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Info:
Alors que sa soeur s'apprête à être demandée en mariage et qu'Adeline entend bien écouter à la porte, un intrus se faufile.

Entre la porte et les étoffes...le dilemme est cornélien

Adeline.
Alors alors, ooooooh, les magnifiques robes, des capes, des chausses, des poulaines, des mantels, des braies, des coiffes, des bas, des perruques !!! Des perruques ? Oulah, pas normal ça...faudra que je lui fasse un crêpage de chignon à l'occasion tiens...on n'est jamais sûr de rien, mais si même la chevelure est d'adoption alors là !
Hum bref, laissons nous tenter. Entrer dans la garde robe de Léonoria n'est pas une chose qui arrive deux fois dans une vie, du moins sur invitation.
Adeline cherchait ce qu'elle pourrait bien prendre avant de faire irruption dans le salon privé à nouveau, il n'était pas correct de laisser deux entichés seuls dans une même pièce, si près du boudoir en plus. Il ne fallait point tarder, mais le choix du vêtement était ardu. Prendre une trop belle étoffe montrerait au rouquin que sa jolie Vicomtesse avait un goût divin, mais prendre quelque chose de trop commun laisserait penser qu'Adeline n'en a aucun...Diantre que le monde est cruel parfois.


Amélie ! La bleue là ! Passez la moi je vous prie, et aidez moi. Les bas et les poulaines oui aussi.
Non pas ça ! Ça c'est...mais qu'est-ce au juste ? Baaaaaaah un rat mort, bah mettez moi ça avec les chevelures postiches.


La brune sourit en coin...rooo c'était vache ça, m'enfin de bonne guerre aussi.

Habillée en vitesse, et laissant sa tenue de cheval entre les mains de la Damoiselle de compagnie, Adeline entreprit de rouvrir la porte, mais elle imagina bien que son apparition à cet instant causerait son départ sans délai pour ses propres occupations...aussi décida-t-elle de rester à écouter ce qui allait se raconter.

Mademoiselle ? Ce...ce n'est pas très correct vous savez.

Ah bah à qui le dites vous ! Rester seuls alors qu'ils ne sont pas même fiancés je vous jure.

Non mais...écouter aux portes...

Là Stauffacher se retourna avec un air des plus blasés sur le visage.

Amélie...taisez vous et sortez. Je ne veux plus jâmais vous voir.

Et la brune de se retourner, oreille collée à la cloison, laissant Amélie en plan, ne pouvant d'ailleurs pas sortir, à moins qu'elle connaisse une de ces entrées cachées que les domestiques ont pour habitude d'utiliser.
Grandstef
Après s'être faufilé comme à son habitude au nez et à la barbe des gardes du château, le blond mené par son flair assez rudimentaire avait dû s'embusquer dans les recoins pour éviter passages incessants de gardes et domestiques qui semblaient fleurir dans le domaine. Dès qu'il croiserait sa grandissime grandeur le comte, il lui ferait part de son avis sur la sécurité plutôt lâche qui lui avait permis de s'introduire en tout bien tout honneur, pour le moment, dans les quartiers de ces dames. En tant qu'ami de la famille et lointaine connaissance, il lui avait été facile d'entretenir et de soudoyer les jeunes blancs becs qui tournaient en rond à l'entrée principale, mais ici, dans le saint des saintes nitouches, sûr qu'on trouverait à redire à sa présence.

Tout à coup, au recoin d'un coin, il vit sortir grommelante, une vieille bonne femme, pestant contre un congé fort mérité sans doute. Les femmes Von Stauff n'étaient point réputées pour leur... hum bon caractère, fut les premiers mots qui lui vinrent à l'esprit. "Ah ces nobles décidément..." Levant les yeux au ciel, il se dissimula derrière tenture, laissant passer femme de compagnie et prit chemin inverse dès qu'elle fut hors de sa vue.
Atterrissant dans un grand local sentant on ne sait quel parfum pour repousser bestioles en tout genre des fringantes tenues de femmes à ce qu'il pouvait en juger. Capelines, hermines et tout le bataclan bordé de dentelles, un vrai nid à poussière que bien des femmes auraient tué pour n'en avoir que le dixième.

Encore une qui aime à changer de tenue comme on change de gredin décidément, murmura-t-il pour lui même.

Soudain son pied buta sur pantoufle de vair ou une affreuse godasse du même genre qui faisait les pied si menus, prisée par toute les donzelles. Le seul souci était que dès qu'elles arrivaient à extirper leur peton de ce machin infâme, les pieds grossissaient et enflaient comme crapaud voulant être plus gros que bœuf. Cela amusait beaucoup le blond sauf quand ladite donzelle incapable de marcher papillonnait des yeux pour se faire porter. Enfin, gesticulant pour se rattraper avec le moins de bruit possible à une tenue un peu plus pâlichonne que les autres, il réprima un cri en s'apercevant qu'il tenait là épaule de frêle jeune femme, l'oreille collée à la paroi espérant sans doute surprendre conversation privée.

Tudieu damoiselle ! Que diantre foutez vous là sous pile de vêtements qui donneraient plus chaud à un ours en plein hiver que sa propre fourrure ?
Et puis avez vous donc laissé vos bonnes manières au vestiaire, que je vous surprends là à espionner, sans doute, qui vous surpasse par la barbe d'Aristote ?

Que mille pustules explosent à la face de Christos si je devine qui vous êtes... qui êtes vous donc mordiou ! Répondez moi sur l'heure ou je gage que le comte saura bien vite quel méfait vous avez commis !




Adeline.
Les choses dans la pièce d'à côté semblaient fort comique, Adeline entendit une arrivée, des présentations et se rendit même compte que l'importun qui prenait sa place dans la pièce après son départ avait pris le moustachu pour le maître des lieux et Léonoria pour une..."Madame". Elle sourit en coin, ah tiens si elle s'attendait à tel rebondissement ! Mais au fond c'était fort fâcheux ! Elle n'aurait point les détails croustillants qu'elle avait l'intention d'écouter. Une déclaration passionnée et surtout sa soeur dans une position fort détachée, le coeur ouvert. Diantre que c'eut été amusant.
Mais alors que l'homme allait dire pourquoi il était venu, Adeline sentit une main sur son épaule.


AAAAAAAAAAHHHHHHHHH LA GARDE !!!

Cri réflexe d'une femme surprise dans son dos dans un endroit où elle n'attend personne.

Tudieu damoiselle ! Que diantre foutez vous là sous pile de vêtements qui donneraient plus chaud à un ours en plein hiver que sa propre fourrure ?
Et puis avez vous donc laissé vos bonnes manières au vestiaire, que je vous surprends là à espionner, sans doute, qui vous surpasse par la barbe d'Aristote ?

Que mille pustules explosent à la face de Christos si je devine qui vous êtes... qui êtes vous donc mordiou ! Répondez moi sur l'heure ou je gage que le comte saura bien vite quel méfait vous avez commis !


Décidément elle n'eut guère le temps de crier, il avait une sacrée verve pour un homme surpris surprenant une damoiselle tentant de surprendre sa soeur surprise par la déclaration d'un homme surpris lui même par l'arrivée d'un autre surprenant l'espionne par son débarquement impromptu, et elle encore surprise en pleine écoute aux portes.
Remise de ses émotions le temps de sa tirade elle put répondre.


Tudieu damoiseau ! Pas tant de questionnements à la fois je vous prie.
D'abord je vous retourne la question, puisque vous êtes ici chez moi ! Et allez voir le comte qui est mon frère, il sera sans doute ravi d'apprendre que vous pénétrez dans la garde robe de l'une de ses soeurs sans y être invité, et d'ailleurs, celle à qui appartiennent ces étoffes pourrait vous pourfendre si elle venait à vous trouver la morbleu !
Quant à ce que je fais ici, cela ne vous regarde pas, et vous donc ?


Flipée, ça elle l'était la Von Stauffacher, en plus il avait pas une tête fort chaleureuse, quoi que probablement charmante quand elle n'avait pas cet air de chevalier sur le qui-vive.
Fort heureusement pour elle, la porte était tout près en cas de nécessité de fuite, quoi que sa robe l'entraverait forcément...Tsss, quelle journée ! Si seulement elle était restée dans la prairie tiens !
D'ailleurs, le doute n'était plus possible...il y avait une porte dérobée par laquelle avait pu sortir Amélie, et entrer le blond.
Grandstef
A son cri, le premier réflexe fut de la bâillonner et il tendit une main vers sa bouche. Il s'arrêta dans son élan toutefois. Difficile de répondre à myriade de questions avec seulement quelques onomatopées genre "mmmm... mmmm... rooo...mmmm grmmmlll..." enfin vous voyez le genre, chers amis et voisins. L'œil du grand échevelé se fit inquisiteur et il détailla la donzelle de la tête aux pieds.
Une tenue de bon aloi, enfin d'équitation qui sentait encore le cheval d'ailleurs, mais de bon aloi tout de même. Sûr que cela n'avait point l'air d'une servante. Se pouvait-il qu'elle dise vérité ? D'un battement de paupière, il chassa cette idée rocambolesque et afficha un sourire carnassier. Ce n'était qu'une femme hein, depuis quand celles ci péroraient autre chose que ce qui leur convenaient ?
Il s'adressa à elle d'un ton condescendant et un brin péquenaud. Il avait remarqué depuis fort longtemps qu'il n'y avait rien de plus détestable aux oreilles des gens qui se prenaient trop au sérieux que ce fort accent paysan...

Alors ça la donzelle va falloir prouver vos dires ! J'connaissions bien sa grandissime valeur qu'est el m'sieur l'comte et c'est sa grâcieuseté elle-même qu'y m'a dit d'user à ma conv'nance de tous el recoins afin d'en tester la sécurité, si vous voyez c'que j'voulions dire...

Comme il la voyait zieuter en tous sens à la recherche d'une porte de sortie, il ricana en tendant son pouce par dessus son épaule et il reprit de sa voix bien marquée de baryton avec un ton plus amène pour la déstabiliser un peu plus encore :

Ce que vous cherchez est derrière moi, ma dame... Prenez donc mon bras que je vous conduise à vos appartements... A moins que vous vouliez entrer chez ceux que vous espionnez? Je gage qu'ils seront ravis de notre visite...


D'une main ferme et sans répondre plus avant au discours de la brune, il lui prit le bras sans ménagements, noble ou pas, soeurette ou pas, il ne s'en était jamais laissé conter par affriolante pucelle ou autre donzelle plus sensuelle. Et puis il avait blanc seing du seigneur des lieux pour éprouver la sécurité, donc autant lui montrer tout de suite que personne ne serait à l'abri de son œil vigilant. Tout en sortant, ils fourragèrent un moment entre étoffes et perruques car la donzelle semblait vouloir résister à la poigne de fer... Arriva ce qui devait arriver... Tout un pan d'étagère se démobilisa et perruques en tout genre leur tombèrent sur le crâne. S'ébrouant comme jeune chiot, le blond laissa retomber à terre faux cheveux et ne put réprimer un rire moqueur en voyant bestiole à poils ras et à la queue lisse surplomber la chevelure de la brune.

Mordiou ma dame ! Remettez donc de l'ordre dans votre chevelure, on croirait que vous venez de danser bal de la Saint-Jean avec la populace !
Adeline.
Tsss, le langage des rustauds elle connaissait...une fugue avait au moins l'avantage d'enseigner ces étrangetés du monde. Et elle n'avait point perçu chez l'intrus son accent d'ailleurs fort mal imité lorsqu'il l'avait saluée, si l'on peut appeler ça saluer.
C'est donc sans agacement à ce sujet qu'elle allait répondre, cherchant des yeux la porte du fond que décidément elle ne connaissait point.


Ce que vous cherchez est derrière moi, ma dame... Prenez donc mon bras que je vous conduise à vos appartements... A moins que vous vouliez entrer chez ceux que vous espionnez? Je gage qu'ils seront ravis de notre visite...

Elle allait donner sa préférence quand elle fut attrapée par le bras, mais hors de question qu'Adeline se laisse faire ! Et vas y qu'elle jure et se débat. Pour la première fois elle aura certainement besoin d'aller à confesse, si le blond ne la tue pas avant. Les blasphèmes s'enchaînent...

Mais lâchez ! lâchez !!

Raaah quelle poigne, si elle avait un temps soi peu écouter Sieg ou son frère pendant leurs cours de combat...peut-être aurait-elle une botte secrète capable de désarmer et de rejeter un assaillant.

Malotru !!

Et Vlan ! Il n'en faut pas plus pour faire basculer les merveilles de Léonoria, dont le rat déposé là un moment plus tôt, et voilà l'arroseuse arrosée. RRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr Adeline fulmine, une caricature lui mettrait même de la fumée dans les oreilles, et la goutte d'eau !

Mordiou ma dame ! Remettez donc de l'ordre dans votre chevelure, on croirait que vous venez de danser bal de la Saint-Jean avec la populace !

LA boutade de trop, et en plus on critique sa chevelure ! Loin de se laisser effrayer par l'horreur que représente pour elle le gris animal, elle le jette furieusement hors de son débarras capillaire où l'on devine encore sa mésaventure de l'après midi, puis fait face au pseudo garde de la sécurité.
Adrien aurait au moins indiqué à ce malappris qu'il ne serait pas seul dans le château en son absence !


Vous allez le danser le bal de la St Jean je puis vous le promettre immonde...immonde ! Raaah !

Perdrait-elle son sang froid ? Adeline ne serait pas Adeline si elle avait le contrôle d'elle même, et de tout façon, il n'y a qu'une botte secrète chez une femme, ses cordes vocales.
Tentant presque vainement de le faire valser d'un coup de pied, elle craque la tenue précédemment empruntée à sa soeur.


A MOI LA GARDE !!!! LEONORIAAAAAAAAAAAAAA, ANGEEEEEEEE......mmmgrgrmrrfff

Mais pourquoi parbleu ont-il des noms si longs ! une fois de plus la voilà meuglant, puisqu'évidemment le mufle ne la laisse pas hurler plus longtemps...

Grandstef
Vous allez le danser le bal de la St Jean je puis vous le promettre immonde...immonde ! Raaah !

Voilà les insultes qui commençaient à pleuvoir. Loin de s'en émouvoir, il en prit son parti avec philosophie, mais il restait toujours au fond de lui énorme amusement que ses yeux avaient sans doute bien du mal à cacher. Il faut dire, que la brunette, un rat sur la tête avait fortement perdu de la superbe qui était la sienne, pour un peu Stef l'aurait "croquée". Et oui, à ses temps perdus, il réalisait de magnifiques croquis avec de vieux fusains. L'air furibond de la donzelle était parmi des plus sympathiques sans compter la coiffe grise à qui il n'aurait manqué qu'un léger balancement de queue pour donner air irréel à la scène.
Il fut interrompu dans ses réflexions croquignolesques sur choix de technique dessinatoire (fusain ou sanguine ?) quand la belle se mit à ruer dans les brancards avec force cri d'effraie.

A MOI LA GARDE !!!! LEONORIAAAAAAAAAAAAAA, ANGEEEEEEEE......mmmgrgrmrrfff
Par les cornes du grand rouge ma dame cessez donc ! On pourrait croire que j'en veux à votre vertu. Or il n'en est rien palsambleu... En tout cas pas encore !
ajouta le blond d'un air malicieux en la bâillonnant pour de bon cette fois.

Une main sur sa bouche en espérant qu'il ne lui viendra pas à l'esprit que dents pourraient servir à libérer cette dernière, il enlaça la pucelle effarouchée en lui bloquant les bras le long de son buste afin qu'elle cesse manège qui le mettait en si fâcheuse posture.
Se faisant, il se demandait si sa majesté le comte le féliciterait de ce comportement quelque peu cavalier lors de son retour. Après tout si la damoiselle était bien ce qu'elle disait être, il serait presque un crime de poser les mains sur elle. Enfin contre sa volonté toujours. Toutefois cela ne l'arrêta pas, endiguant les ruades de la pouliche qui se débattait toujours, il l'entraîna hors de la garde robe la faisant avancer avec le plus de délicatesse possible dans telle situation (c'est à dire pas beaucoup on s'en doute). Après tout ce n'était là qu'un petit éclat et il n'eut aucun mal à résister aux assauts si peu convaincants de la brune.
La coinçant dos contre le chambranle de la porte donnant sur la pièce contiguë à la garde robe, il lui murmura :

Allons ma dame ! Si vous êtes bien ce que vous dites être, ne vous effrayez point, je ne vous ferai aucun mal. Et cessez donc tous ces hurlements et grommellements par ma barbe, vous allez finir par nous rompre les oreilles. Je vais bientôt être obligé de prendre vos lèvres tremblantes afin de vous faire taire...

Il esquissa un sourire taquin sous la menace de baiser volé en relâchant son étreinte et libéra enfin la jeune femme. Habits, parfum et langage orné l'avaient convaincu qu'il s'agissait bien là d'une des sœurs d'Adrien, mais laquelle ? Il n'aurait su le dire... Encore que le nom qu'elle venait de crier : Leonoria, lui faisait bien fortement accroire qu'il avait tenu un instant dans ses bras, l'ainée des deux sœurs. Adeline si sa mémoire ne lui faisait pas défaut. La mise en garde du blondinet endentellé lui revint : "Prends garde avec mes sœurs, elles ont fort caractère et je suis bien certain qu'elles ne voudront se laisser faire à tes manières ou ta curiosité." Voilà que première rencontre s'annonçait sous la plus belle des couleurs, mais il avait été formel, la sécurité du domaine lui importait plus que tout en son absence. L'expérience du grand blond avait été atout majeur pour l'obtention du poste. Son passé tumultueux, dont le comte était parfaitement au fait, apportait un lustre à nul autre pareil en ces circonstances. Déjouer les services de sécurité était une seconde nature chez le blond et quelques villes ou châteaux s'en étaient aperçu à moult frais. Stef s'étonnait encore que le comte eut été si confiant en lui pour avoir introduit en quelques sortes le loup dans la bergerie. Sans doute les bonnes manières dont il le savait capable et l'incroyable aplomb dont il avait l'usage pour se sortir de bien des mauvais pas et chausses-trappes. Dans la pièce avoisinante, se fit entendre quelques pas désordonnées et précipités. Aussitôt, le visage du blond prit allure roublarde, il remit vite fait de l'ordre dans sa tenue et se composant un masque superbe de savoir vivre, il s'adressa presque avec déférence à la jeune damoiselle qui reprenait son souffle :

Est ce donc là choix réalisé dame Adeline ? Nous allons donc apercevoir de visu les si aimables personnes que vous espionniez tantôt ?
Adeline.
Et la voilà bâillonnée. Alors, certes elle avait cherché ! Mais qu'est ce qu'il faisait là bon sang ! La pauvre ne faisait qu'écouter à une porte, elle ne comptait tuer personne.
En plus elle en voulait presque à son assaillant de n'être là que pour la torturer et non point pour lui vanter sa beauté...c'est tout juste s'il l'avait toisée. A la colère et la panique vint s'ajouter la contrariété. Était-elle donc si commune ? Superficielle certes, mais elle avait tout de même un peu de charme non ?


Par les cornes du grand rouge ma dame cessez donc ! On pourrait croire que j'en veux à votre vertu. Or il n'en est rien palsambleu... En tout cas pas encore !

Ah ! Enfin il était interessé. Bon, ce ne fut pas pour la contenter non plus. Certes Adeline était de ses Hermione admirant Pyrrhus, de celles qui aiment le méchant dans l'histoire...m'enfin quand ça vous arrive, vous faites moins la fière.
Ni une ni deux elle se retrouva collée au blond. C'en était fini de lui, il était beaucoup trop près. Contrôler la sécurité du château passe encore, mais celle de Mademoiselle ! Diantre ! Elle n'avait besoin de personne pour savoir si l'entrée était bien gardée.
A ces mots suivants, elle cessa de geindre et reprit sa respiration. Les baisers volés elle les collectionnait presque, c'était justement son petit plaisir...ne point entraver sa vertu, mais leur donner à tous l'impression qu'ils pourront le faire. Néanmoins, celui là n'était point de ceux à qui elle donnerait ce plaisir, en plus, il puait le chanvre.


Est ce donc là choix réalisé dame Adeline ? Nous allons donc apercevoir de visu les si aimables personnes que vous espionniez tantôt ?

Dame Adeline ? Alors peut-être disait-il vrai...si c'était le cas, il aurait tout de même des comptes à rendre à un certain Comte qui aurait tôt fait d'apprendre que son chargé de sécurité ou consort avait posé sa patte sur sa soeur.
Alors qu'ils sortaient, un brouhaha se fit entendre à côté, et la jeune femme sourit en coin, ils avaient à coup sûr entendu ses cris. L'idiot du village remis de l'ordre dans sa tenue...comme si cela allait le sauver de quelconque foudre. De plus, ce moment de coquetterie était des plus ridicules, mais elle fit de même, tentant de masquer la déchirure faite dans la robe de Léonoria, déchirure qu'elle ferait payer au mufle quoi qu'il en dise.


Est ce donc là choix réalisé dame Adeline ? Nous allons donc apercevoir de visu les si aimables personnes que vous espionniez tantôt ?

Comme si cela pouvait lui faire peur. Ce sont ces personnes même qui l'avaient envoyée dans la garde robe pour se changer, il ne lui serait donc guère difficile de justifier sa présence à cet endroit, ce qui n'était pas son cas à lui.
Elle lui fit un large sourire et acquiesça. C'était là son choix en effet. La belle était fort soulagée, quoi qu'elle eut un moment d'hésitation. Que serait-il advenu si elle avait choisi la fuite avec le blond dans ses appartements ? Nul ne saura à l'évidence et c'est bien dommage.
Grandstef
Elle souriait, sûre de sa victoire et de l'aide à sa portée. Ah qu'il était facile de lire dans les pensées de la jolie brune, il pouvait voir le jeu des émotions sur son visage qui lui révélait bien des choses sur elle et son caractère. Amusé, il la détailla une fois de plus. Affligée d'un élan de coquetterie, elle dissimula bien vire l'échancrure dévoilant partie charnue de sa personne. Le grand approuva d'un léger signe de tête et souffla tandis que des bruits se faisaient plus pressants de l'autre côté de la porte :

Cachez ce sein que je ne saurais voir ! Vous allez encore être capable de me le reprocher et pourtant je ne fais que voir ce que vous offrez à ma vue...

Masquant son hilarité derrière sa main et une toux parfaitement imitée, il remarqua encore son hésitation de son regard noisette pénétrant. Sans ajouter un mot, il se contenta de la fixer. Oui elle était de celles qui aimaient papillonner et faire croire à tous les bourricots de la terre qu'ils avaient une petite chance de la ferrer. La noblesse dans tout ce qu'elle avait de plus dévastateur : le jeu immonde des sentiments...
Un instant, un instant simplement, la couleur de ses yeux vira au brun foncé. Il imagina lui prendre ce baiser de force pour lui montrer enfin ce que c'était un vrai mâle et non point ces damoiseaux efféminés qui devaient faire ronds de jambe devant sa petite personne. Puis cette idée s'évanouit. Non pas au regard de la vengeance ou de l'ire éventuelle de son frère, ça il en avait cure et surtout il se savait certain de son soutien si ce n'est en public au moins en aparté, mais plutôt car cela lui aurait fait trop d'honneur de se frotter enfin à un homme, un vrai...

Elle lui jeta un dernier regard courroucé puis lui adressa ce large sourire en opinant du bonnet, pratiquement sûre, qu'on viendrait bientôt à sa rescousse. Oui elle avait choisi d'aller à la rencontre de ceux dont elle écoutait tantôt conversation comme la plus vile des servantes. Avec l'esprit pénétrant qui était le sien, le blond supposa qu'il devait s'agir de sa soeur. Contre celle-ci le comte l'avait mis en garde, "la puînée est encore plus farouche que son aînée, attention à toi". Il répondit à son sourire par un autre tout aussi large, voire carnassier. Il se demandait ce que penserait la brunette si elle savait à quel point son frère avait confiance en lui, au point de le tutoyer quand ils étaient seuls. Il imaginait même grande scène de rodomontade de la part du comte devant ses sœurs satisfaites et quelques verres de bon vin partagés une fois seuls en petit comité.

Derrière la porte, malgré les mouvements qu'on entendait, il semblait qu'on ne se décidait point encore à intervenir. Le blond glissa une main dans sa chevelure abondante et arqua un sourcil interrogateur vers Adeline :

Il semblerait qu'on ne soit pas si pressé de venir à votre secours... Croyez vous que nous devrions toquer ? De plus les couloirs sont bien vides ! Une femme de votre rang... Seule... Avec un homme tel que moi de surcroît... Votre réputation va en pâtir si cela se sait !

Christos qu'il s'amusait ! Battre le froid et le chaud, tendre le bâton et faire croire à son interlocuteur tout ce qui lui passait par la tête, il avait toujours adoré...

Adeline.
Regardant son sein presque visible dans son entier, Adeline rougit comme une pivoine avant de le draper plus avant. Quelle honte, et dans quel état elle se trouvait, pour sûr si quelqu'un les voyait à cet instant, il n'aurait guère de mal à tirer des conclusions hâtives.
Une femme à la chevelure défaite et à la robe salement mise, un morceau de poitrine révélé, et un homme guère plus fringant, tentant de se remettre. Elle n'avait point vu cela sous cet angle diantre !
Et en plus il était vrai que le temps devenait un peu long, et que personne n'arrivait !
Eeen ce capharnaüm était sans doute dû à quelque galipette de Léonoria, plus qu'à son désir de sauver sa soeur en danger. Du coup, non contente de se trouver dans tel posture, le brune était persuadée de rater quelques détails croustillants de ce qui se passait dans la pièce voisine.

Voilà que le blond la narguait en plus ! Toquer ? Elle aurait l'air maligne..."euh coucou, sans vouloir vous importuner, pourriez vous venir me sauver des griffes de cet homme qui comme moi attend votre intervention ?" Ils -et surtout elle d'ailleurs- auraient l'air fin. Elle se retrouvait pour ainsi dire coincée, à ne plus vraiment savoir que faire avec l'animal.
Il n'avait au final point l'air animé de mauvaises intentions...faire confiance ou non ?
Raa voilà qu'elle se laissait attendrir, mais quel étrange personnage ! Un instant il vous saute dessus, presque lame à la main, l'autre il vous tire comme un boeuf tire la charue, et finalement il joue les courtois, certes avec ironie, mais courtois quand même.

Elle le toisa un moment avant de ce dire que non, il n'était en rien courtois.
Un dilemme arriva encore. Si Léonoria découvrait sa garde robe dans un tel état, avec Adeline disparue, elle tirerait des conclusions plus qu'évidentes et lui ferait la peau.
Des pour partout, des contres partout...Que faire mais que faire ?
Elle aurait bien demandé son avis à l'intrus mais ce n'était guère approprié. Et pourquoi avait-elle foutu Amélie dehors bon sang ! Jamais là quand elle pouvait servir cette idiote !
Désabusée, la Von Stauffacher se colla au mur et pensa un moment, oubliant de tenir son étoffe.
Agacée, ça elle l'était !


Et puis vous vous appelez comment au juste ?!

Adeline se mit à faire les cent pas, s'impatientant carrément. Si personne ne débarquait, c'était décidé, elle ferait irruption en hurlant à la mort et au scandale dans le salon privé, advienne que pourra !
Grandstef
Et bim voilà qu'elle se dévoilait à nouveau ! Il allait finir par croire qu'elle tentait de l'aguicher par la barbe d'Aristote. Certes la rondeur du galbe avait de quoi attirer l'œil voire la main même. Le nacre de la peau semblait porteur de promesses tandis qu'elle faisait les cent pas dans le couloir sans chercher à vouloir s'éloigner. Elle semblait hésiter sur conduite à tenir et le grand blond se régalait tant de la vision de cette petite donzelle en proie à ses démons intérieurs l'amusait.
Il se demandait que pouvait-il bien passer sous la cascade de ses cheveux bruns et décida après l'avoir fait languir un peu sous le poids de son regard de lui répondre :

Je me nomme Grandstef, mais on m'appelle le Blond ou le Grand... Et vous vous êtes Adeline, soeur du comte Adrien. Je vous ai reconnue au premier coup d'œil tandis que vous étiez aux écoutes dans la penderie de votre soeur.

De nouveau son regard plongea sur sa poitrine quasiment dénudée. Un sourire adoucit les traits de son visage et il s'enquit d'une voix chaude où perçait une pointe d'ironie :

Dites si vous continuez ainsi à vous exhiber, on pourrait plutôt aller en vos appartements...
Je dois de toute façon y vérifier la sécurité aussi alors...


Retenant un rire dans sa gorge, il l'observa. C'est vrai qu'elle était plutôt bien faite de sa personne, rien à dire à ce sujet. Encore qu'il eut certainement fallu qu'elle continuât effeuillage pour en être tout à fait certain. Parfois les robes et autres atours cachaient bien des défauts. Il chassa pensées impures qui lui venaient en tête en secouant ses mèches blondes de droite à gauche. Décidément il allait de surprise en surprise dans ces murs. Qui aurait dit qu'il en arriverait à imaginer la soeur du comte en tenue légère quand il avait débarqué pour visite impromptue ?
Tout à coup une autre question affleura à son esprit...

Et dites moi ? Vous comptiez surprendre badinage entre votre petite soeur et son galant dans votre placard à cheveux là-bas ? fit-il en montrant d'un signe du menton la porte dérobée encore ouverte sur la penderie.

N'avez vous donc point meilleure occupation qu'à surprendre jeunes gens en plein ébats ? Peut être vous manque-t-il justement un jeune gandin qui saurait vous satisfaire ?
Adeline.
Reconnue au premier coup d'oeil ! Mon galbe oui ! Si c'eut été le cas il ne l'aurait probablement point happée de la sorte au premier abord. Vous parlez d'une façon de se présenter vous.

Peu importe qui je suis, et...enchantée. J'aurais aimé vous rencontrer dans d'autres circonstances du moins.

Elle baissa les yeux et remarqua sa poitrine apparente. Rooo, il allait falloir qu'elle se change rapidement, de tels regards ne pouvaient plus durer. Quoi qu'elle était flattée de savoir les yeux du blond sur elle. Adeline avait toujours aimé avoir les regards braqués sur sa personne, et c'est peut-être aussi pour cela qu'elle jalousait sa soeur, qui avait le don d'attirer les iris sur ses courbes et ses manières.
La brune remarqua néanmoins qu'à la vue d'un peu de chair, le cavalier s'adoucissait quelque peu...tsss, les hommes ! Et tout fier qu'il se pensait, il lui suffirait probablement de montrer une cuisse pour le mettre à genou, du moins le croyait-elle.


Dites si vous continuez ainsi à vous exhiber, on pourrait plutôt aller en vos appartements...
Je dois de toute façon y vérifier la sécurité aussi alors...


En effet...tous les mêmes, aucune originalité ! Mais cependant, presque remise de ses émotions, la Von Stauff laissa le naturel revenir aussi vite qu'il était parti, et lui fit voir un sourire en coin, agrémenté d'un battement de cil peu aristotélicien.

Et bien si de toute façon vous devez aller vérifier la sécurité dans mes appartements, nous nous y trouverons forcément tous deux un jour ou l'autre...

La voix était un rien aguicheuse et suave. Pour le coup elle se surpris elle même. D'habitude, elle était plus subtile, mais face à homme pataud, il ne fallait bien souvent pas jouer sur les sous entendus littéraires.
Vierge, Adeline se rendait parfois ridicule, le genre de gamine qui ne connait rien de la chaire, mais qui se montre assez peu farouche pour être vite surprise par un homme qui aura de la poigne. Un jour elle le regrettera peut-être d'ailleurs...mais pour sûr elle l'aura cherché.
Se laissant donc bêtement observer, elle se demanda ce qui avait pu ramener l'esprit de Grandstef, puisque c'était là son nom, dans la garde robe.


Ah bah vous voyez qu'ils badinent ! Vous aussi vous avez remarqué qu'il se trame quelque chose ? Et quand vous dites galant vous êtes gentil, moi je dirais prétendant.
Et je n'ai point besoin de gandin ! Je ne suis guère voyeuse, curieuse oui en revanche je l'admet. Et je doute que ma soeur, la connaissant, se livre à de perverses pratiques, je voulais plutôt savoir de quoi il en retournait.


Un moment elle fut prête à proposer au "grand" de retourner écouter avec elle, tout en remettant de l'ordre dans la pièce, mais elle se résigna, puis se rappela le bruit fracassant qui avait un instant plus tôt émané du salon...et si Léonoria n'était pas si chaste que ça ? Hin hin...
Grandstef
Il afficha un grand sourire... Voilà que déjà elle voulait noyer le poisson. Son "peu importe qui je suis" résonnait comme aveu sans même qu'elle s'en rende compte. Réprimant un petit sourire qui en disait long, il se rapprocha de la brunette et colla son oreille sur... la porte (qu'alliez vous imaginer hein ?). Un homme et une femme parlaient à l'intérieur et si le blond entendait un peu bouger, nul doute qu'ils n'étaient point pressés de venir voir ce qui se tramait de l'autre côté, il ne pouvait distinguer leurs paroles, mais pour sûr qu'ils étaient loin de l'urgence.
Il était tout près d'elle à présent, il pouvait sentir son parfum de nouveau et la blancheur laiteuse de sa poitrine arrogante lui faisait face. Faisant comme si de rien n'était, il s'adressa à elle en se redressant un peu.

Et bien, c'est plutôt édifiant ! je ne parle pas de vos seins, que vous ne semblez toujours ne pas vouloir cacher d'ailleurs, mais plutôt qu'ils ne se précipitent point... Je me demande bien ce que vous leur avez fait pour mériter telle récompense...


Intérieurement il imaginait bien qu'elle devait faire pis que pendre et que ladite soeur devait commencer à virer chèvre. Cela vaudrait certainement le coup d'œil à l'occasion.
Adrien ne lui en avait pas touché mot mais malgré tout, il semblait bien que c'était la puînée l'héritière, fait hautement improbable par les temps qui courraient. Ah les histoires de familles, c'était là un véritable festin de roi pour la curiosité presque enfantine du blond qui se pressait de rire de toutes les frasques que cela pouvait engendrer. Lui n'en avait pas et parfois il se prenait à regretter quelque peu cette absence mordante...

Et bien si de toute façon vous devez aller vérifier la sécurité dans mes appartements, nous nous y trouverons forcément tous deux un jour ou l'autre...

Voilà une donzelle qui était loin de s'effrayer à la vue d'un homme qui lui était inconnu quelques minutes auparavant, au contraire même, elle lui faisait quasiment invitation. Bien qu'habitué à toutes les fourberies et roueries de ses semblables et plus particulièrement celles des femmes, le blond n'en revenait pas. Celle ci n'avait vraiment pas froid aux mirettes et d'ailleurs il lisait en son regard qu'elle aimait être regardée plus que raison. Autant lui en donner pour son contentement et puisqu'elle le poussait un peu entre sourire et œillade papillonnante, il allait lui faire voir de ce qu'il en coûtait de jouer avec lui.

Ah bah vous voyez qu'ils badinent ! Vous aussi vous avez remarqué qu'il se trame quelque chose ? Et quand vous dites galant vous êtes gentil, moi je dirais prétendant.
Et je n'ai point besoin de gandin ! Je ne suis guère voyeuse, curieuse oui en revanche je l'admet. Et je doute que ma soeur, la connaissant, se livre à de perverses pratiques, je voulais plutôt savoir de quoi il en retournait.


Brusquement ses iris prirent couleur noisette claire. La couleur de ses yeux changeait à l'aune de son humeur comme beaucoup de personnes et la clarté de ce regard indiquait, pour qui le connaissait, qu'il s'apprêtait à nouvelle galéjade. Mine de rien il fit le dernier pas qui le séparait d'elle et tendit si vite la main que la jeune brunette ne put esquisser moindre mouvement de recul. Ses doigts tapotèrent téton tendu vers lui et il regarda la châtelaine avec un air bon enfant

Non c'est plutôt vous qui avez pratiques perverses gente Adeline... Vous feriez mieux de les ranger avant que je m'en charge !
Une dame comme il faut ne balade pas les seins à l'air devant parfait inconnu ! Mais je gage que ce dernier doit plaire à votre regard puisque vous laissez dénudée ce que la bienséance des lieux voudraient vous voir celer.


La douceur délicatement rosée du sein était agréable au toucher, il fallait lui reconnaître cela. Sans doute l'application de divers lait d'ânesse ou de bouse quelconque rendant la peau aussi veloutée que la soie. Continuant sa caresse en plongeant son regard dans celui de la jeune femme, il esquissa un petit sourire enjôleur. Malgré les grands airs qu'elle se donnait, elle semblait bien impudique et il savait qu'elle n'oserait peut être pas répéter à son frère ses fredaines si soudaines avec homme du commun. Et même si cela était le cas, le blond ne craignait point la colère seigneuriale, au pire il serait chassé du château. "Alea jacta est", pensa-t-il en souriant en son for intérieur, "je ne prends là que ce qui m'est offert !"
Leonoria.
Sur la pointe des pieds – faut toujours être discret, sinon on rate souvent l'essentiel-, elle fouilla la garde-robe. Rien. Pas même....Oh bon saaang mes robeeeeeuh ! Main sur la bouche pour ne pas hurler son mécontentement devant l'étagère renversée, tout en se jurant intérieurement de lui faire payer ça dès qu'elle l'aurait retrouvée!

Quand elle remarqua que la seconde porte était entrouverte, ses yeux se plissèrent légèrement. Cela ne lui inspirait rien de bon, ainsi porta-t-elle main à l'épée...avant de constater qu'elle ne l'avait pas avec elle. Fichtre, mais quelle idée de voler au secours de quelqu'un sans arme! Boh, après tout elle n'avait pas vraiment besoin de ça, une bonne dextre dans les gencives ou un coup de botte dans le séant pouvait s'avérer tout aussi radical! Se penchant pour parvenir à voir sans être vue, elle remarqua tignasse blonde, proche de la brune.


Hein? Mais Amélie n'est pas blon... yeux écarquillés diantre! Un bout de téton, des doigts qui l'effleurent...Il n'en fallut plus pour que la porte s'ouvre en grand, occasionnant fracas du diable.

Ôtez vos sales pattes de ma sœur avant que je ne vous transforme en nouvelle descente de lit, espèce de sauvage!

Et de saisir le bras de son ainée - curieusement affublée d'ailleurs- pour l'attirer vers elle. Oh elle lui devrait elle aussi explications, mais pour l'instant, c'était au blond de rendre des comptes...
Adeline.
Soupir...Adeline devait se résigner, personne ne viendrait.
Elle sourit en voyant le blond coller son oreille au mur à son tour. Peut-être se laissait-il enfin aller à surprendre une conversation privée. Bien que peu convenable, c'était bien souvent source de plaisir pour l'ouïe.
Mais non, il eut tôt fait de lâcher le verdict, et elle se retrouvait seul avec lui. Fichtre ! Et en plus vas-y qu'il remue le couteau dans la plaie le bougre, et elle aussi se demandait ce qu'elle avait bien pu faire pour avoir droit à tant d'indifférence. Certes elle n'était point la soeur rêvée et idéale, surtout pour une femme de la trempe de sa cadette, mais pourtant elle aurait voulu plaire.
Il y avait beaucoup de choses qu'elle ne comprenait pas, et se croyait bien souvent, dans ses crises de gamineries, le mouton noir de la famille. Pas fieffée, pas promise, pas même héritière, elle, l'aînée.

La brune fut tirée de ses lamentations par une froideur sur son sein. Un regard. Mais qu'est-ce ?
Elle ne mit guère de temps à comprendre que l'on lui tâtait un morceau d'intimité, que bêtement elle avait laissé à vue. Oh certes il était du genre d'Adeline de suggérer, mais jusqu'alors, personne n'avait osé la toucher, et ce parce qu'elle ne le désirait pas. On regarde certes, on désire très bien, on envie encore mieux, mais on ne touche pas Adeline Von Stauffacher.
Néanmoins, le bougre savait s'y prendre et si elle n'avait pas tant tenu à être bonne à marier, elle aurait probablement cédé, mais que nenni ! Elle allait rétorquer.


Non c'est plutôt vous qui avez pratiques perverses gente Adeline... Vous feriez mieux de les ranger avant que je m'en charge !
Une dame comme il faut ne balade pas les seins à l'air devant parfait inconnu ! Mais je gage que ce dernier doit plaire à votre regard puisque vous laissez dénudée ce que la bienséance des lieux voudraient vous voir celer.


Mais ôtez votre...

Ôtez vos sales pattes de ma sœur avant que je ne vous transforme en nouvelle descente de lit, espèce de sauvage!

Diantre ! On lui coupait les mots de la bouche, et soudain elle fut attirée vers le couloir par sa sauveuse. Ah ça elle ne s'y attendait plus et elle fut bien heureuse de voir sa soeur, une fois n'étant point coutume, bien qu'à partir de ce moment elle tâcherait de faire preuve de reconnaissance. Quoi que pensant au désastre de sa position, la débâcle de sa tenue, et le fatras qu'était devenue la garde robe, la belle savait qu'elle devrait avoir affaire à sa cadette. Mais pour l'instant, elle sourit en coin, son assaillant allait prendre cher.
Grandstef
L'arrivée tant attendue de la soeur fit comme un baume au coeur du grand blond. Certes la surprise écarquilla légèrement ses yeux mais guère plus. Un instant, un court instant seulement, il faillit garder en main téton qu'il avait senti durcir sous sa caresse experte. La donzelle était réactive c'était déjà ça. A croire qu'il n'avait pas perdu la main.
Il se composa un visage de circonstance qu'il tourna vers la furie en posant sa main désormais inoccupée sur le chambranle de la porte.
La soeur sans nul doute. Les traits fins oui... Peut être plus jolis sous l'effet de l'extase que sous la colère à n'en pas douter. L'œil bleu furibard lui allait plutôt bien mais ne fit point ciller le grand qui en avait vu d'autres...

La voix braillarde, par contre, ne lui allait pas du tout. Il la trouvait légèrement nasillarde dans le fond, ce qui ne donnait pas le poids espéré à ses menaces.
D'un sourire et d'une main badine, il arrangea une mèche blonde qui retombait sur son front et s'adressa à la puînée qui n'avait rien à envier à une marchande de poisson

Bien le bonjour Vicomtesse ! Il était temps que vous arriviez, je n'arrivais plus à contenir les assauts de votre délicieuse soeur. Je peux m'occuper facilement d'autres assauts, quand il s'agit d'hommes en armes comme le prévoit ma mission, mais ceux là j'avoue ne point y être habitué !
Permettez donc que je me présente, ou souffrez en silence tandis que je le fais ma dame...


Arrivé à ce stade, il lui accorda un temps afin qu'elle puisse de nouveau pousser gueulante qu'il voyait arriver comme nez au milieu de la figure. Un sourire mi-figue, mi-raisin accroché à la face, il poursuivit imperturbable après cette pause

Grandstef... Pas pour vous servir non, mais au service de Messire le comte, votre frère, qui m'a chargé de veiller à la sécurité des lieux !
Et que vois je dès mon arrivée céans ? Petite dame aux écoutes à votre porte, vous imaginerez sans peine mon étonnement et ma curiosité !
Je l'en ai donc sorti sans ménagements comme vous avez du fort bien l'entendre et m'apprêtais à remettre un peu de tenue à ses atours, car elle ne voulait point le faire elle-même...


Une longue tirade pour explication un peu rocambolesque certes, mais l'imagination n'avait jamais fait défaut au blond. Il reprit encore avec un sourire plus large

Si je puis me permettre votre grâce, vous ne devriez point proférez menaces que vous seriez bien en peine de tenir. Je ne vois ni garde, ni arme à votre côté...
Heureusement que vous avez affaire à gentilhomme. Pour prouver mes dires voilà blanc-seing que m'a confié messire votre frère pour tous mes déplacements au sein du château.


D'une courbette raide, il s'inclina en lui tendant parchemin authentifié du sceau des Von Stauff. L'orgueil n'étant pas son plus petit défaut, il ne lui ferait pas la grâce d'une révérence plus poussée, de plus elle venait de gravement l'insulter, lui qui ne remplissait que son devoir.
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