Afficher le menu
Information and comments (0)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

Appel à l'aide d'une Rose égarée pour une Licorne perdue

Daresha de Jeneffe
Poligny- Ryes.
Combien de jours? Trop à n'en pas douter. Et combien de nuits? Tout autant. Mais de leur nombre exact elle n'a aucune idée. Même la raison de sa chevauchée infernale lui échappe à l'instant même où se dresse devant ses yeux l'imposante forteresse de l'Ordre Royal de la Licorne; Ryes. Loin remonte la dernière fois et la toute première fois d'ailleurs, où ses pieds ont foulé le sol normand. Il fut un chapitre de l'Ordre, bien morne à ses yeux. Pourquoi y était elle venue alors? Tant de raisons et d'irraisons. Et la plus folle était Lui. Son seul regard d'azur suffisait à soulager sa peine et une partie de la douleur de son coeur. Le temps avait ensuite passé, égal à lui même et avec les facéties nombreuses qui le caractérisent, et les perles de mer pure étaient devenues son plus précieux miroir lorsqu'ils étaient réunis. Mais le destin avait repris ses oeuvres destructrices, art dans lequel il excelle avec magnificence. Son dernier chef d'oeuvre? Une sublime tragédie en plusieurs actes, une ode à la douleur, une satyre contre la pauvre nature humaine : sur la route de l'enfer, quand les coeurs se brisent en sacrifice à la folie, sont les deux premiers chapitres d'une probable longue série, pathétique succès dans un monde en déperdition.

Et elle, elle se dresse et se dessine, moqueuse et indifférente, la belle forteresse licorneuse, sur fond d'un paysage qui commence à se couvrir de son beau manteau d'automne. Sait elle seulement? Mais qu'en aurait elle à faire de toute façon. Ce n'est qu'une immense bâtisse de pierres vides de toute vie, même si y rôdent peut-être les âmes des nombreux chevaliers tombés au cours de divers combats. Les mystères de la mort peuvent donner naissance à de biens étranges légendes qui attisent chez les gens de bien contradictoires sentiments comme la peur et la fascination. Mais la mort a cet avantage d'être concrète et effective, de faire ressentir des sentiments réels même s'ils n'en sont pas moins douloureux. Alors que la disparition, elle... Enfin passons. Ou alors peut être pas finalement. Balance affligeante des impressions, espoir et désespoir, mauvais pressentiment. Et son instinct ne la trompe jamais. Il reste toutefois cette espérance malgré tout qui picote dans son ventre tordu d'une angoisse nauséeuse.
Dans un mouvement incontrôlé, ses mollets dont la forme galbée est épousée par un cuir noir de première qualité transformé habilement en bottes par un artisan flamand, se resserrent contre les flancs foncés et trempés de sueur du jeune frison qui lui sert de monture. Le geste aurait pu n'avoir qu'une faible conséquence, qu'une allure rallongée raisonnablement. Il aurait pu. Mais aux talons ont été passés des éperons d'argent dont les pointes rondes sont venues s'enfoncer dans les côtes mouillées de l'animal, qui s'entraine dans un galop retentissant, sous ses sabots s'élevant des petites mottes de terre et d'herbe.

C'est là bas qu'elle veut aller. C'est au fief de l'animal chimérique qu'elle veut se rendre mais dans quel but? Attirance curieuse, fascination injustifiée exacerbée. Aller là bas et puis c'est tout. Parce que... Parce qu'il le faut. Dans son esprit fatigué les questions s'amoncèlent, se superposent, se choquent et s'entrechoquent, se contredisent alimentées par la plus grande de ses peurs: celle de le perdre. Et à cet instant où est-il? Une lettre juste une lettre froissée avec une écriture baveuse et souillée. Une lettre pleine d'incompréhension, de mots devenus confus et flous, sans aucun sens. Du moins, n'a-t-elle pas voulu le comprendre ce sens car après tout, est-ce chose là réellement possible ce qu'il s'est passé dans les bois de leurs terres vicomtales? Non, cela n'a pu. Et pourtant, pourtant... Et si finalement ce n'était qu'une manigance artificielle, qu'une intrigue de sa part pour la quitter.
Tu sais au fond de toi que c'est une hypothèse à ne pas négliger, douce Rose. Oui, tu le sais... Ton premier époux t'a offert le mariage sans te donner la fidélité. Crois-tu sincèrement qu'il en fut autrement pour lui? Ouvre les yeux, Comtesse. Il n'est jamais là, ton chevalier au collier d'or. Vos vies sont différentes, même si tu persistes à croire le contraire. Belle comptine pour enfants que celle dans laquelle tu te perds stupidement : la plume et l'épée pour défendre les mêmes idéaux; à chacun sa manière de défendre une pensée commune. Mais réalise que ça ne vaut rien. Et que lui aussi, c'est un homme avant d'être un chevalier avec ses envies et ses désirs et qu'avec toi, il a du apprendre à les maîtriser, à les renier. Je pense pour ma part qu'il s'est enfin décidé à te quitter. Il aura mis du temps mais il y sera enfin arrivé!
La revoilà la Foëne, si longtemps partie et si longtemps oubliée. La voilà à nouveau répandant son verbe acéré et blessant au fond de l'esprit comtal usé par les affres de la peur. Non, il ne peut, impossible, parce qu'il l'aime et que jusqu'à la fin des temps leurs âmes seront liées par l'amour qu'ils se portent. Il ne peut il ne peut... Les larmes ruissèlent sur ses joues et s'envolent emportées par la bise forte qui claque sur le visage de la Comtesse qui continue malgré tout son chemin, distançant sans peine les deux gardes qui avaient réussis à s'embarquer dans sa folie naissante.

Ryes...
A la fois toujours plus proche et toujours plus loin. Est-ce possible? Lourde impression qu'elle s'échappe à son approche. Quel est donc ce maléfice, ce tour de la vue qui ne fait qu'accroître son énervement et sa détresse? Elle s'en rapproche elle le sait, elle éperonne toujours plus dans l'excès les flancs du pauvre destrier qui se couvrent d'un peu de son sang, teintant la sueur dégoulinante et lui donnant une couleur de vin délié. Mais il ne se plaint pas et se plie à la tâche, fidèle qu’il est à sa cavalière éperdue. Il galope toujours plus vite, tempête endiablée à l’allure excessive, volant au dessus du chemin emprunté. Jusqu’au bout, il ira ; jusqu’au bout sans faillir il l’amènera. Il la suit dans ses délires démentiels, animal soumis, obéissant, docile. Ou peut être comprend-il sa détresse, mais qu’importe après tout.

Ryes...
Là, juste là, à quelques pas, à quelques foulées. A portée de main se trouve son espoir, du moins un espoir, sûrement futile et inutile. Et change de note le son des sabots, passant d’un son sourd et absorbé aux claquements expressifs du fer sur les pavés. Les pavés… signe qu’elle arrive enfin. Ils défilent sous elle en une longue bande à la couleur salie par les jeux d’une météo changeante et imprévisible. Juste là, plus que... Plus que?
Comme muées par une force extérieure, ses mains gantées se referment sur les rênes jusque là laissées lâches pour que le cheval ne soit pas empêché dans son allure, et les tirent en arrière dans un mouvement empreint d'une sècheresse digne d'un été sans eau. Surprise d'être déjà arrivée à destination, elle sort de cette étrange rêverie dans laquelle elle était plongée pour réalisée que son but est atteint. L'entrée... Mais cette fois le pauvre destrier n'a pas vraiment aimé d'être ainsi coupé dans son élan et se cabre à maintes reprise, les naseaux grands ouverts et tournés vers les cieux. Hennissant d'énervement, ses postérieurs se pliant et glissant sur les dalles, il entraine une peur éprouvante dans le coeur de sa cavalière qui tente vainement de retrouver sa maitrise et un calme certain. Longues et nombreuses sont les minutes qui s'écoulent. Ou peut-être n'est qu'une impression? Mais l'impression d'avoir mal au coeur, elle, est bien là. A nouveau cette douleur déjà connu lors d'une chevauchée solitaire dans les bois de Marchiennes. A nouveau cette sensation que l'on vous arrache votre précieux organe vital déjà bien altéré par les folies de votre vie.


-Comtesse!
Il piaffe le beau noir, d'impatience et de nervosité. Il piaffe, ses oreilles tournées vers l'arrière, entendant le bruit de ses congénères. Il piaffe de retrouver son calme alors que les voix des gardes se rapprochent. Qui...
-Etes vous sûre que ça va aller?
Mais ne pas répondre alors qu'on lui prend les rênes des mains et qu'elle ne peut y résister. Fatigue, grande fatigue. Tête qui tourne, paysage flou.

Ou est il....
Ou est il....?
Guillaume!!! Guillaume!!!



Son âme gronde et sa colère teintée de désespoir se fait enfin jour. Elle crie, s'agite, se laisse glisser à terre et manque de s'effondrer sous le poids de sa souffrance. Tout juste sait elle se rattraper comme elle le peut au pommeau saillant de sa selle. Direction tout droit, vers les gardes. Eux ils sauront. Eux ils sauront... C'est sur.
Ou est il?
Dites moi où il est?!


Ô rage! Ô désespoir ! Ô destin machiavélique!
N'a-t-elle donc vécue que pour une vie tragique?
Et n'a t-elle, avec lui, beaux idéaux, partagé
Que pour voir ses pétales flétrir à une ombre embrumée?
Ses bras, qu'avec respect toute sa tendresse admire,
Ses bras qui tant de fois ont sauvé son empire,
Tant de fois affermi le trône de son étincelle,
Trahit donc son âme et ne fait rien pour elle?
Ô cruel souvenir de son amour passé!
Oeuvre de tant d'espoirs et d'échanges inégalés!
Nouvelle abjection fatale à son bonheur!
Précipice élevé d'où monte son malheur!
Faut-il dans cette affliction voir triompher le tourment,
Et mourir sans certitude ou vivre dans le déchirement?
Comte, tu fus son prince à présent disparu;
Ce haut rang n'admettant point un homme perdu;
Et le destin moqueur, de cet amour digne,
Malgré le choix des rois, a su se rendre indigne.
Et toi, de ses exploits, glorieux instrument,
Il t'a pris à elle, de son coeur, précieux ornement,
Fer, porté haut, longtemps votre défense,
Leur a servi de parade, pour commettre leur offense,
Ainsi, quitte désormais cette futile vie mortelle,
Revient pour la venger ou lui briser les ailes.*

Et à qui demander que Lumière s'illumine sur son âme damnée? Grand est le vide, l'angoisse, la douleur. Et coule la souffrance comme une tempete magistrale. Tout est vide, tout. Peut-être... Espoir ou faux espoir, lequel peut être semblable à une infecte meurtrissure?

- Cerridween...





* Inspiré du Cid, extrait acte I, scène 4
Invité
Une journée comme une autre au poste de garde, il y avait eu la charrette de ravitaillement pour la taverne de Kékidi, celle de foin pour les écurie, quelque autre convois ou passage de frères ou sœurs allant se promener. Rien de bien extraordinaire donc. Rein de bien exaltant… Là été le quotidien du garde de la forteresse de Ryes.
Cela été sans compter sur le petit convoi qui arrivait maintenant.
Psycho le vit gravir le chemin menant au poste de garde. Il descendit alors des remparts pour le corridor. La cavalière n'était plus qu'à quelques mètres quand elle stoppa son destrier. Il s'approcha, mais alors qu'il allait demander à qui il avait à faire la cavalière glissa de sa monture. Bien que chuter devait être le mots le plus exact… si cela n'avait pas été fait avec tant de grâce.


Il la reconnu alors, et elle demandait le Grand Maistre… plus aucun doute sur son identité.

L'écuyer Flamand s'avança humblement.


Dame, Comtesse... Le Grand Maistre n'est point en la forteresse. Toutes mes excuses… Puis-je...

Un chuchotement… Avait-il entendu le nom de l'une de ses sœurs?...
La dame semblait troublée… tourmenté… blessée peut-être?

Un coup d'œil jeté vers un homme d'arme, celui-ci comprend et s'avance… Psycho lui chuchote d'aller chercher Cerridween. L'homme d'arme ne tarde pas… d'un pas leste il s'en va et disparaît derrière un mur.
liagan
Liagan était sur les murailles, aux corridors. Il regardait au loin, vers l' ouest, là où était présent cette masse ble uu'est l'Océan. Il avait aimé ce cours avec Zalina, où il avait pu se baigner pour une course de relaie. Un bon souvenir, surtout que la matiéne avait été marqué par un cours équestre, chose que Liagan appréciait.
Il posa ses ains sur les crénaux de la muraille, et sourait à repenser à ce bon souvenir. Le vent ondulait les cheveux de Liagan, qui volait au grés du vent.
Puis, il fut interromput dans ses pensées quand il entendit un brut de métal, un homme en armure ou autre qui semblait courire. Ce fut un Homme d'Arme, et Liagan s'adressa à lui:


_Que se passe t-il frère? Pourquoi tant de hate?

Liagan était inquiet, et le frère lui annonça qu'il devait allé chercher Cerridween, l'errante aux mèches de cheveux flamboyantes.
Liagan le remercie, et aussitot, il dévala les escaliers en colimaçon, et arriva dans le corridor. Il sortit sa branc et courra vers la herse. Là, il vit Psycho, devant un individu, qui avait l'air en piteuse état. Liagan doubla son sprint, tant bien que mal avec le poids de l'armure sur son dos, bien que celle-ci soit légère. Il courait, et à chaque pas, les silhouettes s'agrandissaient. Une fois Liagan arriva, il fut essouflé, et épée en mains tendut vers l'individue, et le quetionna:


_Qui estes vous? Veuillez déclinez vostre identité, et titres si vous en possédez. Attention, si vous etses ici pour brigander ou autres, rebroussez chemin, ou nous attaquerons!
Tout va bien frère? Qu désirez cette personne?
Celle-ci me parait bizarre peut estre est-ce uen feinte pour nous tuer? Une femme assassine, ça peut exister je pense, soyons prudent, et pourquoi as tu été quérir Cerridween? Un soucis mon frère?


Liagan tendait son oreille droite, tandis qu'il fixait la jeune femme, qui semblait estre fatigé et mal en point, mais avant que Psycho ou Cerridween la fasse entrer, il fallait estre sur ses gards, car peut estre qu'elle ne retrerait point du tout...
Les prochaines minutes nous le dirons.

_________________
Champenois
Foi de Chrétien envers sa majesté le Pape
Ex-Lieutenant Mainois
Médaillé de l'ordre du mérite Mainois
Escuyer de l'Ordre de la Licorne
Responsable Quart Nord-Est.
Daresha de Jeneffe
Le poing serré contre sa poitrine, elle cherche a étouffé la douleur qui s’envenime à chaque respiration, douleur physique mêlée à la douleur morale, assemblage arrosé par une pluie de pleurs incessants courant sur le visage blafard de la Rose. Effondrée, perdue, égarée dans un monde qu’elle ne comprend pas. Tout allait si bien même s’il avait fallu du temps pour que vienne l’avènement de ce bien tant souhaité. Ils avaient fini par s’aimer en toute liberté, mariage avait été célébré et héritière donnée. Tout allait si bien. Trop bien d’ailleurs, comme c’est souvent le cas. Le chaos et le brouillard de la souffrance rôdent toujours comme des chiens affamés ; ils attendent, tapis dans l’ombre que le moment vienne à tourner en leur faveur pour satisfaire leur appétit sans fin. Mais non, non. Tout va très bien ! Tout ira très bien jusqu’à la fin des temps !
Elle brule de colère l’impériale fleur ; elle brule parce qu’elle n’a pas envie de croire à ces mots couchés sur un vélin détrempé par ses pleurs. Elle lui faisait confiance pourtant ; ne lui avait elle pas demandé d’être marraine de son enfant ? La Peste ne devait elle pas être la marraine de la petite Lionne flamande ? Elle le sera bien sur. Mais… Elle lui la reconnaissait comme sa fille de cœur et qu’elle ne lui avait jamais dit ; comment avait elle pu… ? Mensonge ! Elle ment. Mais pourquoi ? Pourquoi ?
D’après toi… ? Dois-je te remémorer certaines rumeurs sans doute pas si insensées que cela ?
Tais toi.. Tais toi…
La vérité est une chose terriblement dure à entendre… Mais c’est tellement jouissif de voir la souffrance que cela peut entrainer… Belle Rose , comme je ne regrette pas d’être devenu ton binôme mental. J’avais peur, je te l’avoue. Mais finalement…
Tais toi… Tais toi !

[i]La tête baissée, le regard embrumé perdu sur les pavés salis, elle reste sans broncher à la réaction des hommes d’armes. Elle ne les a même pas vu ; alors les entendre… Non elle est dans ses pensées, dans son univers, dans sa quête de la vérité, dans son tête à tête avec cette autre que personne ne peut entendre ni voir, et qui est elle ; un autre elle, complètement dématérialisé, né de ses turbulentes premières noces. Comment en aurait pu t il être autrement pour qui connaissait le Destructeur dont elle a porté le fils et qui viendra bien assez tôt animer Ryes à sa façon ? Mais c’est une autre histoire, qui vous sera contée par un ange fabuleux en temps et en heures voulus.
La Foëne avait fui lorsqu’elle s’était perdue dans un autre rang de folie : converser avec les morts venus de l’Autre Monde. Elle y avait tant cru car tout paraissait si réel. Cet étrange assemblage de cellules diverses peut être un excellent instrument de tortures, tant ses qualités sont innombrables ; les illusions en sont une. Puis il y eu Lui : enfin. Après tant d’obstacles durement franchi. Il y eu Lui qui…Lui qui devrait être là parce qu’il ne peut en être autrement !


Guillaume !
Guillaume !

Ultime cri qui perce l’air frais d’un jour brumeux, et les tympans environnants. Cri du cœur, cri d’une épouse meurtrie qui ne fait que réclamer son époux tant aimé. Qui pourrait lui en vouloir ?
Guillaume… Guillaume…
Balbutiement tremblotants et répétitifs qui franchissent le seuil de ses lèvres rosées alors qu’elle redresse sa tête en direction de l’opportun qui vient de s’approcher. Elle le regarde, le fixe, le dévisage, cherchant à discerner au milieu de la bruine qui se déverse les traits de son visage ; d’un visage connu qui sait ?

Qui je suis… Qui je suis… Murmure t elle à sa suite alors que gronde la colère à l’instant même ou elle se redresse tant bien que mal sur ses jambes. Un bras, surgi de nulle part la soutient, lui fait perdre le fil de ses pensées, si tant est qu’elle l’est jamais attrapé ce fil invisible. Qui… répète t elle, en regardant cette fois l’homme à la peau sombre ; déjà croisé mais ou ? Mais qu’importe ; elle ne se donne même pas la peine de chercher. Qui… A-t-il osé lui demandé ? A-t-elle seulement entendu l’affront qu’il lui fait ? Si tant est que cela puisse être qualifié d’affront ; mais elle n’en a aucune conscience. Elle est épouse du Grand Maistre de ces lieux ; elle porte son nom et la bague qu’il lui a passé au doigt ; cela suffit. Mais un nom n’est pas un élément concret, tout comme un simple morceau d’or. Mais elle est ailleurs.

Qui ? se met elle a crier en tout s’appuyant sur le bras du garde venu d’un horizon bien lointain. Allez cherchez mon époux tout de suite ! J’ai dit tout de suite ! Vous voulez savoir qui je suis ? Demandez donc à votre Grand Maistre ! Tout de suite ! Tout de suite!
Grande est la tempete comtale qui s'annonce. Ses émeraudes pures figées sur le licorneux, elle ne le quitte pas des yeux, le toisant de toute
cette colère qui n'a cessé de gronder en elle, attisée par sa souffrance. Amère gout de la bile qui remonte au fond de sa gorge; sa tete lui tourne, la nausée lui vient. Et il fait chaud d'un seul coup, si chaud. Et paradoxalement, son âme a si froid. Elle défaille et se rattrape, serrant sa main sur le bras qui ne l'a pas quitté, comme elle se rattrape à un espoir bien futile avant de tomber de haut lorsque...
Invité
Psycho ne savait plus où se mettre, Liagan venait de faire une entrée tonitruante et osait demander à la femme du Grand Maistre qui elle était… et en plus de cela il se permettait de la menacer.
Psycho eu envi de lui donner un bon coup afin de le remettre à sa place, mais il pouvait détourner son attention de la Dame qui semblait à chaque instant plus tourmentée. Un simple regard noir vers le farouche, et un grincement de dent d'où sort un simple:


Tais-toi Liagan, c'est la Femme du Grand Maistre.

Puis il se tourne de nouveau vers la femme.

Mais Comtesse, puisse que je vous dis que le Grand Maistre n'est pas à Ryes en ce moment. Puis-je vous faire appeler quelqu'un d'autre?

Il se demandait ce que pouvait bien faire cet homme d'arme qu'il avait envoyé… Mais à sa décharge il est vrai que Ryes était immense.
Cependant, plus tôt il aurait du renfort, mieux ce serait.


Voulez vous que l'on vous prépare une chambre en attendant que l'on fasse partir un messager pour les Flandres?

Psycho ne savait que dire ou faire… les voyageurs, visiteurs et brigands, il savait y faire… mais les femmes de Grand Maistre… là il était perdu…
liagan
Liagan était toujours penché vers Psyho sans toutefois lacher so nregard envers la femme qui semblait bizarre ce fut le cas. Elle sanglotait, elle semblait absente, son esprit l'était à en croire son regard. Elle semblait sourde aux paroles de Liagan, qui commençait à s'inquiéter. D'ordinaire, il fait le farouche on lu itend une missive et hop, c'est bon, ou alors, il boutte les bandits et autres mécréants. Mais là, ce fut différent. La jeune femme était différente, elle ne réagissait point comme les autres. Et Liagan, de sa faible expérience, commençait à appréhender. Heureusement Psycho plus agé et aguerri était là. Mais Liag devait aussi trouver une issue en cas de secours. Mais Liag interrompit sa discution avec Psycho quand la jeune femme le fixa et e mit à crier,plusieurs fois le nom du Grnd Maistre:

Guillaume !
Guillaume !


_Houla calmez vous dame, cessez de crier le nom de nostre Grand Maistre, un peu de respect vain Dieu!!!!

Cependant celle-ci répondit à la question que Liagan lui avait poser à savoir quel était son nom. Enfin elle répondit d'une façon implicite ou du moins d'une manière que l'on peut qualifer de flou.

_Qui ?Allez cherchez mon époux tout de suite ! J’ai dit tout de suite ! Vous voulez savoir qui je suis ? Demandez donc à votre Grand Maistre ! Tout de suite ! Tout de suite!

Liagan serra les dents, et serra sa main drotie sur le pommeau de sa branc. Qui était-ce pour parler ainsi. Liagan observa que ce n'était point une soeur, donc point une Licorne et elle le commanda, alors qu'il était à la maison mère qu'est Ryes? Alors que Liagan se rapprochait de celle-ci, il se stoppa netement. Elle se murmurait des paroles à elle mesme:

Qui je suis… Qui je suis…

Liagan se recula d'une fçon vif avant de s'exclamer envers Psycho, le regard horrifié parce qu'il venait de constater:

_Une hérétique!! Cette dame est possédé!!!! Protégez nous Seigneur tout puissant!
Frère, le Malin est à nostre portes!! Qu'allons nous faire??! Y'a t-il un prestre dans Ryes??! Comment se débarrassez du malin??!!! Seigneur Aristote aidez! Ne nous laissez point devant l'adversité, pitié mon Seigneurs!
Frère, ne t'approche point, le diable la possède, tu risquerais de bruler en enfer par ses pouvoirs, qu'allons nosu faire??!!! QU'ALLONS NOUS FAIRE!!!!!


Liagan regarda la dame d'un regard effrayer, et fait son signe de croix. Il n'avait point entendu la phrase de Psycho à savoir que la dame était une Comtesse et surtout, la feme du Grand Maistre que Liagan servait. Il tremblait de partout et lèva sa branc vers la jeune femme possédé aux yeux de Liagan. Il la fixait, tout comme elle le fixait. Pour la première fois, Liagan ressentit cette désagréable sensation de peur intense. Pour ce fidèle servant d'Aristote, sa grande peur était là. Il avait le malin devant lui, derrière une herse dont pour ce bigre il était aisé de fanchir. Plusieurs gouttes de sang coulèrent sur le front de Liagan et continuèrent le long de ses tempes, aux joues et tombèrent par terre. Il avait du mal à tenir sa branc pour que celle-ci reste en mains, mais il ne pouvvait empécher ses tremblements de peur intense. De secondes en secondes, sa peur s'accentuait, et il s'imagina mesme voir le malin à l'intèrieur du corps de la femme, à la place de son ame. Il n'était point exorciste, il ne savait qu'elle était la bonne chose à faire envers un possédé. Il était tétaniser et plus aucuns muscles ne répondaient, restait à Psycho d'agir...

_________________
Champenois
Foi de Chrétien envers sa majesté le Pape
Ex-Lieutenant Mainois
Médaillé de l'ordre du mérite Mainois
Escuyer de l'Ordre de la Licorne
Responsable Quart Nord-Est.
Invité
Sacrebleu! Voilà que Liagan perdait la tête à présent.
Il était vrai que le dame ne semblait pas en pleine forme, pour ne pas dire complètement déboussolée… mais de là à dire qu'elle avait la bête sans nom en elle il y allait un peu fort.

Surprit Psycho voulut raisonner l'homme d'arme, mais quand il s'approcha pour le contenir il vit du sang couler de ses tempes.

Reprenez-vous Liagan! Vous perdez la tête.
Mais Liagan s'affolait de plus en plus, il semblait même avoir des hallucinations. Psycho ne vit qu'un seul moyen de régler le problème… Il n'aimait pas cela mais il le fallait.
Liagan, je vous demande pardon!
Puis il élança son genou en direction du ventre de Liagan afin de lui couper le souffle et de le faire basculer en avant. Une foi l'homme d'arme au sol il lui donnerait un coup derrière la tête en vu de l'assommer.
Cerridween
La rouquine se mord la lèvre et pousse un soupir…

Pardieu, ils lui sortent par le nez ces traités. A force de les lire, relire, décortiquer… le doigt noir d’encre à force de prendre des notes… mais elle a promis, elle a promis, donc elle fera. Voilà ce que c’était que de vouloir servir à tout prix. Encore du travail… encore des pages noircies… encore deux traités à lire alors que déjà celui là lui donnait du fil à retordre. Pas qu’elle ne connaisse pas le sujet la rouquine. Mais il y a une grande différence entre pratique et théorie. Et une grande différence encore entre théorie et pédagogie.

Attablée au bureau de sa chambre, la tête pleine de questions sur la mise en place, sur les questions éventuelles, sur les choses à ne surtout pas oublier, sur les pas, les attitudes, la rouquine dans sa bulle en a oublié le lieu où elle était. Bulle si tranquille et sérieuse qu’elle frôle la crise cardiaque lorsque l’huis de sa chambre s’abat avec fracas contre le mur. Sa plume ripe sur le parchemin et trace une cicatrice noire qui barde les notes recopiées avec attention. Un homme d’arme affolé, se présente, le souffle court. Regard verdâtre de courroux secondé par un juron :


- Pardieu ! Mais c’est une façon de rentrer ?!
- Pardon, Errante, mais c’est que l’affaire est… délicate !
- Il y a plutôt intérêt pour justifier une pareille entrée !

La rousse regarde l’homme qui semble assez perdu… visiblement oui, c’est grave.

- Aller accouchez, bon sang !
- C’est une dame à l’entrée. Elle demande le Grand Maistre mais malgré le fait qu’on lui dise qu’il était absent, elle ne bouge pas.
- Une dame ? Son nom ?
- Je ne sais… une dame brune… petite…. Ah oui une comtesse d’après ce que j’ai entendu. Elle a des propos incompréhensibles… Accompagnée d’un homme avec des armes avec une rose… et elle hurle le prénom du grand Maistre devant la herse… on la dirait folle, pardonnez… elle a prononcé votre nom, l’écuyer Psycho m’a demandé de venir vous chercher, je n’en sais pas plus.

Daresha de Riddermark ? Ici ?
La rousse se lève précipitamment. Pourquoi ici ? Tout le monde sait que Guillaume est parti en flandres. Pourquoi ici ? Et pourquoi dans cet état ? Guillaume… un instant le passé du Grand Maistre coureur de jupon refait surface. Les mises en garde de Raphaël… Mais pourquoi ici ? Cela ne tenait pas la route… elle n’était pas femme a étalé ce genre de chose. Ou la rouquine avait eu une impression bien trompeuse.

L’Errante arrête d'un geste de la main ses élucubrations intérieure et jette sur ses épaules son mantel licorne. Miséricorde vient ceindre sa taille, bien au chaud dans sa gangue de cuir.


Demande à ce qu’on prépare la chambre du grand Maistre. Demande à Kékidi qu’il prépare une collation… et rejoins moi à la herse.

L’homme d’arme s’efface après un salut sans demander son reste. La rouquine se précipite dans les escaliers, direction l’entrée. A son arrivée quelle scène. La première chose qu’elle perçoit son les cris de Liagan. Une litanie digne des plus grand prédicateur qui s’élève avec des trémolos non contenu.
La deuxième c’est elle. Oui c’est bien elle. La comtesse Daresha. Mais comtesse devant elle, elle n’est plus. Elle ne voit là que la femme, une femme, le visage hagard, les traits tirés, le regard à la fois perdu et destructeur, une femme en colère, d’une colère noir, profonde, aigue à en percer les yeux de la rouquine.

Le temps qu’elle se rapproche au pas de course et Psycho vient d’envoyer un coup de genou vigoureux dans le ventre de Liagan qui défaille. Pardieu, mais pardieu que ce passe-t-il ? Quel démon les a piqué à tous !


LA PAIX ICELIEU !

Sa voix a tonné, sortant seule. Elle regarde l'homme d'arme et l'écuyer et susurre en passant près d’eux avant de se porter à hauteur de la comtesse.

Il va falloir m’expliquer ce remue ménage. Et surtout ces cris Liagan. De la tenue messieurs, vous êtes en présence d’une dame !

Elle s’avance vers la comtesse et s’incline.

Ma dame… le bon jour. Vous m’avez mander m’a-t-on dit.


Elle lève ses yeux vers les deux émeraudes qui n’ont pas perdu la vigueur de l’ire qui l’habite.


Vous êtes bien pâle… Ne voudriez vous pas m’exposer le motif de votre venue à l’intérieur à l’abri du vent ?

_________________
Cerridween de Vergy
"Pourquoi faire simple, quand on peut faire chier le monde" (Cerrid by Bralic)

liagan
Liagan était toujours effrayer par la femme qu'il pensait possédée. Il ne prenait point garde aux menaces de Psycho. Il était totalement hors de control. Il tenait toujours son épée qui tremblait due à la peur de Liagan, mais celui-ci finit par la lacher. La lame tomba au sol sur les pavés, rebondissant légèrement, et une fosi qu'elle retomba encore, elle refit un autre bruit, mais moins fort cependant. Liag avait du sang qui coulait de ses tampes. Il tremblait de partout et sasn s'en aperçevoir, Psycho lui donna un violent coup de genoux au sternum, lui coupant la respiration. La cotte de maille l'avait que légèrement protéger, mais ce ne fut point assez. Le coup de Psycho fut puissant et, Liagan cracha, mélanger à son horrification et du coup de Psycho, du sang sur le pavé et toussa et à nouveau du sang s'écrasa sur le pavé. Sa vision se brouillait, et il tomba à genoux, puis sur le costé. Il n'entendait plus rien, pas mesme Ceridween qui arrivait. Il voyait une cheveleur de feu et se douta que ce fusse elle.
Une fois au sol, sur son fanc droit, Liagan commença à estre remplit de spasme, tant la peur était présente. Il n'arrivait point à se controler, la fobie e Liagan envers le malin était immense, comme pour chaque fervant d'Aristote. La pire chose qui puisse arriver. Il essailla tant bien que mal, et vit l'errante s'adresser à la femme qu'il avait du mal à voir. Il rassembla ses forces, et s'exprima:


_Non.... pas Cerridw.... pas Cerridwe... pas Psy.... Psych....Psyc...Crache une nouvelle fois du sang en toussantPsychoo....

Liagan eut beaucoup de mal à finir cette phrase, il s'imagnsait Psycho et l'errante possédé également. Il essailla de lutter, mais ses spasmes revinrent, et il trembla de novueaux. Il s'imagina sentir les bras du malin l'emenant en enfer, et celà intensifia ses tremblements. Il ne pouvait se raisonner lui mesme, quand aux autres, ils pourraient, si ils le convaiqueraient que cette jeune femme, Comtesse et femme du Grand Maistre n'était point possédé, mais juste fatigué et désireux de revoir son amant, chose que Liagan aurait du remarquer.
La tache s'avérrait donc difficile, et Liagan ne se souciait point de la sentence qui l'attendait...

_________________
Champenois
Foi de Chrétien envers sa majesté le Pape
Ex-Lieutenant Mainois
Médaillé de l'ordre du mérite Mainois
Escuyer de l'Ordre de la Licorne
Responsable Quart Nord-Est.
Invité
L'homme d'arme s'écroulait à terre dans des spasmes de douleur ou d'horreur, Psycho ne savait le dire. Il espérait simplement ne pas avoir frappé trop fort et ne pas l'avoir blessé. Mais il devait agir, et vite, sans quoi Liagan serait devenu incontrôlable, et aurait agit d'une tel façon qu'il l'aurait regretté toute sa vie.
Psycho prit Liagan sous le bras et l'emmena dans la salle de garde afin de l'allonger. Il le ferait conduire à l'infirmerie sitôt que le poste de garde serait de nouveau libéré.

Il chuchota à l'intention de son frère allongé.


Encore pardon mon frère, mais tu me remercieras peut être plus tard de t'avoir empêché de mal agir, tu es en plein délire. Tu me comprendras sitôt que tu seras revenu à la raison.

Psycho s'en voulait d'avoir eu recourt à de telles extrémité, mais il avait agit dans l'urgence, et il jugea que là été un moindre mal. Il n'aurait supporté que l'on face du mal à la femme du Grand Maistre. Il n'aurait pas supporté qu'un de ses frères se face mal lors d'une crise de panic.

Quand Psycho fut de retour dans le corridor il se mit non loin de Cerridween afin qu'elle puisse disposer de lui en cas de besoin. Il se concentra de nouveau sur la femme, la comtesse qui, d'après Psycho, ne semblait même pas s'être rendu compte de ce qui venait de se passer.
Daresha de Jeneffe
Elle monte la pression, elle monte, tout comme l’angoisse qui vient gainer son cœur palpitant à une allure irraisonnée. Elle sent son sang glisser à travers ses veines, à travers ses artères, se faufilant là où il doit comme il le fait depuis des siècles et des siècles, depuis que l’homme, plaie du monde, a fait de cette terre son royaume. Le liquide vital afflue à son cœur, emmenant avec lui une lourde impression d’explosion : supportera-t-il la pression ? Pour le moment, il résiste mais pour la suite, il faudra inévitablement attendre. Le sang tape dans ses tempes, entraînant avec lui une grande migraine qui lui fait perdre le peu de pieds qu’elle tenait déjà. Pour un peu, elle se croirait sur un bateau en pleine mer agitée. Et elle n’a jamais mis les pieds sur un bateau de sa vie.

Ils ne comprennent pas et cela ne fait que l’angoisser un peu plus. L’homme d’armes s’énerve mais elle ne le voit pas. Seul le flux de ses mauvais sentiments se propage à la Rose dont le regard est voilé d’un voile sombre. Plus qu’un pas, un seul, et elle sera dans les abîmes profonds de la douleur ; alors qu’une partie d’elle-même la pousse, une autre la retient par un mince fil d’espoir qui menace de lâcher à tout moment. Il est étrange comme on peut se sentir seul, même en présence d’autres individus de sa race.


Guillaume… Guillaume… Elle balbutie, elle l’appelle encore : sait-on jamais, ce peut être un mauvais rêve. Elle a tout simplement mal dormi, et quand elle ouvrira les yeux, il sera là, étendu à ses côtés, ses bras virils et aimants passés autours d’elle pour la rassurer. Oui, c’est cela ce n’est qu’un mauvais rêve. Et pourtant, tu sais que ça ne l’est pas…

Vous êtes bien pâle… Ne voudriez vous pas m’exposer le motif de votre venue à l’intérieur à l’abri du vent ?

Cette voix, cette voix elle la connaît ; où et quand ? Voilà qu’elle a perdu tout sens de l’orientation et tout sens de la vision. Elle est tel un homme à moitié aveugle et sourd abandonné en plein milieu d’une place grouillante d’une foule. Elle sent cette présence, elle l’entend mais n’arrive pas à s’y accrocher pour sortir de son état de semi aphasie. Son esprit reste accroché à une seule chose, à une seule pensée : Lui. Lui qui ne l’a jamais quittée même quand il guerroyait au loin ; lui qui a pris possession de son cœur et de son âme même lorsque le Commandeur Destructeur était encore en vie.

Guillaume… Guillaume… parti… disparu…elle tombe en direction de la jeune licorne, sa tête venant inévitablement se poser contre l’épaule de cette dernière. Elle cherche un appui, un support ; elle cherche une réponse à cette question qui la taraude : rêve ou réalité ? Abandon ou disparition ? Réalité d’un abandon qui plane sur elle.
Dites moi… ou… il… est…ou…. Il est…. Guillaume… Guillaume…
Stannis
Déambulant paresseusement sur les remparts, sans grand but, Stannis avait néanmoins l'impression de faire honneur à son rang en au moins un regard: il errait. Errait tant de corps, à flâner comme il le faisait sur le chemin de ronde aux dalles lissées par des années de veille; que d'esprit, ses pensées profitant de sa torpeur digestive pour revenir vagabonder sous les poutres de la cuisine de Kékidi, humant de nouveau le parfum qui se dégageait de l'arboulastre qui y avait mijoté peu auparavant, et qui désormais reposait bienheureusement dans l'estomac du Comte, à tout le moins pour une bonne part du large plat.

L'arboulastre... Plat fort simple, certes, mais qui n'en était pas moins fort efficace dans l'art subtil de la cuisine, la flatterie non seulement du palais comme les médiocres marmitons le croient trop souvent, mais de tous les sens. De la vue, déjà... Cet or veiné de sinople, blasonnement élégant qui clamait haut et fort le soin apporté à sa confection, qui à lui seul déjà faisait monter l'eau à la bouche de l'averti gourmet. De l'ouïe aussi, de façon peut-être un peu plus surprenante, pour certains esprits obtus... Quoi de plus agréable en effet pour se mettre en appétit que d'écouter le crépitement délicat du mets sur le feu? Si le contentement de l'odorat était d’une telle évidence qu’il ne valait même pas la peine de s’y attarder, la mémoire suffisant à ramener en l’appendice les sublimes senteurs, restait enfin à ne pas négliger le toucher. Stimulé indirectement, certes, mais sentir sous son couvert le mets qui cédait lentement, comme dans un froissement de tissu, n'était-ce pas là le plus subtil des plaisirs de la table?
Et le goût, enfin, qui s’éveillait quand la portion découpée quittait le couvert pour glisser contre la langue, puis venait doucement se porter contre le voile du palais, lequel s’écartait alors pour lui livrer passage jusque dans le creux de l’abdomen, d’où elle diffusait sans discontinuer sa douce chaleur tout le temps de la digestion, alors même que les papilles défaillaient progressivement, incapable qu’elles étaient de rendre justice aux délicates saveur des herbes mêlées avec talent aux oeufs minutieusement choisis par le cuisinier... Si décidément les Dieux antiques se régalaient d’autres mets que le Nectar et L’Ambroisie, assurément, l’Arboulastre devait occuper parmi ceux-ci une place de choix.

Bref, en cet instant, la vie était fort simple et agréable pour le Comte de Ségur. Mais soudain, dans le calme de la campagne Normande qui environnait la forteresse, s’éleva un concert de cris, d’origine probablement humaine, conclut après un temps de réflexion le cerveau encore baigné d’agréables souvenirs de son repas, et dont il ne s’extirpa qu’à grand regret. D’origine humaine, donc ; ce qui signifiait probablement qu’ils venaient de la porte, c’est là où l’on était le plus susceptibles d’avoir à crier... Voyons, Kékidi était dans les murs, il avait de bonnes raisons de le savoir : ce ne devait donc pas être lui qui revenait avec sa charrette de provisions, ou alors il battait tous les records de rapidité à faire le trajet aller-retour. Partagé donc entre les éventualités de l’incendie du poste de garde – mais on aurait sans doute vu de la fumée, non ? – et de l’invasion Bretonne – mais où étaient les hordes barbares, en ce cas ? – l’Errant se rendit au pas de course, dans la mesure où son ventre plus que plein le lui permettait, la main portée sur la garde de son arme si d’aventure l’emploi s’en avérait utile.

Ce qui, le lecteur averti l’aura compris, ne fut pas nécessaire, puisque le seul combat présent semblait être celui que l’homme d’armes Liagan livrait avec lui-même. Et, si l’épée était une fin définitive à ce genre de tourments, elle n’en était pas moins contre-indiquée dans ce cas précis, lui avait-on appris, ce qui l’amena à regarder plus largement le contexte, et à se rendre compte de la présence guère normale de deux femmes, de part et d’autre de la porte : l’une d’elle était la rouquine, Cerridween, qui devait avoir été elle aussi attirée par les cris, pensa-t-il ; l’autre, juchée sur un cheval d’ébène devant le vide laissé par le pont basculant, était quelque peu familière à la vue de Stannis, mais il ne parvenait pas à associer de nom à son visage en l’observant, et restait hésitant à cet égard, quand soudain la lumière se fit à l’entente des ânonnements de la dame, qui appelait un « Guillaume ». Ce devait être la Riddermark que leur Grand Maître avait épousée, probablement... Que demandait-elle donc ? Il ne parvenait pas à discerner les mots hormis le prénom qu’elle répétait, mais se rendait bien compte de sa pâleur, même du haut de son perchoir. Quelle pouvait donc être la cause de cet affolement, de cette démence presque, qui semblait la frapper ? Il n’en savait rien, mais, curieux évidemment d’apprendre ce qui aurait pu advenir au sujet du Grand Maître tout autant que soucieux de rester disponible si la dame avait un souci et devait être assistée dans les délais les plus brefs, resta là où il s’était arrêté, en surplomb du chemin d’accès, accoudé entre deux merlons, observant la dame à côté de sa monture, et ce demandant ce qu’elle était venue chercher, ou apporter, en leur forteresse encornée. Puis, après de longs instants, il se retourna vers les hommes de garde, leur adressant une simple question:


Peut-être pourriez-vous m'éclairer quelque peu sur ce qui se passe ici, l'un ou l'autre?

_________________
Cerridween
La rousse est désemparée.
Elle est contre elle la Rose.
Coupée, détruite, effeuillée.
L’Errante referme ses bras sur la Comtesse…


Dites moi… ou… il… est…ou…. Il est…. Guillaume…


Elle reste interdite, les bras refermés sur le corps perdu de Daresha qui a trouvé refuge. Elle n’a vu que ses yeux. Un regard maintenant ailleurs, hagard… on la dirait folle, droguée. Elle la prend au dépourvu, la guerrière qui depuis longtemps n’a pas fait preuve de sentiment.
Disparu… Guillaume…
Dans sa tête s’évapore les premières supputations, les jupes retroussées, la colère comtale…
Disparu… Guillaume…
Pardieu ! Ce n’est aucunement possible… ce n’est aucunement pensable… c’est une Licorne. Et pas des moindres. C’est le Grand Maistre. C’est la Licorne d’or, leur guide, leur tête.
Pas une lettre pourtant, pas une lettre d’alarme. Pas une lettre de rançon. Pas une lettre d’annonce. Rien. La tempête arrive avec une Rose défaite, en déroute, la nouvelle tombe par un visage détruit par la douleur, la crainte, l’attente.
Disparu… Guillaume…

La rousse lentement caresse les cheveux noirs de la comtesse. Comme elle le faisait les soirs de cauchemars d’une petite brune qui était sa fille et si loin.

Ma Dame…

Un regard de côté. Stannis est arrivé…

Ma Dame… je ne sais vous répondre… Disparu…

Elle répète le mot sans vouloir se convaincre.

Aucune nouvelle n’est arrivée en ce sens à Ryes, ma dame. Les dernières concernant votre mari était son départ pour les Flandres.


Elle garde la Rose dans ses bras, ayant peur qu’elle ne tombe. Elle semble si fragile, si usée… il fallait la protéger des aléas, au plus vite. Qu’elle se restaure. Qu’elle reprenne des forces. Qu’elle puisse dire ce qu’elle sait. La rousse quant à elle devait aller rapidement trouver Totox ou un commandeur. Ou bien une missive à dépêcher au plus vite en Franche Comté où elle sait se trouver le Capitaine. Mais il faut agir… car si la disparition est avérée.

Elle frissonne…


Ma dame, il ne faut pas rester là. Il vous faut rentrer, manger quelque chose, vous réchauffer. Je vais entreprendre tout ce qui est en mon possible pour vous et le Grand Maistre.

Stannis !


La rousse détache délicatement la Comtesse pendant que le Poitevin avance.


Je vous laisse aux bons soins de Stannis, un Errant comme moi, homme d’honneur. J’ai toute foi en lui. Il vous conduira dans un appartement et veillera à toutes vos demandes. Quant à moi, je cours informer le Haut Conseil de ce que vous m’annoncer…

_________________
Cerridween de Vergy
"Pourquoi faire simple, quand on peut faire chier le monde" (Cerrid by Bralic)

Daresha de Jeneffe
Et coulent les larmes en une cascade silencieuse sur le visage devenu blême de la Rose. Son inconscient a compris l’inévitable réalité, la pesante et douloureuse vérité qui ne trouvera aucune issue sinon la souffrance et l’interminable attente de la mort ; elle qui arrive toujours trop tôt lorsqu’on ne l’attend pas, arrive bien tard lorsqu’on l’attend. Elle est la pire des maîtresses, indomptable, indomptable, insoumise et exigeante : ce qu’elle veut elle prend, sans demander son reste. Et elle se joue de ces pauvres êtres humains qui n’en mènent jamais bien large devant elle. Et elle se jouera de cette Rose aux pétales qui d’un seul coup du destin, se sont fanés et refermés.

La gorge nouée, elle regarde la Rousse sans pouvoir lui répondre. Elle reste à l’observer de longues secondes, ses émeraudes parcourant chacun des traits de la jeune fille qui lui fait désormais front tout en la soutenant d’une chute. Elle l’examine, tente de comprendre la signification de ses lèvres qui s’agitent et dont le son ne lui arrive pas aux oreilles ; sans doute ne le veut elle pas parce qu’elle ne saurait quoi lui répondre et qu’il n’y a d’ailleurs rien à répondre. Et l’idée du mensonge revient à nouveau planer sur la Comtesse. Elle ment elle aussi, comme sa sœur. Elle ment, elle le sent. Son regard se plisse, scrutant un peu plus pour chercher la part de vérité et de mensonge qu’elle n’arrive pas à cerner.


Non…
Non...


D’un pas rapide et maladroit elle recule sèchement, marquant une volonté de s’éloigner de celle qui s’adonne au mensonge.

Non…
Non…


Son regard se noircit, se teinte de colère alors qu’en elle se met à brûler cette haine contre l’humanité qui s’acharne contre elle et son bonheur.

NON !
Sa voix gronde, tel le tonnerre déchirant le silence dans lequel elle s’était murée après ses vains appels. Elle ment, la Rousse. Elle sait, comme chacun d’ici où se trouve leur Grand Maistre. Belles et maudites licornes qui protègent leur Maistre même dans l’interdit. Elles savent forcément.

NOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!
Ses yeux embrumés du voile troublé des larmes qui n’ont cessé de s’acheminer le long de ses joues, se mettent à aller de la Rousse à l’Errant qui s’est approché. Lente est d’abord la traversées de l’une à l’autre des licornes ; puis l’observation s’accélère ; elle ne veut louper aucun détail de leur entente sordide. Ils sont de mèches, ils savent et ils ne réussiront pas à la tromper. Parce que elle sait. Elle sait qu’ils mentent. Et c’est tout ce qui lui importe. On ne la trompera pas.

DITES MOI OU EST MON MARI !
DITES LE MOI TOUT DE SUITE

Se met elle à crier à faire résonner de son appel les murs solides de la forteresse, cette vieille bâtisse de pierre qui se fout royalement de ce qui se déroule en son sein. Elle en a déjà vu, elle en verra d’autre. Le temps aura beau passer, les hommes avec lui, elle sera toujours là, debout comme un vestige auquel on accorde l’importance qu’on voudra bien lui apporter, si la nature ne décide pas de l’anéantir par quelque tour de sa spécialité.

Elle tremble et resserre ses bras contre elle, sa dextre tenant le papier reçu de la demoiselle de Haisne. Il fait froid ; elle a froid. Il lui faut ses bras qui sont seuls capables de la réchauffer.

ALLEZ CHERCHER MON MARI !
ET ARRETEZ DE MENTIR ! JE SAIS QU IL EST ICI !

Je le sais…
Je le sais…
Je le sais…

Et la dame de s’éffondrer à nouveau en pleurs.
Stannis
Les gardes s’avèrent incapables de lui apporter une réponse… Ils semblent figés comme lui devant le spectacle des nerfs de la Comtesse qui lâchent, perdue dans les bras de la rouquine. Quelques instants passent, sans qu’il parvienne à tirer un vrai sens des paroles qui lui parviennent. Elle veut savoir où est Guillaume. Qui est parti… Probablement vers les Flandres, d’ailleurs, non ? Mais qu’avait-il bien pu se passer ? Et pourquoi ?

Il ne le savait pas encore, mais il se répèterait longtemps cette dernière question dans les jours à venir.

Mais l’heure n’était pas encore aux questions : pour l’heure, ils avaient une Comtesse au bord de l’hystérie. Et probablement même du mauvais côté de ce bord, s’il devait en croire ce que ses yeux lui montraient en ce moment même… Et Cerridween qui essaie de prendre les choses en main, de la calmer. Sans grand succès, semble-t-il…

Elle se tourne alors vers lui, la rouquine. Et l’appelle. Lui confie la Comtesse en larmes, alors qu’elle part informer le Haut Conseil. Comtesse qui alors repart dans une nouvelle crise, énonçant, puis hurlant de toute la force de ses poumons, autant de dénégations adressée à Dieu savait qui. Et alors elle les accuse de mentir, de lui dissimuler son mari… Dans sa main tremblotante, alors qu’elle resserre ses bras contre elle, il aperçoit un parchemin trempé de larmes, et se demande vaguement ce dont il s’agit, l’espace de quelques instants, avant qu’elle ne s’effondre, les larmes coulant de nouveau librement sur ses joues, à la fin du dernier éclat.

Un peu hésitant sur la conduite à tenir, il s’approche, lui dépose la main sur l’épaule pour tenter de la calmer… Et l’entraîne, lentement, à l’intérieur de la forteresse, la conduisant vers la taverne.


Allons, venez, comtesse, venez prendre un peu de repos, pendant que Cerridween est allée prévenir nos dignitaires. Un peu de bouillon chaud vous fera du bien, et sans doute un peu de sommeil aussi…

[SUITE]

_________________
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)