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[RP]Combattre le mal par le mal ou quand Dieu vous punit.

Alwenna
Boum boum, boum boum, boum boum.

Dans la tête de l'enfant, tout n'est que confusion. Qui sont ces femmes qui semblent vouloir du mal à son amie ? Et ces deux hommes ? Quelle est cette auberge ? Est-ce seulement une mauvaise blague ? Alwenna a mal à la tête, commence à trembler, une goutte de sueur perle sur le front glacé. Alors qu'elle observe autours d'elle, ne voulant perdre une miette de ce décor, imprimant chaque action dans sa tête, la femme allongée sur le lit semble bouger. Par réflexe, la petite se dirige vers Akheane. La petite main cherche à l'aveuglette un réconfort, et s'agrippe à un bout de tissus recouvrant la blonde. À peine le temps d'adresser un petit sourire à la jeune femme que celle qui était allongée sur le lit rugit un mot inconnu de la petite. Grand sursaut de la gamine, plus qu'effrayée, elle se réfugie contre le corps, ce corps qu'elle connait par coeur, l'odeur, la chaleur, cette sureté, elle se maudit de l'avoir quitté un jour. Et alors que la confiance revient, la folle est redressée, se lève, sur ses deux pieds, elle est grande, plus grande que la brunette, c'est sur, et ça l'impressionne. Pour combler le tout, elle attrape un poignard, ses yeux sont pleins de fureur, de haine, ceux de la bretonne sont fuyants, brouillés par les larmes. 

Et le déclic.

Alwenna entend la menace, elle pense que c'est une menace, une menace de mort, envers sa presque soeur. Les petits poings sont serrés, dans la main libre, les ongles s'enfoncent, dans la peau, une sensation douloureuse dans la paume, le sang tâche les doigts, fureur, quand tu nous tiens. Le tissus est lâché, les muscles se détendent, et elle avance. Un pas. Deux pas. Trois pas. Elle n'est plus très loin. Quatre pas. Et un petit cinquième. La voilà à un bras bambin de la tueuse. Elle ne sait plus. Ne veut plus. Ne peut plus. Mais le choix, elle ne l'a plus. Alors la bouche s'entrouvre, et elle bondit. Lys se jette contre la femme, la mâchoire se referme sur le bras, maigre action, insouciance, c'est la plus forte elle pense, elle peut sauver tous ceux qui sont en danger ici. Le corps ne se contrôle plus, elle bouge, gesticule, se débat dans tous les sens, en espérant pouvoir faire mal.

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Le nouvel atelier qui en jette ? DTC !
--Therezien


Si notre bon gros Therezien s'était attendu à cela, sûrement n'aurait il jamais suivi le jeune Galeran dans cette ... galère.
Galeran le bien nommé, voilà ce qui à cet instant aurait pu traverser l'esprit encore embrûmé du médicastre aviné s'il avait eu connaissance de son nom.

Un poulailler, le voilà qui vient de tomber nez à nez avec la crème des volailles du quartier. Blanches Colombes ou Dindes Immaculées ceci reste encore à voir, Corneille au plumage de jai, et pour couronner le tout une demi portion de Pie Criarde.

Cui ... Cui ...

En parlant de cri, le mal de crâne de notre homme se réveille soudain lorsque le plus sombre des volatiles reprend conscience et se met à hurler. Se massant vigoureusement les tempes, le médicastre au nez aussi rouge que ses joues hésite un instant entre prendre ses jambes à son cou ou hurler lui aussi pour faire cesser les paillements incessants. Seulement, le voilà pris de cours par la fillette soudain pendue par le bec aux plumes de la Sombre.

Décidement, la situation devenait des plus cocasses !

Mais, après avoir regardé de plus près les oizelles présentes là, c'est d'un regard lubrique qu'il se tourne vers chacune, et ce afin de poser cette très légitime question.


Maître Therezien Blanducq pour vous servir Mes Dames !
Qui d'vous toutes est la maîtresse de ce Blondin qu'est venu mander mes talents médicaux ?


Et l'homme de déjà se frotter intérieurement les mains en imaginant la somme rondellette qu'il allait pouvoir extorquer à sa malheureuse patiente, salive au coin de lèvres rien qu'à l'idée de ses mains se promenant sur le corps d'icelle.

A-t-il seulement remarqué la tension entre toutes et les lames bien présentes, rien n'est moins sûr dans son état ... A n'en pas douter, la situation lui échappe totalement.
Quiou
Prunelles glacées focalisées sur une vénitienne Ethérée.
S’agissait-il là de la proie de choix ? Inaltérable à la magnificence dégradante, irréprochable à la tentation avilissante. Le seul recourt se trouvait dans une lame qui plongerait sa froideur jusqu’en les entrailles d’une telle Illuminée.
Peut être cela sera-t-il effectué pour le bien de son âme ou tout simplement pour satisfaire une énième lubie deswaardienne plongeant ses racines en l’arbre divin d’une macabre folie, d’une sanguinolente détermination.

La Terreur sombre toujours plus, sa toute récente crise maladive ne l’ayant aucunement astreinte à suivre un chemin plus fastueux, la motivant même à persévérer en la funèbre piste choisie depuis fort longtemps.
Et cette Voix…Cette Voix qui l’avait exhortée à se plonger un peu plus en la noirceur de ses pensées, de ses actes. Délicieuse incarnation divine, fallacieuse personnification du Malin.

Adoncques, l’attention toujours rivée sur la Némésis, « Sa Sombritude » fait fi du restant de l’assemblée, l’occultant sans le moindre effort.

Une bambine s’avance pourtant, gracile, docile…fragile. Trop vaillante pour reconnaitre une source de danger, trop impétueuse pour savoir qu’il vaut alors mieux se cacher. L’insolente, poussée par on ne sait qu’elle injonction, s’astreint dès lors à planter sa dentition en le pâle bras pourvu du poignard d’une Teigneuse encore trop obnubilée par la haine viscérale de son être doublé des pupilles mirifiques de son Immaculée.

Une seconde, deux secondes, trois secondes.

Un rictus toujours plus surprenant s’en va étioler peu à peu les traits de la Reyne Noire. Serait-ce véritablement de douleur plutôt que de fureur ? L’on ne saurait indéniablement le prouver.

D’autant que, sans vergogne, les réflexes d’une Acariâtre se remettent en marche après cette trop longue période de veille imposée.
Machinalement, tandis que le regard de la Lasteyrie reste toujours accroché au sien comme pour la faire participer un peu plus à l’amputation qui va suivre, une menotte juvénile est agrippée par la poigne libre de la Sombre.
Instinctivement, sans même ressentir le besoin de réfléchir à la suite logique des choses, la pogne infantile est prestement conduite jusqu’aux environs du poignard. Fine lame, hasardeux outils qui s’applique à diligemment trancher l’appendice servant à la préhension de tout homme. *

Une seconde, deux secondes, trois secondes.

Etonnant comme certains événements se déroulant en une période semblables peuvent paraître plus rapides ou plus longs que d’autres.
La Deswaard, pouce en main, mains en sang, relâche l’enfant, l’écarte d’une légère poussée, loque trop jeune, trop inconsciente des dures réalités.
La voila qui brandit le trophée quelque peu maculé, de rage plus que de fierté, en direction d’Akheane, toujours, un masque d’indifférence fiché sur le faciès. Ainsi ne semble-t-elle point jouir d’un plaisir intense, nul satisfaction, nul contentement n’étant vraisemblablement visible sur sa physionomie
.

Est-ce ainsi que vous espériez m’abattre ? Jouer la carte de la compassion pourtant inexistante de par chez moi, et ce, en envoyant une enfant écumante afin que de me briser ?...Vérole !



*Avec l'accord de la joueuse.
--Akheane




Tout s’était passé si vite. Un enchainement incontrôlable. Une succession de désastre.

L’aurait-elle voulu, l’aurait-elle rêvé que ça n’aurait pu être pire. Son départ pour la Capitale devait être une échappatoire, une façon comme une autre de tuer le temps et de dépenser le surplus d’écus qu’elle avait. Tuer l’ennui… on pouvait dire que c’était réussi.

Elle avait arrêté de compter le nombre de fois ou l’inattendu l’avait surprise. Comme s’il fallait se rattraper de toutes ces années où rien ne l’avait atteinte, où tout avait été prévisible, calculé savamment orchestré. A croire que cette journée n’en finirait jamais, et dire qu’elle n’en était qu’au début.
Malgré tout ce qu’il venait de se passer, on aurait pu penser que l’Ethérée en avait eu pour son compte et que plus rien ne serait capable de la prendre au dépourvu. C’était sans compter l’intrusion d’une mouflette. Habituellement, ça ne lui aurait rien fait, ou alors agacée. Mais là, ce n’était pas n’importe quelle enfant. Comme paralysée, elle avait porté toute son attention sur Alwenna, clignement d’yeux, c’était bien elle, brandissant épée de bois, farouche prête à en découdre. Le monde à l’envers, la petite prétendait vouloir la défendre, la protéger. Elle.

Un mouvement est esquissé pour la ramener à elle, derrière elle. Comme si elle avait besoin de ça. En plus de la voleuse dont elle devait se défendre, il fallait également qu’elle épargne la petite d’une sombre scène à venir. Cependant le mouvement eu juste le temps d’être esquissé…

Tout s’était passé si vite. Un enchainement incontrôlable. Une succession de désastre.

La Teigneuse avait repris conscience, la Teigneuse plus haineuse que jamais, comme elle ne l’avait jamais connue. Une Reyne Noire dans toute sa splendeur, arme au point. Une Reyne Noire la fixant à présent, menaçante, mauvaise. Plus aucun intérêt n’était accordé au médicastre au Galéran ou même à Syndia, dont elle aurait pourtant dû se méfier. Elle sentait la mouflette à ses côtés.

Le moment était là, ce moment où la menace n’était plus voilée, elle était réelle, annoncée à haute voix. LE Moment… La Reyne Noire Versus la Reyne Blanche. Cet instant qui avait été attendu. L’affrontement de deux femmes si opposées et pourtant si proches.

Le temps s’était arrêté, le temps n’existait plus. Quelques secondes, quelques minutes, le très haut seul savait.

Elle secoua légèrement la tête à l’intervention du médicastre. Encore là lui… il avait été oublié, mis à l’écart involontairement, celui qui s’était fait attendre lorsqu’elle était aux prises avec la Mante, dérangeait à présent. Il l’avait perturbée, distraite.

Tout s’était passé si vite. Un enchainement incontrôlable. Une succession de désastre.

Un léger froissement de tissu indiquant que la bambine l’avait lâchée. Elle fuyait certainement à la menace de « Sa Sombritude ». Rassurée, un sourire en coin parant son visage.
Après s’être assurée que les autres ne bougeaient pas. Le gris vert de ses yeux plongeant dans le glacial regard d’une Deswaard en colère.

Elle n’avait pas vu… elle ne l’avait pas prévu… Avant qu’elle ne s’en rende compte, la Mini Wolback avait agrippé le bras d’une Terreur, la marquant avec force de ses dents encore juvéniles. Une secondes, deux secondes, trois secondes… Le drame ! Le Carmin sanguinolent d’un moment de pure folie, ce rouge annonciateur de peur, de souffrance de démence. Comme un coup de poignard qu’elle aurait reçu en pleine poitrine. Une lame qu’on aurait enfoncée puis tournée pour ouvrir encore plus la plaie, la rendre béante. Une seconde, deux secondes, trois secondes.


NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON

Un cri de rage, de douleur ! Le visage qui se déforme, « Sa clarté » qui ressemble désormais à « Sa Sombritude », les traits déchirés par un panel d’émotions aussi dures les unes que les autres. Elle avait bondit pour rejoindre la mouflette, poussant au passage la Deswaard avec violence. Agenouillée aux côtés d’une enfant qui n’avait rien demandé, d’une enfant mutilée. Elle la pressa contre elle, caressant ses cheveux avec douceur. Une fureur noire bouillonnante en son sein.

Elle était venue se détendre, elle était venue se sortir des profondeurs mortelles des Flandres pour finalement se retrouver dans les profondeurs mortelles d’une Auberge dans laquelle elle n’aurait jamais dû entrer.


Vous abattre… vous briser… RIEN DE TOUT CELA !! Je suis venue car on a appelé à l’aide… Car VOUS étiez au plus mal, je suis venue… POUR VOUS !!

Les yeux brillants rivés sur Alwenna, elle ne voulait pas croire à ce qu’il venait de se passer. Cette Quiou qu’elle aurait dû laisser dans les tréfonds de son esprit macabre. Sa mansuétude lui avait valu un dépouillement, un léchouillage et…

Elle releva la tête puis avisa de nouveau le médicastre. Exécrable, désobligeante.


Bougez-vous Bordel !!! Vous ne la voyez pas votre patiente ?

Tout s’était passé si vite. Un enchainement incontrôlable. Une succession de désastre.
Alwenna
Le poignet saisi. C'est la fin. Alwenna le sait. Elle pleure. Elle va mourir, elle s'en doute, elle n'aurait jamais dû faire la courageuse, sa punition va être de sombrer pitoyablement, égorgée, poignardée, elle n'en a aucune idée, mais c'est sur que ce sera d'une effroyable manière, rien qu'à regarder la haine dans les yeux de sa tueuse, elle sait c'est terminé. Car oui, Lys regarde cette Reyne, Noire, Sombre,  les yeux dans les yeux, les deux contraires, pourtant si proches, se croisent du regard, un instant. L'Obscure, blonde habillée de noir, l'Innocente, brune habillée de blanc. L'ultime seconde, l'enfant accorde son dernier regard à cette femme, elle aimerait crier, hurler, mais le moment est calme, serein, lent, les yeux se détournent furtivement, pour voir le poignard approcher, un dernier soupir et ... Rien ? Une seconde, deux secondes, trois secondes, un couinement s'échappe, un picotement se fait petit à petit sentir dans la main, au début blanche, puis tachée d'une simple goutte de sang, qui dégouline. Abasourdie, la bretonne s'étonne, elle vit encore, respire encore, voit encore le visage plein de fureur devant elle, et est tout bonnement vivante.

Un sourire éclaira presque le visage enfantin. Presque.

Le bras est lâché, et encore sous le choc, elle s'écroule par terre, une sensation plus vivace ressentie au niveau de la paume arrache une furtive grimace à la petite. Le regard se tourne vers la source de douleurs, et là. Choc. Les pupilles s'agrandissent, un cri s'échappe de la bouche entrouverte. Son pouce, coupé. Sa main droite, incomplète. Des milliers de questions traversent alors l'esprit légèrement troublé, elle se demande même où est il passé, mais à part les sensations et la surprise du début, Lys n'a pas mal. Ce sang ruisselant, cette souffrance, elle y prend plaisir, elle l'attrape, et la savoure, elle aime faire mal, et avoir mal, la langue lèche les gouttes couleur framboise avec délice, le goût cuivré, le corps frémit légèrement, le monde n'est que nuage autours d'elle, les sons sont brouillés, elle, seule, dans ce monde, situation étrange, agréable. 

Et alors qu'on l'entoure de bras, qu'on caresse ses cheveux, les paupières s'abaissent, et le corps se penche doucement de gauche à droite, une danse silencieuse, comme envoutée, un sourire en coin, sa robe est salie, la pluie rougeâtre noyée dans la blancheur pure. Un froid la saisit, et la tête se perd dans le cou apaisant de La Magnifique. Toujours en basculant de chaque côté, le balancement rythmé, la tête est vidée, le pouce est coupé, comme une nouvelle vie annoncée.

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Le nouvel atelier qui en jette ? DTC !
Therezien, incarné par Quiou


Therezien Blanducq, encore et toujours en train de contempler la gente féminine dans toute sa splendeur, laissant ses yeux vagabonder de la Sombre Corneille jusqu’à la Dinde Immaculée, en oublie presque sa question précédemment posée.
C’est qu’il a de l’imagination, le bougre rondouillard, ornithologue d’un jour. Alors, il ne se gène pas pour se perdre en des fantasmes indécents.

Il en occulte presque le jeune moineau pendu aux noires plumes de l’obscur volatile, ce petit être roucoulant s’étant fait limer une serre, cette blanchâtre Dinde qui lui…

Ah non ! Il l’entend bien, elle et son ton impérieux.


M’Dame, z’allez voir comment que je vais vous réparer ce joli p’tit oisillon.

Une main charnue, poilue, se voulant rassurante s’en va se poser sur l’épaule de la Mirifique, non sans que, pour le Charlatan, ce geste ne soit empreint d’une certaine salacité. On en touche peu, des Hérons pareils !
L’haleine putride et alcoolisée du médecin s’approche du duo tandis qu’il s’obstine à détacher l’enfant récemment amputée afin de mieux constater les dégâts.
Le pouce est examiné, du moins, ce qu’il en reste.


C’du beau boulot, m’Dame. Faut juste qu’on plonge la plaie dans…euh…d’l’huile ! Tenez ! Et de la chaude, s’il vous plait ! Ou du vin.

Un rot retentit, une exhalaison avinée se propageant par la même occasion dans la pièce, comme s’il était important pour le toubib de faire partager aux autres les précédentes boissons ingurgitées.

Oh oui ! Du vin !

Etait-ce véritablement pour mieux désinfecter la blessure de la bambine ? A moins qu’il espérait tout simplement se rafraichir le gosier sur le compte d’une de ces Nobles au plumage et ramage des plus éloquents. L’attention se reporte sur la gamine.

Vous z’inquiétez pas, un coup de fer chaud pour cicatriser et vous s’rez comme neuve.

Parole en l’air ou douce prémonition ?
Quiou
Une haine viscérale qui retombe aussi vite qu’un pouce amputé.
Comme la vie semble simple, comme la vie semble douce en ces instants de repos isolés.

C’est ainsi que la Teigneuse, à nouveau déconnectée quelques instants, se fait repousser farouchement par une Ethérée outragée.

La colère, sentiment violent, vous consume un être, vous le rend imprudent. Adoncques semblerait-il que ce soit désormais le cas de la Lasteyrie, furie dévoilée, émotions incontrôlés.
A croire que le courroux deswaardien se soit glissée jusqu’en les tréfonds de l’Immaculée, passant non sans une certaine désinvolture du corps de l’une à celui de l’autre, marquant son emprise physique sur les traits pourtant magnifiques de la Mirifique. Sectionnera-t-elle également un pouce de son côté afin que de décompresser ?
Non, non, ce serait piquer l’exclusivité de la Terreur.

Celle-ci reprend ses appuis, laisse le trio Charlatan/bambine/Illuminée s’occuper des effets de l’amputation alors qu’elle se dirige prestement jusqu’aux côtés du page entré à son service depuis quelques mois désormais.
Ça se penche, légèrement, et, d’une voix pernicieuse, glisse non loin de l’esgourde du Galéran quelques propos menaçants.


Pourquoi avoir fait venir cette populace infernale en ma chambrée, jeune homme ? D’autant que vous connaissez ma répulsion pour ce genre d’intrusions…

Ou comment remettre la faute sur le dos d’un sous-fifre sans l’ombre de la moindre honte, tandis que, la rage ne faisant plus barrage, le mal revient peu à peu, insidieusement, en les entrailles de la Reyne Noire, certes, plus faible qu’auparavant, mais non sans une douleur notable.
Elle ressent les tiraillements, elle ressent les battements.

Pourtant, l’attention se focalise tout de même sur le pouce toujours maintenu en sa poigne de fer, blanchâtre, rougeâtre. Mélange fascinant, s’il en est, le sang se combinant indéniablement à la perfection avec la peau deswaardienne.


Prenez et placez consciencieusement cet appendice sanguinolent en le coffret spécifique. Il ne fait aucun doute que la moindre erreur…

Tout dans le mystère du non-dit, la terrible suggestion.

Dès lors, le Galéran occupé à ses affaires, chargé d'un lourd fardeau, voila « Sa Sombritude » qui se tourne vers la pseudo puterelle, seule dans cette agitation, silencieuse dans le vacarme ambiant. Elle ne se mêle en rien, semble même s’astreindre à ne pas intervenir.
D’une crasse inutilité, d’une indéniable futilité.


Sortez !

L’ordre est donné, il sera obéi pour le bien de sa vie.
Galéran, incarné par Quiou



Il a tout vu, a assisté une nouvelle fois à l’une des scènes macabres qui semble parsemer la vie mouvementée de Sa Terreur à l’esprit désœuvré, à l’implacabilité de fer, à la froidure de l’hiver.

En cet instant, celui fatidique pour la jeune fille d’un peu moins de dix ans, ne peut-il que ressentir compassion et tristesse pour cette mignonnette apeurée, dégout et répulsion envers la Reyne Noire à la démence démesurée.

Elle s’approche, sa sombre emprise refaisant surface et, lui, de son côté, se crispe, se raidit, se veut tout petit. Petite souris attristée, paralysée, ne souhaitant plus qu’une chose : se cacher en un étroit trou éloigné, à l’abri de la fureur de sa Maîtresse.


Pourquoi avoir fait venir cette populace infernale en ma chambrée, jeune homme ? D’autant que vous connaissez ma répulsion pour ce genre d’intrusions…

Légère inclination de la tête, ses épaules se chargeant docilement d’un tel fardeau. Peut être est-il préférable pour Galéran que d’acquiescer à la moindre accusation plutôt que de réfuter farouchement.
Son intégrité physique semble être en jeu, autant la sauvegarder encore quelque peu.

Puis vient le moment de se charger à nouveau : le pouce. Elle lui intime l’ordre que de s’en emparer afin de le placer soigneusement en le coffret assigné. Etonnante décision que de confier un bien précieux aux yeux de la Vicomtesse à un simple page mal loti. Surtout qu’elle a toujours paru manifester un réel plaisir que de classifier elle-même sa propre collection, réarranger, organiser une nouvelle fois…

Jamais, lui, petit page, n’a-t-il effectué plus que de porter le coffret à tout va.
Et là, là, elle lui ordonnait de s’occuper totalement de la mise en place de l’appendice sanguinolent, funeste trophée, s’il en est véritablement.

Le jeune homme tente alors de reproduire au mieux les étapes effectuées habituellement minutieusement par la Deswaard :
- Rincer soigneusement le doigt amputé dans un broc à portée de main dans le but ultime d’y enlever la crasse sanguinaire, le liquide carminé.
- Essuyer méticuleusement avant que d’enfin ouvrir la cassette trônant pour le moment sur le pupitre non loin de la couche.
- Eviter de déglutir lorsque, après avoir ouvert le récipient et retiré le linge protecteur de soie pourpre, le jeunot blond se retrouve confronté à un alignement consciencieux de petits bibelots à différents stades de désagrégation.


Tout à son affaire, on l’oublie, on le laisse faire.
Alwenna
Pourquoi je vis
Pourquoi je meurs
Pourquoi je ris
Pourquoi je pleure

Les larmes se mêlent aux gouttes de sang, pour tâcher abondamment la robe blanche. La tête n'est plus enfouie dans le creux du cou d'Akheane, mais la main reste toujours blottie. Immobile, les pensées volent, et retombent, plates, dans un coin de son esprit, les questions sont remises à plus tard, les réponses protégées, le brouillard toujours opressant, le présent troublé par le passé, et le futur. Une musique douce vagabonde autours d'elle, la caresse du bout des doigts, des frissons parcourent le dos de l'enfant. Derrière la mélodie se cache une douce voix maternelle, recouverte de rires joyeux, mais le froid morbide rappelle toujours à Lys que ce n'est qu'un rêve, un pauvre rêve, parmi d'autres.

Voici le SOS d’un Terrien En Détresse
J'ai jamais eu les pieds sur Terre
J'aimerais bien être un oiseau
J'suis mal dans ma peau
J'voudrais voir le monde à l'envers
Si jamais c'était plus beau
Plus beau vu d'en haut...

"Sortez !" cria la Noire, l'air rageur. "Restez !", pensait la Blanche. Cette incompréhension totale envers cette coupeuse de pouces gênait la Bretonne, la curiosité gagnait la colère, l'envie d'en savoir plus la rongeait, la consumait petit à petit, si elle pouvait, elle crierait, mais cette ambiance qui la séparait de la réalité l'empêchait de réagir. Au début reposant, cela devenait angoissant, comme coincée dans un autre univers, bloquée dans des chaines, étouffée, l'angoisse gagnait Alwenna. Le souffle court, la respiration bloquée, elle savait qu'il fallait premièrement se calmer, la peur la paralysait, et grandissait avec les idées effrayantes que la petite se faisait.

J'ai toujours confondu la vie
Avec les bandes dessinées
J'ai comme des envies
De métamorphose
Je sens quelque chose
Qui m'attire qui m'attire, qui m'attire
Vers le haut

Un gémissement la tira de ses pensées. Son propre gémissement. Alors que la réalité revenait peu à peu, la plainte se prolongeait, la terreur s'en allait peu à peu, et quand le silence fut, tout était redevenu normal, ce qui soulagea la Wolback. Elle balaya à nouveau la salle du regard. L'ordre de La Sombre n'avait pas été respecté, et la petite ne comptait pas obéir, car elle souhaitait toujours connaitre l'identité et l'histoire de La Femme Obscure. Le sang perlait toujours, tombant un coup sur le sol, un coup sur le tissus sale. Un bref regard sur la main rouge, la langue lape à nouveau, lèche, nettoie maladroitement, frotte avec douceur, et au lieu d'être dégoutée, un étincelle malicieuse passe dans le regard enfantin.

Au grand loto de l' univers
J' ai pas tiré l' bon numéro
J' suis mal dans ma peau
J' ai pas envie d' être un robot
Métro boulot dodo

Soudain, nous entendons des petits coups secs, intriguée, Lys regarde d'où pourrait provenir ce bruit, et attirée, se retrouve les yeux posés sur la fenêtre au fond de la salle. Une colombe. Elle semble vouloir entrer. Alwenna retient son souffle, surprise, comme à la découverte d'Akheane dans la rue, choquée, puis heureuse. Cet oiseau insignifiant pour d'autres, représente beaucoup pour elle, un signe, peut être, une coïncidence, c'est évident, un bonheur, c'est sûr. La Bretonne se précipite, oubliant tout dans la pièce, vers les plumes blanches, elle ouvre, pressée, la fenêtre grinçante, et attrape la Belle, qui se laisse faire, docile, et qui sait, rassurée par les gestes doux de la petite. Colombe nichée et serrée contre le ventre devenu maigre.

Pourquoi je vis, pourquoi je meurs
Pourquoi je crie, pourquoi je pleure
Je crois capter des ondes
Venues d' un autre monde

Alors que l'assurance revient, le mal presque oublié, Lys se souvient qu'elle a face à elle une coupeuse de pouces, et qui sait, peut être d'autres choses, peut être même tueuse, alors l’inquiétude vient, non pour elle, mais pour la vie qu'elle tient dans ses bras. Deux trois pas en avant, et la protégée est posée par terre, à égale distance entre la Noire et la Blanche, le regard se fait méfiant, mais l'enfant recule toujours, et se remet à la place où elle était. Un instant passe, l'oiseau bouge légèrement, mais reste calme, tout comme Alwenna. Puis d'un air de défi.

Tu touches pas.

Les paris sont ouverts, touchera, touchera pas ?

J' ai jamais eu les pieds sur Terre
J'aimerais mieux être un oiseau
J' suis mal dans ma peau
J' voudrais voir le monde à l' envers
J' aimerais mieux être un oiseau
Dodo l' enfant do

(Merci à Daniel Balavoine pour SOS d'un Terrien en Détresse.)

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