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[RP] Au fin fond d'une ruelle

Andrea_
La belle passe ses doigts délicats sur ses lèvres, les caressant, appréciant le goût encore vinaigré - le vin de nos jours...- du baiser passionné qu'Astana et elle ont partagé, la blondeur avait un mouvement de langue à faire palir un mort, même Alz' vous le dirait, l'soucis c'est qu'peu sont encore vivant pour en témoigner... La chiasse esquisse un sourire quand Alzin se prend la tête en coup de boule.

A peine le temps de prendre de l'air pour lancer un ricanement dont elle seule a le secret - du genre gniark gniark gniark- qu'une violente douleur la tire en arrière et que les lèvres d'Alzin cueillent son soupir plaintif. Ah y a vraiment des choses, des p'tits bonheurs de la vie pour quoi on aimerait souffrir hein. Si à chaque orteil qu'elle se pétait dans la table basse, elle avait le droit à ce genre de remède, j'ose vous dire qu'elle irait de bon coeur. Mais pas le temps de faire des plans sur la comète qu'il l'abandonne déjà pour aller vers la blondeur. Ah les hommes... jamais assez, tous les mêmes tient !

Légère moue boudeuse de la Colombe qui n'en montrera rien -non non non- et qui préfère se retourner pour ne pas voir ce baiser de " Cine et Ma", les coudes appuyés sur la tête de Joyeux, la belle se glisse dans le rôle de sa vie, celui qui l'a rendu célèbre... Elle boude. Mais du grand boudin hein, limite andouillette -tu vois l'genre?-

Elle ferme les yeux échappant un soupirant un grognement - elle PEUT le faire- canardant à deux reprises un de ses joueurs avec des restes de projectiles qu'elle avait glissé préalablement dans son corset. Mais n'ayant même pas l'envie d'esquisser un sourire, quand le morceau d'oreille trancha le talon d'Achille.
Le bruit du tissus contre le sol ne laisse aucun doute à la chiasse, Alz' est en train de conclure et sur un malentendu... - vous connaissez la chanson-



Et oui! Tu avais qu'à me faire gagner !


Gros doute de la Colombe là... - bah oui, pas parce qu'elle regarde pas qu'elle n'écoute pas, faut pas trop en demander non plus- La Chiasse se retourne, le pied dans une flaque de ... pluie?!, le bas du jupons trempant allègrement dans le jus, a moins que Duduche soit vraiment ravie de voir Will et que ça ne soit pas de l'urine ... Uhuh !


Qu'est-ce que t'as ?!
Rien Al', t'es beau quand tu boudes, t'sais



Un hochement de tête moqueur, limite révérencieux et les pupilles se posent sur Astana qui s'est levé dans eune rapidité déconcertante et qui se dirige comme une... furie ! en plein milieu du terrain, en hurlant des insanit... Hey ! Mais la blondeur serait-elle une chiasse qui s'ignore ?
On se croirait là encore dans un vieux film d' " Aime Sisse" en début d'après midi, deux jumelles se retrouvant, l'une aussi brune que l'autre est blonde, mais qui se révèlent être les mêmes. Rho que c'est beau!
Donc je disais c'est beau ! La Blondeur prend sa défense! c'est que face à Alzin et son service trois pièces, la Colombe - avec pourtant deux pièces d'exceptions- n'était pas de taille... L'a du louper l'baiser sûrement, et dire que la Colombe leur tournait l'dos !

Haussement de sourcil et bras écartés, la chiasse demande à la foule de se taire - et à Twix d'arrêter de se ronger les ongles qu'il a perdu il y a déjà dix minutes, la faim, quel fléau !- et les pieds la guident en haut de la pyramide humaine.

Un regard bien hargneux au presque plus chauve - c'est moi où ça pousse à vue d'oeil ?- accompagné d'un pouce qui trace une ligne imaginaire sur le cou de la belle - en mode conne ON, à ne pas confondre avec come on- pour ceux qui comprendraient pas, on peut lire dans son regard " Alzin mon chéri que j'aime, si tu t'excuses j'te ... je t'embrasserais à Noël sous la branche de- ou à- Guy " - ou " j'te tabasserais à BIP s'pice de BIP avec ton BIP à BIPBIPPPPP". Bref, tout le monde ne lit pas le "Andrearegard" donc chacun fait son interprêtation.

Un regard ensuite tendre vers sa blondeur avec le même pouce que pour Alzin mais... tendu vers le ciel, l'est contente la chiasse, gagner elle aime, par forfait ou pas, peu importe la manière tant que l'objectif est atteint !



STAN, il a dit qu'il a encore le goût d'pourriture de ta bouche, j'lai entendu, J'ai GAGNéééé !! LES PREUX VAINQUEURS !!


Comment ça il a pas dit ça ? Comment ça il l'a pas embrassé ? Ouai bin la chiasse elle est assez grande pour dire c'qu'elle veut d'abord, 'fin grande... ça ... ou.. mais ? ça s'écroule où ça vient d'elle ?


Déconnez pAS !!!
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--Dazibaan
Plus tard, dans les mêmes ruelles.

Naaaaaaan...
Ne lui dites pas ça.
Ne l'imaginez même pas!
C'était impossible.
Dazibaan ne se perdait jamais.
Que ce soit sur les routes ou dans un dédale de ruelles.
'Fin bon là, fallait bien avouer qu'au sortir de l'auberge de la blonde Corléone, il avait dû se planter quelque part.
Un coup d’œil à droite... Un coup d’œil à gauche...
Toujours ces venelles glauques à souhait. Il s'attendait presque à en voir surgir un monstre... Du moins c'était limite hein!
Enfin il était presque sûr d'avoir évité la rue des tarés masqués, c'était toujours ça de prit. Déjà qu'il devrait sans doutes y retourner....

Une moue amère sur la trogne quand même le Daz. Il aurait pu avoir une soirée peinarde, à gouter la chair tendre d'une femme, plutôt que de passer son temps à courir les rues pour des nèfles.

Les bras derrière la tête, en guise de support, il avançait tranquillement, même s'il restait sur ses gardes. C'est qu'on n'était pas dans les rues marchandes de la capitale ici hein... Et les bruits ambiants n'aidaient pas non plus à rester rêvasser. Mieux valait faire gaffe, il tenait quand même à sa peau le bonhomme.

A un croisement, il se stoppa toutefois. Son regard avait capté une ombre, et après une marche arrière de quelques pas, il haussa un sourcil tout en guettant la ruelle. Oui c'était bien une ombre. Une femme même. Enfin fallait se méfier là dedans, on n'était jamais sûr de rien. Et ça pouvait bien être un traquenard. En même temps, il n'avait rien sur lui, et on serait bien en peine de vouloir faire les poches à un voleur. Le comble.

Une légère hésitation plus tard, le voilà qui se dirigeait vers la femme qui s'éloignait en lui tournant le dos. L'avait-elle seulement vu? Rhaaa on n'a pas idée d'se paumer à la Cour, sérieux...


Eh toi!

Plus que quelques pas et il pourrait la toucher, lui demander comment rejoindre la civilisation même s'il était tard le soir. Sa main au doigt manquant se tendait déjà pour la chopper à l'épaule...
Aethys
[Dans la ruelle, poursuivie par une main à quatre doigts]

Froissement de tissus lie de vin, soupire âcre aux relents d’opium. Pavés inégaux sur une boue sordide. Gémissements rauques et braillements paillards. La Cour…Depuis combien de temps n’avait-elle pas trainé ses jupons par ici ? Des mois, des années peut-être. La dernière fois, la rumeur d’un masque de bois flottait dans l’air crasseux et moite. La dernière fois, elle avait vu danser des jupons arc-en-ciel. La dernière fois, elle s’était perdue dans une folie douce.

Cette fois aussi d’ailleurs, elle était perdue. Mais dans une folie toute autre. Une folie qui la rongeait lentement. Une folie qui chassait son sommeil et ornait son visage d’un teint grisâtre. Une folie qui l’avait poussé à rejoindre Paris et la Cour. Une folie, sa folie…Il était parti. Sans un mot, sans un regard. Comme s’ils étaient des étrangers. Ne savait-il pas où la trouver ? Ne savait-il plus qu’elle était là, à l’attendre chaque nuit ? Les poings fins de la Gasconne se serrèrent marquant ses paumes de croissants rougeâtres. Certes, elle n’était pas plus revenue vers lui que lui vers elle mais n’était-ce pas à lui de s’avancer cette fois ? De lui prouver qu’elle représentait encore quelque chose à ses yeux ? Les ambres se firent houleuses, éclats éteints dans des brumes opiacées. Qu’importe…elle avait appris la leçon. Offrir de quelconques sentiments à un autre était une perte évidente de temps et d’énergie. Pourtant…

Des pas derrière elle lui firent tendre l’oreille, l’arrachant à ses pensées. Des pas dans la Cour, ce n’était jamais bon signe. Les traits du barbier se tendirent peu à peu, s’acérant sous la peau hâlée. Elle connaissait par cœur ces ruelles, les avaient parcouru mille et une fois dans sa jeunesse lointaine. Rien ou presque ne pouvait l’inquiéter ici car elle se savait chez elle. Et pourtant. Une vague électrique la traversa secouant les muscles anesthésiés par ses drogues. Il était tard ou tôt peut être mais la Cour ne dormait jamais. N’étant qu’une jeune femme malgré tout, elle restait à la merci d’un quelconque mâle en manque d’animations. Presque inconsciemment, ses doigts ouvrirent dans un claquement léger sa ceinture de barbier qui ne la quittait jamais. Avec fermeté, ils s’emparèrent d’une fine lame à l’éclat sombre.

Les pas se rapprochèrent et une voix franche assourdie par l’atmosphère poisseuse de la ruelle lui parvint aux oreilles. Déjà, le ton ne lui plaisait pas. Ses lippes se tordirent en un rictus froid. Non mais d’où on interpellait les gens à la Cour maintenant ? C’était juste bon pour se faire dépecer au fond d’une ruelle, ça. Il fallait être inconscient, fou peut être et certainement pas de ce monde. Une main alla même jusqu’à se poser sur son épaule, arrêtant net la Gasconne qui frissonna. D’un geste leste, elle fit volte face, piquant la lame qu’elle tenait sur le torse de l’inconnu. Pile entre les côtes, juste sous le cœur. Déformation professionnelle sans doute. La lame ne se fit cependant pas odieuse mais légère sur le tissu. Elle ne mordait pas encore, tout juste elle montrait les dents. D’abord, se protéger, après discuter. Aethys leva alors les yeux vers le visage de celui qu’elle menaçait. Il ne semblait pas agressif. Surpris peut être, même un peu perdu mais pas agressif, somme toute. La lame se maintint pourtant.


« Qui êtes vous ? Que me voulez vous ? »

Les accents chantants de la Gasconne détonnèrent dans la ruelle de la Cour. Les ambres sérieuses se plongèrent dans le regard en vis-à-vis. Un instant, elle songea au tableau qu’elle devait renvoyer. Des courbes somptueuses, enserrées dans un corset de cuir et une chemise sombre, un regard brun franchement pas aimable et insolent, un minois fatigué où la jeunesse des traits tranchait avec la dureté de l’expérience, une cascade brune sur les épaules et surtout cet air étrange de folie noyé sous des vapeurs d’opium. Esquisse improbable en fait, mais qui s’attachait à l’apparence à la Cour ?
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Dessin original AliceChan ©
--Manshoon_beauregard
Manshoon BEAUREGARD


(Suite du rp http://forum2.lesroyaumes.com/viewtopic.php?t=619028)

Les deux cavaliers débouchèrent dans un étroit boyau où maintenant résonnait le fracas des cuirasses mélangé à la monotone mélodie des sabots. Manshonn Beauregard l'imposant guerrier, se permit de préciser. - Les types qu'on peut croiser à la Cour des Miracles sont des rustres pour la grande majorité. Ils n'aiment pas trop les étrangers sur leur territoire et il est possible que ça dégénère. En règle générale, les lois ici font mention de frapper avant puis de discuter après...

Ils entendirent une voix féminine sans réellement comprendre les paroles. Continuant leur route, ils remarquèrent enfin deux silhouettes.

Manshoon, une main sur la garde de sa puissante épée à large bord, arriva à un moment à distinguer les traits des deux individus. Un homme se tenait aux côtés d'une femme au visage marqué par la surprise. Pensant à bien des scénarios divers allant d'une simple rencontre amicale, au détroussement et terminant par une tentative de viole. Le maitre d'arme d'une voix rauque interpella : - Étrangers ! Si vos intentions sont bonnes passez votre chemin ! Si l'inverse était avéré alors préparez-vous à en répondre !

Le bourru personnage cracha au sol, passant sa main libre sur une barbe de plusieurs jours.
Loredan
Loredan dit Elaith Vendorage resta silencieux derrière son compagnon. Également sur le qui-vive, il observa un long moment la jeune brune essayant de connaître au fond de ses yeux la véritable nature de ses intentions. Étaient elles mauvaises ? Si tel était le cas... Ça serait la première fois que le jeune garçon... contre une femme... L'idée le répugnait...
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--Dazibaan
Eh voilà! Encore! Il s'était encroûté en cherchant la facilité dans les patelins qu'il traversait. Fallait croire qu'il avait trop pris l'habitude des gens nullement méfiants des villages où tout le monde se connaissait. Vrai que sur le coup, il avait oublié où il se trouvait. Pas faute d'être resté sur ses gardes tout le long de son escapade dans les venelles... En même temps qui aurait cru qu'une donzelle chercherait à s'en prendre à un homme...

Si la lame vint jouer contre son torse, au travers du tissu qui le recouvrait, de la main il ne manqua pas saisir le poignet qui le menaçait et dévisagea l'inconnue. S'il fut surpris, cela se vit! Il avait toujours eu du mal à cacher ce qu'il pouvait ressentir. Pour le coup, trouver une fleur pareille dans ce dédale d'immondices, c'était... Il ne savait qu'en penser à vrai dire. Surpris oui. Et l'accent du Sud du Royaume pour couronner le tout, pour sûr, elle devait être aussi paumée que lui, ou à la recherche de quelque chose de pas clair. Ce parfum, cette odeur... Les sourcils se froncèrent l'espace d'un instant, mais il n'oubliait nullement cette lame contre son cœur. Fallait bien dire qu'il y tenait, même s'il s'était dévoué pour accompagner une jeune femme chez les tarés masqués.


Et toi qui t'es? Tu sembles pas ribaude et pourtant y a bien qu'elles pour se trimballer dehors à pareille heure, dans c't'endroit.

Les billes sombres se promenaient sans gêne aucune sur la jeune femme, détaillant, scrutant, et sur son visage, un sourire en coin s'étira doucement. Alalala toutes inconscientes ces donzelles. Heureusement qu'elle était tombée sur lui, à qui il restait quelques valeurs et notions de savoir vivre... Tout voleur qu'il était... Oh il ne la lâchait pas pour autant. Très tactile, il appréciait le contact, et celui d'une jeune femme pareille, il n'allait pas bouder son plaisir. Puis finalement, pourquoi le cacher?

Dazibaan.

La main tenant le poignet menaçant se resserra doucement, étreinte doucereuse mais qui ne manquait pas de force. Le jeune homme, nullement craintif -un homme avoir peur d'une nenette, z'avez déjà vu ça franchement? Au pire, méfiant- se pencha sur la brune, tous proches qu'ils étaient. Son souffle chaud à l'oreille, il allait lui murmurer quelque chose au sujet de lame, de sang, de mort, de sacrifice ou autre, paroles toutes plus dramatiques les unes que les autres, pour lui qui en faisait toujours trop, mais on ne lui en laissa pas le temps. Surpris, le châtain au catogan fit un mauvais geste qui le fit se piquer à la pointe qui le menaçait toujours.

Rhaa mais bordel!

Grimaçant Daz chercha les dégâts avant de relever la tête vers celui qui venait de beugler et celui qui l'accompagnait. Ces deux zouaves avait rompu le... charme? L’œil avisé, il ne rata pas les armes portées, les chevaux, forcément et les cuirasses. Là encore, il fut surpris, mais pas dans le bon sens. La garde? Dans ces venelles? Qui? Son regard passait de l'un à l'autre pendant qu'il cherchait rapidement quelque chose.

Qui est étranger ici? Les pécores paumés dans les rues? Ou ceux qu'ont le cul bien posé sur leurs canassons? On n'a pas b'soin de vous ici.

De sa main libre, il vint appuyer doucement sur les chairs entaillées par la faute de ces deux gus. Pas vraiment douloureux, mais un picotement désagréable... Et un geste du menton leur signifia qu'ils n'étaient pas les bienvenus dans la rue. Dire qu'il voulait juste trouver son chemin. Un geste du menton pour leur signifier qu'il ne ferait rien de leurs ordres et il revint à la brune, tout en guettant tout de même les gardes.

Tu crains rien d'moi. Avec eux, c'est d'jà moins sûr.


Loredan
Loredan qui était resté silencieux jusqu'à maintenant fut intrigué par un détail. La femme portait à la main un court poignard et menaçait l'homme se trouvant à ses côtés. Saisi d'un doute, le jeune duelliste considéra la brune du haut de sa monture. Elle lui tournait légèrement le dos, si bien qu'il n'apercevait que la somptueuse chevelure brune éclatante, qui tombait en cascade sur ses épaules. Elle semblait si jeune, à peine sortie de l'enfance et si merveilleusement innocente.
Cette jeune fille angélique avait pourtant dans sa main un poignard et semblait avoir percé d'un coup de sa lame les chairs de l'homme se définissant comme un pécore.


Donnant l'ordre à son destrier de faire quelques pas, le sieur Vendorage prit la parole tout en se penchant vers l'avant de sa selle. - Allons donc braves gens, veuillez vous retirer car je n'ai aucune envie de verser votre sang cette nuit. Ma dame, veuillez ranger votre lame car ici vous ne risquez rien... Et il en sera plus aisé pour les pourparlers.
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Aethys
Tactile. Le poignet se vit enserré dans un manchon de chair. Etreinte ferme mais pas douloureuse. Mais ni la lame ni la détermination farouche de la Gasconne ne se retiraient. Bien au contraire, les doigts blanchirent très légèrement sur la garde de cuir. La pointe se fit piquante, juste ce qu’il fallait alors que les ambres flamboyèrent d’un éclat passé. Les hommes avaient toujours tendance à sous estimer les femmes. Si la force était du côté mâle, les courbes savaient jouer un jeu plus subtil parfois, plus fourbe même. D’autant plus lorsque la dite femme était apothicaire et qu’elle maniait les poisons avec grâce. Même sur les lames. Ce que l’inconnu ne savait certainement pas.

Sans gène. Le voilà qui la détaillait de bas en haut. Les prunelles glissèrent sur les courbes, avalant les formes, violant le tissu. Aethys ne rougit ni même ne baissa les yeux. Ces regards là, elle en avait l’habitude, elle les cherchait souvent, avec une avidité maladive, narquoise sous les menaces des femmes mariées, effrontée sous les inquisitions de leurs époux. Et puis, il restait sage, l’inconnu. Elle avait connu bien pire. Ses ambres elles, restaient ancrées sur son visage, notant sans les voir ses gestes. Rester sur ses gardes. Toujours lorsqu’on parcourt les ruelles sordides de la Cour. Toujours lorsqu’on est une femme dans ce royaume.

Insolent. Les paroles de l’inconnu lui arrachèrent un sourire froid. Ses traits fatigués se détendirent quelque peu et les doigts se firent plus légers sur la lame. Dignes d’un homme, ces mots là. Une femme n’était bonne qu’à ouvrir les cuisses. Elle devait lui reconnaitre malgré tout, que la Cour s’était lentement vidée depuis la mort de ces Roys et que seules les catins y erraient encore en légions. Les lippes retrouvèrent une moue moqueuse et effrontée qui les parait il y avait peu, avant ces temps troublés.


« Aethys. Et vous devriez éviter de traiter une empoisonneuse de ribaude. Pour votre santé… »

Les ambres pétillèrent d’un scintillement froid tandis que les nacres se découvraient en un rictus carnassier. Mais l’insolent ne s’arrêta pas là. Son nom, certainement fut lâché. Simplement, sans fioritures. Un bon point. Il ne semblait pas pédant. Cependant, la prise sur la pointe s’affermit lorsqu’il se pencha à l’avant. Non pas que la demoiselle répugnait les contacts des mâles, bien au contraire mais il était aisé de se faire embrocher à une si courte distante. Alors certes, il lui tenait encore le poignet d’une main mais l’autre pouvait d’un geste faire apparaitre une lame tout aussi aiguisée que la sienne. La Gasconne serra donc les dents, son visage se tendant.

Mais l’instant d’une tendre étrangeté fut irrémédiablement brisé. Un martèlement de sabot, deux destriers, un aboiement de chien sans maitre, un grognement de son inconnu bien trop proche et voilà la brunette un peu désorientée. Ses ambres passèrent de la coupure à la main du brun aux deux cavaliers. Gérer l’instant. Les volutes d’opium se déchirèrent dans son esprit brumeux. Faire disparaitre la lame. Vite. Un geste plus tard, elle avait regagné sa ceinture de barbier et c’était une main délicate qui se posait sur le torse de l’inconnu. Un couple dans une ruelle passerait plus aisément entre les mailles d’un quelconque filet qu’une demoiselle menaçant d’une pointe un homme. Les prunelles cherchèrent ensuite la blessure. Rien de bien méchant il semblait puisqu’il ne se tordait pas de douleur et sa main n’était pour l’instant pas pleine de vermillon. Il n’empêche vu la dose de piment qu’elle avait mis sur la lame, il devait le sentir passer. Puis les cavaliers. Deux…pas le guet de toute évidence. Ils ne se baladaient jamais à deux dans les rues de la Cour, même en ces temps un peu flous. Les ambres effleurèrent les armes, remontèrent aux visages burinés. Des mercenaires ? Possible. Le ton lui déplaisait cependant, bien plus que celui du brun à ses côtés. Sa voix suave se fit acérée à la suite du brun.


« Vous devez être bien loin de chez vous, pour nous croire étrangers en ces lieux. Utopistes pour penser qu’il existe de bonnes intentions à la Cour et sans cœur pour déranger un couple dans une ruelle tranquille. »

Le second homme prit alors la parole arrachant une grimace imperceptible à la Gasconne. Prétentieux et pétri de bonnes intentions. Charmant...Un soupire fut retenu de justesse avant que la chaleur de ses mots ne se fit à nouveau entendre.

« Une lame ? Allons, mais quelle lame ? Dans cette pénombre, vos yeux ont du vous trahir. Oh mais peut être était ce ceci que vous avez cru voir ?»

Habile, Aethys fit apparaitre un peigne d'argent entre ses mains. Diantre, ce qu'il ne fallait pas faire pour être laissés tranquille à la Cour désormais. Si même les donneurs de leçons y trouvaient leur chemin. Néanmoins, la jeune femme conserva un sourire aimable et malicieux, faisant briller le peigne entre ces doigts.

« Bel objet que mon ami vient de m'offrir. N'est-il pas charmant ? Vous comprendrez alors que je souhaiterai le remercier de toute ma pauvre âme.»

Dans un mouvement languide, la garce s’approcha du brun, ajoutant à la main toujours posée sur son torse, la pression de son corps contre son flanc. Son menton se posa contre son épaule et sa main de libre rejoignit son avant bras. Un éclat entendu passa un infime instant dans ses yeux. A n’en pas douter, il jouerait son jeu. Il n’était pas idiot et elle se savait convaincante dans ce rôle. Les ambres se reportèrent alors sur les deux cavaliers et le ton se fit langoureux et fautif.

« Allons, mes Sieurs, vous ne devez tout de même pas tout ignorer de ce qui peut se passer dans ce genre de ruelle non ? Si vous nous laissiez, j’aurais peut être le plaisir de vous remercier un autre soir… »

Il eut fallu être eunuque pour refuser quoique ce soit à la Gasconne à cet instant. La crinière rejetée sur l’épaule, la gorge offerte avec insolence, le regard mutin…Après tout, ce n’étaient que des hommes, d’armes certes mais toujours animés des mêmes pulsions que tous les autres.



Edit : pour cause de croisement de post
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Dessin original AliceChan ©
Loredan
Loredan resta silencieux un court instant. Il n'avait pas pu se flouer à ce point, c'était impossible. Il avait bel et bien vu un poignard et le duelliste était certain que la femme l'avait utilisé contre l'individu. Mais alors, pourquoi ce manège ? Quoiqu'il en soit et à l'observer des pieds à la tête, tout laissait à croire qu'il s'agissait d'une fille de petite vertu, elle en avait l'apparence même si au fond de ses yeux brulaient un sentiment que Loredan connaissait que trop bien _ La même lueur qui flottait dans les yeux de la Rose Blanche... Cette femme avait déjà tué mais pas seulement, elle avait pris du plaisir à le faire. Le canasson de Loredan émit un hennissement le sortant de ses pensées. S'il s'agissait d'un peigne ou d'un poignard, la réponse lui importait peu, bien plus que ça, il se moquait éperdument de l'avenir de ces deux personnes. Sieur Vendorage prit la parole – Vous avez raison, ma vision m'a sans doute joué un tour. Avant de rajouter Je pense qu'elle ne me trompera pas une seconde fois si notre route venait à se croiser de nouveau... Nous vous laissons à votre triste besogne.
Le cavalier se tourna vers son compagnon – Le quartier pourpre ne doit plus être bien loin ! Espérons que le guet sera toujours là-bas ! Se tournant de nouveau vers les deux inconnus d'un air quelque peu hautain, il y eut un coup de botte annonçant la reprise d'un trot au son cadencé.
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--Manshoon_beauregard
Manshoon BEAUREGARD



Manshoon Beauregard laissa le sieur Vendorage mener les débats s'assurant qu'il ne s'agissait pas d'une quelconque embuscade qu'on peut voir régulièrement à la Cour des Miracles.
Le guerrier ne quitta pas du regard les deux énergumènes les reluquant de multiple fois de la tête aux pieds. Avaient-ils surpris malencontreusement un homme s'offrant les services d'une putain ? L'idée amusa grandement Manshoon se ponctuant d'un large sourire.
Aux paroles de Loredan il répondit :
- Ce n'est qu'une question de quelques rues... Avant de voir le sieur reprendre son chemin.

Manshoon resta un instant immobile sur son cheval alors que son compagnon s'éloignait. Regardant tour à tour la femme et l'homme, il prit un de ses plus affreux visages et ajouta d'un ton qui semblait plus que sérieux tout abord pour il pour ensuite finir sur elle :

Celui qui a le cul bien posé sur son canasson te chie dessus misérable pouilleux ! La fortune aura voulu que le Sieur Elaith Vendorage, souvenez-vous bien de ce nom croise votre route et décide de poursuivre la sienne... S'il en avait été autrement, je t'aurais rossé sans douceur et toi vilaine, tu aurais eu le droit à être souillé avec rudesse... Terminant d'un rire guttural.

N'ayant plus rien à faire ici, le cavalier empoigna le train à Loredan laissant dans son sillage un fracas qui réveilla les ruelles aux alentours.
--Dazibaan
Dazibaan ne lâcha pas un seul instant les types du regard. Manquerait plus qu'ça tient. Ah ils pouvaient faire les fiers, les orgueilleux, haut perchés sur leurs canassons, à l'abri de tout. De tout? Vraiment? Un rictus pointa sur la trogne de notre homme. Si les mendiants de la Cour avaient vraiment faim, pour sûr qu'ils ne feraient qu'une bouchée de ces chevaux et de ces nobles personnes.

Il n'avait pas manqué serrer contre lui la brune qui avait opéré un sérieux rapprochement, après tout, il fallait bien profiter des bonnes choses, quand bien même lui avait-elle foutu une lame sous le nez. Lame qu'elle avait tout bonnement fait disparaitre pour faire apparaitre un peigne à la place. D'un sourcil haussé, il salua le tour de passe passe. Elle semblait pour le moins douée, aussi décida-t-il de l’appeler "magicienne". La Magicienne, c'était bien. Oué, il ferait ça. Par contre il déchanta quelque peu, presque déçu à s'imaginer que ce n'était qu'une putain de plus, alors qu'il suffisait de se baisser pour en ramasser à toutes les tavernes... Dommage...

Esgourdes ouvertes, Dazibaan nota la destination des deux gus. Ça pourrait être intéressant d'aller y jeter un œil, même curieux. Et sur le départ de celui qui semblait escorter le premier, c'est un furieux crachat au sol qui lui répondit et le regard se fit dur, l'espace d'un instant.


S'tu crois qu'on s'rait laisser faire...

Bien! Et vu que chez Dazibaan, on changeait d'humeur comme de ch'mises et que rien ne l'atteignait ou presque, tout jemenfoutiste qu'il était, il attendit juste que les deux zouaves aient tourné le coin de la venelle pour se retourner vers la donzelle qui se collait à lui, attrapant un bras, puis le poignet de la main posée sur lui. Elle ne l'aurait pas cette fois. Il ne la repoussa pas, et se pencha même sur elle.

On en était où déjà? Il fit mine de réfléchir l'espace d'un instant, tous interrompus qu'ils l'avaient été. Ah oui, Aethys. Empoisonneuse? J'aurai dit magicienne.

Doucement, il la repoussa, lui rendant sa liberté. Après tout, il ne lui voulait rien de bien méchant, malgré leur localisation des plus hostiles. Il en aurait presque oublié ce qu'il lui voulait pour le coup... Et distraitement, il ne cessait de frotter cette main devenue douloureuse, avant de jeter un œil dessus. Bougresse qui l'avait entaillé avec son couteau...

Empoisonneuse... Ribaude... Vu le tour que t'leur as joué, j'ai l'droit de me poser des questions. T'as l'air de connaitre l'métier en tous cas. Même moi j'y ai cru!

Peut-être qu'il en fréquentait trop... Du menton il désigna la ruelle qui s'étendait autour d'eux.

Et qu'est-ce que tu fous ici. C'est pas avec une dague que tu vas réussir à quoi qu'ce soit si un type d'ici avait décidé d'faire de toi son repas. Toute empoisonneuse qu'tu es, j'doute vraiment qu'tu fasse le poids.
Aethys
Un léger sourire effleura les lippes de la belle Gasconne alors que les deux hommes semblaient se désintéresser de l’étrange couple qu’elle formait au bras du brun. Léger et fugace, il ne laissa qu’un pétillement imperceptible au fond de ses ambres. Elle détestait devoir justifier de sa présence quelque part. Dans une ville ou même un village, elle l’entendait car étant de basse naissance, elle se devait de baisser le regard devant les grands. Mais à la Cour…les temps devaient être plus troubles que ce qu’elle pouvait imaginer pour que les nobliaux se mettent à y distiller leur loi.

La suite des marmonnements des cavaliers lui arracha une grimace. Le quartier pourpre, le guet…La Reine Pourpre avait elle des ennuis ? Les nacres se plantèrent dans la pulpe rosée des lèvres. Le Royaume partait en lambeaux. Puisse Déos les protéger, tous, même son engeance la plus basse. Un voile sombre passa sur le minois charmant de la gamine.

Perdue dans ses pensées, les derniers aboiements du chien ne lui parvinrent pas. Après tout, il n’était rien de plus qu’un chien. Son compagnon, lui, y répondit, avec un aplomb qui ramena un petit air amusé et insolent sur le visage gascon. Mais déjà, à peine les cavaliers disparus au coin de la ruelle, Dazibaan reportait son attention sur elle. Aethys vit son bras puis son poignet retenu et maintenu contre lui. Elle baissa les yeux, esquissant un nouveau sourire avant de raccrocher ses ambres sur lui. La voilà prisonnière de cet homme. Pourtant, elle ne le craignait pas. Elle aurait pu peut être même dû mais, son esprit fou ne pouvait se consolider sur un sentiment de peur. Après tout, elle avait déjà tout perdu et il ne saurait rien lui enlever qu’elle n’avait déjà pas tenté d’abandonner.

Magicienne. Son sourire s’étendit gracieusement alors qu’elle faisait à nouveau disparait le peigne dans sa ceinture. Magicienne…oui pourquoi pas ? Cela sonnait toujours mieux que sorcière. Repoussant d’une main fine, trop peut être, une mèche sombre qui lui barrait le front, elle se vit libérée voire, repoussée. Les ambres suivirent le regard du brun, descendant sur la plaie qu’il avait à la main. Le piment…elle avait failli oublier. Un éclat sérieux étincela dans les brumes opiacées qui l’habitait. D’un geste sur, elle lui attrapa la paume, chassant son autre main.


« Disons que j’ai plusieurs cordes à mon arc et que ribaude en fait peut être parti. »

La plaie était fine mais rougeoyante. Le piment avait déjà dû se répandre dans les chairs, distillant leur chaleur sordide. Aethys fronça le nez. Cela devait piquer à n’en pas douter. Une étrange mélancolie éteignit son minois. Piment…à chaque fois qu’elle l’utilisait, elle ne pouvait s’empêcher de penser à la première fois qu’elle avait vu cette épice comme poison.

Encore lui…jamais, je ne pourrais l’oublier…ma folie…

Un sourire sarcastique déforma ses traits mais elle le fit rapidement disparaitre. Attrapant un mouchoir de lin à l’odeur mentholée de sa ceinture, elle le tendit à Dazibaan.

« Mettez donc ça sur votre main. Je ne voudrais pas que le poison se répande. »

La Gasconne releva les yeux vers lui.

« Si vous étiez d’ici, vous sauriez que, généralement, on tait les affaires qu’on fait à la Cour. Et puis, je ne crains pas les hommes.»

Le minois se fit insolent et elle recula de quelques pas. Elle ne doutait jamais de ses compétences à se sortir des mauvais pas. Allumeuse ou empoisonneuse sans état d’âme, elle savait jouer de ces différentes facettes, charmant les uns, tuant les autres. Et puis…elle n’avait plus rien à craindre maintenant. Tout était fini, non ? La brunette laissa son regard se perdre dans la ruelle. Qu’était-elle venue chercher ici finalement? Que voulait-elle retrouver ? Une certaine lassitude fit se détendre les épaules, fragilisant la silhouette déjà peu gaillarde de la jeune femme. Ses lèvres tremblèrent. Un peu…mais certainement trop.

« Je ne sais pas…Je ne suis pas certaine de ce que je veux ici… »

Aveu parfaitement gratuit à un inconnu quelconque. La Gasconne n’était certainement plus elle-même.
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Dessin original AliceChan ©
--Dazibaan
Il n'eut, en effet, pas été étonnant que ribaude fasse partie des... Qualités de la donzelle qu'il avait face à lui. N'étaient-ils pas à la Cour? Pour se balader ainsi seule... Dazibaan la laissa, non sans un sourire narquois sur la trogne, attraper sa main. Une grimace toutefois, surtout que la chaleur désagréable semblait vouloir s'étendre et non plus se cantonner à la plaie. Bordel un petit machin comme ça... Était-il devenu vieux au point de ne plus supporter petite blessure?

Le châtain regarda le mouchoir qu'elle lui colla sous le nez. Un sourcil haussé montrant la surprise... Ou plutôt l'incompréhension, devant la douce fragrance qui s'échappait de la pièce de tissu. Mais ça, c'était parce qu'il n'avait pas attendu d'entendre les mots qui accompagnaient le geste. Il lui fallu un instant pour que le cerveau percute. "que le poison se répande".... Il tarda assez à réagir, enroulant machinalement sa main dans le carré d'étoffe, pour qu'elle puisse continuer sur sa lancée.

Son regard sombre rivé sur la brune, il n'en ratait pas une miette, serrant sa main douloureuse en appuyant sur le mouchoir imbibé, jusqu'à ce qu'elle enchaine. Pour le coup, il oublia même le coup du poison l'espace d'un instant. Et le regard rivé au sien, il ne put s'empêcher de rire de bon cœur, elle qui était pourtant des plus sérieuse. Il essaya donc de se calmer du mieux qu'il le put afin d'écouter la suite, et préféra essayer de se concentrer sur cette main qui le lançait au possible afin qu'elle ne prête pas attention à son hilarité.

Relevant la tête, le sourire qu'il affichait encore s'évanouit en voyant la jeune femme si sûre d'elle peu avant, sembler si fragile en cet instant. Arf manquait plus que ça. Comment la jouer? Le trogne de travers à trop réfléchir, il finit par s'approcher de la brune et lui colla une pichenette sur la tête, de sa main sauve et au petit doigt manquant.


Si t'étais d'ici, tu saurais qu'on vient pas à la Cour sans but.

Hop, repassant devant elle à la dominer de sa taille, il lui colla sa main blessée sous les yeux, esquissant un sourire qui se voulait amusé. Après tout ne l'était-il pas? Fallait bien lui changer ces idées qui ne semblaient pas des plus réjouissantes.

Si tu savais c'que j'ai pu vivre dans ces ruelles, j'suis sûre que tu r'verrais ton jug'ment. Y compris sur l'fait qu'tu puisses être en sécurité rien qu'avec ton couteau. Bon.

Le sourire s'élargit, et il se pencha sur elle, laissant son parfum lui tourner les sens tandis qu'il la respirait doucement. Rhaaa c'est qu'il n'oubliait pas ce qu'il recherchait ce soir. Si seulement cette grande gueule n'était pas intervenue à l'auberge où ils étaient tantôt.

J'suis gravement blessé. On a voulu m'empoisonner. Moi j'sais c'que tu veux... : M'soigner.

Tout dans la finesse. Daz, quoi. Mais il haussa finalement les épaules, et se recula d'un pas en désignant la venelle dans laquelle ils se trouvaient.

On n'est pas loin d'tout un tas d'trucs qui sont pas bien réjouissants. De tarés qui pourraient te tomber d'ssus comme un rien et t'bouffer comme bon leur semblent. Si si.

La main saine fut tendue, tout de même. Il n'oubliait pas l'autre brune qu'il s'était promis de suivre, sans savoir qu'elle se serait déjà barrée, la sagouine,mais il avait encore bien du temps devant lui.

J'avais un truc de prévu. Mais c'te nuit, j'peux t'aider à trouver c'que tu cherches.

... Après réflexion, cette tournure de phrase était plutôt tendancieuse... Du coup, c'est limite s'il se prépara pas mentalement à la torgnole qu'il ne manquerait pas ramasser. Pas comme si c'tait la première hein!
Aethys
Une ruelle, un brun, une brune, une plaie, un mouchoir. Comment diable les choses avaient pu en arriver là ? Dazibaan avait mis quelques secondes à réagir lorsqu’elle lui avait avoué sans une hésitation que sa blessure était empoisonnée. Comme par mécanisme, il plaqua le tissu sur sa plaie et la Gasconne hocha la tête. Bien. Cela devrait suffire. De toute manière elle n’allait pas perdre son temps à soigner une si petite plaie. Son temps…Une mimique indéchiffrable effleura le minois fatigué de la belle. Qu’allait-elle en faire de son temps maintenant ? Errer dans ces ruelles, les redécouvrir au fil des jours ? De quoi vivrait-elle ? Ses ressources lui permettraient de tenir quoi ? un an ? certainement moins, peut être un peu plus. Et après ?

Un air las imprégnait à peine ses traits lorsque l’hilarité de son compagnon d’un soir l’arracha de ses pensées. Le voilà qui riait. D’elle qui plus est. Les ambres se renfrognèrent un court instant comme une gamine colérique. Ses poings se serrèrent, faisant blanchir ses articulations. Non mais de quel droit se moquait-il d’elle, lui ? Mais déjà, il cessait se concentrant sur sa main. La brunette desserra les dents. Il avait trop d’aplomb cet imbécile heureux. Trop de vie. S’approchant d’elle à nouveau, il lui colla une pichenette. Une pichenette ? Non mais vraiment ? Aethys se figea, oscillant entre incrédulité et amusement. D’abord léger puis de plus en plus marqué, frôlant le rire qu’elle retint de justesse, un large sourire s’étendit sur ses lèvres. Cet homme était étonnant. Il passait d’un sentiment à un autre, enchainant les gestes les plus contradictoires dans un même mouvement. Les ambres de la brune errèrent sur lui. Bel homme…enfin, elle avait connu bien pire.

Elle le laissa baragouiner, s’approcher à nouveau, la dominer de sa présence. Son sourire se fit plus mutin. Garce, elle était et garce elle resterait. Même si la vie s’acharnait depuis quelque temps à lui faire changer d’état. Elle ne pouvait nier qu’elle aimait cette présence. Etrangement d’ailleurs puisqu’elle ne le connaissait même pas. Il dégageait une sorte de sentiment diffus, une confiance nonchalante, une énergie sourde, un chaos tout à fait plaisant. Son sourire fondit lentement répandant une étrange lumière en elle. Ce fut donc d’une voix plus suave et posée que la brunette reprit la parole
.

« Je n’ai pas dit que je n’avais pas de but en venant ici. J’ai juste dit que je n’en étais plus certaine. Et puis… »

Le regard se fit plus pétillant, illusion de ce qu’elle était il y a peu encore. L’amusement de son compagnon se faisait contagieux après tout.

« Mes affaires ne vous regardent pas. »

Les ambres scintillèrent alors qu’elles se plantèrent en lui. Mais c’est qu’il serait presque avenant ce bel inconnu. Une moue amusée et parfaitement insolent macula le minois gascon avant qu’il n’agitât sa main sous son nez. Le soigner ? Un pouffement lui échappa malgré elle et elle le dissimula derrière une main fine au teint encore grisâtre.

« Vous soigner ? Allons, ce n’était qu’une petite coupure et un peu de poison, je suis certaine que vous vous en sortirez très bien tout seul. Vous êtes trop grand pour avoir une nounou non ? »

Mais le voilà qui poursuivait, arrachant de nouveaux sourires à la belle. Il s’accrochait le bougre. Aethys se recula quelque peu, le jaugeant. Elle n’aurait jamais cru en parcourant les ruelles de la Cour tomber sur un homme tel que lui. Il faut dire que ces temps-ci, les hommes qu’elle avait fréquentés n’avaient rien de très enviable. Ses pensées sombres menaçaient de l’envahir à nouveau lorsque la dernière remarque de Dazibaan lui parvint. Aethys réprima un sourire. Non mais il ne pouvait pas dire cela en toute innocence quand même si ? Son aplomb la laissa pensive un instant mais un magnifique éclat de rire finit par la terrasser. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas ri. Si longtemps qu’elle n’en avait pas eu l’occasion. Et ce parfait inconnu avec son verbe facile, son sourire, sa folie certaine…

« Non mais vraiment ? Vous savez que vous pourriez vous en prendre une pour ce genre de paroles ? »

La Gasconne laissa rouler un instant encore son rire aux accents chauds du sud avant de reposer un regard amusé sur le brun. Puis un haussement d’épaules la secoua et elle lui tourna le dos, poursuivant sa route dans la ruelle.

« Vous avez certainement un endroit où passer la nuit, vous qui connaissez si bien ces ruelles. Emmenez-moi et je vous soignerai. »

A quelques pas devant lui, elle s’arrêta, se tournant à moitié pour l’encourager à la suivre. Ses ambres brillèrent d’un éclat parfaitement insolent alors que ses lèvres s’étiraient en un sourire mutin.

« Et qui sait, peut être que je vous borderais aussi. »
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Dessin original AliceChan ©
Belial_l_encapuchonne
...
Ou pas.
Point à Saint Martin.
L'envie de s'amuser et de quérir nouvelles proies se fait sentir.

L'ombre avance silencieusement.
Il flotte tel un spectre sur les pavés inégaux.
Tête haute et regard acéré, il traque la vie dans la venelle.
... En vain semble-t-il.

Ce pas qui le suit.
Ce pas qui claque.
Ce pas le fait sourire.
Il ne s'arrête pas pour autant.
Ne se retourne pas.

Bélial avance toujours.
La lèvre se plisse parfois de dégout à imaginer ce sur quoi il marche.
Le nez se plisse à la moindre odeur nauséabonde.

Cet homme...
Cette loque tombée là sous un trop plein d'alcool?


Pfeuh.

Il est Prince.
Il mérite mieux.

Les mains gantées dans ses manches, il poursuit.
L'éclat de la Lune, parfois, fait briller le masque...
Les toits le fondent dans les ténèbres...
Et il finit par ralentir sans pour autant se retourner.
A peine s'il détourne le regard et la tête.

La voix s'élève.
Calme...
Mais le sourire pointe.


Tu sembles si pressé... Frère...
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Le diable en rira demain.
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