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[RP fermé] Et vogue la galère...

Marievictoire
Ce RP fait suite à celui-ci entamé en Gascogne. Petit mot doux par MP pour ceux qui voudraient participer ! Merci !^^


[Saint Lizier – à l’auberge]

Marie et sa maisonnée avaient fini par rebrousser chemin après quelques jours passés à Saint Bertrand, tata Firielle n’ayant finalement pas montré le bout de son joli nez. Saint Lizier… à une journée de route du comté Toulousain… sa destination finale.

Saint Lizier… l’achèvement d’un voyage, le début d’un nouveau. Elle avait mené sa barque dans la tempête depuis toujours, écopant les voies d’eau, évitant les écueils fatales, rêvant de plages ensoleillées quand l’orage déversait sur sa vie des torrents de larmes. Dans celui-ci elle ne serait plus maîtresse du navire. Le gouvernail serait entre les mains d’un autre, la menant vers des rivages inconnus qu’elle craignait hostiles. Au moins fallait-il qu’elle puisse avoir confiance dans le capitaine.

Non qu’elle eût le choix en réalité… Sans doute voulait-elle pourtant en conserver l’illusion. Même épouse du capitaine, elle ne serait jamais qu’une passagère à bord de sa propre existence… une perspective suffisamment effrayante pour justifier ce rendez-vous qui n’avait certes rien de galant.

Il avait fait parvenir un message prévenant de son arrivée prochaine. Elle avait répondu en joignant l’adresse de son auberge à Saint Lizier, maintenant elle attendait.
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--Basile_de_bonnefond


L'Ange de Basile était sombre. Et Basile détestait cela. Ses yeux aveugles toujours si étrangement rêveurs brillaient un peu trop. Basile ne supportait pas que son Ange soit triste, ou inquiète. Surtout lorsqu'il n'y pouvait rien changer. Il avait veiller à ce qu'elle fût convenablement logée, nourrie et avait même tenté de la distraire en dénichant quelques livres poussiéreux, installés sur une étagère de la salle commune depuis si longtemps que l'aubergiste elle-même en avait oublié l'existence. Il avait proposé de lui en faire lecture mais elle avait décliné la proposition avec un sourire mélancolique qui lui avait crevé le cœur.

Basile savait qui et pourquoi elle attendait. Il savait aussi qu'il ne le laisserait pas la rendre malheureuse. Il avait voué sa vie, le peu d'âme qui lui restait et qu'elle avait réussit in extremis à sauver de la damnation, à la servir. Jusqu'à la mort, sans aucune hésitation. La voir ainsi errer sans but dans l'auberge, tordant nerveusement ses mains délicates, sursautant chaque fois que les gonds mal huilés de la porte grinçaient en s'ouvrant, le rendait fou au point qu'il en aurait hurlé de frustration.

Et puis finalement... il avait enfin reçu le coup de pouce du destin qu'il avait tant prié pour recevoir. Il grimpa, quatre à quatre malgré son age, les marches menant aux chambres de l'auberge et, après avoir frappé, pénétra dans la chambre de la jeune fille qui se tenait assise près de la fenêtre guettant l'horizon qu'elle ne pouvait voir.

- Mademoiselle, commença-t-il après s'être respectueusement incliné. Elle tourna vers lui son regard sombre et tourmenté.
- Oui cher Basile ?... Qu'y a-t-il ? Je vous sens bien agité. L'interrogea-t-elle en souriant.
- ... ha... La perspicacité de la jeune fille le laissait toujours pantois malgré l'habitude. Oui, Mademoiselle devine juste, comme toujours. Un coursier de Madame votre tante vient d'apporter l'invitation à dîner que vous attendiez Mademoiselle. Madame Firielle souhaite vous recevoir en compagnie de Messire Antoineleroy et son épouse.
- Fort bien, répondit-elle avec un sourire un peu plus réjoui, Appelez Ninon qu'elle m'aide à me vêtir et faites préparer ma voiture.
- Bien Mademoiselle.
- Ah! Et... si Messire Von Wittelsbach arrivait en mon absence, veuillez lui proposer de me rejoindre au château.

Basile retint une grimace, puis s'inclina de nouveau avant de sortir de la chambre pour quérir Ninon, la camériste de Marie.

Quelques heures plus tard, la voiture noire s'éloignait en direction du château comtal, emportant à son bord un Ange de bleu vêtu. Basile qui avait reçu consigne d'attendre à l'auberge la venue de leur invité referma la porte en soupirant. Au moins ce soir, elle avait une chance de vivre encore un peu de son rêve...
Natale
Ha ça ira ! ça ira !

Le vicomte avait répondu à la levée de ban toulousaine et avait dû partir de toute urgence de Gascogne en prenant la route des cols pyrénéens.
A la bonne heure ! Cette absence lui avait permis d'éviter de la retrouver trop tôt.
Il s'était résigné. Au moins elle était joliment dotée et il espérait que sa tare ne se porterait point sur la descendance. La famille bien trop ancrée dans les bonnes mœurs aristotéliciennes, il ne se faisait point trop de doutes sur sa vertu, mais... si les héritiers sont eux aussi amenés à ne point voir la lumière du jour, ce sera-là parfaite fourberie. Et lui de s'imaginer déjà les complications qui pourraient survenir quant à cette alliance.
Ils ne s'étaient vu qu'une foi en tout et pour tout, c'était lors de la présentation de "l'offre" en mariage, et quel appel d'offre !
*grmmbl*
Se retrouver seul à huis clos devant l'estimée famille, comment ne point faire l'affront de dire simplement :"non". Il évoluait et ne se faisait plus du tout d'illusions.
Il avait cherché la mort en allant à la guerre, la mort pour l'oubli et la mort pour retrouver un cœur meurtri. Malheureusement il n'avait eu qu'une vilaine blessure à la jambe et son esprit se perdait dans ses nombreuses errances...
Il ne l'avait donc vu qu'une seule fois, il ne la connaissait même pas, néanmoins il avait bien du dire oui, sans le dire. Cela ferait une belle alliance que celle de leurs deux domaines, pour peu qu'elle lui assure une filiation légitime, le reste ils assureraient leurs occupations et lui tenterait de lui faire honneur pour peu qu'elle en fasse autant.

C'est ainsi que de Lectoure à Saint-Lizier il fit la route en prenant bien soin de prendre son temps. Même le destrier si prompt au galop commençait à trouver les temps long.
Jusque devant l'ostel il gagne quelques précieuses minutes de liberté. Ce n'est qu'après s'être fait annoncé qu'on lui répondit que "sa" dame était partie -bref soulagement- pour quelques banquets avec quelques officialités et qu'il était convié ni plus ni moins à venir partager l'assiette comtale.
*Ô peuchère !*
C'était un don dans cette famille ou quoi que de vouloir mettre de parfaits inconnus dans des positions extravagantes et fort difficiles.

... Il demanda néanmoins la permission de pouvoir se faire toilette après ce périple harassant. Il se devait de rester présentable en toutes occasions.

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Qui est guidé par une étoile ne regarde jamais en arrière ! | Chi è guidato da una stella non guarda mai indietro!
Armes
--Basile_de_bonnefond


- Bien mon seigneur, je fais le nécessaire pour qu'un bain vous soit préparé dans la salle d'étuves. Basile s'incline avec déférence avant de s'éclipser discrètement de la chambre du Vicomte comme le majordome stylé qu'il sait être. Avant de franchir la porte toutefois il interroge : Dois-je faire venir un médicastre ou disposez-vous du nécessaire pour vous soigner convenablement ?

L'homme n'a certes pas fait étalage de sa blessure mais il faut plus qu'un pansement hâtif sous une veste bien boutonnée pour tromper le roué vieillard ! Du reste, Basile le laisserait volontiers retourner ad Patres n'eût été le risque qu'il trépasse au beau milieu du dîner comtal. Car Basile n'aime pas cet homme. Trop vieux, trop endurci, trop désabusé. Comment pourrait-il rendre son Ange heureuse dans ces conditions ? D'ailleurs aurait-il seulement l'intention d'essayer que Basile en serait comme deux ronds de flan ! Une union sans tendresse et sans espoir, une couche froide qu'il honorera par convention sociale jusqu'à ce qu'un hoir lui naisse... Voilà l'avenir sans couleur que ce coureur de dote promet à sa jeune protégée, à son Ange. Le cloître eût été préférable ! Dieu, lui au moins, aime ses épouses.

Pour un peu le vieil homme en aurait pleuré de désespoir. Elle l'avait sauvé de la déchéance où le chagrin et l'alcool l'avait plongé et lui ne saurait pas la sauver de l'enfer qui s'ouvrait devant elle ? Il était impuissant à faire son bonheur, impuissant à lui éviter ce mariage sans amour mais en tout cas il ne l'abandonnerait pas !
Natale
Le vicomte regarde ce bon homme et tique légèrement, n'est-ce point l'outre pleine de vin qu'il a vu naguère en Gascogne? Parbleu quelle transformation ! Un bref sourire.
-Nenni ça ira
Il conserve toujours sa fierté, ce n'est qu'une blessure de toute façon.

Passé le temps des ablutions, puis le temps de se rendre au castel, de faire ripaille les deux promis rentrent au logis...


[Après le barbecue ou la petite garden party à votre convenance]

Le destrier à fait la route à côté du carrosse, c'est après une longue journée harassante sous le soleil d'Armagnac qu'il rejoindra cette fois-ci une couche fraîche et bien entretenue pour changer des étapes au grand air.
Tout en retenue il se fit pour autant un peu plus galant et lui présenta la main pour descendre du carrosse et ainsi rentrer en l'auberge.
Le temps de dire oui, non, demain... et de congédier les dernières personnes, ils parvinrent par devant la porte de sa chambrée.
Il n'ont point trop parlé jusque-là à part pendant le repas et encore.
Un silence s'installe entre eux deux et il regarde dans le clair obscure cette frêle silhouette qui semble regarder nulle part et qu'il devine pourtant tous les sens en éveil. Un bref instant il se met à sa place et lorsque le silence ne devient que plus pesant il décide de le rompre. Enfin!

-Il y a je crois - ma dame - un certain temps que vous nous avez demandé entrevue et.... les événements nous ont hélas point permis d'y sursoir aussi prestement que nous l'aurions souhaité.
Que dire diable ! Que dire !?
Que de conventions, lui-même ne s'y retrouve pas. Non il ne la connait point et il devrait déjà l'aimer !? Elle devrait la remplacer !? Tout au plus peut-il apprendre cultiver son amitié, qui sait, cela serait déjà une bonne étape.
Reprise :

-... Aussi peut-être pourrions-nous nous entretenir avant que cette porte ne se referme sur vos rêves, le lendemain nous avons également grande route à faire et peut-être que l'occasion semble trouvée.
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Armes
Marievictoire
[a l'issue du dîner (presque) parfait]

Elle s'est bien amusée nonobstant l'anxiété qui lui nouait les entrailles. A-t-elle été à la hauteur ? A-t-elle su faire preuve de suffisamment d'élégance ? De distinction ? Ne s'est-elle pas montrée trop frivole ou trop futile ?...

Il n'a pas voulu monter avec elle, prétextant une monture rétive à tout autre cavalier que lui-même... Elle espère qu'il ne s'agit d'une excuse pour éviter sa présence, la promiscuité d'un habitacle mal éclairé. S'en suit un trajet morne et silencieux, contrastant cruellement avec l'ambiance lumineuse et enjouée du dîner. Même ce poing galamment tendu pour l'aider à mettre pied à terre ne parvient pas à lui ôter ses appréhensions.

Ensemble ils gagnent l'étage des chambres.

-Il y a je crois - ma dame - un certain temps que vous nous avez demandé entrevue et.... les événements nous ont hélas point permis d'y sursoir aussi prestement que nous l'aurions souhaité.

-... Aussi peut-être pourrions-nous nous entretenir avant que cette porte ne se referme sur vos rêves, le lendemain nous avons également grande route à faire et peut-être que l'occasion semble trouvée.


Elle se redresse un peu, prend une légère inspiration, elle a oublié ce qu'elle voulait lui dire, lui demander. Peut-être est-ce le vin, peut-être est-ce le trac ? Ne reste que cette présence dans l'obscurité, odeurs, bruits de respiration, légers déplacements d'air d'un corps presque immobile... Instinctivement elle avance d'un pas vers lui, sa main droite se lève, se tend vers ce qu'elle suppose être son visage puis s'arrête soudainement à quelques centimètres.

- Pardon... je... voudriez-vous me permettre de... vous regarder ?

Elle bafouille, rougit, se mord la lèvre. Quelle idiote ! Petite oie écervelée.
La plupart des gens se jugent au premier regard, sur des apparences futiles ou trompeuses. Elle non, puisqu'elle ne les voit pas. C'est avec son cœur, son esprit, ses autres sens, qu'elle l'a découvert, qu'elle s'est forgé sa première impression. Sans doute faudrait-il lui expliquer...

Lui expliquer... mais quoi ? Qu'il ne s'agit pas d'un geste amoureux ? Est-ce bien certain... Elle n'a que 17 ans... C'est un homme, il est grand, et fort, et gentil malgré une maladresse un peu rude. Il est blessé, non point simplement la balafre mal rafistolée qu'il cache sous sa veste, mais au cœur, là où cela cicatrise le plus mal. Elle s'en défend mais il lui plaît. Il parle de voyage, de navires partant pour des pays ensoleillés dont les noms font battre son cœur. Elle voulait lui parler raison, lui montrer qu'elle sera une épouse honorable, une compagne agréable, qu'elle n'était ni sotte ni fainéante... bref, lui faire l'article, vendre sa camelote. Mais de raison elle n'a plus à cette heure.

Tout à coup ce n'est plus seulement son estime et son amitié qu'elle veut conquérir. Elle est trop jeune ! Trop jeune pour renoncer à la seule chose qui donne un sens à la vie. Elle sera patiente, elle sera douce et attentive, elle ne le brusquera pas mais elle veut plus entre eux qu'un pacte marchand et...

Allons Marie cesse de rêver petite sotte ! Il aime déjà, lui. Son cœur ne s'ouvrira pas pour toi parce qu'il est déjà plein d'elle, de son souvenir, de sa douleur...
Je voudrais qu'il me parle d'elle...


- Je voudrais que vous me parliez d'elle.

Elle a rougit encore plus fort en entendant ses pensées franchir ses lèvres. Lui a sursauté et soudain sa joue mal rasée se trouve lovée dans la paume fraîche et douce de la jeune fille qui cesse de respirer.
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Natale
Quelles questions déroutantes, il s'était attendu à tout mais point à cela. Il devine dans sa voix la jeunesse et la candeur de la jeune promise.
Une porte que l'on referme en bas dans le couloir fini de le surprendre et il rentre en contacte avec cette paume qu'elle lui avait présentée sans qu'il sache trop pourquoi.
Sa main droite à lui, beaucoup plus habituée à tenir une épée remonte et vient chercher celle de sa future épouse qu'il garde légèrement en retrait, il tente de le faire avec délicatesse. Il passe pour l'instant la deuxième question et reprend la première :

- Vous voulez me voir ?
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Armes
Marievictoire
Le contact subtil est immédiatement rompu : d'une faim ferme il écarte la paume intruse qui s'était immiscée dans son espace vital. Dans un bruit de verre les espoirs de l'adolescente volent en éclats. Elle se raidit face à la douleur, non celle de cette poigne inflexible refermée sur son fragile poignet, mais celle de ses rêves brisés. Il n'y a pas de place pour cette sorte de gestes spontanés dans un couple uni par devoir.

Elle fronce les sourcils et tente de soustraire son fin poignet à cet étau inflexible. Tout à coup elle a peur. Réellement peur. Elle ne le connaît pas et pourtant elle lui appartient déjà. Il peu disposer d'elle sans qu'elle puisse se plaindre et n'a certes pas la force de lui résister. Mais elle possède de courage ce qui lui manque de force et s'astreint à lui tenir tête le plus vaillamment qu'elle puisse.

- Voudriez-vous me lâcher, je vous prie. Vous me faites mal. Le ton est posé même si la voix tremble légèrement. Cela aurait pu être pire. Mes yeux ne sauraient vous voir mais mes mains le peuvent. Je ne souhaitais que découvrir le visage de l'homme à qui je m'apprête à vouer ma vie toute entière. Non que cela ait une quelconque importance puisque vous et moi savons qu'il ne saurait être question d'amour entre nous, n'est-ce pas monsieur ? Je souhaitais simplement pouvoir me forger une image de vous aussi réaliste que possible afin de vous imaginer à défaut de vous voir. Je peux par exemple vous dire que vous avez la paume calleuse des épéistes chevronnés, la poigne de l'homme d'armes plus habitués à écarter la menace ennemie que la main d'une jeune femme... Pouvez-vous me lâcher, s'il vous plaît ? Vous commencez réellement à me faire mal.
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Natale
Elle lui coupe le souffle, il ne s'était point attendu à pareille histoire, ce, c'est.... c'est tout bonnement rocambolesque et il encore du mal à s'y faire.
Une petite minute pour encaisser la réplique, une autre minute pour déglutir et la regardé elle dans les yeux.
Inspiration, légère expiration pour se calmer.
Son souffle chaud fini sa course sur la paume qu'il décide de libérer de la sienne. Battement de paupières, il ferme les yeux un instant et décide de lui faire confiance et, pendant qu'elle exercera son sens tactile lui livrera la réponse à la deuxième question...

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Armes
Marievictoire
Inspiration surprise, expiration mesurée… il tente d’assimiler la… différence de sa future compagne. Pas évident. Elle souffle aussi, de soulagement, se masse le poignet puis guette sa réaction : il n’a pas bougé mais… elle n’ose plus, craint de le heurter à nouveau. Toujours immobile, sa respiration est calme s’il avait voulu couper court ce serait déjà fait…

Elle s’approche à nouveau, lève la main vers lui, guidée par son souffle, se rapproche encore – il est beaucoup plus grand qu’elle. Leur corps sont presque à se toucher lorsqu’enfin ses doigts effleurent la joue mal rasée, descendent vers la mâchoire carrée, un rien crispée par ce surprenant examen, cette intimité soudaine, étrange et embarrassante semble-t-il pour lui.

Elle, est concentrée, regarde sans voir, cherche des yeux ce qu’elle touche du doigt, la tête légèrement inclinée sur le côté à la manière des oiseaux. Instinctivement la main gauche vient se poser sur la joue droite, descend elle aussi, les pouces effleurent les lèvres, dessinent leur contour étiré. Les index caressent l’arrête du nez bien droit, s’écartent vers les pommettes saillantes, les joues légèrement creusées par trop de repas pris à la sauvette sur un coin de selle. La peau est plus douce qu’il n’y paraît sous cette rude barrière de barbe raide. Ses doigts remontent vers les yeux fermés, les paupières tièdes…

- De quelle couleur sont vos yeux ?... murmure-t-elle sans cesser de l’examiner. Oh !...

Là ! Au-dessus de l’œil gauche, à moitié camouflée dans le sourcil broussailleux, il y a une fine cicatrice… Une estafilade faite à l’épée, bien nette, bien droite. Elle s’attarde sur cette marque du passé, son passé, sa vie avant elle et dont elle ignore tout mais qu’elle doit donc accepter.

Aux coins des yeux il a de fines rides, trop de soleil, trop de chagrin… étrange comme nos émotions s’inscrivent par de petits détails sur notre visage. La plupart des contemporains de Marie ne les voient pas tant ils sont discrets, il faut avoir les yeux au bout des doigts pour les découvrir et les lire. Elle déchiffre dans ces pattes-d’oie la lumière de son Italie natale, mais aussi l’horreur des guerres, la douleur d’un amour défunt.

Les sourcils sont un peu froncés, il est soucieux, elle pressent qu’il l’est toujours. Le front est haut, légèrement plissé par la réflexion, à moitié enfoui sous une tignasse hirsute dans laquelle elle noue ses doigts fins. Elle a du se hisser sur la pointe des pieds pour cela, parcours son crâne, découvre d’étranges tresses qui lui donne, dans son esprit, un côté sauvage qui la fait sourire. Surprenant pour un Vicomte. Puis elle redescend, paumes sur ses joues, ses pouces caressant ses pommettes, le fixant de son regard étrange, rêveur et pénétrant comme si elle pouvait voir à travers lui ce qu’il cache, ce qu’il tait…

- Vous êtes beau ! conclut-elle avec spontanéité en espérant que cela dissipera un peu de la tension qu’elle sent en lui.

Dieu comme il est anxieux ! Peut-être encore plus qu’elle-même ! Les muscles de sa mâchoire jouent sous la peau burinée par le vent et le soleil, sous la barbe drue. Elle retire ses mains et recule d’un pas pour le laisser respirer, lui rendre son espace.

- Merci… mon ami. Il sera doux de deviner les petites rides que mes bêtises feront naître aux coins de vos yeux. Et peut-être d’imaginer votre sourire lorsque j’aurai réussi à gagner votre amitié...
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Natale
Tout devient noir et il se laisse faire par sa promise. Il en profite pour répondre tout bas à la question qu'elle lui avait posé.
- Discrète, elle était discrète mais pourtant resplendissante. Elle souhaitait apprendre l'héraldique et j'étais le héraut. Une rencontre du premier jour et... Hein ? Ha... bleus, non verts, ou gris suivant le temps
Il reprend son récit :
- rah ! je serais mort pour elle
Les mains se promènent sur son visage, parcourent les joues, les lèvres, reviennent sur l'arcade sourcilière.
- Nous avons vécu d'abord discrètement, puis... nous avons dû nous séparer tout en restant ensemble, il est des questions d'honneur qui ne souffrent d'aucune passion, soit disant.
Il se renfrogne un peu, elle se dresse sur la pointe des pieds, continuant son investigation dans sa blonde chevelure. Il prend une inspiration et respire son parfum tout en sentant la douceur de sa peau sur la sienne et la légèreté de son corps. Fragile mais audacieuse.
Quelle douce féminité.
Il contrôle sa tension.
Elle revient à son visage, il sent les doigts fins poursuivre et finir leur course. Elle prononce son verdict, se retire et fini sur le sourire qu'il lui aurait bien donné à l'instant présent, mais...

- L'hiver nous la reprise suite à la campagne de Berry et depuis aucune lame ni aucune pique, même provençale, ne saurait nous faire plus de souffrance.
... Il prend soin de réinstaller cette frontière. Cela vaut mieux pour elle, pour elles deux d'ailleurs, comme pour lui. Qu'Aristote lui pardonne ses tentations, un jour.
Se rendant compte qu'elle lui offrait son amitié pour le moins, le vicomte souhaite s'excuser de sa dernière remarque qui a pu paraître brusque.
Rouvrant les yeux il la toise et l'admire. Son être intérieur lui commande pourtant de ne point la convoiter.
Le blond vénitien revient alors aux négociations de paix :

- Vous avez peut-être d'autres interrogations ?
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Armes
Marievictoire
- Je vous sais gré de votre sincérité, Monsieur. Elle marqua une pause et repris d'une vois rendue plus grave par la mélancolie. Quelle chance vous avez eu ! Oh ne voyez point de cruauté dans ma remarque mais... j'aurais tant souhaité un jour, moi aussi, connaître... Elle s'interrompit brusquement et raffermit sa voix avant de poursuivre, mais peut importe.

- Soyez assuré mon ami que je ne chercherai pas à la remplacer et que je n'aspire qu'à vous apporter les joies qui sont à la portée d'une amie sur qui vous pourrez toujours compter. Je m'efforcerai de vous épauler de mon mieux et de vous offrir la descendance que vous méritez.

- N'ayez jamais peur de me faire partager vos rêves ou vos soucis, ils seront les miens quoiqu'il advienne.

- Quant à moi je serai heureuse de pouvoir compter sur votre bras pour m'appuyer et me guider. Je serai fière et honorée de pouvoir paraître à votre bras comme votre épouse.


- Vous avez peut-être d'autres interrogations ?

- Grand Dieu ! Oui, des milliers... mais elles attendrons de trouver leurs réponses au fil de jours. N'ai-je pas toute la vie pour vous découvrir désormais ? Toutefois... et bien... si j'osais... Je vous ai tantôt entendu parler d'un voyage vers l'Italie où sont vos racines... Si vous saviez comme ce nom chante à mes oreilles ! Oh ! Mon ami, s'il vous plaît, emmenez-moi avec vous à Venise ! Elle avait soudain l'air de ce qu'elle était, une jeune fille à peine sortie de l'enfance, pleine de rêves et de vie malgré les morts trop nombreuses jalonnant sa route : père, mère, amis, vassaux, oncle... Oui, malgré tout les obstacles que le destin dressait sur son passage Marie voulait croquer la vie à pleines dents.
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Natale
Il lui adresse un sourire qu'il veut chaleureux.
Crévinzou, vla ti pas qu'il emmènera la petite fillote d'Ursin pour un long et périlleux voyage sur les mers, qui plus est s'il faut fourbir ses armes avant...
... Mais peut-il refuser vraiment cela à celle qui sera son épouse et qui se fait une joie enfantine de cette prochaine "aventura" ?
Sourire de pâte à dentifrice qui se crispe légèrement quelques secondes d'hésitations. Décidément sa promise s'est s'y prendre.

- Mais bien sûr, bien volontiers
Qu'elle n'ait point le mal de mer.
- En attendant reposez-vous, cette journée à dû être éprouvante déjà et celle de demain le sera encore plus avec la route et les préparatifs pour.

La nuit se passe pour lui recroquevillé sur le seuil de la porte de la chambrée de la douce Marie-Victoire de Lasteyrie-Kamps.
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Armes
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