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[RP] L'enlèvement d'un Ours Danois

Robin_de_locksley
[Tours, le 26 mai 1458]

Outch, ma tête… Comme un lendemain de cuite mais sans avoir bu autant…

Robin essaya de toucher sa caboche mais peine perdue, il était ligoté comme un salami. Certainement le comble pour un danois… Il avait beau ouvrir les yeux, il n’y voyait rien, la faute au sac de toile qu’on avait pris soin de poser sur sa tête.
Qui pouvait donc avoir fait ça ? Un rival jaloux ? Une admiratrice folle de son corps musclé et surtout de ses cicatrices ? Un curé fou en quête de victimes à baptiser ?

Le danois secoua la tête comme pour connecter les neurones rescapés du choc qui l’avait mis dans cet état. Comment en était il arrivé là ? Ah oui, il s’en rappelait maintenant !

Il avait quitté l’hostel Gouin, relativement sobre. (Comprendre qu’il avait bu assez pour ne pas marcher droit mais pas suffisamment pour marcher à 4 pattes) Il avait l’intention de regagner la caserne quand un homme désoeuvré l’aborda. Il était brun, légèrement plus petit que Robin mais également plus trapu avec un air prétentieux.


Hola, l’ami ? Un peu d’exercice avant de dormir ? Un duel dans un champ hors des murs, toi contre moi. Juste pour voir ce que valent les Tourangeaux face à un soldat Orléanais.

Robin, comme à chaque fois, sauta sur l’occasion de flanquer une dérouillée à un volontaire prétentieux. Il n'allait quand même pas se faire prier.

Je vais me faire le plaisir de t’étendre alors. Petit sourire mi carnassier mi niais, l’alcool n’aidant pas. Passe devant je te suis.

L’homme fit demi tour et s’éloigna à grand pas, tellement rapidement que Robin eut du mal à suivre. Le balafré venait de le perdre de vue quand au détour d’un coin de rue, il fit la connaissance d’un bâton et les ténèbres vinrent.

Des bruits de pas le ramenèrent à la réalité, le bruit d’une porte qui s’ouvre. Et ensuite ?

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Miramaz
Elle avançait lentement dans la grande salle déserte à cette heure de la nuit, un dernier coup d’œil autour d’elle pour vérifier que personne ne la surveillait et elle poussa la porte de la réserve de l’hostel Gouin. Elle la referma doucement, ne voulant pas réveiller son prisonnier s’il dormait encore, s’y adossant elle l’observa, détaillant chaque partie visible, rassurée après ce rapide examen, elle esquissa un sourire, il n’avait pas l’air trop amoché il ne lui en voudrait pas trop quand il saurait...

Elle ne s’approcha pas immédiatement de lui, préférant prendre un instant pour réfléchir à la suite. C’était bien beau d’avoir voulu l’enlever mais comment lui annoncer, comment le faire partir d’ici, elle ne pouvait pas se justifier par un simple « J’avais envie que tu m’accompagnes », son acte était trop grave : enlever un soldat pendant une période délicate pour le duché... il faudrait être convaincante.

Un soupir et elle se lance, elle ne lui expliquerait pas tout immédiatement, se contentant d’abord de le préparer pour sa sortie, une idée venait de germer dans son esprit, idée qui avait –presque- fait ses preuves quelques temps auparavant sur un autre ours...Blond celui-là. Assez près de lui pour le toucher elle se déshabilla rapidement, ne gardant sur elle qu’une chemise en lambeaux et des braies trouées. Dernier regard sur sa magnifique jupe jaune et sa chemise bleue, elles allaient souffrir dans l’opération mais pas d’autres solutions, elle n’avait pas pensé avant qu’il lui faudrait des vêtements, et maintenant c'était trop tard.

Agenouillée à côté du soldat, elle lui chuchota à l’oreille, ne cherchant pas à déformer sa voix:
Laisse-toi faire, j’n’te ferai pas d’mal...au contraire tu pourrais même y prendre plaisir...je vais te déshabiller...aide-moi et tu auras le droit de recouvrer la vue, ne hurles pas...Personne ne t’entendra ici et au moindre bruit je t’assomme à nouveau. Elle grimace en mentant ainsi, elle serait bien incapable de se résoudre à l’assommer même si cela devenait indispensable, pour ça qu’elle avait payé l’autre brute pour le faire et il ne s’en était pas trop mal tiré à première vue. Je veux t’faire sortir de Tours, c’t’un enlèvement, t’faire passer pour une femme ça aidera...t’as une dette envers moi et j’me fais toujours payer... là ce sera en nature, ton corps et tes bras s’ront à moi pour quelques temps. Puis t’façon, t’seras toujours mieux ailleurs qu’au milieu de la soldatesque...

Prudente elle commença à lui enlever ses bottes, espérant qu’il soit coopératif, au premier hurlement elle s’enfuirait le laissant là. Un grognement s’échappa de sa gorge en réalisant que les liens qui le saucissonnaient la gênaient dans sa tâche. Elle allait devoir les desserrer un peu mais il risquait d’en profiter pour s’échapper, pourquoi avait-elle renvoyé l’autre idiot, il aurait encore pu être utile...

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Robin_de_locksley
[Dans la peau d'un salami..]

Ainsi donc l'instigatrice de ce complot n'était autre que Mira. Il avait porté son bois sur les routes de Touraine avant qu'elle ne l'escorte jusqu'en Normandie. Dans un sens, il préférait largement être son prisonnier que de faire le pied de grue sur les murs de Tours. C'est qu'il avait fini par apprécier sa compagnie, d'aucun dirait même qu'elle l'avait apprivoisé.

...je vais te déshabiller..


Mais pourquoi ici et maintenant ? Y avait des endroits plus confortables que le sol d'une pièce pour ce genre d'affaires et puis les ligatures réduisait grandement ces mouvements. Sans compter qu'elle avait pas besoin de l'enlever pour qu'il passe une nuit avec elle, une simple demande aurait suffit. Il se retint de formuler ce commentaire à voix haute, elle l'aurait certainement renvoyer dans les ténèbres pour le faire taire.

Je veux t’faire sortir de Tours, c’t’un enlèvement, t’faire passer pour une femme ça aidera...t’as une dette envers moi et j’me fais toujours payer... là ce sera en nature, ton corps et tes bras s’ront à moi pour quelques temps.

Robin grommela, plus pour la forme que pour protester.

Bon ça va, ça va, j'ai pigé. Je tenterai rien de stupide, j'ai confiance en toi après tout même si j'saisis pas entièrement où ça va nous mener. Détache moi et je ferais ce que tu m'demandes, dans la limite du possible évidemment.
Mais une fois sorti de Tours, on fait quoi ? On peut pas se planquer éternellement dans le duché. Quand la Cap' ou Line remarqueront mon absence, on aura l'armée aux fesses. Et vu qu'elles sont aussi bornées que des mules sauvages, elles nous lâcheront pas la grappe avant de m'avoir retrouvé...

T'as de quoi me raser la barbe ? C'est que ça fait pas très féminin...


Il ne bougea pas d'un poil en attendant qu'elle tranche ces liens. Les autres à la caserne allait bien se fendre la gueule quand ils apprendront que l'Aide de Camp s'était fait enlever par une mercenaire...

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Miramaz
[Quand une mercenaire joue à la poupée...]

Pas de hurlement…pas d’colère…ça s’passait beaucoup mieux que prévu, il était prêt à coopérer voire plus si affinités, il pensait même aux détails qu’elle avait oublié comme le rasage... c’est vrai qu’une femme à barbe niveau discrétion on fait mieux. L’souci c’est qu’elle n’était pas barbière, pas de coupe-choux sous la main juste une épée et une dague et l’Ours ne d’vait pas être tellement mieux équiper...tant pis s’débrouilleront...

Première chose à faire, le libérer… pas complètement non mais au moins assez pour l’préparer, on n’sait jamais dès fois que l’idée lui prendrait de s’enfuir…c’était presque trop beau pour être vrai tout son blabla. La dague est sortie, compagne fidèle toujours aussi aiguisée que l’jour où on lui a donnée, les liens sont tranchés rapidement, laissant seulement une boucle autour de la taille de Robin, boucle dans laquelle le reste de corde est passée pour l’attacher à l’un des tonneaux de la cave, seul mobilier de la pièce. Ainsi il sera libre de ses mouvements…sans pouvoir s’enfuir sans qu’elle ne le veuille.


Maintenant enfile mes vêtements, débrouilles toi pour ressembler à quelque chose de féminin, et pas de commentaire sur la taille ou les couleurs, on n’a pas l'temps. Faut qu’on file d’ici et vite, ton absence va être rapidement remarquée, faut qu’on soit l’plus loin possible avant qu’il ne boucle la ville et les chemins environnants. Pour l’reste on verra...on va quitter la Touraine... pour l’Berry sûrement...n’oseront pas envoyer l’armée t’y chercher...au pire juste quelques soldats officieusement...

Tête tournée pudiquement pendant qu’il se change, regard en coin quand même c’est qu’elle n’avait pas encore eu l’occasion de le voir ainsi dévêtue, pas qu’elle fantasmait sur son corps non...mais s’demandait s’il avait des cicatrices ailleurs que sur l’visage.

T’as fini ? Nan pasque faut t’raser, t’coiffer...t’vas pas sortir comme ça avec les ch’veux libres... puis ton visage...l’est trop reconnaissable...même avec un chapeau... Rases-toi j’reviens...

Et la voilà qui ressort de la cave, laissant là son prisonnier oubliant complètement qu’il pourrait en profiter pour s’libérer, elle doit absolument trouver de quoi le maquiller, il ne passera jamais pour une femme avec sa peau brunie par le soleil et ses cicatrices. Elle farfouille dans la taverne cherchant ce qui pourrait l’aider, un peu de charbon est ramassé, de la farine traîne dans un coin, emportée elle aussi, un peu de cendre froide accompagne le tout ainsi qu’un broc d’eau. Retour à la cave pour la suite de l’opération beauté fatale, maquillage et coiffage express, et l’Ours ferait un travesti acceptable le temps de filer d’la capitale.
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Alandrisse
[A la caserne Tourangelle]

[Tours, le 27 mai 1458]


Un jour comme un autre au sein de la caserne tourangelle, la brunette alias le Capitaine s’amusait à dormir soit au château soit à la caserne. Hier soir, elle avait entendu parler d’une soirée taverne comme tous les jours après le couché du soleil en faite. Elle qui aimait faire cela ne pouvait plus ou du moins de manière plus raisonnable. Etre Capitaine était difficile, encore et toujours se battre contre le mouvement ancien, faire en sorte de trouver la bonne note et au final soit se faire haïr plus que de raisons soit se faire aimer mais sur un pied bancal. En somme Capitaine était affaire de jonglage permanent avec des épées plutôt affutées. Elle réfléchissait à tout cela alors que la brunette se trouvait enfoncée dans son siège devant son bureau de Cap’ qui ne voulait pas s’arrêter d’accumuler des parchemins. Sa plume en main, celle-ci dessinait les courbes de son visage, une manière pour elle de réfléchir et de se concentrer. Al boucla sa lettre prête à la faire transmettre à tous, il ne manquait plus qu’une chose son aide de camp.

La jeune femme se leva, approchant de sa fenêtre qui donnait sur la place d’arme. Les soldats commençaient déjà à faire les tâches de la journée. Et pas un Robin trainant dans les parages…lui qui était toujours là à l’aube soit parce qu’il n’avait pas dormi soit parce qu’il avait fait sa petite sieste sur le pas de la porte histoire d’être à l’heure le lendemain. Al ouvrit la fenêtre et passa son minois par-dessus.


Soldat, oui vous là bas, auriez vous vu Robin ?

Une tête qui voulait visiblement dire non, la Montbazon referma la fenêtre, attrapa son épée et sortie de son bureau.

[En quête d’un futur fouetté]

Ah si je le chope il va entendre parler de la Boulasse.

Elle commença son enquête par les baraquements qui avec foutoir monstre se termina par une note à elle-même : Passer hurler un coup pour remettre tout ça à neuf. Mais pas un Robin dans le coin, elle traversa la place d’arme passa par le bâtiment des dragons, le réfectoire, la taverne et enfin la cave toujours rien. L’inquiétude commença tout de même à naître, il fallait maintenant qu’elle trouve ses amis de beuverie….
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Robin_de_locksley
[Martine se rase comme un pied.]

Après avoir été délivré, Robin fut surpris de se retrouver avec la même corde autour de la taille. Mira ne lui faisait pas assez confiance sans doute. Faut dire qu'un prisonnier qui se file doux, ça devait pas courir les rues.

Maintenant enfile mes vêtements, débrouilles toi pour ressembler à quelque chose de féminin, et pas de commentaire sur la taille ou les couleurs, on n’a pas l'temps. Faut qu’on file d’ici et vite, ton absence va être rapidement remarquée, faut qu’on soit l’plus loin possible avant qu’il ne boucle la ville et les chemins environnants. Pour l’reste on verra...on va quitter la Touraine... pour l’Berry sûrement...n’oseront pas envoyer l’armée t’y chercher...au pire juste quelques soldats officieusement...


Il enfila rapidement les frusques posées non loin de lui pendant qu'elle avait le dos tournée.

Mira, elle a peur du loup !
lança t il d'un air taquin.

Pas de doute, la mercenaire avait toujours eut des goûts douteux en ce qui concerne l'agencement des couleurs. Sans compter que les vêtements trop petits pour le danois moulaient son corps d'on ne peut plus prêt. Un geste trop ample et les coutures sauteraient certainement.

T’as fini ? Nan pasque faut t’raser, t’coiffer...t’vas pas sortir comme ça avec les ch’veux libres... puis ton visage...l’est trop reconnaissable...même avec un chapeau... Rases-toi j’reviens...

Robin attrapa son couteau alors qu'elle sortait de la pièce. Il commença par trancher le bout de corde qui le retenait tant bien que mal. Il réfléchit quelques instants. Avait il envie d'accompagner Mira ? Ou bien de rester dans l'armée contre laquelle il pestait tant ? Un petite sortie loin de la capitale tourangelle lui changerait les idées, après tout. Les autres arriveraient bien à se débrouiller sans lui. Le danois resta donc dans la pièce pour entreprendre une manoeuvre qu'il n'avait jamais tenter auparavant: se raser "à l'aveugle", sans son reflet dans un seau d'eau. L'opération s'annonçait compliquée et le carnage débuta dès les premiers baisers glacés de la lame contre ses joues.
Pas besoin de reflet pour sentir le sang coulé contre les poils rescapés puis le long de sa gorge. Avec la tenue près du corps, ça devait être du plus bel effet.
Il arrêta le massacre au retour de Mira. Elle avait les bras chargés de pleins d'trucs, surement pour la suite du travestissement.


Ah! Enfin de l'eau. Je vais pouvoir finir de me raser. La tentative à l'aveugle n'a pas très bien marché, je crois.
Et c'est pourquoi tout ça ?

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Miramaz
[Leçon de Maquillage façon Clown]

Premier coup d'œil et rien ne va plus, il n'est plus attaché à son tonneau, elle en était sûre il avait essayé de s'enfuir, s'il était encore là c'est juste qu'il n'avait pas eu le temps d'aller plus loin.

Deuxième coup d'œil : du sang...qu'est-ce qu'il avait essayé de faire? Un suicide? C’était si horrible que ça d'être enlever par elle? De là à tenter de s'égorger quand même...


Ah! Enfin de l'eau. Je vais pouvoir finir de me raser. La tentative à l'aveugle n'a pas très bien marché, je crois.
Et c'est pourquoi tout ça ?


Grimace qui s'efface et éclat de rire qui s'échappe, finalement il n'avait fait que lui obéir, un bon petit ours en somme. Plus qu'à reprendre les choses en main s'ils ne voulaient pas finir la nuit ici.

Approche-toi, tu peux t'asseoir pour te raser? Je vais essayer d'te coiffer l'temps qu'tu finisses.

Et l'ours de continuer à jouer avec sa lame pendant qu'elle réfléchit à la meilleur façon de modifier sa chevelure. Si elle cachait tout sous le chapeau ce serait suspect et si par malheur le couvre-chef tombait plus aucun doute sur l'identité de son prisonnier. Un chignon voilà ce qu'il fallait, il n'y avait que les femmes pour supporter de se faire tirer la peau du crâne ainsi, douleur insupportable pour un homme...

Un sourire légèrement sadique se dessine sur ses lèvres, lorsqu'elle rassemble les cheveux du brun en arrière, tirant d'un coup sec -punition mesquine pour s'être détaché-, doigts qui s'emmêlent dans la chevelure essayant de la discipliner, presque qu'une caresse si on fait abstraction de la brusquerie des gestes. Quelques torsions plus tard, le paquet de mèche ressemble vaguement à un champignon poussant à l'arrière de la tête de l'Ours, pour attacher le tout pas besoin de réfléchir, le lien noué au poignet de Robin fera l'affaire. Elle le détache, amusée de voir qu'il le porte toujours et entoure le chignon avec, serrant le plus possible pour que la peau du front soit bien tendue...voilà l'opération coiffage terminée, plus qu'à ajouter le chapeau par dessus.


Pas trop d'mal? J’pas l'habitude d'coiffer un homme...fin s'pas trop moche comme ça... t'auras jamais l'air d'une pucelle, mais t'passerais presque pour une vieille matronne... j'passe à ton visage et on pourra partir, n'bouges pas

Et sans plus de façon elle s'assoit sur ses genoux, ses ingrédients à portée de main, une paume qui effleure la joue et un soupir à peine retenu. T'aurais pu faire attention...t'avais pas la tête assez couturée pour t'couper en plus...puis tu piques encore un peu...va falloir que j'empêche les gens de trop t'approcher...

Main gauche qui plonge dans le broc d'eau, humidifiant le visage pour y faire adhérer un mélange de farine et de cendre, la Prunette s'applique essayant de ne pas lui en mettre dans les yeux. Quand le teint est assez pâle à son goût, elle souffle sur la croûte pâteuse pour la faire sécher, puis s'empare du morceau de charbon, rapidement les paupières sont assombries ainsi que le dessous de l'œil, faisant apparaitre quelques larmes, parfaite pour rendre le regard brillant et doux...féminin donc...

Hum...tu es...horrible... une laideronne...mais au moins tu ressembles pas à un homme...et personne s'approchera d'toi. Puis faut t'trouver un nom...Robin c'est pas très femme... Allez prends tes affaires et en route...la nuit avance.

La mercenaire se lève rapidement, cachant le maquillage de fortune derrière un tonneau, les vêtements de Robin sont rassemblés et glissés dans sa besace, parmi le pain et l'alcool personne n'ira les chercher. Un dernier coup d'œil à sa poupée vivante: teint maladif, fatigué, vêtements bien trop ajustés... le travail est plutôt réussi.

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Robin_de_locksley
[Le Troll]

La garce.... D'abord, elle se foutait d'lui parce qu'il s'était coupé de partout. Elle en avait d'bonnes la Mira. Robin aurait bien aimé voir comment elle se serait débrouillée à sa place ! Puis elle s'était évertuer à le maltraiter tout en le coiffant. Le danois grogna quand elle s'assit sur ses genoux et lui barbouilla la tronche de cendres, d'eau et d'autre chose qu'il avait pas réussit à identifier. Il ne fit pas ça très longtemps car il avait un mal de chien à se concentrer. L'Ours et la mercenaire n'avaient jamais été aussi proche. En d'autres circonstances....


T'aurais pu faire attention...t'avais pas la tête assez couturée pour t'couper en plus...puis tu piques encore un peu...va falloir que j'empêche les gens de trop t'approcher...

Ouais ouais, bah la prochaine fois qu'j'aurais pas d'eau, j'attendrai que tu m'en apporte gentiment avec un fut de bière pour me rincer la glotte après. dit il en tirant légèrement la langue.

L'opération maquillage continua et vu les quantités employées, ça devait être un vrai ravalement de façade. Et pi d'un coup, Mira visiblement contente du résultat, arrêta de lui appliquer sa bouillie infâme.



Hum...tu es...horrible... une laideronne...mais au moins tu ressembles pas à un homme...et personne s'approchera d'toi. Puis faut t'trouver un nom...Robin c'est pas très femme... Allez prends tes affaires et en route...la nuit avance.


Dommage que l'eau soit trop sale pour que je puisse m'admirer. 'Fin, y aura ben un abreuvoir en chemin. Bertha, ça fait femme non ? Sinon, je peux toujours m'app'ler Martine. C'est assez passe partout.

Mira se leva, rassembla les affaires et en quelques instants, le salon de beauté improvisé fut déserté. Direction un abreuvoir puis la porte Sud Est de Tours. Le trajet jusqu'à la première étape fut déjà long et pénible. Robin maudit une bonne centaine de fois le stupide tisserand qui avait inventé la jupe. Comment pouvait on marcher avec un truc pareil ? Sans compter que la sienne était on ne peut plus moulante. L'ours se pencha au dessus de l'abreuvoir et eut un mouvement de recul.

Nom d'un... J'ai jamais rien vu d'aussi moche. Tu t'es surpassée. Même les Trolls de chez moi sont plus attirants que la grosse Bertha que je vois là.

Avec la pénombre, il aurait été difficile de décrire la nouvelle bobine de Rob'....

Mince, bientôt l'aube. T'avances pas, vieille bique alors remues toi l'train. envoya t il à Mira en rigolant.

Ils se remirent en marche en pressant le pas. La porte fut rapidement en vue et avec elle, un douanier qui avait du tenir compagnie à Dame Bibine une bonne partie de la nuit.


Hep, vous là !


Le garde était peut être bourré peut être mais son cerveau ne nageait pas totalement dans les vapeurs d'alcool.
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Hembert le Douanier, incarné par Linexiv
Confortablement installé dans le bureau des douaniers près des portes, autrement dit, à demi-claustrophobe sur un tabouret bancal, bénissant Aristote pour l’absence de pluies nocturnes peu compatibles avec les fuites du toit, Hembert douanier de son état se demandait encore ce qu’il lui avait pris de se vanter auprès du prévôt.

« J’sais lire moi » Punaise, il aurait mieux fait de se la fermer. Collez-le douanier qu’elle avait dit et lui, il en avait été heureux, en plus. S’il avait su… C’était classe, pourtant, douanier, vêtements aussi beaux que ceux des maréchaux sans risque de se ramasser un coup d’épée. Et en plus, à toi de décider qui entre ou pas en Touraine, marchands, nobliaux, paysans, si tu disais non, ben ils restaient à la porte et alors ils se confondaient tous en belles paroles. Des « Messire Douanier » et pleins de trucs dans ce genre là. Enfin, sur le papier.

Personne ne lui avait précisé que ça voulait surtout dire passer ses nuits à se les geler dans un bureau misérable, porte et fenêtre ouvertes pour plus de réactivité qu’ils avaient dit. Et tout ça pour rien, y’avait jamais personne… Quelques ivrognes : à observer de loin de préférence pour l’état de ses chausses. Quelques attardés qui savaient où ils allaient et qui ne se gêneraient pas pour le mettre plus bas que terre s’il osait leur adresser la parole parce qu’en mission pour leurs nobles maîtres… De toute façon, en cas de groupe, c'est-à-dire plus de un, il appliquait ses consignes personnelles : lumière éteinte et assis à côté de son siège.

Mais il ne fallait pas croire pour autant qu’Hembert n’était qu’un trouillard désœuvré n’ayant que sa bouteille pour supporter le froid de la nuit. D’abord, les nuits n’étaient plus aussi fraiches et puis surtout, il s’adaptait en fonction de la situation. Lui et sa bouteille. Par exemple, là, malgré une nuit riche en mouvements, c’était la saison pour les chats semblait-il, il avait tenu bon et parvenait encore à garder un œil ouvert, prêt à partir dès la relève annoncée.

Quant à savoir pourquoi il n’avait pas appliqué son adage en voyant apparaitre dans le gris de l’aube un dangereux groupe de deux personnes, pas la peine de chercher très haut : y’avait du jupon.

Et c’était franchement plus intéressant que sa belle amie de verre vêtue parce qu’en plus c’était plutôt rare. Contrairement à ses collègues affectés aux autres portes, la nord en particulier, pour ne pas la nommer, le quartier sud-est n’était pas connu pour être fréquenté par des dames.


Hep, vous là !

Le « là » fut terriblement accentué alors que le malheureux Hembert tendait le bras pour garantir son équilibre. Dans sa précipitation, il avait négligé le fait que son amie verte avait eu une grande sœur, et peut-être même une cousine ?

L’avait pas pris sa lanterne non plus. C’était plus la nuit après tout. Mais pas encore le jour. Bref, il n’y voyait pas grand-chose à part la certitude qu’elles n’étaient que trois, enfin deux. Il ferma un œil pour gagner en concentration et jubila en considérant qu’elles semblaient jeunes. Enfin celle de gauche, la petite, parce que la grande… Trop grande… Alors que la petite, attifée n’importe comment certes mais bien plus aguichante à son goût que l’autre avec sa jupe trop serrée… Et puis trop grande, beaucoup trop grande et ce n’était pas à l’homme de lever la tête… Tandis que pour la petite, pas besoin ! Sans doute qu’elle devait travailler avec la perche pour attirer à elle les clients.
Et ça marchait sur le douanier frustré en tout cas.


Et ben Mignonne ! Tu sais pas qu’la porte est fermée à cette heure ?
M’enfin on peut p’tre s’arranger ?
Miramaz
[D’amatrice de poupées à croqueuse d’hommes]

Elle marchait derrière lui, autant pour surveiller qu’il ne s’échappe pas et admirer sa démarche gracieuse que pour se cacher elle-même, c’est qu’elle ne se sentait pas vraiment à l’aise sans sa chemise, une impression qu’on ne verrait que ses haillons à peine capable de masquer sa gorge. Pourtant si quelqu’un la croisait, il ne ferait guère attention à ça au premier coup d’œil, non il verrait d’abord un étalage de couleur criarde, bottes vertes tellement lustrées qu’elle captait la moindre lumière, bas bleus surmontés de vieilles braies marrons et pour agrémenter le tout une magnifique ceinture rouge, plus discret que lorsqu’on y rajoutait la chemise bleue et la jupe jaune mais c'était bien assez criard pour vous écorcher les yeux et vous faire oublier son anatomie.

Ils avancèrent ainsi jusqu’à un abreuvoir, aussi discrets que possible soit très peu entre les ronchonnements de l’Ours et les soupirs amusés de la Prunette. Bertha n’avait guère l’air d’apprécier son visage mais c’était le but, manquerait plus qu’elle attire un homme pour que le reste de la nuit soit compromis. Mira ne fit guère attention aux paroles de Robin, un râlement de plus ou de moins ne la dérangeait pas, jusqu’aux derniers mots qui firent grincer ses dents. Vieille Bique...Vieille Bique mais comment osait-il, elle était vexée et en perdit toute prudence, c’est presque en hurlant qu’elle lui répondit.


Estimes-toi heureux qu’elle ne te tienne pas en laisse la vieille bique, en d’autres circonstances je t’aurais promené en longe, comme un jeune canasson rétif. Mais comme ces animaux tu mérites d’être punis, je n’ai pas de cravache mais j’ai ça...

Epée sortie du fourreau, la lame vint cingler plusieurs fois la croupe de Rob, bien mise en évidence par la jupe trop ajustée, grognement de l’effronté et éclat de rire de la vieille. Le trajet peut continuer jusqu’à la porte, ponctué de tapes un peu plus discrète –puisqu’à la main cette fois- à chaque fois que l’envie prenait Mira. Trop occupée à surveiller son prisonnier elle ne vit le douanier que trop tard, il allait falloir jouer serré, heureusement qu’il n’avait pas l’air bien sobre le pauvre homme, il tenait à peine debout...

Et ben Mignonne ! Tu sais pas qu’la porte est fermée à cette heure ?
M’enfin on peut p’tre s’arranger ?


Un soupir s’échappa des lèvres de Mira quand elle comprit le moyen de s’en sortir, un peu de charme et le tour serait joué, tous pareil une femme légèrement vêtue et ils en déduisaient qu’elle finirait dans leur piaule. Une grimace vers Bertha pour lui faire comprendre de ne pas bouger et elle s’élança, les haillons s’écartèrent un peu plus dévoilant plus que la naissance de la poitrine, le fourreau fut caché dans son dos d’un mouvement lascif des hanches et un sourire gourmand se fixa sur le visage. Quelques papillonnements des cils, langue pointant entre les lèvres et la mercenaire s’approcha du douanier, ses mains caressant son torse le maintenant discrètement à bonne distance d’elle.

M’ssire Douanier j’sais bien qu’la porte est fermée la nuit mais… j’dois voir un de vos collègue, M’ssire Fernand, m’a dit d’le retrouver dehors aux premières lueurs...une dette à lui payer pour une entrée tardive en ville... V’lez la même chose ?

Lèvres qui vinrent cueillir celle du garde, pendant que la respiration se bloquait, c’est qu’il puait la vinasse le bougre. La Mirette abandonna la bouche goulue tandis que les mains toujours actives se glissaient sous l’uniforme dans de légères caresses et ajouta en chuchotant :

Ouvrez la p‘tite porte, qu’ma cousine aille s’occuper d’l’autre douanier pendant qu’j’suis avec vous, regretterez pas j’sais y faire avec les hommes...pas un seul qui s’plaint d’mes services...

Et elle se glissa contre lui, volant un nouveau baiser plus appuyé, sa poitrine s’écrasant contre celle du garde, une main glissant vers les braies de l’homme, espérant lui faire perdre la tête.
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Hembert le Douanier, incarné par Linexiv
Hembert n’avait jamais été considéré comme une lumière, certes, il savait ses lettres, mais c’était à peu près tout. Ce n’était pas une tête brûlée non plus, bien trop pleutre pour cela, mais consciencieux, à ses heures, genre, lorsqu’il n’avait pas abusé de la bibine et qu’il était encore capable de penser avec sa tête. Un anonyme bien brave engoncé dans son train-train quotidien et qui plus est, peu favorisé par Dame nature. Bref, tout autant de circonstances atténuantes qui contribuèrent à expliquer pourquoi le douanier fut incapable de relever qu’il ne connaissait pas de Fernand.

Et elle lui faisait du Messire en plus… Dire que le malheureux bonhomme commençait à ne plus se sentir était plus qu’un euphémisme. La dernière fois… La dernière fois… qu’il s’était retrouvé aussi proche d’une femme… La dernière fois… Impossible de s’en souvenir, de se souvenir de quoique ce soit d’ailleurs, l’espèce de chemise qui s’écartait un peu trop…

Gloups. Et elle s’approchait encore un peu plus, elle n’allait quand même pas ? Cela ne pouvait pas arriver à un pauvre gars comme lui, c’était trop… Les lèvres qui se posèrent sur les siennes, retirées bien trop vite alors que les mains deviennent baladeuses… Sa respiration qui devenait difficile alors que les mots atteignaient de moins en moins son cerveau obscurci. Continuer. Profiter. Profiter. Quelques paroles susurrées, trois bribes captées, « portes » et surtout « autre douanier ».

Instant de lucidité ou pas. La relève. Fallait pas qu’on le surprenne. Pas maintenant, pas alors qu’il allait enfin conclure ! Bouger. Le pauvre homme en bafouilla…


… Sortir… Porte… Clefs… Bureau…

Et Hembert de s’écarter précipitamment pour vaciller, légèrement débraillé, en direction du bureau d’où il ressortit bien vite un trousseau de clefs à la main, fort pressé de poursuivre son affaire avant que sa chance ne tourne. Fallait dire qu’il était bien convaincu d’une chose, le Hembert et qu’en plus, il avait raison, pareille occasion ne se représenterait pas de sitôt.

Heureusement.

Tout content d’amener son trophée, convaincu d’être désormais un véritable matador, il s’approcha de sa conquête d’un pas sensé être triomphant mais que la boisson rendait pitoyable, lèvres en avant, luisantes, déformées dans un rictus juste obscène.
Robin_de_locksley
[La Troll passe à l'offensive.]

Tout en se massant le fondement, Rob' enfin la trollesque admirait le petit jeu de Mira. Elle y avait pas été avec le dos de la cuillère la bougresse. Il aurait bien aimé être plus près pour profiter du spectacle mais avec sa gueule, Bertha avait de quoi faire fuir une troupe de soudard aguerris.
Baisers, léger déballage de marchandise, il en avait du pot le salopiaud... Le Prophète lui-même n’avait jamais eut droit à un tel aperçu, tout au plus aux vêtements carnavalesques. La vie est vraiment trop injuste comme disait un certain K. Limero...
Tout ça rendait l'Ours fou et rouge enfin saumon avec la couche de plâtre que la mercenaire lui avait appliquée sur la tronche. Il devait agir mais que faire ?



Le douanier quitta les bras de Mira, la bave aux lèvres et en bafouillant comme un simplet afin d'aller chercher les clés. Bertha attira l'attention de Mira en se tapotant la tempe de l'index et remuant silencieusement les lèvres.


T'es complètement cinglée ma pov' fille euh... cousine.


Rob' se rapprocha en crapotant de la porte alors que le douanier ressortait du bureau. Il semblait la regarder avec un semblant de pitié mais sans doute aurait-il affiché une autre expression si il avait été moins déchiré qu'un étendard ou conscient de la véritable identité de la grande bringue.
Il se détourna vite fait pour reconcentrer le peu d’attention qui lui restait sur la femme qui s’offrait à lui et lui montrer les clés comme on exhibe un trophée. Le pauvre était tellement pressé de goûter à la suite qu’il en était pathétique. Bertha releva ses jupes pour se mettre à portée du nigaud le plus discrètement possible. En cinq foulées, elle était à portée et s’agrippa à son épaule.


Viens par ici, mon mignon.


Le pauvre douanier amorça un demi-tour avant de se faire cueillir par un direct du droit de derrière les fagots. Il s'écroula net comme un pantin désarticulé. Eh oui, quand Rob’/Bertha passait à l’action, c’était rarement pour discuter tricôt.
Malheureusement, il y eut une autre victime de ce plan ingénieux (hum hum !!), la chemise de Mira n’avait pas survécu et elle était déchirée tout le long de la manche. La troll ramassa les clés et les lança à Mira.


Allez, mlle jpassàlacasserol, tu nous ouvre la porte ?


Maintenant, il lui fallait trouver une bonne excuse pour expliquer son coup de sang, sans quoi sa croupe allait être encore plus meurtrie. Un dernier regard au douanier qui pissait du nez avant de se remettre en route, un sourire discret aux lèvres.
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Miramaz
[Déception est mère de toutes les punitions]

Encore une victoire de Can***...hum hum de Mira, le pauvre douanier n’savait plus parler tellement il en bavait, ce qui arrangeait bien la charmeuse au passage, moins de paroles ça voulait dire moins d’haleine nauséabonde... Lorsqu’il l’abandonne pour aller chercher les clés, elle se retourne vers Robin pour fanfaronner mais le « T’vois c’était simple...tout en douceur...d’main il nous aura oublié.. » reste dans sa gorge devant les signes de Bertha. Qu’est-ce qu’il avait encore ? Jamais content c’lui là, elle se sacrifiait pour lui et il râlait...nan mais j’vous jure les hommes...puis pourquoi il avait l’air d’avoir chaud ? Pouvait pas s’calmer, s’il transpirait sa façade allait s’écrouler.

Main qui s’agite brièvement pour qu’il se tienne tranquille vu que le portier ressort enfin, mais rien à faire cet idiot d’Ours n’en fait qu’à sa tête, le voilà dans le dos du garde maintenant. Que veut-il à la fin ? La bibine ? Les clés ? Pas le temps de se poser plus de questions que la vitesse fuse sous la forme d’un poing fracassant un nez.


Mais qu’est c’qui t’prends ? J’avais les clés, servait à rien d’le frapper...pauvre homme ! T’es vraiment qu’une brute, et r’garde c’que t’as fait à ma chemise et ton visage ? Nan mais c’pas possible...je sue sang et eau pour t’enlever et en plus tu m’facilite pas la tâche...tu gâches tout. Discrets, on avait dit discrets...il s’rait rappelé d’rien avec ma méthode...l’aurait juste eu de beaux rêves p’dant l’restant d’sa vie... mais nan fallait qu’tu t’en mêles...toute la ville va l’savoir que deux inconnues sont sortis en pleine nuit...

Et la litanie continue ainsi pendant d’interminables minutes jusqu’à c’que les clés lui atterrissent dans la main, accompagné d’un nonchalant « Allez, mlle jpassàlacasserol, tu nous ouvre la porte ? » Les grommèlements reprennent de plus belle pendant qu’elle obéit, ouvrant la porte basse sur un : « t’l’as renversé la casserole...sans raison en plus...et si j’voulais l’remercier moi c’brave ? T’y as pas pensé à ça... ».La porte est finalement passée et refermée, clés rendu à leur propriétaire par l’huis...enfin rendu c’est vite dit disons quelles sont jetées de son côté...l’aura plus qu’à les chercher.

Tours disparaît dans leur dos à la vitesse d’un Robin au galop...et oui punition méritée, l’esclave porte sa maîtresse, ça lui apprendra à désobéir, finie l’amusement le dressage commence... Mira s’en donne à cœur joie, ravie de ne pas s’fatiguer à marcher, s’amusant à le tourmenter en lui flattant les flancs de ses talons bottés ou encore à cravacher sa croupe.

Le jour en se levant les oblige à s’arrêter à Loches, la cavalière conduit sa monture dans sa vieille masure lochoise, à l’écart du village, elle n’y reçoit jamais de visite, peu de gens sachant quand elle s’y trouve. Journée passée seuls dans la pénombre, Mira aux pieds de Rob, le surveillant et essayant d’comprendre pourquoi il a frappé l’garde, question posée à chaque fois qu’le brun tente de s’assoupir.

Au soir elle le laisse quelques heures, le temps de préparer la suite du voyage, l’ayant de nouveau entravé comme une bête de somme et délesté de ses lames. Direction le marché, une récolte à y faire, offrandes pour un meilleur accueil en Berry et vengeance mesquine contre la mairesse, les étals sont vidés de tous fruits et légumes, les rares raisins subissent le même sort, une charrette est empruntée à un marchand contre la promesse de la rapporter le lendemain...

Retour difficile jusqu’à la maisonnette, la chariote est bien lourde pour les petits bras de Mira, elle laisse le tout le temps de détacher l’esclave, repas frugal mais arrosée et les voilà en chemin pour le Berry. Le soldat tirant la carriole pendant que la mercenaire marche à ses côtés, ne cessant de l’encourager de la voix et de la main.

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Robin_de_locksley
[Une châtaigne et un ours en cavale]

L’est pas très lourde la Prunette ! pensa-t-il au début. Sauf qu’après 10 lieues, il en avait plein le dos, l’Ours Troll. Ses flancs et son postérieur commençaient à le faire légèrement souffrir. Faut dire qu’un Ours, c’est pas comme un âne ou un canasson, c’est pas fait pour qu’on monte dessus. Entre deux coups, Robin eut quelques temps pour réfléchir aux raisons de son geste. Vu son adoration pour l’armée en ce moment, il n’avait pas frappé le pauvre douanier pour se défouler ou se débarrasser de la colère de s’être bêtement fait enlever… Etait-il jaloux du simplet parce qu’il aurait goûter à des choses qui étaient refusées au Danois ? Il ne pouvait pas avouer ça à la Mercenaire… Elle le ferait galoper jusqu’en Provence voir plus loin si elle l’apprenait. Fallait donc trouver une autre raison.

Enfin ! Les remparts de Loches, le soleil et avec les derniers coups de la nuit. Ils ne pourraient pas continuer comme ça en plein jour. Ils s’arrêtèrent donc dans le repaire de Mira. La monture n’en pouvait plus mais elle ne devait pas se montrer faible. Il opta donc comme toujours pour la raillerie.


Bah alors ? On est fatiguée, princesse ?

Petite accentuation dédaigneuse du dernier mot aussitôt récompensée par un coup du plat de l’épée sur son flanc meurtri. Ah les femmes… vraiment aucun humour.

Ils prirent place dans le repaire afin de se reposer avant la suite du voyage. Enfin, c’est ce qu’ils auraient pu faire si la ‘harpie’ n’avait pas harassé sa monture d’un soir avec ses éternelles questions que l’on pourrait toute résumer en un mot : ‘Pourquoi ?’ La réponse était invariablement un grognement. Un vrai dialogue de sourds, j’vous jure…

Puis elle le laissa seul, entravé comme un animal de foire, pendant qu’elle se rendait au marché. Elle avait pensé à tout, l’animale et toutes les tentatives du vairon se soldèrent par un échec.

A son retour, elle tirait une chariote que Robin eut le ‘privilège’ de tirer derrière lui avec de nouveaux coups en guise de carotte.


On va où comme ça ? C’est gentil d’avoir penser au déjeuner. Je commence à avoir faim.

Sourire railleur aux lèvres.

Il était évident qu’ils se rendaient en Berry vu la direction empruntée, l'âge des sept nains, celui de Capitaine, la position de la lune et de la constellation du cygne, etc etc. Mais où précisément, il n’en savait rien. Peut être vers Saint Aignan où la Châtaigne avait vécu quelques temps….

L’hypothèse fut confirmée et ils y allaient pour faire du commerce en plus de se planquer, le temps que la situation se calme en Touraine. Autant joindre l’utile au nécessaire…

Entre deux mots doux et tapes plus ou moins amicales, Mira revint à la charge. Elle n’abdiquerait donc jamais vu que la mercenaire était aussi bornée que l’Ours. Et il finit par trouver un semblant de réponse acceptable.


En tant que Prophète, j’ai estimé qu’il était indigne d’un tel privilège. Nous ne pouvons nous permettre d’être une religion accessible au premier poch’tron rencontré… Comment veux tu qu’on attire du monde si on fait comme l’Arisot ?


La chariote était se fit moins lourde quand ils arrivèrent en vue de leur destination. Ils allaient pouvoir rincer la poussière de la route avec quelques chopes et un nouveau sujet à aborder en taverne. Enfin les chopes, ça serait si elle n'envisageait pas de le mettre au supplice en lui interdisant de boire...
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Hembert le Douanier, incarné par Linexiv
[Morne réveil]

Plus proche on a été convaincu de décrocher la lune et plus dur est le réveil. Constatation classique mais que le pauvre Hembert découvrait juste, douleur et humidité en plus. Pour la première, pas la peine de chercher plus loin que du côté de son nez qui semblait avoir doublé de volume. Du côté de l’arrière du crâne aussi. Bref, un beau mélange qui résonnait avec la coutumière gueule de bois avec, au milieu de tout ça, l’image récurrente d’un poing en mouvement. Quant à l’humidité, il fallait la relier avec les ricanements des lèves-tôt qui entouraient le garde qui venait de lui verser un bon seau de flotte sur la tronche, remède universel.

Rapidement recollé sur ses pattes et entraîné par une maréchaussée peu désireuse de voir l’affaire du douanier bourré s’ébruiter, Hembert en profita pour chasser quelques vapeurs d’alcool de manière à établir sa version des faits alors qu’une sourde angoisse naissait au creux de son ventre.

Il était vraiment mal là. S’être fait rétamé par deux bonnes femmes, ce n’était même pas descriptible, des plus crédibles en plus, et surtout complètement ridicule. Bien entendu, si le pauvre douanier avait eu les idées plus claires, il serait sans doute arrivé à la conclusion que vu la force dudit poing, même, ou justement, en considérant la taille de la mégère, c’était plus que louche. Mais Hembert n’en finissait pas de cuver et les élancements en provenance de son nez déformé n’aidaient pas à une réflexion objective.

Deux bonnes femmes. Non seulement il s’était fait avoir mais en plus il s’était fait rossé, sa virilité venait vraiment d’en prendre un coup là… Tout ça pour… pour… Les clefs… Elles lui avaient forcément volé les clefs et ouvert les portes pour laisser entrer des hordes de brigands, elles avaient… Léger regard par-dessus les épaules de son escorte, rien d’inhabituel à noter, quelques paysannes se dirigeant vers la place du marché, des ivrognes qui rentraient, rien qui pouvait laisser entrevoir une quelconque conséquence quant à sa mésaventure. Et d’ailleurs, si les clefs avaient été dérobées, ses futurs ex-collègues arboreraient une mine différente et ne s’embêteraient pas à le soutenir.

Maigre lueur d’espoir qui s’anima dans les yeux piqués de sang de l’ivrogne douanier, oui, il avait peut-être une chance de s’en sortir… A condition de faire la bête, et ça, fallait reconnaître qu’il savait bien la faire apparemment…

Quelques rues plus tard, au château, dans l’aile réservée à la Connétablie, Hembert eut donc le privilège de bafouiller des explications devant son supérieur. Lesquelles, pour en faire un résumé, se bornèrent à la répétition de demi-phrases oscillant autour de « j’suis sorti pour…parce qu’il fallait que je sorte… m’enfin… Puis j’me souviens plus… J’crois que j’suis tombé et que j’me suis cogné…. »

Le Chef des douanes n’était pas crédule, juste fatigué, et particulièrement heureux de débuter sa journée avec un pauvre type puant la vinasse. De ce fait, s’il releva la –légère- incohérence entre un nez cassé et la grimace qu’amorçait Hembert lorsqu’il se passait convulsivement la main à l’arrière de la tête, il décida que le plus simple pour l’instant était de le laisser décuver et ordonna aux gardes de balancer le douanier au trou.

Cette réjouissante manœuvre effectuée, il put, en toute quiétude, se concentrer sur ses occupations journalières.
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