Afficher le menu
Information and comments (3)

Info:
Unfortunately no additional information has been added for this RP.

[RP] Jouvencelle et latinier

Matalena
L'action se déroule en parrallèle du RP "Ooooh oui ! Sculpte mon corps !" sur la même zone.



Cela devait bien faire une dizaine de minutes que la réformé se tenait là, immobile comme une statue de pierre, assise sur une chaise à l'inconfort notable face à la Blanc-Combaz aux cheveux noir de jais. Il régnait dans la pièce un silence d'une notable perfection et, à défaut d'anges, on aurait pu entendre les démons voler. La jeune fille détourna un instant la tête pour observer le décor de la chambre, cherchant un objet à plus agréable à contempler que la tronche d'enterrement qui la fixait de ses yeux sans reflets. Très propre, la chambre était de ces pièces à la location élevée et au confort strict qui préfèrent favoriser l'impeccabilité de l'hygiène au luxe tapageur. Un sac fermé était déposé dans un coin, contenant les affaires de la femme soigneusement rangées, et les draps impeccablement pliés laissaient à penser que nul n'avait jamais dormit dans le lit. Bref, rien de très réjouissant, une surface lisse qui ne laissait rien transparaitre qui ne soit pas désiré, à l'image de sa tortionnaire.
Celle-ci finit par se lever, lui faisant signe de ne pas bouger, et fit quelques pas dans la pièce, les mains croisées dans le dos.


Bien jeune fille... J'espère que vous avez eu suffisamment de temps pour concevoir la correction que doit probablement être en train de ramasser votre collègue. Il est important que vous preniez conscience du fait que chacune de vos décisions n'implique jamais de conséquences que pour votre seule personne.

C'est ce qu'on appel le sens des responsabilités, sans doute. Posant ses mains sur le dossier de la chaise qu'elle venait de quitter, la femme fixa un moment la gamine, comme à la recherche d'un je ne sais quoi sur son visage d'enfant souillé de traces de larmes séchées.

J'imagine que vous avez vos raisons de défier ainsi l'autorité de Sa Grandeur de Saint Just. Sachez cependant que vous serez la seule à pâtir de vos choix dérisoires.
Vous êtes parvenue à un âge où l'on construit son identité de femme, et où le ridicule peut vous marquer au fer des traces de la honte jusqu'au jugement dernier.


Elle se détourna un instant pour saisir une bouteille et un verre avantageusement déposés sur une commode, servit un vin rouge léger, et le lui tendit avant de reprendre sa position initiale.

Sans doute songez-vous que je suis bien mauvaise juge des choses des femmes, étant moi-même si peu soucieuse de cet aspect de ma vie, et vous auriez entièrement raison. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de moi. Ces sentiments d'infériorité et d'impuissance qui vous habitent vous rongent. Il faut que vous repreniez les rênes, et immédiatement, il n'est plus temps pour les enfantillages.
Que vous les appréciez ou non, il est autour de vous des gens qui se soucient de votre avenir, et sont aptes à vous enseigner les armes pour y faire face avec brio.


D'un claquement de doigt, elle désigna un paravent qui dissimulait une petite table de toilette, un broc d'eau, et une serviette fonctionnelle quoiqu'un peu rêche.

Je vous laisse vous débarbouiller et vous rhabiller. Lorsque vous serez propre, vous aurez le droit de répondre, et je serai là pour écouter ce que vous aurez à dire.

Lui tournant le dos, la pasteur revêche alla s'accouder au chambranle de la fenêtre, fixant l'extérieur, laissant comprendre à son interlocutrice qu'elle ne bougerait pas d'un iota ni ne prononcerait un mot de plus tant que ses instructions ne seraient pas respectées.
Griotte
La torture par le silence, tel était le châtiment que la réformée réservait à la bâtarde en perdition. Elle s'était attendue à des réprimandes ou à une leçon de moral, mais celles-ci tardaient à venir. Les lèvres closent de la Ladivèze faisaient ployer les épaules de la gamine sous le poids de la honte et de la culpabilité. Les minutes s'éternisaient, comme si le temps lui-même se refusait à s'égrainer pour obliger la fautive à ressasser la tournure désastreuse qu'avait pris la soirée et les conséquences malheureuses qu'engendrerait sa conduite provocatrice et puérile. A l'heure où elle se retrouvait face à elle-même, le Vaisneau devait se prendre une déculottée dont il se souviendrait pendant longtemps. Dans son malheur, Griotte s'en sortait bien mieux que lui, ce qui la faisait se sentir coupable d'avantage encore.

Après un temps qui lui parut interminablement long, la Ladivèze se décida enfin à briser le silence. La Blanc-Combaz en éprouva presque du soulagement. Les yeux rivés sur les rainures du plancher, elle essuya la remontrance sans chercher à s'élever contre les paroles pleines de sens. Elles étaient lourdes d'une vérité que Griotte se refusait à entendre. Ses enfantillages et son air provocateur dissimulaient un sentiment d'infériorité et un manque de confiance en elle. Elle avait besoin d'attirer l'attention des gens, pour se rassurer et se prouver à elle-même qu'elle n'était pas qu'une bâtarde insignifiante, celle que le Balbuzard avait recueilli sous son aile par simple sentiment d'obligation. Elle n'était pas non plus cette gamine si faible, qui s'était laissé souiller par une brute épaisse. Non, elle ne voulait pas être cette gamine là. Elle était mal dans sa peau.

Lorsque le silence retomba à nouveau, la môme resta un instant prostrée sur sa chaise avant de détacher son regard du sol. Lentement, elle se leva en resserrant autour d'elle la cape de la tisserande qui recouvrait sa nudité partielle. Elle se dirigea vers le paravent derrière lequel elle fit une toilette rapide avant d'enfiler les vêtements que Matalena avait préparé pour elle. Ayant enfin retrouvé une tenue correcte, elle respira un grand coup et quitta le confinement de son abri pour faire face à la pasteur réformée, toujours accoudée à la fenêtre.


Merci pour les vêtements...

La prise de parole est gauche et la voix hésitante. La môme ne savait pas quoi dire.
Elle se gratta le haut de la nuque, d'un air gêné.


Vous avez raison sur toute la ligne. Il n'y a pas de mots pour justifier notre conduite. Elle était irrévérencieuse et puérile. Je reconnais que nous étions un peu ivres, mais cela ne nous excuse rien.

Que dire de plus ? Elle n'avait pas envie de parler de la conduite qu'elle avait adopté envers la Saint-Just. L'apparition d'une toute autre personne l'aurait surement fait réagir autrement, à l'image de la honte qui l'avait saisi lorsqu'elle avait aperçu les deux réformés. L'autorité de l'Infâme avait perdu tout son crédit lorsque la môme avait découvert qu'elle partageait la même couche que l'homme qui l'avait déshonorée.

Qu'allez-vous faire de moi ? Vous allez me confier à la Comtesse ?

La crainte teintait légèrement la voix de la jeune fille. Elle avait envie de s'échapper de cette conversation et de disparaitre.
_________________
Matalena
La jeune femme considérait l'infante mal née avec une attention soutenue, tout aussi soucieuse de ses attitudes que des paroles vides qu'elle lui adressait. Soit. Elle même n'avait jamais été très douée pour discuter des choses réellement importantes, de toute façon. La réformé soupira, partagée entre agacement et compréhension, et reporta son attention sur l'extérieur, comme en attente de quelqu'un, ou de quelque chose.

La jeunesse fait que nous confondons tous alors bêtise et courage. Croiriez-vous que je l'ai récemment appris à mes dépens ? Vous pourriez être forte, vous pourriez être superbe, si vous ne préfériez pas tenter de faire durer l'insouciance de l'enfance que, manifestement pourtant, vous ne possédez plus.

Mais autant prêcher dans le désert, comme dirait l'autre.
Sans prendre en compte cet aspect des choses, la Blanc-Combaz se focalisait sur une préoccupation toute différente : la Saint-Just, et le sort qu'elle lui réservait. Soucieuse d'éclairer sa lanterne à ce sujet, elle ne se fit pas prier.


Sans doute serez-vous soulagée de savoir qu'elle envisage de vous rendre à l'autorité paternelle. Votre attitude en tant que dame de compagnie a largement dépassé les bornes de l'acceptable, malgré qu'elle vous ai à plusieurs reprises laissé votre chance, aussi est-il impossible de vous conserver auprès d'elle. Si c'est ce que vous escomptiez, il y avait de meilleurs moyens pour parvenir au même résultat.
Sachez cependant, quoiqu'il parait manifeste que vous ne la portiez pas dans votre cœur, que vous vous lésez d'une femme d'une trempe et d'une détermination rares dont vous eussiez pu tirer nombre d'enseignements.


Puis, s'arrachant enfin à sa contemplation du paysage, la pasteur dédia à son interlocutrice un de ces regards qui semblaient vouloir vous transpercer l'âme, désagréable et troublant, de ses yeux noirs inexpressifs comme des miroirs sans teints.

La vraie question à vous poser, damoiselle, c'est ce que vous voulez faire de vous. Je vous l'ai déjà dit.

Les pupilles émeraude de la donzelle jouèrent un instant au duel qui affronte deux volontés par un simple échange muet, avant que son aînée ne lui laisse remporter la manche, et ne se lève pour se servir à son tour... Parachevant l'échange par un haussement d'épaule. Après tout, chacun pour soi et Deos pour tous.
_________________
Griotte
Matalena avait vu juste. Le soulagement accueillit ses paroles lorsque la gamine comprit qu'elle retournerait sous l'aile protectrice du Balbuzard. Une certaine appréhension pointa néanmoins en elle. Comment Eusaias réagira-t-il quand il apprendra la conduite que sa fille avait adopté envers celle qu'il voulait pour épouse ? Il y avait de fortes chances pour que la tension monte d'un cran dans le château familial.

La Blanc-Combaz ne s'attarda pas sur ces considérations. Elle écoutait la réformée avec attention. A l'évocation de l'Infâme et des nombreux enseignements que la bâtarde aurait pu tirer d'elle, les dents se serrèrent pour ne pas laisser s'échapper une salve de répliques bien senties. Quel enseigement pouvait-on tirer d'une femme qui couchait avec un violeur ? Evidement, la Saint-Just devait ignorer les faits, mais Griotte la rendait coupable de fréquenter son agresseur.

Le regard posé sur elle la mit mal à l'aise. Elle eut la désagréable impression que la réformée plongeait en elle pour essayer de lire les troubles qui l'habitaient. La môme frissonna et se frotta les bras en se tournant vers la table sur laquelle elle avait abandonné son verre de vin le temps d'aller se rhabiller. Elle s'en saisit et le fit tournoyer distraitement en observant les remous sombres qu'elle provoquait, cherchant la réponse aux interrogations que la Ladivèze soulevait.


Je ne sais pas ce que je veux faire...

Le tournoiement arrêta. La môme porta le verre à ses lèvres, mais arrêta son geste avant de les avoir trempé dans son contenu. L'odeur du vin lui montait à la tête. Son estomac était encore trop imbibé par l'alcool ingurgité un peu plus tôt dans la soirée. Elle afficha une moue légèrement écoeurée avant que sa langue ne se délie enfin.

J'ai l'impression de ne pas réussir à trouver ma place. Tout le monde veut faire quelque chose de sa vie. Alycianne veut devenir dame-chevalier. Cassian veut devenir une légende vivante. Aimbaud sera surement un grand guerrier. Ygerne attend son prince charmant. Et moi, je ne sais pas. J'ai l'impression d'être de trop.

Se tournant vers Matalena, elle plongea son regard dans le sien avec franchise.

Je suis la mauvaise herbe dont on a pas réussi à se débarrasser. Je n'aurais pas du naitre, mais c'est arrivé quand même. Peut-être que je ne suis pas arrivée au bon endroit au bon moment. Peut-être que ma place est ailleurs...
_________________
Matalena
Mais diantre, qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre...
La femme leva les bras et le regard au ciel en un geste théâtral, comme implorant Deos de venir à son secours en cet instant critique.


Que faudra-t-il que je dise pour que vous compreniez enfin que ruminer est une attitude stérile ? Il faut agir ma petite ! Et intelligemment, de surcroit !

C'est qu'à force, la réformée commençait à croire qu'elle s'exprimait par énigmes, vu l'entêtement que manifestait la belle infante à répondre par de sinistres jérémiades. Bon certes la Blanc-Combaz était saoule et venait de passer une après-midi merdique, c'est un fait. Mais comme on dit, rien ne vaut pour traiter le mal que le mal lui-même.
Aussi, renonçant à toute forme d'hospitalité et se préparant à une joute épique par mots interposés, finit-elle par se fixer pour une chaise qui trainait obligeamment dans un coin de la pièce, demeurant cependant bien droite pour ne pas manquer de respect à son interlocutrice.


Vous ne pourrez changer votre naissance. Mais même si Deos a un chemin pour chacun, c'est à nous qu'il appartient de le tracer, et de cela vous restez maitresse.

N'abusant plus du vin depuis deux saisons déjà, elle n'en était point dégoutée, mais préférait réserver son usage à des moments de détente, de célébration ou, en l'occurrence, pour trouver un instant de calme dans la tempête des idées. Quelques gorgées histoire de se détendre la glotte.

Je ne connais pas la noblesse, aussi ne puis-je juger de l'importance des places de chacun, de la représentation de la famille, et tout ce qui va avec. En revanche, ce que je sais, c'est que certains d'entre nous trouvent leur voie plus tard que d'autres, sans pour autant être plus mauvais. J'en fais même partie, et prétendre que je suis une ratée serait très mal venu de votre part...

Plaisante, plaisante pas ? Aucun indice sur sa tronche d'enterrement, en tout cas.

Votre place, c'est à vous de la faire. Et dans un monde ou être noble ne veut rien dire de plus que se dandiner en soirées avec des robes hors de prix et une attitude de mièvre débauchée, j'ose croire que vous n'êtes point si incompétente que vous ne puissiez faire mieux. Auquel cas je suis en train de gaspiller un temps précieux à essayer de vous faire utiliser votre tête !
...
Mais je ne crois pas ça.

_________________
Gnia
Le coche était resté stationné devant l'auberge un long moment sans que personne n'en sorte et ne réponde aux sollicitations du valet de pied qui de fait, las d'attendre, s'était simplement accolé à la porte de la voiture.

Adossée à l'un des nombreux coussins qui tentaient d'adoucir la dureté et l'inconfort des sièges de bois, la Saint Just inspirait les dernières bouffées d'une pipe en terre cuite dont l'odeur âcre avait envahi l'habitacle. Les paupières closes et le visage aux traits tirés, elle tentait de calmer l'agitation qui faisait frémir de temps à autre tout son être, tentant d'apaiser le flot amer et violent d'une ire qui pour l'instant courrait encore, souterraine, et qu'il y avait grand péril à laisser sourdre.
Alors, elle attendait, tentant de penser à autre chose que les mots qu'elle avait entendus, que les attitudes qu'elle avait vues, que les marques de ses ongles dans les paumes de ses mains tant déjà elle s'était retenue de ne pas laisser céder les digues qui retenaient une férocité qui ne demandait qu'à être libérée.

Transformer l'énergie perdue, la rage inutile en quelque chose de concret, de probablement plus violent encore, mais qui n'aurait pas la laideur de ce qui est exprimé.
Froid. Glacial. C'est ainsi que le courroux passe d'un sentiment aux passions irraisonnées à un calcul méticuleux menant à un raisonnement des plus austères.

La Saint Just prit une profonde inspiration, resta encore quelques instants assise, hiératique, aussi immobile qu'une statue, avant d'enfin tourner la poignée du coche pour s'en extirper.


A pas lents, les escaliers furent montés et le couloir traversé. Emanant de derrière l'huis fermé, une voix qu'elle reconnut pour être celle de Matalena. L'espace d'un instant, elle voulut rebrousser chemin, arguant que son entreprise serai bien inutile. Puis revint, plus fort, le devoir d'en finir, d'être fixée, de savoir.
Sans prendre la peine de toquer, elle entra et avisa la Sombre, droite comme un I sur sa chaise et Griotte, la mine déconfite, assise face à elle de l'autre côté d'une petite table.

Sans décrocher un mot ni couler un regard vers la jeune fille, Agnès referma la porte derrière elle, traversa la pièce et se campa face à la fenêtre, les mains derrière le dos, reprenant là sans le savoir la posture de la Ladivèze quelques instants plus tôt. L'on eut pu entendre les mouches voler avant qu'elle ne se tourne à nouveau vers l'intérieur, le visage hautain, et que le regard sévère n'interroge en silence le pasteur réformé.
Enfin, elle desserra les lèvres


Et bien, avez-vous pu envisager ce qui vaut telles inconvenances et manque de respect à notre personne et s'il existe une raison en ce monde qui expliquerait pourquoi nous devrions ne pas durement les châtier ?
Celle-ci est-elle perdue, comme je le crains, ou percevez-vous quelque espoir que le Sans Nom n'ait pas envahi son âme jusqu'aux tréfonds ?


Bras croisés sur la poitrine, campée devant la table, présidant d'une aura sombre ce tribunal exceptionnel, la Saint Just attendait le plaidoyer de la Sombre pour faire entendre son verdict. Pour l'heure, il n'était pas au programme d'entendre l'accusée, tant sa culpabilité ne faisait guère de doute.
_________________
Matalena
En un instant, la réformée venait d'échoir de l'ô combien inconfortable place de pacificatrice... Instituée porte-parole des deux parties en vue d'obtenir la résolution du conflit sans effusion de sang. Enfin, dans tous les cas, ça n'était pas son problème après tout. Qui a envie de s'emmerder la vie à s'occuper les gamines des autres quand il parait déjà insupportable d'élever le fruit de ses propres entrailles ? Voilà une question mystérieuse sans doute liée aux obligations mondaine de la noblesse sur laquelle Matalena ne s'aventurerait certainement pas à interroger la Saint Just. Aussi, avant de répondre à qui que ce soit, elle laissa planer une petite minute de suspens, comme si ses doigts fins qui jouaient sur l'accoudoir de sa chaise avaient pu capter les énergies se dégageant de ses compagnes et fournir une explication cohérente à cette absurde situation. Mais non, pas d'inspiration divine ce jour là.

En sus d'être encore engluée dans une certaine immaturité -Vous me pardonnerez le terme damoiselle de Blanc Combaz, mais c'est la vérité-, votre dame de compagnie semble nourrir une vive animosité à votre égard. A moins que vous jugiez nécessaire d'essayer de percer l'abcès immédiatement, auquel cas je vous laisse seules, il ne me semble pas qu'elle puisse demeurer auprès de vous sans porter préjudice à votre personne comme à la sienne.

Elle tourna son regard vers la jeune fille, comme lui laissant la possibilité de confirmer ou infirmer son propos, puis continua.

Son attitude me semble être motivée par un manque de repères et de bases qui rendent difficile l'apprentissage de la vie et des responsabilités. Je ne suis pas suffisamment au fait des mœurs qui sont votres pour savoir quel châtiment serait à même de réparer le tord, mais pour moi, mesurer les conséquences de ses choix fait partit de cet apprentissage. Après à vous de voir.

Ainsi parlait le pasteur de Montauban la Réformée.
_________________
Griotte
Un sentiment de malaise avait envahi la gamine lorsque la Saint-Just avait fait son apparition dans la pièce. Se raidissant sur sa chaise, ses doigts se crispèrent autour du verre de vin qu'elle n'avait pas goûté. Quoi que la Comtesse puisse dire, elle ne l'écouterait pas. Ses paroles ne l'atteindraient pas. Autant s'adresser à un mur ou à Matalena. C'est d'ailleurs ce que l'Infâme fit, ignorant sciemment la présence de la jeune Blanc-Combaz, ce qui eu le don de l'agacer et de lui faire tendre l'oreille malgré elle.

"Allez-y ! Faites comme si je n'étais pas là...", pensa-t-elle en les entendant tailler une bavette sur son compte.

A l'évocation d'un châtiment, la bâtarde leur lança un regard noir et se leva avec dignité pour faire face à la Comtesse, qu'elle toisa d'un oeil mauvais. Ses phalanges blanchirent autour du verre qu'elle tenait toujours, trahissant l'effort qu'elle faisait pour ne pas céder à l'emportement qu'elle sentait monter en elle.


Vous voulez me châtier pour le tord que je vous ai fait ? Je vous prie d'accepter mes plus humbles excuses, votre Grandeur...

La morveuse ponctua ses propos en exécutant une large révérence. Se redressant, elle poursuivit d'une voix retrouvant l'ironie dont elle était si souvent teintée :

...mais je crois que ça ne va pas être possible !

Vive comme la morsure d'un serpent, elle jeta le contenu de son verre à la figure de la Comtesse. Profitant de l'effet de surprise provoqué par son geste inattendu, elle cavala aussitôt en direction de la porte par laquelle elle s'engouffra au triple galop sans prendre le temps de se retourner pour voir la réaction des deux femmes.

La bâtarde disparut dans le couloir en laissant planer derrière elle une atmosphère bouillante qui ne faisait aucun doute quant au goût amer qu'auraient les prochaines retrouvailles en terres bourguignonnes.

_________________
See the RP information
Copyright © JDWorks, Corbeaunoir & Elissa Ka | Update notes | Support us | 2008 - 2024
Special thanks to our amazing translators : Dunpeal (EN, PT), Eriti (IT), Azureus (FI)