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[RP] - Vous avez raison. Vous pourriez vous blesser avec ça

Aymeric
RP ouvert à tous. Le titre du RP est inspiré de la pop-up qui apparait lorsqu'on range son bâton dans son inventaire.


Il sait que la violence ne doit être utilisée qu'en dernier recours, car la violence est un péché si elle est utilisée à tort et à travers. Il sait aussi que si la violence peut résoudre ses problèmes s'il frappe assez fort. En l'occurrence, son problème n'a qu'un fin duvet sur le crâne, il est habillé de façon tape-à-l'œil et il gifle fort. Sa joue s'en souvient encore. Son problème, il lui a donc jeté un gant à la face, lui proposant un duel pas plus tard que le lendemain, lorsque le soleil sera haut dans le ciel. Il a été convenu qu'ils ne porteront pas d'armes, l'épée et le bouclier d'une mercenaire face au bâton d'un écuyer n'étant pas un combat loyal. Dire que tout cela a commencé par une moquerie sur sa frêle carrure.


[J-1 ; le soleil est couché depuis quelques heures ; dans la chaumière du tenancier de la lice]

Ce serait pour demain, 13h, dit-il d'une voix presque timide. Il n'était pas rassuré devant cet homme d'imposante carrure, plus gras que grand, la barbe grisonnante, des bijoux en or partout -bagues, boucle d'oreille et pendentifs-, un gilet ouvert qui laissait entrevoir une large cicatrice, des yeux sombres qui ne cessaient de le détailler et un sourire moqueur, presque mauvais, à chaque fois qu'il disait quelque chose. Il lui faisait penser à un gladiateur à la retraite. Aymeric avait du mal à rester sagement assis, il avait envie de partir et de renoncer à se battre.

Tu t'es déjà battu ? demanda l'homme d'une voix grave qui imposait une réponse, tout en jaugeant la carrure de son interlocuteur.

Oui oui, répondit-il spontanément, pas très convaincu lui-même.

Mouais. L'homme griffonna quelque chose sur le vélin qu'il avait devant lui. Et ton adversaire ?

Heu... Il prit un instant de réflexion. C'est une mercenaire, sûrement pourchassée dans beaucoup de duchés. Une hors-la-loi qui vend sa morale et consume son âme pour une poignet d'écus.

Un rire gras fit trembler les fenêtres. Le bougre se moquait ouvertement du jeune homme.

Aller, va pour du 4 contre 1, conclut-il joyeusement, avant qu'un grincement de chaise attire l'attention du jeune homme vers un recoin sombre de la pièce. Un homme en sortit, vêtu d'une longue toge noire et d'un col blanc. Un homme d'Église, à n'en point douter. Lui était plutôt grand et maigre, ses petits yeux scrutateurs faisaient penser à ceux d'une fouine perverse. Son sourire mielleux et bienveillant n'était pas pour le rassurer.

Mon fils, vous pouvez offrir un certain nombre de biens à l'Église Aristotélicienne et Romaine et à ses Saints, qui vous aideront dans votre duel en vous apportant force et endurance. Votre adversaire a aussi la possibilité de faire ces dons, l'Église monnaye cher ses bonnes grâces... Devant l'air septique de son interlocuteur, il crut bon d'ajouter : La lutte contre les suppôts du Sans-Nom est coûteuse. Nous avons besoin de l'aide des fidèles, tant matérielle que spirituelle.

Décidément, ce sourire vissé sur son visage trop bon pour être honnête ne le rassurait pas du tout. Cet homme était du genre vicieux comme un serpent, Aymeric trouva donc une excuse pour s'échapper d'ici.

J'ai laissé ma bourse chez moi. Je viendrai faire un don demain, hein.

Il se leva prestement, la peur lui pressait les entrailles. Il salua les deux compères d'un mouvement de la tête et sortit à grands pas. Il ne respira vraiment que lorsque la porte fut refermée et qu'il s'éloigna de quelques pas. Cela ne l'étonnait pas d'être tombé sur des mécréants, car après tout, il était dans une capitale, et c'est là qu'on trouve les plus bas quartiers d'un comté. Néanmoins, il avait eu peur, peur de se faire molester, peur d'être égorgé pour éviter un paquet d'ennuis. Il sait que le Très-Haut l'enverrait au Paradis Solaire, néanmoins, Aymeric tenait à la vie. Il voulait continuer à goûter aux plaisirs simples des mortels avant de se lasser pour l'éternité des plaisirs les plus recherchés.


[Jour J ; une auberge à un écu la nuit]

C'était bientôt l'heure du combat. En tant qu'écuyer, mais surtout en tant qu'ami proche, il toqua à la porte menant à la chambre d'Aurile (les mauvaises langues diront qu'ils ne font pas chambre à part en réalité, et que c'est aussi la chambre d'Aymeric... Le narrateur ne donne aucun détail quant à la véracité de cette rumeur) et entra. Elle était entrain de préparer ses affaires pour son court séjour chez les moines. Cela lui faisait un pincement au cœur de la voir ainsi partir sans lui mais elle avait besoin de réfléchir sur certaines choses (non, pas sur leur situation, "certaines choses", j'ai dis), et il la comprenait.

S'lut toi... Tu t'prépares déjà ? Il s'avance vers elle, ne sachant pas comment lui annoncer la nouvelle. Finalement, il prend une grande inspiration, et il se lance. Pendant qu't'iras au monastère, moi, j'vais à la lice, m'battre contre Mira. C'est la seule solution pour qu'on règle nos différents une bonne fois pour toute. Il lui a tout dit d'un seul trait, et cela eut l'effet de lui soulager sa conscience. Il s'en serait voulu de s'être battu sans la prévenir, et d'inventer une histoire pour justifier ses blessures.

Aurile n'essaya même pas de le dissuader d'y aller, elle se contenta de sourire et de lui montrer la lettre que Mira lui avait envoyé la veille.


"D'une vipère à une autre...", Miramaz a écrit:
A l'Aurible Peste d'Anjou,
A celle qui prend n'importe qui comme écuyer,
A celle qui devait être mon apprentie,

J'suis à Limoges..tout comme toi d'après la chose qui te sert d'écuyer..enfin s'il ne m'a pas menti...
T'es tombé sur la tête pour prendre un crétin pareil avec toi? l'a d'jà essayé d'me tuer deux fois en deux jours.. tout c'qu'il a obtenu c'est des coups.. sait même pas s'battre l'pauvre..

J'sais pas si j'arriv'rais à t'croiser avant qu'tu quittes l'Limousin.. mais si tu vas en Bourgogne comme l'annonce l'Aym'ric là.. va saluer Mal' ça lui f'ra plaisir.. il vit à Nevers, il y tient un bouge.. t'pourras lui dire que j'reviendrai bientôt vider ses réserves..

'tention à ta trogne même si t'sais t'débrouiller seule.. les routes sont pas sûres dans l'coin

A un d'ces jours,

Mira


Au fil de la lecture, les doigts du jeune homme se crispèrent sur la lettre. Même lorsqu'il n'était pas là, elle continuait de cracher son venin sur son dos. Il jeta négligemment la missive sur le lit, comme s'il jetait un chiffon, avant de se tourner vers Aurile, déterminé à aller se battre, animé par une nouvelle énergie, la colère.

Il passa son bras autour de sa taille pour l'attirer vers lui et pressa ses lèvres contre les siennes en un langoureux baiser, pour porter chance. Sa main libre vint se perdre dans ses cheveux, puis sur sa nuque. Leurs souffles se confondirent un bref instant où ils étaient seuls au monde, avant qu'il ne se détache à regret d'elle, l'heure étant plus proche de minute en minute.


On s'revoit dans deux jours... Prends soin de toi.

Il lui sourit une dernière fois, tendrement, avant de sortir de la chambre. Il lui restait à passer dans sa chambre pour s'habiller pour l'occasion et à enfin rejoindre la lice. Il eut une brève pensée pour la mercenaire, se demandant ce qu'elle faisait à ce moment là.
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Miramaz
[J-1: Quand la langue ne suffit plus les mains entrent dans la danse..]

Une jolie chose blonde à escorter et la Rasée s'était de nouveau transformée en protectrice, veiller à ce qu'il ne lui arrive rien sur les chemins ne suffisait pas, la future marraine se portait également garante de sa pureté, de son innocence. Prête à mordre si on s'approchait trop près de la gamine, prête à éventrer quiconque oserait tenter de la pervertir, telle une louve protégeant ses petits elle bondissait au moindre danger, grognant et montrant les crocs. Elle qui détestait les mômes en devenait ridicule dès que lui incombait la responsabilité de certains, même si dans le cas présent la gamine était sans doute capable de se débrouiller seule vu son âge.

Toujours est-il que la chauve vit rouge quand un écuyer aussi insupportable que crétin porta la main sur la pauvre Victorine, une gifle claqua plus pour faire passer un message que pour réellement faire mal. Ce langage n'était apparemment pas plus compréhensible pour le puceau brun que les nombreuses menaces qu'elle lui lançait puisqu'il se fit plus vicieux. Non content d'avoir violenté la pucelle blonde puis sa vieille matrone, il changea de stratégie se faisant doucereux et insolent pour tournebouler les sens de la jolie Victorine.

Les coups ne suffisant plus et l'intervention de la maîtresse de l'écuyer se faisant attendre, un duel se profila pour enfin régler ce souci : quelques dents en moins et le visage marbré de terre, Aymeric n'oserait plus importuner personne. Confiante quant à l'issue du combat -une mercenaire aguerrie contre un écuyer débutant, le résultat semblait facile à prévoir-, Mira gagna la demeure du propriétaire de la lice dès que le jeune idiot l'eut désertée. Le tenancier l'accueillit de manière presque amicale, son allure n'impressionnait pas la défiée et il savait qu'il avait plus à gagner en ne lui cherchant pas de noises; son saint acolyte fut rapidement éconduit avec promesse d'un don conséquent à sa paroisse si le combat tournait en sa faveur, ce qui semblait acquis rappelons-le.

Les détails réglés elle rentra à Saint Pardoux prendre un peu de repos avant l'amusement du lendemain, promettant à qui voulait l'écouter qu'un beau spectacle aurait lieu en lice, où le joli minois de l'écuyer serait réduit en charpie.


[Jour J: La gloire est à portée de poings]

Réveil tardif pour la Rasée, qui profite des cuisines vicomtales pour se restaurer lourdement, s'enivrant aussi de quelques chopes de bières fraîches sous le regard réprobateur du maître des lieux. L'ivresse est la seule chose qui la fait se lever chaque jour, pour emplir le vide se logeant sous son crâne lisse à coup de délires éthyliques. Quelques papouilles accordées au Leu en guise d'excuses pour son comportement désastreux et et elle quitte le castel pour rejoindre la basseville avec l'envie de régler son affaire rapidement pour revenir goûter à certains plaisirs bestiaux.

Une fois la lice atteinte, dagues et épée sont confiées à la surveillance de Victorine pour le temps du duel, celui-ci devant avoir lieu à mains nues pour protéger la fragile vie de l'écuyer. Sans un regard pour la foule venue en masse assister au divertissement dominicale, elle prend place sur le sable de l'arène, saluant le maîtres des combats d'un hochement bref. Ses fidèles bottes vertes fermement plantées dans le sol, elle ajuste les plis de ses braies, resserre la chemise doublée de cuir pour protéger au mieux sa poitrine et dans un sourire moqueur, balaie du regard l'espace qui l'entoure à la recherche de son frêle adversaire.


L'crétin a p'tête renoncé au duel.. l'a compris qu'il ne faisait pas l'poids et a fui loin d'ici..
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Theognis
Il n'avait rien à faire ce jour-là, comme les autres jours. Échoué à Limoges pour de vagues raisons, il supportait la vie avec oisiveté, dans une main sa plume écrivait des bouts d'article quand l'autre le faisait boire plus que de raison. Seul depuis sa séparation, il venait d'apprendre que son ancienne compagne était morte par la faute d'une fleur toxique, encore qu'il ne voulait pas admettre que cet assassinat puisse être le fruit d'une volonté réciproque entre deux femmes si intimes avec lui. En l'admettant, sa culpabilité aurait été évidente. Il en était, encore, à nier l'évidence.
Aussi la promesse d'une bataille à poings rangés valait-elle le coup d'oeil, pour le distraire de ses sombres pensées. Un, deux verres de vin, il buvait trop décidément, et il s'arracha de l'autel de sa pénitence.

La foule se pressait autour de la lice. Semblable divertissement était rare, les duels se liant le plus souvent dans la pénombre d'une vieille forêt pleine de chouettes et de brigands. Cependant, Théo, qui connaissait les lieux, avait pris tout son temps pour venir et fut choqué de constater une telle effervescence. Etait-ce pour Victorine, dont la moitié des hommes du bourg était tombé amoureux, ou pour Miramaz, la même moitié s'étant pris de rancœur contre elle, que tout ce monde était venu assister au combat?

Jouant des épaules et des coudes, non sans peine d'Arquian parvint aux abords de l'arène. Il avait le chic pour pincer adroitement une fesse, et déjà la claque retentissait qu'il se trouvait devant. Mais là, il se heurta subitement à une masse, un colosse aux mains de patate, une sorte de bête de foire qui devait se louer comme les chevaux pour faire le labour des champs. L'oeil injecté de sang du bonhomme le considéra sans amitié, montrant toute sa disposition pour, surtout, ne pas bouger. Alors Théo tenta une ruse vieille comme le monde divisé entre nobles et pécores.


Je suis Baron. Laisse-moi la place.

Par miracle s'alluma dans ce regard une lueur de déférence, alimentée probablement par une éducation à dormir debout, où le pauvre Géant se trouvait Prince et bien portant, dézinguant des Ogres en grappes de cents. Il s'effaça devant Théo, repoussant par là-même un groupe de spinozistes en vacances dans la région, et lui permit de passer, inclinaison de sa nuque énorme valant révérence de vassal à son Roy. Oui, tout cela pour que vous saisissiez bien la solennité de l'instant.
Bref, il avait désormais une vision idéale de la confrontation à venir. La Rasée se tenait prête au combat, sombre et déterminée, l'attitude implacable, la posture féline malgré un léger déséquilibre mammaire mal compensé par des fesses maigres et sans relief. Du moins, ce dernier passage s'entendait dans la bouche de ses voisins marchands de bestiaux à Vermeuil-sur-Vienne.
Alors, soulevant une bourse lourde de pièces d'argent devant leurs yeux de bovins cupides (un concept un peu étrange, faut le reconnaître), Théo leur lança à la figure.


Hé bien moi, je parie 50 écus sur Miramaz!
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Aymeric
Plus que la peur de se faire briser les os, plus que la crainte de ne jamais ressortir vivant de la lice, plus encore que la colère qui lui conseille de cacher un poignard dans sa botte, Aymeric avait l'esprit occupé par quelque chose d'encore plus important que tout cela. Il ne savait pas comment s'habiller pour l'occasion. Les bras ballants devant l'armoire que lui avait aimablement indiqué le tavernier, il regardait, soulevait, tâtait et reposait les chemises trouées et les braies rapiécées. Le tenancier étant du genre conservateur, il avait gardé tous les vêtements qu'il eut en sa possession, certains étant plusieurs fois décennales, d'autres étant devenu des chiffons.
Pas question pour le jeune homme de risquer d'abimer ses vêtements qu'il entretient avec soin. Il a trop souffert des travaux pénibles qu'on voulait bien lui proposer pour se les acheter. Et puis, le sang, c'est dur à enlever.

Il opta donc pour des braies aussi recousues que le visage d'un vétéran angevin, une paire de bottes trop grandes pour lui et un gilet en cuir sans manches, ce qui laissait voir ses bras fins. Il s'admira un instant dans le miroir, il lui sembla qu'il avait gagné un peu de muscle depuis la dernière fois. Ravi de constater que les exercices matinaux faisaient leur effet, il descendit en bas de l'auberge, non pas encore pour partir au combat, mais pour se restaurer. Il s'assit à une table et commanda une épaisse tranche de viande fraiche qu'il découpa en gros morceaux à peine mâchés. Il jeta un dernier coup d'œil aux escaliers. Aurile était peut-être déjà partie. Il aurait voulu l'embrasser une dernière fois, mais il était largement l'heure d'y aller. Ne fallait-il pas savoir se faire attendre pour être désiré ?

Il arriva d'une démarche tranquille par la grande porte, celle réservée aux combattants. La Chauve était déjà prête. Il lui adressa un sourire, plus railleur et provocateur qu'accueillant. Tout en avançant vers le centre de l'arène, il jeta un coup d'œil curieux dans les gradins. Peut-être Aurile était-elle venue le voir en cachette ?
Il reconnut quelques visages, dont celui du gérant des lieux qui faisait des affaires avec les parieurs. Le Déchu, comme il s'amusait à surnommer l'ancien baron Theognis, était là lui aussi, au premier rang. Victorine ne devait pas être loin, peut-être même le Vicomte poilu viendrait les honorer de sa présence.
Un soupire s'échappa d'entre les fines lèvres de l'écuyer. Tous ces gens, ils étaient venus assister au combat comme s'il s'agissait d'un spectacle. Ils aimaient la violence dans son aspect le plus primitif. Ils ne comprenaient pas que pour instaurer la paix, il fallait parfois frapper fort.

Son regard se posa sur Mira, déterminé à en finir avec cette haine entre eux. Détruire pour mieux reconstruire. Peut-être que si elle se défoulait suffisamment, elle aurait meilleur caractère, et ils finiraient par s'entendre.


Ta langue de vipère, aussi aiguisée soit elle, ne te servira pas à grand chose, aujourd'hui...

Ultime provocation tandis qu'il serre ses poings à s'en planter les ongles dans la chair tendre. Il fléchit légèrement les genoux, prêt à esquiver et à riposter. Elle avait un gros avantage sur lui, mais cela ne l'empêcherait pas de rendre chaque coup.
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Victorine
Mais pour tournebouler les sens de Victorine, il en aurait fallu bien plus ... d'ailleurs, pouvait-on tournebouler les sens de Victorine ? ... Pour l'instant, la jeune fille aimait tracer sa vie elle-même, et laisser croire qu'on pouvait y laisser une empreinte.

Elle avait vite compris ce qu'il fallait donner, et à qui. Les questions ne fusaient plus comme avant. Certes, elles ponctuaient toujours ses conversations, mais étaient plus réfléchies, plus acerbes aussi. Souvent, elle faisait mouche, énervait ou enjôlait ses victimes. Et si son cœur flanchait parfois, ce n'était que pour cet homme qui lui disait combien les yeux de sa mère étaient bleus, et qu'elle aimait croire, comme pour se raccrocher à un passé qu'elle ignorait, à un lien filial. Cet homme qui cachait ses failles sous une armure d'autorité et de grivoiserie. Qui la faisait frémir, de peur, d'affection, de curiosité, d'espoir en l'avenir. Et qui la rendait pieuse.

Quant aux hommes, elle s'en méfiait déjà, et sur les conseils avisés de sa marraine, évitait les sujets glissants. Cela n'empêchait pas son affection pour certains, affection toute platonique, et qui engendrait de nouvelles questions, cette fois plus curieuses et plus sincères.

Mais l'écuyer Aymeric ne faisait pas partie de ceux-là. Non, lui, il l'agaçait. Tantôt fermé et brusque comme un enfant, tantôt charmeur et comédien, elle n'arrivait pas à trouver sa faille, sa vérité. En plus, il l'avait poussée, elle, la merveille, comme un vulgaire ... un vulgaire ... soldat ! Passait encore qu'en Bourgogne le Sénéchal lui donnât de grandes frappes amicales dans le dos au risque de lui déboiter un os, la prenant pour Victor, mais ici, en Limousie, elle était Victorine d'Ysengrin, précieuse petite demoiselle.

Plus tard, sans témoins, Victorine avait réussi à soutirer des excuses à Aymeric. Mais il était trop tard, le duel était déjà décidé. Et Mira avait trop d'honneur pour refuser. L'honneur, pour l'instant, Victorine trouvait ça inutile. Cela poussait parfois dans des stratégies peu favorables. Mais les hommes et les femmes avaient un cœur ... il fallait bien en tenir compte.

Victorine aussi, quand elle serait grande, aurait un cœur. Mais là, non, pas trop, en fait.

Depuis la tribune, où elle s'abritait de ce soleil de printemps déjà haut dans le ciel, debout dans une robe blanche à fine bordure de dentelles, ceinte de la lanière du fourreau de sa trop longue épée, les armes de Mira déposées à ses pieds comme une offrande, Victorine adressa un discret signe de la main au Baron. Elle souriait aimablement. Ses cheveux étaient retenus par un voile noué sur sa nuque, et sur son visage, nul indice d'impatience ne transparaissait. Elle devait être là, en tant qu'objet du duel, en tant que filleule, en tant que petite curieuse qui prenait part à toutes les cérémonies qui regroupaient un peu de foule, mais n'y prenait que peu de plaisir.

D'ailleurs, à quoi Victorine prenait-elle plaisir, à part tenter de comprendre le monde ?

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Miramaz
Cela s'agitait en tribune, faisant tourner la tête de la Rasée curieuse de savoir ce qui se passait, les yeux s'égarèrent sur une silhouette tout de blanc vêtue qui souriait en agitant la main, froncement de sourcils en apercevant la personne visée par ce salut.
Ainsi le Baron était là et aux premières loges en plus, n'avait-il rien de mieux à faire celui-là que de contempler un combat si pitoyable? Elle ne l'appréciait guère -ou du moins voulait s'en convaincre-, et le savoir à quelques pas, à observer leurs moindres gestes la rendait nerveuse.

Aucun autre visage amical pour la rassurer, le Vicomte n'étant même pas parmi les spectateurs, et la mercenaire se retrouvait quelque peu désemparée devant cette foule joyeuse pour l'heure mais qui pouvait vite changer d'humeur. Et si elle achevait trop rapidement l'écuyer? Elle serait huée pour avoir abréger leur divertissement, peut être même que le tenancier viendrait se plaindre du peu de paris récoltés à cause du déséquilibre flagrant de ce duel. Peut-être qu'elle devrait feindre une blessure, laisser l'avantage à son adversaire pendant quelques échanges avant de lui régler son compte en un assaut brutal...

Son esprit tournait à plein régime, cherchant le meilleur moyen de s'attirer la faveur du plaisir sans prendre le risque de se faire mal, une stratégie simple mais efficace commençait à prendre forme quand l'arrivée d'Aymeric la déconcentra. Vu son attitude il avait entendu ses moqueries et ne les avait pas appréciées, avec la chance qu'elle avait il n'en serait que plus déterminé à lui faire regretter cet affront.

Un soupir assorti d'un haussement d'épaules sera la seule réponse adressée au gamin alors qu'il prend place face à elle, elle l'observe détaillant sa tenue, cherchant un point faible qu'elle pourrait exploiter. Si elle est plus musclée que lui grâce aux années d'entraînement, il compense ce désavantage par sa taille, bien que pas très grand il l'est tout de même plus qu'elle, d'une bonne demi-tête. Elle le sait vif, et traître dans ses attaques, la méfiance est de mise elle ne doit surtout pas se laisser surprendre.

Une grimace étire ses traits alors qu'elle cherche l'assentiment du maîtres des lieux pour débuter ce pourquoi ils sont là, le bestiau hoche la tête les hostilités peuvent commencer.

Elle s'approche de quelques pas, ne se trouvant plus qu'à une longueur d'allonge du jeune crétin, poings serrés en protection de son crâne, voutée pour diminuer la surface de chair exposée. Elle expire brusquement et envoie sa senestre vers la trogne de son adversaire, se reculant vivement sans chercher à savoir si elle a fait mouche. Quelques pas hésitants autour de lui, et les paupières se plissent dans l'attente de la riposte, pas de précipitation ce n'est que le début, elle a le temps de lui montrer ce qu'elle vaut..

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Theognis
Les beaux écus brillants trébuchent entre les doigts noueux du vacher limousin, un simple échantillon du contenu de la bourse. S'ensuit un bref conciliabule avec son ami, quelques borborygmes, du patois bien massé sous la langue. Enfin, un sourire mutuel conclut l'affaire entre les deux parieurs, et une franche poignée de mains.

Que le meilleur gagne!

50 écus, c'est une belle somme. Sauf qu'en l'occurrence, toutes les pièces sont fausses. De quoi s'en frotter les maxillaires de satisfaction:
"J'ai roulé ces deux gars comme la Rasée va rouler ce blanc-bec dans la boue de l'arène."
Voilà qui valait bien un sourire amical à la blanche vêtue, Victorine de son prénom, bien trop mignonne dans sa robe à dentelles. Retour sur l'arène, le Théo préférait contempler la Mira belle, ajustée à la mode castagne, les poings grinçants, la mine grimaçante.
Juché sur une palissade en bois, le Déchu attendit le signal. Il ne doutait pas que la Rasée, forte de dix batailles, de vingt châteaux rasés, de trente mairies brûlées, fracasserait son adversaire d'une pichenette nonchalante. Mais il espérait, au fond de lui-même, un peu d'action. Parbleu, il est venu pour se distraire!
Au premier coup de semonce, il applaudit, en connaisseur de gnons.


Bien envoyé! Mais laissez lui le temps de respirer, à ce pauvre gars!
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Aymeric
Son regard suivit celui de son adversaire vers l'arbitre dont l'impartialité était plus que que douteuse. Pendant un instant, Aymeric imagina la mercenaire glisser ses doigts sur le torse velu de l'homme, lui promettant mieux qu'une poignée d'écus si le combat tournait en sa faveur. Il essaya de réprimer une grimace de dégoût à l'idée de voir ces deux débauchés se reproduire à la faveur d'une nuit de pleine lune sur une table. Lorsque le géant poilu leur fit signe de commencer, il reporta son attention sur son adversaire. Il n'y avait plus possibilité de faire marche arrière. C'était lui ou elle. Et comme il n'avait pas envie d'entendre des ricanements dans son dos à chaque fois qu'il sortirait en ville, ce serait forcément elle.

Préparé à ce qu'elle attaque en premier, il commença à se décaler sur le côté pour éviter son poing, mais sa botte, bien trop large pour son pied, manqua de le faire trébucher. Instinctivement, pour éviter de se tordre la cheville, il se redressa, et se prit le coup en pleine face.
Il ne différenciait plus les formes et les couleurs, ni les voix mélangées et ses pensées confuses. Sonné, il laissa ses jambes fléchir, jusqu'à tomber à genou sur le sol. Sentir la terre humide sous ses doigts le ramena dans le monde réel. Les images se reformèrent, telles les couleurs d'une palette qu'on étale sur une toile vierge, floutées par les larmes naissantes au coin de ses yeux. Son adversaire est devant lui, à quelques pas. Elle lui tourne autour comme un chat qui joue avec une souris, mais elle n'attaque pas. Et là, il entend le public qui lui ordonne presque de le laisser se relever. Ils sont pires que des animaux.

Le jeune homme se relève, tanguant au début, puis reprenant peu à peu son équilibre. Il s'essuya d'un geste rageur son nez endolori. Son bras était couvert de sang. Le cartilage nasal craquait lorsqu'il appuyait dessus. Il aurait pu s'arracher le nez tant la douleur semblait lui envahir son crâne, tel un poison.
Son visage n'était plus celui qu'il avait au début, rieur et confiant. Presque enfantin. Ses sourcils froncés soulignés son regard assombri qui ne lâchait plus son adversaire. Ses lèvres, autrefois souriantes, témoignaient de sa mâchoire serrée à l'extrême pour soulager sa migraine. Il n'était plus question d'honneur, de chamailleries ou moqueries. Sous les doigts de la mercenaire, un verrou était tombé. L'innocence ne retenait plus le mauvais côté de l'adolescent, blessé, frustré et capable du pire.

Son corps raidi s'articula pour prendre son élan et foncer sur la Chauve, bondissant en prenant appui sur ses épaules une fois arrivé à son niveau, genou en avant et muscles de la jambe bandés comme s'il s'apprêtait à frapper dans un mur. Il ne chercha même pas à savoir si elle allait essayer de le repousser.
Lorsqu'une souris sait qu'elle n'a pas d'autre échappatoire, elle fait face au chat et le mord de ses dents aiguisées.


edit : fautes
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Arnaut_de_malemort
A nul sacrifice, nul victoire. L'homme est quand même relativement bien foutue, quand il y a excès de bile, on fait une saignée, et pour dans la démesure de sa fureur, on tranche des membres ; l'arène municipale est alors tout à fait indiquer. Les affrontements se faisaient malheureusement rare à Limoges. Arnaut avait bien tenté de défié un ou deux pecnos, mais la peur du châtiment nebisien faisait souvent obstacle à toute concrétisation. Ainsi s'était-il résolu à n'être que simple spectateur.

La joute ne constitue pas la forme de violence la plus pure. L'usage de l'épée ajoute une distance malvenue lorsque le motif du duel se réduit à la vengeance ou à la colère. Arnaut lui, ne souffrant que rarement de ces deux vices, chérissait le maniement des armes courtes et légères. Dans cette belle journée de printemps, les malemort se déplaçaient en famille. Soucieux de l'éducation de son petit frère, Foulques de Malemort aurait également l'occasion de contempler l'affrontement. Ce plaisir est inscrit dans ses gènes, même si à l'époque, ils ignoraient tout de l'existence de l'héritage génomique, le déterminisme n'était qu'une théorie fumeuse...

On ne connaissait pas le nom des spadassins, et pour être franc avec lui-même, on s'en contre-fichait. Tout au plus avait-il droit à un surnom. Le tordu d'la moule, le hachoir, le couillu endiablée, seuls les plus reconnus pouvaient y prétendre. Appréciant les formes des opposants, le grand dit au petit :


- « Tu vois Foulques, dans un combat qui oppose une femme à un homme, la femme n'a que très peu de chance de triompher, même si elle tente vainement de se faire passer pour un homme. »


Le regard du Malemort se tourna à nouveau vers la lice. Lorsqu'un détail supplémentaire lui sauta au yeux, il repris :

- «Voix-tu le crane de celui-ci ? Totalement dégarni. Il est parié qu'on aura tenté de camoufler une rousseur. En effet, les roux, engeances de démon comme je te l'ai expliqué, dissimule leur état. Si tu lui trouves un surnom, je te laisserais le gueuler. Que penses-tu de "la moche" ? »

Dit-il en se tournant vers son petit frère, qui à ce moment là, accaparait totalement son attention. Un amour sincère se dégageait de son regard, une complicité que le Malemort connaissait mal.
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Aurile.
[ Final’ment, l’Adorable Aurible Pestouille arrive a temps]


Les portes du monastère se referme lentement derrière elle, l’entretient avait finalement durée moins d’temps qu’prévue finalement. La jeune fille dévale les marchent d’un pas précipité, ses mains fine s’agrippant aux plis de sa robe pourpre qu’elle a revêtue pour l’occasion de cet entretien, crinière brune qui au fur et a mesure de la cadence de ses pas retombe sur ses épaules pour rejoindre la chute de ses reins et que le chignon qui impeccablement réalisé pour l’occasion ne soit plus qu’un vague souvenir. Le petit nez se retrousse en pensant qu’elle n’a pas le temps de passer a l’auberge pour se changer. Elle n’a finalement pas voulu emporter de bagage.

Et puis…Elle n’a pas oublié juste avant son bref départ ce que lui avait annoncé Aymeric. Le nom de Mira avait claqué, instinctivement sa main avait plongé dans son corset pour en sortir la lettre reçue le matin même…Mira… Les paupières c’étaient refermé pour voiler le regard bleuté qui c’était troublé brièvement, finalement elle avait beau dire qu’elle ne voulait plus lui accorder d’importance après c’qu’elle lui avait fait, finalement, elle découvrait qu’il en était peut être le contraire…


L’ouïe se tend pour qu’elle oriente ses pas dans ce village qu’elle connait peu, le regard bleuté observe au fur et a mesure de son avancée le moindre signe qui pourrait l’aider a se rendre plus vite sur les lieux du combat. Les bottes ferrées claquent sur les pavés de la capitale Limousine, sous une robe Tss qu’elle classe. Un coup balancé dans la pauvre pierre qui passe par là pis un autre qui va atterrir sur l’pauvre clep’s qui r’nifle derrière les cuisines de fortune d’la taverne du coin… Et la voilà qui découvre enfin un rassemblement dont les cris lui confirme qu’elle les a trouvé.



Hé bien moi, je parie 50 écus sur Miramaz!


L’sourire en coin s’dessine sans apercevoir le visage elle a reconnue l’intonation de la voix. L’index vient effleurer la fine griffure d’sa joue…La foule est dense, regard avisée qui jauge l’endroit pour trouver le meilleur endroit pour les rejoindre et de les voir… Instant d’hésitation, vue son accoutrement du jour, ses connaissances étant plus habitué a la voir apparaitre en garçon manqué. Puis a nouveau les mains saisissent les plis de sa robe pour légèrement les relever et de s’élancer dans la foule.

Brunette de haute stature pour son âge, héritage de son père écossait. Elle joue des coudes, se fait parfois repousser et c’est alors que sa robe pourpre ne va la desservir, elle ne s’annonce et pourtant le passage s’ouvre. Le minois de la brunette se fait souriant et s’incline discrètement parfois pour remercier…Ceci dis le regard espiègle de la jeune fille avise les vestons de ses messieurs au passage pour y deviner lequel a eu l’inconscience d’y cacher une bourse bien rempli … La petite main fine viendra s’y glisser dans le revers, tandis qu’elle effleurera de son buste le dos de l’homme qui rive son regard a son sourire angélique, s’apercevant de rien….tournant la tête a s’en faire un torticolis…


Jouant a nouveau de ses coudes, elle avance, passant audacieusement tel un petit courant d’air devant Théognis, le talon de sa botte venant inopinément se planter sur la pointe du pied du Baron déchu, ignorant si elle lui a fait mal ou non…

La main d’Aurile s’élève pour laisser apercevoir entre ses doigts une bourse lourde et pleine. Son regard se pose alors sur Aymeric et Mira alors qu’elle constate que le combat a déjà belle et bien commencé… Mira qui du coin d’son regard avisé de mercenaire apercevra peut être au creux du corset d’Aurile, la relique qui les lient peut –être encore…



Le double. Sur Aymeric!!


Certains pourraient croire qu’il s’agit de sentiment, pourtant il n’en est rien, il s’agit simplement de faire comprendre a son écuyer que tout acte a ses conséquences. Il défie, il gagne…ceci dis Aurile connait très bien Mira, celle-ci qu’elle perde ou gagne le combat aura déjà eu ce qu’elle voulait… tout comme elle, lorsqu’elle a lut la lettre a son écuyer…
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L'Aurible Pestouille~14 ans~Fibre naturelle d'un kilt et d'une jarretière~~
Miramaz
Des applaudissements, des cris dont elle ne comprend pas les paroles, le premier coup porté a excité la foule à moins que ce ne soit la vue du sang qui s'écoule visqueusement du nez éclaté. Un sourire vient relever le coin des lèvres de la mercenaire, alors qu'elle l'observe se relever, étourdi, le laissant se remettre elle tourne un instant la tête, le regard attiré par une tâche pourpre au bord de la lice. Les yeux se plissent en reconnaissant difficilement la silhouette, mais pas de doute la trogne est bien celle de l'Aurible peste angevine, l'écuyer n'avait donc pas menti, sa maîtresse était dans le coin.

Le regard s'assombrit alors qu'elle dévisage celle qui devait être son apprentie, Aymeric n'avait pas pensé à lui dire qu'elle avait bien changé la p'tite, la voir en robe aussi voyante fait grimacer de plus belle la Rasée. Voilà qui expliquait l'entrée du jeune crétin au service de l' Aurreur, et l'absence de réponse à sa missive, elle avait du renier passé et racines pour se transformer en jolie demoiselle ne faisant plus rien de ces mains. Le regard se fronce un peu plus alors qu'un éclat brillant attire son regard au creux décolleté de la jeune peste, et elle oublie son adversaire, essayant seulement de savoir si ce qu'elle entrevoit est bien l'une des sœurs de la bague vipérine qu'elle porte en dextre, si tel est le cas, tout n'est peut-être pas perdu.

Elle n'aurait pas du quitter son adversaire des yeux, elle se rend compte bien trop et de façon brutale que lui n'a pas été perturbé par l'arrivée de sa maîtresse. Le genou qui la percute juste en dessous de la poitrine, lui arrache un grognement étouffé par ses lèvres closes de force sous la morsure de ses dents, elle ne crie pas ne voulant pas lui laisser le plaisir de deviner sa douleur. L'élan du jeune freluquet les précipite au sol, et son souffle se coupe alors qu'elle heurte durement le sol, dans un nuage de poussière agressive. Il est sur elle, la clouant de son poids alors qu'elle n'a même pas la force de se dégager, reprenant difficilement sa respiration, les yeux clos pour cacher les larmes qui y perlent autant à cause de la douleur que du nuage sableux.

Étalée de tout son long, un souffle rauque la ramène sur terre, chassant la souffrance à chaque inspiration, l'enfermant dans un recoin de son esprit d'où elle se libèrera avec fureur dès la fin du combat. Ne s'avouant pas vaincue, elle tente de replier ses jambes sous lui pour le repousser d'un coup vicieux entre le jambes, mais ses forces la trahissent avant qu'elle n'inflige quoi que ce soit à son adversaire. Un grondement emplit sa gorge alors que ses mains, seule partie de son corps qui lui répond encore, s'approchent du visage qui la surplombe, dextre venant percuter la pommette opposée, y faisant éclore une marque sombre au contact de l'anneau qui l'orne.

Le regard se fait goguenard alors qu'elle referment ses bras autour du cou de son tourmenteur, l'étranglement faiblement pour qu'il s'écarte à la recherche d'air. Tout va bien la vieille maîtrise la situation, dans un instant elle sautera sur pieds et l'achèvera de quelques coups bien sentis, elle voit déjà ses prochains gestes, puissants malgré les élancements qui établissent leur quartiers dans chacun de ses muscles. Encore nauséeuse du coup reçu elle tourne la tête, inclinant sa bouche vers le sol pour rejeter la bile qui envahit sa gorge, mais tout va bien, il suffit juste qu'il se lève et elle le vaincra, croit-elle.

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Victorine
Certains pourraient croire ... et d'ailleurs, Victorine n'a aucun doute là-dessus, c'est la maîtresse d'Aymeric qui apparaît là, toute de rouge vêtue, le rose aux joues de s'être pressée pour apercevoir son amant en lice, et les cheveux en cascade. Cela fait bien longtemps que Vic ne croit plus les hommes quand ils utilisent avec désinvolture le mot "amie". Trois semaines, au moins. Elle sait bien désormais, qu'ils couchent avec.

La pucelle reporte les yeux sur la lice, où aucun combattant n'a besoin d'épée pour verser le sang de l'autre. C'est légèrement dégoûtant, toute cette sueur, mêlée de terre, ces larmes, cette bave. Tout ce que le corps exhale. Pourtant le spectacle la captive, l'excite presque. Ils enragent. Ils en bavent. Donnent tout. Vic saura-t-elle un jour tout donner ?... sûrement pas. Elle les admire pour leur manque de retenue, leur sauvagerie. Elle ne connaissait pas cette nature à Mira et commence à se dire que l'eau qui dort réserve souvent des trésors surprenants.

Pourtant, son visage reste de marbre, quand sa marraine se fait écraser par son adversaire. Rien ne l'a forcée à être là, elle ne va pas la plaindre quand même ! Une légère brise printanière gonfle le tissu de ses jupes immaculées, et lui rapporte les propos cinglants d'un de ses voisins. Victorine tourne lentement la tête vers cette voix qu'il lui semble reconnaître. Bingo. Arnaut l'arriviste. Lequel des deux arrivera le premier ...

La jeune fille se penche vers le dit Foulques, et lui propose aimablement, tout en surveillant Arnaut de Malemort du coin de l'oeil :


Et que diriez-vous de la Vipère. C'est pas mal, la Vipère. Et pour son adversaire, au nez rouge, le Môme. Et votre frère, quel est son nom de lice ? Il n'a pas un sobriquet ?
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Aymeric
A cheval sur la mercenaire, il resserra l'étreinte de ses cuisses sur elle pour ne lui épargner aucune douleur et pour être sûr qu'elle n'inverse pas les positions. Ses mains maintenaient ses épaules plaquées au sol, les doigts crispées sur le cuir. Il était en position de force, son visage au dessus du sien, comme deux amants qui se cachent sous les draps d'une chambre d'auberge, comme un assassin qui admire sa signature sur le cadavre à ses pieds. Un sourire victorieux, presque orgueilleux, étira ses lèvres, tandis qu'il la sentait faible sous lui, soumise. Sa souplesse ne lui était d'aucun secours.

Le regard d'Aymeric se porta sur les tribunes pour la première fois depuis le début du combat. Au milieu de ce triste tableau de gueux braillards camouflant quelques rares nobles en mal d'action, il l'aperçut, son image contrastant avec le reste du monde. Aurile. Il devine son regard bleu sur lui. Il en oublie sa colère, il ressent de la gêne. Elle le surprend dans son rôle de gladiateur se battant au milieu d'un nuage de poussière, lui qui essaie toujours d'être élégant. Elle le voit en sueur, elle le voit en sang, elle le voit essoufflé ; et elle, si belle dans sa robe qui la différencie de tous les autres, comme une rose rouge au milieu des mauvaises herbes. Elle ressemble à une princesse qui a fui ses obligations pour venir voir son preux chevalier combattre. Une princesse qui lance une bourse à un groupe de joueurs invétérés. Elle a parié sur lui, c'est sûr. Elle lui fait donc confiance, assez pour miser sur sa victoire. Il se mord la lèvre à l'idée d'être son champion, à elle, et de porter ses couleurs. Il serait si heureux, si amoureux, qu'il irait jouter contre tous les chevaliers qu'il trouverait, pour qu'elle soit fier de lui, et plus encore.

Les bras de la mercenaire l'extirpent de ses rêveries. Elle essaie de l'étrangler. Il grimace et commence à se débattre pour se libérer, mais son étreinte se fait de plus en plus forte, et ce, malgré qu'elle est à la limite de vomir sur le sol. L'écuyer commence à se relever pour être hors de portée de ses mains, mais que penserait Aurile s'il reculait ? Alors il reste sur elle, expirant d'un coup sec, le sang giclant de son nez pour recouvrir la moitié de la face de son adversaire. Sa main la relâche pour venir racler le sol, resserrant la terre poussiéreuse au creux de sa main. Profitant du fait qu'elle délaisse son cou pour attraper son bras, il resserra son poing de sa main libre et décocha un violent coup de poing sur le crâne rasé. Et pour être sûr de mettre fin au combat, il la refrappa de la même manière, encore et encore. Et encore. Il ne s'arrêta que lorsque ses phalanges se firent douloureuses.

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Miramaz, incarné par Aymeric


[Dans le duel qui vous opposait à Aymeric, vous vous êtes fait poutrer quelque chose de propre. Vous êtes salement amochée, mais Aymeric, dans sa grande mansuétude, vous a laissé la vie sauve.]

Un pluie de gouttelettes carmines vient éclabousser la trogne de la Rasée, du sang étranger sur elle..mais quelle horreur, elle grimace de dégoût et vomit de plus belle, se privant du peu d'énergie qu'il lui reste. Pas le temps de tenter une nouvelle manoeuvre de désarçonnage de son impromptu cavalier, qu'un impact plus douloureux que les précédents la fait tourner de l'oeil, rideau noir, silence dans la salle, merci de regagner les coulisses dans le calme.

Et puis non c'est le rappel, bis, ter et plus encore, les comédiens remontent sur scène, la Rasée ouvre des yeux hagards sous le déluge qui s'abat sur son crâne sans protection. Rien, pas un cheveu pour amortir les chocs, le poing produit un son mat à chaque rencontre avec la peau fine recouvrant l'os, celle-ci finit par éclater sous les chocs, laissant un filet de sang serpenter du front jusqu'au menton, se mêlant à celui d'Aymeric.

Le mélanges des fluides corporels, Mira n'a rien contre... quand ils n'ont pas cette couleur rubis, symbole de la force qui s'échappe. Complètement abrutie par la douleur, incapable d'aligner une pensée et encore moins un ordre pour son corps, elle s'affaisse, le moindre muscle se détendant pour la transformer en chiffe molle. Il n'y a plus que les yeux qui fixent l'écuyer, noisettes assombries par la souffrance qui n'expriment plus rien, si le regard est le puits d'où on peut contempler l'âme, celui de la mercenaire à cet instant laisse à penser qu'elle est morte, esprit envolé bien loin de cet amas de muscles et d'os.

Bien trop de coups pour qu'elle puisse les compter, bien trop de coups pour qu'elle puisse rejoindre les limbes réconfortantes, non elle doit subir, ressentir chaque heurt dans les moindres détails: phalange contre peau, amortissement spongieux, éclatement de l'épiderme, rigole de raisiné, pression qui s'amoindrit avant que tout ne recommence en boucle quasi infinie. Soudain, plus rien, les yeux cillent attendant la suite, sans qu'aucune autre partie du corps ne bouge, mais le calvaire est bel et bien terminé, son adversaire a épuisé ses ressources.

Lorsqu'il l'abandonne, elle trouve juste la force de se recroqueviller sur le côté en position foetale, avant de défaillir tel un animal attendant que la mort l'emporte. Paupières closes, lèvres entrouvertes et barbouillées de bile, visage livide malgré le sang présent jusque dans les moindres interstices, crâne à la peau fendue, aux chairs sanguinolentes, la Rasée a tout du cadavre.. Si ce n'est que sa poitrine se soulève encore très lentement mais régulièrement, la respiration est difficile, la gorge étant à demi obstruée par un mélange de sang, de morve et de poussière, quelques bulles de bave vermeille se forment même au coin de ses lèvres.


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Aymeric
[Vous avez élégamment massacré Miramaz, ce misérable vaurien, en un magnifique combat en 1 contre 1. Vous l'abandonnez, anéanti, geignant, au milieu du pré, pendant que le public acclame votre nom : "Vive aymeric ! Vive aymeric !". Quelle raclée !]

Il finit par se redresser, vidé de son énergie, essoufflé, blessé. Il se relève, pour mieux se laisser tomber sur le sol, le séant dans la poussière. Son regard fatigué balaie la foule. Ils sont agités, pour certains déçus de ce combat trop court, d'autres jubiles de voir du sang, tellement heureux qu'ils en oublient la faim. Il ne les salue pas, ni ne leur accorde plus d'importance que cela. Il ne s'arrête que sur le seul regard qui compte à ses yeux, celui d'Aurile. La colère fond comme neige au soleil, il a gagné, il est fier qu'elle le voit victorieux, même s'il est dans un piteux état. Il lui sourit tendrement.

Un faible soupire attire son attention. Il quitte sa suzeraine du regard pour porter son attention sur la mercenaire à côté de lui. Il l'a mis dans un sale état. Il se mord la lèvre aussi fort que les regrets lui pincent le cœur. Il ne voulait pas lui faire tant de mal. Il est persuadé qu'elle ne méritait pas tous ces coups. Ce qui est fait est fait. Il ne peut que se pencher au dessus d'elle, le regard empli de compassion, et de venir essuyer le sang au coin de ses lèvres, avant de lui caresser, affectif, le duvet de son crâne. C'est doux. Autant que le ton de sa voix lorsqu'il lui murmure :


Pardon...

Peut-être qu'il ne l'entendra pas. Peut-être que si. Il sait qu'elle survivra, elle a vu d'autres. Dans quelques jours, elle cherchera peut-être même à se venger. La violence est un cercle vicieux duquel on ne peut sortir que mort, ou vraiment estropié. Il la regarde une dernière fois. Il la trouverait presque belle ainsi, avec cet air serein sur le visage.

Puis il se relève, s'appuyant sur ses mains boursouflées. Il tangue, se rattrape, se redresse. Il marche vers la robe pourpre, nonchalant. Son genou lui fait mal, mais son salut est dans ses bras. Une caresse lui suffirait pour trouver la force de rentrer avec elle à l'auberge. Pendant tout le trajet, il lui sourit, sans la quitter des yeux. Il serait prêt à revivre cette douloureuse expérience, mais la prochaine fois, il espère porter ses couleurs.

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