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V-Confédération Helvétique / Sion fin Mars 1459

Shirine
[Sion]

Auberge, chambre de Shirine, à la lueur d'une bougie.

Elle vient d'arriver et tourne en rond depuis des heures, incapable de dormir. Sa tête fourmille de pensées, d'interrogations. De ce secret qui la hante depuis presque deux mois. Personne ne sait, non personne, sauf cette vieille femme d'Annecy qui a soigné ses nausées.

Les mains dans le dos, le nez sur ses pieds, elle traverse et retraverse la petite chambre. Sur le bureau, elle a préparé quelques parchemins, une plume et de l'encre, éclairés par une chandelle dégoulinante.

Parfois, elle s'arrête, les observe puis reprend son manège.

Lui dire?

Il a le droit de savoir la vérité. Elle n'a pas le droit de lui mentir. Pourtant, s'il ne pose jamais la question, elle ne calomnierait pas... Sauf que ne rien dire devient une vraie torture, tout garder un vrai poids.

Serrant les poings, elle fonce vers la chaise pour s'y assoir et attrape la plume. Elle la trempe dans l'encrier et s'accorde une pause pour réfléchir et peser ses mots.


Citation:
Glover,

J'espère que tu vas bien. *rature* tout se passe bien pour toi. Je pense beaucoup à toi.

Toutefois, je prends la plume pour une raison bien particulière. J'ai besoin de te dire quelque chose qu'il m'est plus facile de te dire par écrit, en plus, je ne sais pas quand nous nous reverrons et je n'arrive pas à patienter davantage.

Tu te souviens *rature*


Shirine soupire et pousse le parchemin de côté pour en reprendre un vierge et recommencer...
_________________
.
--Glover
Loin, trés loin, trop loin.

Sur de la paille posée à même la terre battue de la petite cabane, l'homme est étendu.

Il trompe son ennui pesant en sculptant un morceau de bois avec son couteau. Il se remet peu à peu de ses dernières blessures Encore un mois à attendre.

Quelle imprudence pense t il... Avoir coupé au plus court - et au plus dangereux - pour rejoindre ses amis.
Il peut mentir à la terre entière. Mais pas à lui-même. S'il était aussi pressé c'était de la retrouver elle. Surtout elle.

Il a cru que la distance effacerait cette dépendance qu'il a commencé à ressentir. Ca a fonctionné pendant quelques jours. Quelques temps pendant lesquels il a eu l'impression que sa silhouette s'éloignait. Qu'elle sortait de sa mémoire.

Et puis soudain cette étreinte rêvée si vraie, si puissante...et depuis sa pensée obsédante.
Il n'arrive pas à la faire sortir de son esprit.

Poussant un soupir il se reprend. Ce n'est qu'une question de temps. Tout disparait avec lui. Il passe, heureusement.

Shirine
Shirine inspire profondément, plume en suspend au dessus du parchemin. Elle se dit qu'il lui faut écrire tout ce qui lui vient, comme ça sans réfléchir. C'est parfois ainsi que l'on écrit le mieux. Ensuite, elle mettra en forme, gardera ce qui lui semble judicieux et supprimera le superflus.

Elle aimerait pouvoir le voir pour lui parler en face. Mais les drames qui bousculent la CH en ce moment les empêche de faire ce que bon leur semble. Le Très Haut et Genève passent avant tout, ils en ont conscience tous deux, et pas un ne s'en offusque. Oui elle sait qu'elle passera toujours après. Et alors? Lui aussi...

La première lettre du premier mot surgit, suivie des autres...


Citation:
Mon cher Glover,

Je ne sais pas m'exprimer. Parce que j'ai peur de m'exprimer... Je ne parle pas de moi, parce que je déteste me dévoiler, sans doute par peur que les informations données ne se retournent contre moi. Peut-être aussi par peur de m'attacher puis de me retrouver seule, ou que l'on me fasse du mal.

Pourtant toi... Toi tu es diff *rature* Toi tu es particulier... Je ne me dévoile pas plus à toi, mais l'envie de le faire me vient souvent. Toi Je ressens quelque chose d'étrange pour toi. Quelque chose que j'ai peur de ressentir que j'ai peur de m'avouer.

Tu comptes tellement... Depuis que tu as quitté Annecy, il n'est pas un jour qui passe sans que tu ne me manques. Je ressens un vide. Je voudrais tellement être auprès de toi. Je voudrais tellement être dans tes bras.


Son poignet s'arrête. Elle relit rapidement et se trouve pathétique... Pourquoi lui écrire ça? C'est trop... trop!

Dans un accès de colère, la rousse chiffonne les deux parchemins et les balance à l'autre bout de la pièce.

_________________
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Shirine
La rousse s'avachit sur sa chaise et fait la moue. Elle jette un coup d'œil au pigeon voyageur emprunté au pigeonnier du village qui attend sagement le courrier qu'il doit porter.

Mmmmh j'aurais p'tètre pas b'soin d'toi ce soir...

Puis elle entre dans une profonde réflexion avant de se lever pour ramasser les lettres entamées. Elle les pose sur le bureau, et tente de les défroisser. Elle les relit encore et encore, mais vraiment, cela ne l'inspire pas. Alors elle hausse les épaules et griffonne quelques mots.

Citation:
Ta blessure va mieux?


Elle sourit, amusée. Puis rassemble les trois parchemins avant de les plier en quatre et les laisse là.

On verra demain!

Elle souffle la bougie et va s'enfoncer sous la couverture pour s'endormir.

Mais le pigeon lui n'avait pas l'intention de dormir. Il avait prévu un voyage cette nuit. Il était hors de question pour lui de passer la nuit sur cette fenêtre à attendre que la demoiselle daigne lui donner du travail. D'un battement d'aile il se pose sur la petite pile de papier, les enferme entre ses pattes et s'en va direction le destinataire...

_________________
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--Glover
Sur son lit de convalescence, Glover se morfont. L’ennui, fils du désoeuvrement, tisse en lui la trame de la mélancolie.

Les jours se suivent, grisatres, et l’appel de la patrie où sont les siens se fait douloureux.

Le regard se perd dans le vague. Puis un son. Un battement d’ailes caractéristique, celui d’un pigeon. Et en écho un battement de cœur qui s’accélère.
Le volatile se pose près de lui. Il l’attrape avec douceur. Un message.

Non, trois.

Glover résiste à la tentation de se jeter avidement dessus. Maintenant il peut jouer avec le désir, remettre à un peu plus tard cette envie dont il est désormais maitre

Il caresse le messager et lui murmure un remerciement. Prend de ses nouvelles. Lui offre quelques graines que l’oiseau picore.
Attendri, l’homme le regarde. Mais il n’y tient plus. Il s’adosse au mur, sous la petite fenêtre qui lui donne la clarté et, étendant le bras, s’empare des papiers.

Ils sont chiffonnés, en mauvais état. Pas même refermés, comme s’ils avaient été donnés au pigeon à la va-vite.

Il déplie le premier billet.


Citation:
Ta blessure va mieux?


Glover devient blème et son cœur marque alors un temps d’arrêt. Une si longue attente crée forcément des espérances. Et la sécheresse de la ligne n’est certainement pas en phase avec celles ci.

La deuxième missive a mal voyagé. Elle semble avoir été roulée en boule, froissée. Il lit et une rougeur monte à son visage.



Citation:
Mon cher Glover,

Je ne sais pas m'exprimer. Parce que j'ai peur de m'exprimer... Je ne parle pas de moi, parce que je déteste me dévoiler, sans doute par peur que les informations données ne se retournent contre moi. Peut-être aussi par peur de m'attacher puis de me retrouver seule, ou que l'on me fasse du mal.

Pourtant toi... Toi tu es diff *rature* Toi tu es particulier... Je ne me dévoile pas plus à toi, mais l'envie de le faire me vient souvent. Toi Je ressens quelque chose d'étrange pour toi. Quelque chose que j'ai peur de ressentir que j'ai peur de m'avouer.

Tu comptes tellement... Depuis que tu as quitté Annecy, il n'est pas un jour qui passe sans que tu ne me manques. Je ressens un vide. Je voudrais tellement être auprès de toi. Je voudrais tellement être dans tes bras.


Les mots qu’il attendait. En vérité bien au delà.
Il la connaît la rousse. La première partie elle n’avait pas à l’écrire. Plusieurs mois de pérégrination commune sans qu’il en sache plus sur elle qu’au premier jour .
Ou si peu, qu'il a deviné en l'observant.

La seconde partie il aurait pu l’écrire lui même. La même impression d’étrangeté quant au ressenti de leur relation. La même peur . La même tentation à la fois de nier ce qu’il éprouve et le besoin de l'exprimer.

Et enfin, ces mots délicieux qu’il lit et relit et gonflent son âme. Tenir Shirine dans ses bras, il donnerait tous les trésors du Pape pour cet instant.
Quelques moments ou les yeux clos il jouit de ce fugace bonheur. Un, sentiment comme il n’en connaît plus depuis des mois. Depuis qu’elle est hors de portée de son regard.

Emu, il déplie tant bien que mal le troisième pli et le déchiffre. Ses sourcils se froncent.



Citation:
Glover,

J'espère que tu vas bien. *rature* tout se passe bien pour toi. Je pense beaucoup à toi.

Toutefois, je prends la plume pour une raison bien particulière. J'ai besoin de te dire quelque chose qu'il m'est plus facile de te dire par écrit, en plus, je ne sais pas quand nous nous reverrons et je n'arrive pas à patienter davantage.

Tu te souviens *rature*


Celui ci est une énigme. Un brouillon certainement, raturé et inachevé, mais pourquoi l’avoir inclus dans l’envoi ?
Et quel en est le sens ? Qu’est ce qu’elle a voulu lui dire ? Qu’elle pense à lui comme elle le dit dans le deuxième message ? Il ne sait pas. Le ton qu’il lui semble deviner lui parait trop préoccupant pour cela.

Il perd son regard au plafond et songe aux zones d’ombre de cette femme.

Mystérieuse Shirine songe t il… Mystère ou mystification ? Ses yeux se posent sur le pigeon. Il doit savoir.

Glover saisit alors son écritoire, qui n’est jamais bien loin et commence à faire crisser la plume. Comment commencer. Comment l’interroger sans la heurter ?

Des tréfonds de son inconscient la question entêtante qu’il n’a jamais reformulé ressurgit. Cette interrogation qui semble être une clé. Qui est Zoé ?
Shirine
[Le lendemain]

C’est aux aurores que Shirine se réveille. Fait rare… elle, plutôt adepte des grasses matinées. Mais ce jour est particulier, et pour des jours comme ceux là, elle sait faire des exceptions. La rousse s’assoit sur le lit et s’étire pour se donner du courage. Elle reste dix bonnes minutes sans bouger à regarder par la fenêtre ouverte le soleil qui se lève, la ville qui s’éveille. Elle sourit furtivement en songeant à l’arrivée du printemps et des beaux jours.

Puis dans un élan de motivation, elle fait quelques pas vers le broc d’eau sur le vieux meuble faisant office de coiffeuse et s’asperge le visage. La fraicheur du liquide achève de la réveiller, et elle se retourne pour s’habiller. Simplement, un peu comme d’habitude : ses braies, sa chemise, qui mériterait quand même qu’on la remplace vu son vécu…, et ses bottes. Tenue somme toute assez légère, la rousse n’aime pas s’embarrasser de superflus. Elle passe sa ceinture et le fourreau de son épée autour de la taille, les fixant efficacement d’un nœud puis passe une main dans ses cheveux pour toute coiffure.

Quoique, l’envie soudaine de s’attacher les cheveux lui prend. Elle attrape sa tignasse sur le coté et la natte grossièrement avant de s’observer dans le miroir. Malgré sa tenue peu féminine, le style négligé lui donne un certain charme, aidé par sa peau claire, ses yeux émeraude et son minois parsemé de taches de rousseur…

Elle glisse son poignard familial dans sa botte, sa sica à sa hanche droite et l’épée à celle de gauche. Parmi ses armes, il lui est inconcevable de sortir sans les deux premières, et la dernière est obligatoire pour combattre les ennemis qui l’attendent. Manque plus que le bouclier qu’elle accroche dans le dos pour plus de praticité et quitte la pièce, ne songeant plus le moins du monde aux écrits qu’elle avait laissé la veille sur le bureau…

_________________
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--Glover
Les yeux semblent fixer un point imaginaire. La lèvre infèrieure mordillée montre la perplexité de Glover. Il assemble son courage.

Puis, d'une écriture appliquée, il commence :


Citation:
Shirine,

...Pffff... trop sec!

Citation:
Ma chère Shirine,

Il écrirait à, sa tante, il n'emploierai pas une autre formule. Glover ferme les yeux et inspire fortement. Il doit laisser parler son coeur. Et pourtant, il ne doit pas effrayer l'oiseau délicat à qui il écrit.

Pas plus que lui même d'ailleurs. Il relit les messages de la jeune femme. Elle n'a pas hésité, elle.

Il inspire de nouveau puis prend un autre feuillet


Citation:
Shirine, ma pensée,

Je te remercie d'avoir pris de mes nouvelles. Je vais bien mieux, même si la marche m'est encore difficile.
Je pense que je devrais être rétabli d'ici une quinzaine de jour.


Jusqu'ici tout va bien. Mais il va bien falloir entrer dans le vif du sujet

Citation:
Le temps me parait long et la monotonie est ma seule compagne.
Shirine, tes lettres ont été un puissant réconfort pour moi.


Désormais sa plume court sur le papier, comme liberée.

Citation:
Plus que cela même, tes mots ont ouvert en moi une porte que je croyais à jamais close.
Tu me manques, plus que je n'aurais pu l'imaginer. Moi aussi je pense à toi, sans trêve, et ton éloignement m'est une douleur que je supporte bien moins que mes blessures.

Je crois qu'il va être temps, lorsque nous nous reverrons enfin d'avoir une discussion toi et moi. A coeur ouvert.
Si je l'ose, si tu le peux.

Cette inquiétude, cette impression d'étrangeté, cet espoir impalpable aussi je les partage.
Je souhaite enfin savoir ce qui nous lie. Quel nom nous devons mettre sur l'attirance réciproque que nos âmes éprouvent.

Je comprends ta réticence. Ta crainte de souffrir.
J'ai moi même des cicatrices que le soleil ne saurait guerir. Et pourtant je ne les sentais plus entre tes bras.

Shirine, je sais que tu as des blessures. Je le sais. Même si nous n'en avons jamais parlé.
Sans doute est ce ce que tu veux me dire dans ton troisième message, celui que tu as laissé inachevé.

Sache que je ne te jugerai pas, quelque indicible son qui sorte de tes lèvres.

Je les embrasse d'ailleurs. Je t'attends, je t'espère.

Glover
Si lointain et si proche de toi


A bout de souffle, la gorge sèche, il a le feu aux joues. Sans relire - surtout pas, sous peine de ne pas la faire partir - il cachète la lettre et d'une main fébrile attrape le pigeon.

Il le regarde s'envoler. Alea jacta est.

Il peut penser désormais, c'est fait. Pour une fois, il n'aura pas, resisté à ses désirs. Peut être ne mourra t il pas de les avoir épuisés.

Songeur, il s'en retourne à son tas de paille. Ses yeux se ferment sur un rêve de chevelure flamboyante.
Shirine
Le soir, Shirine rentre tard après une journée de mobilisation peu productive. Pas de combat, seulement un inventaire des armes, de la santé de chacun, l’écoute de directives et une attente… Une attente d’action qui n’est pas venue. Sans doute demain…

La rousse se débarrasse de son bouclier et de ses armes puis défait sa tresse et secoue ses cheveux. Elle souffle lasse ne songeant qu’à son lit. Elle s’y assoit et son regard est attiré par le pigeon sur le rebord de la fenêtre qu’elle n’avait toujours pas fermée depuis la veille.


J’t’avais oublié toi…

Elle est un peu étonnée qu’il soit resté ici et ne soit pas retourné au pigeonnier. Elle sent que quelque chose cloche et se lève pour s’approcher du volatile. Un message est accroché à sa patte. La rousse hausse les sourcils et tend la main pour le défaire, le déplier et le lire.

Dès la première ligne, elle sait qui lui écrit. A la seconde, elle stoppe sa lecture et ses yeux se posent sur la table, où elle n’aperçoit que des parchemins vierges. Ses yeux s’agrandissent de terreur à l’idée qu’ils aient tous pu atterrir entre les mains de Glover. Elle se baisse et regarde sous le bureau, sous le lit et les autres meubles : rien.


Bordel, c’est pas vrai !

Elle tente de se souvenir de ce qu’elle a écrit, mais c’est vague. Tout ce qu’elle sait, c’est que ses mots étaient trop précoces pour être mis à la connaissance du Sicaire…

Comme un énorme poids qui s’abat sur elle, Shirine s’assoit sur le lit et reprend sa lecture.


« […] tes lettres ont été un puissant réconfort pour moi. »

Le début de la fin. Comme elle le craignait, il s’emballe. Au fond, elle sait bien qu’il n’attendait que cette ouverture…

« […] tes mots ont ouvert en moi une porte que je croyais à jamais close. »

Elle n’aurait pas dit mieux. C’était tellement prévisible… Shirine devient blême et hésite à lire la suite, qui la fera très certainement fuir. Mais la curiosité est un défaut très présent parmi les nombreux dont elle est dotée.

Les quelques phrases suivantes lui arrachent un demi sourire. Au-delà de la mièvrerie, il y a quelque chose de plaisant à susciter autant d’intérêt pour quelqu’un.


« Je crois qu'il va être temps, lorsque nous nous reverrons enfin d'avoir une discussion toi et moi. A cœur ouvert. »

Elle se redresse et son cœur s’accélère. Il risque d’attendre, elle n’a pas l’intention de l’avoir cette discussion, il pourrait ne pas apprécier ce qu’elle dirait. Elle songe à Jacquot, qui a voulu aussi cette discussion à cœur ouvert et qu’il a regretté. Au point de disparaitre sans plus jamais lui donner de nouvelles… Si elle pouvait ne pas revivre cette déchirure, elle n’hésiterait pas.

La Sicaire lit la suite. Son cœur s’emballe de plus en plus et elle se sent mal à l’aise. Elle passe une main dans ses cheveux et soupire de désespoir. Qu’a-t-elle engendré ? Mais qu’a-t-elle engendré ? Elle voit la catastrophe arriver et ne sait que faire pour l’arrêter. Il a sauté sur l’occasion et il n’en restera pas là… Arrivée au bout, elle dépose la lettre près d’elle tremblante et se prend la tête entre les mains. Tout ce qu’elle a écrit, elle le pense, au plus profond d’elle-même c’est ce qu’elle ressent. Seulement, ce qu’il ne peut pas comprendre c’est qu’elle n’est pas prête. Pas prête à le lui dire, pas prête à le vivre, pas prête à supporter toutes les concessions que cela implique.

Elle se lève. Elle doit lui répondre, tout de suite, cela ne peut attendre. Elle y passera la nuit s’il le faut car la réponse ne sera pas simple à rédiger. Il va lui falloir peser ses mots. Elle s’installe confortablement, la chandelle tout près d’elle et commence.


Citation:
Mon cher ami, et bien plus,

Tes mots sont touchants et tu manie bien la plume. Je suis toujours heureuse de te lire.

Sache que les lettres que tu as reçues n’auraient jamais du t’être envoyées et qu’elles n’étaient que des brouillons écrit à la va vite. Tu ne dois pas prendre cas de tout ce que tu as pu y lire, j’en suis navrée.

Mon cher Glover je ne veux pas te perdre, ne sois pas déçu de cette lettre, si différente des trois premières… Nous n’avons pas des vies faciles, entièrement vouées au Très Haut, et rien ne doit nous détourner de Lui.

Nous parlerons dès que nous nous reverrons, en attendant prend bien soin de toi,

Shirine,

PS : quel âge as-tu ?


L’aurore fait son apparition et Shirine plie enfin la lettre qu’elle a recommencée des dizaines de fois. Elle la confie au pigeon qui s’envole sans attendre. Elle se lève. Il est temps de se préparer pour une autre journée dans l’armée de Cendres…
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--Glover
Le jour succède au jour. Longuement, car le temps est compté. Glover a épié les cieux, non pour les anges qui ne luisent pas la haut, mais dans l'attente du volatile.

Le trait d'union de deux êtres dont il ne sait définir exactement ce qui les joint.

Enfin un point approche, après des centaines d'autres qu'il a déjà scruté. Mais c'est le bon.

Il se pose près de lui. Fébrilement l'homme se saisit de l'oiseau et lui enlève la missive.
Avec délicatesse, malgré son impatience. Toutes ces nuits à imaginer ce moment. Et c'est le moment.

Les yeux lisent. Quelques lignes. Quand il a fini, les traits sont figés et un leger rictus tire ses lèvres sur le coté droit.

Il le savait, peut être parce qu'il n'attendait rien de bon. Un malentendu, il ne s'agissait que de cela.

Et il se maudit. De n'avoir pas su exprimer avec exactitude ce qui souffle dans son coeur.
Doit il répondre? Il n'en a pas vraiment envie. Et pourtant il le doit. Il ne veut pas fuir une fois de plus, ni renoncer. Prenant la plume, d'une traite, sans aucune hésitation, Glover trace les lignes.


Citation:
Shirine,

Ma plus qu'amie.

Je ne pourrais faire, tu ne pourras faire, comme si ces lettres n'avaient jamais existé. Comme si tu ne les avais pas écrites.

Pour l'instant tu as raison, la guerre domine tout. Cette fournaise dans laquelle nous entrons pour la gloire du trés haut.
Si celui ci nous prête vie à l'issue des combats, il faudra que nous ayons cette discussion dont je t'ai parlé.

Je suis un soldat, n'attends donc pas de beaux discours. Ce que je t'ai envoyé la dernière fois est ce que je peux faire de mieux. Ou de pire.

Ce que nous nous dirons de vive voix, me ressemblera plus. Si jamais je me suis trompé sur toi, si les mots que je dirai ne sont pas ceux que peut entendre celle avec qui j'ai tant cheminé, alors je disparaitrai de ta vue.

Deos puisse te garder.

Glover


Il attrape de nouveau le compagnon ailé et l'envoie porter la lettre. Dans ses yeux une froide détermination.
Shirine
Comme la veille, une bonne nuit de sommeil en moins, Shirine se prépare pour sortir. Armée jusqu’aux dents, elle quitte sa chambre et descend les escaliers. En plein milieu, elle s’arrête et grimace, posant une main sur le bas de son estomac. Une douleur fulgurante lui vrille le ventre et s’intensifie. Elle se plie en deux, les larmes aux yeux et manque de s’évanouir. Elle sent des mains qui la retiennent et des voix, au loin. Mais la douleur est telle que ses yeux se voilent et ses oreilles se bouchent…

Elle va mourir… ? Encore… ?




[In my dreams]

Promets-moi de te tenir désormais, je ne supporte pas de te voir recevoir des coups de fouet ainsi. Je sais que tu es jeune et qu’il t’est difficile de tenir en place… Mais tu peux t’amuser comme les enfants de ton âge sans pour autant faire de bêtises !

Les mots qu’elle tente de me dire se veulent apaisant. Cela part d’une bonne intention mais n’a aucun effet. Je n’en sanglote pas moins sur mon oreiller et sursaute chaque fois qu’elle me touche.

Tu aurais du t’y attendre Shirine… Pourquoi tu continues à désobéir… ?

Je serre les dents et renifle bruyamment. La question ne souffre aucune réponse. Elle ne peut pas comprendre. J’ai envie d’hurler que je ne supporte pas ma vie ici, que je ne suis qu’une fille de catin et que j’envie n’importe qu’elle autre vie qui n’est pas la mienne. Mais je me tais. Pour une fois…

Sarah pose une fois de plus son linge humide sur mon dos et je gémis de douleur. L’alcool brule mes blessures ouvertes et j’ai l’impression que l’on a versé des braises ardentes de mes omoplates jusqu’à mes fesses.

J’ai l’envie soudaine de me redresser et de lui faire bouffer mon oreiller…




[Bienvenue dans ma réalité]

C’est le chant des oiseaux qui réveille la rousse. Réveil somme toute agréable d’autant plus qu’elle se sent allongée dans un lit douillet, correctement emmitouflée dans une couverture. Elle sourit et soupire d’aise avant d’ouvrir les yeux sur une vieille femme, assise dans un fauteuil face à elle. Son sourire s’agrandit lorsqu’elle la reconnait.

Que fais-tu là ?

La femme plisse les yeux imperceptiblement, vu le nombre de rides déjà présentes.

C’est toi qui m’avais demandée… Je suis venue pour ton bébé.

Le cœur de Shirine se soulève, puis elle se redresse d’un bond.

Oui ! Où est-il ?

Elle parcoure la pièce des yeux et ses émeraudes s’arrêtent sur un petit corps de l’autre côté du lit. Une grande émotion l’envahit et ses yeux s’emplissent de larmes. L’enfant dort paisiblement. Elle ne veut pas le réveiller mais ne peut s’empêcher de tendre les mains pour le prendre dans ses bras et le serrer contre elle.

Qu’est-ce que tu fais… ?

La Sicaire ne peut détacher ses yeux de l’enfant.

Oui je sais, je devrais le laisser en paix… Mais il est si beau… Mon fils… Mon Kylian…
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--Brunehault
Brunehault, vieille femme minuscule, ridée à l'excès, les yeux vitreux, de longs cheveux de neige cascadant sur ses épaules voutées, s'inquiétait beaucoup de l'état de la jeune fille. D’autant plus qu’elle s’était attachée à elle depuis leur première rencontre, lorsqu'elle était venue la consulter pour ses nausées. Elle avait vu en elle tellement de détresse et de peur lorsqu’elle lui avait annoncé sa grossesse… Elle était jeune, intrépide et très spontanée, ce qui contrastait grandement avec son propre caractère.

Tenant sa promesse d’aller visiter la jeune fille au terme de son troisième mois si elle n’était pas loin, elle avait pris la route deux jours auparavant, accompagnée de son fils et était arrivée au petit matin. Juste à temps. La rouquine agonisait dans son lit, hurlant dès qu’on tentait de la toucher. La vieille en avait eu les tripes toutes retournées! Elle avait fini par se calmer en fin d’après-midi pour dormir paisiblement. Brunehault l’avait veillée toute la nuit, piquant du nez de temps à autre… L’était plus de prime jeunesse !

Un sentiment de soulagement et à la fois d’inquiétude l’envahit lorsque la petite ouvrit les yeux, sourire aux lèvres. Cela voulait dire qu’elle ne souffrait plus, mais qu’elle n’avait pas conscience de ce qui lui était arrivé.


Que fais-tu là ?

S’éveiller d’une nuit d’une douzaine d’heures pouvait vous demander du temps avant de se reconnecter totalement avec la réalité.

C’est toi qui m’avais demandée… Je suis venue pour ton bébé.

Oui ! Où est-il ?

La vieille femme ouvrit la bouche, cherchant ses mots pour une telle mauvaise nouvelle.

Puis ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’elle vit Shirine attraper délicatement sa cape et la serrer contre elle, comme un enfant…


Qu’est-ce que tu fais… ?

Oui je sais, je devrais le laisser en paix… Mais il est si beau… Mon fils… Mon Kylian…

Elle avait peine à croire ce qu’elle voyait. Pourtant, la guérisseuse connaissait ce regard, ces gestes, cette attitude... Un tel choc pouvait déclencher chez certains un dénie total de la réalité, et provoquer des hallucinations.

Elle su à cette seconde qu'elle ne pourrait rien faire. Les rares cas qu'elle avait vus ne s'en étaient sortis que grâce à des proches patients qui n'avaient eu de cesse d'expliquer encore et encore la situation réelle. Une longue lutte s'annonçait...

C'est ce moment que choisi un pigeon pour faire irruption dans la chambre. La rouquine, trop obnubilée par son bébé imaginaire ne remarqua rien. La vieille détacha alors le message pour le lire. Elle ne comprit pas tout, et de toute façon, cela ne la concernait pas, mais vit là un moyen d’aider la demoiselle, assurer ses arrières, car elle ne pourrait pas éternellement rester auprès d’elle. Un parchemin et de l’encre trainaient sur la table. Jetant un coup d’œil de temps à autre à la « malade », elle écrivit :


Citation:
Au dénommé Glover,

Je me suis permis d’intercepté votre lètre. Chirine n’est maleureusement pas en état de répondre. Daprès vos mot, je dédui que vous etes proche de cète demoiselle. Je vous demande alors de l’aide car je ne connais aucun membre de sa famille, ne sais mème pas si elle en a une dailleurs. La petite vient de perdre son bébé et semble un peu perturbé. J’ai besoin de quelqu’un qu’elle connait bien pour l’aider a guérir.

Espérant votre aide, ou que vous me direz qui contacté.

Brunehault


La lettre était bourrée de fautes et l'écriture tremblante. La vieille n’avait appris à lire et écrire que le strict nécessaire pour sa tache de soigneuse. Ce n’était pas une érudite…

L’oiseau envolé, elle reporta son attention sur Shirine qui continuait de câliner une chimère…
--Glover
Le feu crépitant répand sa chaleur et fait danser des ombres sur le visage de Glover, qui apprécie le moment dans la fraicheur du soir qui arrive.

Il va bien mieux, physiquement du moins. Son âme est pourtant le jouet de bien des tourments. Quoi qu'il en pense, bien qu'il veuille se convaincre du contraire, ses pensées se tournent encore de l'autre coté des hautes montagnes.

Le dialogue muet avec l'absente se poursuit. Paroles de colère, mots pleins de douceur, rupture et réconciliation se succèdent dans ces discussions qu'il mène seul au nom de deux personnes.

Sa rêverie pleine de fantomes est interrompue par l'arrivée de l'oiseau, le fidèle messager qui le relie à son destin. Selon le rituel désormais établi, il commence par nourrir l'animal.

Puis il prend le message, et dans une impatience contenue l'ouvre et le lit. Premier choc, ce n'est pas l'écriture de Shirine. Pas celle du Capitaine non plus.

C'est une écriture tremblée, qu'il a du mal au premier abord à déchiffrer. Sa gorge se serre : Shirine va mal.
Il continue la lecture, péniblement, jusqu'à une phrase qu'il décrypte sans comprendre.



Citation:
...La petite vient de perdre son bébé...


Des vertiges s'emparent de lui et il doit prendre appui pour ne pas choir. Shirine? Un bébé? Qu'est ce que c'est que cette histoire?

Perturbé, il finit sa lecture. Le visage livide, il réflechit à toute vitesse. Etrangement, aussi incroyable soit la nouvelle, il ne la remet pas en doute. La seule chose dont il ne soit pas certain, c'est de sa raison à lui. Devient il fou?

Il attrape une fois de plus son écritoire et rédige une missive.

Citation:
Dame Brunehaut,

J'ignore totalement les faits que vous me relatez. Jusqu'à ces jours derniers, Shirine m'écrivait et semblait aller bien.

Pouvez vous m'en dire plus? Je vous avoue que votre lettre a jeté l'épouvante dans mon coeur.

Je ne sais pas si des personnes proches peuvent vous aider, encore que n'importe quel réformé le fera.
Je me met en marche dès demain, mais blessé, les routes pleines de soldats prets à égorger le voyageur, je ne pourrai être là avant une dizaine de jours au mieux.

Pouvez vous vous occuper de Shirine? Je n'ai pas de biens, mais je serais votre obligé et vous dédomagerais généreusement de votre peine.
Vous me direz dans quelle mesure je puis vous aider.

Glover


Il relit la lettre. Elle est désordonnée, écrite sous le coup de l'émotion. Il y a des choses qu'il n'aurait pas du dire. Ou pas comme ça. mais il n'y a pas de temps à perdre.

Et le pigeon prend le chemin du retour
--Brunehault
Les jours lui semblaient très long... Gérer une fille totalement dans son monde, obnubilée par un bébé imaginaire, qui ne quittait pas son lit et ne mangeait presque pas... La vieille avait mal au cœur de la voir ainsi. Elle ne s’était même pas changée depuis le jour de la fausse couche et continuait à porter sa chemise sale et ses braies tachées d'un sang devenu noir avec le temps.

Elle avait essayé, avec douceur, de lui expliquer qu’elle se fourvoyait, qu’elle excluait la réalité car trop douloureuse, mais comme prévu, elle n’avait eu aucun succès. Alors Brunehault restait là, assise sur sa chaise à attendre, à regarder, désespérée, impuissante.

La vieille avait espérée une bonne nouvelle à sa lettre. La réponse de l’homme restait encourageante, il ne refusait pas totalement son aide. Il la reportait… Elle ne pouvait pas non plus en demander trop. Et puis en tant que guérisseuse, sa conscience lui interdisait de quitter le chevet de la petite avant de s’assurer qu’elle ne serait plus seule.

Un peu frustrée de devoir répondre, s’apercevant qu’elle n’avait même pas orthographié le prénom de sa patiente correctement, elle s’y attela tout de même :


Sieur Glover,

Shirine est venu me voir ya deu moi parce qu’elle ne se sentai pa bien. Je me sui aperçu qu’elle attendai un bébé. Elle avai lère de savoir qui étai le père mai je n’en sai pa plus.

J’aime bien Shirine et je ne sui pas embété de m’occupé d’elle. Je pense seulemen qu’elle a besoin de la présence d’un proche. Je ne vou demanderè rien. J’attendrai votre venu.

Brunehault


Le pigeon repartit dans l’autre sens. Une fois de plus, et la vieille reprit son attente, interminable…
--Glover
Cela faisait déjà plusieurs jours qu'il cheminait. Parti malgré sa blessure qui le faisait toujours souffrir, il avançait à marches forcées, ne s'arretant que pour dormir trois ou quatre heures.

Puis il reprenait sa route.

De sombres pensées roulaient sous son crâne, partant dans tous les sens et ne le laissant jamais en repos.

Le col dont l'ascension l'avait épuisé était désormais derrière lui. Abruti de fatigue, il avisa un rocher en plein soleil, non recouvert par la neige.
Celle ci était encore trés présente, bien qu'elle commença à fondre, rendant la progression pénible.

Glover mangea un morceau de pain rassis et but une rasade de vin. Pendant qu'il machait, il contemplait Grandson. Il y serait le lendemain et y resterait un jour entier pour reprendre des forces. Combattant helvète, il savait qu'il n'aurait plus à se cacher dans cette ville amie.

Le pigeon était toujours avec lui. pour la dernière fois il allait employer le fidèle messager. Déroulant son écritoire, il commença.


Citation:
Dame Brunehaut,

Dès que j'ai reçu votre courrier je me suis mis en marche. Je n'ai pas pu prendre le chemin le plus court car il était infesté d'armées ennemies et trop dangereux.

Je vous remercie de prendre soin de Shirine. Mais vous ne m'avez pas dit ce qu'elle avait. J'imagine que celà doit être grave puisqu'elle ne peut m'écrire et que vous devez vous occuper d'elle.

Ses jours sont ils en danger? Je vous prie de ne rien me cacher et d'être sincère.

Je vous remercie d'être à ses cotés.

Le pigeon ne pourra désormais plus me joindre puisque je suis en marche. Ecrivez au relais de poste de Grandson au nom de Glover, et indiquez moi précisement ou je pourrai vous retrouver.

Encore merci et prenez soin de Shirine

Glover


Il avait essayé d'écrire le plus simplement possible, sa correspondante paraissant peu lettrée.

Le pigeon s'envola une dernière fois, le courrier attaché à la patte. 2puisé, Glover se cacha le visage entre les mains. Que se passait il? Pourquoi les choses n'étaient elles pas simples?

Shirine était un mystère qui s'épaississait au fur et à mesure qu'il entrait dans sa vie.

Et ce bébé... Il n'osait y penser. Qui était le père? Elle était libre et avait pu avoir une liaison à tout moment. C'était possible.
Mais il pouvait aussi être le père. Et celà c'était probable.
Shirine
Shirine est assise sur le rebord de la fenêtre de sa chambre et observe le village, innondé de soleil. Elle sourit, ses mains fines posées sur ses cuisses. Elle se sent bien. Le bout de ses doigts tripote doucement le tissu de sa robe bleue. Depuis plusieurs jours elle se sent femme, apaisée, sereine. Depuis l'arrivée de son fils, le temps semble avoir suspendu son envol et plus rien ne la soucie.

Elle tourne la tête vers son lit, là ou dors paisiblement le bébé, comme pour s'assurer que son apaisement est réel. Elle se lève, s'en approche et tend la main. Puis elle se reprend et décide de le laisser.


Shirine tu devrais sortir un peu. Cela te ferait du bien...

Elle se tourne vers la vieille femme qui ne la quitte plus depuis son accouchement.

Non.

Impassible, elle croise les bras et toise Brunehault du regard.

Je n'en ai pas besoin.

Elle ne veut se consacrer qu'à ce petit-être, sa vie, cette part d'elle même. Le perdre lui serait inconcevable et elle ne veut pas le perdre de vue une seule minute.
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