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Information and comments (7)

Info:
Première fois du Vaisneau.

[RP] Tendresse et maladresse..Découverte de la vie..

Enguerranddevaisneau
Il se tournait, se retournait, sans cesse, sachant pourtant que le manque de sommeil lui ferait un jour défaut, sachant pertinemment que la situation était délicate, qu'elle se réglerait d'elle même, seule, sans qu'il n'ai à faire le moindre geste...Mais pourtant, oui pourtant, le blond Vaisneau gardait les yeux ouverts, comme conscient du fait que sans elle, sans elle, il ne serait rien...

Le groupe avait passé les frontières Languedocienne pendant la nuit, groupe composé d'un coche aux couleurs d'Ittre, encadrée par deux cavaliers sur leurs nobles destriers...
En tête, sur son cheval, Sacha, jeune femme à l'esprit aussi piquant qu'une rose, consciente que la force des mots prévalait largement sur la force physique...
Dans la voiture, Pherea, amie de Fildaïs, que le jeune homme n'avait jamais entendus, à laquelle il ne s'était jamais vraiment intéressé..
A son côté, justement, l'ancienne nourrice d'Enguerrand, la blonde Compostelle, Fildaïs, âme torturée et en deuil, faciès sublime qui laissait toutefois transparaitre son mal être, sa tristesse qui suintait comme eau de roche..Fildaïs, pour qui justement le cavalier qui fermait la marche faisait la route..Lui, le Baron, lui la teigne, lui le Vaisneau...Enguerrand qui habituellement débordait de suffisance avançait calmement, les épaules voutées, la mine renfrognée...

Dans le carrosse, se trouvait également une nourrice, qui s'occupait comme il se devait de deux enfants, le sien, mais également celui de la blonde, petit être qui était le fruit d'une passion Fildaïssienne éphémère..Petit être pour qui la route avait été prise...

Arrivée à l'auberge dans un calme presque religieux, les chambres sont prises, côte à côte, alors que les valets prendront appartement dans une grange environnante, profitant sans nul doute d'un rare moment de calme depuis que le maitre avait grandit...Depuis que le maitre s'était durcit, encore plus...

Et au maitre justement, de prendre congé de ses compagnes de voyage dans un mutisme qui ne le définissait pas habituellement, entrant dans la chambre miteuse de cette auberge tout aussi miséreuse pour se jeter dans un soupire de délation sur le lit qui lui était alloué..
Il était triste, triste et fatigué, les deux dernières nuits ayant étaient toutes deux nullement salvatrice, bien au contraire, laissant poindre et germer dans l'esprit du baron multiple interrogations qui sapaient sans vergogne son moral à en venir frapper son crâne contre un mur..Il s'était même laissé aller à la faiblesse de pleurer sans aucune retenue, espérant ainsi détrôner de sa tête les raisons de son état...En vain...

Ils s'étaient une fois de plus ergotés tout deux dans une querelle inutile provoquée par la jalousie abusive de l'Ittre..En effet, juste un mot, juste un nom, qui prononcé par sa nourrice, par elle, celle qu'il aimait plus que tout, par Fildaïs fendait le coeur pourtant solide du baron...Un nom qu'il avait appris à haïr, à mépriser, un nom porté par un imposteur, butineur et tout autres baliverne qualifiant un homme aussi séducteur.. Un homme, qui malgré un age avancé, plaisait plus que de raison à la Compostelle, du moins, c'est ce qu'il croyait...

Les heures suivantes dans la coche avaient étés pesantes, et le baron n'avait put souffrir de la voir lui lancer des regards méprisant qui en disaient long sur la pensée de sa compagne de route sur son comportement..
C'est pourquoi, la nuit suivante il avait de nouveau enfourché son hongre pour faire la route en plein air, rongeant son frein avec une véhémence peu commune...

Allongé dans son lit, se tournant, se retournant, il n'arrivait pas à expulser de son crâne le visage adolescent, malgré ses 24 printemps, de celle qui l'avait élevée..
Il s'était mis au lit en simple braies de lin, jugeant la chaleur dispensée par le feu de cheminée suffisante à réchauffer ses membres endoloris par la route...La chaleur corporelle était là, mais celle qui habituellement ronflait en lui, ardente est dévorante s'était tut...

Il ne pouvait pas! Non, il ne pouvait pas rester ainsi alanguit sur son lit, sachant pertinemment qu'elle lui en voulait, mais ne pouvait non plus pas penser décemment à la rejoindre à cette heure avancée dans sa chambre...

En proie à ces multiples sentiments contraires, c'est l'amour qu'il éprouvait pour elle qui l'emporte...Se levant donc, la pâleur de son torse blafard miroitant sensiblement dans l'ombre de la chambre, il quitte cette derniere, le coeur battant douloureusement dans sa poitrine, tandis qu'il tend la mains, encore hésitant, vers la poignée de la porte qui le séparait maintenant de la Compostelle...
Et d'entrer, sans un bruit, ombre mouvante qui s'approche à pas mesuré de la couche défaite de sa préceptrice.. Qui la contemple silencieusement, elle ayant retrouvé dans les méandres du sommeil un visage serein, impassible, loin de toutes les souffrances vaines qui hantaient sa vie décousue...

Et à lui, dans un souffle de se glisser sur le lit, assit, tandis qu'une main hypocoristique se glisse tendrement dans la chevelure scintillante de la dormeuse...

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Fildais
Des doigts couraient dans sa chevelure, elle frissonna sous ce doux contact, lui arrachant des bribes de souvenirs heureux à sa mémoire de glace. Une période, où la main de son poitevin venait avec régularité se perdre dans son fatras de fils dorés.
Dans son sommeil, un demi sourire naquit, la Compostelle se tourna vers cette présence, glissant à l’aveugle sa main jusqu’à toucher son genou, ou bien était-ce sa cuisse ? Nulle importance, Fild ne s’en soucia pas, pour l’instant tout ce qui comptait c’était de l’avoir retrouvé, lui.


-Maxime… dit-elle, la voix semi étouffée dans les draps.
-Maxime est mort, pov’gourdasse !

Sursaut.
La jeune femme se redressa sur sa couche, les yeux grands ouverts, à l’affût de l’usurpateur d’identité mackxienne. La toquante dans son poitrail s’était mise en cavalcade soudaine, effrayée par ce réveil soudain.

Peu à peu le rappel des événements s’instillait en petit flot dans son esprit.
Le voyage, le Languedoc, l’auberge…


-Eng’ ?
-Ben non c’est ta tante en bigoudis, ça s’voit pas !

Les azurs se posèrent sur lui, le détaillant avec cette avidité qu’elle avait cru éteinte avec les chagrins.
Le Vaisneau, deuxième cause à son manque de sommeil après sa venue en Languedoc, ou bien était-ce la première cause ?
La Compostelle ne put retenir à temps un regard qui glissait sur sa peau hyaline, fine et avec peine dévia ses prunelles ailleurs, en ramenant un pan de drap contre elle dans un geste qui lui servait plus à mettre une distance avec le baron, que par pudeur. La chainse de lin était là pour ça.


-C’est inconvenant, tu n’es plus un enfant maintenant, tu n’as pas à venir dans ma chambre !

Le ton désapprobateur qu’elle usait, masquait son trouble. Celui qui s’était installé depuis Châteauroux où leurs vermeilles s’étaient accidentées.
Accident réitéré deux jours plus tard… et qui avait réveillé les eaux dormantes de ses émotions instables.


-Oui très inconvenant, installes-toi sous les draps plutôt, hin hin…
-QUOI ???
-Roooo décoincez-vous un peu la ride… l’embrasse bien, hein l’petit ?
-Mais ??? T’es maladeuuu c’est… c’est… on ne peut pas !!!
-…l’est débrouillard pour son âge…
-Argh mais faites la taire !!!
-…et ses lèvres, vous vous souvenez les filles… hmmm si douces…
-Bouclez-la, numéro cinq !
-Huuu miiirdeuu, j’ai réveillé le dragon. Sois pas si frigide Fild !

Soupir.
La jeune femme tentait de faire abstraction de ce bruit intra-crânien qui l’empêchait de garder la contenance nécessaire à cette intrusion.
La blonde reporta son attention sur le jeune homme, elle ne lui avait plus parlé depuis hier ou bien était-ce avant hier, la notion du temps lui échappait parfois.
Après une énième crise de jalousie, provoqué par la simple évocation du nom de Messiah, la Compostelle s’était enfermée dans un mutisme dédaigneux.
Il fallait dire qu’ils étaient passés d’un stade affectif à un autre, plus sibyllin qui éveillait une myriade de questions en elle et lui secouait sa morale.


Comment faire, Enguerrand lui avait toujours prédit qu’elle deviendrait sa maîtresse. Même lorsque celui-ci n’avait aucune idée en quoi consistait cet état de fait.

« Les nobles puissants ont tout plein de maîtresses et moi quand j’serai grand, j’serai puissant, très puissant » Mais bien sûr mon ange, manges ta tartine et bois ton lait. « Et quand j’aurai plein, plein de maîtresses, je jouerai avec elles, on jouera à saute-moutons… hein mais toi Fildaïs tu resteras ma préférée » Et si on allait dégommer les casques des gardes avec ta fronde ?


Cette époque là était révolue, disgrâce du temps qui faisait perdre l’innocence aux enfants.
Il n’était plus le gosse ignorant à qui on adressait une tape affectueuse sur la tête et qu’on détournait aisément à coup de jeux et de bavardages futiles.
La blonde s’en était largement amusée lorsqu’il avait sept ans, et tout autant quand il en eut neuf, puis dix, elle ne sentit que le vent tourner qu’à ses douze ans… puis là maintenant qu’il était adulte…


-Que fais-tu là ?

Froncement de sourcils qui se voulait sévère et voix cassante pour le dissuader de rester en terre inhospitalière. Et pourtant dans le rôle de la farouche, la damoiselle avait omis un détail lourd de conséquences.
Sa main.
Oui, sa main sommeilleuse qui avait cherchée cette présence et escaladée le genou se trouvait toujours sur sa cuisse… et de la retirer prestement, l’émail mordant le pétale vermeille comme une gosse prise en faute.

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Toujours en deuil et de plus en plus cintrée ! [En rouge : les voix pensionnaires de la tête blonde]
Enguerranddevaisneau
Soupir,poussé presque douloureusement par la dormeuse, plus aussi ensommeillée que ça quand un nom vient mourir à l'oreille du Vaisneau, nom prononcé dans un bruissement presque imperceptible sous l'armure des draps..
Et une grimace qui vient souiller le visage adolescent, une seconde à peine, infime, quand une chaleur bienfaitrice née de sa cuisse, apaisant ainsi l'irritation naissante suite au sobriquet prononcé par la blonde...

Regard qui se pose sur cette menotte a la blancheur presque pure tandis que sa propriétaire se redresse dans un sursaut emplie de stupeur, alors que ses prunelles inquisitrices tentent de percevoir le faciès intrus... L'intrus justement qui dans un silence toujours aussi profond contemple ce visage déjà tant parcourus des yeux, comme des lèvres, même si pour ces dernières il s'agissait sans nul doute d'un rêve bienfaiteur qui emplissait sans controverses le coeur du baron...
A lui dans un sursaut d'orgueil de lui sourire avec tendresse empreinte de mélancolie qui définissait à merveille le trouble constant que provoquait la présence féminine de la dame de Roche Majeure, trouble décuplé à ce moment précis par la proximité ici recherchée du corps détiré à son côté...
Puis son nom, chuchoté où poindre l'interrogation et l'étonnement de le voir ainsi audacieux et surtout aussi présent dans sa chambre, trahissant ainsi toute intimité et tranquillité... Sa peau diaphane ainsi exposée, il surprend facilement le regard qui s'y attarde, conscient sans aucune incrédulité de l'effet qu'il provoque chez Fil...

Il ne dit mot, ne répond même pas, étouffant ainsi les clameurs de son interrogation dans un silence savouré, seulement conscient de son souffle qu'il tente de mesuré et de celui de sa compagne, plus haché, comme accéléré par les battements impromptus d'un coeur mis à mal...
Puis l'accusation, portant préjudice à l'inconvenance dont il faisait preuve, lui qui justement n'était plus un enfant comme elle le soulignait si bien, mais un homme, du moins presque, qui ressentait maintenant des besoins d'affection différent aux mœurs enfantines...A lui donc de répondre, dans un souffle, laissant la dilection de sa voix apaiser les tensions:

Pardonne moi...Mais il fallait...

Et se maudire, son verbe mis à mal par le battement irrégulié de son pouls, fébrile déjà, lui qui n'était pas accoutumé à finir dans la même chambre et encore moins dans la même couche qu'une femme, qui le sur-plantait de dix années qui plus est...Il savait qu'à son age, quatorze ans, on ne se posait pas toutes ses questions, on fonçait et rattrapait les pots cassés juste après, chose que l'Ittre aurait fait sans nul doutes si il avait eu affaire à une autre femmes...
Mais là c'était Fildaïs, celle qui l'avait élevé, comme une soeur, mère de substitution à qui il vouait un véritable culte depuis son plus jeune age..Mais les choses avançaient et elle avait finit prisonnière d'un Duc inhumain qui, le Vaisneau en était sûr, devait abuser de sa situation...S'étant juré de le tuer un jour, il avait alors tout tenté pour qu'elle quitte sous son égide cette brute barbue, en vain... S'en était suivit une relation brouillassée, où lui comme elle ne savait vraiment pas sur quel pied danser...

Et il était là, près d'elle, tout à elle, soumis à ses désirs, pantin de la Compostelle,qui, ne profitait pas pour autant de la situation...
Et à elle de continuer, dans une nouvelle question, portant cette fois si sur les raison de sa visite...
Ratant un battement presque douloureux de son organe vital, il s'abime à répondre, tentant de garder un calme qui ne lui ressemblait presque pas...

Je venais...Je devais...Te voir...Pour..Parceque...J'en avais besoin...

Manquant pour le coup cruellement de confiance en lui, il se redresse sur le lit, pour venir s'apposer au plus près de sa voisine, laissant une fois de plus au ciel de ses yeux la délicieuse tache de fouiller les siens....La tête ainsi disposée sur l'oreiller, il appose avec un tremblement imperceptible une mains d'albâtre sur la nuque encore chaude de sa partenaire, tandis que dans un geste désespéré, il laisse son souffle envahir avec la tiédeur qui le désignait le visage où ne règne maintenant plus aucune trace du sommeil de la Compostelle, tandis que dans un sursaut, ses lèvres s'accrochent de nouveau à l'ourlet soyeux des siennes dans un baiser voluptueux ou transparaissait l'attention et les sentiments troublés qui animait les deux instigateurs de la nuit en devenir....
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Fildais
[Entracte]


Les azurines fildaïssiennes se fondirent dans le bleu outrancier du Vaisneau, et même si le mutisme était de mise dans la pièce sous le capot d’or, la numéro cinq fomentait un putsch imminent.

-Hééé pssssit…
-Gnééé ?
-Psiiiiiiteuu
-Qui ? Moi ?
-Ben ouais toi ! Nan mais quelle cruche c’te Fifi !
-Quoi ??
-Moins fort !
-Quoi ??
-Humpf… viens là, toi !
-Où ça, là ? C’est vaste un crâne.
-Ben là quoi ! T’es cruche ou quoi !
-Beuuuuuuuuu t’es méchaaaaaaaanteuuuuu !
-Nan, psiiiiiit nan, chuuuut tais-toi ! Viens ici maintenant. ‘tain mais quelle blondasse !
-Beuuuuuuuuuuuuuuuuuuu
-Nan mais… chuuuut j’ai rien dit. L’est très bien ta couleur, j’ai la même à la maison. Maintenant, viens où tu entends ma voix !
-…
-Bon ! Dis ? T’pourrais pas occuper les coincées ? Les froides de l’artiche au cœur gercé ?
-Comment ?
-Chuuuuut moins fort !
-Comment ?
-Tu leur proposes une partie de ramponneau, tu leur poses des questions sur les fléaux, sur les pendus… chais pas moi, réfléchis….
-Gnéééé
-Non réfléchis pas finalement… c’est une mauvaise idée, parles leur de pendus… c’est bien ça… ouais les pendus…
-Pourquoi faire ?
-Nan mais roooo !! Moins fort !!!
-Pourquoi faire ?
-Huuuu pour détourner l’attention des frustrées d’sous les jupons… et comme ça je pourrai m’atteler à Eng… et héééééééé non mais qu’est-ce qu’il fait lui… c’est à moi de l’embrasser, à MOI !!! Argh !!! Grillées… c'est trop pas juste…


[Acte et contacte…]


L’hyaline fine du Vaisneau se faufila sur sa nuque raidie qui ploya à l’instant sous le joug de ses doigts insolents en une douce invitation.
Dérive de sa pensée, Fil se questionnait, les prunelles inquiètes dans les gréements de ses lueurs félines.
Combien de femmes, l’éphèbe aux allures languide, avait-il séduit ?
Combien en avait-il mis dans son lit ? Attirées par son regard enjôleur et ses sourires séducteurs.
Avait-il déjà goûté à la ribaude, professionnelles au salaire horaire ou s’était-il contenté de se « faire la main » sur quelques candides servantes ?
Non, la Compostelle ne savait pas, que sous ses fausses assurances, l’Enguerrand cachait un état d’innocence de la chair.

Silence dans la citadelle d’ivoire, les voix s’étaient tues, comme suspendues à l’infime éclat du temps qui séparait encore les lèvres avant qu’elles ne se goûtent.
Frôlement des souffles, puis des vermeilles, tout pouvait s’arrêter là, d’un geste, d’un mot ; équilibre fragile à tout moment menacée d’un amour abrégé.

L’initiation commença par le premier heurt, baiser aux abords timorés qui laissa place à l’impétuosité de deux pétales qui s’unirent, fébriles.
La main de la damoiselle s’avança tremblante jusqu’à sa joue glabre, l’effaroucha d’une caresse qui descendit le long de son cou en effleurement.
Le frisson au bout des doigts, Fildaïs prit ainsi toute la dimension de la douceur veloutée de l’épiderme du jeune homme.
Ce simple contact charnel affola ses sens, la blonde en fut effrayée mais le désir qui pointait dans le creux de son ventre et lui vrillait les tripes l’empêcha d’y mettre fin.
Les vermeilles se laissèrent guider par l’envie devenue maîtresse de son être, et vinrent gourmander la tendre chair de son cou, de son épaule avec dilection, les phalanges pâles en vagabondage, ailleurs…

Les tempes battantes, le saignant en cavalcade forcenée, la jeune femme leva ses mirettes de perle, réinvesties de cette vie qui s’était échappée et les planta dans l’azur.
La cuirasse de l’implacable venait de tomber et avec, toute la dureté qui marquait ses traits, le visage s’adoucit et même ses lèvres s’habillèrent d’un léger sourire gêné.
C’était qu’elle avait peur la blonde, peur de ne plus reconnaître les gestes, de ne plus savoir aimer… de ne pas savoir l’aimer…

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Toujours en deuil et de plus en plus cintrée ! [En rouge : les voix pensionnaires de la tête blonde]
Enguerranddevaisneau
Frisson qui nait quand les vermeilles se posent sur son épaule, effleurant avec torpeur le marbre racé Vaisnien...Il ferme les yeux alors que de ses doigts elle déclenche en lui une chaleur incandescente et presque insupportable, naissante à l'épiderme, mourante dans leur baiser...Les cinq sens en émois, tout à leur découverte de cette nouveauté tant convoité d'une étreinte passionnée...Insupportable attente qui durait depuis maintenant 14 années, où quand dans un sourire des plus charmeurs, la Compostelle s'était penchée sur lui, bambin nait de l'amour entre une rousse et un chevalier, et s'était sans nul doute abrogée propriété de son coeur…

Premier sens exacerbé, le touché, éprouvé par la texture soyeuse ou satinée des lèvres gourmandes apposées sur les siennes, comme deux entités faites pour se trouver et ne jamais se quitter...Ses mains également qui avec fébrilité enfantine parcourent avec hardiesse l'opalescent tégument Fildaïssien des cuisses recourbées, oscillant dangereusement vers le fondement attrayant au gout d'inexploré...
Le gout justement pour sa part sucré d'abord, étourdissant lentement l'adolescent fiévreux de ses saveurs insoupçonnées..Les lèvres d'abord, puis son cou ensuite, savoureux et attendrissant, créant chez l'Ittre un appétit inédit...
L'odorat ensuite, sciemment abimé à humer sans vergogne le parfum hétéroclite provoqué par cette proximité nouvelle, de deux corps opposés aux odeurs contrastées, tantôt féminine, tantôt masculine..Parfum enivrant pour elle, mais diffus et superflus muselés par la nuit bien avancée...Parfum peu présent chez lui, contré par l'excitation latente qui mêlent avec harmonie ses effluves à celle de la Compostelle...
L'ouïe et la vue eux excellent par leurs démesure, éprouvées et multipliées fois cent...L'azur de ses yeux, d'un bleu perlé est fouillé, cette mèche blonde disposée naturellement sur le front de la Compostelle enfin remarquée et admirée à sa juste valeurs, alors qu'il se laisse à penser qu'elle est sublime à souhait...Attentif aux sons aussi, comme grossis, remarquant alors le feulement insidieux de la chainse sur sa peau, leurs souffles également qui se mêlent avec parcimonie telle une tempête à son oreille, ou encore les caresses fragiles et hésitantes sur l'albâtre de leurs peaux, retenues est écoutées par l'oreille Vaisnienne..

Jamais il ne s'était vu aussi vivant, aussi attentif à ce qui l'entourait, mais pourtant il remarquait alors tout, enregistrant chaque moment, chaque seconde de cette nuit unique, sachant par avance que ce souvenir hanterait longtemps son être…
Et le désir lui aussi fait son arrivée, tout aussi inattendu, puisant sans vergogne dans son sang, engourdissant ses membres, creusant son ventre où les phalanges de Fildaïs sont encore posées...
Ses doigts gourds, encore en goguette continuent leur chemin, s'extasiant encore de la moiteur soudaine quand leurs croisade prend fin, explorant avec inattention les recoins les plus ésotérique de la tour d'Ivoire.
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Fildais
[Putsch II le retour…]

-Bon t’as compris ?
-Wééééé…
-MOINS FORT ! Bordel !
-…ééééééé
-Alors, on fait comme on a dit ! On maîtrise les autres coincées du zizi pour que la blonde puisse enfin profiter ! D’puis le temps, l’manque d’affection lui monte à la carafe, la p’tiote va finir frappa-dingue.
-Hum ! L’est pas déjà ? Puisque nous sommes là…
-Huuuu si ! ‘fin bref… Bon on est combien ?
-Deux…
-Quoi ??? Bon avec moi ça fait trois…
-Non, non juste deux, toi et moi !
-Han ! ‘sont où d’ailleurs les austères d'la fesse ?
-Chais pas…


Grand silence.

-Ça fait un peu beaucoup très peur quand elles sont pas là…
-Ben surtout, c’est qui, qui est au commande d’la blonde en c’moment…
-Chais pas…

-T'as raison... ça fout la pétoche…


[Jeux et enjeu…]


Aux confins de son être, les fines phalanges vaisniennes arrivaient par leur agilité tatillonne à faire rosir la porcelaine des joues fildaïssiennes. La respiration s’en trouvait altérée et d’un geste, la Compostelle vint stopper l’avancée téméraire du jeune homme, en emprisonnant ses doigts curieux.
Elle macérait son doute.

L’instant se suspendit à l’ourlet du temps.
Son cœur se carapatait à la chamade, l’esprit oscillait entre folie et raison, un simple mot aurait suffit à figer dans l’échec ce moment, un index hostile lui montrant la sortie aurait pu se pointer là et sonner le glas de cette histoire.
Et pourtant, malgré le froid orgueil où le deuil l’avait enfermé, la jeune femme ne le chassa pas.

L’aimait-elle ? Assurément, elle aurait donné le moindre souffle de vie pour lui.
Mais jamais au grand jamais l’idée que cet amour se transformerait en charnel ne l’avait effleuré.
Les iris glacés se posèrent telle une chape sur l’azur juvénile, quelques secondes grappillées à l’éternité.

Le poitrail diaphane de la Compostelle se gonflait avec irrégularité, souffle agité de soubresaut d’impatience.
Ce désir latent lui brûlait la peau, prenait possession de sa chair jusqu’à en rendre douloureux ses os sous la mince diaphane.
Avait-elle fait vœu d’une abnégation si totale à sa vie, qu’elle en avait oublié les sensations de doux vertiges que lui prodiguait chacun de ses baisers ? Qu’elle s’en rendait aveugle devant l’évidence ?
Non… Alors la blonde bascula…
Son âme d’abord, abandonna les chastes réticences qui la liaient encore avec cette crainte de l’indécence.
Puis son corps, mouvement souple du bassin qui fit chavirer sa carcasse de brindille et qui vint s’échouer sur son rivage pâle. Poitrines qui se frôlèrent, le désir encore contenu par le lin de la chainse.

Fildaïs retrouva ses instincts de louve, prunelles contractées, accaparées par Enguerrand, à la fois prédateur et proie. Lentement elle se souleva, se redressa et d’un mouvement gracile retira depuis le bas jusqu’au faîte la toile qui retenait encore la pudeur de son épiderme.
Cette nudité accentuait encore cette impression de persistance à l’enfance, son corps paraissait n’être que l’ébauche d’une féminité sur peau de chagrin.

Tout en langueur le doux hyalin s’accidenta dans un choc suave contre sa peau, et de glisser sur lui comme une ondine.
Et de ses vermeilles, la Compostelle vint dérober celles du jeune Vaisneau, d’abord en touches timides, puis avec plus d’audace.
Frôlements de ses doigts peints de blanc sur son ventre qui se creusa à son passage, hésitations… avant de franchir la frontière d’étoffe et cueillir l’androcée.
Phalanges prises au filet, égarées à l’anthère d’une fleur enivrante.
Tension… Les reins se creusèrent sous la fébrilité née sous ses doigts, l’étreinte charnelle encore envenimée par ce mouvement

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Toujours en deuil et de plus en plus cintrée ! [En rouge : les voix pensionnaires de la tête blonde]
Enguerranddevaisneau
[Bataille...De taille?]

L'amour se sent...
L'amour s'entend...
L'amour se vend...
L'amour se vie...
L'amour se gagne...

Telle une bataille engagée entre deux entités ennemies, l'acte d'amour se vit, tantôt farouche, tantôt paisible, il s'exerce et s'exacerbe à la limite de l'entendement, provoquant ça et là des feux ardents, des douleurs bien vite apaisées par une propagande doucereuse, langoureuse et mielleuse, baume incestueux et anti-vertueux de lèvres avides, qui calment sans esclandres toutes protestations, tous soupirs, bienheureux ou non...

...

Nue, face à lui, il contemple candidement l'ivoire de sa personne ainsi dévoilée, instant éphémère qui illumine ses yeux et son âme, prémisse d'une entrée attendue dans l'âge d'Homme...
A elle de se mouvoir avec félicité tandis que d'une main salvatrice elle libère, pour enserrer de nouveau toutes puissances Vaisniennes… Des ses mains malingres elle prend entière possession de son être, bourreau d'abord quand cette sensation inusitée désoriente l'intéressé, puis libératrice quand elle inaugure avec qualité l'apprentissage érotique du jeune homme.
Dryades emprisonnées par les pétales carminées, il laisse cette présence féminine et quelque peu enfantine prendre place sur son aile, incendiant son épiderme de flammes glorifiant...

Mais n'est pas Vaisneau qui veut, et malgré une ingénuité peu propice à l'initiative, le Baron comme tout noble qu'il est, fier et orgueilleux, reprend position de supériorité d'un battement de hanche, léger certes, mais suffisant, pour allonger à son côté la blonde préceptrice, qu'il jauge du regard maintenant, comme ensorcelé...
Sourire maladroit qui s'étire, à l'Ittre dans un mouvement gracile de terminer ce qu'avait commencée sa partenaire, soit se libérer du lin de ses braies. Tel un chat, à lui de reprendre place, surplombant Fildaïs qu'il tortore de baisers passionnés... Conscient uniquement :
Des jambes opalines qui l’enserrent avec force, tel un étau auquel il se soumet.
Des mains qui parcourent son buste avec lenteur exagérée, en goguette sur son épiderme.
Du souffle sinueux qui étreint sa peau, caressant, languissant, enivrant...

Et lui, pauvre hère, aussi perdu qu'émoustillé, fixe avec intensité la porte Fildaïsienne, triangle attisant la curiosité et le désire du blond par sa moiteur, mystifié depuis sa naissance par une éducation féminine...
Tremblotant, timidement, il laisse sa main parcourir la soie de son derme, jusqu'au timide décolleté dévoilé, attisant et brulant avec gaucherie les tertres de la citadelle d'Ivoire tandis qu'avec appréhension, il s'infiltre pour la prime fois dans les méandres féminins, sensation exposée et multipliée, tiédeur qui l'emprisonne maintenant alors qu'avec lenteur ses flanc s'agitent, explorant avec délices les fondements les plus reculés de celle qui pour la première fois, le faisait vivre...

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Fildais
L’avait-il déjà fait ?
L’incertitude se trouvait dans chacun des gestes du Vaisneau, troublant son jugement.
Il avait l’aplomb et l’assurance qui faisait de lui un habitué de la rivauche et pourtant Fildaïs ne pouvait s’empêcher d’y mettre un doute.
Une hanche trop hésitante, un tremblement irrégulier de ses doigts, une caresse un peu maladroite… autant de petits signes anodins qui la jetaient sur la piste d’une certaine candeur.
Il y avait juste un doute, infime en soi, car l’évidence n’était justement pas évidente, la blonde dans sa vie n’avait connu que des hommes aguerris tant par les armes, que par les femmes qui avoisinaient souvent le double de son âge… alors que lui, encore si jeune, si vert… et peut-être encore si innocent…
Corrompre la virginale pureté pour un être fangeux de sa sorte serait l’amener à la damnation éternelle.

L’incertitude persista, accrochée à sa poitrine comme un sentiment parasitaire mais elle se tut, ne fit pas part de cette crainte là à celui qui l’abreuvait de ses baisers au goût d’interdits.
Les voix aussi restaient cloîtrées dans un mutisme contemplatif, la Compostelle en apprécia encore plus les bruits succincts des frôlements.
Les ivoirines délicates s’effleuraient dans la semi-obscurité dans des gestes retenus encore, un peu vacillant, luttes des vermeilles pour un pouvoir dérisoire, avoir l’ascendance sur l’autre, apprivoiser la fougue du partenaire, se l’approprier ? Peut-être…

L’esprit fildaïssien résista, faiblement, emporté par les appels du corps, de la chair, la rendant nerveuse, les doigts tremblants d’impatience.
Le tout jeune homme ne laissa pas à sa maîtresse du temps pour l’enseignement, il se montra telles ses premières leçons d’escrime, enhardi et téméraire.
Enguerrand la renversa, la Compostelle fut déchue de son statut d’Amazone.

Ses azurines aux ombres inquiètes étaient fixées sur le halo pâle que formait la silhouette élancé du Vaisneau, le souffle se contint en fond de poitrine, latent.
Elle avait encore en bouche le suc amoureux, qui humidifiait ses lèvres…
Si le blondinet avait vu Fild sous l’éclat du jour, il aurait pu apercevoir le rose prendre naissance sur ses joues pâles, une traitrise de ses émois qui resta occulter dans l’état d’une chambrée sommeilleuse.

Orgueilleux, hiératique, le Vaisneau la dominait, comme à chaque fois il la soumettait à son caprice qui était à présent un peu celui de la blonde aussi.
Il se coula entre les rives de calcédoine, son flan palpitant, infiltrant les eaux souterraines pour atteindre le tracé secret qui mène à la félicité.
Une légère plainte d'aise s'évanouit d'entre ses vermeilles.
Fildaïs ne le savait pas encore, mais il devenait homme, en cet instant là précis…

Son corps fin, à la féminité restreinte, plus taillé pour l’art de la guerre se prêta au rite sybaritique avec dilection.
Ce fut comme la première bouffée d’air qui gorgeait les poumons d’un nouveau né, douloureux et extatique à la fois, elle touchait à nouveau à une humanité qui lui avait été ôté par les deuils.
Les paupières jetèrent le rideau sur les prunelles voilées, les reins se creusèrent tandis qu’inversement le ventre se tendait en offrande à lui.
Soupir.
Sa prison morale affranchie par les baisers vaporeux, les phalanges hyalines se posèrent sur les hanches étroites de son amant et remontèrent jusqu’à atteindre ses épaules.
Sous ses doigts couraient la peau au velouté si ténu, elle ressentait chaque aspérité causée par l’ossature fine du Vaisneau.
Tout était comme une première fois, comme si son âme éteinte se ranimait et lui faisait redécouvrir ces gestes relégués au rebus.
Et un chuchotis vint mourir à l’oreille du Baron :


-Alors nous voilà amant… tu as gagné ton pari…

-Et moi j’ai gagné la partie ! Hein ? Les grognasses, j’l’avais dit qu’ça s’rait bien… Héhé, on l’a eu… non ‘fin surtout lui...
-…
-Les grognasses ? Youhouuu ? Les coincées du zizi ? Z'êtes là ?
-…
-‘tain l’ratent toujours les meilleurs moments…


Oh misère !
Et dire qu’on avait cru un instant qu’elle avait fini par lui foutre la paix !


-A ben non alors !
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Toujours en deuil et de plus en plus cintrée ! [En rouge : les voix pensionnaires de la tête blonde]
Enguerranddevaisneau
Frôlements.
Gémissements.
Tendrement.
Amants....

Une caresse, un regard, une ivresse qui rend hagard.Il allait et venait, s'enivrant, se nourrissant d'elle, explorant sans vergogne chaque recoins, chaque fondements, chaque parcelles qui composaient la tour d'Ivoire. Ils n'étaient tout deux plus qu'une seule et unique entité, bête à deux dos qui sous la chaleur, les clameurs bien vite étouffées, s'agitait, comme possédée, par cette étrange sensation que l'on nomme désir.
Une unique fois.
Une première fois.
D'un adolescent qui par cette étreinte, se retrouvait homme. Qui par ses caresses, devenait pour la première fois important.
Il usait et abusait de son nouveau pouvoir, celui de plaire, de faire gémir, doucement, sous lui, cette femme qu'il avait, par on ne sait qu'elle sombre raison, séduit..
Les mains blafardes de la Compostelle parcourent déjà son échine, provoquant sous leurs contactes, une chaire de poule aussi gênante qu'époustouflante.

Un soupire, des mots, prononcés à son oreille, bien vite étouffés sous le nouvel impact charnel des pétales vermeilles qui s'accidentent..A bas les paris, il n'avait cure de cet aspect des choses pour le moment, profitant, s'abimant, dans cette découverte érotique qui le faisait vivre.
Vivre.

Il l'aimait, plus que de raison, et quant bien même, il puisse séduire à tout va, il s'était jusqu'alors uniquement réservé à elle, uniquement à cette femme, qui malgré tout s'échinait, à tenter jusqu'alors de le repousser..C'était finit.Il avait gagné, et enfin, il pouvait, sans nulle honte, s'avouer qu'elle l'aimait aussi.
Un peu.
Il va, il vient, en elle, s'étonnant, s'extasiant presque de ce ballet de sens, qui provoquait en lui mille et une sensations différentes, mille et une satisfactions personnelles et égoïste, de posséder comme un maitre presque, le coeur et maintenant le corps de Fildaïs de Compostelle, dame de Roche Majeure. L'albâtre de sa peau sous ses mains, le miel de ses lèvres sous les siennes, le zéphyr de ses halètements dans les siens, il s'enfonce à chaque fois plus profondément, tantôt craintif, tantôt intrépide, alors que les miasme de la jouissance font leurs apparitions, vite.
Trop vite.

La cadence se fait maintenant effrénée, leurs respirations hachurées, le contact plus concret, presque violent, heurts décadents de deux corps qui s'entrechoquent avec violence contrôlée d'abord, et libertine ensuite. Le gout du sang envahit peu à peu le palais Vaisnien, qui sans aucune maitrise viens d'enserrer de ses canines la pulpe des vermeilles Fildaïssiennes.
Délivrance.
Dans la moiteur de deux corps en transe, les draps collant désagréablement à la peau, il laisse, exploser sa jouissance.
En elle.
Soupire rauque, animal blessé et bientôt reput.
Déjà.
Une fois.
Unique.



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Fildais
[Ivresse et perdition]


Abandonnées, les innocences câlines…
Abandonnés, les frôlements puérils de leurs mains…
Abandonnés, les effleurements des azurines…
Les non-dits déguisés sous les regards fuyants, qui avaient duré tout le temps du voyage entre le Berry et le Languedoc s’étaient enfin achevés en errance sous les draps. Les sentiments se dénouèrent sous leurs doigts, sous l’appel de leurs lèvres et de leurs corps entiers dans des jeux délétères.

Tous les substituts de bonheur éthyliques, les ersatz de félicité au goût d’opiacée, les ataraxies pastiches d’une vie d’émiettée, tous ces faux paradis rejoint à coups d’écus lourdement payés à un apothicaire peu scrupuleux…
Toute la base existentielle de Fildaïs depuis qu’elle avait endossée le deuil d’un veuvage erroné, s’écroula à l’instant.
Foutaise que tout cela, les Edens corrompus n’avaient plus cours ici, le Vaisneau lui offrait de ses reins, de son corps, vermeilles et peau, bien plus… bien mieux…
Un infini céleste où l’étoile s’étiola… se brisa mille et une fois dans les heurts charnels de leurs voluptueuses calcédoines. Son âme dissoute, se fractionna encore et encore, des myriades de brisures d’une Compostelle éparse, comme si sa démence Hydrique ne suffisait pas.

Insolente jeunesse qu’il incarnait à la perfection, abaissant les derniers remparts de la Tour d’Ivoire par de délictueux baisers au goût d’impudence. Plaine géhenne du plaisir où les caresses outrageantes des mains opalescentes se déferlant avec voracité sur la fine hyaline du derme.
Elle aurait pu avoir honte, elle aurait pu penser qu’il était perdition et elle… perdue, elle aurait pu sentir l’odeur vicié d’un presque inceste dans leurs gestes affolés…
Oui elle aurait pu… mais la jeune femme n’en fit rien, préférant les affres des joutes corporelles à une raison absurde qui s’était de toute manière fait la malle.

Sous les mouvements hoquetant de leurs carcasses, prime battement de la création, l’Enguerrand se fit l’alambic de ses désirs, qu’elle redécouvrait en novice sybarite. Surprise à chaque tressaillement, à chaque soubresaut de leurs êtres enchevêtrés par les sensations qui l’enfermèrent dans un carcan extatique, les émois raisonnant comme un jour nouveau.
Délice, et volupté, le Vaisneau se montra divin à se damner.
Elle le faisait homme, il refaisait d’elle une femme.

L’épiderme brûlant, la tocante vacillante au fond de sa poitrine qui se soulevait avec la violence d’un ressac, la blonde s’abandonna à lui sans cette pudeur guindée de morale.
Une bouffée, elle en happa son souffle halitueux, la Compostelle coula son nez dans le cou tiède du Baron, humant sans retenue les effluves grisants, devenus plus animal à présent.
Sous les vertiges, elle reconnut l’ivresse, les frissons trépassant dans son être.
Les azurines se retirèrent sous leurs voiles de chair, agrippée à ses hanches, elle se fit brindille qui ploie, les reins en arcs, resserrant l’étreinte de ses mains, de ses cuisses contre lui, elle se fit douce cangue.
Jusqu’à quand allait-elle tenir l’infernale cadence que le blondinet lui faisait subir pour son plus grand plaisir ?
Un… Les ongles lacérèrent le tendre derme d’Enguerrand.
Deux… L’émail fildaïssien vint en infimes morsures sur ce qu’il trouvait à portée de nacre, vermeilles vaisniennes, cou aguicheur, épaule désinvolte… dans un marquage territoriale en règle…
Trois… Apothéose… la jeune femme empruntait le labyrinthe de l’égarement… venait-t-elle de passer le Styx ? S’y noyait-elle dedans ? Elle venait dans tout les cas perdre pieds…
Elle sombra dans de sibyllines délectations qui siégeaient dans les hautes sphères voluptueuses du plaisir…
Mise à mort d’une étoile qui se fracassa dans un gémissement, une plainte vaporeuse se déposa dans le creux de son oreille.
La Compostelle devint alors le calice accueillant, du doux élixir secret de la création.
Accalmie des sens, les corps repus lentement cessèrent leur combat… s’immobilisèrent. La fureur laissa place à cet étrange instant d’éternité. Aucun trouble, hormis leurs souffles anarchiques et cette félicité limpide.
Silence…


-Alors les filles ? Heureuses…
-Huuuuu ?
-Pa-thé-ti-que !


Ça aurait été trop beau que ce mutisme des vocales intérieures perdure, il y avait toujours un soubresaut Hydrique dans la caboche blonde.

-Te rappelles-tu de notre première fois ?
-Non, celle-ci est notre première nuit, plus aucunes autres à présent ne comptent !


La frêle coquille de la Compostelle se blottit contre celle de son amant, l’âme déjà vouée aux doléances des remords. Les filins amoureux se resserrèrent sur elle, à l’en étouffer dans une douloureuse étreinte et pourtant, oui pourtant elle s’en moquait.
Rien n’avait plus d’importance, à nouveau, elle avait touché la lumière, elle l’aimait et ce sentiment bien que dolent la rendait étonnamment vivante…

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Toujours en deuil et de plus en plus cintrée ! [En rouge : les voix pensionnaires de la tête blonde]
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