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[RP plutôt fermé] Qui hait qui?

Breiz24
[You don't want to hurt me,
But see how deep the bullet lies
Unaware that I'm tearing you asunder
There is thunder in our hearts]



Le décor, c’est une taverne. Le lieu ? Chinon, Touraine. Mais ça aurait pu être n’importe où. Une soirée qui commence comme une autre, une rousse qui nourrit ses enfants, un par un, deux heures avant la mi nuit. La fille est recouchée dans son couffin, le fils, gardé contre elle.
Une soirée banale, rythmée par les échanges entre son blond et une blonde, une inconnue. La rouquine se lasse, sa main erre sur la cuisse de son blond, le territoire est marqué. Tu es à moi. Qu’elle ne s’approche pas. En général, la rousse s’en tient là.
La soirée aurait pu rester banale, si la jalousie maladive de la rousse, exacerbée par sa fatigue nerveuse et physique, ne s’était pas manifestée. Elle cache son jeu la rousse. Des jours entiers qu’elle ne tient debout que par la volonté. Des jours entiers que les cernes noirs sous ses yeux sont habilement dissimulés par la poudre beige qu’elle a acheté chez l’apothicaire limousin, en même temps que le pavot qui avait fait tenir le blond face à la douleur.
Des jours que l’épuisement la ronge, petit à petit, un peu plus à chaque instant. Des jours qu’elle attend que le blond soit parti de quoi gagner leur repas du jour – parce qu’il y tient, bien que la rouquine soit plus riche que lui – pour pleurer. Des jours qu’elle pleure dès qu’elle est seule et que ses enfants dorment. Parce que devant eux non plus, elle ne craque pas.

Elle abandonne la conversation du blond, s’absorbe dans une autre, qui lui convient mieux, sur les alcools. Diable comme elle aimerait s’enivrer encore, comme elle le faisait il y a… longtemps. Avant de connaitre le blond. Avant la naissance de Gauvain. Avec « ses » hommes. Elle a jeté un voile sur cette période de sa vie, elle ne veut plus la voir, pour ne plus en souffrir. Elle est heureuse. Sa vie la comble. Elle en est persuadée. Depuis la naissance de sa fille, elle a du temps pour elle. Elle le sait. Cela lui permet de s’occuper de ses enfants, de faire les repas pour sa famille, d’aller elle-même au lavoir plutôt que payer une lavandière, de baigner ses enfants, de langer Elin, de s’interrompre toutes les deux heures pour l’allaiter. De ne plus avoir de temps pour elle. Mais pas pour les autres non plus.
Si elle avait su que parler de la politique locale avec le tenancier de leur troquet favori allait lever un coin du voile, elle ne l’aurait surement pas fait. Pour s’aveugler encore. C’était tellement plus facile.
Mais il est trop tard, et sa vie rythmée par les besoins de sa fille lui saute au visage, lui enserre la gorge. Elle ne supporte pas ce qu’elle est. Elle se hait. Mais elle sait aussi que le blond lui, aime cette disponibilité qu’il lui suppose avoir. Alors elle contient tout, encore. Peu importe. Bientôt, la parenthèse prendra fin. Bientôt ils rentreront en Bourgogne et alors, la rouquine trouvera bien de quoi s’investir quelque part. Les terres de son fils, pour commencer.
Elle se concentre sur sa discussion sur les alcools. A coté, la joute verbale entre son blond et une blonde se poursuit. Sur la cuisse du blond, la main de la rouquine trace une arabesque, machinalement. Le contact n’est pas nécessaire, mais il est agréable. Il lui permet de rester proche de lui-même s’ils ne participent pas à la conversation. Qu’importe finalement son état de fatigue, qu’importe l’épuisement et les larmes qu’elle cache quand dans la journée, sa fille refuse encore une fois de manger, brisée de chaleur et de faiblesse ? Elle est heureuse, dans l’ensemble, et malgré la peur et les doutes, l’enfant grossit, un peu. Le temps de l’apaisement est proche, celui du repos viendra avec. L’important, c’est sa main sur la cuisse du blond, l’union, rester à lui.

Quand il compare la blonde à ce qui ressort régulièrement de l’estomac d’une femme engrossée, c’est elle qui se sent rejetée. C’est elle qui lui a fait connaitre les affres des nausées permanentes, et nulle autre. C’est le dégout qu’il a d’elle qui renait.
Elle se lève, s’éloigne, ne supportant pas ce qu’elle représente pour lui. Elle emmène son fils avec elle, abandonnant la fille qui a provoqué ce rejet qu’elle croit subir à son père. Le fondement du petit garçon endormi est déposé sur le zinc du comptoir, de l’argent y est claqué. Elle réclame de l’alcool fort, une bouteille d’eau de vie. Pour essayer de retrouver un peu de cette chaleur au fond de son ventre, qui vient subitement de la quitter. Boire. Pour oublier. Ou pour faire revenir le passé. Ou bien pour le provoquer, lui, qui ne boit que du lait.


Placebo, Running up that hill
"Tu ne veux pas me blesser/Mais vois où est enfouie la balle/Ignorant que je te déchire/C'est un orage en nos cœurs."

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***** L'atelier des Doigts d'Or : couturière *****
Milo
[And all the nightmares that I have
You own my awakening
But you leave me sleeping on
Enjoying the thrill of my scream]


Une soirée comme une autre, en apparence. Apparence qui leur colle à la peau depuis qu'ils ont quitté la Bourgogne. Qui a su maintenir un semblant de stabilité dans leur couple, malgré les quelques dissensions observées. Peu importe s'ils se déchirent, parfois, tant que les apparences sont sauvegardées. Toujours paraître, c'est ça le plus important. Le reste...

Une soirée pas comme les autres, où le blond a trouvé de quoi entraîner sa langue acide et ses mots brûlants. Une blonde, au verbe au moins aussi acéré que le sien. Lui, il ne voit pas le comportement de la rouquine, trop absorbé par sa joute verbale, lui rappelant avec nostalgie les longues soirées passées en compagnie d'Amalinéa, à se traiter de tous les noms ou à s'engueuler avec les autochtones.

Il ne voit rien, comme souvent ces derniers temps. Perdu dans son univers, renfermé sur lui-même alors que sa famille a besoin d'autre chose. Taciturne et agacé, parce qu'il est complètement perdu. Il cherche vaille que vaille à essayer de ne pas consumer ce qui reste d'eux. Et plus il pense, plus les mots à l'attention de la blonde se font forts. Presque haineux. Pourtant, d'aucun diraient qu'il lui fait la cour. Mais lui...

Il ne voit rien, excepté que la mère se détache de la fille. Obnubilé par cette idée, il laisse de côté le reste, le plus important. Dans son monde, son esprit hurle que la rouquine reproduit le même schéma qu'une autre... Avant elle. Et de ça, il n'en veut pas. La rousse le sait, elle lui a même assuré le contraire. Mais le blond lui, doute. Beaucoup trop.

La main sur sa cuisse est tantôt serrée, tantôt repoussée avec une angoisse sourde lorsqu'elle se veut trop aventureuse. Lorsque vient ce geste, il n'y prend pas garde, trop concentré à répondre à cette blonde boiteuse. Enelos. Pour un peu, il en sourirait presque. Si, peu après le départ de la blonde et l'installation de la rouquine au comptoir, la bouteille n'avait pas été déposée devant elle.

L'alcool et lui, une grande histoire. Il refuse d'en boire pour éviter que ses démons ne refassent surface. Pour éviter aussi, de sombrer dans cette folie douce-amère avec laquelle son esprit flirte constamment. Pourtant, par maintes fois il se laisserait bien tenter. Sentir le piquant si particulier du liquide, qu'il soit clair ou foncé, aux notes savoureuses et fruitées. Mais il se l'interdit, se martelant le dogme devenu sien depuis la mort de sa première femme. Alcoolique refoulé ? Peut-être, peut-être pas. Il est une partie de sa vie qu'il a occulté, entre leur mort et sa rencontre avec Ilmarin. Pour le bien commun de tous, à commencer par le sien.

Lors, les yeux se plissent, la bouche se ferme et les traits se durcissent. Il émet un grognement, avant de masser sa senestre, tandis que la colère bout peu à peu dans ses veines. Mais pas suffisamment pour qu'il explose en public, à la vue de tous. Les apparences encore. Faire croire qu'il n'en a rien à faire, alors que la colère menace de le submerger.

Seule la main gantée serrant le verre de lait se crispe sur la choppe, lui vrillant les nerfs et ravivant les vieilles douleurs. Mais qu'importe, du moment qu'il a mal, du moment qu'il tient ce verre, il n'est pas en train de traîner Breiz par le bras, pour l'emmener dehors et s'expliquer avec elle de son comportement. Ni à frapper le mur faute de vouloir et pouvoir frapper la rouquine. Car c'est une chose qu'il s'est toujours interdit, même dans ses accès de folie. Frapper son double.

Maugréant une nouvelle fois, ordonnant d'une voix sèche à Tse de reprendre la bouteille et de la garder loin des mains fines et délicates de la couturière, il fixe la chevelure rousse. Un rictus amer déformant son visage, dans la pénombre, Azurs flamboyantes.




Merci à LJD Breiz pour la traduction.

Et tous les cauchemars que j'ai eu/Tu possèdes mon éveil/mais tu me laisse dormir/savourant le frisson de mon cri
Inflict, Amaran.

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Breiz24
[ Is there so much hate for the ones we love?
Tell me, we both matter, don't we?
You, it's you and me
It's you and me won't be unhappy]


La pièce est claquée fortement sur le comptoir, c’est la bouteille qu’elle veut, pas un verre. C’est la brûlure dans ses entrailles dont elle a besoin, c’est la chaleur qui l’envahit, c’est la plénitude. C’est tout ce que le blond vient de lui refuser. Qu’importe si ses mains habiles ne parcourent plus son corps, créant cette chaleur lancinante au creux de son ventre. Un verre d’eau de vie saura faire revenir la brulure. Qu’importe si la voix rauque ne susurre plus à son oreille à quel point il la veut, provoquant d’un souffle ces frissons si délicieux. L’âpreté de l’alcool saura bien le remplacer. Elle se verse un verre, puis deux, se tournant vers les Azurs, lueur de défi dans l’acier de ses yeux. Viens, viens me chercher, serre moi. Viens si tu l’oses.

Le second verre est bu lentement, un troisième est resservi. Et toujours, cette lueur de défi dans le regard. Toujours cette envie sourde de lui, douloureuse, le troisième verre est bu, essayant d’éteindre cette soif. Un homme entre, elle lui propose de l’alcool. Choisit soigneusement le vocabulaire, cisèle la phrase, pour qu’elle tranche dans le vif. Celui du blond.
La bouteille, agitée nonchalamment vers le nouveau venu. Le regard, fixé à celui du blond.

Viens. Viens mon amour. Montre moi comme tu… me hais.


Placebo, Running up that hill
Y a t il tant de haine pour ceux que nous aimons?/Dis moi, on importe tous les deux, n’est-ce pas ?/Toi, c’est toi et moi/C’est toi et moi qui ne serons pas malheureux.

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***** L'atelier des Doigts d'Or : couturière *****
Milo
Plus rien n'existe, à part cette chevelure flamboyante, cette bouteille d'alcool et cette lueur de défi dans le regard aux teintes acier. La main soigneusement refermée sur le godet raffermit un peu plus sa prise et le sourire se fait plus mauvais, tandis qu'il attend. Que la douleur devienne trop forte et la colère incontrôlable pour relever le défi. Il attend aussi de voir la suite, jusqu'où la rouquine est capable d'aller pour le faire sortir de ses gonds.

Lorsque l'homme entre, il l'occulte, comme tout le reste. Comme tout ce qui est étranger à ce qui entoure sa femme. Les rires, les cris, les conversations bruyantes, rien ne l'atteint. Ils glissent sur lui comme de l'huile dans l'eau. D'aucuns le prendrait sûrement pour un psychopathe, à le voir fixer aussi dangereusement cette femme. Voire haineusement.

Ce n'est que lorsque les mots de la rousse arrivent à ses oreilles qu'il pose lentement son verre sur la table. Trop, peut-être, à tel point que l'on peut voir les muscles de sa mâchoire tressaillir. Les mots ont fait leur office, tailler sans vergogne dans les plaies à peines refermées de leur couple malmené. Un mot, un seul, traverse fugacement son esprit. Pourtant, il se refuse à le prononcer, et plus encore à le garder en mémoire.

Au lieu de cela, il se lève, arrachant la bouteille des mains de Breiz et claquée à son tour sur le comptoir, loin de ses mains. Il se penche vers elle, l'oeil à demi-fou, une veine palpitant dans son cou. Sa voix se fait froide et sifllante, lourde de menaces, elle aussi. Plus rien n'existe, pas même sa fille restée dans la pénombre de son siège, qui sera pourtant l'argument de sa phrase.


- Quand t'auras fini d't'donner en spectacle, on pourra p'tet rentrer. Ta fille a faim. Puis, tout bas, afin que seule la jeune femme l'entende, afin de préserver les apparences qui s'étiolent pourtant peu à peu. J'le dirais pas deux fois, femme.

Et sa main gauche de venir serrer violemment le bras de la rouquine, tirant dessus sans ménagement, pour la faire descendre de son siège. Le défi est accepté, peu lui importe s'il doit être le dernier.
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Breiz24
[C'mon, baby, c'mon darling,
Let me steal this moment from you now.
Cmon, angel, cmon, cmon, darling,
Lets exchange the experience, oh...]


Elin n’a pas faim, elle dort.

Quelle idée de vouloir utiliser leur fille comme argument, elle dont la rousse connait chacun des gestes, chacun des souffles, tant elle craint, parfois, son éveil. Elle sait, donc, qu’il ne s’agit que d’un prétexte.
La poigne est forte, et malgré elle, elle ne peut lutter, d’autant que le fils endormi pèse sur son autre bras. Elle se mord la lèvre, pour ne pas pleurer, juste le temps de raviver sa colère. Elle aurait préféré qu’il la batte, peut être. Comme ça, elle aurait eu le droit de se défendre, de le blesser. Mais là, devant tous, devant ceux qu’elle considère comme des amis surtout, elle ne le peut. Elle s’enrage, donc, elle laisse la colère grandir encore, froide et tranchante.

La rouquine peste et proteste, l’acier trempé de ses yeux lance des éclairs en direction du blond, mais ils sortent de la taverne. La poigne l’y entraine. Une porte est poussée, une taverne municipale vide.


Lâche moi ! Tu me fais mal !

Elle n’a pas réellement mal, même si la pression sur son bras est trop forte, mais elle ne lui épargnera pas cette petite culpabilité supplémentaire.
Elle se dégage, brusquement, de cette étreinte, et dépose le fils dans un siège, celui qu’elle juge le plus confortable, le bordant soigneusement dans sa cape sombre. Avant de se tourner vers lui, regard chargé de haine.



Placebo Running up that hill
Allez bébé, allez mon amour/ laisse moi te voler cet instant/ allez bébé , allez mon ange, allez, allez, mon amour/échangeons cette expérience

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***** L'atelier des Doigts d'Or : couturière *****
Milo
La rouquine est tirée sans ménagement, tandis que la main libre vient prendre le couffin où repose l'enfant source de nombreux conflits. Louvoyant à travers les tables et les habitués, il l'entraîne à l'extérieur, faisant fi des éventuelles protestations qu'elle n'émet pas. Ou du moins, si tel était le cas, qu'il ne veut pas entendre. Pas plus qu'il ne fait attention aux ballotements dont sa fille est sujet, chose qu'il ne ferait pas en temps normal. Mais la colère l'aveugle, l'empêchant de voir réellement ce qu'il fait subir à la fille, pour blesser la mère. Inconsciemment, pour voir si elle l'aime réellement.

La porte d'une taverne vide est poussée, sa femme tirée et le couffin déposé sur une table, au plus proche de l'âtre encore rougeâtre. Il ne fait guère attention à l'environnement qui l'entoure, seule la chevelure flamboyante importe. Et avec elle, toutes les souffrances qu'elle apporte. Un rictus mauvais se dessine sur ses lèvres, tandis qu'elle lui ordonne de la lâcher, chose qu'il fait en la repoussant légèrement, un ricanement s'échappant de ses lèvres.


- Ne m'fais pas rire, j'ai à peine serré.

Et un sourire de venir s'étirer sur ses lèvres, carnassier et prédateur, tandis qu'elle se retourne vers lui, toutes griffes et haine dehors. Comme si ce qu'il lit dans l'Argent peut changer quelque chose à ce que lui aussi, ressent en cet instant. La colère, bien sûr, celle qui lui rend les yeux fous, fait crisper chaque muscle de son corps, serrer les dents et rendre sa voix plus froide que l'hiver. Et puis, la douleur. Celle qui comprime son coeur et l'empêche de respirer comme il le devrait.

- On peut savoir à quoi tu joues ? Qu'est ce qui va pas chez toi bordel ?!

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Breiz24
Ce qui ne va pas chez moi ? Ce qui ne va pas chez moi ?

Elle est tellement sidérée par la question qu’elle ne peut que répéter la question, alors qu’une vague de rage, froide, glaciale, lui envahit les entrailles.
Elle baisse un instant les paupières, le temps de rassembler la rage dans l’acier trempé de ses yeux. Qu’elle braque dans les Azurs, haineuse.


Ce qui ne va pas chez moi ? Tu dragues une blonde sous mon nez toute la soirée et tu oses demander ce qui ne va pas chez moi ? Tu oses !

La douleur est si vive qu’elle en a le souffle coupé. Elle l’a perdu. Elle le sait, à cette minute, elle l’a perdu. Il préfère une blonde, un blonde avec du répondant, une blonde dont le corps n’est pas difforme, contrairement à elle dont la poitrine gorgée de lait défie les lois de la mode, une blonde qui ne lui donnera pas d’enfants différents. Une blonde, pas elle. Elle, elle l’a perdu. Et elle le hait, de toute son âme, pour la souffrance qu’il lui impose. Pour tout ce qu'elle a subit pour lui, et dont il semble se moquer. Pour tout ce qu'il lui a apporté, et qu'il lui reprend, à cet instant. Pour cette vie qu'elle a accepté de vivre plutôt que la mort qu'elle était, et disparait.
Pour toute la haine qu'il fait naitre en elle, elle le hait.

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***** L'atelier des Doigts d'Or : couturière *****
Milo
- OUI, J'OSE !

Dans un cri, la voix est haussée tandis que le poing droit s'abat sur la table avec violence. Violence des mots et des gestes qui tourbillonnent dans son esprit. Violence pour répondre à la haine qu'il lit dans l'argent. Ho bien sûr, il n'a conscience de ce qu'il a fait, tout à l'heure. Pour lui, il a juste s'agit d'un échange de mots qui volaient bas, un défouloir parmi tant d'autres. Alors, que la rouquine pense un seul instant qu'il puisse se détourner d'elle pour aller voir ailleurs a le don de raviver la colère qui sommeille à peine.

- QU'EST CE QUE TU CROIS ? QUE J'AVAIS QU'UNE ENVIE, PAYER UNE CHAMBRE POUR LA BAISER ?! TU PENSES VRAIMENT QUE C'ETAIT MON INTENTION ?!

Une nouvelle fois, la table est frappée, colère dirigée contre lui cette fois. Ne se souciant guère de réveiller les enfants, juste à côté. Les mots prononcés par Ilmarin un soir d'été lui reviennent en mémoire. « Tu sais Milo, si t'étais pas si bourru, t'en ferais tomber des coeurs ». Pour lui, provoquer est un jeu, là où les autres prennent cela pour de la séduction. Aussi, lorsqu'il trouve du répondant en face, il s'engouffre dans la brèche. Sans veiller aux conséquences ni à la finalité. Il prend le monde pour un vaste terrain de jeu, gamin devant l'éternel qui ne peut se résoudre à grandir pour certaines choses.

Il secoue la tête, comme pour sortir d'un mauvais rêve, douleur lancinante dans sa dextre. Un peu pour lui rappeler pourquoi ils en sont là, à se détester plutôt qu'autre chose. La raison voudrait qu'il se calme et s'explique avec elle le plus simplement du monde. Mais l'orgueil, lui, blessé jusqu'au plus profond, se refuse à abdiquer, à reconnaître ses fautes à voix hautes et à s'excuser. Et la colère, toujours, de raviver les flammes de la rancune, tandis qu'il s'approche de la rouquine, le visage barré par un rictus mauvais et la veine de son cou palpitant comme jamais. Jusqu'à se pencher dangereusement sur elle, le fiel de ses mots à l'aune de sa souffrance.

- Tu crois quoi ? Qu'je me suis marié pour aller voir la première gueuse qui passe ?! Que je pense qu'à ça qu'à longueur de journée, juste histoire de te réconforter dans ton rôle d'innocente ? Et l'ironie de venir prendre place, trop amusée du spectacle offert, insistant sur le prénom de la jeune femme. C'est bien connu. Breiz ne fait jamais rien. Jamais, elle est trop parfaite pour ça ! Milo lui par contre, le fourbe, le salaud, l'indigent, il ne sait faire que ça ! N'est-ce-pas, Breiz ?
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Breiz24
[I want your love and I want your revenge
You and me could write a Bad Romance
I want your love and all your lover's revenge
You and me could write a Bad Romance]


La voix sourde, grondante, s’échappe de la gorge de la rousse. Regard étrécit, elle repousse fortement le blond, refusant tout contact.

Ne me touche pas !

C’est de toutes ses forces qu’elle l’a repoussé, une première fois.

Parce que bien sur, ça va être de ma faute hein ? C’est toi, toute la soirée, qui m’ignore, qui me repousse, qui cause avec une blonde bien roulée, mais c’est de ma faute ? NE ME TOUCHE PAS !

Elle le prévient. Elle sait qu’il va tenter de s’approcher encore. Elle l’a poussé fort, très fort, par provocation. A nouveau, les voilà face à face. A nouveau, elle fuit son contact. Elle refuse de sentir ses mains sur elles, ses mains qui l’électrisent, qui la brûlent, qui lui rappellent qu’elle est une femme.

NE ME TOUCHE PAS ! CASSE TOI !

Elle le repousse, violement, reculant sous le même coup, pour se dégager de sa présence. Echappant un cri bref, qu’elle tue en se mordant les lèvres, alors que sa cuisse gauche vient heurter l’angle d’une table, juste à l’endroit de la fracture, vieille d’à peine quelques mois, qui l’élance encore parfois. Elle reprend son souffle, inspirant fortement, s’appuyant des deux mains sur la table, avant de se tourner lentement, faisant à nouveau face au blond. Et de cracher, de toute son âme :

Je te hais.



Lady Gaga, Bad Romance

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***** L'atelier des Doigts d'Or : couturière *****
Milo
Il recule, une première fois. Plus surpris par le geste que parce que la force l'a obligé à reculer. Par là-même, indiquant à la conscience du blond qu'une nouvelle barrière est dressée entre eux. Une de celle qui le fait s'éloigner d'elle, parce qu'il ne la comprend pas. Mais, obstiné, il avance de nouveau. Elle ne peut pas refuser qu'il la touche, c'est impossible. Elle est à lui.

- Et qu'est ce que tu voulais qu'je fasse hein ? Qu'j'ignore les autres et que je te prenne devant eux ? Pas toi un jour qui m'a dit qu'il suffisait pas que je te donne un coup de queue pour que tu sois heureuse ? PUTAIN !

Le poing, encore s'abat cette fois-ci non pas sur la table mais sur la poutre à côté de lui, signifiant son impuissance et cette rage qui monte petit à petit. Contre lui et tout ce qu'il ne voit pas, contre ce que la vie lui impose, encore une fois. Il relève le visage, Azurs grondantes sous le fiel déversé.

- Me casser ?!

C'est le cri qu'elle laisse échapper malgré elle qui achève de briser les barrières érigées par son orgueil. Le submergeant tant et si bien qu'il titube légèrement sous la force de l'aveu. Celle de sa plus grande faiblesse, la culpabilité. Il comble la distance qui les séparent, glissant un bras autour sa taille, la collant contre lui. Glissant l'autre sur sa nuque, alors que ses lèvres se fraient un chemin sur ses paupières, puis frôlent les lèvres de la rouquine, sans toutefois les toucher.

- T'es pas mon réceptacle à foutre Brez. Et je me casserais pas. T'es ma femme. T'es à moi. J'ai droit de vie ou mort sur toi, t'entends ?. Azur qui cherche, à tâton, l'Argent au coeur de l'acier. Trouver une faille dans la carapace un moyen de le toucher. Avouer sa faiblesse et voir ensuite. Tout comme je t'appartiens.
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Breiz24
[ Viens ! Emmène-moi là-bas
Donne-moi la main que je ne la prenne pas
Ecorche mes ailes envole-moi
Et laisse-toi tranquille à la fois]


Ne – me –touche- PAS !

La phrase est grondée, enflée, jusqu’à crier le dernier mot, le repoussant encore, niant, niant le désir qu’il provoque, niant son ventre qui se consume, niant la brûlure de la paume contre sa nuque.
Jusqu’à l’éclatement. Jusqu’aux mots qui blessent plus que toute arme. Y comprit les dagues que la rousse a déjà brandies sous le nez du blond, lors d’une autre dispute, dans un autre lieu, sur un autre suj… sur le même sujet. La rousse, elle, n’en avait pas conscience. La rage l’aveuglait trop. De toutes ses forces, elle repoussa le blond, espérant le projeter loin d’elle, espérant qu’il se cogne, qu’il ait mal. Elle le repousse et elle s’éloigne, poussant un gémissement de surprise alors qu’elle s’appuie sur sa jambe gauche, claudiquant sur quelques pas, juste pour mettre de la distance entre elle et lui.

La douleur est lancinante, sourde, elle peut la nier, tant qu’elle n’essaye pas de s’appuyer sur sa jambe. De nouveau, l’acier se confronte à l’Azur. Elle halète, et finit par siffler :


J’étais à toi. Reprendre sa phrase au passé. Lui infliger cette douleur qu’elle subit depuis le début de la soirée. Qu’il sache. Qu’il souffre.Et tu n’as jamais eu aucun droit sur moi.
Inspirer, expirer. Refouler la douleur ailleurs. Ne pas avoir l’air trop pâle. Ne pas s’appuyer trop lourdement à la table. Peu lui importe l’aveu soufflé par le blond. Elle ne l’a pas entendu, brisée par la violence des mots qui l’ont précédé. Plus rien n’importe maintenant que lui faire aussi mal. Rendre coup pour coup.

Tu n’as aucun droit. Et en combat loyal, je suis plus forte que toi. Le sous entendu est cuisant. S’il veut la tuer, il devra le faire lâchement. Sinon c’est elle qui vaincra, elle le sait, et elle sait qu’il le sait. Et à cet instant, étouffée de haine, elle l’en croit capable.

Casse toi. Et brise moi encore, en partant.

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***** L'atelier des Doigts d'Or : couturière *****
Milo
Il recule une fois encore, sous la violence des mots. Pourtant, malgré les blessures infligées, il ne s'en ira pas. Peu importe s'il ne sait pas se battre avec un fil tranchant, peu importe s'il ne fait pas le poids face à l'acier. Son obstination, oscillant entre folie et conscience est sa meilleure arme. Celle qu'il a toujours utilisé dans les situations les plus complexes. Ca, son flegme, ses mèches blondes virevoltantes et cet air d'orphelin qui ne le quitte jamais. Car toutes les rencontres de sa vie se sont toujours faîtes par les armes, bien malgré lui.

Aussi, lorsqu'elle échappe encore un cri, il s'approche, encaissant chaque phrase assassine comme il le peut. La souffrance, il connaît, c'est sa seconde nature. Qu'elle soit physique ou morale, il ira panser ses plaies en silence et seul. Pas de chien contre qui se blottir ni de pendentif à caresser du bout du doigts. Uniquement ses vieilles douleurs pour amante, dans laquelle se réfugier. Et cette folie douce amère qui menace maintes fois de lui donner le coup de grâce.

Il s'approche, mais ne répond pas. Sans un mot, pas même un regard, sa main droite agrippe le bras de la rousse, la traînant jusqu'au fauteuil le plus proche. Pas un regard pour les enfants, fussent ils éveillés. Il la fait s'asseoir, main gauche posée sur son épaule pour la forcer à rester ainsi. La dextre, elle, plonge vers la petite besace toujours accrochée à sa ceinture, effleurant la mèche rousse et le caillou qu'il garde jalousement, comme des reliques. Ses doigts accrochent la boîte renfermant le baume mentholé qu'il utilise habituellement pour soulager les douleurs de sa main et en de rares occasions, soulager la cuisse de la rouquine. Il s'accroupit, pose le tout sur le sol et parle d'une voix qui ne souffre aucune protestation.

- Tu restes assise et tu ne bouges pas.

Je m'en irais après.

Le couvercle saute, il plonge l'index et le majeur dedans, les ressortant couverts de cette pâte verdâtre qu'il aime tant à sentir. Puis, sans prévenir, il glisse sa grande main sous les jupons, s'appliquant à masser doucement. Les yeux fixant un point vide, espace entre la rousse et le bord de sa chaise. Toute colère envolée et culpabilité le rongeant jusqu'à la moelle.

Thor... Pourquoi est-tu si dur avec tes enfants ?

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Breiz24
[ J’aime tes larmes quand tu aimes
Ta sueur, le sang rendons-nous amants
Qui se passionnent et qui saignent
J’aime quand mon écorché est vivant]


Elle ne résiste plus. Les trois pas que le géant l’a forcée à faire en l’attirant vers le fauteuil ont eu raison de sa fierté. L’hématome, bénin en soi, qui comprime un peu l’ancienne fracture est trop douloureux.
Elle reste dans le siège, n’essaye pas de se lever, d’éviter la main qui la maintient assise. Sa volonté s’est brisée avec la douleur dans sa cuisse. Elle ne dit rien. Elle le laisse faire, réagissant à peine, du moins extérieurement, quand les mains se referment sur sa cuisse, la massant doucement.
Elle ferme les yeux, tête renversée vers l’arrière, expirant doucement. Evacuant la douleur. Et finit par lâcher, d’un ton monocorde :


J’ai envie de toi Milo, tout le temps. Je supporte pas quand tu me repousses.Inspirer, expirer, oublier la douleur.Pardon.

Elle garda les yeux clos. Ne pas le voir, ne rien faire. Juste les mains sur sa cuisse. Pour la dernière fois, peut être. Ne pas dévoiler l’argent, même si une perle s’en échappe, dévalant jusque dans sa chevelure. Elle se mord la lèvre, attendant qu’il ne finisse le travail, qu’il l’achève, la brise, et l’abandonne. Parce qu’elle et sa jalousie maladive, elles ne méritent pas mieux.
Elle ne sait pas, elle ne comprend pas que sa jalousie n’en est pas réellement, qu’elle n’est dirigée que par sa peur, de ne redevenir qu’une mère. Le lien avec sa fille se tisse, enfin, après trois mois, mais la rousse n’a plus qu’une angoisse, c’est que ce lien la prive du blond. Que lui aussi ne vienne à l’en considérer que comme la mère de sa fille. Alors qu’il est celui qui, justement, l’a rendue à son statut de femme. Pas aussi vulgairement qu’il ne l’avait exprimé un moment plus tôt, même si leur rencontre pouvait s’y apparenter.

Malgré elle, un soupir lui échappe. Exprimant à la fois le soulagement de sa jambe blessée, et la certitude qu’il allait la quitter, ou au moins lui en vouloir, longtemps, pour son comportement.
La culpabilité, une nouvelle culpabilité, s’ajoutant à celle de lui avoir donné un bébé imparfait, fragile, faible, trop petit, trop étrange, aussi.
Et, à nouveau, la lèvre mordue.

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Milo
Il ne répond pas, lorsqu'elle brise le silence. Il ne répond pas et laisse sa phrase résonner à ses oreilles. Totalement à l'opposé des mots échangés plutôt, qui, il le sait, ne l'ont été que par la colère du moment. Pourtant, ces mots ont fait mal, comme les autres avant eux. D'autres viendront compléter la liste déjà longue des griefs, d'autres encore, viendront les apaiser.

La large main, elle, continue de masser avec une légèreté presque indécente. Parfait contraste avec ce que la phrase de la rouquine provoque chez lui. Pour autant, il ne peut pas se résoudre à parler, pas encore. Prendre le temps de rassembler ses mots et d'être sûr de ne pas faire une bêtise. Il secoue la tête, parlant d'une voix plus grave qu'à l'accoutumée.


- Je ne peux pas te pardonner rouquine. Je ne peux pas parce que...

Il retire sa main de sous les jupons, avant de se redresser à demi, observant les paupières closes et la trace encore humide d'une larme incongrue. Un soupir, il se penche vers elle, tandis que sa senestre glisse sur sa nuque et qu'il chuchote le reste de sa phrase.

- Il semblerait que je ne puisse te perdre sans me perdre moi-même. Pire, leurs âmes sont liées, tant et si bien que maudire l'autre revient à se maudire soit-même. Je sais que... On m'a souvent dit que j'étais un charmeur. Je m'en rends pas compte. Ca n'excuse rien bien sûr. Parler, même si les mots peuvent la blesser. Il n'y a qu'ainsi qu'ils pourront se comprendre. Mais je me fiche des autres Breiz. Regarde moi. Les deux mains agrippent son visage comme si leur vie en dépendait, doucement. Tu crois vraiment que si je ne ressentait que du dégoût pour toi, je serais resté ? Je serais parti dès le premier jour. Toujours accroupi, il essaie de trouver les mots justes, maladroit comme de coutume lorsqu'il faut se livrer ainsi à l'autre. Mais je suis pas un queutard. Je me fous de ce que pensent les autres et je me fous de l'image que je peux donner. Inspirer un grand coup, avant de blottir sa tête au creux de son épaule, comme le gamin éternel qu'il est. Je suis à toi Breiz, si tu veux de moi, de ma gueule cassée et de mon corps lacéré.
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Breiz24
[Silence]

Je sais.

Elle sait, oui. Tout ce qu’il dit, c’est vrai. Il a raison. S’il reste, malgré tout, malgré ce qu’elle est, c’est qu’elle lui plait.
Une main se perd dans les cheveux blonds, redressant son visage. Se perdre dans les Azurs à nouveau, les sonder, s’y noyer. Ne plus en sortir.


Je t’aime, Milo.

La main glisse vers la joue, un peu rugueuse de la barbe du jour, le pouce effleure les lèvres, délicatement. Tu es à moi. Tu es à moi oui, à moi, depuis la première seconde, depuis l’instant où nue dans l’hiver glacial, je traçais sur ton dos la lettre honnie, m’appropriant tes douleurs. Marquant mon territoire sur la trace du fer rouge. Effaçant son nom pour y imposer le mien. Tu es à moi !

La rousse sourit, malgré elle, et sa deuxième main glisse jusqu’au creux des reins du blond, les doigts s’infiltrant dans els profondes cicatrices, par-dessus sa chemise, sans jamais hésiter. Elle en connait si bien les tracés…
De nouveaux, le pouce effleure les lèvres, puis elle se penche, juste assez pour aspirer son souffle. N’osant pas le toucher, pas encore. Pas vraiment. A le frôler. Et, dans une exhalaison :


Je suis à toi…

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