement aigrie lors de mon dernier écrit, je t'en ai voulu terriblement.
Ce temps est loin et même si j'ai remplacé le "vous" par un traditionnel "tu" saches que de mon mépris il n'en reste plus.
Tu as été, tu es et tu resteras ce que j'ai connu de meilleur.

Prends soin de vos vies.
Kah


Missive pliée et renvoyée à l'expéditeur non sans avoir nourri le porteur.
Une belle journée s'annonçait … son coeur se remplissait à nouveau d'amour .. cet amour là portait un nom , Elouen.
Chasser le naturel, il revient au galop, elle ne pouvait pas élever un enfant dans la rancoeur et la haine … juste lui apprendre la vie ...


[ Hrp: Extraits tirés du rp Memento Mori à la Croque Cigale]
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Kahhlan


Un départ proche ... une prière peut être ...


Petit loup dans les bras, elle s'était rendue à la bénédiction faire par un Père qu'elle ne connaissait pas ..
Depuis combien de temps n'avait -elle pas assisté à un office … occasion pour elle de se réconcilier d'avec le Très Haut, le remerciant pour les heureuses nouvelles reçue et priant pour ses amis l'ayant rejoint un peu trop rapidement à son goût ...priant pour ses amis blessés et ceux qui ne le sont point .. priant pour tout ces hommes qui combattaient depuis si longtemps en ces terres et priant pour ceux qui allaient y repartir …
Elle en faisait partie de son unique volonté , la stabilité ne faisait pas parti de son quotidien quoiqu'en pensent certains … Et si elle aimait le repos de son petit village, elle pouvait y renoncer juste pour une parole donnée …d'ailleurs cela faisait presque une année qu'elle était sur les routes.
Une chose était sure, elle savait honorer une promesse, elle avait démissionné de toutes ses tâches pour se jeter dans l'inconnu et elle ne le regrettait pas …
Rencontres et amitiés avait su combler et apaiser les plaies récentes …
Elouen, son fils, sa lumière avait su emplir dés son premier cri, ce vide d'amour à offrir, son coeur battait à nouveau et c'était bon que de le sentir vivre …
Tendres baisers déposés sur le front du petit loup , elle récitait le credo derrière l'Aumônier …
Sourires que de croiser des visages connus, petits signes de salut et elle repartit confier son fils aux bons soins de Dame Olympe sa nourrice.
Cette dame, de grande expérience, venant du domaine de Vitrolles et ayant accepté de la suivre pour tout ses déplacements à venir, était fort strict quant à son rôle auprès de son enfant.
Elle l'avait écouté avec attention et en avait accepté toutes les conditions. Aucun risque ne serait pris pour l'enfant et de cela, elles en étaient bien conscientes toutes deux.

Enfant repu et endormi elle sortit prendre les consignes du jour et entrepris ensuite une longue marche méditative au bord du Rhône .. le soir elle partirait avec sa section ..


[hrp: tiré du rp Quand Saint Maurice s'en va en guerre....]
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Kahhlan


Enored a écrit:


Quand l'attente prend fin ... les combats commencent.

Ils avaient enfin quitté Arles. L'impatience grandissait chez chacun, entre ordres, contre ordres, rumeurs de départs, départ annulé ... Et puis, l'ordre était tombé. Les deux armées s'étaient mises en ordre de marche.

Silence presque pesant dans les rangs. Seul le cliquetis des armes, le pas des montures semblaient parler. Avignon, sa campagne et puis Aix fut en vue. Pause non loin des remparts, mise en place du campement, récapitulatif des ordres du jour, des tactiques pour le lendemain ... Suite à quoi l'Irlandaise se dirigea vers le petit coin où se trouvaient ses hommes pour leur expliquer ce qui les attendait le lendemain. Groupement de tentes sous la bannière sable et or. Rassemblés autour d'un feu de camps, ils devisaient à voix basse. Elles les observa un long moment avant de prendre la parole. Derniers mots d'encouragement et le capitaine des loyalistes les encouragea à aller dormir un peu.

Elle savait que ce n'était pas évident de trouver le sommeil la veille d'une bataille. Certains dormiraient peu, d'autres pas du tout ... elle s'isola dans sa tente, s'installa sur un coffre, posant un parchemin sur ses genoux. Elle chercha ses mots mais ne les trouva pas. Pas la peine d'insister. Bougie soufflée, repos plus que nécessaire, elle s'installa sur sa couche espérant grappiller une ou deux heures de repos ...

Au petit matin ... rapide toilette avant d'enfiler ses vêtements, lacer pourpoint et brassards de cuir. Epée au côté, elle sortit de sa tente. Dehors certains attendaient déjà. D'autres quittaient leurs tentes. La fébrilité était palpable.

Ensembles, ils gagèrent la position qui leur avait été attribuée. Coup d'oeil vers les filles. Kahhlan et Istanga. Léger sourire ... attente ... épée sortie du fourreau ... et ... début du combat.


SUIVEZ MOI ! EN AVANT !

Le capitaine se lança dans la bataille suivie par ceux de sa section. Les combats furent rudes. Taille, estoc, feinte. Sans bouclier pour la protéger elle devait ruser. Cependant, elle se sentait plus à l'aise, elle avait toujours combattu ainsi et préférait ne pas s'encombrer d'une chose si encombrante.

Ses compagnons à ses côtés, furieuse, la rouquine reconnu Agadir ... elle voulu se porter contre lui, mais ce qui se passa devant eux la surprit et elle laissa le vicomte s'occuper de son cas.

La rouquine se cru un instant victime d'une illusion. Elle était persuadée que lorsqu'ils avaient engagé le combat il y avait bien deux ... armées ... face à eux plus qu'une seule. Elle ne fut pas la seule déstabilisée ... réussit à se reprendre rapidement. Mais à ses côtés, Istanga, Rougeours, le comte de Belfort ... blessés ... Il était temps d'organiser le replis. Retourner au campement, protéger les blessés et leur porter les premiers soins avant de les rapatrier sur Arles.


Patrice, Kahhlan, Harding ! Vite les blessés ! Ramenez les au campement ! on se replie ! Hors de question qu'ils tombent entre leurs mains ! On protège votre retraite !

Ce n'est que lorsqu'elle fut certaine qu'ils avaient prit suffisamment d'avance qu'elle regagna le campement accompagnée de Natale. La fatigue était là, mais l'inquiétude plus forte ... elle se prit des renseignement quand au sort des trois blessés avant d'aller faire le point avec les autres chefs de section. Ses compagnons étaient dans un état grave. Pour eux il faudrait tenir ... pour lui il faudrait tenir ...

En fin d'après midi, elle rejoignit ce de ses hommes qui restaient ... s'installant avec eux en silence. Plus tard tout serait à recommencer, nouveaux assauts, nouveaux combats ... mais pour l'instant, un moment de paix toute relative sous une bannière sable et or flottant fièrement au vent.


[hrp: tiré du RP :Là où les épées se croisent, tout près d'Aix. ]
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Kahhlan


Nuit du 2 au 3 quelque part entre Arles et Aix ...


Nuit du départ ..
Son fils en retrait et en sécurité, c'est silencieuse qu'elle s'équipait pour la marche nocturne ..
Elle porterait l'épée héritée de Oba, elle ne l'avait pas sorti se son fourreau depuis cet héritage et elle prit grand soin de la nettoyer pour finir en un parfait affûtage.

Les consignes avaient été données le jour , elle en avait écouté chaque mot les imprégnant pour les jours à venir …
Ne plus penser, enfiler ce masque froid et laissant seulement Aristote décider de sa main pour elle … peu importe la finalité, lui seul désormais jugerait de la cause …
Ne plus songer au passé ni à l'avenir seul le présent comptait... Ses promenades des veilles, ses retraits volontaires l'avaient préparé mentalement et elle avait puisé sa force lors de la naissance de son fils … il n'aurait pas à rougir de sa mère car là aussi elle donnerait le meilleur d'elle même …

Au petit matin, alors qu'elle se préparait à rentrer, un homme apparemment isolé déboulait devant elle, pas le temps de se demander ce qu'il voulait … épées qui se croisent , gestes retrouvés la plongeant dans un passé qu'elle pensait avoir oublier, défendre sa vie … lui ou elle … le sort en a tranché, lame qui s'échappe de la main de l'homme et la sienne faisant mouche … le corps s'effondre … elle se penche … l'homme vivrait certainement ..


Citation:
03-04-2010 04:07 : Vous avez engagé le combat contre xxxx.
03-04-2010 04:07 : Vous avez frappé xxxx Ce coup l'a probablement tué.


Une voix derrière la ramenait à la réalité …
Eno de lui dire .. Rentres te reposer ...




Nuit du 03 au 04 quelques lieues plus loin …


Le silence régnait sur le camp ou tout les corps d'armes s'apprêtaient à partir ..
Tous savaient que la nuit serait rude et que certains ne seraient plus, que d'autres seront confiés aux soins des médicastres et que d'autres encore continueront …
Elle avait pu prendre du repos auprès de son trésor et de dame Olympe qui apparemment connaissait bien les retours de bataille et les états d'âmes qui en découlent ..
Cette femme lui était précieuse l'obligeant à une toilette rigoureuse, à se nourrir correctement et la remettant sur la voie concernant les gestes maternels qu'elle devait prodiguer à son enfant ..
Nettoyée des souillures de la nuit , elle pût prendre plaisir à s'occuper de son petit bout fermant les yeux, se retrouvant femme et mère ordinaire chassant pour la journée son contraire …

Le soir venu, avec ses camarades consignes encore furent écoutés auprès de la Rouquine son amie, elle savait quelle place tenir et le clin d'oeil rassurant la sortit de son mutisme volontaire .. Un sourire rendu signe qu'elle avait bien compris et elle enfourcha sa belle Faënora pour suivre sa section ..

Un cri de la part de la Rouquine et tout s'enchaina très vite .. bruits de fers s'entrechoquant , esquivant à tour de bras , continuant d'avancer sans quitter les siens du regard, boucliers qui la protégeait au mieux , se débattre plus que de se battre dans cette furie de cris … des corps tombent, elle continue sans ciller … mirage d'une armée qui disparût .. et voir trois des leurs s'écrouler .. reconnaître Istanga et trembler … aller à sa rencontre …
La voix de la Rouquine se fit plus forte …
Sauter de sa monture, se pencher sur Istanga et le temps que la Rouquine couvrait ses gestes .. la porter sur sa jument , la jeune femme lui semblait légère ou c'est sa force alors qui lui semblait plus forte … ou bien la peur tout simplement …
Grimper à son tour sur la belle .. maintenir Istanga , laissant le soin à Patrice et Harding de s'occuper des deux hommes ..
Un signe à Enored et elle fit volte face, une main sur les rênes tout en maintenant le corps de la jeune femme, bouclier au dos cette fois et épée qui force le passage pour se replier vers le camp.

Istanga emmenée sous la tente des blessés, elle resta auprès d'elle le temps d'être rassurée sur son état …
Retour sous sa tente ..
Epuisée elle s'affalait sur sa couche … dame Olympe ne lui posant aucune question …
fermer les yeux et ne plus penser ..

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Kahhlan


Devant le camp de Memento Mori ... Un écriteau ... un sept avril ...


Elle restait longtemps devant ce parchemin accroché sur le panneau des nouvelles du camp de Memento … longtemps interdite à lire deux lignes …

Son fils dans ses bras elle le resserrait plus fort, le protégeant des lignes … comme si un bébé savait lire aussi … !

Encaissant chaque mot, se les prenant de plein fouet ..

Elle tourna les talons ravalant ses larmes, ravalant ses derniers mots qu'il lui avait écrit … un juron elle qui n'en disait jamais …


Bordel de M.... !!! mais qu'est-ce qu'il foutait là sur cette route ?


Elle lui avait écrit de ne pas bouger , elle le voulait en vie, pour lui, pour son fils et ce foutu mot lui apprenait qu'il n'était plus …

Nan !! tant qu'elle ne verrait pas le corps elle n'y croirait pas .

Ne pas rester planter là .. bouger pour ne pas penser à rien , surtout ne pas se laisser submerger par ses émotions … un pas puis un autre .. murmurant à son fils …

C'est une farce .. ton père n'est pas mort .. c'est juste une méchante farce … ! ton père était combatif … non ne pas parler au passé .. ton père est combatif, il a promit de veiller sur Alcy , sur Rose, sur Théophane , il a promit d'être toujours présent pour ses enfants … il a promit d'être là pour Namay , alors s'il devait mourir il l'aurait fait en combattant … pis les rumeurs hein ... tant que je verrai pas je croirai pas .. Je te dis Elouen que c'est une farce !!!

Parler, murmurer , parler et murmurer encore, ne pas se laisser atteindre par la folie qui pointait et dont elle connaissait que trop bien les méfaits …

Arrivée devant sa tente , elle confia Elouen à dame Olympe …
Repartir en taverne et boire plus qu'elle n'aurait du …
Cela aurait fait bientôt une année quelle avait croisé son regard pour la première fois, souvenir de cette première rencontre en taverne alors qu'elle commentait la gazette du jour ...
Revenir à sa tente … s'allonger sur sa couche … mordre son oreiller, lui confiant toute sa peine, déversant toutes ses larmes et ses sanglots …

Ce soir elle combattrait … elle combattrait emplie de colère et de rage et si elle en réchappait peut être même aurait-elle la force de s'offrir au premier galant passant … juste … juste pour combler la douleur par la douleur … juste pour oublier l'inoubliable et se sentir vivante …
Mordre l'oreiller encore et hurler son nom étouffé par la toile …

Théo !!! pourquoi mais pourquoi non de dieu !!!!!

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