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[RP] Domaine des Billanges

Boskdeportkar
Louise fit son entrée discretement pendant que je lisais la missive d'Héloïse, que m'avait rendu Sofja. La toute jeune demoiselle portait un sourire radieux :

-Excusez-moi de vous interrompre, je pensais que vous étiez seul, Sieur Bosk . Fantine m'a dit que vous vouliez me voir ...
Je viens de recevoir un pli de ma mère, elle a retrouvé mon père et ils ne devraient pas tarder à arriver en votre domaine .


Puis elle se présenta :
-Bonjour mademoiselle, je suis Louise Plaise-à Dieu .

Ah, Louise, tu tombes bien. Moi aussi j'ai recu une lettre de tes parents, qui me remercie de t'offrir l'hospitalité en notre domaine. Mais avant toute chose, puisque tu viens de te présenter... approche un peu par là, que je puisse te présenter ma délicieuse et merveilleuse épouse, Sofja Jagellon de PortKar, Vicomtesse de Bellegarde. J'aurais aimé également te présenter notre fils Galaad, mais .. ce sera pour une autre fois.


Me tournant vers mon épouse.

Sofja, manifestement les parents de Louise ne tarderont point à se présenter en notre domaine. Qu'avais tu envisager ces heures ou ces jours prochains ? Voudrais tu bien rester un peu... que l'on puisse passer du temps ensemble ?

Et toi Louise, tiens, lis la lettre que ta mère m'a écrite. Je suis heureux de savoir que tes parents se portent bien et vont venir rapidement te chercher.


Je n'avais pas eu le temps de me rendre compte que j'avais à la main, une lettre qui avait été quelques jours plus tot, dans les mains d'Héloïse. Comme une impossibilité.
Ce ne pouvait etre reel. Bientot les parents de Louise seraient en ces murs. Bientot je reverrais Héloïse . Et dire que je n'avais pas imaginé ce moment ! Cela aurait dû plus me troubler . Peut etre que la présence de Louise et de Sofja ne me le permettait pas ?
Et à revoir Sofja, j'avais refait le plein de soleil.
Sofja
La jeune fille entra dans la pièce. Elle n'aurait eu aucun mal à la reconnaitre tellement que la description de sa servante fut correcte. Sofja laissa son époux répondre à la jeune fille, attendant les présentations qui arrivèrent.

Enchantée Damoiselle de faire vostre rencontre.

Sofja n'avait pas grand chose à lui raconter vu qu'elle était une des sources de ses problèmes familiaux. Elle reporta donc son regard sur son époux pour lui répondre.

Je devais voyager mais je peux le reporter de quelques jours.

La Vicomtesse resta figer, elle ne savait pas sur quel pied danser. Ne savait pas trop comment se comporter envers son propre époux. Il allait lui falloir quelques heures pour tous digérer.
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Boskdeportkar
Sofja salua Louise puis me dit :


Je devais voyager mais je peux le reporter de quelques jours.


Mon épouse venait juste d'arriver, mais elle voulait deja reprendre la route !

Comment celà ? Tu as prévu d'aller quelque part et pour longtemps ? Ne peux tu pas rester quelque temps ici lieu ? Avec moi ?

Pendant ce temps là, Louise parcourait des yeux la lettre que sa mère m'avait adressée, et ses yeux souriaient de bonheur. Je la comprenais puisque ce n'etait que de bonnes nouvelles. Son pere en vie, sa mère qui l'avait retrouvé, et tous deux qui venaient la chercher.
Je présumais qu'elle avait oublié le fait que je connaissais sa mère depuis longtemps, et que la rencontre probable allait soulever nombreux souvenirs. Elle se pensait pas non plus à Sofja, qui etant mon épouse allait voir débarquer "mon passé".

En vérité personne ne savait ce qu'allait pouvoir donner cette rencontre avec Héloïse. J'esperais avoir quelques heures pour y penser . A priori, comme Héloïse etait accompagné de Renaud, il etait plus qu'évident que de la retenue s'imposait. Et je n'etais plus Louis-Denis, elle n'etait plus cette jeune demoiselle aux yeux verts qui courrait dans les dunes du littoral. Sûr que j'allais bien assimiler que le passé ne peut pas changer, ni se revivre. J'avais eu de l'amour pour cette demoiselle, en un autre temps. Probable qu'il reste une forme de sentiment. Mais mon coeur, ma chair savaient où se trouvaient mon présent.
Et je m'en persuadais. Enfin je tentais.


"Louise, je ne sais si tes parents souhaiteront séjourner chez nous pour reprendre quelques forces. Leur domaine doit leur manquer même si la route doit finir par les ennuyer après les lieues de cavalcade qu'ils ont du faire.
Dis leurs bien que ma maison reste grande ouverte, et que ta présence me sera toujours agréable. Je serai ravi de connaitre ton père .. et de revoir ta mère."


Le genre de phrase prononcée, qui vous font regretter vos mots, quant ils sont dits devant votre épouse, que vous sentez si inquiète.

Je me tournai vers mon épouse et dit à voix basse.


Je vais avoir besoin de toi à mes côtés ces heures prochaines, seras tu assez forte ?


Louise ne tenait pas en place.

Louise, puisque tes parents te reviennent, demain matin quand j'aurai, avec P'tit Jacquot, débroussailler la croix, en bord de l'allée centrale du Domaine, tu pourrais y aller deposer un bouquet de fleurs en remerciements pour la bienveillance que le Créateur a posé sur tes parents.
Sofja
Je comptais t'en parler et te proposer de me suivre mais nous avons été coupé dans nostre conversation. J'avais prévu de partir voir ma demi sœur à Tours ainsi que rendre visite sur le retour à Anna. Je pensais que cela nous ferez du bien d'être loin du Limousin, tu aurais pu découvrir les nouveaux membres de ma famille, bref, être loin de tous ça.
En tous cas, j'en ai besoin personnellement.


C'est un projet qui lui trottait dans la tête depuis bien longtemps. Elle comptait bien le réaliser afin de se ressourcer.

Ne t'inquiète pas, je sais être mûre et forte lorsque l'on ne me fait pas de cachotterie.

Bim ça c'était dis et cela lui fit du bien. Fallait toujours le dire quant on en avait gros sur la patate et il lui avait tendu la perche, autant en profiter.

Je vais demander à Louisette d'aller me chercher quelques tenues à Bellegarde. Il est hors de question que je me présente ainsi aux parents de cette jeune fille, cela n'est pas convenable.

A cheval, elle l'était surtout quant il s'agissait des vestements, fallait bien faire honneur à ces couturiers.
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Heloise_plaisadieu



"Louise, je ne sais si tes parents souhaiteront séjourner chez nous pour reprendre quelques forces. Leur domaine doit leur manquer même si la route doit finir par les ennuyer après les lieues de cavalcade qu'ils ont du faire.
Dis leurs bien que ma maison reste grande ouverte, et que ta présence me sera toujours agréable. Je serai ravi de connaitre ton père .. et de revoir ta mère."


Après lui avoir présenté la jeune fille présente comme étant sa femme, Louise essaya de masquer sa surprise, elle pouvait être sa fille !
Beaucoup de couples étaient ainsi avec un époux plus âgé mais Louise avait pour référence celui de ses parents qui avaient environ le même âge .
La vicomtesse resta polie mais paraissait ne pas porter la jeune fille dans son coeur, peut-être dû au fait que le sieur Bosk l'hébergeait depuis plusieurs mois .
Même si elle n'en pipa mot, Louise avait aussi son opinion sur ce couple étrange qui ne s'était pas vu depuis des mois, enfin après tout c'était leur problème !

La dernière phrase de son hôte lui rappela que sa mère et lui se seraient connus par le passé, mais elle n'avait aucun souvenir que sa mère lui ait parlé de lui, ils pourraient en parler lors de la venue de ses parents .

-Je vous remercie beaucoup, d'une part de m'avoir reçu si gentiment, et d'autre part, d'accepter de loger mes parents le temps de se retrouver et de repartir .

Louise appréciait beaucoup cet homme, il était d'une bonté infinie pour elle et elle ressentait tout l'inverse de la part de son épouse bien qu'elle ne la connaissait que depuis quelques minutes, elle sentait bien qu'elle n'était pas la bienvenue ...

-Je vais vous laisser tous les deux, merci encore Sieur Bosk, à plus tard .

Elle les salua tous les deux et sortit de la pièce .


(HRP : JD Louise a de nouveau des problèmes de connexion ! )
Boskdeportkar
Louise, toujours polie et aimable, me remercia encore, puis prit congé sur l'instant, toute à sa joie de revoir bientôt sa famille.

Je m'apprêtais à demander à Sofja, ce qu'elle pensait de Louise, mais avant toute chose, je voulais d'abord m'assurer que j'avais bien compris les mots de mon épouse.

"... de partir voir ma demie sœur à Tours ..."

Je sais qu'on n'a guère discuté ces derniers temps, toi et moi, hormis pour des sujets qui concernaient la Mairie, mais soit je deviens gâteux, soit j'avais trop bu... ou les deux à la fois, mais je ne me souviens pas que tu m'aies parlé d'une demie soeur ?

Je fis l'étonné assez facilement car c'etait bien le cas.

"M'en as tu deja parlé ? Rafraichis moi la mémoire ! "

Moi qui pensais que j'etais le seul à devoir m'expliquer sur le passé, il fallait croire que celui des JAGELLON méritait quelques explications .
Une demie soeur ? Du coté de Tiboulola ou du père de Sofja ? De quel âge ? Et que fait elle à Tours ?

"Quel age a cette ... soeur ? Plus vieille que toi ? "

Ah les histoires de famille, on croit tout savoir, et voilà que sort un fantôme du placard !

Sofja me devait des explications, ou moi des excuses si je n'avais pas deja écouté les siennes quand elle m'en avait parlé ! Et une soeur de derriere les fagots ! Une.
Plus on est de fous...
A esperer que cette "soeur" etait de bonne composition et qu'elle n'usurpait pas une identité familiale enviable.
Sofja
Cela faisait partie des nouveautés dont son époux n'était pas au courant. Il est vrai que ne c'était pas ainsi qu'elle aurait aimé l'annoncé mais bon, la vie ne laisse pas toujours le choix.

C'est une découverte que j'ai faite en début d'année. J'étais partie avec Anna à Paris pour mettre à jour la fiche de nostre famille dans les registre de l'hérauderie quant j'ai fais la rencontre d'une jeune fille, couturière dans un atelier ou je passe commande de temps en temps. Elle recherchait quelque chose pour sa mère adoptive qui venait d'accoucher. Du coup, nous avons fais les magasins toutes les trois.
Et au fil de la conversation elle m'a raconté de sa vie passée, de l'abandon de ses parents, de ce bout de tissu avec les armes d'une famille... Puis elle me l'a montré, il portait les armes de ma famille. Je ne te cache pas le choc, j'en ai mesme perdu connaissance en plein milieu de la boutique.
Lorsque j'ai repris mes esprits on a discuté longuement et les faits parlent d'eux mesme. Elle serait une fille de mon père. Il aurait engrossé une femme lors d'une de ces missions avec son ordre. La mère a abandonné l'enfant dans un monastère.


Elle fit quelques pas. Pour elle ses parents étaient le couple exemplaire, jamais elle n'aurait pu imaginer que son père aurait culbuté des femmes lorsqu'il était loin de la maison. On était toujours déçu au final...

Elle s’appelle Aemilia, Aemilia d'Amahir de la Louveterie. Jeune fille blonde, de seize ans, future grande couturière. Ses parents adoptifs son leurs Altesses de Montlhéry, la famille la plus puissante de ce royaume. Alors cela m'a vite enlevé un quelconque doute sur ces propos, sur ce linge qu'elle tenait. Elle n'a aucun intérêt à s'immiscer dans nostre famille.

Sofja se retourna vers son mari.

Je l’appréciais énormément lors de nos rencontres dans son atelier et je suis heureuse, aujourd'hui, de la compter comme un membre de ma famille. C'est une jeune fille très bien elevée, très instruite, talentueuse et à fort caractère. Une vraie JAGELLON !
Anna a un peu eu du mal à avaler la pilule mais elle a su conquérir son cœur. Et Niko, il déteste les bâtards mais il se fait une raison. Tu sais comme il est. Très... terre à terre.

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Boskdeportkar
Pour une nouvelle, c'en etait une ! Une demie soeur JAGELLON ! Du coté du père bien sûr, car j'aurais eu du mal à imaginer que ce soit TIBOULOLA qui ai fauté. Et puis vu l'age de la demoiselle, à peine seize printemps, ca n'etait pas possible.


Je serai moins tatillon que Niko, et j'ai toujours du mal à appliquer le mot batard à quiconque puisque elle est une creature aristotélienne. Donc bienvenue à Aemilia. J'aurais plaisir à la rencontrer. Et puis après tout elle n'y est pour rien dans cette histoire.
Et tu m'as rassuré sur ses intentions, du moins sur le fait qu'elle n'avait pas en ligne de mire, ton nom de famille. Dans tout ce que tu m'as dit je retiens donc :

" ... et à fort caractère. Une vraie JAGELLON ! "


Ca me suffira comme explications. J'ai pu expérimenté effectivement les traits principaux de ta famille.
Mais tu ne me l'as pas décrite ? Serait elle plus jolie que toi ? Plus .. élancée ? Plus gracieuse ? Plus intelligente ? pour que tu aies omis de m'en parler !

Où habite t elle ? sur Paris ?

Te sens tu un peu blessé par l'attitude peu cavaliere de ton père qui s'est .. égaré du chemin ? Il faut faire preuve de mansuétude, et il est bien compliqué de porter un jugement sans connaitre les pourquoi ? Nul ne sait ce que l'on peut faire parfois à l'encontre de la raison !

Le plus compliqué est de pardonner. Pardonner aux autres, et à soi même.
L'Amour finit par triomphe si on le laisse nous envahir.

Et peut etre qu'un jour mes paroles prendront tout leur sens. Qui peut savoir ?


Je fis quelques pas, tres pensif, imaginant l'arrivée des Plaise-à-Dieu.
Un enterrement de premiere catégorie me paraissait le plus logique.
Le plus logique... mais...

Je vais préparer quelques outils et du bois pour réparer demain la croix qui borde l'allée. Je n'en ai pas pour longtemps. Je te laisse vider tes bagages.

Il fallait que je m'occupe les mains, pour moins penser.
Sofja.j
Son mari semblait bien curieux et cela la fit sourire.

Et bien elle a tous d'une demoiselle de seize ans... tu sais... comme tu as pu connaitre à une époque. Ah moins que ta mémoire te fasse défaut mon chéri.

Sofja eu un petit rictus qui voulait en dire beaucoup. C'était la belle époque ou le couple se séduisait. Ou l’innocence de la jeunesse, pour elle, et la renaissance, pour lui, prenaient le dessus.

Mais tu m'en diras plus quant tu la rencontreras puisqu'elle est voisine à nous. Elle habite à Tours.

Puis il toucha ou cela faisait mal depuis quelques mois. Cette relation extra conjugale de son père.

C'est vrai que j'ai du mal à le digérer... mais ce n'est pas qu'il ait trompé ma mère. Peut être qu'elle était au courant, qu'elle acceptait. Je ne peux pas les juger sur ce point vu que je ne sais pas.

En faite ce qui me fait surtout du mal, c'est le malheur que cela à provoquer à Aemilia. Sa mère l'a abandonné dans un orphelinat, elle a vécu seule jusqu'à être en âge d'en partir. Elle a passé sa jeunesse avec un bout de tissu qui était le seul moyen de rêver de cette famille qu'elle n'avait pas.
Et pendant ce temps, il était là, avec nous, on avait tous alors qu'elle n'avait rien.


Sofja soupira.

Est ce que la mère d'Aemilia l'avait prévenue ?
J'ose imaginer qu'il était au courant si Aemilia avait ce linge à ses armes. Pourquoi l'aurait il laisser à cette femme, comme ça, si ce n'était qu'une partie de jambe en l'air ?

Et maintenant, je me demande si il a d'autres enfants quelque part, aussi malheureux que cette nouvelle soeur. Combien de linge a t'il pu laisser...

Mais voilà, il est mort et aujourd'hui, c'est à moi de gérer cela. De porter ses erreurs, de porter la culpabilité, de porter ses responsabilités non prises à l'époque.

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Boskdeportkar
Sofja me parla de sa demi-soeur qui avait seize ans...et de l'absence de réponse possible de son pere sur le sujet. Elle aurait aimé savoir pourquoi.

Elle ne put se retenir de me lacher une pique avec un petit rictus :

"Et bien elle a tous d'une demoiselle de seize ans... tu sais... comme tu as pu connaitre à une époque. Ah moins que ta mémoire te fasse défaut mon chéri."



Bien évidemment qu'elle aurait pu s'épargner ses mots, mais je savais que la présence probable d'Héloïse en ces murs la taraudait. Bien sûr que j'aurais préféré qu'elle m'épaule dans cette épreuve qui m'attendait. Savait elle les douleurs profondes que j'avais connues, et l'envie répétée de m'en débarrasser pour passer à autre chose, ce que j'avais réussi à faire quand nous nous étions rencontrés, Sofja et moi.
Comment lui en vouloir de réagir de la sorte ? J'avais aimé Phoébia dans une vie antérieure, c' était un fait. La vie m'avait donné une deuxieme chance avec Sofja, de ces deuxiemes chances inespérées qui vous font renaitre, et vous donnent des enfants chéris.

"Bah, que me dis tu là, tu n'as pas à porter la responsabilité de ton pere ! Tu n'y es pour rien. Il faut savoir pardonner, il a eu ses raisons et ses torts. Nul ne doit le blamer, nul ne doit assumer à sa place".


Je serai ma femme dans mes bras avec un regard tendre qui voulait en dire bien plus.


[la journée passe ainsi. Le lendemain, Bosk et P'tit Jacquot repare le calvaire à l'entrée du Domaine, pendant que Sofja fait le tour du Domaine à Cheval. Les Plaise-à-Dieu arrivent (hrp : voir "RP Plaise à Dieu que..".]
Boskdeportkar
Beaucoup d'evenements ces derniers mois au domaine des Billanges, pour les JAGELLON-PORTKAR.

Les parents de Louise, les PLAISE-A-DIEU, sont finalement venus chercher leur fille LOUISE, à la fin du printemps.
Bosk a pu revoir Héloïse, la mère de Louise, qui fut son premier amour.
Elle lui revela que Louise n'etait pas la fille de Renaud, mais celle de Bosk.

Les Plaise-à-Dieu ne séjournerent que le temps d'une journée et d'une nuit, puis repartirent en Guyenne, avec Louise.

Bosk resta quelques semaines seul aux Billanges.
La journée la plus affreuse de sa vie fut bien celle où il alla voir son épouse à Bellegarde, pour lui expliquer qu'il aimait deux femmes qui lui avaient donné chacune un enfant. Et que déchiré par un profond dilemme, il preferait que Sofja retrouve toute sa liberté avant que les rumeurs, les calomnies viennent s'abattre sur leur couple.
Et finalement Bosk se retrouvait tout seul, à aimer pourtant toujours Sofja et Héloïse.

C'était sa condamnation sur terre.

Rester aux Billanges commencait à etre intenable.
Une idée germa doucement. Un reve ancien.
Le livre que Sofja lui avait offert à Noel en etait la cause.
Et c'est donc dans son cabinet de travail que s'entassaient les cartes marines, les portolans anciens, les livres emplis de sagas nordiques.

Bosk retardait son départ. Car le périple prévu n'etait pas sans danger, et il était préférable que les demarches officielles pour son couple actuel soient terminées en bonne et due forme. Pour que Sofja n'ait pas un mari disparu en mer, dont le corps gise dans les profondeurs des oceans, sans pouvoir prouver sa mort avec certitudes.
Eloin
Un radieux matin d'été, une cavalière se présenta aux portes des Billanges. C'était la première foys qu'elle mettait les pieds dans ce domaine, et, mesme si elle était heureuse de découvrir un nouvel endroit du Limousin, sa terre d'adoption, elle aurait préféré s'y rendre en de meilleures circonstances. Mais la vie était ainsi faite, que mesme les arbres semblant bien ancrés dans la terre, pouvaient un jour, se trouver déracinés par une tempête plus forte que les autres...

Devant la porte du castel, elle mit pied à terre, tint sa jument par la bride, et s'adressa au premier qui vint s'enquérir du but de sa venue.


Lo bonjorn, mon brave. Le maistre des lieux est-il en sa demeure ? L'évesque de Limoges luy demande audience...
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Evêque de Limoges, Grand-Prieur de l'ordre cistercien.
Héraldique
Boskdeportkar
Fantine vint me chercher dans mon bureau pendant que je réétudiais la traduction d'un passage d'une saga, sur des précisions géographiques et marines.
Elle m'annonça que notre Evêque demandait à me parler, et qu'elle attendait à l'entrée.

J'eus un reflexe d'inquiétude, pensant qu'un malheur était surement arrivé à quelqu'un de proche.
Puis la raison me revint, et je repensai à ma derniere discussion avec Sofja. Nous aurions bien evidemment à nous justifier, enfin surtout moi, devant le Clergé Aristotélicien. D'où la présence de Dame Eloin.

"Fais la entrer, s'il te plait. Installe là au salon, j'arrive sans tarder".


Quelques instants plus tard, je poussai la porte du petit salon, et trouvai Eloin assise, à patienter.

"Monseigneur, quelle joie de vous revoir. Comment vous portez vous ? "


"Que me vaut l'honneur de votre présente icilieu ? Aucune mauvaise nouvelle je l'espere ."

"Restez assise, je vous en prie ".


Fantine devait pousser bientot la porte du salon à son tour, pour nous apporter quelques boissons, et menus gateaux.
Eloin
Sans tarder, elle fut introduite dans la demeure, guidée jusqu'à un salon simplement agencé mais avec goût, et assurée que le vicomte allait estre prévenu de son arrivée.
De fait, peu après, le sénher Bosk fit son apparition, luy recommandant de rester assise avant mesme qu'elle ait pu esquisser un geste pour se relever et se mettre à sa hauteur, du moins autant que cela luy était possible du fait de sa taille moyenne.
Un hochement de teste le salua donc, tandis qu'il s'installait à son tour, entamant la conversation par les banalités d'usage.


Le plaisir est partagé, sieur. Je me portes bien, grasce aux beaux jours, et vous-mesme ?

Je pense que vous avez une petite idée de la raison de ma visite, mesme si j'aurais cru vostre hymen plus solide que les autres...


L'entrée d'une domestique l'empêcha d'aller plus loin pour le moment. L'évesque se fit servir de l'eau citronnée, sans prendre de collation. Elle avait rompu le jeûne nocturne au lever du jour, et son estomac ne réclamait point encore.
La meschine partie, Eloin reporta son attention sur le maistre des lieux.


Vostre épouse m'est venue visiter hier, en le presbytère, pour me faire part de son souhait de mettre un terme à vos épousailles, du fait d’événements récemment survenus dans vostre vie commune, mettant en péril la continuité de vostre couple. Elle m'a expliqué ses propres griefs, mais il me plairait d’ouïr les vostres, avant de mettre en route la procédure auprès de l'Officialité Episcopale de Bourges...
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Evêque de Limoges, Grand-Prieur de l'ordre cistercien.
Héraldique
Boskdeportkar

Je suis heureux de savoir que vous vous portez bien, et la présence d'un beau soleil contribue grandement à nous remplir de vie.
Pour ce qui est de ma personne, et bien... cela peut aller.


Dame Eloin enchaina ensuite en me racontant brievement la venue la veille en son presbytere de Sofja. Notre évèque voulait connaitre ma version de la situation. Le pourquoi du comment.

Monseigneur...par où commencer donc ? Par les faits, cela sera plus simple.

Ceci est ma deuxieme vie. Je suis arrivé à Bourga, il y a au moins huit années de cela. J'ai pris le nom de PortKar alors. Puis j'ai eu le bonheur de rencontrer Sofja quelques années plus tard, comme une forme de renaissance.
Mais il me faut vous parler de mon passé.

Mon adolescence s'est déroulée en Bas-Poitou, près de Saint Hilaire de Talmont, où j'ai connu une personne, Héloïse de son prénom,
pour qui, un bel amour s'est fait jour. Vers l'age de dix sept dix huit ans, elle et sa famille, ont brusquement déménagé, et je n'ai plus eu la moindre nouvelle par la suite. Sauf quelques mois plus tard, où des colporteurs ont cru savoir que leur village d'adoption avait été passé par les armes par une bande de brigands. Je me suis rendu sur place, mais aucune trace de cette famille, pas de morts, pas de vivants.
Personne pour me renseigner.
Mon coeur a gardé pour cet amour de jeunesse une trace indélébile.

Puis on m'a envoyé aux études à Rome pour changer d'univers, et à mon retour, je me suis engagé dans des armées qui partaient guerroyer
dans le Sud de l'Espagne. Après quelques mésaventures que je vous épargne, me voilà naufragé involontaire en méditerranée, avant d'etre secouru et de pouvoir rejoindre Marseille, puis Bourganeuf sur mon trajet prévu pour retourner en bas Poitou.

Après quelques mois icilieu, j'ai renoué avec un vieil ami, qui avait étudié à Rome avec moi. Qui, pour des raisons bien confuses, s'est proposé d'enqueter sur la famille d'Héloïse. C'était avant de rencontrer Sofja. Comme j'avais fait la promesse de retrouver Héloïse ou au pire sa sépulture, je n'ai pas fait arreter les recherches, même après mon mariage. Et j'en ai informé d'ailleurs recemment Sofja.

L'an dernier, alors que mon ami Giacomo, séjournait sur Bourges, il est témoin de l'incendie d'un couvent, il se glisse dans la chaine humaine qui tente, par de simples seaux de contenir les flammes. Et, par un pur hasard, distingue sur la main d'une demoiselle une marque de naissance, étonnamment similaire à celle d'Héloïse. Giacomo se met à discuter avec la demoiselle désemparée, et l'invite à rejoindre les Billanges puisque son couvent n'etait plus que des cendres. Louise, cette demoiselle, finit
par arriver en mon domaine, je l'héberge, et à l'entendre parler de ses parents, découvre qu'elle est la fille d'Heloïse et de Renaud de Plaise-à-Dieu.

J'imagine alors que ses parents vont venir la chercher quelques jours plus tard, mais ceux ci connaissent de nombreuses péripéties. C'est donc fin avril, debut mai, qu'ils se présentent en mon domaine. Sofja séjournait alors aux Billanges.
Un choc. Pour tous les protagonistes. Héloïse ne s'attendait pas à me revoir sous cette identité actuelle. Son époux, fort faché de cette situation, souhaite au plus vite repartir pour leur Guyenne.
Je n'ai que peu le loisir de parler avec Héloïse, qui pourtant ne tarde pas à me reveler que Louise est ma fille.
Je perçois bien qu'il demeure quelque chose entre elle et moi, d'autant que notre sang commun est devenue une bien jolie demoiselle.

Les Plaise-à-Dieu comprenant tres bien l'étrange situation prennent congés rapidement. L'amour que j'avais si longtemps enterré perce à nouveau, surement alimenté par le fait d'apprendre que Louise était ma fille.

Après quelques semaines de solitude, je me suis retrouvé dans une situation inextricable. D'où ma décision d'aller parler à Sofja, et donc de la raison de votre présence.


Je marquai quelques instants de silence.

Pour faire simple, je suis coupé en deux. Je suis à moitié Louis-Denis, à moitié Bosk. J'aime deux femmes, d'un amour entier, et bien différent, sans que l'amour pour l'une, ne vienne empiéter l'amour pour l'autre.
Me voilà avec deux enfants, Galaad avec Sofja, et Louise avec Héloïse. Louise ne sachant pas encore que je suis son père.

Pourquoi suis je aller voir Sofja vous me direz ? J'aurais pu continuer notre mariage, au risque de revoir Héloïse à coté, et qu'elle devienne ma maitresse comme certains font parfois. Mais je ne veux pas entacher l'honneur de Sofja, et celui des Jagellon, qu'elle soit moquée par de mauvaises langues. Sofja mérite mieux que ce que je suis.

Tout est ma faute, je dois assumer ! Pour que le microcosme limousin sache que la dissolution de notre mariage est de ma pleine et entiere responsabilité, que Sofja n'est qu'une victime.
Personne ne doit savoir que je porte toujours le même amour à Sofja.

Bien sûr, comme tout couple, nous connaissions quelques difficultés, occupés que nous sommes par nos responsabilités respectives,
quelques incompréhensions, mais qui n'en n'a pas !

A ce jour, le choix que j'ai fait, c'est bien de n'etre au final avec aucune des deux femmes que j'aime.
Je ne puis que les aimer à distance. C'est ma condamnation.
Et je maudis bien souvent Aristote de m'imposer de telles amours impossibles.

Je devrais renoncer à Héloïse, les commandements de l'Eglise l'imposent. Et renoncer aussi à ma fille Louise ?
Quel est donc le sens de cette épreuve ? Y a t il des amours autorisées, et des amours interdites ? L'amour n'est il pas l'amour ?

J'ai fait le tour de la question, et à chaque solution , cela ne fait que des malheureux !
Alors quitte à choisir au final... je préfere redonner sa liberté à Sofja de faire ce qu'elle veut. De ne pas me trainer comme un boulet, même si ca me désespère de la voir s'éloigner.
Alors je préfererais mettre en bon ordre cette "séparation" dont je suis l'instigateur pour que mon épouse puisse garder son honneur entier, et refaire sa vie en toute légalité au besoin.

Quand ce sera fait, j'irai par dela les mers de l'Ouest.
On verra bien si le Créateur daigne que je revienne.

Voilà, vous savez à peu près tout.
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