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[RP ouvert]Lune de sang, quand le Diable est de sortie...

Eikorc
[Une nuit sanglante…]

Le reste de la porte claque derrière lui alors qu’il s’élance hors de la taverne… Peu importe les dégâts occasionnés au mobilier comme à sa jambe déjà meurtrie, il s’extirpe du bouge en grondant, la mâchoire serrée autant que les muscles crispés… A quelques secondes près, une tête se serait détachée d’un corps. Le grognement sourd s’intensifie alors que son regard s’enflamme de plus en plus, la rage installée au creux de son ventre se distillant peu à peu dans ses veines… Envahissant la moindre parcelle de sa chair qui se hérisse, accélérant le palpitant qui part au quart de tour…
Et alors que les bottes claquent sur le pavé, le bourdonnement puissant d’un cœur envahit la tête d’une montagne de muscles qui voit rouge… Cette gamine a réussi à faire exploser un à un les remparts qu’il avait posé pour contenir sa folie destructrice… Le sourire narquois revient flotter devant les yeux et c’est un hurlement de rage qui vient faire vibrer sa gorge avant que son poing massif ne vienne percuter violemment un tonneau trainant par là…

Un flot carmin s’échappant d’un seul coup hors de la prison de bois pour se déverser sur le sol, attirant le regard métallique du Colosse dont les lèvres s’étirent dans un sourire mauvais… C’est de Ça qu’il a besoin… De sang, de mort, de cri… Et un ricanement vient s’échapper de sa gorge alors qu’il continue sa route après avoir libéré son énorme pogne, l’heure est venue de trouver un adversaire.
Le pas s’accélère, il sait où trouver une victime plus intéressante qu’une demi-portion efféminée, toutes les douleurs viennent de disparaître pour être remplacées par cette avide sensation, ce besoin impatient de percer la chair et de briser les os…

L’azur étincelant parcourt la moindre silhouette qui se dessine devant lui alors qu’il s’approche du port… Les marins sont toujours avides de bons combats, comme lui, mais ils n’ont pas son expérience… Nouveau sourire alors qu’il aperçoit un plus grand gabarit que les autres, toujours plus petit que lui, mais presqu’aussi large… Les poings se serrent à en faire craquer les phalanges alors qu’il s’avance vers lui, d’un pas vif…
Une légère brise vient faire voleter les mèches brunes qui fouettent son visage balafré tandis qu’une odeur marine vient agacer les narines… Et d’un coup d’épaule il percute son futur adversaire, souriant d’un coup en attendant les insultes qui pleuvent…

Sac à vinasse ? Vieux boiteux… ? Un rire grinçant s’échappe de sa gorge alors qu’il pivote d’un seul coup sur lui-même, prenant appui sur la pogne ferme qui a attrapé son épaule musculeuse pour permettre à son poing gigantesque de s’abattre violemment sur la face du pauvre marin réellement aviné, lui. Les phalanges craquent sous la violence du coup, autant que les mâchoires qui claquent… Et il s’amuse de voir deux dents s’envoler à la lueur des torches qui illuminent l’allée…
Regard trop concentré sur ces chicots ensanglantés et il ne voit pas le poing qui s’envole pour venir le cueillir en plein visage… Les étoiles blanchâtres viennent danser devant ses pupilles alors que le sang aveugle son œil gauche… Arcade déjà ouverte qui libère à nouveau le carmin brûlant en le faisant grogner alors qu’un second coup vient heurter violemment son épaule, exacerbant sa rage avec ces vagues aussi délicieuses que douloureuses…

Sa pogne puissante vient attraper le poignet pour le tourner violemment en arrière, brisant les os dans un craquement sec alors qu’il crache d’une voix rocailleuse,
« T’es déjà trop sonné pour pouvoir viser ? », et sans attendre de réponse son front vient percuter violemment le nez de son adversaire… Avant que ses deux mains agrippent le crâne pour que les pouces puissants s’enfoncent dans les orbites du pauvre homme…
Grondement qui lui échappe quand il entend les hurlements étouffés qui s’élève dans les airs, mais il ne stoppe la pression que lorsqu’il sent le liquide chaud couler le long de ses doigts, de ses bras, ignorant les coups répétés qui pleuvent sur ton torse pour le faire cesser… Et d’un geste il envoie sa victime s’écrouler lourdement sur le sol, écoutant les gémissements plaintifs qui s’échappent avec un air dégouté avant de se remettre à rire de cette façon si caractéristique… La tête se rejetant en arrière pour laisser s’échapper les notes désincarnés qui montent dans sa gorge.


« Tu m’fais pitié… J’aurais cru que t’aurais pu tenir plus longtemps… »

Et le colosse de s’avancer, tel l’ange de la mort, pour briser la nuque du pauvre homme en train de gémir… Admirant quelques secondes de plus les larmes de sangs qui s’écoulent des yeux transpercés avant de s’éloigner en faisant rouler les muscles de ses épaules… Le message sera plus clair si le cadavre est retrouvé… Non, il est n’est pas hors jeu…Et la traque va commencer...
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"Pour toujours... Et à jamais."

Zoko & Fablitos
Isodel
Peur.
C'est le seul mot qui lui venait à l'esprit quand elle avait vu celui qu'elle appelait son Papa Zéant devenir fou furieux envers l'amie de Trella.
S'en méfier, elle l'avait toujours fait, après tout il était grand... Très grand...Immense ...
Et fort... Très fort... Colossal...
Pourtant, rien ne l'avait préparé à cette explosion de fureur. Et pour seule réponse, aussi courageuse que l'est une enfant de cet âge, c'est sous la table qu'elle s'est cachée pour ne pas subir une quelconque retombée.
Des cris, du bruit, des tremblements, un corps qui tombe et du sang...
Celui d'un sourire agrandit à l'aide d'une lame sur le visage de la donzelle.
Puis une porte qui claque, pour ne pas dire éclate...Et ensuite ?
Plus rien.
Le calme après la tempête.
Une gamine terrorisée, mais également en colère contre la jeune fille qui a provoqué tout ça.
Puis contre une autre, qui la traite de menteuse.
L'enfant est fautive à sa façon de ce qui s'est passée, elle a répété ce que les autres avaient dit.
Mais elle n'est pas fautive de ce qu'elles peuvent raconter. Dans quel but ? Le provoquer suffisamment pour qu'il la tue ? Tellement facile, à peine si elle lui dépasse le genou.
La discussion qui s'en suit, n'est qu'une succession de gronderies et de piques envers la môme, défendue par la Fourmi, présente elle aussi à ce moment.
Puis une décision est prise, commune, non concertée, comme une évidence.
Aller chercher Papa Zéant. Et au devant de Cymoril, elle se précipite dans les ruelles, pour chercher... Se faire tuer ? On va éviter de l'envisager...

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Cymoril
Elle aurait du le sentir la veille déjà. Quand prise entre les deux gamines elle avait senti la migraine la gagner. Quand elle avait trouvé une Trella bien plus infantile et capricieuse que lors de sa dernière visite. Et déjà la veille elle avait tenté de faire passer à celle qui se voulait adulte que Zodel n’avait que cinq ans et que ce n’était rien, qu’il n’y avait aucune forme de malice dans ses propos, juste cette candeur qu’ils avaient tous perdu en cours de route. Même le papa Zéant comme elle aimait l’appeler avait mesuré la violence de ses réparties… Mais là… Elle était furax la Fourmi en sortant de taverne à la suite de la gosse.

L’éclat d’Eik l’avait surprise certes, mais pas vraiment inquiétée. Elle avait juste veillé à ce que Zodel reste à l’abri d’un mauvais coup, tout en observant. Sans bouger parce qu’il n’y avait pas de raison de le faire. Il se faisait justice. Encore que catin… finalement.. il l’était, tout comme elle. Ils sont les catins de la guerre. Mais c’était le côté imagé "bisou dans les braies de môssieurs" dixit la mioche, qui sans doute avait du lui faire perdre son sens de l’humour… Et l’orage était passé, préférant finir d’éclater ailleurs, ou bien se calmer, elle n’en sait rien.

Furax d’avoir vu une adolescente frustrée passer ses nerfs sur une gosse de cinq ans, l’accusant de maux ineptes. De s’être heurtée à un mur d’insolente prétention. Et si Trella n’en avait pas pris une, c’est uniquement le souvenir de son père qui avait retenu le bras de la Fourmi. Ce qu’elle était devenue… Vindicative, se vantant de faire chier une gosse, comme une vieille fille aigrie. Non Zodel ne mentais pas, peut-être qu’elle répétait des propos dont elle n’avait pas saisi la teneur… mais mentir non. Et Fourmi encore moins… mais chez elle c’était une seconde nature de dire la vérité. Mais dans le vis-à-vis, un vide, rien ne semblait faire mouche, un mur de "c’est pas vrai, elle ment, c’est celui qui dit qui est…" Plus gamine que la gamine elle-même...

Comme si la môme n’avait pas déjà été assez choquée par la fureur du Colosse, il lui avait fallu subir les affres d’une greluche acariâtre. Ca faisait trop. Et trop pour la Fourmi qui avait promis de veiller sur elle.
C’est donc une fourmi rouge colère qui s’élance à la suite d’une gosse qui détale dans les ruelles sombres. Retrouver l’Colosse… En théorie ça ne passe pas inaperçu ce genre de bestiau… mais en théorie s’en approcher dans l’état où il avait quitté la taverne c’était comme de s’approcher un fauve… Dangereux… très dangereux… Et elle avait le souvenir de la Gascogne, celui là était profondément ancré en elle, comme d’autres. L’idée était donc de ne pas lâcher Isodel, et de la protéger.

Bordel… Finalement faire le zombie en Guyenne c’était pas si mal. Elle regrette que le Sien n’ait pas la bonne idée d’être collé aux chausses de sa maîtresse, il aurait pu pister, ça sert à ça normalement un clébard un tant soit peu dressé à chasser autre chose que les ordures jetées dans les rues.

Les rares flambeaux encore vivaces dans les ruelles projettent des ombres inquiétantes sur les murs décrépis alors qu’elles avancent. Et la gamine de cavaler comme une dératée, et la Fourmi de suivre en essayant de ne pas tousser. Va finir par avoir sa peau la mioche à ce train là… Tension remontée d’un cran. C’est la première fois qu’elle a la responsabilité de quelque chose d’autre que ses fesses, et elle aime la gamine. Autant faire en sorte qu’elle atteigne l’âge adulte sans trop de casse. Chaque bruit fait vibrer ses antennes, et elle rend grâce au froid qui paralyse les odeurs de pisse et de crasse, alors que chaque pas semble les éloigner de la civilisation, amenant à ses narines les relents nauséabonds des étals laissés à même le port…



Zodel.. ralentis bon sang…


On sait jamais sur quoi on va tomber au prochain coin de rue, autant ne pas s’y jeter trop vite… Prudente petite Fourmi. et surtout elle déteste l'odeur de poiscaille.
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Alinea
Miroir mon beau miroir, dis moi qui est la plus belle ? Hmpf, pour sur, s'pas moi.
Dehors, nuit noir. Face au miroir faiblement éclairé, en plus d'avoir la gueule à moitié fracassée, elle avait l'air tout simplement ridicule. Un fil et une aiguille en main, elle recousait la plaie à vif de son front. C'était pas pratique, le reflet inversait ses mouvements alors ça lui prenait une plombe, elle qui était si rapide sur les autres. Les sutures, sa spécialité. Elle n'avait jamais encore testé sur elle-même, il fallait une première à tout. Surtout, elle ne voulait pas réveiller les autres.
Un gémissement s'échappa de ses lèvres. Putain ça faisait mal ! Bon, ça avait l'air correct. Elle trempa un linge dans de l'eau chaude et se mit à se débarbouiller. Ses dent grinçaient dans un bruit sinistre.

Se regarder pendant des heures dans le miroir n'arrangerait rien, de toute manière, ça finirait par cicatriser. Elle partit se recoucher dans son lit, sur le dos à fixer le plafond. Eikorc, elle l'avait un peu cherché, il fallait l'admettre. Elle savait donc comment ça se terminerait pour elle, ce n'était pas une surprise, tout le monde savait. Elle n'avait pourtant pas franchi la porte de la taverne pour ça. C'était arrivé et puis c'est tout. Elle était juste désolée pour la gosse, elle aurait préféré qu'elle n'assiste pas à ça. En plus, elle la trouvait marrante.

Quoi qu'il en soit, elle s'en foutait royalement. Le colosse la faisait rire. Elle le trouvait pitoyable et en avait marre de devoir fermer sa gueule en sa présence. Jamais le droit de rien dire avec lui, ça finissait toujours pareil. Parce qu'au début, ce n'était pas de la provocation, c'est vrai que tout le monde sait qu'il a un penchant pour les femmes. Pas de sa faute s'il ne l'assumait pas. La suite, elle était responsable. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir une irrépressible envie de rire quand elle voyait cette réaction totalement démesurée pour des conneries. Elle n'avait jamais su fermer sa gueule, c'était sa son problème.

Ses yeux se fermaient doucement, vidée de ses forces, elle plongeait doucement dans le sommeil. Sa dernière pensée fut d'espérer qu'aucun cadavre ne serait découvert le lendemain. Il était parti furax.
Isodel
Mais où court-elle ? Aucune idée. De même qu'elle ne sait absolument pas ce qu'elle va faire si elle trouve le Colosse. Incapable de réflexion, l'enfant est trop jeune... Trop jeune, inlassablement on le lui répète.
Elle sait juste qu'elle doit le retrouver. Pour le raisonner ? Aucune chance.
Pour le rassurer ? Comme si il en avait besoin.
Mais pourquoi alors ? Rien, elle n'en sait rien, elle sait juste que c'est un besoin presque viscéral de retrouver ce père de substitution, l'une des images viriles à laquelle elle s'accroche.

La folie elle la comprend, mais elle l'assimile plutôt à celle de son autre père, Papa Fou, une douce folie qui le pousse à dire et faire des choses un peu loufoques.
Mais bien trop jeune pour concevoir que celle qui envahit Eikorc le remplit de haine et de pulsions meurtrières.
Trop naïve pour imaginer que dans sa fureur, toute cette rage peut lui retomber dessus et l'amener lui, ce père qu'elle s'est choisie à la tuer elle...
Trop jeune pour appréhender ce qu'elle ne peut admettre.
Trop jeune, des mots qu'on lui répète sans cesse, tous les jours, inlassablement.
Trop jeune pour être une femme.
Trop jeune pour être une catin.(Grandir dans un bordel, ça laisse des traces)
Trop jeune pour tuer les mainois.
Trop jeune pour avoir des bébés.
Mais pas trop jeune pour connaitre ce sentiment d'abandon, ça, elle connait, elle a vécu et à plusieurs reprises...

Alors elle court, pour le revoir, pour ne pas penser au noir qu'il l'entoure et la remplit de terreur, car si l'obscurité l'effraie, la hantise de se voir une fois de plus repoussée la pousse à continuer.
Trop jeune pour beaucoup de choses oui, mais pas pour aimer.
Car oui, elle s'est attachée à ce démon solitaire. Amour aussi pur que spontané et désintéressé. Et non partagé, mais elle n'est pas en mesure d'envisager ça. C'est son Papa Zéant et puis c'est tout, qu'importe qu'il ne veuille pas d'elle, tant qu'il ne l'abandonne pas.
Amour qui la pousse à vouloir l'absoudre de tout péché, voir même le protéger... Risible quand on voit la taille mercenaire et celle de la brunette. Mais c'est malgré tout ces choses qui l'aident à défier la voix de Fourmi qui derrière elle l'appelle. Qui l'aident à continuer de courir en niant la fatigue qui lui vrille ses petites jambes.
Et qui l'aident aussi à ne pas hurler quand enfin elle aperçoit sur les quais cette image paternelle en train de remonter dans leurs orbites les yeux d'un homme...

Les yeux grands ouverts par le dégoût et la répulsion...

Crèves-y les noeils...
Une phrase qu'elle disait souvent dans des accès de colère, et qu'elle répète à cet instant, mais un acte qu'elle n'avait jamais réellement envisagé sous cet angle, même si elle avait trouvé amusant d'arracher le bouton qui servait d'oeil à sa Zinette.
Mais déjà la candeur et l'innocence qui la caractérisent font leur office.
Papa Zéant ne fait que se défendre. C'est l'autre, oui l'autre, celui auqel il vient de briser la nuque qui, forcément a provoqué. Il n'a que ce qu'il mérite...
Elle l'avait dit à Trella et à Alinéa, les avait prévenu qu'il allait tuer.

Il va les mourre !
Sadique la gamine ? Un peu. Elle n'a surtout pas la même conception de la mort qu'un adulte, pour elle la notion de définitif est très abstraite.
C'est sans un bruit, qu'elle le regarde s'éloigner, cachée derrière une caisse.
Cogitant sur ce qu'elle vient de voir. Refusant l'évidence sur la démence du géant. Elle attend, elle observe, ne sachant trop quoi décider...
Aller le voir ou aller voir l'homme étendu...

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--Le_maraudeur



Il n’a pas connaissance des faits s’étant déroulés un peu plus loin le gaillard. Lui, il n’a fait qu’entendre une voix féminine dans le silence nocturne, et vu de petites silhouettes filer dans les ruelles alors qu’il glandait en quête d’un mauvais coup. Le passant se faisait rare. L’idée d’une petite chasse s’était tout de suite instillée dans son esprit. En choper une et s’amuser. Les autorités sont conciliantes tant que ça ne touche pas à la bourse de gens de renom..

Il a coupé par les ruelles. Elles n’ont aucun secret pour lui qui en connait chaque venelle, chaque passage dissimulé dans l’ombre d’une voûte ou d’une arrière cour. Il se peut même qu’il arrive avant elles dans le passage qu’il devine qu’elles vont emprunter. Il presse le pas, l’idée de goûter de la chair fraiche lui a ouvert l’appétit. Les donzelles se font rares ces derniers temps, c’est la saison qui veut ça. Les petites restent au chaud à l’abri du doux foyer de leurs parents et ne restent que les puterelles. Pas qu’il ne les aime pas, mais la débrisure avait un goût particulier…

La plus petite passe devant lui sans le voir au moment même où il atteint le coin. Trop petite, rien à en tirer que des cris aigus. Trop risqué pour trop peu de plaisir. Il emberlucoque la seconde dont la voix enchanteresse l’a séduit d’emblée. Il n’a pas longtemps à attendre, le bruit des pas sur le pavé, rapide, léger, qui claque dans le silence… et il charge, bouscule, heurte et fait choir.

Elle vole. Il a mal dosé, plus légère et petite qu’il ne l’imaginait. Pourtant, ce que la lueur de la lune lui révèle s’avère plutôt alléchant. Une cuisse fine dévoilée, un visage d’ange, loin des panses à farcir locales. Un sourire carnassier l’homme s’approche de la fille qui se ramasse avec lenteur :



Alors la mignotte, tu vas rester bien sage et te laisser mignonner. Tu peux bien brailler, personne t’entendra ici…


Fort de sa corpulence il ne doute pas qu’elle obtempère. L’habitude qui veut ça. Elles préfèrent garder leur minois intact que leur connin. Et finalement elles aiment toutes l’huile de rein bien dispensée.
La lune vient donner un éclat nouveau au flanc de la fille, éclat menaçant d’un acier en attente. Il ne réfléchit pas et lance un grand coup de botte dans la petite forme.
Cymoril
Sale soirée…


Toute concentrée à ne pas perdre la gamine de vue, ne pas se prendre les pieds dans cette foutue houppelande et maugréer pour les raisons précédentes, elle enchaine les ruelles jusqu’à cet impact fâcheux.

Elle accuse le coup, gardant en mémoire de ne jamais dire à la gamine que ça ne faisait pas mal si ça lui arrivait, après un vol plané qui aurait pu figurer dans l’histoire pour peu qu’il y ait eu le moindre témoin. Pourtant, la seule chose importante à son esprit est Isodel dont la silhouette s’éloigne et se perd dans les brumes.



Zodel !!!!



Un appel qui déchire le silence nocturne, dans l’espoir qu’elle arrête sa course un instant, réalisant qu’elle est toute seule.. Mais trop tard.

Un froncement de sourcils plus tard, un craquement de nuque pour se remettre de la chute, et alors qu’elle allait s’excuser de ce percutage inoppiné et se relever, la voix sort de l’ombre et prend forme. Evidemment, plus question de formuler la moindre excuse pour quoi que ce soit, vu la tournure que ça prenait. Les mains gantées de cuir se crispent un peu plus sur les pavés humides qui renvoient le reflet diffus d’une lune hésitante, et le frisson qui prend naissance dans sa nuque et court lentement le long de son dos fait se durcir le regard.

Exit le "bonjour, j’m’appelle Fourmi et j’suis une gentille fille…" Surtout lorsqu’une botte haineuse vient la percuter de plein fouet et l’envoyer rouler à nouveau un peu plus loin. Les mâchoires se serrent, le ventre accuse le coup, mais la voilà plus vive, comme réveillée, et sur ses pieds quand le maroufle s’approche. Elle pourrait fuir, ou au moins tenter la fuite, reprendre la course à la recherche de la mioche et du colosse, mais non.

Un recul calculé, quelques pas à peine dans la ruelle étroite, le laisser approcher , sourire flottant sur un visage froid. Quelques mèches écartées du front, et le cuir qui effleure la cicatrice, avant de les remettre sagement derrière une oreille. Il approche, soufflant son haleine empuantie d’alcool. Un nouveau pas en arrière, et la botte rencontre enfin le mur, y prend appui. Elle maudit encore une fois cette robe, pour les mouvements entravés, pour les regards qui s’y perdent. Et les mains de se glisser dans son dos. Le piège est prêt.



Ne me faites pas de mal…


La voix se fait plaintive. Elle lui offre cependant une ultime chance de se retirer. Au mieux il la juge finalement sans intérêt, au pire il cède à l’illusion qu’elle lui sert.
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--Le_maraudeur



Servie, à point, prête à être croquée. Et qui supplie en plus. Un cadeau du ciel la mignonnette là. Il passe sa langue sur ses dents, en envisageant mieux sa proie. Petite poupée au teint de porcelaine, en tenue de qualité, qui tremblotte quand il s’approche. L’épée n’est qu’une décoration de plus, elle n’a pas l’air de vouloir s’en servir, sans doute ne sait-elle-même pas la manier, et il se voit déjà en train de la revendre à bon prix en loucedé.

Il aperçoit même une bourse rondelette qui pend à la ceinture, comme un appel à y envoyer sa grosse paluche. Le regard remonte un peu, glisse sur une taille si fine qu’il pourra en faire le tour sans mal avec ses mains, et s’arrête un moment, claquant de la langue pour accompagner cet air insane de lubricité qui y luit en reluquant la poitrine beaucoup moins fine qui monte et redescend à chaque respiration de la fille. Joli jouet… il abolit la distance en deux pas et se colle à la créature.

Une grosse main se met à parcourir un flanc, alors que déjà il délace ses braies de l’autre. Elle s’agite et remue, prisonnière du mur, quand il la presse et se penche pour s’emparer d’un mont et le mordre au travers du tissu. La gifle part. Pas qu’il en ait eu la nécessité mais par plaisir de voir la trace laissée sur la peau blanche. Il tire sur le cordon qui retient la bourse, lui montrant avec un sourire mauvais.


Ca c’est à moi !

Maintenant, godinette on va jouer tous les deux…



Les mains s’accrochent aux hanches fines et les serrent violemment pour soulever la donzelle, frêle petite chose qu’il se plait à malmener. Si elle pouvait pleurer un peu, ce serait idéal. Une nouvelle gifle vient rajouter son empreinte. Elle en frémit la bougresse, prête à être troussée comme il se doit…
--Les_marins
Ils avaient encouragé leur confrère pendant la rixe, certains que jamais Ô grand jamais un marin ne se ferait tanner le cuir par un vulgaire autochtone. Puis ils avaient assisté à sa mise à mort, au supplice qui l’avait précédée, écoeurant et barbare. Depuis ils grondaient en matant le colosse, s’invectivaient et se repassant une jaqueline pour s’échauffer, avant de s’armer de bâtons pour suivre l’assassin.





Z’avez vu c’qu’il a fait à c’pôv Julot… On va s’le faire les gars… il va dérouiller c’te raclure de chiure de fils de chienne !!! Paulus !!! Viens mon gros.. tu s’ras pas d’trop avec tes gros bras…

Évidemment, s’il avait été tout seul, il n’en aurait pas été aussi courageux. A jeun non plus il fallait l’avouer, mais c’était un état qui lui était relativement étranger. Fort de ses compagnons, il gueulait et donnait de grands coups de matraque dans les tonneaux pour se faire menaçant.





Ben mon vieux… t’as r’joins tes ancêtres plus vite que prévu… Comme quoi qu’t’étais pas si fort qu’ça mon saligaud ! Oué vas-y Paulus… passe devant… nous on le prendra chacun sur le côté, il va manger.. allez gros !

Guère plus téméraire que son comparse, il se baisse sur le cadavre pour lui faire les poches en passant, regardant ses compagnons d’un air de "D’façon l’en a pu b’soin…" avant de se remettre en quête du géant. A trois contre un, l’a aucune chance. La boutanche qu’il tenait en main est lancée en direction de la grande silhouette, et se brise en milles éclats qui tintent joliment.





J’arrifffff…Scrontch scrontch scrontch… oukilépassé… l’a eu peur… j’va l’cogner tellement qu’sa mère l’reconnaitrait pas…


Paulus est loin d’être une tête pensante. Brute épaisse, toujours le premier dans les bagarres de poivrots en fin de soirée, le sang ne devait irriguer que peu son cerveau. Langage limité et poings en avant, c’était son crédo. Cogner d’abord et… cogner ensuite. Surtout excité par ses compagnons de beuverie. La plupart d’entre eux l’envoyait volontiers au combat sous de faux prétextes, en jouant sur l’issue, sans même qu’il le sache, ni en tire le moindre profit. Il aimait bien cogner et surtout ne savait pas faire grand chose d’autre. Il était donc en train de finir un vieux sauciflard qu’il avait chouré à un bougre dans la taverne avant de sortir, quand le Julot s’était fait déglinguer.

Les trois bougres s’avançaient donc en direction du colosse, crosses et fauchons en main, préparant leur attaque comme une meute de chiens enragés , braillant des insultes, se frappant le torse à l’instar des gorilles pour se faire impressionnant. Véritable image d’Epinal d’une chorale d’enfants de chœur…ils se ruèrent dans la bataille…


T’vas saigner mordiable ! On va t’esmoigner, t’escollier, tu vas douloir d’avoir saigné not’copain…t’manderas qu’on t’achève même… ‘Lez Paulus ! Rhaaaaaa!!!!
Isodel
Zodel !!

La voix de Fourmi, voix de la raison qui s’impose autant à son esprit qu’elle résonne à ses oreille, la sortant un instant de ses pensées macabres et lugubres qui la pousse à aller voir ce que le Colosse à infliger au pauvre marin.
Petite fille fille indépendante et farouche, elle pense un instant à désobéir, à ignorer le commandement pour suivre sa lubie.
Puis l’image de la jeune femme s’impose à elle, toujours gentille et prévenante envers elle, n’hésitant pas à prendre sa défense, voir même à s’interposer entre elle et ceux qui s’emportent quand dans sa candeur elle dit des choses, déplacées, voir blessantes, sans pour autant qu’elle le fasse de façon méchante… Juste trop innocente pour saisir la réelle portée de ses paroles ou de ce qu’elle rapporte.
Alors elle obtempère, un dernier regard brillant d’une envie que certains qualifieraient de malsaine vers le corps inerte de la dernière victime de son Papa Zéant… Elle ira voir… Plus Tard…
Et reprenant sa course, en sens inverse cette fois, elle se dirige vers l’endoir qui lui semble être celui d’où provenait la voix, ralentissant en apercevant l’ombre virile qui n’est franchement pas celle de la Fourmi. Les mirettes se plissent pour tenter de distinguer la petite brune, se demandant qui est cet homme et quel est ce nouveau jeu dont elle igonre tout…
Petite et naïve, elle n’en ressent pas moins ce sentiment de danger imminent que semble dégager l’étrange couple qui se tient devant elle.
Une Fourmi adossée au mur et son agresseur tendu vers elle…
La vision du Colosse enfonçant ses doigts profondément dans les orbites de l’homme sur les quais se glisse dans son esprit, l’incitant à vouloir faire de même envers celui qui menace Sa Fourmi, car oui, elle la considère comme étant à elle, comme elle considère que tous ceux qu’elle affectionne sont à elle.
Elle aurait aimé savoir son chien près d’elle, pour qu’il attaque l’individu, lui aurait su comment réagir, il ne réfléchissait pas autant, agissant par instinct. Ce même instinct qui lui dicte de s’enfuir, de se protéger… Mais aussi de protéger la jeune femme, tout comme elle pense devoir protéger ce père de substitution.
Ne pas réfléchir, ne pas avoir peur… Plus facile à dire qu’à faire quand on n’a que cinq et même pas toutes ses dents…
Ses dents… Celles de Sien sont solides, pointues et tranchantes, celle de la gamine sont petites et manquantes et c’est malgré tout la seule chose dont elle peut se servir.
Oubliée l’épée de bois qu’elle trimballe partout avec elle, de toute façon elle ne sait pas la manier.
Et grognant comme elle si souvent entendu le faire Eikorc, elle s’élance en feulant de colère contre celui qui ose s’attaquer à la brunette.
Petit chat sauvage, crachant, hurlant et postillonant, image aussi terrifiante pour un homme des bas fonds qu’un moucheron se prenant dans la toile d’une araignée affamée.


Ze vais te mouuuuuuuurre !!
Et sans un instant penser aux conséquences, elle s’agrippe à la jambe du type, y plantant ses quenottes de toutes ses forces…
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--L_envoyeur
[ Uriel, un ami qui vous veut du bie... oubliez ça ]

La pogne aux doigts d'insecte a r 'tiré le cure dent d'son bec pour émettre un sifflement appuyé. Il admire. Bon pas l'style... c't 'un peu expéditif au goût d'l'Envoyeur. Cela manque d'style, de temps et d'contre temps. Mais c'est efficace et … ça explose bien en gerbe de résiné frais. Le panard se campe sur le rebord d'la fenêtre du bouge où il a posé ses frusques pour admirer le spectacle qui se déroule dans la ruelle glauque et crade de Saumur. Pas étonnant qu'il est atterrit ici, l'coquillard... l'Anjou. Ça grouille de tout ce qu'il y a d'pire dans l'Royaume alors il s'fond plutôt bien dans l'décor. Ici pas d'questions, pas d'droit d'passage et pas d'emmerdes. Enfin... enfin un endroit à sa mesure. Ça fait un moment qu'il attend. Pourtant l'a pas chômé d'Envoyeur. Même si soixante trois d'entre eux ont passés pour la plupart l'arme à gauche, quittant la famille en se faisant passer la corde autour du cou par le marieur ou en laissant du sang sur la roue. Tous morts, et tannés, aux gibets s'balançant dans des bruits de chanvre grinçant, les yeux pillés par les corbeaux. Lui avait eu l'temps d'les viser et de brûler le pavé, les gaffres aux basques, pour partir loin.

Fini Paname, fini les rendez vous à Ruel et Montpipeau. Finis les rendez vous sanglants de sa famille, les coquillards. Fini Dijon. En cavale, il l'a été. Essayant d'trouver un sens à sa vie qui n'avait été depuis le début de son initiation, que pillages, coups fourrés, fuites et coups de surin dans tout endroit susceptible de comprendre une artère. Plus rien... au delà du sang, c'est les valeurs qu'il retrouve plus. C'te camaderie paillarde, ce lignage forgé dans les Enfers. A la vie à la mort et surtout pour la dernière, pour la donner ou la r'cevoir. Faire corps avec c'te confrérie dont le maitre mot est le chef d'oeuvre et le crime, l'hémoglobine et le profit... illégal bien sûr. Ah ils en ont terrorisé des routes et des patelins. Ah ils en ont tués. Uriel n'compte même plus. La cruauté c'est son truc, son don, sa muse. Comme le meurtre. Il sait faire le mal et il le fait bien. Il a essayé, parole. Il a essayé. Réfugié en Flandres, une attaque d'un groupe d'encornés a réussi à le faire redevenir l'démon qu'il aime être, à l'faire frémir à la vue et au goût du sang, de faire bouiller son coeur d'pierre. A peine... entouré de bras cassés, d'jobastres qui s'croyaient la fine fleur de tout c'qui a d'plus vil et qui en fait arrivait pas à la cheville du plus p'tit apprenti d'sa Bien Aimée. Bande de raclure de pot d'chambre... s'ils savaient... ils d'viendraient blanc comme des sacs de plâtre. Puis l'errance, des p'tits coups ça et là. Rien de grand. Aucun art, aucune classe.

Là.... là.... il ferme les yeux, l'tarin au vent... il sent... cette doucereuse odeur acre du flot qui s'écoule. Il en frissonne d'bonheur, l'Envoyeur. Du sang... du sang... et ces gémissement comme des ongles sur d'l'ardoise... symphonie dramatique en glauque majeur. Le cure dent va et vient entre les lèvres pendant que les yeux s'réouvrent en r'gardant la masse qui s'accroupit. Le craquement des os finit par le convaincre. Il lui plait ce grand là. Vraiment. Vu la tronche et les manières, l'aurait pu faire parti de la compagnie à l'aise et prendre la place de deux loubards à l'aise. Faut qu'il sache qui est c'guss et qu'est ce qu'il fait. Vu les cicatrices qui semblent vouloir déborder d'son cuir comme une pinte à la cour des Miracles, doit être du genre merco ou soldat d'métier. Quant aux manières il semble lui aussi s'être brûlé dans les délices des abysses et des bas fonds d'Lulu.

Il va l'achalander d'la voix, du haut d'son perchoir, quand …


T’vas saigner mordiable ! On va t’esmoigner, t’escollier, tu vas douloir d’avoir saigné not’copain…t’manderas qu’on t’achève même… ‘Lez Paulus ! Rhaaaaaa!!!!

Ah ben il en d'mandait pas tant... si c'est l'comité d'accueil, c'est vraiment une touchante attention. Les doigts vont caresser langoureus'ment les deux lames qui pendent sur ses g'noux. Un crissement métallique se fait entendre quand elles gémissent en sortant de leur fourreau. L'acier est franch'ment moche, piqueté de rouille au centre, mais elles sont affûtées avec amour et dévotion... fils tranchants qui coupent ceux des vies qui passent. Le matou de gouttières au visage d'ange s'laisse tomber nonchalamment en r'trait de la grande masse de chair et de coutures variées qui semble être la cible de la criée du jour. Sans s'presser, lames à découvert, lovées contre ses avants bras, la grande gigue aux yeux bleus perçants, comme un miroir de l'armoire à glace, s'avance pour se mettre à sa droite.

Laisse z'en un bout... j'ai soif...

Le ton est posé, calme comm'la Mort et un sourire découvre ses dents affutées en pointe, qui défigure d'un coup l'angélisme du minois.

Pas un regard ni un mot d'plus... à quoi bon.... là ce qui compte.... c'est la chair qu'il va trancher...


--Le_maraudeur




Une soirée comme il les aime. Bonne ripaille qu’il avait fait aux frais d’un marchand un peu trop éméché pour se rendre compte qu’il payait pour deux. Et une petite séance de jeu françoys en perspective. Sale trogne dans tout son art. Il allait faire mal et aimait ça. Prêt à investir la donzelle, la main remontant la robe sur le côté avait empoigné une cuisse ferme et la pinçait méchamment, lorsque le cri derrière lui le fit sursauter et qu’il se retrouve avec un truc accroché à la guibole. Une grimace mauvaise apparait sur son visage. La plus petite était revenue.

Obligé de délaisser d’une main sa mignonne pour aller cueillir la tête de la naine par les cheveux, qu’il tire violemment pour lui faire lâcher prise en grognant. Petites ratiches mais ça se fait sentir quand même. Il l’envoie valdinguer plus loin en lui aboyant :



Attends ton tour microbe…


Vraiment il l’apprécie de plus en plus sa soirée. Deux pour le prix d’une. Et la seconde il était certain qu’elle allait brailler. Le voilà encore plus impatient de besogner la première. Les mains retrouvent leurs prises, plus violentes encore que précédemment, elle semble résignée, p’têt même qu’elle n’attend que ça. Le sourire mauvais il approche son visage de celui de la fille, et lui passe une langue râpeuse sur les traces rougies laissées par sa main sur la joue. Il tire sur le tissu pour remonter la robe, dévoilant deux hauts de cuisses fines striées de ses empreintes. Il y fait claquer sa main et provoque un sursaut.


Et maintenant fais moi plaisir la godinette… Supplie avant que j’te mette en pal.. Supplie que j'laisse la p'tiote...

Qu'elle supplie ou pas reviendrait au même. Elles finiraient toutes deux là, écartelées, saignées. Il n'aime pas laisser de témoins, pis les bonnes femmes c'est traître. Mais l'idée de la voir s'humilier un peu dans l'espoir fou de s'en tirer était si savoureuse. Celle de voir l'effroi naître dans ses yeux à l'idée qu'il allait se faire la mioche aussi.
Cymoril
Le plan était bien en place dans la tête de la brunette. Le laisser approcher, qu’il n’ait plus aucune doute sur sa victoire. Quand on a la carrure d’une Fourmi, il faut bien compenser par autre chose, sinon y’a belle lurette qu’elle serait passée de vie à trépas, surtout vu son incroyable capacité à se mettre dans des situations bien pourraves. Pas comme si elle le faisait exprès, la preuve, c’est sa gentillesse qui l’avait encore foutue dans la mouise.

La chose la plaque et la palpe, elle réprime son dégoût attendant le moment idéal. Déjà l’impatient a tombé les braies. Ni les insultes ni les gifles n’arrivent à lui faire perdre ce calme apparent. A peine passe-t-elle la langue sur ses lèvres, cueillant la perle de sang qui y a pris naissance sous les gifles répétées. Il est tellement certain de sa supériorité qu’à aucun moment il n’a cherché ses mains qu’elle a tenu à l'abri dans son dos. Un sourire en coin se dessine, alors que la droite se glisse dans la manche opposée pour y chercher la miséricorde.

Il était bien huilé le plan. Jusqu’à l’arrivée d’Isodel et son cri de guerre.

Terrorifiant…

Elle n’en est que plus attachante la gamine. Les noisettes suivent le vol et la chute de la petite fille, s’assurent qu’elle est indemne avant de revenir à la brute. Les mots qu’il prononce font autant écho que les précédents. Elle sent qu’il s’agace de si peu de répondant quand elle pose un regard glacial sur sa face répugnante.
Si ses narines frémissent, c’est de cette rage sourde qui l’anime depuis les premières paroles qu’il avait prononcé. Si son souffle s’accélère c’est de cette colère froide dont elle se nourrit à cet instant précis. Qu’il menace et invective n’y changera rien. Il est déjà mort…

Le geste est vif et précis. La fine lame pénètre dans la gorge du ruffian. Et le sourire de s’agrandir sur le pâle minois quand les yeux s’écarquillent. Il s’agite, envoie la main pour tenter de se défaire de l’aiguillon, laisse échapper un grognement dans un souffle aux embruns écarlates. Les yeux de la Fourmi s’animent d’un feu rare, reflets chauds de cornaline d'ordinaire réservés à d'autres sensations, elle appuie un peu plus fort, tourne un peu poignet et contemple les effets.

Il paye pour le tavernier labritois, pour l’ordure d’alençon, pour tous les mâles un peu partout qui se servent de la même façon. Le sang s’écoule lentement le long de la garde de l’arme, colorant peu à peu le gant, puis la manche. Jusqu’à ce que les yeux se figent et se voilent. Il respire encore, faible et pathétique, le poids de son corps se faisant plus pesant sur la Fourmi. L’arme est retirée, libérant un flot saccadé. L’étudiante assidue qu’est la demoiselle a parfaitement retenu les cours d’anatomie, la visée était parfaite. Elle repousse le corps de ses deux mains le laissant glisser mollement au sol alors qu’il gargouille encore.
Comme il est ridicule à présent, étalé dans cette ruelle, gorge ouverte et braies sur les chevilles… Elle récupère sa bourse, en se penchant sur lui.



Et ça… c’est toujours à moi…


Les yeux la regardent, la bouche voudrait émettre un son, mais rien ne sort que des bulles d’écume pourpre. Long à crever l’animal. Sans lâcher ni ranger l’arme elle s’approche doucement d’Isodel. Regrettant déjà que la gosse ait vu ça. Fourmi s’accroupit, dégage une mèche du front de l’enfant, en lui souriant doucement.

Tout va bien maintenant… Il faut partir… T’as retrouvé la trace de ton papa géant ?

Une main tendue pour l’aider à se relever. Se tirer au plus vite avant que quelqu’un ne le trouve. Il doit avoir des amis, les pourceaux de son espèce ont toujours des amis. Et retrouver le colosse semble être devenue la meilleure option qui soit dès lors qu’elle s’est mise à semer les cadavres dans son sillage. Elle parlerait à Iso de tout ça. Plus tard, quand ce serait fini.
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Isodel
Dans la famille traumatisante, je voudrais la mère !
Après avoir vu l'image de référence paternelle faire connaitre intimement les yeux d'une homme à son cerveau, l'image maternelle avait tout simplement égorgé comme un goret celui qui pensant en faire sa compagne de plaisir à sens unique...
Isodel, petite Isodel, deviendra-t-elle une adulte sensée et dépourvue de pulsions sanguinaires ? Elevée dans un bordel, dans une ville de brigands, puis maintenant au basques d'un Géant fou furieux et d'une Fourmi toute aussi dangereuse... Rien n'est moins sûre...

Et alors qu'elle se relève péniblement aidée de la victime-tueuse-pas victime, son regard est attiré tel un aimant vers les yeux du violeur. Le trou noir de sa gorge d'où s'échappe sa vie avec un gargouillis étrange ne l'interpelle pas plus que ça, non, ce sont les yeux...
Immobiles, grands ouverts et qui pourtant semble la fixer. Levant les siens vers la Fourmi, elle contorsionne sa menotte pour lui filer entre les doigts et se diriger vers ce qui ne sera bientôt plus qu'un cadavre.
Il lui a fait mal, il voulait faire du mal à Cymoril et dans un accès de colère et de rancune, elle se penche les deux mains en avant.


Faut tu crèves les noeils !

Le geste se joint à la parole alors qu'elle tente de lui planter ses pouces dans les globes... Peu de force à cet âge et pas vraiment le courage de ses convictions, ils ne font que glisser dessus... A plusieurs reprises, ne provoquant que la fermeture définitive des paupières sur ce bougre que, sûrement, personne ne pleurera...
Et de nouveau le regard sombre de l'enfant se pose sur la "mère" alors qu'elle se redresse et vient nicher sa petite main dans le creux de la sienne, l'entrainant déjà vers les quais.


Viens, il est là bas, faut sauver lui ! On va le n'aider !
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Eikorc
[Ça va saigner…]

La soif de mort et de sang est loin d’être calmée avec ce pauvre bougre… Le sang qui s’écoule le long de sa joue pour goutter à son menton le fait sourire doucement, tout ses muscles vibrent encore de la rixe beaucoup trop courte pour l’apaiser… Et le regard s’embrase à nouveau quand il entend les tonneaux résonner dans son dos, il a quelques mètres d’avance seulement, il entend les insultes qui fusent de plusieurs bouches différents…
Une bouteille vient éclater juste à côté de lui, contre le mur, aspergeant son visage d’une pluie carmine et il se retourne d’un bloc, pour apprécier la distance, pour découvrir ses futurs adversaires… La rage bout au creux de son ventre et il sourit largement en découvrant le gros bras encadré par ses deux compères…

Le sourcil se hausse alors qu’il aperçoit les armes qui hérissent les poings des matelots, tout ça pour lui ? C’est maintenant que ça va devenir intéressant alors… La montagne de muscles se met en place, sa jambe blessée se glissant en arrière alors que l’énorme pogne vient glisser dans son dos, pour attraper la garde de sa hache… Pas de raison qu’il ne fasse pas jouer les lames lui aussi.
Il s’attend à l’assaut des trois gaillards, sans doute rompus aux bagarres avinés mais certainement pas aux batailles rangées entre armées… Mais c’est le bruit de chute dans son dos qui le fait redresser la trogne, lançant un coup d’œil par-dessus son épaule pour apercevoir une silhouette inconnue se glisser à sa droite… Nouveau haussement de sourcil alors qu’il aperçoit les lames sur ses avant-bras et du coin de l’œil il surveille ce nouveau prédateur, tandis que les gorilles se rapprochent de plus en plus…

Trois ou quatre adversaires ? Là est la question… Mais le sourire qui dévoile les dents aiguisés semble vouloir dire qu’il a rien à craindre du lascar isolé, pour l’instant… C’est donc toute son attention qui se reporte sur les trois zigs armés à quelques pas de lui. Mouvement sec du bras et voilà la lame de sa hache qui crisse hors de son fourreau pour se dévoiler aux regards des matelots alors qu’un sourire sadique vient étirer la face balafrée du colosse à l’instant même où un éclat de lune s’abat sur sa trogne…


« Hey les pourceaux pouilleux ! Z’avez autant de couilles que vous l’croyez ou c’est juste pour attirer la radasse que vous faites les malins… ? »

Une légère pause alors qu’il matte un à un les lascars qui s’approchent, sans doute trop alcoolisés pour piger quel genre de bestiau ils ont en face d’eux… Tant mieux, ça fera un défouloir de plus… Comme quoi les ports sont plus intéressants qu’il ne le pensait… La hache balance devant lui, laissant voir l’impatience qu’il a de s’en servir alors que l’azur de ses yeux brillent encore plus de cet éclat métallique… Avant qu’il ne grogne tout bas, juste assez haut pour que son compère de la nuit puisse l’entendre…

« En espérant que ces lavettes tiennent plus longtemps que leur pote… »

Que la danse macabre commence, El Diablo n’attend plus que ça, faire tomber les têtes… A moins qu’une fausse note ne tombe encore pour casser le tempo… D’ailleurs c’est pas le cri d’une donzelle qui résonne dans la ruelle d’à côté ?
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"Pour toujours... Et à jamais."

Zoko & Fablitos
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