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Foutue encre rousse et courrier de belette ! II

Verrazzano
Cette lettre, marquée par l'usure de la distance parcourue et les mains malhabiles de Verrazzano pour le griffonnage, parvient enfin à destination pour offrir à la rousse les dernières nouvelles de son homme de main parti il y a de cela plusieurs mois pour être le premier à découvrir le testament d'Aristote.

Citation:

_________________
Scath_la_grande
[Tolosa – Ostal Bon-Mancipe, demeure Rouge]


Un chiffre est reporté sur une colonne, souligné d’un coup de plume rageur.
Le museau mustélidé grimace. Salement.
Les doigts tapotent nerveusement sur l’espèce de livre de compte, les calculs se trouvent en deçà de ses prévisions, même des plus pessimistes.
Aux baragouins, rien ne leurs valent que la patronne s’en guerroie par monts et par vaux, sillon royal et fléau implacable de Bouillon. Absente de ses menues affaires, légales et plus subreptices, la Frayner a bien du mal à imposer ses décisions si en aval, elle ne peut avec précision contrôler ce que chacun se doit de faire.

Le nez se retrousse, il y a jà longtemps qu’elle s’y apense sans jamais mettre en la pratique l’idée qui a bourgeonné dans sa tête durant les longues soirées d’attente en Anjou où elle s’embrenait les deux pieds dans la boue.
Parchemin et encre carmin, de cette écriture à l’économe dont ne souffre ni courbe, ni ample délié, les mots sont couchés avec célérité dont les seules pauses sont dévolues à la prise de quelques gorgées de vin.



Citation:
A Aethys,
A la plus gascona des parisiennes.



    Salve,

    Je te sais bien installée en la Capitale, y ayant même quelques commerces, j’ai affaire à te proposer mais par lettre point je ne m’exposerai sur le quoi, et comment, de voix vive il n’en sera que mieux.
    A la fin de ce mois, si me le permettent mes obligations envers mes aimés suzerains je monterai en Paris pour mes négoces ainsi qu’une commande à un atelier de couture, je t’y ferai mander par un galapiant qui t’indiquera le où et le quand.
    A ta guise, tu viendras ou déclineras mon invitation.

    Que Dieu te veille.


Belette



L’encre sèche alors qu’une deuxième missive se prépare sous la plume agile ayant une improbable destinataire mais la Musteile est de ces créatures inconstantes qui peuvent dire le oui comme le non en une seule minute dans la même phrase.


Citation:
A la déplorable épouse de Finn,
Rosadinde.



    Patz

    Effacez donc cet air niais de votre face, j’ai bien conscience que ce mot, surtout de ma main écrite ne cessera de vous étonner, néanmoins si la courbe carmine vient encrée ce parchemin n’y voyez point la moindre indulgence ni même un quelconque souci de votre petite personne, alors ne venez pas me casser les miches de votre piètre existence qui n’a aucun intérêt pour moi.
    Je vous sollicite pour affaire, puisqu’il apparaît que de mes « connaissances » vous soyez celle à même de me renseigner si ce n’est à pourvoir à ma demande.
    Je veux acheter du vin… du bourguignon, du bon, si vous n’êtes pas à même d’en fournir de vos caves un pas trop dégueulasse, veuillez m’indiquer vers quel vigneron je puis me tourner.
    Attention ! Ne me leurrez pas sur la qualité, vous y perdriez beaucoup, et en clientèle et en réputation, foi(e) de Frayner.

    J’attends promptement réponse de votre main.

    A Dieu seul la Gloire, à moi le reste !



Chevalier banneret & Capitaine de Bouillon
Dóna de Bertrix & Montet



Le Verrazzano ?
Il attendra.
La bestiole rousse n’ayant pas encore réfléchi à quelle sauce il serait mangé.

_________________
Rosalinde
Dé-ta-che-ment. Ne pas répondre aux provocations gratuites. Rester digne. Être au dessus de tout cela.
Nouveaux mantras rosalindiens que voilà. Zen. On ferme les yeux. Aôôôôm. Et les rouvrir, parce qu'écrire paupières closes, ce n'était pas de la tarte.


Citation:
A Aanor Scathach von Frayner-Glasmaler
Le Mans, le 2 may de l'an 1461

    Salutations.

    Gente belette, n'ayez crainte pour mon visage et moi, nul air niais à l'horizon de votre lettre, même si je dois reconnaître que vous avez visé juste concernant la surprise qui fut mienne à la lecture de votre paraphe.

    Effectivement, donc, il appert que je suis en possession de quelques connaissances concernant la matière viticole, puisque moi-même productrice. Néanmoins, et il me faut vous le confesser, mes ouvriers et moi-même n'avons pas terminé de mettre au point notre méthode, qui, bien que s'améliorant de cuvée en cuvée, n'est point encore parvenue à l'excellence à laquelle je la prédestine. Le vin est bon, donc, mais point excellent. Tout dépend la qualité de ce que vous recherchez. Désirez-vous que je vous en fasse parvenir, afin que vous puissiez en juger par vous-même ?

    Autrement quoi, je ne saurais que vous conseiller de contacter la Duchesse du Charolais, qui, ce me semble, est ou fut fournisseuse royale d'un délicieux Montrecul, que je vous recommande vivement.

    Oh, et si mon crétin d'époux tente de vous vendre du vin... C'est le mien, il me l'a volé. N'écoutez donc pas son boniment de foutu Irlandais s'il vous en vante les mérites. Ou demandez à goûter, il aura toujours cela en moins.

Cordialement,

Rosalinde d'Pommières.

_________________
Scath_la_grande
[Campement royaliste perdu dans cambrousse-land]


Citation:
De la Rouge à la Rose

    Le Salut vous va !

    C’est bien mal me connaître d’acroire que je suis femme de peu de principe, comment pouvez-vous vous apenser que je baillerais cliquaille à cet escroc, je craindrais que le vin vendu soit coupé de pisse et plutôt mourir pendue que ma pécune s’en aille profiter à ce vaunéant.

    Votre proposition me sied, faites donc moi parvenir un tonnelet de votre cuvée à l’Ostal Bon-Mancipe à Tolosa, et même si je ne m’y trouve pas dans l’actualité du moment battant campagne avec Ses Majestés, mes gens savent où me le porter.
    Si mon palais se voit à être satisfait de votre labour, votre vin sera vendu en Paris, pensez au nom dont vous le baptiserez.

    Je prends bonne note pour la Mamelue et vous consent remerciements à votre égard.
    Politesses d’usages.

    A Dieu seul la Gloire, à moi le reste.






Gratte la plume, se carmine le parchemin...


Citation:
Fidèle Gouape,

    Grande est la satisfaction de ta maîtresse de te savoir vivant, tant de temps s’est passé et de moi en a évaporé l’idée que tu reviennes en nos terres, entier avec vent et haleine.
    Il me tarde de converser avec toi de tes aventures orientales qui de ce que je peux en voir, t’ont fait le plus grand des biens, je puis enfin lire tes lignes sans avoir à en déchiffrer ton labour.
    Je te conseille de ne pas coucher sur parchemin les informations que tu pourrais avoir sur le testament, j’attends ton conte de vive voix.
    Pour les dattes, je n’y ai point le goût, tu pourras les vendre ou les garder.
    Le manuel par contre m’est d’un grand intérêt.

    A Dieu soit confié




_________________
Rosalinde
Un tonnelet, et une réponse.

Citation:
A Rouge de Rose,
Verneuil, le 11 may de l'an 1461

    Salutations.

    Voici le tonnelet, qui arrive de Bourgogne, et que ce jour je fais expédier à l'adresse que vous m'avez indiquée. En espérant qu'il vous plaise.
    Et pour le nom, que dites-vous du Clos de la Rose ?

Cordialement,

Rosalinde d'Pommières.

_________________
Aethys
Parfois, le passé vous revenait en pleine tronche sans même que vous vous y attendiez. Parfois, ceux que l’on croyait disparus à jamais, refaisaient surface dans les moments les plus improbables. Parfois, on se retrouvait à lire une lettre presque impossible. Parfois même, on y répondait, un gout du passé dans la gorge.

Citation:
A l’unique Belette de ce royaume,
A la rousse vision que je croyais avoir perdue de vue,


    Adieu,

    Je dois t’avouer que ta missive me surprend, Belette. Je te croyais bien loin des considérations bassement matérielles que je côtoie, te battant aux côtés des grands de ce monde et de leurs idéaux. Et puis, cela fait si longtemps, n’est ce pas ? Que j’entende parler de toi et de tes hauts faits, cela se comprend mais que tu gardes un œil fauve sur moi, voilà qui est étrange. Flatteur certainement, mais étrange malgré tout.

    Pourtant, ta missive me plait, tu t’en doutes. Tu y parles affaires et seul ce mot peut attirer mon attention en ce moment.

    Fais-moi mander, nous parlerons.


    Que Déos t'ait en Sa bonne garde,


Aethys

    Ps : Un atelier de couture ? Te voilà adepte des modes parisiennes ?

_________________

Dessin original AliceChan ©
Astana
Citation:
A l'amie, la soeur, et la confidente,
Rousse à jamais mienne,

    Faudra-t-il toujours que nous nous écrivions, sans jamais nous croiser plus de quelques jours à chaque fois ? Faudra-t-il éternellement que nos chemins se rejoignent et bifurquent au dernier moment ? Combien de temps devrais-je attendre avant d'apercevoir ta toison fauve à nouveau ? J'ai la nostalgie dans l'âme, et je crains fort de la voir perdurer jusqu'à ce que nous nous retrouvions.

    L'on m'a dit que les troupes royales siégeaient dans le Sud. Aussi je suppose que ta carne de vieille râleuse s'y trouve.
    J'ose espérer que ton museau s'est bien gardé d'arborer une nouvelle zébrure, et que tu les distribue plutôt à l'Ennemi.

    De mon côté sache je croupis en Poitou, où j'ai rejoint cet Irlandais que tu méprises tant et sa "régulière". Bien que le terme soit très mal choisi, je n'en vois aucun autre à coucher sur le parchemin qui ne serait pas singulièrement grossier. Mes sorties se font rares tant je redoute d'ouvrir la porte sur une scène qui me ferait vomir. Je passe le plus clair de mon temps confinée dans la chambre qui est mienne et que je partage avec un comparse Gaélique, qui malgré sa bêtise sans nom a au moins le mérite d'avoir de l'humour. Ce qui n'est pas donné à tout le monde par les sombres temps qui courent. Encore une petite semaine à tenir et nous ferons route vers l'Anjou.

    J'attends de tes nouvelles.

    Que le Très Haut veille sur toi,


Astana.

_________________
--Siggy


Comment vous dire que...

Citation:
A Aanor Scáthach Von Frayner-Glasmaler,

    Je...

    Il n'y a pas de bonne formule pour vous annoncer ce qui va suivre. Hélas.

    Je suis au regret de vous annoncer que votre fille n'est plus des nôtres. Vous n'êtes pas sans savoir, évidemment, que Cigue était malade depuis quelques temps... Malgré tous les soins prodigués et toute mon énergie, rien n'y a fait. Sachez que la petite vous a réclamée jusqu'à son dernier souffle, à demi-mots ; et que je porte sur ma conscience l'échec de n'avoir pu la maintenir en vie suffisamment longtemps pour que vous puissiez la revoir. Veuillez bien croire également que je partage votre peine, bien qu'en des proportions infimes. Elle n'est pas partie seule, j'ai tenu sa main jusqu'à la Fin.

    Faites votre deuil,
    Votre enfant repose aux côtés du Très Hauct à présent.


Siggy.


... votre fille n'est plus.
Scath_la_grande
____ ~ Campement « La Messe est dite » - Auch ~


« Il y a un temps pour naître
… et un temps pour mourir »
- La Bible



Immobile.
Combien de minutes s’écoulent avant que le corps ne reprenne un semblant de vie ?
La paupière baissée sur ses fauves, occulte le terrible état des lieux qu’ombrage cette face impassible, la lippe légèrement pincée, ravale la cendre dans sa gorge.
Les membres gourds ont bien du mal à donner l’impulsion suffisante à cette carcasse devenue marbre falot, pour la mouvoir, la faire plier et s’assoir afin de prendre son nécessaire à écrire.
Pas une larme ne perle au bord des cils, mais de l’encre carmine au bec d’une plume, griffonant presque mécaniquement une réponse.
Froide.
Indigne d'une mère.


Citation:
Siggy,

    Ainsi est la volonté de l’Unique, je m’y plie.
    Le siège dure, et point ne sais quand je poserai pied à nouveau à Bon-Mancipe, je te confie les dispositions que je souhaite à son égard.
    Prépare-la en son entièreté pour son dernier transport après sa toilette, selon son goût habituel pour la mise et le nattage, mets des fleurs à ses cheveux de celles qu’elle aimait tant.
    Trois jours de veille, où j’interdis à mes gens l’accès à sa chambre, hormis toi.
    Veille à ce que le domestique papiste ne prie pas pour son âme, point de larmes non plus ne doivent être versées, point de gémissements ne veux en mes lieux.
    Fais la sobrement porter en terre, dans la cour à l’ombre du chêne.
    Linceul blanc et petit coffre de bois simplement ouvragé.





« Point de larmes non plus ne doivent être versées… »
Ceci est ma peine, mon deuil, et nul n’est autorisé à le partager.
Personne.

Le pli est diligemment envoyé en direction de Tolosa, avant qu’elle ne s’agenouille, le front serein, les doigts liés entre eux.
Une prière prise au piège dans un souffle.


« Je Te remercie, Seigneur, pour toutes les grâces
Dont chaque jour Tu me combles
Je Te remercie, Seigneur, pour toutes les épreuves
Dont Tu me navres afin de me rendre digne de Toi.
Tu m’as tant donné, et moi si peu. »




____ ~Ostal Bon-Mancipe – à l’aube du vingt et unième jour de mai ~


Citation:
Siggy,

    Que Ciguë attende.
    Demain nous foulons Tolosa.
    Je serai présente.




_________________
Scath_la_grande
[Foix, pour ne pas la perdre...]


Citation:
Ma saumâtre, âme mienne

    Jamais plume fut tant dure à prendre qu’en ce jour.
    Mettre en mots les derniers évènements ne fait que les rendre impiteusement tangibles, comme si la véracité prenait forme sous les volutes de mon écriture et me cinglait la face.

    De ta missive je n’ai eu guère le loisir de me repaitre en satisfaction d’avoir eu raison pour cet irascible vaunéant que tu suis à mon grand dol.
    De mon pari, je n’en tirerai que maigres pécunes et bien peu de contentement.
    Qu’as-tu à moisir en sa compagnie ? Que lui trouves-tu de mieux qu’à moi ?
    Il m’étonne qu’il te verse encore cette soi-disant solde mirobolante que tu m’avais dit, je le connais, il est bien plus chiche-face qu’un huguenot… mais peut-être qu'y as-tu trouvé intérêt autre ?

    Suis-je fâchée que tu m’aies outrageusement abandonnée pour ce vieil imbécile ?
    Non point.
    Ni chagrinerie, fâcherie, contrarité, rien de tout cela mais bien pire.
    Tu m’as grandement déçue.

    Oui je te blâme ! Car point n’es-tu là en mes heures sombres.
    Toi, ma mie, ma garce blonde. Toi l'absente !
    Bientôt épouse adultérine, orpheline d’une Ciguë qui sommeille en terre, et de mon ventre rondi inquiète quant au sort que réserve mon hostile utérin à tout projet de vie qu’il met à vain tel en Anjou.
    Du reste, le Roy est bien mal allant, il le cèle mais je le vois tandis que moi lasse de mes cavales et combats n’aspire qu’à la paix, si ce n’est de l’âme, au moins de mon corps tout entier, en terre me reposer.
    Vois comme ce parchemin est bien court tout soudain pour y apposer les bribes d’une existence qui s’essouffle de ses traverses.
    Et toi qui n’es pas là ! Et moi qui ne sais pleurer.

    Ma mie, va, vole, au vent sois remise, à Dieu je te confie.
    N'oublie pas, à ma façon, que t'aimi.


Musteillement tienne


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Scath_la_grande
[Perdue en Languedoc]


Citation:
De la Rouge à la Rose

    Le vin se boit, réservez-moi une dizaine de vos futs pour commencer.
    Politesses d'usages.




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Scath_la_grande
« Camélia & Rature Fatale » - H.-F. Thiéfaine


Un à un.
Raturer les liens.
Raturer son nom dans les mémoires, et dans les généalogies.
Comme si la mise en terre n'avait pas suffi, il faut l'annoncer, le dire.
Le visage fermé, la main trace implacable le sillon carmin d'un chagrin qui lui fait défaut. Des larmes d'encre rouge pour des perles salantes inexistantes.
La mort finalement c'est bien peu de chose, un souffle qui manque, un peu de terre jetée, et quelques mots sur un vélin.


Citation:
De la Rouille à l’Adamantin,

    A l'adresse du patriarche des Von Frayner.

    Vous pouvez rayer de la généalogie mon fruit.
    Ciguë n'est plus depuis le 18 mai.


Respects.





La plume continue sa course inexorable en formulations impersonnelles.
C'est plus aisé de quitter ce manteau de douleur qui ne s'exprime point, restant enfoui dans sa gorge.



Citation:
Au borgne,

    Dis à ma Sombre, seulement si son état le permet.
    J'ai failli. Ciguë n'est plus.




_________________
Astana
                    « Apprends donc à tenir ta laisse
                    T'es pas tout seul en manque de secours
                    La tristesse est la seule promesse
                    Que la vie tient toujours. » - H-F Thiéfaine.


[Bivouac dans la pampa Tourangelle]

La peine mordant les os, qui prend la gorge en étau.
L'absence de larmes, car Blondeur est une source tarie.
Une lettre restée trop longtemps sans lecture, et le Silence.

La réponse qui tarde, et tarde encore. Qu'écrire ?
Des mains maigres qui tremblent soudainement.


Citation:
Mon âme, ma conscience,

    Je ne sais que dire.
    Je suis vide de mots. Et ne comprends pas...

    Comment peux-tu m'annoncer cela au détour d'une simple phrase, comme on annoncerait une chose sans importance ? Je t'ai connue glacée et muette, hargneuse et mordante, mais jamais amorphe. Tu as toujours été chiche en mots, les émotions coincées en-dedans... Comme moi. Mais j'aurais cru que la mort du fruit de tes entrailles t'aurait arraché plus que cette traitre phrase, faute de larmes. Ma mie, je t'en supplie, ne sombre pas dans une folie malveillante qui te mènerait à ta perte.

    Pas de mise en terre pour toi. Tu as bien intérêt à rester debout.
    Tu es éreintée, je le sais, mais tu te dois de garder le museau haut.

    Il n'y a pas de mots justes, je crois, concernant cette situation. Or tu n'es pas sans ignorer que si Ciguë a été rappelée auprès du Très Haut, c'est que son heure était venue. Trop tôt bien évidemment. Mais il est bien souvent ainsi, et il n'y a rien que nous puissions faire hormis prier. Le refuge est là.

    Toutes mes pensées t'accompagnent, et espèrent pouvoir apporter ne serais-ce qu'un soupçon de baume à ton coeur meurtri.

    Je suis là.

    À Dieu je te confie, ma vie,
    À toujours à toi quoi qu'il advienne,


A.

_________________
Scath_la_grande
[Disparates du 11 juin 1461]


Citation:
A l'ours,

    Salut e patz,

    Je vous ai reconnu. Vous ? Je ne sais.
    Notre rencontre fut en d'autres temps, en d'autres lieux, comme si vous et moi étions de différentes personnes que nous sommes de présent.
    Jeune et impatiente j'étais, vous visitant un bordiau parisien alors que je n'étais pas catin.
    Voyez, j'ai l'oeil acéré, et la mémoire pointilleuse.

    Politesses d'usages.


La rousse belette qui fut en taverne.



Citation:
Le bonsoir.

Je vous ai reconnue, bien entendu. Mais je ne sais votre vie d'aujourd'hui, ni ce que vous exposez de votre passé.
Aussi, je considère que ce qui se passa en la Rose Pourpre ne regarde nul autre que ceux qui y furent.

Bien cordialement,

le brun du fond.

_________________
Scath_la_grande
[Disparates Gabriella ]


____~ le 21 juin 1461 ~


Citation:
La triste nouvelle est tombée
Je sais que vous n'êtes pas morte. Juste très gravement blessée.
Je ne sais que vous dire.

Cette nuit, c'est pour vous et nos autres compagnons tombés au combat que nous lèverons nos épées. Nous tâcherons d'enfoncer nos lames dans les corps ennemis pour vous venger.

Vivez, Scath, ça sera notre plus belle victoire.



PS : L'anglois a été salement blessé la nuit dernière. Il a été rapatrié à Muret.


Lettre dictée à un jeune écrivain public. L'écriture y est banale, anonyme dans ses déliés.

Citation:
Gabriella,

Gardez en votre dedans, sérénité.
C'est froidement et sans hargne que vous devrez aborder la bataille, car la vengeance donne la force mais fait perdre tout discernement.
Pour moi il n'y a rien à dire et nulle inquiétude à avoir, je suis au service de Dieu, je suis sa lame aiguisée, et forgée de Sa main, plaise à Lui de me donner victoires ou traverses, vie ou trépas, bonne ou mauvaise fortune et je m'y soumets humblement.


Je prierai pour vous.
Tous.

De ce qu’il en est de l’anglois, je penserai en ces prochaines males heures à lui, en souhaitant qu'il se rétablisse, en priant aussi.
Car j'y suis affectionnée.



N'oubliez pas.

Dieu juge !


Rajouté plus bas en tout petit, de son écriture vacillante et étriquée, certainement après que l'écrivain public eut terminé et délayé.

Citation:
... et je suis son bourreau...
S.



____~ le 25 juin 1461 ~


Un petit mot écrit à la vite et confié à Antoine, le palefrenier préféré de Gabrielle, celui qui bégaie quand une dame pas trop laide lui parle et surtout lui sourit. Il doit être remis en mains propres.


Citation:
Scath,

Je crains que Marccoul, notre médecin de l'armée, soit très regardant sur les visites. Vous pouvez tenter en jouant de votre statut de fille du Dauphin, sinon, Marccoul a une faiblesse, la vieille prune... une petite bouteille devrait vous faire entrer dans ses bonnes grâces.
Je ne m'attarde pas plus, inutile que ce message en dise trop.

Que Dieu vous garde en sa bonne grâce,




____~ le 26 juin 1461 ~


L'écriture est chiche, représentative de la main économe huguenote, mots posés en petits tas ramassés, hâtifs et compacts. A son petit galapian de page, elle demande de livrer ce message à Gabrielle, il en est étonné, ayant plutôt penché que les courriers nocturnes s'en allaient toujours trouver un anglois.

Citation:
Gabriella,


    La grande mercé pour les renseignements qui finalement ne trouveront points utilités, ni pour ce soir, ni pour d'autres. Cela aura au moins pour avantages, une bouteille de prune économisée, et mon salut.
    Je suis trop lasse pour ces jeux là.

    Que Dieu veille à vous, ainsi je le veux.



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