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[RP] S'il te plait, dessines moi un manteau ....

Russocarine
Les mains dans le dos, Russo arpentait son salon de long en large. Nennya serait bientôt là. Elle lui avait promis de l'emmener chasser l'ours lors de sa visite en Béarn, mais en plein hiver, l'affaire s'annonçait plutôt coriace. Difficile, mais pas impossible. Un plan, elle trouverait bien un plan.

Elle comptait sur ses doigts les participants à la chasse. Un écureuil, un dragonneau-ourson, une crevette, un héron, une poulette, et quelques personnes pas encore désignés par des noms d'animaux. Russo visualisait la chasse. Il leur faudrait trouver la tanière de l'ours. Ce ne serait pas facile, puisque l'ours hibernant, il n'y aurait pas de traces. Puis il faudrait réveiller l'ours. Pour ça, il lui fallait une idée, et elle avait intérêt à la trouver avant l'arrivée des invités.

Elle continuait donc à faire les 100 pas, s'attardant devant la cheminée, écoutant les bruits qui venaient de la cuisine où Frénégonde préparait le solide petit déjeuner qui précède toute chasse: patés, rillettes, tout ça étalé sur bon pain.

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Nennya
La chasse au n’ours, lynx, lapin était ouverte. Les permis avaient été délivrés, les terres de Russocarine accueilleraient les différents intervenants. A la senestre, Rolan : intendant du Mont Saint Michel, homme d’âge mure, barbiche prononcé, quelques cheveux sur le crâne. A la dextre : Nennya, redoutable toquée des provinces du nord, poils soyeux, toque soyeuse, sourire d’enfer.

De bon matin, ils avaient pris le chemin de l’habitat naturel de Russo, Nennya, qui n’avait jamais mis un pied chez la dame se demandait si elle allait trouver sur différents murs, un étalage de peaux : « ici la peau d’hiver, puis à vostre dextre, la peau d’été complètement biologique avec la petite odeur de fumé incomparable ».
A cette idée, la Duchesse soupira, qu’on était bien dans cette nouvelle terre, on aurait dit la terre promise depuis bien longtemps à une Blackney en manque de chasse, de nature sauvage. Enfin, Nennya allait revêtir son état sauvagement toqué, enfin, elle pourrait s’exprimer, hurler dans les bois, faire ses expériences médicales.

Le chemin menant à l’antre de Russo était parsemé de pièges à castor sophistiqués, finalement, le Très Haut avait lu les écrits de la vicomtesse. Ces pièges étaient redoutables, sauf que manque de bol, un castor croisa leur route, il se pointa devant eux, l’air innocent avec sa bouille de castor poilu. Une main en protection devant Rolan, elle dit :


Surtout ne bougez pas, c’est un castor, il transmet le castor garou

Rolan haussa les épaules, et amorça un pas vers le castor ! Mais il était fou dans sa tête ce pauvre Rolan ! Le castor allait lui manger le bras, et puis il crèverait dans d’atroces souffrances. Le castor, pas bête du tout, continua sa route, sautant presque par-dessus les pièges de Russo. Nennya ne manquerait pas de lui raconter cette rencontre fortuite et l’inefficacité des pièges. Enfin, la forteresse russocarienne était en vue, les murailles étaient hautes, surement pour qu’elle se protège de sa plus grande peur. Rolan ne demanda pas son reste faisant sonner le cor de chasse des Blackney.

BRRRRRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrrrr


Une chose parfaitement exécutée, ils avancèrent et s’enfoncèrent dans la demeure, l’état sauvage de la forteresse ressemblait à la personnalité de Russo. Un gentilhomme/garde les arrêta, la Duchesse répliqua :

Sire, nous sommes attendus pour chasser, je suis Nennya Blackney Desbois

Ils les firent accompagné jusqu’au logis, de bonnes odeurs de pâté venaient de réveiller l’estomac gourmand de Nennya. Faisant claquer ses bottes au sol, elle hurla :

Saiiiiiiiiiiiiiiggnéeeeeeeeeeeeeeeeeee !

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Russocarine
Il lui fallait absolument trouver comment réveiller un ours. Pas d'ours, pas de chasse, pas de manteau, pas de paté d'ours pour tremper en tartines dans sa bière du matin. Prenant une profonde inspiration, Russo fronça les sourcils et se mit à réfléchir à haute voix à ce qui pouvait la réveiller elle...

Tirer la couverture de l'ours pour qu'il ait froid... nan, il a pas de couverture
Sentir un truc bon à manger... pas sur que ça soit suffisant, ni que Nennya veuille prêter sa fille pour ça
Faire du bruit fort fort fort... mmm


Confusément, elle sut qu'elle tenait un début de solution. Hélas, plongée dans ses pensées, elle n'avait pas entendu Nennya entrer. Et quand elle entendit


Saiiiiiiiiiiiiiiggnéeeeeeeeeeeeeeee !

elle se précipita immédiatement à l'abri, à savoir à l'intérieur de la grande armoire où était entreposé le linge de maison. Un compartiment n'était pas occupé, elle s'y planqua, tira la porte, et colla son oeil à la serrure pour évaluer la situation.
L'heure était grave. La rectrice aimait viscéralement saigner les gens, elle avait pour projet de saigner le Béarn entier pour les protéger du castor-garou. En plus, Russo lui avait promis de se laver les pieds avant son arrivé, toujours pour éviter d'attirer la viléfourbe bestiole, mais l'eau était bien trop froide, et puis elle s'était déjà lavé les pieds l'année passée, et puis l'eau c'est dangereux et puis... bref, sous sa peau d'ours, Russo craignait des représailles de la toquée sanguinaire

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Vanyel
De retour en Béarn. Elle en était partie un temps, pour la bonne cause. Elles étaient parties à 2, ils revenaient à 3, elle avait réglé une dette au passage, c'était bon d'être de nouveau à la maison.
Elle avait appris que m'dame Cureuil était arrivée également... si elle ne se rappelait pas de travers, la probabilité de la tenue d'une chasse à l'ours devait avoisiner les quelques 99,99%.
Russo en avait parlé avant qu'elle ne prenne la route et Vanyel doutait que ce genre de plan puisse changer.

Retrouvant sa demeure, elle n'eut toutefois pas le courage d'aller de suite prendre des nouvelles. Le soir était tombé et elle n'aspirait qu'à se reposer un peu. Elle avait l'impression de sentir encore les heurs des roues de la voiture sur les cailloux en marchant. Après un bain et une nuit de repos, elle serait mieux disposée pour rendre visite à la gardienne de clefs et élaborer des plans pour agrandir sa collection de manteaux. Elle marina dans l'eau chaude et n'en sortit que lorsqu'elle eut la peau des doigts frippée, puis une fois changée et dans sa chambre, Salamandra placée à ses côtés, elle s'endormit alors que sa tête venait à peine de toucher l'oreiller.

Au petit matin...

*piou piou* *piou piou*

Ronchonnement et marmonnement du genre "gne chut les piafs".... mais trop tard, le mal était fait. La combinaison "habitude de voyage" + "bruit de zozio" lui avait été fatale, elle était réveillée. Où était donc passé le mythe selon lequel tous les oiseaux sont migrateurs et donc silencieux en hiver? Frissonnant, elle glissa les pieds dans ses pantoufles mitrés et se dirigea vers la fenêtre, faisant fuir les oiseaux par là-même. Regardant de plus près le rebord extérieur.... elle soupira. Des graines de blé cassées semblant provenir d'un moulin s'y trouvaient par un malheureux hasard qui était vraisemblablement imputable à une action d'Éliandre. Il faudrait qu'elle lui en touche un mot... n'ayant pas envie d'attraper froid, elle s'habilla prestement et chaudement.
Une fois prête et emmitouflée dans un nombre certain de vêtements, recouverte d'une lourde et chaude cape, les mains gantées et les pieds mouton-bottés, elle sortit... et rerentra. Finalement, ce n'était pas une bonne idée de passer par dehors, d'autant qu'elle n'avait pas déjeuné, préférant attendre que la sensation de nausée passe d'abord.
Elle passa donc par la cuisine... il était vain d'espérer y retrouver le moindre biscuit, même sec, il lui faudrait en refaire sous peu, ou bien ça serait une crise assurée. Sur la plus haute étagère, caché derrière les condiments se trouvait un petit pot en grès sans étiquette, des bonbons au miel. Elle les prit avec elle et s'engouffra dans le cellier. Au fond il y avait quelques tonneaux, pas beaucoup, mais assez pour masquer l'entrée d'un aménagement fort pratique: un tunnel pour aller chez sa voisine. Elle ne l'avait encore jamais emprunté, c'était l'occasion de l'inaugurer. Une fois la porte ouverte, elle alluma une petite lampe avec le briquet posé à cette effet dans une petit niche du tunnel, entra dans le boyau souterrain et en referma l'accès avec soin. Il ne manquerait plus que ce passage secret soit révélé et devienne une voie de circulation d'ourson. Elle se déplaçait silencieusement en observant l'ouvrage réalisé. Les poutres étaient bien en place et avaient l'air de pouvoir tenir des siècles en place, cela dénotait l'expérience de Zak & Russo en matière de galeries.

Arrivant au bout, la lampe trouva une place sur un crochet pendant qu'elle s'affairait pour ouvrir la sortie, faisait coulisser un panneau en bois. Elle sursauta en tombant nez à nez avec... un dos qui ne lui était pas inconnu.


Oh Russo ? Comment tu savais que je déciderais pour une fois de prendre le tunnel aujourd'hui? ça va? Si on sortait, ça serait plus pratique pour discuter non ?
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Aymeric_de_saunhac

Une toquée à Mauleon, mission accomplie capitaine Ourson ! Ouf, ma mission de garde du corps aboutissait avec succès. La toquée en sécurité, je me suis rendu tout naturellement chez tante Vanyel afin d’y retrouver Eliandre. Quoi de plus normal…

Après retrouvailles plus qu’agréables, il était temps de se rendre à la demeure des maitres. Donà Nennya avait parlé de chasse, il est certain que maintenant que l’équipe était presque au complet, la partie ne devrait pas tarder à commencer. Tante Vanyel était selon les dernières nouvelles sur le chemin du retour, les préparatifs devaient commencer au plus vite.

Se rendre chez le Senher Zak et Donà Russo était un vrai parcourt du combattant. Tout au moins pour les Castors, des pièges dissimulés un peu partout réduisait considérablement la durée de vie des queues plates. Heureusement, je m’étais improvisé en capitaine des castors, afin d’enseigner aux plus courageux, l’art d’éviter les pièges. Bien sûr, ils n’étaient toujours pas à l’abri d’un accident… D’autant que les pièges semblaient presque changer de place par eux-mêmes… Un Castor peu habile se retrouvait parfois piégé. Ce n’était pourtant pas faute de leur avoir répété maintes et maintes fois de rester vigilant !

Bref, depuis mon retour, j’avais une toute nouvelle idée pour les protéger, créer une armée, préparer des gardes du corps pour chaque castor vivant dans le Royaume. L’armée Castours ! Mais il fallait être malin, comme disait Russo, si un castor a un garde du corps, il en sera d’autant plus repérable. Les castours seront donc déguisés en Castor. Reste qu’ils seront toujours plus grand… Qu’à cela ne tienne, on fera mettre des échasses aux castors. Des échasses en acier pour ne pas qu’ils se mangent les pates…

La tête pleine d’idée, j’arrive aux portes de la demeure.


- (Aymeric) : CRAAAAOUuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu

Sonnerie infaillible qui signifiait que c’était moi et moi seul qui arrivait… Normalement, à partir de là, je pouvais entrer en toute quiétude sans avoir à me soucier de me prendre un coup d’épée en franchissant la porte.
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Nennya
Étrange attitude que celle de peau de n’ours, elle venait de détaler comme un lapin ou un castor devant son pire ennemi. Peut être était-ce une coutume locale, on fuyait lorsqu’il y avait un invité à la porte. Elle ronchonna, regardant en coin d’œil Rolan, qui semblait intrigué par l’attitude du mestre des lieux, elle calma les moustaches de son intendant :

Ne vous inquiétez pas, c’est peut être un test !

Ah peut être que son bonjour saignant avait effrayé la russo. La Duchesse ravisa ses ardeurs, et avec une voix plus douce et attirante :

Allons allons je t’ai vu sort de là Russo, tu ne vas pas te cacher quand même pour mon accueil de toquée. Tu vas louper le bon petit déjeuner

La Duchesse de Mortain entendait une autre voix dans la cachette de Russo…flûtasse bananasse, Nennya entendrait elle des voix ? Elle approcha sa douce toque de l’armoire, et frappa comme si elle allait entrer dans une demeure :

Toc toc ! Je sais que c’est toi, sort de là où je t’enfume par derrière !


Comment ? Elle ne le savait, mais la toquée avait toujours moult idée. Une sorte de cri des abysses vint à raisonner genre Graou mixé avec aouhhh…Aymeric ? Nennya sortit l’argument ultime pour faire ouvrir la dame n’ours.

Si tu ne sorts pas, je vais chercher ce castor que j’ai croisé sur ma route et je le lance dans ta cachette, et toc foi de toquée
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Russocarine
Murphy. C'était lui. C'était signé. Russo reconnaissait sa griffe maléfique.
A peine cachée dans l'armoire, elle s'était sentie coincée comme le jambon entre deux tranches de pain. Côté pile, Vanyel qui se convertissait aux tunnels. Côté face, Nennya et Aymeric. En plus, Nennya l'avait repérée.

Chuchotis vers la crevette

Chutttt..... La Sanguinaire... J'veux pas de saignée....

Puis vinrent les menaces... Pouah... un castor dans sa belle armoire, au milieu des nappes et des dessus de lit brodés avec ses armoiries. A l'idée du rongeur faisant son nid dans ses affaires, Russo sortit d'un bond de sa cachette. Et tant pis pour la toquée si elle était trop près de la porte.

Ohhh Nennya, quelle bonne surprise ! As tu fais bonne route avec mon écuyer ourson-dragon ?

Russo tenait ses bras dans son dos, et maintenait une distance respectable avec la rectrice. On n'est jamais trop prudent.
Froncement de sourcil. Expliquer la présence de Vanyel dans l'armoire, les tunnels, tout ça, serait un peu compliqué. Le mieux était de distraire la rectrice le temps que la Crevette sorte.
Surmontant sa peur d'être saignée vivante, Russo attrapa Nennya par le bras pour qu'elle tourne le dos à l'armoire.


J'ai cru entendre Aymeric arriver. Allons donc demander à Frénégonde de nous servir de quoi manger. Je suppose que tu as faim ?

Et de se déplacer innocemment vers la cuisine tout en parlant.

Où as tu laissé tes affaires ?
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--Isabella_diaz




Ah ! Mauléon... Charmante petite bourgade nichée aux pieds des Pyrénées, où les habitants, heureux de vivre, coulaient des jours paisibles sous le regard bienveillant de saint Bynarr, leur patron attitré. La douceur de vivre du lieu aurait pu charmer n'importe quelle personne en quête d'un havre de paix où l'épanouissement personnel serait un précepte auquel on ne saurait déroger. Le verger et la forêt voisine formaient pour les petites maisonnettes coquettes une ceinture protectrice verdoyante dès le printemps, où les oiseaux gazouillaient et s'ébattaient avec une joie insouciante. Oui, Mauléon était un véritable petit bout de paradis descendu tout droit sur Terre. Et pourtant, ce matin-là, le paradis se transforma en véritable enfer dans une bastide récemment acquise par une petite diaconesse à la chevelure de feu.

Sebastian ? susurra une sculpturale brune toute gainée de cuir noir, plantée devant une porte close.

Oui Patronne ? répondit une toute petite voix pourtant digne d'une basse de l'autre côté de l'huis.

J'ose espérer que tu es prêt, reprit la brune en entortillant une longue mèche de cheveu autour de son index et en affichant une moue boudeuse.

Euh... Oui Patronne,
répondit la voix d'un ton où l'embarras était de plus en plus palpable et où un soupçon de crainte devenait perceptible.

Les pansements ont été refait ?
Poursuivit la femme dont le regard se durcit incroyablement.

Oui Patronne, murmura son interlocuteur dans un souffle.

Tu es en une tenue suffisamment descente pour ne pas effrayer Vanyelle ?
enchaina la brune en pianotant du bout de ses doigts parfaitement manucurés sur le battant de la pièce inaccessible.

Oui Patronne... La réponse était à peine audible et cette fois, la peur l'emportait sur l'embarras.

ALORS QU'EST CE QUE TU FAIS ENCORE DANS TA CHAMBRE, MAUDIT HERON ! TU VAS NOUS FAIRE RATER LA CHASSE !!! tempêta la femme transformée pour le coup en harpie sanguinaire tout en assenant coups de poings et coups de pieds à la porte.

Patronne ?



J'ai comme qui dirait un tout petit problème... technique.
Si une voix avait pu rougir et rentrer la tête dans ses épaules, celle-là l'aurait assurément fait.

Hmmm ?daigna répondre la harpie, domptant ses pulsions homicides tant bien que mal.

La poignée... En fait, j'avais fermé la porte à clef, hier soir, à cause du chat fou qu'Ermi-chérie a adopté. Cette bestiole, c'est l'incarnation de la créature sans nom. Il suffit de voir ses yeux, c'est un avant goût des enfers lunaires... déblatéra très rapidement la voix, qui regagnait un tant soi peu en assurance.

AU BUT !!!! s'exclama Isabella en faisant pleuvoir une nouvelle série de coups sur la porte pour donner libre cours à son énervement total.

Et bien... Je me suis enfermé hier soir, donc. Ce matin, je me suis levé, j'ai vaqué à mes petits préparatifs comme vous l'aviez suggéré, j'ai voulu descendre déjeuner... et j'ai, je crois, tout à fait accidentellement, hein, cassé la clef dans la serrure. A moins que je n'aies faussé la serrure à force de m'acharner dessus. Bref, j'ai bien peur d'être coincé ici, au moins pour la matinée, si ce n'est pour la journée. La porte est en bon chêne bien solide, Ermi-chérie ne s'est pas faite plumer en investissant dans cette maison... Pour l'enfoncer – la porte, pas Ermi-chérie – il faudrait au moins quatre Leandro. Il faudra quérir un serrurier, s'il y en a dans ce trou paumé, ou un forgeron, je ne vois pas d'autre solution. Un très court silence suivit l'explication.

Oh, vraiment ? s'enquit la femme sans chercher à masquer son ire. Pourtant il va bien falloir. Si tu n'es pas devant la porte prêt à partir pour la demeure de dame Russocarine lorsque je franchirai le seuil, je peux te jurer que l'Enfer sera un lieu de villégiature plus accueillant que mes bains et que les tortures des démons seront plus douces que les caresses de mes pensionnaires à tes yeux comparé à ce que je te ferai subir... Me suis-je bien fait comprendre ?

Hélas oui, Patronne...

Un semblant de calme retomba sur le second étage de la demeure des Lioncourt où séjournaient, le temps de leur visite, Isabella Carmen Diaz de Alicante – maquerelle par vocation, maitre chanteur experte à ses heures (et elles étaient nombreuses), et chasseuse invétérée – et Sebastian Phelipe Villa Lobos – astronome, inventeur, et âme damnée d'Isabella (à l'insu totale de son plein gré) -, amis fidèles de la toute nouvelle habitante de Mauléon. La maquerelle donna un ultime coup de poing rageur au vantail qui la séparait de l'objet de son courroux et entreprit de descendre légèrement les marches de pierre usées de l'escalier. Il lui fallait absolument mettre la main sur Ermi. A en croire les effluves sucrées qui embaumaient l'air, la maitresse des lieux, qui n'avait pas encore eu le temps de s'attacher les services du petit personnel indispensable à la tenue d'un intérieur, devait se trouver dans la cuisine à confectionner une quelconque pâtisserie. Suivant son odorat, Isabella ondula de marche en marche jusqu'au rez-de-chaussée puis, après avoir humé à nouveau ce qui était indubitablement une odeur de pommes caramélisées, prit la direction de l'antre de l'Erminence grise.

Pendant ce temps, deux étages plus haut, un pauvre héron commençait à numéroter ses plumes. Assis sur son lit, Sebastian se tenait la tête pour éviter de se la cogner contre les murs. Le destin avait décidé de lui jouer un bien vilain tour... Aller en France avait été une épreuve, y aller avec Isabella fut une vraie souffrance tant les brimades et les catastrophes s'étaient enchainées avec une régularité de métronome. A leur arrivée, la veille au soir, Ermi les prévint qu'elle était invitée à une chasse par une proche voisine croisée sur le pas de sa porte. Zaza décréta qu'elle en serait coûte que coûte quand elle apprit le nom de la voisine, et un pli avait été envoyé à Russocarine, qui avait accepté généreusement de les embarqués avec elle. Et voilà comment ils se trouvaient sur le départ pour cette nouvelle épopée en cette sinistre matinée. Le problème majeur de Sebastian résidait en un point de détail : être invité à une chasse en compagnie d'Isabella revenait à modifier une nouvelle fois son testament afin qu'il soit bien à jour : après tout, peu importe le gibier que le héron était sensé traquer (ou plutôt appâter), il y laissait immanquablement un certain nombre (pour ne pas dire un nombre certain) de plumes.

Me concentrer. Il faut absolument que je me concentre. Il ne servait à rien d'anticiper les catastrophes à venir, il fallait d'abord se sortir de ce pétrin avant de penser à sauvegarder l'intégrité de sa longiligne carcasse. Comment sortir de la chambrette douillette qu'Ermi-chérie avait mis à sa disposition le temps du séjour et ce, le plus rapidement possible pour éviter les foudres patronales ?

Réfléchis, Sebastian, s'exorta-t-il. Une porte en bois... Comment forcer une porte en bois sans brutes épaisses sous la main ? Les visions de supplices emplirent la tête de l'infortuné héron qui eut bien du mal à revenir à son problème. Une porte... Du bois... Un castor !!! Il me faut un castor... Il rongera le bois, en fera des cure-dents... Ou bien en le tenant correctement il pourra faire sauter la serrure. Soupir. Comme s'il allait pouvoir trouver un beau castor en parfait état de marche sous son lit... Bon, une autre idée. Et son regard se posa sur son petit matériel de campagne. Il avait encore un peu de ce curieux mélange noirâtre et nauséabond qui avait fait exploser son laboratoire le mois précédent. Peut-être qu'utilisé en petite quantité, il parviendrait à faire sauter la porte ? Re soupir. Ermi-chérie ne serait sans doute pas satisfaite de voir sa maison s'éparpiller des lieues à la ronde s'il se plantait dans les dosages, ce qui était tout de même plus que prévisible... Misère... Que faire ? Le héron tourna alors son long coup en direction de la fenêtre. Soupir ultime. Il n'avait pas voulu s'y résoudre plus tôt, mais quel autre choix avait-il ? C'est donc du pas résigné du condamné à mort qu'il s'approcha de la fenêtre et l'ouvrit.

Deux étages plus bas, dans la cuisine accueillante de la demeure se déroulait une scène touchante où mère et fille mettaient conjointement la main à la pâte pour confectionner les délicieux pâtés aux pommes qui avaient assis la réputation de cordon bleu de la diaconesse SDF de l'autre côté des Pyrénées. S'il n'avait pas été question d'une potentielle extension de son incroyable collection de peaux exotiques, Zaza aurait été touchée, voir même émue par un si touchant spectacle. Malheureusement pour Ermi, la possibilité de faire main basse sur un nouveau trophée avait ôté tout scrupule, voir même toute humanité à la Poulette chasseresse. Agrafant d'un geste sûr Tigrounet sur ses épaules, Zaza fut en deux enjambées devant Ermi et Vanyelle. Prenant la plus petite par la main et trainant l'autre qui freinait des quatre fers, la maquerelle prit la direction de la porte.

TAYAUT !!! SUS A LA BETE !!! s'exclama-t-elle avec emphase. Il ne faut pas faire attendre le gibier. Surtout s'il risque d'avoir une peau bien blanche et bien douce, exulta la maquerelle dont le regard farouche se mit à briller de convoitise et d'excitation. Les chevaux nous attendent, direction la demeure de Dame Russocarine ! conclut-elle en franchissant la porte.

CLAC ! fit la porte en se refermant brutalement.

SCRRRRRRRRRRRRRRRRRRRAC ! fit la glycine en cédant sous le poids d'un Sebastian en pleine tentative de descente.

BAOOOUM ! fit Sebastian en s'affalant de tout son long sur le sol, aux pieds de sa patronne.

Ah ! Tout de même... J'ai failli attendre, maudit héron. La maquerelle adressa un regard hautain à l'amas de vêtements froissés qui se trouvait devant elle, le contourna et se dirigea vers les montures qu'elle avait scellées à l'aube. D'un index impérieux, elle indiqua à Ermi qu'il était inutile de négocier et que sa place était sur sa haquenée. À son tour, elle grimpa sur le dos de son étalon, prenant Vanyelle devant elle. Un regard noir presque haineux fit comprendre à Sebastian que le salut n'était pas dans la fuite mais dans sa rapidité à grimper sur le dos de sa mule.

L'astronome ne perdit pas de temps en vaines jérémiades et autres lamentations stériles. Avec un peu de chance, il aurait le temps de se remettre de ses émotions une fois arrivé à bon port. Heureusement qu'il avait toujours sur lui le petit kit de survie en milieu hostile fourni gracieusement par l'apothicaire de son village (avec tout l'or que Sebastian lui avait déjà donné, faire un petit geste commercial était bien la moindre des choses). Les bêtes à poils et leurs cavaliers à plumes prirent donc la direction des terres de la mythique Russocarine. Sebastian avait longuement, très longuement entendu parler de la Béarnaise qui ressemblait un peu trop à son goût à sa patronne par son amour pour les tonneaux, la chasse et les pelisses. En évoquant cette terrible ressemblance, le héron regarda en l'air, histoire de vérifier que les anges n'étaient pas en train de se réunir pour annoncer aux mortels le début du Jugement Dernier tant la future rencontre des deux femmes avait un petit goût d'apocalypse. La petite troupe arriva sur les terres de la propriétaire de LA peau d'ours légendaire. Sebastian regarda autour de lui avec curiosité avant de se ratatiner sur le dos de Sorah comme une tortue rentrant dans sa carapace : la densité de piège à la coudée carrée était épouvantable et elle laissait présager la présence d'un ennemi implacable à la dangerosité sans précédent. Mais qu'est-ce que l'infortuné Espagnol était donc allé faire dans cette galère ?


Enfin ! La tyrannique Poulette et son petit monde étaient arrivés à destination. Certes, la décoration de la propriété avait quelque peu surpris Zaza, mais elle s'expliquait parfaitement : quand on possède de si belles peaux, il est tout à fait normal de tout faire pour les protéger des malandrins qui auraient l'outrecuidance de tenter de faire main basse dessus. Décidément, Russocarine était une femme prévoyante : elle grimpa un peu plus encore dans l'estime de l'Espagnole, qui prit bonne note des améliorations qu'elle pourrait apporter à ses propres terres. Mais l'heure n'était pas aux considérations pratiques. La petite troupe mit pied à terre devant la résidence de l'ursidoctone et c'est un héron en piteux état, une Erminette contrainte et forcée, une Vanyelle circonspecte et une Zaza rayonnante et ondulante qui firent leur entrée dans le petit monde russocarinien.

HOLAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !!! SEÑORA RUSSOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!
brailla Zaza de toute la force de ses généreux poumons en ouvrant la porte à la volée. NOUS SOMMES LA ! JE VOUS AI MEME AMENE MON MEILLEUR APPAT ! ne put-elle s'empêcher d'ajouter tant pour confirmer qu'elle était prête à passer à l'action que pour attirer son hôte.

Je crois en Dieu, le Très-Haut tout puissant, Créateur du Ciel et de la Terre, Des enfers et du Paradis, Juge de notre âme à l'heure de la mort, commença à réciter à mi-voix le héron-appât en entrant à la suite de Zaza, tout en observant les lieux avec une attention accrue. La bâtisse était vaste, les endroits où se planquer pour ménager sa petite personne ne pouvaient pas manquer. Du moins en théorie. Il suffisait de faire preuve d'ingéniosité et de profiter du fait qu'Isabella avait l'attention focalisée sur la partie de chasse qui commencerait sous peu...




___________
Post rédigé à deux mains par Ljd Isabella et Ljd Sebastian.
Vanyel
Russo mettait un temps fou à bien vouloir se pousser. Elle eut une bribe d'explication chuchotée... Et plus de détails lorsque la voix de Nennya lui parvint. Elle restait immobile, dans une presque parfaite obscurité après avoir refermé autant que possible le fente de la lampe. Il aurait été malvenu que leur passage soit découvert. Tout s'expliquait, elle comprenant mieux pourquoi Russo était de une dans l'armoire, de deux, aurait bien voulu y rester. Elle ne put que saluer mentalement son héroïsme lorsqu'elle sortit affronter la toquée.

Elle retenait son souffle, tandis que les pas de Russo & Nennya s'éloignaient. Aymeric aussi était arrivé, pourquoi est-ce que cela la titillait?.... Elle pesta silencieusement. Elle avait oublié de laisser un mot à Eliandre. Est-ce qu'elle lui avait parlé de chasse? Fichtre non... il lui fallait compter sur le fait que son frère n'aurait pas pu oublier de lui dire une chose pareille... sûrement...
Elle était bien cachée, mais elle put tout de même entendre la tonitruante arrivée de Poulette, accompagnée bien entendu.

Tout ça commençait à devenir extrêmement compliqué... et une sortie discrète sans croiser personne des plus délicates. Réfléchir... bon elle allait devoir s'y résoudre... passer par les caves et arriver par la cuisine comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, elle ne voyait pas quoi faire d'autre, à moins de re-rentrer chez elle et de passer par dehors, alors que c'était précisément ce qu'elle avait voulu éviter, et puis maintenant qu'elle jouait déjà les troglodytes, autant continuer à explorer le réseau de tunnel.

Elle referma le panneau de l'armoire avec soin, et reprit son chemin. Dans le sens aller, elle avait raté l'embranchement pour se rendre à la cave, celui-ci étant agencé de telle sorte qu'il ressemblait à l'ombre d'un léger renfoncement. Dans le sens retour, il était impossible de passer à côté, on se rendait compte que le renfoncement était en fait un autre couloir... elle s'y engouffra. Il n'était pas très long, ce qui était logique, et elle parvint assez vite à l'entrée de la cave. La situation la fit sourire... Russo avait les clefs de ses caves, et elle entrait dans celle de Russo par un tunnel...

Là, après avoir scruté le silence et s'être assurée qu'il n'y avait pas de danger, elle sortit aussi vite que possible en tachant de ne pas faire de bruit. Une fois le passage soigneusement refermé, elle "inspecta" la cave... Zak n'avait pas menti, il y avait eu une hécatombe chez la population de tonneaux... les tonneaux....ça serait son excuse pour sortir de la cave. C'était un point de départ. L'idée se développait dans sa petite cervelle. Russo l'avait envoyée chercher le tonnelet de chartreuse, celui-là même qu'elle lui avait donné lors. Pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas voulu descendre? Parce que le spectacle des tonneaux vides la déprimait. Enfin elle verrait bien si on lui posait des questions, là il serait temps de se servir éventuellement d'excuses.

Elle sortit de la cave et surprit Frenegonde qui s'affairait à faire des tartines. Sauvée, Russo & Nennya n'avaient pas encore atteint la cuisine, probablement qu'il y avait eu un délai dû à l'arrivée des autres participants. Comme si de rien n'était, elle lui sourit avec un air innocent, au moins digne d'une auréole portable.


Est-ce qu'il y a aussi de la confiture pour les tartines?
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Cooky
[Orthez, la veille]

L'avantage de passer les nuits au froid sur les remparts, car oui, il fallait bien en trouver un, c'était bien certainement de pouvoir espionner tranquillement les voyageurs. Elle était ainsi la première au courant de qui rentrait chez lui, de qui fuyait en courant, de qui encore tentant de passer l'air de rien entre les murs de la cité. Elle en tenait même des registres très précis afin de les transmettre au petit matin à ses supérieurs bien aimés.

Ce jour là, elle aperçu une carriole passer aux premières heures du soir et quitter l'enceinte de la cité orthezienne. Elle fronça les sourcils, se rapprocha tant qu'elle le pu... ces armoiries sur la carriole, elle les avait déjà vues. A qui appartenaient-elles ? Elle réfléchit, passant en revue les quelques représentant de la noblesse de ses connaissances. La réponse lui vint rapidement lorsqu'elle s'aperçut que le petit équipage se dirigeait vers les montagnes Mauléonaises. Mais oui mais c'est bien sûr, Plume !

Ainsi, elle était venue chez elle et ne l'avait même pas prévenue ni saluée ?! Eh beh... Cela faisait plusieurs semaines qu'elle ne l'avait pas vue. Elle avait appris son récent voyage hors du Béarn mais ne la savait pas de retour. Dommage qu'elle ait toutes ces piles de dossiers qui s'entassaient et toutes ces paperasses à remplir par-ci par-là. Elle se serait bien octroyée quelques jours de repos à Mauléon, loin de tous ces tracas.
Mais qu'est-ce qui l'en empêchait au juste ? Elle n'avait pas besoin de rester plantée à Orthez après tout, les pigeons volaient tout aussi bien de la montagne que de la plaine !
Ni une ni deux, elle fit appeler Mathilde pour lui expliquer son plan. la jeune femme accepta avec plaisir de veiller sur les enfants et de relever le courrier qui serait apporté en son absence. C'était là l'affaire d'un jour, deux tout au plus... juste le temps d'un aller-retour.

Le reste de la nuit passa lentement pour la jeune orthezienne, tout excitée qu'elle était à l'idée de la bonne surprise... oui bonne, pas de doute... qu'elle allait faire à son amie.
Aux premières lueurs de l'aube, elle rendit son rapport et couru faire ses bagages. Elle voyagerait seule donc léger pour cette fois. Il lui fallait juste une paire de braies et une chemise de rechange. Les d'Arezac n'étaient pas n'importe qui tout de même, elle ne pouvait pas arriver et garder sa tenue de voyage. Le tout fut fourré rapidement dans sa besace et elle partit sur les routes, bottes aux pieds et épées au côté.

Elle connaissait bien la route à présent et voyageant au petit jour, elle limitait les risques de mauvaises rencontres. Il ne lui fallu que deux petites heures pour parvenir en vue des remparts mauléonais. C'est là qu'elle se rendit compte de la faille de son plan. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où logeait Plume. Bah, Mauléon n'était pas une bien grande ville, on aurait tôt fait de la renseigner.


[Mauléon, terminus du trajet]

Le garde à qui elle présenta sa requête fut fort aimable et il ne lui fallu que quelques pièces et une toute petite bouteille de Raide Bulle pour parvenir à obtenir les renseignements voulus. Dommage, elle avait prévu de la partager avec son amie, il lui faudrait trouver une autre idée de cadeau pour la remercier de son hospitalité.. si tant est qu'elle acceptait de la recevoir.
Ainsi donc, la dame n'habitait pas dans l'enceinte même de la ville. Elle contourna les remparts par le petit sentier indiqué. Elle voyait encore les traces de roues fraîches laissées la veille par la carriole. La voie était donc bien la bonne.
Une lieue plus loin, elle pu même apercevoir au loin, la tourelle que lui avait promis le garde. Seulement, ce n'était pas une mais deux tours qu'elle apercevait de là où elle se trouvait. Mazette, vers laquelle se diriger ? Elle commençait à avoir mal aux bottes et sa besace avait beau être légère, elle sentait son épaule ronchonner de l'avoir encore sur le dos.
Elle se dirigea donc vers la plus proche des tourelles, espérant qu'à défaut on saurait la renseigner sur sa destination.

Le chemin qui conduisait à ce qui ressemblait fort à une forteresse était semé d'étranges installations. Bien que novice en la matière, elle aurait juré qu'il s'agissait là de pièges animaliers en tous genres. Elle se félicita d'être venue seule, Arthur n'aurait pas mis longtemps à les apercevoir et à s'en approcher pour les étudier de plus près.

Enfin, elle parvint à la porte du domaine et héla le garde qui se trouvait là.

Olà mon bon messire.
Je suis à la recherche de la demeure de la Dame D'Arezac, je suis une amie.
Est-ce bien là ?


Tout en écoutant la réponse de son vis-à-vis, elle regardait avec curiosité par dessus les grilles. Etait-ce des silhouettes qu'elle apercevait là bas ? Oui.. mais de qui ?

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Porte-Parole du Bearn - Sergent de la Prévôté - Emissaire d'Orthez - Archiviste politique du Béarn
Nennya
[En compagnie de peau de n’ours magouille]

De l’armoire s’échappait quelques chuchotements perceptibles, la Duchesse n’hésiterait pas à mettre en action ses menaces, une sanguinaire restait une sanguinaire. Finalement, la dona sortit de son antre, elle aurait juré qu’elle n’était pas seule dans cette armoire, elle haussa les épaules.

-Enfin on vient m’accueillir dignement ! Si je m’écoutais je te ferais une saignée sur le champ. Excellent voyage, l’ourson était d’une rapidité à l’estropiage de mouche impressionnante. Il est bon pour devenir un grand chevalier. Que je te raconte ! Nous étions sur la route Rolan mon intendant moustachu et moi-même la toquée, lorsque PATATRAC BOOM un castor est sortit de nulle part, tu te rends compte Russo, un castor !


Tout en marchant, la Toquée repensait à cet épisode, et si il l’avait mordu et si il avait mordu Rolan, et si il avait sortit des couteaux et qu’ils les avaient tous couic couic ! Elle soupira, la main sur le cœur, Dieu merci, elle était vivante. La main de peau de n’ours était dans son dos, comme si elle voulait l’éloigner de l’armoire, nonnnnnnnnnnnnnn peut être bien que dans cette armoire, il y avait des peaux !Moults peaux toutes belles, toutes douces, pas question qu’elle bouge et pourtant l’appel du ventre faisait rage.

-Ah oui oui j’ai faim, mais pourquoi tu ne veux pas me montrer tes peaux ? Il y a quoi dans l’armoire ? Tu caches ta future arme contre les castors ?


Un lourd son, pire que celui de l’ourson sauvage vint à définitivement tuer son ouïe. Elle profita de cette attention détournée pour ouvrir l’armoire.


-Mais il y a rien dans cette armoire ! Allons manger, il y a quoi au petit déj en Béarn ?fit elle en se frottant le ventre
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Russocarine
Plus ou moins à peu près la catastrophe avait été évitée, et le secret du réseau souterrain préservé de la curiosité de Nennya. Mauléon ne serait plus jamais la même ville si la Sanguinaire s'infiltrait dans les maisons en douce la nuit pour saigner les adultes, purger les enfants, mettre des ventouses aux vieux etc etc

Alors que Russo s'apprêtait à répondre sur la gastronomie béarnaise matinale et la prolifération maléfique et inattendue des castors autour de sa demeure, elle reconnut la douce et mélodieuse voix de Zaza. Et d'expliquer à la rectrice tout en lissant quelques poils d'ours rebelles


Zaza est arrivée. Vite, ajuste ta toque.Tigrou sera peut être là ...

Puis d'annoncer à la cantonnade

Vanyel, Zaza est là


Et enfin de faire demi-tour, abandonnant un instant la cuisine pour de nouveau traverser le séjour et accueuillir les nouveaux arrivés.

Dona Zaza ! Monseigneur Tigrou ! Mestre Appat ! Quelle joie de vous voir ici.

Et de prendre délicatement le bord du manteau rayé dans ses mains, et de caresser le pelage exotique avec un sourire béat sur le visage. Puis rendant Tigrou à sa maitresse avant que celle ci ne s'agite et ne la griffe de jalousie, Russo entreprit, en bonne maitresse de maison, de faire les présentations

Laissez moi vous présenter Donà Nennya Blackney, duchesse normande, rectrice, adepte des saignées, porteuse d'une superbe toque en peau de cureuil, et en visite ici loin des moules sauvages et des sables mouvants.

Petit signe de tête vers Nennya, mouvement de la main vers Zaza

Et voici Donà Zaza, jouteuse à dos de cochon, propriétaire du fabuleux Tigrou, et dont le gout pour la chasse est légendaire à travers toute l'Espagne et même de ce côté des pyrénnées. Son "appat" s'appelle Léandro, si ma mémoire ne me trompe pas.

Inutile de parler si tôt de la tourte au héron vivant qui devait servir de banquet si l'ours ne se montrait pas.

Nous attendons encore quelques chasseurs, Aymeric et Vanyel vont nous rejoindre d'un instant à l'autre. Cependant, il nous faut dès maintenant penser stratégie. Voyez vous, en ce moment même, l'ours hiberne, et pour le chasser il va falloir le réveiller...
Alors j'ai pensé ...

Suspense

... si nous jouons de la musique autour de la tanière de l'ours, il finira par en sortir, non ? Et Aymeric aura sa tenue de dragon, l'ours aura peur, et hop, on le prend par surprise, et le temps qu'il comprenne, à nous pelisses, patés, rillettes


Parlant de rillettes


Mettant ses mains en porte-voix, Russo cria en direction de la cuisine
Frénégonde, ne fais pas attendre les invités !!

Trottinant, la vieille commença à amener patés de sanglier au genièvre, terrines de canard, omelettes aux truffes, soupette aux légumes verts du matin pour dragon-apprenti, ainsi que d'épaisses tranches de pain, et des pichets de bière blanche.

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Aymeric_de_saunhac
[Un peu avant que Tante Vanyel ne débarque on ne sait trop comment dans la cuisine]

Malgré mon cri, personne n’est venu me retrouver à l’entrée. Etrange… Peut-être est-il arrivé quelque chose à Donà Russo ? Et si les castors s’étaient associés pour se venger des pièges parsemés autour du domaine ? Il faudrait alors un médiateur de choix pour faire libérer Donà Russo… Moi, forcement… Mais avant cela, il faudrait trouver le chef et le repère des castors cagoulés !

« GGRRRRROUUUMMMMM »

Mmmmmmmhhh oui bon d’accord, après avoir mangé… Petit tapotement sur le ventre puis je me rends en cuisine. Miammm !!! Tout plein de tartines et tout et tout ! J’en prends une pleine poignée puis regarde autour de moi. On ne sait jamais, si Frénégonde me voit, elle serait capable de m’assommer avec un rouleau à pate à tarte… Les mains pleines, je me glisse sous la table juste au moment où la dite cuisinière entre de nouveau dans la cuisine. Pfiioooouuu c’était moins une !


- (Tante Vanyel) : Est-ce qu'il y a aussi de la confiture pour les tartines?

Une voix tout à fait familière laisse entendre les mots « confiture » et « tartine ». Tante Vanyel ! J’enfourne le reste des tartines puis sort de sous la table prestement !

- (Aymeric) : Bonchorn Chanche Chanyel !!!! La chechtrice est là ! Ch’ai éché la chéché à Charbe ! Gloups… Tu as fait un bon voyage ?
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--Isabella_diaz




Lorsqu'elle vit Russocarine arriver, Zaza eut un peu de mal à contenir sa joie. L'approche de l'ursidoctone béarnaise sentait bon le grand air, l'humus des bois, la liberté. Son pas résonnait du crissement de la neige, des appels des chasseurs, du piaffement impatient des chevaux. La maquerelle était vraiment en forme et d'une bien belle humeur. Son courroux à l'encontre de Sebastian, pourtant plus que légitime, s'était évaporé pour laisser place à un entrain que ceux qui la connaissaient redoutaient plus encore que ses accès de rage.

Russo arriva accompagnée d'une femme que la sulfureuse brune n'avait pas encore croisée lors de ses séjours en France. Comme toujours lorsqu'on lui présentait un être de sexe féminin, Zaza laissait la place à la grande professionnelle qui était en elle. Elle dévisagea littéralement la toquophore à la recherche d'imperfections, évalua le grain de la peau, la longueur des cils, la texture du cheveu. Ensuite, elle passa directement au tour de poitrine, au tour de taille, se dandina pour apercevoir le fessier et étalonna au pif la longueur des jambes. L'objet de son attention n'était pas repoussant, loin s'en fallait. Cependant, il fallait bien reconnaître qu'elle n'avait rien pour faire une bonne cocotte. Une cocotte digne de ce nom se devait de se détacher du lot, avoir son petit truc à elle qui la rendait unique, immédiatement identifiable même par le plus crétin des castors et surtout inoubliable. Elle devait devenir le fantasme absolu, celle qu'on meurt d'envie de retrouver encore, et encore, et encore... pour la plus grande satisfaction de la cassette de la Poulette. Ce n'était pas aujourd'hui que l'Espagnole repartirait avec de la main d’œuvre prometteuse.


Laissez moi vous présenter Donà Nennya Blackney, duchesse normande,
les yeux d'Isabella se mirent à briller d'une lueur étrange, de celle qu'ont les grands fauves quand ils repèrent une belle proie ou les poulettes lorsqu'elles découvrent un ver bien dodu et supposé bien goûtu. ...rectrice, adepte des saignées. Et là, la lumière fut dans la tête de Zaza. Il fallait de tout pour faire un monde, c'était bien connu. Et c'était d'autant plus vrai dans le petit monde de la maquerelle, où les saignées et autres jeux de docteur étaient appréciés d'une partie marginale des castors, celle qui aimait le cuir clouté et les fessées musclées. Isabella savait très bien qu'il était dur de trouver des cocottes capables de satisfaire ces castors-là. Elle avait passé assez de temps à en chercher, sans jamais vraiment trouver et là, sans qu'elle ait à fournir le moindre effort, il lui en tombait une directement dans le bec. Il fallait AB-SO-LU-MENT qu'elle coince Nennya dans un coin tranquille pour évoquer avec elle ses perspectives de carrière et la richesse qu'elle ne manquerait pas de faire si d'aventure, elle avait envie de faire un petit séjour linguistique en Espagne.

Les présentations se poursuivirent en sens inverse, entrainant leur lot d'inexactitudes et d'approximations. Le plus surprenant, c'est qu'il ne fut pas fait mention de la diaconesse SDF. Prise d'un juste doute, Zaza laissa Russo tripoter Tigrounet à sa guise et profita de sa distraction pour regarder derrière elle discrètement. Si le Héron stellaire était là, ce n'était pas le cas d'Ermi. Le sourcil droit de la maquerelle, celui qui manifestait généralement son mécontentement, se déguisa en accent circonflexe, marque incontestable que les foudres de l'ondulante Ibère finirait par s'abattre sous peu. L’œil noir, elle s'apprêta à demander des comptes à son appât fétiche mais Russo reprit la parole pour évoquer l'inévitable question de la stratégie, couplée tout logiquement à celle de la logistique.

Réveil en fanfare, costume de dragon, pâtés, rillettes et PELISSE. Isabella aurait presque pu se perdre en d'infinies rêveries à l'évocation de ce seul terme. Elle imagina un instant un bel ours blanc tiré de son nid douillet, cédant avec le sourire son pyjama d'hiver à une Zaza extatique... Ses mains, jusque là libres, se refermèrent sur Tigrounet et se mirent à le papouiller avec convoitise, comme s'il s'agissait de la pelisse mythique de l'ours blanc.

Russo, qui était définitivement une femme de qualité et qui savait vivre, leur fit servir des provisions de bouche. En attendant que celles-ci soient accessibles, Isabella se pencha vers Sebastian tout en affichant un grand sourire innocent à l'attention des Françaises.


Maudit héron ?, glissa Zaza à Sebastian sans cesser de sourire.

Oui Patronne ?, interrogea le Héron guilleret d'être en aussi bonne compagnie.

Où est ma patte de lapin ?

…, répondit Sebastian en écarquillant les yeux.

Elle n'est pas ici, bougre de fichu volatile.

Je croyais qu'elle nous suivait, patronne...

Oh, tu croyais. Et à quelle vitesse penses-tu que tu arriverais à repter ?

A repter ?

Oui, cher ami. Parce que c'est le seul moyen de locomotion qu'il te restera une fois que je t'aurai brisé les ailes pour ta négligence impardonnable !

Sourire crispé du Héron qui avait de plus en plus de mal à faire bonne figure.

Et bien, qu'attends-tu ? File me chercher Erminette et ramène-la moi sinon je te jure que je te ferai épiler intégralement à la cire chaude. Est ce clair ?

Oui Patronne. Clair et lumineux comme un après-midi d'été,
répondit Sebastian en reculant, tête rentrée dans les épaules.

Sebastian ?

Oui Patronne ?

Tu n'es qu'un lache...

Je sais...


Pendant que le Héron disparaissait ventre à terre, Zaza prit une profonde inspiration puis s'approcha de Russo et de Nennya.

Permettez-moi de corriger une petite erreur concernant le tas d'os qui vient de quitter la pièce. Ce pauvre garçon se nomme Sebastian Phelipe Villa-Lobos, maître de la vapeur, empereur des poulies magiques et spécialiste en destruction. Notre Leandro national est resté dans ses terres. Il était un peu occupé à massacrer de l'infidèle expansionniste lorsque je lui ai écrit pour lui proposer de nous accompagner. Il n'a pu se libérer
, ajouta Zaza en adressant à Russo un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait des activités du colosse lorsqu'il était obligé de regagner les rangs de son ordre militaro-religieux. Et quant à moi, poursuivit la maquerelle à l'attention de Nennya, je suis Isabella Carmen Diaz de Alicante. Mais tout le monde m'appelle Zaza, et mes amis me surnomment Poulette. J'espère que nous aurons tout le loisir de faire plus ample connaissance et, pourquoi pas, d'échanger nos petits secrets.

A propos de petits secrets, señora Russo, j'espère bien découvrir les vôtres en matière de capture d'ours. Nos techniques, du moins les dernières qui furent déployées l'été dernier, sont... comment dire ? Un peu rustiques, trop bruyantes, trop puantes et surtout néfastes tant pour les tympans des chasseurs que pour le poil. Mon appât,
continua-t-elle non sans lever les yeux au ciel, devait entrer dans la tanière de bête avec son beau costume en rôtis confectionnés par Erminette et attirer l'ours dehors pour nous permettre de lui tomber dessus.

Cette grande nouille a trouvé l'endroit trop sombre à son goût et il a voulu allumer la lanterne qu'il avait empaqueté dans son fourre-tout. Cette buse avait oublié qu'il restait aussi un peu de salpêtre, du soufre et un des charbon de bois dont il se sert pour écrire sur des supports impropres à cet usage dans ledit fourre-tout. Il paraît que le mélange de ces trois ingrédients possède des propriétés intéressantes quand il est présenté à une vive source de chaleur. C'est ce que nous avons pu constater lorsqu'il utilisa son briquet à une coudée de la tête de l'ours, attiré par l'odeur alléchante des rôtis. L'explosion fut assourdissante. Notre appât est sorti en trombe de la grotte avec littéralement le feu au céans, poursuivi par un ours brun à la tête noircie et au poil hirsute et hélas cramé. La peau était ruinée et la tête monstrueuse. Enfin, la bête aura fini sa triste carrière empaillée : elle monte la garde dans mon bureau à présent. Cela dissuade les petits plaisantins de venir vérifier si mes finances sont toujours aussi prospères. Mais je m'égare...

S'il vous faut un musicien, je vous propose mon Héron. Il n'est pas bon à grand chose mais il connait la musique. C'est un joueur de pipeau hors paire. Et puis quitte à envoyer quelqu'un dans la gueule du loup, ou plutôt de l'ours, autant que ce soit quelqu'un qu'on ne risque pas de trop regretter par la suite, non ?





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Post écrit à deux mains par Ljd Isabella et Ljd Sebastian.
Ermelina







Pendant que Zaza trouvait de nouveaux intérêts à cette partie de chasse, Sebastian, suivant l'exemple du soleil et de la lune, s'éclipsa. Le rouge au front, il sortit de la demeure de Russocarine et fut saisi simultanément par le climat résolument hostile pour tout Andalous digne de ce nom, le vent polaire qui vous glaçait les os jusqu'à la moelle et par le spectacle qu'offrait Ermi. Comment avait-il pu l'oublier ? Son instinct de conservation avait-il donc réussi à chasser tout sentiment de son impériale carcasse ? Le héron rentra la tête dans ses épaules : honte sur lui et sur son hypothétique descendance pour au moins 80 générations pour avoir laissé Ermi-chérie livrée à son cruel destin.

Ermi ne les avait pas suivis lorsque Zaza et lui avaient été se mettre au chaud, saluer la maitresse des lieux, faire acte de présence, voir s'il était possible de trouver une planque sûre et accessoirement un petit quelque chose à grailler, faire main basse sur une certaine fourrure immaculée (rayez la mention inutile). Non, Ermi-chérie était restée fièrement sur le dos de sa blanche haquenée, dans les courants d'air. D'ailleurs, à voir la pauvre petite chose si chétive, complètement immobile, le héron ne put que sentir son fragile petit palpitant se briser net.


ERMI-CHERIIIIIIIIIIIIIE, J'ARRIIIIIIIIIIVE ! N'AIES CRAINTE, JE VAIS T'ARRACHER AUX GRIFFES DE L'HIVER ET RECHAUFFER TES DIVINES MIMINES EN LES COUVRANTS DE BAISERS !
cria-t-il en s'élançant en direction de la cavalière solitaire.

Je te trouve brusquement bien soucieux du bien être de ma petite personne, Sebastian, répondit la diaconesse sur un ton aussi glacial que le fond de l'air de cette belle matinée de janvier.

Etait-ce les mots d'Ermi ou une défaillance cardiaque ? Était-ce le fait de s'entendre appeler « Sebastian » et non pas « mon p'tit nhéron na moa » ? Toujours est-il que le héron ibère eut l'impression qu'on enfonçait une myriade d'aiguilles chauffées à blanc dans son cœur en lambeaux.


Ne me dis pas que tu n'as pas remarqué que j'étais toujours en tenue de cuisine ? Que je n'ai même pas eu le temps d’attraper ne serait-ce qu'un châle avant de d'être trainée de force hors de mon chez-moi par Zaza ? J'attends simplement que Vanyelle revienne pour pouvoir rentrer chez nous. Avec un peu de chance, mes pommes ne seront pas réduites en compote et elles pourront être encore transformées en pâtés,
bougonna Ermi.

En même temps, la petite diaconesse avait de quoi être particulièrement ronchon. Elle était arrivée la veille au matin à Mauléon en compagnie de Vanyel et de tout ses effets personnels. Quoi de plus normal quand on déménage que d'emmener avec soi ce qui vous tient à cœur... Elle prit le temps de faire le tour de son nouveau chez elle avant d'attaquer dans l'ordre le ménage, le rangement et l'aménagement - du moins tant que ses petits bras pas si musclés que cela le lui permirent – pour qu'au moins Vanyelle et elle puissent avoir un petit nid douillet à la tombée de la nuit. L'arrivée imprévue de Zaza et du Héron perturba un rien ses grands projets mais la combla de joie, du moins jusqu'à ce matin. En personne attentionnée, la rouquine s'était levée avant le soleil pour tester sa nouvelle cuisine. Elle avait la ferme intention de présenter un vrai déjeuner aux Espagnols et s'était lancée dans des préparatifs pantagruéliques.

Des marmites posées sur le feu montaient des volutes aux odeurs alléchantes. Les pots à épices volaient entre les mains de la petite diaconesse, parfumant les préparations, leur donnant le petit goût en plus qui enchantait les papilles. Les bruits en provenance des étages ne la perturbèrent pas plus que cela : depuis le temps qu'elle fréquentait Zaza et ses établissements, la rouquine avait appris à relativiser toute nouvelle source de bruit. En fait, les seules émissions sonores encore capables de l'interpeler étaient les détonations et autres explosions en provenance de la maison voisine du bordel de la Poulette, qui étaient souvent synonymes de la disparition aussi tragique qu'inopportune du laboratoire du héron-alchimiste.

La rouquine attaqua donc l'étape cruciale de sa fameuse recette du pâté aux pommes lorsque Zaza déboula dans sa cuisine sans crier gare et la tira de force hors de son antre. C'est tout juste si elle eut le temps de sauver deux chaudrons en les éloignant des flammes avant d'être happée par la tornade ondulante. Et c'était ainsi qu'elle s'était retrouvée devant la maison de sa presque voisine alors que sa propre demeure était dans un état déplorable et que le travail n'y manquait pas, que des marmites attendaient qu'on s'occupe d'elles et qu'un chat nouvellement recueilli se trouvait livré à lui-même et donc prêt à générer n'importe quelle catastrophe pour se faire remarquer. Quand on connaissait le caractère pointilleux, pour ne pas dire maniaque, d'Ermi, on comprenait parfaitement pourquoi chez elle l'agacement avait pris le pas sur la bonne humeur.

Sebastian, lui se sentit prit d'un vertige en écoutant les propos d'Ermi : la honte qu'il ressentait grandit encore et il aurait voulu disparaître dans un trou de souris quand il réalisa dans quelle situation la petite Béarnaise se trouvait. Chose surprenante, son désir fut aussitôt concrétisé : les jambes lui manquèrent, au sens propre comme au sens figuré et il se retrouva brusquement au niveau du sol où il disparut dans une petite congère. Maudissant le destin qui exauçait un peu trop rapidement les vœux les moins intéressants, le héron prit tout ce qui restait de son amour propre, le plia méticuleusement, le glissa dans sa poche et posa son mouchoir par dessus avant de tenter de se relever sans se vautrer de plus belle comme il en avait la sinistre habitude. Son équilibre plus ou moins (moins que plus, d'ailleurs) assuré, il s'approcha de la représentante de Dieu sur terre jusqu'à pouvoir se cramponner ferment à la bride de sa monture.


Je sais que ma cape n'a pas la classe de celle de Leandro et que les peaux qui la doublent sont constellées de traces de brûlures mais c'est tout ce que j'ai de plus chaud à te proposer, mon Ermi-chérie. Si tu descends de ton cheval, nous pourrons aller nous mettre à l'abri chez la señora Russo. Elle aura bien un vêtement digne de frôler ta peau d'albâtre à te prêter. Et si ce n'est pas suffisant, je pourrai toujours te frictionner avec toute la douceur et tous les égares pour chasser cette vilaine chair de poule. J'ai toujours mes huiles de massage avec moi.
Un grand sourire radieux illumina le visage de l'Espagnol. Il tendit les bras en direction de son Ermi-chérie pour l'aider à descendre. Et puis le petit coeur qui fait tressauter ce blanc sein ne peut pas être assez dur pour me condamner à un plumage intégral à la cire chaude par les mains même de la Patronne.

Qu'est-ce que tu as encore fait à notre Poulette pour qu'elle te menace de la sorte ?
demanda Ermi dont la curiosité était piquée au vif. Elle posa ses mains avec légèreté sur les épaules osseuses de Sebastian.

Euuuuh... Ma foi... Je réfléchissais un peu trop à la façon d'échapper à cette corvée qu'est la chasse et... et je crois bien que je t'ai oubliée. Enfin non : je ne t'ai pas oubliée, je t'ai par mégarde perdue de vue l'espace d'un instant. Et tu connais la Patronne. Une chasse n'est pas une chasse si on ne met pas toutes les chances de son côté. Et dans ces conditions, une arme et un chasseur qui n'ont pas reçus de bénédictions...[/b] énonça-t-il avec une emphase teintée d'ironie tout en attrapant la petite diaconesse par la taille et en la déposant sur le sol.

… sont aussi inutiles que des morpions dans le nid d'une cocotte.
compléta Ermi de plus en plus amusée.Donc, si je comprends bien, ce ne sont pas après mes talents de traqueuse de bestiasse que Zaza en a mais après ma main droite et mon étole. Note que je préfère cela. Au moins j'ai l'espoir de ne pas finir la journée au fond des bois, perchée dans un arbre encerclé par une meute de loups affamés.

Je ne te quitterai pas des yeux une seule seconde, mon Ermi-chérie,[/b] promit un peu trop vite Sebastian, les mains toujours plaquées sur les hanches généreuses de la rouquine. S'il le faut, je te ferai un rempart de mon corps, je repousserai les meutes les plus enragées, je les transformerai en carpettes pour ta nouvelle maison.

Fais attention, je serai bien capable de te prendre au mot, mon nhéron na moa,
lui répondit Ermi en rendant leur liberté aux mains andalouses.

Ah mais attention !
fanfaronna Sebastian en enveloppant Ermi d'un pan de cape et en l'attirant tout contre lui. La bravoure n'est pas réservée à l'autre diable rouge. Leandro a peut-être beaucoup de muscles mais moi j'ai une cervelle. Il passa son bras autour de la taille de la nouvelle Béarnaise et prit la direction de la maison. Je suis sûr que je trouverai une façon imparable de piéger tous les nuisibles du comté avec mes poulies magiques. Cela serait tellement plus élégant. Et au moins tu aurais un chevalier servant ne puant pas la transpiration à quinze lieues à la ronde, crotté et ensanglanté qui plus est.

Je suis certaine que Leandro serait ravi d'apprendre que tu es capable de tels exploits, laissa entendre Ermi en poussant la porte de la tanière de Russo.

Tu n'es peut-être pas obligée de lui en parler. Il faut penser à ménager son honneur. Et sa susceptibilité,
s'empressa d'ajouter Sebastian à mi-voix. OLA ! PATRONNE ! lança-t-il à la cantonnade. Je vous ai amené votre patte de lapin préférée !

Ermi poussa un soupir à fendre une pierre. Certaines choses n'étaient visiblement pas prêtes de changer. Sebastian poussa un soupir de soulagement. L'épilation à la cire chaude n'était pas encore à l'ordre du jour. Ils retrouvèrent les autres, qui tenaient compagnie à des victuailles bien appétissantes et étaient en train d' échafauder les plans d'attaque de rigueur.






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Post rédigé à deux mains par Ljd Ermelina et Ljd Sebastian.
Ljd Sebastian parviendra-t-il à faire un post tout seul comme un grand ? Vous le saurez en suivant l'évolution de ce RP !

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