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[RP] Dialogue ventripotent - Acte II

Keyliah




[Chinon - 22 chemin des Vignerons]


Pareil nom de chemin ne pouvait que lui être destiné à la brunette. Certes, elle n’avait pas plongé son nez dans un alcool fort depuis d’interminables mois, mais elle en rêvait pourtant, en cauchemardait même, c’était dès lors un signe de manque, non ?!

Qu’importe.
Tout ce qu’il fallait retenir du numéro 22, c’est que c’est là que créchaient Keyliah, messire son gros bidon, Thael, et Cunégonde. Depuis qu’ils s’étaient exilés en Touraine ils avaient vécu dans différentes chambres d’auberges et de tavernes, plus étroites les unes que les autres et que récemment l’heure de la délivrance avait sonné grâce à l’officier du cadastre qui s’était chargé de leur trouver une demeure confortable en catastrophe.
La donzelle avait rapidement, enfin disons aussi rapidement qu’elle le pouvait, prit possession des lieux. L’endroit était parfait pour construire les fondations d’un solide futur, et il n’y avait plus qu’à attendre l’arrivée de l’enfançon qui était bien long à venir.

Pour s’occuper, Keyliah lisait beaucoup, écrivait aussi, et se promenait parfois. Avec Cunégonde, qui ne cessait d‘être à ses basques, elle se surprenait parfois même à broder. Qui aurait pu dire un jour que l’habituée des hospices sordides en viendrait, presque pas désespoir, à se lancer dans des occupations où la patience était la pièce maitresse ?! Et pourtant, il fallait qu’elle en fasse preuve, de patience. Voilà quelques jours qu’elle avait envoyé une missive à l’attention de la Duchesse de Mortain, femme puissante au nombre de fonctions qui devenaient incalculables, et qui avait eu la gentillesse de répondre favorablement à sa demande alors que leurs relations étaient franchement houleuses jusqu’alors.

La brunette en était donc là. Nennya lui avait assuré que deux femmes, élèves à l’Hôtel Dieu plutôt à l’aise dans l’art de l’enfantement et proches de la Touraine, viendraient lui porter assistance. C’était une chance ! Parce que la jeune femme se voyait mal devoir pondre son mioche là, au milieu de la chambre, avec pour seule compagnie celle de Cunégonde qui la regarderait avec des yeux aussi ébahis qu’effrayés. Elle aurait pu lui porter de meilleures et surtout de plus braves intentions, mais c’était sa servante quoi, elle commençait à connaître ses réactions.

Bref, en cette journée légèrement ensoleillée de ce début de novembre, la servante et la lunatique jouaient à ce qui se prêtait à merveille à la situation: les dés.
Jeu de hasard, tout comme l’était l’arrivée du bébé, l’activité était assez pratique pour Keyliah qui pouvait jouer d’une main tout en se frottant le ventre, car voilà que depuis la veille les contractions s’étaient mêlées à la cadence infernale des coups de pieds et de poings de la progéniture. Elle n’en n’avait rien dit à personne, les douleurs étant encore supportables et suffisamment espacées pour qu’il n’y ait pas lieu de s’inquiéter. Malgré tout, elle espérait le plus fortement du monde que les deux femmes, Deedee et Stephandra si elle avait bien retenu les noms, trouveraient sa trace avant qu’il ne soit trop tard.

Bientôt, on entendit frapper à la porte d’entrée. Peut-être qu’elles étaient là, oui peut-être !
… Ou peut-être pas. Cunégonde s’était levée en vitesse pour ouvrir, ne voyant malheureusement dans l’entrebâillement de la porte qu’un messager venu remettre un pli en provenance de Normandie.
Haussant un sourcil, la brunette savait alors que sur sa liste trois personnes seulement pouvaient lui avoir écrit. Et il s’agissait vraisemblablement de Fil qui faisait part de ses idées farfelues. D’ailleurs la lecture de ses mots égaya la journée de la donzelle qui pourtant ne répondrait pas dans la foulée, trop las, et le bras préférant s’évertuer à lancer les dés.

_________________
Stephandra
[Quelque part dans Loches]

Ravie, heu..reu..se, enfin ils allaient prendre la route, après la Normandie, y avait eut Chinon, puis le Mans et y a deux jours son amant lui annonçait qu’enfin ils partaient.. CHOUETTE !
Reprendre les routes tagada, chevaucher à n’en plus finir tagada, la joie !

Bref prestement, la jouvente faisait sa besace, en chantonnant comme souvent, là pour le coup elle repartait à l’aventure et point seule, tout cela sentait bon et franchement elle commençait à avoir des fourmis dans les jambes, protéger les villes c’était bien mais quand y avait du brigands à se mettre sous la dent, autrement ça devenait vite monotone.

Premier jour, superbe route, aucun souci, ni d’imprévu presque le rêve….Le voyage semblait vouloir se dérouler du mieux du monde.
Second jours, arrivée à Loches, promenades, tavernes tout ça, superbe journée tout se passait comme convenu et c’était à ce moment là qu’arriva sur son cheval noir, mais non pas Zorro, pff, mais un messager de la rectrice du l’Ostel Dieu.

Froncement de sourcils, mordillement de lèvres, long soupir, qu’est ce qu’elle avait fait encore pour que Nennya lui envoya un messager ? Non promis, elle avait pas fait le plein de grenouilles pour les prochains cours. Soucieuse elle prit le pli , remercia le messager qui n’attendit pas de réponse, oula ça sentait la réprimande ou un ordre tout ça !

Dépliant délicatement le pli le lu et marmonna


Mouais…Mais bon..pff… en même temps….grrr…enfin bref !

Sourire angélique vers le groupe avec qui elle voyageait, petit replacement d’auréole sur la tête et avec une voix suave,mélodieuse tout ça tout ça

Ahem, j’ai l’honneur de vous annoncer que nous allons sur Chinon, afin d’aider une femme à accoucher…Enfin…moi je m’y rends…Qui m’aime me suive !

La jouvente avait souvent odit Armoria dire cette phrase et ma foi, cela fonctionnait plutôt bien, alors pourquoi pas avec elle ?
Gros yeux de la part des copains de voyage, « pas taper, pas taper ! » pensa-t-elle, étirant son sourire afin de tenter l’action charme, séduction….
Elle avait lu que DeeDee serait là aussi, il lui restait à convaincre ses compagnons de voyage ou de l’attendre ou de l’accompagner au choix mais sachant qu’effectivement cela retardait ses projets…

En même temps, les accouchements c’étaient réellement ce qu’elle préférait dans la médecine, pouvoir accompagner un être innocent, tout mignon, beau à croquer à naître…que du Bonheur !
La dame devait les attendre mais voilà, pour ce soir c’était trop tard, Stéphandra ne serait jamais à Chinon avant le lendemain, le temps de convaincre tout le monde.
Alors elle prit plume et parchemin


Citation:



De nous, Stéphandra du Moutier, Dame de Bellemare, apprentie à l’Ostel Dieu,
A vous ,Dame Keyliah, future maman,

Je suis à Loches ce jour, mais pourrais me rendre sur Chinon demain.


Finalement, Stéphandra mit en boule le début de missive, quelque chose lui dit qu’il fallait qu’elle se hâte, quoi ? Aucune idée, elle prit sa trousse d’apprentie et sauta sur son équidé et parti au galop pour Chinon, à la grande surprise de ses compagnons.
C’était au beau milieu de la nuit qu’elle arriva au 22 chemin des Vignerons à Chinon, ce chemin elle l’avait remarqué quand elle était à Chinon, l’était pas une ex Bourguignonne pour rien non plus hein !

Stéphandra sauta de cheval, bride en main, elle frappa à la porte et attendit !

_________________
Keyliah
CHHHHHHHaleté de jeu de merdasse …

Laissa siffler entre ses dents la brunette dont les mâchoires restaient nerveusement serrées l’une contre l’autre. Vous l’aurez compris, elle était du genre mauvaise joueuse et plus encore quand elle se donnait pour prétexte d’être enceinte et d‘avoir quelques contractions. A ses yeux on devait tout lui céder, ou presque, caprice d’une gamine qui avait sans doute été trop gâtée et qui surtout ne savait pas encore à quoi s’attendre. Les sautes d’humeur passaient encore, mais lorsqu’elle aurait sa marmaille dans les bras, ça deviendrait un autre cinéma !

Bon on arrête, ça me gave …

Pas besoin de répéter, la servante rangea les dés fissa. Pour apaiser les tensions elle proposa à Keyliah une tisane. Cette dernière lui adressant un regard accusateur elle se mordit la lèvre craignant d’avoir fauté, de s’en prendre une et de … mais non, la lunatique n’avait que faire des dérapages. Et puis Cunégonde elle l’aimait bien en règle générale, quand elle n’avait pas les hormones en perpétuelle ébullition et qu’elle n’avait pas même à se soucier de son invité incongru.

Oui je veux bien, merci.

Finit-elle par répondre, la voix plus douce et bienveillante.

Par contre carabines-la autant que tu peux, j’ai besoin de boire un truc corsé. J’aurai préféré de la gnole, ou du calva, mais à ce qu’il parait, j’y ai toujours pas droit.

Regard interrogateur lancé à la fenêtre qui se trouvait à sa gauche, la donzelle n’en finissait pas de se frotter le ventre en tentant de se concentrer sur ce qui se passait au dehors, même si elle n‘y voyait rien par cette nuit noire. Elle aurait bien voulu crier à son mioche qu’il aurait pu attendre encore quelques jours avant de sortir, histoire que les apprenties soient venues à la rescousse, mais elle n’en fit pourtant rien. D’une parce qu’elle voulait rester plus ou moins calme, de deux parce que Cunégonde n’était jamais loin, et de trois parce qu’elle se doutait que la délivrance n’était pas encore tout à fait arrivée. Elle savait que tôt ou tard elle le remarquerait. Sa môman lui avait expliqué, alors qu’elle devait avoir tout juste dix ans, que les femmes perdaient les eaux. Au début elle imaginait les os de son dos, jusqu’à ce que dans une encyclopédie elle découvre la signification de cette perte. A 20 ans elle se souvenait alors, en arquant un sourire dans le coin de ses lèvres, l’expression de dégoût qu’elle avait dû adresser à son ami d’enfance, Joel, qui s’était trouvé à côté d’elle ce jour-là.
Tiens d’ailleurs, qu’est-ce qu’il devenait ce cher Joel ?


- Je veux bien quelque chose pour calmer la douleur si tu as ?
- Han ça y est il arrive ?! Revint demander la servante en trombe.
- Rho mais non sois pas bête, j’ai juste mal au bide, ça arrive. Et puis là ça se comprend avec lui qui n’en finit plus de me triturer les boyaux. Parlant du bébé qui lui donnait toujours des coups sans faiblir. A croire qu’il ne dormait jamais.

Cunégonde s’exécuta donc, trouvant la plante qui soulagerait la brune. Lui ayant tout juste apporté le gobelet avec le précieux breuvage sitôt la décoction bien faite, elle alla ouvrir à la personne qui venait de les faire sursauter en frappant à la porte d’entrée.
D’un pas pressé, la servante alla ouvrir, saluant d’une légère courbette celle qui faisait son apparition.


- Je peux vous aider ma Dame ?
_________________
Stephandra
[Chinon, 22 chemin des Vignerons…]

Encapuchonnée comme à son habitude, la jouvente par cette nuit noire attendait calmement face à cette porte se demandant ce qu’elle allait pouvoir trouver derrière….
Mais aussi imaginant, ses compagnons de voyage rouspéter de son départ soudain. Allaient ils l’attendre ? Allaient ils venir la rejoindre ? Tsss… Aucune idée, mais pour l’heure elle était là à guetter qu’on lui ouvrit.

Regard vers son équidé, apercevant au mur un anneau destiné à attacher les chevaux, Stéphandra s’y résolu après un long soupir, elle y tentait à ses équidés que ce soit Acamar ou Eole, elle lui flattait le chanfrein lorsqu’elle odit


- Je peux vous aider ma Dame ?

La question l’amusa, c’était elle qui venait pour aider et pas l’inverse, alors Stéph s’approcha de la personne en s’inclinant légèrement, la détailla du regard ,cette femme n’était pas celle pour laquelle la jouvente était venue au grand galop. Léger plissement de nez et sourire en coin

Bonser Dame, je suis Stéphandra du Moutier, apprentie à l’Ostel Dieu. Je viens aider Dame Keyliah… est ce bien icelieu ?
Mon homologue Deedee était elle déjà arrivée ?


Trousse d’apprentie en main, ses azurs fixèrent la Dame en attendant de savoir si elle s’était pas plantée d’endroit, mais le 22 qu’elle voyait la rassurait à ce sujet.

Bon alors allait elle la laisser sur le pas de la porte ou la faire pénétrer dans les lieux ?
Comment se portait la future mère ?
Le travail avait il commencé ? Si oui depuis quand ? ...

Enfin pleins de questions lui vinrent en tête, alors elle se mordit la joue pour ne point harceler celle qui lui avait ouvert.

La femme sembla réfléchir un moment, Stéph voyait le coup où la porte se refermerait sur son nez, bon en même temps débarquer à cette heure de la nuit, mais bon les ptiots ne prévenaient jamais de l’heure à laquelle ils allaient débarquer ! Alors, la jeune femme avait appris à s’adapter à ce genre de situation.

Elle n'en était pas à son premier accouchement et décidément à chaque fois c'était totalement différent... En fait chaque femme avait sa propre histoire, son propre accouchement, chaque naissance était un éternel renouveau et unique.

C'était d'ailleurs ce qui charmait la jouvente et aussi tout le trajet elle avait repensé à la question que Nennya lui avait posé un jour et à laquelle elle n'avait su répondre à l'époque.
" Alors Stéphandra avez des envies pour la suite?"
Aujourd'hui elle répondrait sans hésiter: "Ouep, je veux être Sage Femme!"
Bah voilà, le hic le mot sage, Stéphandra n'avait rien de sage.. ou bien était elle trop sage?

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Keyliah
La servante afficha un air particulièrement enthousiaste lorsqu’elle apprit le nom de la visiteuse. Les secours arrivaient, voilà l’excellente nouvelle que sa maitresse attendait de recevoir.

- Oh mais oui, dame Stephandra nous vous attendions, entrez donc ne restez pas dehors.

Elle attendit que l’arrivante passe le seuil de la porte pour refermer celle-ci derrière elles.

- Dame Deedee n’est pas encore arrivée. Keyliah vous attend.

Et la donzelle en question en avait d’ailleurs profité pour s’asseoir sur le bord du lit. La maison était constituée d’une unique pièce, spacieuse. La seule originalité était cet étroit couloir qui séparait l’entrée du reste de la maison.
Le lit encastré dans le mur, la brunette ne voyait rien ni personne de son assise.

Passant devant Stephandra pour montrer le chemin, qui n’était finalement pas bien compliqué, elle l’introduisit une fois qu’elles furent bien eu vue de la normande.
Souriant alors, Keyliah était heureuse. Quelqu’un, ô bonheur, ô joie !


Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis soulagée de vous voir Dame Stephandra ! Je suis en tout cas ravie de faire votre connaissance et vous remercie sincèrement d’avoir fait le déplacement.

Soupirant, comme souvent, elle resta sur son bord de lit. Même avec toute la volonté du monde elle n’était pas certaine de pouvoir se relever. Déjà que c’en était chaque matin toute une cérémonie, alors à une heure avancée de la nuit ce n’était plus la peine d’y compter. Et les douleurs, dont certaines étaient plus vives que les autres, lui irradiaient le bassin ce qui la paralysait momentanément.

Le travail n’a pas encore commencé.

Elle anticipait plus ou moins les questions que les deux accoucheuses lui poseraient tôt ou tard.

Mais malgré ma mine détendue je suis effrayée. D’autant qu’il n’y aura que Cunégonde pour vous assister lors de la délivrance.

Regardant la servante, la jeune femme se félicitait tout même d’avoir réussi à éloigner Thael. Peut-être que le bébé déciderait de sortir durant son absence. Keyliah pouvait très certainement compter dessus et boire de l’eau, mais si elle perdait tout espoir qu’il naisse ce soir-là, elle était fichue.
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Stephandra
- Oh mais oui, dame Stephandra nous vous attendions, entrez donc ne restez pas dehors.

La femme visage rayonnant semblait l’attendre, enfin les attendre puisqu’elle lui signifia que son homologue n’était point encore arrivée. Stéphandra pénétra dans l’habitation à l’invitation de la servante, pendant que celle-ci refermait la porte, la jouvente ôta sa capuche et scruta les lieux, défaut professionnel, des fois qu’un bandit se planquerait sous une tenture ou autre hein !

En même temps ce petit couloir n’aurait même pas toléré la présence d’une vache alors des brigands pas de risque, sourire en coin à cette idée, Stéphandra suivit la personne qui l’avait accueillie. Arrivée dans la pièce principale, euh unique même, l’apprentie zyeutta en détail avant de poser son regard sur la jeune femme brune, à peine plus âgée de quelques années qu’elle, assise sur le bord du lit.

Stéphandra s’inclina légèrement pour la saluer, tout en observant le ventre et les traits du visage de la future mère. Soulagée, ravie, remerciement, voilà une future maman qui semblait être à son premier bébé et surtout qui devait probablement angoisser un peu de la suite des événements.

État de fait bien compréhensible, lorsqu’on enfantait pour la première fois, la femme allait passer un instant de sa vie unique, inoubliable mais surtout inconnu !


Le travail n’a pas encore commencé.
Mais malgré ma mine détendue je suis effrayée. D’autant qu’il n’y aura que Cunégonde pour vous assister lors de la délivrance.


La jouvente était restée silencieuse le temps que la jeune femme parlait, toujours assise, le visage légèrement tendu , ce qui évoquait que le travail n’avait pas commencé, le pré travail lui avait bien entamé sa marche.

La pipelette pouvait sembler Taiseuse à l’image de sa meilleure amie la Normande Mitijo, mais là elle étudiait les lieux, le cas de la dame, en gros elle réfléchissait simplement. Large sourire et d’une voix rassurante et douce


Ravie de vous rencontrer également Dame Keyliah, je vous en prie appelez moi Steph.

Bha vi c’était le mieux, plus court à dire en cas de besoin et surtout plus agréable que tous les noms d’oiseaux qu’on pouvait déblatérer lorsque la douleur de l’enfantement vous prenez aux reins. Tout en parlant, la jouvente cherchait une petite place pour poser tout le nécessaire pour l’accouchement , une petite table près du lit ferait l’affaire.

Alors ce bébé semble vouloir pointer son petit nez, vos douleurs sont elles fort rapprochées ?

Selon la réponse, la jouvente envisagerait de la faire marcher un peu ou de s’allonger, apparemment pas de chaise d’accouchement en vue et ça , bien ça entrait pas dans sa besace. Puis se tournant vers la servante :

Dame Cunégonde, pouvez vous apporter des linges propres et simplement prévoir de mettre à chauffer de l’eau en quantité suffisante pour quand je vous le demanderai je vous prie !

Large sourire, dans le coup toutes les deux, enfin trois avec Deedee lorsqu’elle arriverait, seraient complices lors de la venue au monde de l’enfant.

Puis à la future maman


Avez-vous des questions ?

Les contractions pouvaient s’intensifier rapidement et la jouvente espérait que l’autre apprentie ne tarde pas de trop. Non pas qu’elle craigne la naissance, mais valait mieux être deux, pour s’occuper de la jeune mère et de l’enfant, c’était un fait établi et Cunégonde malgré toute sa bonne volonté, n’était pas sage femme ni apprentie.

Permettez que j’installe mes affaires.

Tout en s’exprimant, Stéph posa sa trousse au pied du lit, et ôta sa cape, cherchant un endroit de ses azurs pour la poser. Sereine, tout du moins en apparence, la jeune femme du haut de ses dix sept printemps n’en était pas à sa première naissance et imaginait fort bien toutes les questions de la normande.

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Deedee
Une missive de la rectrice, une demande d’aide pour un accouchement et aussitôt Deedee laissa tomber tout ce qu’elle faisait, donnant des directives pour que le travail soit fait en son absence, ainsi qu’a la nourrice pour s’occuper de ses deux chérubins, et la jeune apprentie enfourcha son cheval et partie à bride abattu.

Elle n’avait aucune idée de la route à faire, aucune idée de la distance, enfin si, un p’tit peu quand même. Chinon, ce n’était pas la porte à coté, mais bon, elle devait s’y rendre et le plus vite possible. Bien sur ça aurait été plus facile et plus rapide si son cheval avait été doté d’aile comme elle avait pu voir dans certain manuscrit, mais voila, doutant que la bestiole ait vraiment existé, et préférant quand même le plancher des vaches, Deedee menait son cheval au galop aussi rapidement qu’elle le pouvait.

Une ville, une autre, plusieurs lieux de parcouru et les premiers signe fatigue. Ralentir, laisser le cheval souffler, se restaurer et vite reprendre la route.
Des lieux, encore des lieux et encore des lieux. Des arbres de la poussière, des villages, mais pfiouuuu il en finissait pas ce voyage.


-Pardon mon brave ? C’est encore loin Chinon ? Finit-elle par demander à l’aube, perdue dans une campagne humide.
-Chinon ? Ah mais ma p’tite dame z’étes plus très loin ! C’est dans l’coin la bas !

Hochement de tête pour remercier l’homme et re-galop dans la direction indiqué. Et….
Enfin !!!!!!!!

Deedee penetra dans le village, ralentissant sa monture qu’elle flatta un instant. Ils étaient arrivés. Soit. Mais ou se trouver la maison maintenant… La rue avait un nom de boisson…
Rue du calva… non
Rue du chouchen…. Beurk… ça ne le fait pas non plus…
Rue du vin… un truc comme ça…

Rue des vignerons ! Voilà !

Sans plus attendre, au risque de réveiller toute la maisonnée. Quoique…. Si quelqu’un allait accoucher, personne ne devait dormir, alors zou !
Deedee sauta de cheval et tambourina à la porte.
Keyliah
Un sourire pointant franchement au coin de ses lèvres, Keyliah était réellement rassurée d’avoir de la compagnie. Se détendant légèrement, elle se relâcha sur le lit, prenant une position plus confortable, bien que restant assise. Fallait pas pousser, même marquée par la joie, elle n’allait pas courir en tout sens, ne pouvant toujours pas faire un pas sans sentir sous elle ses jambes lourdes et tremblantes se dérober.
Pour oublier la douleur et l’énergie dépensée par son enfant, la brunette regarda alors la nouvelle arrivante et entama donc la conversation avec elle.


En ce cas pour moi ce sera Key. Ayons l’esprit pratique jusqu’au bout !

Comment se faisait-il qu’elle ne perde pas sa bonne humeur ? Bien qu’il faille se demander si elle l’a déjà été un jour. Mais enfin, il fallait bien dire ce qui était, elle avait connu des jours pires que celui-là. A côté il ressemblait presque à une promenade de santé même si elle qui n’avait été malade qu’une fois en dehors d’un rhume trouvait le temps long. Elle le trouverai sans doute bientôt un peu plus long encore, surtout que l’apprentie lui demandait où elle en était des contractions.
La bouche dessinant un cul de poule de côté, Keyliah réfléchissait alors.


Et bien … cela fait deux jours que les douleurs ont commencé et pour le moment elles sont espacées d’une trentaine de minutes.

Laissant à présent Stephandra donner ses instructions à Cunégonde qui s’exécuta rapidement, la normande lui montra alors d’un revers de main l’ensemble de la pièce lorsqu’elle lui demanda la permission d’installer ses affaires.

Je suis désolée de la taille de cette maison, mais elle est bien plus grande pourtant que la chambre d’auberge que nous avions connu jusque là. Faites au mieux pour vous, soyez surtout à votre aise.
J’espère juste que ce ne sera pas trop étroit ?


On entendit de nouveau frapper à la porte et la servante, qui ramenait le linge propre d’une imposante armoire qui se trouvait dans le fond de la pièce, alla prestement ouvrir. Apparaissait alors une jeune femme dans la pénombre qui avait l’air d’avoir longuement voyagé.
Lui adressant une courbette, Cunégonde la salua.


- Dame, bien le bon soir. Vous venez pour la délivrance de ma maitresse ?

Au même instant, la maitresse en question cherchait les questions qu’elle pouvait poser à Stephandra. Il faut dire qu’elle n’y avait jusqu’alors pas vraiment songé d’autant que son amie Aliienor lui avait plus ou moins expliqué le déroulement de la grossesse. Toutefois il est vrai que le brouillard était total sur l’accouchement. Alors la seule question qui lui venait à l’esprit était aussi évidente que générale.

Dans les grandes lignes, ça va se passer comment une fois que le travail aura commencé ? j’ai des petites pertes d'eau qui sont régulières, et ce depuis un moment déjà et j'ai peur qu'une fois la chose terminée les douleurs s'intensifient et se rapprochent.

Elle se permit une réflexion plus ou moins à l’intention de son mouflet.

J’ai l’impression que l’enfant décide de tout faire à l’envers, pour changer. Je sens que cette nuit va être particulièrement bizarre et éprouvante.

Se penchant quelque peu sur l’avant, la donzelle se crispa en serrant le postérieur, expirant doucement mais longtemps, soudain prise d’une violente contraction.
Joues rougies par la douleur, elle se redressa au bout d’un certain temps.


Humpf désolée pour la coupure. Cela fait longtemps que vous êtes en apprentissage à l’Ostel Dieu ?

Elle préférait enchainer, trouvant inutile de s’apitoyer sur des douleurs qui étaient le commun d’un bon nombre de femmes. Pour une fois elle tenterait de paraître aussi forte qu’elle l’était, si toutefois ses nerfs ne lâchaient pas avant.
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Stephandra
Sourire un peu plus détendu de la part de la dame, puis lentement elle semblait se mettre plus à son aise, Stéphandra se dit qu’elle devait souffrir depuis un bon moment déjà.

L’écoutant attentivement, le son des voix ne trahissait jamais et celle-ci semblait légèrement tendue malgré les efforts que faisait la future mère. D’ailleurs les mots suivants ne firent que confirmer les doutes de Stéphandra, l’accouchement serait pour cette nuit à n’en point douter.

La jouvente suivit du regard la main de Key et posa sa cape, ensuite tout en l’écoutant elle sortit tout le nécessaire pour la mère et aussi pour l’arrivée de l’enfant. Les huiles, les bandelettes pour le nombril et l’emmailloter, tout le reste aussi…Une fois que la dame eut terminé de s’exprimer, tout en disposant, ordonnant le tout la Stéph la regarda confiante et sourit :


Ne vous souciez aucunement Key, la pièce est très convenable, nous pouvons accoucher en lieux bien plus exigu. L’essentiel est que vous soyez à votre aise pour accueillir au mieux cet enfant. Large sourire C’est votre bien être qui est important pas le mien.

Stéphandra se doutait que la Dame était pas au top de la forme, ni prête à courir les champs, mais ce n’était pas une raison pour enfoncer le couteau dans la plaie, les contractions s’en chargeaient déjà suffisamment, alors autant la rassurer.

Coups à la porte, la jouvente pensa à son homologue Deedee, cela lui fit plaisir car le travail commençait et bientôt elles ne seraient pas trop de deux pour s’occuper de la mère et l’enfant. Celle-ci d’ailleurs comme toutes les futures mères avait des questionnements, comme toutes aussi elle avait besoin d’avoir confiance, d’être rassurée.

Imperceptible plissement de nez lorsque celle-ci lui annonce qu’elle a des pertes de liquide depuis un certain temps déjà, pourvu que les eaux ne se soient pas infectées, cela ne plaisait guère à la jouvente mais elle ne dirait rien sans avoir examiné la mère, parfois certaines sécrétions bénignes se faisaient. Mais chaque chose en son temps


Bien les contractions vont se faire plus rapprochées, les eaux vont effectivement s’écouler mais ce n’est pas dit que vous souffriez plus. Votre ventre va se durcir et le bébé va demander à sortir, nous serons là pour l’aider et veiller à ce que tout se passe bien. Cela peu aller vite vous savez.

Difficile de décrire un état de fait qu’on avait guère vécu, Stéphandra avait fait une fausse couche mais n’avait pas donné naissance à un enfant à terme encore. Elle ne pouvait donc que décrire ce qu’elle avait constaté lors des divers accouchements auxquels elle avait assisté.
La brune se crispa une vilaine contraction venait de l’assaillir, Stéphandra s’approcha et lui passa la main dans les cheveux avec douceur


Respirez profondément, soufflez tout autant… Et ce petit va pas nous enquiquiner et nous obéir sagement nomého ! Tentative d’humour pour la détendre un peu, mais la jouvente savait que le bébé sortirait comme il sortirait qu’on ne pouvait pas toujours choisir, mais faire au mieux oui. Et c’est bien ce qu’elle allait faire avec Deedee !

Depuis quand suis-je à l’Ostel Dieu ? Ahem, j’avoue ne pas voir le temps passer, mais je dirai depuis mars.
Nous allons devoir vous ausculter,vous sentez vous de faire quelques pas ou puis je vous aider à vous mettre un peu plus à l’aise ?


Stéphandra attendait que la servante arriva afin de lui demander d’apporter de quoi éponger le front de la future mère. Mais en attendant, la jouvente pensait à avancer les choses car le bébé allait vraiment vouloir se montrer sous peu.

Guettant du coin de l’œil l’arrivée imminente de son homologue.

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Keyliah
Son seul bien être à la brune aurait été que l’enfançon ne soit jamais conçu, ou du moins pas si vite. Maintenant il faudrait que le jeune couple d’exilés normands s’entiche et s’occupe d’un marmot alors qu’il n’y avait pourtant dans sa vie que de la place pour deux. Malgré tout, non, Alii n’aurait pas à l’élever, ni personne d’autre d’ailleurs. C’était de la responsabilité de Thael, et surtout de celle de Keyliah de s’en charger, que ça leur coûte leur indépendance ou non.
Il n’en restait pas moins que la donzelle n’était pas vraiment prête à devenir mère. Tant que sa progéniture était au chaud, il est vrai qu’elle n’avait pas à se soucier de devoir le nourrir en permanence, ni à lui torcher le postérieur, ni à lui adresser des marques d’affection. Elle était encore trop égoïste, et savait qu’elle s’y prendrait comme un manche de toute façon.

C’est fou comme le manque de certaines personnes pouvaient agir sur le futur des autres. Si la mère de Keyliah n’avait pas rejoint le paradis solaire et si son père adoptif ne l’avait pas abandonné en laissant le frangin à sa charge, peut-être qu’elle se serait quand même réfugiée dans les bras de son soldat aigri, mais qu’elle n’aurait cédé aux tentations que bien plus tard. Au moins, elle aurait eut le soutien de sa mère, elle lui aurait donné des conseils, et elle ne se serait pas retrouvée en Touraine, seule au milieu de têtes inconnues, bien que ces dernières seraient des alliées de choix et de confiance.

Keyliah ne répondit donc pas à l’appel du confort et du bien être. Après tout elle faisait tout pour tenter de détester l’enfant à naître, ce n’était donc qu’une punition amplement méritée de rester assise là à attendre l’heure de la délivrance.

Bientôt, et alors que Cunégonde ne semblait pas pressée de faire savoir qui se trouvait à la porte, Stephandra parla de souffrance et de vitesse. Si seulement le bébé avait dans l’idée de rapidement se dégager de là ! Elle qui n’avait pas imaginé que les contractions puissent être aussi violentes et douloureuses se retrouvait bien idiote agrippée à son espoir, celui de la décision que prendrait sa marmaille, celui que pour une fois cette même marmaille accélèrerait la cadence.

C’est alors qu’à l’arrivée de la nouvelle contraction l’apprentie la rassura aussi bien avec les gestes qu’avec la parole. Suivant ses instructions, elle finit par rire légèrement, les larmes au yeux de les avoir trop plissés.


Si seulement il vous écoutait ! J’ai beau lui dire de m’obéir depuis plus de deux semaines ce n’est pas pour autant qu’il le fait … j’espère que vous aurez plus d’influence que moi.

On continua les bavardages, activité préférée des femmes surtout des soirées aussi fraîches que celle-ci. Stephandra faisait savoir qu’elle travaillait à l’Ostel Dieu depuis quelques mois déjà mais c’était pour mieux annoncer la question qu’elle posa ensuite. Déglutissant avec difficulté la brunette, quant à elle, n’était pas trop certaine de la réponse à donner. Après une rapide mais intense réflexion, elle lui signala ceci:

Je veux bien tenter de marcher un peu, mais j’aurai besoin de vous pour me soutenir. J’ai les jambes encore plus pétrifiées que moi.

Cette simple idée la fit suer d’avantage. Elle avait la trouille, et c’était un sentiment tout nouveau pour elle. Avec l’ambiance qui régnait déjà et les douleurs, elle en avait quelques nausées qu’elle passa dans des pensées plus joyeuses.
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Stephandra
La contraction semblait passer, enfin oui mais jusqu’à la prochaine hein, fallait pas se leurrer de la demi-heure elles allaient se rapprocher et cela était une bonne chose enfin pour la Stéph et l’enfant, car pour la jeune mère ça serait le calvaire.

La jouvente regardait ce ventre bien rond, enfin rond façon de parler, gros était assurément le terme exact. Steph repensa à l’enfant qu’elle avait perdu se disant que sûrement elle aurait donné naissance à celui-ci à peu près à cette époque, qu’elle aurait pu être à la place de la Dame, mariée et mère, léger plissement de nez à l’idée.

Se remémorant cette grossesse non désirée qui finalement l’avait ravie de toutes façons elle n’avait guère le choix, bah vi à cette époque on ne choisissait pas franchement…Puis les ennuis qui avaient suivis, son départ précipité, en fuyant le futur promis à qui elle ne voulait plus rien promettre. Sa chute de l’arbre, les contractions virulentes que cela avait entraîné et tout bonnement la perte de l’enfant, enfin enfant était un bien grand mot…

La jeune femme en avait bavée pour s’en remettre physiquement, mais psychologiquement elle savait qu’en fait c’était la meilleure chose qu’il pouvait lui arriver. Elever un gamin seule ne l’effrayait pas, mais un harcèlement constant de la famille paternel l’aurait sûrement usé. Enfin bref, c’était pas encore à elle d’enfanter, du haut de ses dix-sept ans pourtant elle mettait au monde des bébés avec grande joie.

Depuis sa vie avait bien changé, et ce surtout depuis quelques semaines, mais cela était une autre histoire et d’ailleurs elle n’était pas là pour penser à elle et ses petits soucis mais plutôt à la future naissance et le rire franc même léger de la future maman la sorti illico de ses songes. Stéph sourit aux dires de Key quand à l’obéissance du bébé, une chose était sûre, l’accouchement elle le gérerait et ça que l’enfant soit garçon ou fille, il ne ferait que s’exécuter et puis s’il voulait sortir il n’aurait pas le choix, la seule issue possible il l’emprunterait et Stéphandra l’attendrait à la sortie ! Et si elle ne fondait pas littéralement face à ce petit être sans défense, il saurait de quel bois elle se chauffe !

Tout en bavardant de tout de rien, la jouvente se rendit compte que papoter avec des femmes sans but précis, elle n’en avait pas franchement l’habitude, hum… courir d’un office à l’autre ou à ses cours, ordonner à ses hommes, dresser les chevaux ça oui ! Mais parler comme cela c’était limite une grande première et elle se dit « ça doit être cela que font les femmes auprès du feu.. », en même temps elle n’en était pas certaine puis même si elle trouvait cela agréable ça n’était pas du tout dans son mode de vie….Vie de patachon, toujours sur les routes, à la chasse aux contrevenants, ou en mission d’escorte, enfin en tous les cas , pas tranquillou devant un feu à faire de la broderie ou enfiler des perles.

A la bonne heure, elle était d’accord pour marcher un peu, Stéphandra sourit vraiment ravie avec un peu de chance à la prochaine contraction la dame perdrait les eaux et cela activerait le travail. L’apprentie fléchit les genoux afin d’être à la bonne hauteur et proposa son bras et son épaule à la future maman.


Allez y appuyez vous, j’ai pas l’air comme cela mais je suis solide !

Large sourire rassurant, aucun risque qu’elle lâcha la dame, même si elle était enceinte, elle ne pèserait point un âne mort. Puis surtout la jeune femme en avait aidé des bien plus lourds, aussi lentement mais sûrement la dame se redressa, un pas, deux pas… Tout doucement, le but n’étant pas de courir un marathon mais bien d’avancer et d’aider le travail.

Et là, tout de même, elle se demandait ce que faisait la Cunégonde parce qu’elle avait besoin d’eau et de linge, mais aussi où était Deedee. Se tenant bien droite, sachant qu’à la prochaine contraction elle serait le pilier pour maintenir la femme correctement, sa main se posa machinalement sur le ventre ainsi au toucher Stéph se rendrait compte assez rapidement de l’instant où elle devrait être plus vigilante. En même temps, elle scruta la couche afin de déterminer comment elle installerait Key sur le lit de façon à ce qu’elle soit au mieux pour recevoir l’enfant mais aussi pour que la Dame soit bien à l’aise.


Allez Key, courage, quelques pas…

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Deedee
Elle avait raison, la maisonnée ne dormait pas, elle ne s’était donc pas trompé d’endroit, enfin, elle l’espérait. Il ne devait, de toute façon, pas y avoir trente six maisonnées où un accouchement avait lieu.
La porte s’ouvrit et Deedee s’empressa d’épousseter discrètement les pans de sa jupe. Le long chemin qu’elle venait de faire ne devait sans doute pas passer inaperçu. La poussière du voyage, la fatigue accumulé aussi, tout cela ne devait pas lui donner fier allure.
Qu’importe, elle n’était pas venue pour parader mais pour aider à mettre au monde un enfant.


- Dame, bien le bon soir. Vous venez pour la délivrance de ma maitresse ?

Deedee hocha la tête en souriant. Elle ne s’était pas trompée. C’était bien là.

-Oui, je suis Deedee, envoyé par l’Hostel Dieu. Vous pouvez me conduire jusqu'à votre Maitresse ? Est-ce que mon homologue Dame Stephandra est ici ?

Pas le temps de poser plus de question, visiblement, le temps pressait et la servante conduisit Deedee au plus vite auprès de sa maitresse.
Elle était arrivée certes, mais en retard comme à chaque fois.
La jeune apprentie se mordit la lèvres, un peu honteuse en voyant Stéphandra déjà à l’ouvrage, tentant de faire marcher la futur mère.


-Bonjour, je suis Deedee apprenti à l’Hôtel Dieu. Pardonnez mon retard, la route fut assez longue pour venir jusque là.

Présentation faites, la jeune femme déposa rapidement sa besace et se plaça de l’autre coté de la parturiente pour la soutenir dans sa marche.
Elle l’avait appris, rien de mieux pour accélérer le travail, mais au combien pénible pour la mère déjà en souffrance.

Jamais elle n'avait pu le faire pour ses deux grossesses. Il faut dire aussi qu'elle n'en avait pas eu le temps. Deux enfant trop pressé de venir au monde et désireux de faire souffrir leur mère au plus haut point... Juste retour de chose dira-t-on ? Ne l'avait-elle pas chercher après tout ?
Ce temps passé a courir dans tout les sens sans vraiment se soucier d'eux et d'elle...

Mais tout cela était terminé... Et les prochaines grossesses, si grossesses il y avait se passerait différemment, elle en était sure...

Mais pour l'heure, elle devait s'occuper de cet accouchement là. Une petite vie apparaitrait bientôt.


-Et voilà, vous avez deux apprentie solide pour vous soutenir. Déclara Deedee en souriant avant de se tourner vers Stephandra.

Ou en est le travail ? Vous avez besoin de quelque chose ? chuchota alors la jeune apprentie en se tournant vers son homologue
Keyliah
Lorsque l’on a vingt ans la vie est souvent faite de promesses … souvent. Mais en l’occurrence pour la brune c’était loin d’être le cas. Même si elle tentait de garder un semblant de conscience, elle était au bord de l’évanouissement alors que pourtant le travail n’avait pas encore commencé. Comment l’aurait-il pu d’ailleurs alors que voilà que même après deux jours d’interminables contractions ces dernières étaient encore beaucoup trop espacées ?! Oh pas besoin d’être devin pour le comprendre, Keyliah savait depuis bien longtemps que son accouchement trainerait en longueur, son seul ennui était bien le fait que pendant ce temps là elle souffrait le martyr. Mais il fallait qu’elle s’accroche parce qu’elle n’avait encore rien senti !

Alors plus motivée que jamais, elle posa une main sur l’avant-bras de Stephandra, l’autre sur son épaule et s’en aida pour se lever. L’exercice était pénible, mais il en valait la peine. Certes, Keyliah sentait ses jambes trembler comme si elle venait de mettre fin à une interminable course, mais les douleurs de son dos disparurent presque instantanément.
Les premiers pas étaient bien difficiles mais les souffrances seraient sans doute un lointain souvenir lorsque la donzelle repenserait au soir où son moutard avait enfin décidé de naître. Du coup elle avançait, lentement mais sûrement, avec ce but simple et précis: que la progéniture soit attirée vers le sol.

Bientôt on vit apparaitre la deuxième apprentie. La future mère, trempée de sueur par l’effort et tête chercheuse dressée, lui sourit tendrement, bien heureuse qu’elle est pu arriver si vite et sans encombre, pendant que Cunégonde retournait chercher ce que lui avait demandé Stephandra avant cette légère interruption.


Je vous souhaite la bienvenue Deedee, moi c’est Key ! Vous êtes toute pardonnée, la Duchesse m’avait prévenue que vous mettriez un peu plus de temps pour arriver … même si vous êtes là avant l’ouverture des festivités si je puis dire.

Rapidement la seconde apprentie vint en renfort pour soulever la brunette qui commençait à être prise de quelques vertiges. La chose était certainement normale du fait qu’elle était restée à transpirer sur son lit au molletonné matelas, luxe qu’elle s’était permis d’avoir en prévision.

Et justement en parlant de prévisions:


Humpf avis de grosse averse sur Chinon …

Claquait-elle de sa langue à son palet alors qu’elle sentait la gène du reste des eaux qui se déversaient d’un coup d’un seul sur le sol, teintant légèrement les pierres en plus foncé et s’engouffrant sous le tapis qui se trouvait non loin de là.
Le visage figé dans un rictus de douleur, la contraction se présenta de concerto avec les eaux.


Efficace !

Réussit-elle à commenter après le passage de la tornade.
Elle remarqua alors que la douleur l'avait prise bien avant la demie-heure précédemment estimée, du moins c'est ce qu'il lui semblait. Mais si c'était bel et bien le cas, alors ouille, elle n'en n'avait peut-être plus pour très longtemps.

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Stephandra
Alors qu’elles avancent lentement Deedee fit son apparition, Stéphandra la gratifia d’un large sourire et laissa Key se présenter et gardait sa pointe d’humour, certes les festivités n’étaient pas totalement lancées mais cela approchait à grands grands pas.

Deedee lui demanda si elle avait besoin de quelque chose et où en était le travail, Stéph allait lui répondre et fit la carpe bouche entre ouverte sentant le ventre de la future maman se tendre sous sa main, lança un clin d’œil à Deedee et dit


Cunégonde faites chauffer de l’eau et apportez du linge rapidement ! Mercé !

Presque au même instant


Humpf avis de grosse averse sur Chinon …
Efficace !


Les regards des apprenties fixèrent le sol s’humidifié, la jouvente étouffa un léger rire et revint vers le visage de Key, elle ne se moquait pas d’elle du tout même, au contraire la jeune femme était ravie pour elle, ses douleurs dans quelques heures ne seraient plus qu’un vilain souvenir.

Ahem ! Grosse averse mais vous savez ce qu’on dit Key, après la pluie le beau temps !

Clin d’œil complice à Key, puis large sourire à Deedee

Le travail est bien entamé Deedee, nous allons retourner au lit et l’installer en travers… Pourrez vous installer les coussins dans son dos afin de l’avoir en inclinaison légèrement assise pendant que je me nettoie les mains ?

Les voilà toutes les trois parties en direction du lit pendant que la servante se dépêchait de faire ce que la Stéph lui avait demandé. Arrivées près du lit, les deux apprenties l’aidèrent à se poser au bord du lit et pendant que Deedee l’aidait à bien s’installer, Stéphandra couru à l’endroit qui servait de cuisine se lava les mains et les avant bras avec grande précaution les essuya correctement et revint hâtivement près de Key et Deedde, plissement de nez, ennuyée de demander à Deedee de l’assister mais pas l’instant de la jouer protocole et tout ça..

Deedee pouvez vous m’enduire les mains d’huile de violette je vous prie que je puisse ausculter, je vous ai tout installé là sur la petite table... Sourire gêné, puis à la future maman…

Je vais voir où en est le cheminement de cet enfant

Cunégonde accourait avec le baquet d’eau chaude et repartait chercher les linges..Les choses sérieuses débutaient et malgré les douleurs pour le moment ça fonctionnait plutôt comme prévu.

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Deedee
Et elle qui pensait que le temps serait au beau fixe, elle était loin de s’imaginer qu’une grosse averse arriverait.
Deedee ne put s’empêcher de sourire en voyant la flaque grossir au pied de la future mère. Avec un peu de chance, le travail irait vite, et tout serait bientôt fini pour le plus grand bonheur de la patiente.


-Oui effectivement, grosse averse. Répondit Deedee en plaisantant. Et moi qui n’ai pas prévu d’habit de pluie pour repartir.

Bon certes le moment n’était sans doute pas à la plaisanterie, mais la jeune apprentie qu’elle était, était pourtant persuadé qu’une future mère détendue accouchait plus facilement... Enfin, c’est ce qu’elle pensait. Etait-ce vrai ? Peut être.

Le travail est bien entamé Deedee, nous allons retourner au lit et l’installer en travers… Pourrez-vous installer les coussins dans son dos afin de l’avoir en inclinaison légèrement assise pendant que je me nettoie les mains ?


Retour à la réalité et au travail restant à faire. Deedee répondit au sourire de Stéphandra en hochant la tête et accompagna avec son aide, la patiente vers le lit. Le plus dur restait à faire.
Laissant son homologue se préparer, Deedee aida la jeune femme à s’installer en disposant de nombreux coussins dans son dos afin de la relever au maximum.


-Vous êtes bien installer ? Demanda-t-elle doucement en ajustant un nouveau coussin. La position était délicate mais nécessaire.
Certaine mère préférait accoucher assise, d’autre allongé, elle n’avait pas eu le temps de réfléchir à cela… Ses deux enfants s’étaient présentés… un peu trop rapidement.

Deedee pouvez vous m’enduire les mains d’huile de violette je vous prie que je puisse ausculter, je vous ai tout installé là sur la petite table...

Stéphandra revint près du lit, mains propre et prête à commencer mais visiblement gênée de donner des « ordres ». Deedee lui répondit d’un chaleureux sourire et lui adressa un clin d’œil. Pour une fois, elle jouerait les assistantes, ce qui ne lui déplaisait pas du tout d’ailleurs.

-Je vous apporte cela de suite Stephandra.

Et aussitôt dit, aussitôt fait. Deedee laissa un instant la future mère et s’empressa de prendre la petite fiole d’huile de violette avant de retourner auprès de Stephandra.
Elle lui versa délicatement l’huile sur les mains et retourna auprès de la future mère laissant son homologue examiner l’avancer de l’enfant.
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