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[RP] Les feux de Nemours

Clemence.de.lepine
Ce n'est pas Isaure qui pousse la porte la première : c'est une tête blonde qui dans l'embrasure vient se faufiler. Yolanda.

Sa sœur, oui sa sœur, et c'est un sourire qui l'accueille, un sourire réjoui et des yeux qui s'embrasent. Oh, Yolanda, sais-tu seulement le plaisir que tu me fais en me nommant ainsi ?

J'ai perdu une amie, une presque sœur, une alter-ego et mon ombre, dans mes joies et dans mes peines. Nous n'avons pas survécu. Je me suis brûlé les ailes à trop vouloir, à tout vouloir, tout à la fois, tout en même temps. J'ai tout perdu.

Pas tout. Pas tout non, puisque te voilà Yolanda. Et comme l'Etoile du matin tu viens la première illuminer les sombres nuées pour nous montrer le chemin.

Elle l'a gagnée, elle l'a gagnée cette étoile, à la sueur de ses larmes et de ses regrets. Et c'est étrange comme la récompense lui semble à la hauteur de ses douleurs, quand elle pensait que rien ne pourrait jamais panser ses blessures, quand elle pensait qu'elle ne mériterait rien d'autre que de souffrir pour l'éternité. Se languir dans sa culpabilité. Pleurer les morts et les vivants qui ne l'aimaient plus assez.

Elle rit. De l'empressement de la petite qui ne sait rien. De ses propres ignorances et de ses appréhensions. Les deux mains jointes, l'une si fine, et froide, et l'autre chaude et potelée, et toutes deux portent encore quelques marques de cette enfance qu'on ne voudrait voir s'envoler. Clémence presse les petits doigts entre les siens, et retient la course de l'Etoile filante. Encore un peu.

La porte s'ouvre à nouveau et de blonde l'apparition se fait brune. Isaure, son sang, sa cousine puînée, la seule qui reste, au parfum de Sicile. Cueillir au vol une main avant d'être à son tour cueillie. Réunir un peu de sa jeunesse qui s'évade et serrer contre son cœur celles qui, là, par leur simple présence, l'ont conduite au bonheur.


Isaure, je vais avoir besoin de ton aide pour me conduire au lit et me retirer ces couches de tissu. Et après... après... demain... j'aimerais que tu restes auprès de moi, que tu deviennes ma demoiselle de compagnie, la première, la plus importante. Nous serions toujours ensemble, tu vivrais bien, et je serais heureuse.


Elle lui glisse ces quelques mots à l'oreille, n'attend de réponse immédiate, hoche la tête et soupire.


Allons-y Yolanda. Guidez-nous.

Et de pièces en pièces, de portes en portes, elles parviennent à l'antichambre, minuscule, étriquée, dont les murs oppressants lui mettent le cerveau en bouillie et les nerfs en pelote. Tandis qu'on la défait de ses étoffes et de ses fourrures, ne lui laissant sur le corps que cette chemise de soie que ce matin elle rechignait à enfiler, elle glisse des coups d’œil anxieux vers la porte damnée, menaçante et moqueuse.


Nous allons dire bonne nuit à votre frère, Yolanda. Voulez-vous bien entrer avant moi et demander si tout est bien prêt pour moi... pour nous ?

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Aimbaud
[Ça c'est de la motivation]

Étranglé dans son envie de fuir, Aimbaud fut forcé d'exécuter quelques pas de recul et il écouta sentencieusement le discours de Melchiore. Il l'écouta avec une foi grandissante, l'oeil un peu fol rivé sur ceux de son comparse, dans cette atmosphère de pré-bataille qui avait bien failli lui dégonfler le courage comme un ballon de baudruche qui s'éclipse en bruissant tel flatulence... Mais à mesure que la légende du chevalier Vanoui retentissait à ses oreilles, que les cors de la victoire résonnaient en fond sonore au son de ces paroles pleines de sagesse et de métaphores, toute trace d'abattement était balayée par une détermination nouvelle ! Les poings se resserraient, prêts à brandir un étendard glorieux. Le menton se relevait, face à un horizon invisible à conquérir et à mater. Son coeur se gonflait d'émotion, face au combat qu'il allait devoir livrer, galvanisé par des paroles pleines de sens, qui sonnaient comme battements de tambours et trompettes hardies dans la tourmente de l'inconnu ! En lui se levait une armée et montait la clameur de dix mille voix ! Pour la liberté ! Pour le Royaume ! Il allait foncer ! Il allait triompher ! IL ALLAIT SE LA FAIRE ! YAAAAAAAAAAHH !

Le regard ravivé par une petite flamme intrépide, notre marital marquis répondit.


Écoute *hips*. Le chevalier Vanoui est une tanche. La réputation du Chevalier-du-Chaos l'a tant éclipsé de la scène chevaleresque qu'il a — selon ma version des faits, hein, *hips* — terminé troubadour-transformiste dans une taverne de bûcherons. Tu comprendras burp.. que j'aie du mal à m'identifier au personnage... Toutefois ta métaphore a son sens. Merci l'ami.

Il se tut en entendant la venue d'Eusaias, dont la présence quoi que toujours souhaitée ne manquait jamais de l'impressionner. C'est presque au garde-à-vous qu'il reçu sur l'épaule la grande platée qui servait de main au duc, en s'empêchant de claquer des dents.

Qu... quatre-ving-un ?

Sinon un héritier trisomique ? AAAAAAAAAAAAAAHRg ! Il fallait non seulement compter, mais aussi abattre un ouvrage de titan ? Comment pourrait-il y parvenir, avec l'osseuse Clémence ? La vierge froide, la moqueuse, qui ne lui donnerait que l'envie d'écourter ! Bouleversé par cette accablante nouvelle, le benêt débutant braqua sur ses chausses un couple d'yeux exorbités et vides. Puis posant une paume moite sur la poignée, il dit pauvrement en passant le seuil de la chambre :

Je tâcherai, votre Grasce !...
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Yolanda_isabel
Le mariage est une tractation commerciale, c’est en tout cas, l’effet que cela fait à Yolanda. Elle perd un peu son frère et gagne tout à fait une sœur. Elles étaient amies et liées par Béatrice, les voici sœurs et liées par Aimbaud. Et cette nouvelle condition lui plaît beaucoup, elle si ignorante finalement des choses du mariage, ne garde par devers elle que cette constatation agréable. Elle gagne Clémence mais aussi Isaure qui est si rafraîchissante et qui rappelle tant et si peu à la fois. Sage tandis que Clémence s’adresse à sa cousine, le lutin retrouve son entrain quand on l’y invite. Allons donc dire bonne nuit à Aimbaud ! Et voici l’Infante d’Anjou qui entraîne son monde jusqu’à la chambre dans laquelle elle pénètre avec joie, laissant Clémence derrière, angoissée peut être. Pourquoi ? On ne sait pas, elle ne sait pas. Mais elle entre avant de s’arrêter d’un bloc

Une pyjama party improvisée ? Entre adultes ? Mais bien sûr ! Toujours est-il qu'il faut se ressaisir pour réaliser une petite révérence, ces personnes présentes, elle les connaît toutes, elle les chérit toutes à sa manière. Mais plus que les gens présents cumulés, il y en a un qu’elle chérit et dans les bras duquel elle se jette, indécente enfant en tenue de nuit, les boucles volant sur son passage.


-« J'ai eu bien peur, j'ai cru qu'avec tout cela, je ne pourrais pas te souhaiter une bonne nuit ! Raconte moi une histoire 'Baud avant d'aller te coucher. »

Comment ça ce n'est pas le moment ?
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« Je balise.. Je vous jure que je balise, sa mère. »
Clemence.de.lepine
Pas si vite, Yolanda, je vais être obligée de te suivre !

La porte est entrebâillée maintenant, il ne tient qu'à elle de la pousser et de rejoindre les autres. Elle glisse un œil dans l'interstice et blêmit en les voyant tous, occupés à préparer elle ne sait pas bien quoi ou à deviser d'elle ne sait absolument pas quoi non plus. Est-ce qu'une nuit de noces doit réellement demander autant de monde et de préparatifs ? Elle, la vierge effarouchée qui pourtant ne manque pas de courage en temps normal, qui sait si bien relativiser les choses et y faire face. Elle, la prude et naïve jouvencelle de presque vingt printemps, s'inquiète et sent son estomac exécuter quelques acrobaties désagréables. Pourquoi ne pas fuir ? C'est si simple de fuir, de tourner les talons, d'aller-voir-ailleurs-si-j-y-suis.

Maman.

Il y a plein de femmes là dedans et aucune qui réellement la rassure.

A l'aide.

Aïe, elle a mal au ventre, les boyaux qui se tordent, et le cœur qui s'emballe.

Bon.

Elle mesure la distance qui la sépare de cet espace sécurisant, sous le lit imposant. Noir, infini, invisible. Elle pourrait s'y glisser et attendre, tremblante, que tous, déçus et frustrés de ne la voir arriver, s'en aillent et la laissent seule avec l'obscurité.

Oui mais non. On ne se cache plus sous son lit à son âge. C'est bien dommage, mais c'est ainsi.

Alors elle fait comme toutes les pucelles qui se retrouvent dans sa situation, elle relève le menton, bien décidée à faire comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes, et elle entre dans la chambre. Et, mine de rien, elle se rapproche de toutes ces femmes, s'immisce naturellement entre MarieAlice et Armoria, espérant y capter un peu de leur assurance et de leur expérience, mais sans même leur accorder un regard. On y aurait trop remarqué cet espèce d'éclat sauvage que l'on note parfois dans les yeux des félins quand, acculés et prêts de mourir, ils réunissent leur toutes dernières forces pour férocement et dignement faire face au prédateur suprême : l'Homme.


Qu'est-ce qu'il se passe, maintenant ?
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Armoria
Armoria n'était pas tactile.

Enfin, si. Mais non. Bon, pour être plus claire... Tactile, elle l'était dans sa vie amoureuse - évidemment. Avec ses enfants - cela va de soi. Mais avec le reste du monde, elle n'aimait pas particulièrement les embrassades, câlins et autres étreintes en tout genre. Le réconfort, le petit geste sympathique pour apaiser la tension, la tristesse ou l'appréhension... Non, elle n'était pas très douée pour tout ça.

Sauf...

Sauf en de rares occasions, dont elle ne savait jamais quand elles se produiraient, ni avec qui, ni encore moins pourquoi.

Comme là, par exemple.

Elle n'avait pas spécialement d'affinité avec Clémence, elles ne se connaissaient pour ainsi dire pas - du moins si peu que le "presque pas" était une définition ma foi plutôt valable. Et pourtant...

La main valide se posa sur l'épaule de la presque-bientôt-plus-pucelle. Par chance, Clémence était à sa droite.

Instant de grâce.

Que dit-on à une jeune fille qui va sous peu être déflorée, et qui n'a même pas pour béquille l'amour ressenti pour celui qui va être le tout premier ?

Que lui dit-on pour apaiser ses craintes, quand on a soi-même perdu sa virginité dans les bras d'un homme que l'on aimait ? Que fait-on ?

On commence par une main sur l'épaule. Cela permet de prendre quelques petites, toutes petites, si petites secondes pour réfléchir. Et on répond aussi doucement qu'elle. En priant pour dire les bonnes paroles, parce qu'on se rend compte que c'est l'instinct qui va s'exprimer.


Maintenant... Vous allez devoir supporter un peu notre présence, ce qui vous permettra de vous habituer un peu au lieu, et cela vous aidera à vous détendre. Et vous allez aussi boire le contenu de ce verre orné d'un ruban rose : c'est une décoction que j'ai préparée et apportée spécialement pour vous. Une petite aide de la part des plantes. Vous serez plus à votre aise, avec cela. Vous détendre, et rester détendue, c'est le plus important. Avoir des appréhensions est normal. Dites-leur, à ces appréhensions, de foutre le camp. Que vous savez leur présence normale, mais que la porte, c'est par là. Pour le reste... Il suffit de vous laisser porter. D'être curieuse de vos sensations, et de les accueillir avec sérénité. Demain, si vous le voulez, je serai là pour vous aider à comprendre, pour répondre à vos questions. Vous en aurez, c'est normal aussi. Vous pourrez me les poser, toutes, sans exception, sans vous laisser arrêter par la notion de pudeur. Comme vous le feriez avec votre confesseur.


Et paf, l'instinct, dans toute sa puissance :

... Comme vous le feriez avec votre mère.

Et la main de quitter l'épaule pour remettre en place une mèche qui n'en avait pas vraiment besoin, au fond. Et les lèvres de s'étirer en un sourire à peine esquissé, mais sincère et chaleureux, un de ces sourires qui va allumer une petite lumière au fond des yeux. Le sourire des femmes qui partagent un immémorial secret. Un sourire complice.

Après tout, elle aurait aussi pu dire quelque chose du genre "ne vous en faites pas, je me suis chargée de sa formation sexuelle, il est au top, le p'tit gars".

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Vous pouvez utiliser mes lettres RP.Héraldique
Mariealice
Bon, petit à petit l'idée avait fait son chemin dans le cerveau de la brune et elle avait quand même fini par comprendre ce qu'ils faisaient là. Enfin du moins pour les autres. Là, quelque part, elle se demandait ce qu'elle faisait là, elle. Et au moment où la brune allait faire demi-tour, prétextant quelque excuse sortie du chapeau qu'elle ne portait pas, les acteurs principaux de la pièce entrèrent. Autant pour la sortie discrète, surtout lorsqu'une jeune mariée se retrouva soudain entre Armoria et elle.

Les oreilles se firent attentives tandis que les yeux eux se posaient sur Yolanda et frère, en profitant pour scruter le visage de son vassal et se demandant dans quel état il pouvait être. Et pas que psychologiquement soit dit en passant vu que le vin avait coulé un tant soi peu à flot lors du banquet.

Hochements de tête et parfois petites moues en écoutant tant bien que mal les conseils de la Princesse avant de regarder à son tour Clémence.


Essayez de faire fi de notre présence, même si....

Comment dire qu'ils étaient un peu beaucoup dans cette chambre...

Tout se passera bien.

Menteuse, elle n'en savait rien après tout. Et ignorait encore plus qu'Aimbaud savait déjà s'y prendre.

Son Altesse a raison. Détendez-vous, laissez-vous aller et apprenez. Vous verrez, cela vient tout seul et qui sait, peut-être y trouverez-vous quelque chose de plus qu'un devoir à remplir.

C'était tout le mal qu'elle lui souhaitait après tout.

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Kilia
Grand sourire à la choupette enrobée, et écoute attentive des paroles d'Armoria, puis celle de Marie-Alice
Citation:
.....Vous verrez, cela vient tout seul et qui sait, peut-être y trouverez-vous quelque chose de plus qu'un devoir à remplir.

C'est à ce moment là qu'elle eut la réponse à la question qui la tarabiscotait depuis qu'elle avait lu le faire-part d'Aimbaud. C'était évident. Comment n'avait-elle pas compris plus tôt qu'il n'y avait pas eu de choix de cœur, mais choix de raison dans ce mariage.
Comme n'avait-elle pas compris cela plus tôt? Surement parce qu'elle n'avait pas l'habitude autour d'elle que les jeunes se soumettent ainsi. Oh, pas que les pères, les mères angevins, ou elle-même n'aient essayé de faire des mariages arrangés, mais que jamais cela n'avait fonctionné. Qu'ils auraient pu faire n'importe quoi aux jouvenceaux et jouvencelles, pas un n'avait pu être obligé, soit ils s'enfuyaient, soit ils faisaient du chantage au suicide ou pire pleuraient sans relâche... Comme Fitz d'ailleurs qui lui fit le coup identique pour pouvoir épouser son Bourguignon.

Dans cette pièce, ce n'était pas un moment festif qui se passait mais une obligation.
Kilia resta un instant sans voix.
Regard sur Aimbaud, puis sur Clémence qu'on semblait mener à la potence. Regard sur tous ces ainées qui semblaient pousser à la chose. Yeux qui se plissent sur la mascarade et bouffée de colère qui monte en elle.
La Chaire, de la chaire, de sa chaire... enfin Aimbaud voulant tellement se conformer à la noblesse Bourguignonne qu'ils étaient devenu leur pantin. Oh, punaise!

Sourire beaucoup plus doux vers la pauvre mariée pour lui chuchoter:

Ne pensez point que votre devoir vous oblige à supporter tout et n'importe quoi.
L'homme a toujours besoin de savoir ce que vous ressentez, c'est la communion des couples, et pour la discrétion elle se fait avec les mains. Tenez le fermement aux hanches, s'il est douceur qu'elles devient douceur aussi, si vous sentez désagréments qu'elles lui fassent ressentir n’hésitez point les ongles peuvent aussi exprimer vos pensées à merveilles.

Puis la duchesse se dirige vers Aimbaud et le sourire s’effaça d'un coup. Elle le prit sous le bras et l'entraina vers le couloir dans un " veuillez nous excusez quelques secondes, comme je suis la seule angevine et qu'il vient aussi un peu de là-bas, il y a une petite tradition de chez nous à faire avant la nuit de noce, nous revenons de suite, cela ne prend pas beaucoup de temps."
Et de fermer la porte derrière elle.

Puis regarda le jeune homme dans les yeux.

Aimbaud, tu as voulu être le pantin de tous, soit, tu te conformes à leurs règles soit, tu fais de Clémence une Penthièvre en l'épousant, même si tu ne porteras jamais le nom, je n'ai rien à dire. Tu es un bon garçon pour la Bourgogne.
Tu n'as pas eu l'exemple de tes parents devant les yeux, cela plaide en ta faveur.


Puis elle lui donna une bonne gifle sur la joue. Voilà, la dernière avant que tu ne soies un homme, ça c'est la tradition angevine, et c'est pour toutes les débilités que t'as pu faire jusqu'à ce jour, en espérant, qu'aujourd'hui ça soit la dernière même si j'en doute. Je ne pourrais plus t'en donner après. Je t'ai donné la première à ta naissance, je te donne la dernière avant que tu ne deviennes un homme, la boucle est bouclée. Je t'aurai bien dit soit heureux mais ce n'est pas ce que tu sembles rechercher...donc soit... brillant.

Elle venait d'inventer la tradition mais cela lui avait fait un bien fou. Pas la peine de dire autre chose, elle le savait déjà bien loin de la famille. Et puis ainsi, comme il le voulait, il pourrait agir en vrai Bourguignon. Elle mit la main sur la poignée de la porte, ayant dans l'idée d'aller chercher la jolie Yoli pour l'entrainer hors de la chambre et lui raconter l'histoire du soir.

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Dict Lumière de l'Anjou,EX-Paire. Future Reyne! Note JNCP: "Peut mieux faire"
Aaron
Le cardinal, au milieu de toutes ces femmes, ne savait trop quoi faire, quelle place tenir. Chacune d'elles voulant jouer à la fois le rôle de mère, d'amie, de conseillère... Tant de monde pour étouffer une jeune fille que l'ignorance allait mener au rôle de femme, tant de monde pour étouffer, croyaient-ils, une crainte dont ils étaient eux-même la principale cause.

Soudain, le prélat eu une pensée : il aurait échangé sa place pour tout l'or du monde en voyant le visage de la marquise, déconfit, sous ses airs nobles et altiés.

Ajouter à cela un va et viens incessant entre la famille, les amis, et les anciens "tuteurs" qui cherchaient chacun à leur manière de rassurer les pauvres enfants... Aimbaud entra dans la chambre ; Clémence entra dans la chambre ; Aimbaud sorti de la chambre ; on attendait que Aimbaud entra à nouveau dans la chambre... Quelle nuit ! Comment faire ce qu'ils avaient à faire ensuite?


Bien... Hum... Où en sommes-nous?

Tournant la tête à droit, à gauche, revenant vers le lit... Puis, s'adressant à Clémence :

Et si profitiez de cet instant où votre époux n'est point là pour vous glisser dans votre lit? Gageons que le "cocon nuptial" vous donnera une vague impression de vous protéger et vous rassurera...
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Aimbaud
Était-ce les personnes importantes présentes dans la chambrée, était-ce la pénombre de l'intérieur atténuée seulement par quelques chandeliers, était-ce l'entrée presque synchrone de Clémence par la porte opposée ? On en savait rien, mais l'atmosphère était lourde ! Reloue, vraiment. Aimbaud sentit dans ses vaisseaux sanguins toute l'euphorie du vin retomber... Il dirigea les yeux vers la marieuse altesse, vers sa suzeraine, vers sa chef de famille Penthos, tout en déglutissant. Quant à sa femme (sa femme, maille gaude.. il n'allait jamais s'y faire), il évita scrupuleusement de croiser son regard.

Une onde de choc au niveau des jambes, soudainement, manqua de le plaquer à terre. Yolanda... ou l'invention du catch. Il accusa la secousse et vint s'accroupir près de sa blonde cadette, pour mettre à hauteur des petits yeux presque fermés par le sommeil, les siens relativement nébuleux d''alcool.


U... une histoire ? Euh... C'est que. Euh. Euuuh... Il est déjà bien tard, ma soeur... Et j'ai tant de fatigue. HuUUm...! Pourquoi ne pas profiter de la présence d... De sa Grasce le Duc de Bouillon, pour écouter ses contes sanglants ?

Au fil du discours, les mains fraternelles, agitées tout autant que sa syntaxe, allaient des joues, aux boucles, aux épaules, qui toutes étaient rondes, pour distraire la jouvencelle de ses projets. Et l'Aimbaud jetait autour des regards accusateurs. QUI, avait fait l'erreur fatale d'amener l'Innocence-Même dans cette pièce, au risque de choquer son immense vertu ?! Un coupÂââaable ! Puis les sourires lui revenaient dès qu'il tournait la tête vers Yolanda.

Hein... De ? Tradition ?

Fit-il quand il sentit la main de fer de sa tante lui choper le biceps pour l'entraîner à part. Il la suivit dans le couloir, à rebrousse poulaine. Le discours penthiévrique, il ne l'écouta que d'une oreille, car il le connaissait déjà par-coeur. On le lui avait servit au petit dej' entre le bol de lait et la tartine de brioche au miel, depuis sa plus tendre enfance... Cela ne l'avait pas empêché de devenir un fervent royaliste, comme papa. Mais ce qu'il y avait d'embêtant avec les discours des Penthièvres, c'est qu'ils étaient toujours illustrés par les faits...

BAFFE.


AÂâaïe ! Tradition de meeerde...! Hum. Pardon ma tante.

La joue cuisante, faisant jouer les articulations de sa mâchoire pour vérifier que rien ne s'était décroché (elle avait toujours eu de ces pelles à la place des mains, la tata Kiki), il la suivit de nouveau à l'intérieur.
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Clemence.de.lepine
C'était moche, de rester bouche-bée. Clémence le savait bien, et on lui avait toujours dit qu'il y résidait un risque d'avaler quelques mouches, à trop garder la bouche ouverte. Des mouches, il n'y en avait pas. Il faisait bien trop froid, ici. Elle jeta un œil en direction de l'âtre brûlant qui pourtant flambait comme tout feu de cheminée se doit de flamber.

Bouche close, alors, elle n'en était pas moins retournée et ébahie par ces trois monologues féminins qui chacun leur tour s'étaient adressés à elle.

Je n'ai pas peur. Je n'ai pas du tout peur. C'est un autre passage, quelque chose qui doit arriver, quelque chose d'inévitable. Et je suis au courant depuis des années.

De fait, elle n'avait pas vraiment peur. L'acte en lui-même ne l'effrayait pas, et qu'il soit douloureux ou plaisant, elle l'accepterait avec résolution. Mais paradoxalement, elle était absolument confuse de l'intimité que cela provoquerait et pour cause, si Armoria n'appréciait pas davantage le contact, Clémence ne l'utilisait également qu'en de très rares occasions. Elle possédait naturellement encore cette pudeur de pucelle qui connaît aussi peu son corps que celui qui va le découvrir de très près.

Des trois discours elle en retint le principal.

D'Armoria, elle retint que cette décoction libérerait ses inquiétudes et peut-être, ses instincts. D'un mouvement sec et simultané de la nuque et du poignet, elle l'avala sans poser davantage de questions.

De MarieAlice, elle retint que tout se passerait bien, parce-que son côté optimiste – d'aucuns dirait plutôt son côté « je me voile la face et je préfère penser que tout va bien » – son côté optimiste donc lui laissait penser que sa suzeraine avait raison et que de toute façon, que pouvait-il vraiment arriver de si mauvais ?

De Kilia, elle retint qu'elle pourrait utiliser les ongles. Un sourire lui éclaira le visage mais piteusement, elle contempla ses ongles rongés si court qu'ils ne pourraient sûrement pas faire grand mal.

D'un discret hochement de tête, elle les remercia et conserva un subtil sourire, jusqu’à ce que le cardinal lui-même l’invite à gagner la couche nuptiale. Tournant la tête dans sa direction afin de cueillir ses paroles et tout autant son regard réconfortant – il n’y a pas meilleur sédatif que le regard du Très-Haut par l’intermédiaire de l’un de ses serviteurs, elle remarqua alors toutes ces personnes qu'elle avait oubliées pendant quelques instants. Et en effet, tout ce dont elle eut envie, alors, fut de se soustraire à leurs regards, de bondir dans le lit, et que pour finir, on l'y enferme, on les y enferme tous deux derrière ces tentures qui jamais, jamais, ne seraient à son goût assez épaisses. Car il lui faudrait au moins trois murs de pierre, entre le lit et les autres, pour que le poids des regards et des chuchotements se fasse sur elle plus léger.

Allons. On se dépêche, voilà bien une chose que tu ne feras pas à reculons. On a envie de courir mais on maintient la délicatesse du pas. On écarte les courtines et on se glisse avec grâce – on esssaie – et emphase – on ne perd pas le nord - au milieu des draps et des oreillers.

Et enfin, on respire, on ferme les yeux.

On attend.

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Kilia
Elle rentra dans la pièce à la suite du jeune marié, et alla vers la blondine aux joues bien rondes. Elle aimait cette enfant surement autant qu'elle aimait Aimbaud. Fruit des entrailles de Fitzounette, femme cyclonique et pourtant tout aussi fragile. Dans cette famille où l'on se montre souvent très dur, si on y avait regardé de plus près on aurait pu voir la guimauve s'échapper de leur être.

Ma jolie Yoli, j'aimerai vraiment pouvoir te raconter cette histoire dont tu avais si envie. J'ai bien compris que normalement c'est ton frère qui le fait, mais pour une fois, j'aimerai beaucoup te la raconter. On ne passe pas beaucoup de temps ensemble... et si tu veux, toi aussi tu pourras me raconter une histoire. Me ferais-tu se plaisir?

Et de rajouter la voix plus basse comme un secret à échanger.

J'ai ramené plein de pâte de fruit de toutes les couleurs, rien que pour toi.

Elle se redressa en lui faisant un clin d’œil et en lui tendant sa main, espérant que l'enfant la saisirait. Cette main tendue était tout autant un stratagème pour faire sortir l'enfante, qu'un échappatoire à cette fin de soirée pour la duchesse. Soirée qui ne lui convenait guère. Sortir de cette pièce emplie de ces gens qui par moment lui semblait si familier et à d'autre si étranger à ce qu'elle était. Elle se souvenu d'une phrase qu'un ennemis devenu surement ami lui avait dit: " Dans un autre lieu, à une autre époque...".

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Dict Lumière de l'Anjou,EX-Paire. Future Reyne! Note JNCP: "Peut mieux faire"
Yolanda_isabel
J’ai laissé le marque-page au chapitre Toi, Aimbaud.

J’ai laissé ma vie entre tes doigts, entre tes mots. Il ne manque que ceux que tu veux bien me raconter. Dans cette chambre où ils s’apprêtent tous à sceller cette union par la destruction d’un hymen, il y a une enfant qui attend, qui se souvient. Qui n’a fait finalement que cela ces dernières années, attendre, se souvenir, se rappeler qu’Aimbaud avant prenait du temps pour elle, et qu’il lui racontait des histoires. Une enfant qui se rappelle qu’en Anjou, on leur racontait des histoires à tous deux, des histoires de buse, de pâtes de fruits pour devenir forts et grands. Une enfant qui se souvient les chants paillards appris en Bourgogne en même temps que son frère.

Et puis, Aimbaud a grandi, et ça a été la porte ouverte à toutes les fenêtres. Elle n’a cessé d’attendre et de se souvenir, en attendant de revivre. Mais Aimbaud a grandi, et là, comme un coup de poignard, comme quand son père retrouve sa mère, et qu’elle est chassée avec véhémence de la couche maternelle, on la chasse. Prenez-la pour une idiote, mais prenez-la bien contre vous car une idiote avertie en vaut deux, et quand elle est obèse, elle pèse son poids.. Et ses mots.


-« Quand tu voudras de nouveau de moi dedans ta vie, ‘Baud, on finira l’histoire. »

Mais en attendant, parce qu’elle est lasse d’attendre et bien fatiguée surtout, la petite main potelée vient se glisser dans celle de sa grande-tante comme on se glisserait sous ses draps avec un soupir d’aise.

-« C’est des qui-pique ? »

Brave petite buse qui entraîne la Lumière d’Anjou vers d’autres corridors, vers sa couche à elle. Rêver à des moments plus beaux, plus grands, plus chargés en gloire et en Penthièvreries, car alors si quelqu’un était derrière la porte massive, il entendrait certainement.

-« Tu m’as jamais raconté comment vous avez piqué les sous de Dôle ! »

Finalement, elle aura eu son histoire !
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« Je balise.. Je vous jure que je balise, sa mère. »
Aaron
Décidément, l’ambiance était bien étrange, et le cardinal bien perdu. Tous immobile dans cette pièce, chacun cherchait sa place, son devoir, sa mission... La sienne était de bénir le lit nuptiale, certes, mais il n'y avait que la mariée entre les draps, et point d'époux. Voilà qui allait être une des nuit les plus étranger qui soit...

Le prélat disposa deux petits bruleurs de myrrhe de part et d'autre du gros coffre de bois posé devant le grand lit double et y déposa une braise... Laissant monter un instant les fumée odorante, il sorti un goupillon d'un petit coffret, et versa une fiole d'eau bénite dans la manche, et de quelques gestes brusques, secoua celui-ci au-dessus du lit matrimonial.


Que Dieu Tout-Puissant accorde paix, amour et fertilité à ce jeune couple qui convole ce soir en justes noces. Que cette nuit soit porteuse d'avenir pour le couple, pour la famille et pour chacun d'entre eux, qu'ils trouve la paix et la prospérité dans leur nouvelle vie commune qu'ils scellent aujourd'hui dans la chair.

Amen...


De quelques derniers coups de goupillon, il termina sa bénédiction en souriant gentiment à la marié.

[Cheffe-cheffe Aldraien
Retrait du HRP, il n'est autorisé dans le RP que pour donner une précision importante sur celui-ci ; cf Règles d'Or. Bon jeu.]

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Aimbaud
Pendant les préparatifs du prêtre, et alors que de petites bouffées blanches commençaient à s'échapper des encensoirs, deux serviteurs procédèrent au dévêtement d'Aimbaud. Lequel fut bref et effectué dans un complet silence derrière un simple panneau de bois. Les cheveux montés en épi par le pourpoint qu'on lui avait passé par-dessus la tête furent rabattus sur le passage d'un chainse propre. Pour le reste, le jeune seigneur demeura en simples pantes de petite-laine, un pijama très d'époque. Le paravent fut rabattu est emporté sous le coude par les valets quand les gestes sacrés du Cardinal commencèrent.

Pressé par le temps, Aimbaud engloutit sans réfléchir le contenu du hanap qu'on lui tendit. Il n'écouta que d'une oreille les paroles qui l'accompagnaient, préoccupé plutôt par l'idée de ne pas régurgiter le liquide qui, pris en trop grand quantité, lui gonflait les joues et répandait sur son palais un goût puissant. Parvenant enfin à déglutir la potion, le sourcil froncé de désagrément, il se faufila sous l'édredon et sa parure de draps, dont les profondeurs étaient gelées, pour recevoir dans l'oeil une dernière goutte d'eau bénite et entendre la bénédiction de justesse.


Amen.

Respirant comme un lapin de trois jours, l'esprit encore embrumé par le vin des festivités, il observa la figure de l'homme d'église disparaître de l'encart des montants du lit, les cliquetis du goupillon suivant sa retraite. Nerveusement, ses poumons se remplirent d'une bonne dose d'encens. Il n'osa plus tourner le regard vers l'altesse et sa suzeraine encore présentes dans la chambrée, préférant de loin la vision sereine du plafond de la literie tendu de draperies. Un plafond qui tournait légèrement sous l'assaut du vin, comme un manège tranquille. L'amertume des mixtures armoriennes et l'appréhension de ce qui allait venir n'avaient finalement pas complètement éradiqué l'ivresse... Pourvu qu'il ne soit pas malade en cours de route...!

Quant à la présence de Clémence à son côté, dont il ne sentait que vaguement la chaleur près de son bras, il tentait de ne pas focaliser dessus. Il avait croisé son regard en prenant place dans le lit, et ce simple coup d'oeil leur avait mutuellement fait comprendre qu'ils redoutaient autant l'un que l'autre l'issue de cette nuitée. Les paroles liturgiques décrispèrent cependant notre époux en chef. Puisque c'était le Tout-Puissant qui voulait qu'il se trouvât là contre le flanc d'une maigrelette inconnue, dans l'optique de sceller leur union dans la chair... Relaaaax.

Puis il se demanda un instant si l'histoire de Dole de tata Kiki était chouette.

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Clemence.de.lepine
Et elle était chaude, la Marquise, brûlante, et sûrement largement au dessus des trente-sept degrés réglementaires. Elle était en fusion, ses tempes palpitaient, son front bouillant lui paraissait ruisseler, jusqu'à sa gorge, tel un torrent corrosif et dévastateur, laissant dans son sillon des marques douloureusement incandescentes . Et sa gorge, justement, cette gorge presque nue se soulevait par saccades, expirant un souffle fragile et sifflant, acide, cuisant, et qui lui arrachait les poumons, les tordait, les meurtrissait rageusement.

Elle porta une main fébrile à son front et s'étonna de ce qu'il fut sec et si froid.

C'était ce truc, qu'on lui avait fait boire. Cela lui bouleversait les sens et lui mettait le cerveau à l'envers. Pour peu qu'elle y fut allergique, en plus...

Alors donc, peut-être bien qu'elle n'avait pas si chaud. Peut-être bien qu'elle était parfaitement calme. Peut-être même que sa respiration était paisible et que ses poumons ne souffraient pas.

Comment savoir ? C'était à peine si elle avait entendu les paroles du Cardinal, et il lui avait fallu cligner des paupières mille fois au moins pour qu'elle s'aperçoive enfin qu'il avait disparu de devant eux, quand il était parti depuis longtemps.

De devant eux ?

Oh mon Dieu... il y a un homme dans mon lit !

C'est la sinistre révélation, et à retardement, cette vérité la fait sursauter. Elle se colle au mur, ramène contre sa poitrine ses genoux tremblants et les enserre avec force de ses bras graciles – pour ne pas dire trop minces. D'un regard sceptique, elle étudie celui qui se tient à côté d'elle, et il lui faut quelques instants pour qu'un éclair de lucidité traverse enfin les méandres brumeux de son esprit engourdi.


Ah, c'est vous. Lâche-t-elle dans un murmure, étrangement rassurée.

Les tentures ont toutes été abaissées, et on n'aperçoit du dehors que des ombres mouvantes et les éclats blafards des chandelles. Aimbaud ne lui apparaît qu'à demi, et elle le scrute, les yeux plissés dans un effort intense, s'attendant à ce que ses iris d'un instant à l'autre s'habituent au changement de luminosité et lui dévoilent finalement davantage que les contours flous et spectraux de son époux, pour l'heure quasiment irréel.

Ils ne sont clairement pas là pour se taper la discute, mais la vierge non-initiée est maladroite, alors elle fait ce qu'elle sait faire : elle parle et joue la bravache.


Je sais que je dois m'allonger.

On lui a dit, non ? Mais l'affirmation sonne faux, car on décèle dans cette voix butée une pointe d'interrogation, un soupçon d'incertitude. Elle perçoit le paradoxe et s'agite un peu au fond du lit. Pourtant, elle n'est pas embarrassée. Il y a ce truc qu'elle a ingéré qui lui coule dans les veines. Ça lui fait voir quelques étoiles et ça lui donne toujours aussi chaud, mais surtout, ça lui fait oublier certaines pudeurs.

Elle a simplement le regard timide qui se disperse derrière ses cils et la voix hésitante d'une... pucelle un peu troublée.

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