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Eté 1458, choses promises choses dues! Petites leçons entre amis..

[RP] Leçons de plume et d'épée

Edern
Anjou.
Terre de folie...
À ce qu'on dit.

C'est la destination du Fou. Des tavernes bretonnes aux geôles mainoises, il n'a cessé d'écouter les petites phrases et les grands discours, les cris de guerre et les chuchotis inquiets. Il a guetté les froncements de sourcils, les airs entendus et attendu que l'hameçon soit mordu. Quelques tranquilles questions pour orienter comme il se doit une conversation vers ses sujets de prédilection : mouvements de pions, improbables nœuds, avenirs orageux et matière à inspiration... Puis il a frappé aux bonnes portes, s'est vu prêter quelques clés sans lesquelles il ne s'amuserait pas tant. La dernière en date ? Ambassadeur ! C'est que le Maine, si haut en couleur, lui manque déjà... Bien sûr, il n'ira pas jusqu'à ouvrir les grands portails de chêne massif : ne l'intéressent que le pouvoir des mots et tous les moyens de le faire grandir indéfiniment, démesurément. Le temps passe ? Il le dépassera. Il a déjà commencé à se déployer, comme un soleil caché qui ne demande qu'à rayonner. Contre bien des apparences, aujourd'hui, il n'est pour cela qu'un seul duché...

L'Anjou, là où la folie est semée en contagion.
L'Anjou, là où les enfants sont en construction.

Alors il a passé contrat avec eux, naturellement, sans qu'il ne paraisse s'imposer ou les manipuler. Un tranchant contre un autre. De la subtilité il a l'expérience de plus de dix années ; après avoir bataillé à ses côtés, il va pourtant la partager avec ses puînés pour la première fois, non sans un certain émoi. Ils sauront en faire bon usage, il en est convaincu. Où, quand, comment ? Là n'est pas la question.

Apprendre et enseigner.
Être maître et élève...
Ils sont deux.

Karyl.
D'aucuns chassent rapidement les gamins qui n'ont que le "Pourquoi ?" à la bouche au lieu de se taire sagement. Pourquoi ? Pas à cause des réponses qu'ils peinent à fournir. Parce qu'ils ne le comprennent pas, cet alignement grave et terrible de huit lettres jetées tels des rochers dans le jardin de l'absurdité. Qui plus est chez un bonhomme assez libre pour laisser les mots s'échapper de ses lèvres sans que la barrière de maturité érigée par l'âge de raison ne vienne les retenir. Il en a dans le ventre quand sa mère en a plein le dos...

Calyce.
Caprice ou malice ? Un arbre généalogique à ne pas contrarier tout de suite. Amatrice de friandises en tout genre. Invitée à participer à Angers entre deux concours d'arnaque réciproque qu'il a remportés. C'est qu'elle serait presque douée, si elle ne se laissait pas innocemment piéger... Et surtout, surtout, elle lui a demandé de conter une histoire. La meilleure. La première depuis... depuis... des mois, avant la fuite, la falaise, la renaissance. Oui. Elle l'aura, son histoire. Et d'autres. Le temps de se refaire trouvère...

Une taverne. Choisie pour sa vacuité. Le Fou y a abandonné ses airs, moins pas par souci d'honnêteté - car on n'abuse que les abusés et il ne s'y intéresse pas - que pour mieux se concentrer sur l'ampleur de la tâche qui les attend. On ne jouera pas ici, pas encore ; on y apprendra les règles. Il est toujours temps... même à sept ans. Au double. Au double du double. Tous ont posé leurs instruments de mort sur la table, débarrassée de toute chope pour l'occasion. Il y a là un terrifiant lance-pierres, ainsi que des... épées ? Épées courtes ? Dagues ? Des bouts de lame emmanchés, en tout cas. Dangereux ? Peu importe. Il n'a aucune idée du niveau de ses maîtres d'armes, si ce n'est que Karyl sait "faire la épée" et que Calyce a déjà vécu la vigueur des champs de batailles. Un léger soupçon d'appréhension l'effleurera peut-être, tout à l'heure. Même si, après tout, il y a fort à parier que le maniement de l'épée n'est que l'affaire de quelques instants. Pourquoi échouerait-il là où des milliers de faibles d'esprit réussissent ? Vaudrait-il moins que ces soudards avinés et braillards qu'il éloigne de quelques phrases laconiques dans les bouges où il a décidé de s'établir pour écouter et jouer ? Moins que ces seigneurs qui ne se donnent même pas les moyens de leur arrogance ? Impossible. Une poignée de minutes et il sera un combattant aguerri, à n'en pas douter. Pourquoi a-t-il, soudainement, exigé d'être formé à d'autres armes ? Ce n'est certes pas nécessaire à la transmission du savoir dont il est dépositaire. Mais il s'agit là d'une autre partie... Dans une geôle mainoise, protégé par de fins barreaux, à la limite de l'embrasement, il a pris conscience de l'inédit d'une situation. Contre les guerriers, les bouchers, contre les forces du désespoir, la fureur noire, le Fou ne peut se battre. Impossible de faire entendre... folie... à qui n'entend pas les mots qu'on lui lance. Il lui manque un moyen de stopper la rage dans son élan, la forcer à écouter les paroles qui sont noyées dans la tempête sanglante. Et sans mourir, cela va sans dire... alors une lame de métal devra se trouver entre lui et son adversaire. Le moment est venu de s'entraîner.

On y est. Les bras croisés, le chapeau posé non loin de l'écritoire presque neuf dont on lui a gracieusement fait don en un château breton, Edern regarde alternativement les enfants assis en face de lui, le garçon et la fille, la fille et le garçon, toussote légèrement afin de leur faire comprendre qu'ils ne peuvent plus bavarder comme ils ont l'habitude de le faire. Il rirait presque de s'improviser professeur, lui qui n'a jamais reçu que des traces en héritage. Traces des histoires qui se perdent, des mots qui taillent la route... allons, trêve de ce passé. Ce matin, il faut construire.

"Dis-moi comment bien parler"

Sourire...

Je sais que vous attendez des réponses comme peuvent vous en fournir vos professeurs, parents, curés attitrés. Pourtant, ce n'est pas ce que je vais faire. Je ne vais que vous donner d'autres questions. Écoutez-les bien.

Ce sera frustrant... tant que vous ne verrez pas l'interrogation qui les ponctue.

Que sont les mots ?

Plus brillants qu'à l'accoutumée, les yeux bruns scrutent les visages juvéniles, à la recherche... d'on ne sait quoi.

Comment jouer avec eux ?

Mais avant, avant...

Pourquoi jouer ?

Le regard de l'homme se pose sur les parchemins, l'encrier et l'assortiment de plumes banales installés devant eux, à leur disposition.

Réfléchissez-y. Si vous croyez être distraits par une pensée qui n'a en apparence rien à voir avec cette réflexion, ne la rejetez pas : comprenez pourquoi elle vous est venue. Prenez autant de temps qu'il vous en faudra. Parlez à voix haute, chantez, écrivez si cela vous plaît. Lorsque vous penserez être prêts à me donner une réponse, vous la garderez dans un coin de votre esprit et me la présenterez plus tard, dès que vous serez satisfaits de mes progrès fulgurants dans l'utilisation de...

Le Fou indique l'amoncellement d'armes miniatures d'un léger mouvement de la tête.

... ceci.

Ah, réunir la plume et l'épée en une seule danse...
Que la leçon commence.
Calyce.
Le pourquoi du comment Calyce avait voulu participer à la leçon du Fou ? Elle ne saurait pas y répondre. L'homme lui avait parlé d'apprendre à manier les mots entre deux arnaques, elle avait dit qu'elle voulait apprendre... C'est simple : Elle veut tout apprendre. Et puis la présence du blondinet rendait la chose plus intéressante. Ils seraient deux face au Fou. Et puis c'est un échange de savoir, ça fait toujours bien « J'ai appris un truc à un adulte, môa ! »... Y a pas à dire, ça en jette.

Sauf qu'il faut qu'elle ait une monnaie d'échange et le Fou ce qu'il voulait, c'est apprendre à manier les armes. Chose que Calyce ne sait pas faire au moment où se fait la proposition... Sauf la mini fronde qu'elle trainait partout peut être... Encore faudrait-il que celle ci soit considérée comme une arme par l'homme au chapeau noir... Mais la rencontre avec un ange blond allait l'aider à combler son manque de connaissance et à force d'entrainement, de torture, de sueur... Bref, quelques jours plus tard, la mioche savait au moins tenir sa lame convenablement !

Le jour J arrive et même pas peur. Assise aux côté de Karyl, elle est prête à apprendre...Prête à avoir un comportement habituel, papoter de tout et de rien, poser plein de question, boire... Le maitre du jour n'a pas l'air d'être d'accord et il le fait comprendre. La brunette gardera la bouche fermée et écoutera de manière attentive...

Je sais que vous attendez des réponses comme peuvent vous en fournir vos professeurs, parents, curés attitrés. Pourtant, ce n'est pas ce que je vais faire. Je ne vais que vous donner d'autres questions. Écoutez-les bien.


Le sourcil s'arque. C'est quoi cette arnaque ? Elle a beau fréquenter les fonds de salle quand elle est en classe, elle sait quand même comment fonctionne une leçon : On pose des questions et le professeur répond !

Que sont les mots ?


Euh... "des mots". C'est la réponse que l'on pourrait lire dans les yeux de la mioche qui gardera le sourcil levé, perplexe... Mais elle écoutera, encore...

Comment jouer avec eux ?


Jouer ? Chouette... Fou ce qu'un mot peut changer la vision des choses...Le cerveau de la môme commence à bouillir, elle réfléchit... Jouer avec les mots...

Pourquoi jouer ?

Bah pour jouer pardi ! C'est quand qu'on commence ?! Le regard suit celui du Fou et se pose sur les parchemins vierges qui ne demandent qu'à être noircis...

Réfléchissez-y. Si vous croyez être distraits par une pensée qui n'a en apparence rien à voir avec cette réflexion, ne la rejetez pas : comprenez pourquoi elle vous est venue. Prenez autant de temps qu'il vous en faudra. Parlez à voix haute, chantez, écrivez si cela vous plaît. Lorsque vous penserez être prêts à me donner une réponse, vous la garderez dans un coin de votre esprit et me la présenterez plus tard, dès que vous serez satisfaits de mes progrès fulgurants dans l'utilisation de...

Les armes. Elle les aurait presque oubliées, captivée par cette histoire de jeu et de mots... Son attention se porte ensuite sur son camarade de banc à qui elle donne un léger coup de coude. Karyl savait mieux se battre qu'elle. Elle en est certaine, il s'entraine depuis bien plus longtemps qu'elle... Elle pense à la leçon qu'elle avait reçue récemment et puis la voilà qui brise le court instant de silence...


Faut vous échauffer avant... Faire le tour de la taverne jusqu'à ce que vous rampiez, en sueur ! Pis pendant ce temps là, on pourra penser aux mots ! Hein Karyl ?!

Les émeraudes sondent le regard du jeune garçon à la recherche d'un signe d'approbation, ou le contraire...
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Karyl
Les mots. Suites de sons ou de caractères graphiques formant une unité sémantique , distingués les uns des autres par un séparateur tel un blanc typographique à l'écrit ou une pause à l'oral, les mots revêtent une importance capitale pour toute société. Outils de communication par excellence, ils sont appris dès le plus jeune âge et accompagnent l’être tout au long de sa vie. Véritables portes ouvertes vers le monde extérieur et ses échanges, échappatoires à la solitude mortifère, ils sont vecteurs de messages aussi opposés que l’amour et la haine, pouvant à eux seuls créer chez autrui toute la palette des émotions humaines pour qui saurait les manier. Dès lors, les mots peuvent devenir aussi dangereux qu’une épée, incisifs et tranchants. Aidés par la sournoiserie de leur innocence, ils sont les armes d’un autre genre, le terreau de la manipulation. Oui, les mots ont un pouvoir…


Un pouvoir auquel notre petit blond est bien loin de s’intéresser ceci étant! Le voilà qui semble en effet bien plus occupé à harceler la pauvre Calyce sur ses histoires de cœur ou à lui expliquer en long, en large et en travers ce qui fait de lui le meilleur pêcheur de Saumur qu’à faire attention au Fou. Et ce n’est que le toussotement de ce dernier qui fait enfin taire le petit moulin à paroles qui ne trouve alors rien d’autre à faire qu’offrir à son professeur d’un jour un de ses sourires enjôleurs dont il a le secret avant d’ajouter à l’intention de Calyce un «
Il a dit que il faut se taire alors faut tu arrêtes de me parler et de faire la dissipation hein ! ».

Prenant une attitude de premier de la classe, voilà Karyl attentif. Enfin attentif… Jusqu’à un certain point tout du moins. En effet, si le petit homme à toujours une question à poser pour « tout savoir sur tout », la patience nécessaire à tout apprentissage est bien loin d’être une de ses qualités. L’esprit aussi curieux que volage, il n’est en effet pas rare de l’entendre poser une question et disparaitre avant même d’en avoir eu réponse, son attention déjà attirée par dieu seul sait quelle autre merveille inconnue de son petit monde.

Karyl à pourtant une bonne raison de se trouver là. Après tout, c’est bien lui qui a harcelé le Fou pour qu’il daigne lui donner cette leçon. « Si je te apprends quelque chose, il faut tu me apprends aussi un truc » lui avait-il expliqué dès leur première rencontre et à ce propos, il était bien inconcevable pour ce turbulent bonhomme que le Fou ne lui apprenne rien. Une longue négociation avait alors vue le jour jusqu’à ce qu’enfin, un compromis soit trouvé : Les mots contre l’épée. Notre petit aventurier n’avait rien d’un philosophe cependant force est de reconnaitre que les talents du Fou à l’embobiner à mainte reprises avaient fini par l’agacer au point qu’il se demande comment tout cela était possible. L’art verbal du vagabond avait alors pris un intérêt nouveau pour le blondinet : Il devait apprendre à faire pareil.

Mais revenons-en à nos moutons, ou plus précisément en classe…

Je sais que vous attendez des réponses comme peuvent vous en fournir vos professeurs, parents, curés attitrés. Pourtant, ce n'est pas ce que je vais faire. Je ne vais que vous donner d'autres questions. Écoutez-les bien.

Voilà le Fou encore entrain d’essayer de les entourlouper, Karyl en est certain. Bien décidé cependant à prouver qu’il sait lui aussi parler « bizarre » le voilà qui se tait, laissant tout juste naître sur ses traits une mine boudeuse des plus familières.

Que sont les mots ?

Là y a pas à dire il est vraiment toc toc du ciboulot. Il en a d’autres des comme ça ? Que sont les mots ? Ben des trucs pour parler tiens ! Non mais vraiment il… Soudain une lumière se fait dans l’esprit du petit ronchon : Mais c’est bien sûr, c’est pour ça ! Un sourire ravi chasse alors sa mine bourgeonne : si le Fou ne sait pas ce que sont les mots, alors c’est normal qu’il parle aussi bizarrement et qu’ils ne comprennent jamais rien à ce que ce vieil illuminé raconte ! C’est en faite parce qu’il ne sait pas qu’il est fou ! Fier de son raisonnement des plus logiques et bien trop occupé à disserter avec lui-même sur le sujet, le mioche en oublie d’écouter la suite du cours.

… Pis pendant ce temps là, on pourra penser aux mots ! Hein Karyl ?!

Oups. C’est qu’il n’a a pas la moindre idée du sujet de la conversation le Karyl alors y répondre apparait un peu compliqué. Le regard du gosse passe alors de sa voisine au professeur, du professeur à sa voisine dans l’espoir d’y trouver une quelconque aide, peine perdue évidement. « Oui oui, Calyce elle a raison il faut tu fais ! » Se risque-t-il tout de même à répondre. A choisir un camp entre une fille et un fou, le choix de Karyl est vite fait. Et puis tant qu’à y être, le voilà qui en rajoute : « Et en plus il faut tu dis les choses pour que on comprend bien et que tu fais pas la entourloupe pour que nous on te apprends bien la épée et que toi tu nous apprends pas comment tu fais hein ! »

Poings qui se posent sur les hanches, regard sévère qui détaille le Fou. Faut pas déconner non plus !

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un simple gamin des rues...
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