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Info:
Amour gloire et beauté version Gypsi.

[RP] Carnets épistolairiquement journalistique d'une brebis

Gypsi
Il s'agit d'un carnet, qui ne quitte jamais Gypsi. Elle y raconte sa vie. Et, elle y glisse les missives qu'elle veut conserver. A bon entendeur. Ce qui permet le RP épistolaire en parallèle, avec le ressenti produit par la réception de telle ou telle missive. Pour elle, comme pour le destinataire/expéditaire.


    Ecrire, pour se soulager. Mettre des mots sur ses maux. Expressions courantes. Et pourtant, fortement efficaces. Ecrire, pour se rendre compte de certaines choses, certains mots dits, entendus, ou non-dits, certaines actions faites ou non, manquées ou réussies. Ecrire le passé pour accepter le présent. Ecrire le présent pour construire le futur plus sereinement. Plus sainement. Ecrire. Pour soi avant tout. Se mettre à nue. Se libérer, et confier à sa plume, à sa feuille nos troubles, nos doutes, nos peines et nos joies. Ecrire, parce qu'il ne reste plus que cela...


Millau, 22ème jour du 11ème mois de 1460

Je suis partie. Millau. Seule. Trop de questions, trop de doute. Trop d'interprétation. Je ne sais pas, je ne sais plus. Et la seule personne qui aurait pu m'aider est partie elle aussi. Elle n'a pas compris. Trop proche d'Exaël sans doute... Dispute. Et des mots, de la part de la sulfureuse qui sonnent, qui résonnent, qui claquent et qui font mal. Qui vexent, venant d'elle. Je pensais qu'elle me connaissais... Je pensais qu'elle me comprenait. Qu'elle soit en accord ou non avec moi. Je me suis trompée.
Cillien a été plus présente. Elle a mis en avant mon problème. Trop d'homme, trop de déceptions, trop d'attente, trop d'angoisse. Il paraît qu'en eux, je le cherche lui. Rubein. Et je commence à le croire... Souvent je pense à lui. Il m'a laissé des marques. Des souvenirs, des réactions, des envies, des propos aussi... Il est plus dur de se faire à une disparition qu'à une mort...

Je suis partie, je l'ai laissé. Et je l'ai fait souffrir sans doute, Exaël. Par peur de ses sentiments trop fort. Par peur de ne pas réussir à lui rendre ce qu'il me donne. L'amitié ni l'amour ne doivent recevoir que ce qu'ils peuvent rendre.* Et je ne me sens pas capable de lui rendre ce que j'ai l'impression de recevoir. Et pourtant, il me manque, et... C'est trop dur. Et puis, il y a lui aussi. Ce barbu. Un ami. Une connaissance qui remonte à plusieurs années. Avec qui les liens se sont resserés. Et je ne sais plus qu'en attendre.
Je crois vraiment que le choix s'impose entre nonne ou catin. Le juste milieu étant trop rude pour moi.

Arretons ici la lamentation pathétique. Ma vie n'est pas si dramatique que ça. Voyons le positif, je n'ai pas d'enfant, et je n'en aurais plus. J'ai des amis qui acceptent mes périgrinations longuettes. Et puis, avouons-le, la vie de gueuses, c'est amusant. Et animé.

Note pour moi-même : écrire à Sulf. Répondre au brun.


Citation:
Brouillon, lettre à SulfurA :
Sulf,
Prendre la plume m'est difficile. T'écrire... J'ai mis du temps. La façon dont nous nous sommes quittées, séparées ? n'aidant pas. Oui je t'en veux. Et ce pour des raisons précises. Que tu me dises ce que tu penses de moi, de mon comportement. Je te l'ai toujours demandé, et je l'accepte. Des mésaccord, mésententes, nous en avons connu beaucoup. Je n'ai jamais accepté par contre qu'on me donne des ordres. L'autorité très peu pour moi. Et tu le sais. Si les propos que je tiens envers tes amis te gênent, ou t'agacent, tu n'es pas obligé de les cautionner. Mais mes mots, mes paroles, j'en suis la responsable. Et, ce que je dis ne regarde que moi. Ne me dis que je te mets dans des situations embarassentes avec tes amis. Parce que combien de fois je me suis retrouvée dans une position embarassante, vis à vis de Clément, ou d'Andrea par exemple. ça arrive dans les deux sens. Je dis ce que je pense. A tout le monde. Quand je le pense et comme ça vient. ça ne plaît pas tant pis. Tu me connais, et j'aurais pensé que justement tu ne réagirais pas ainsi.

Passons. Je me confie à toi. A petite dose, parce que moi-même je ne savais pas ce que je ressentais, ou j'allais. Et là dessus, je savais que tu ne pourrais pas m'aider. Je te fais part de mes doutes. Je pensais que l'intimité, le lien qui s'était tissé entre nous t'aurais permis de tenir ta langue. Que ce soit pour mon bien ou non, tu n'avais pas à en parler à Exaël. C'était à moi de le faire, la première ! Et non l'inverse. Et oui je t'en veux. Et je ne sais pas si j'oserais à nouveau me confier à toi... De la méfiance qui s'installe. Je n'aurais jamais pensé cela pourtant.

Tu es importante pour moi malgré tout. C'est idiot, mais c'est Clément qui a raison. Malgré nos disputes, malgré nos discordes, nos mésententes, et nos défauts, je n'arrive pas à cheminer sans toi. Loin ou proche, j'ai besoin de te savoir en vie, heureuse, ou du moins pas seule. Tu es un repère. Le seul peut-être fixe que je possède, et je n'ai pas envie de le perdre. De te perdre. Même si à première vue, une certaine distance s'impose. Je tiens à toi, même tu m'agaces parfois, même si je t'en veux, même si ... Tu le sais tout ça. N'oublie pas ta brebis. Je suis TA brebis en premier lieu. Et celle de personne d'autre.

Prends soin de toi. Et embrasse le berger et Spirit pour moi, s'il te plaît.
Brebiou 3G.


Exaël et Gypsi. La brebis et le bouc. Albert et Georgette.
Lui et moi on est... comme la mie est à la croûte du pain. Indispensable. On se connaît depuis longtemps. Jeunesse blessée pour l’une, jeunesse naïve, et obéissante pour l’autre. Nos vies s’étaient croisées. Nos cœurs s’étaient trouvés. Pour se perdre finalement. Et la séparation inévitable. J’étais blessée dans mon amour propre. Dans ma fierté. Blessée dans mes sentiments finalement. A l’époque j’étais naïve, gentille et sincère. Je ne souhaitais que son bonheur et quand l’annonce de son couple avait retenti, malgré ma déception j’étais sincère. Je leur souhaitais réellement le bonheur. Oui mais, j’étais une garce et une mangeuse d’homme qui lui tournait autour. Quand simplement, je voulais rester son amie. Mais les mots qui me choquèrent le plus ce furent les siens, me demandant de partir. C’était naturel finalement. Il se mettait du côté de sa compagne, de l’opinion générale. Et c’est sans doute à cause de la douleur qui m’a transpercé le ventre à ce moment là, que j’ai décidé de toujours faire passer mes amis avant mes compagnons. D’où de nombreux problèmes. Bruno à Marseille. Rubein, envers Thomus. Et aujourd’hui, quelque peu Exaël envers Steph. Même si la problématique est un peu différente.

Les missives pourtant ne se sont jamais taries. Et si l’envie de l’oublier passait par la demande qu’il m’oublie lui, je n’ai jamais réussi à accepter que, justement, il puisse m’oublier. C’était bête, cruel peut-être aussi. Lui écrire me faisait du bien. Le lire me faisait plaisir. Et l’empêchait de m’oublier. Un ami… Un peu plus qu’un ami. Il a toujours été plus qu’un ami. Et toujours moins qu’un amant. Il faut l’avouer, une femme avec un homme plus vieux qu’elle ne choque personne. C’est dans les mœurs. Mais une femme avec un homme plus jeune, là, ce n’est pas courant. Et la différence d’âge pourtant pourrait être frappante entre lui et moi. Séparé, missives échangées, on s'est recroisé plusieurs fois. Le hasard n'y était pour rien pourtant. En bref... On s'est connus, on s'est reconnus. On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus de vue. On s'est retrouvés, on s'est rechauffé. Puis on s'est séparé. Chacun pour soi est reparti. Dans l'tourbillon de la vie. Je l'ai revue un soir ah là là... Je suis retombée dans ses bras.

Cahors a été une étape décisive. "Couple" formé. Même si ce fut difficile. Manque de compréhension, doute, peur. Et finalement... c'est vrai, on était bien ensemble. Mais je suis partie. Comme je le fais toujours. Je suis partie sans toi, sous prétexte de te protéger. Un partout, balle au centre. Première erreur à Guéret, deuxième à Uzès. Je suis partie, et rentrer bien plus rapidement que toi. Et la distance s'est instaurée petit à petit. Finalement j'admire Sulfura et Thomus. La distance les rend plus fort. Moi, elle affaiblit toujours. Je n'y arrive pas. J'ai peut-être trop besoin d'attention, de tendresse. Trop besoin de ne pas, de ne plus me sentir seule... Retrouvailles décevantes... Je sais qu'elles t'ont déçues. Puis finalement, la séparation s'imposait... et maintenant... ?

    Lequel de toi, lequel de moi aura eu tort ? Lequel de nous dira j’y crois encore ? Lequel saura lire les silences dans d'autres yeux ? Lequel ira tenté sa chance à d’autres jeux ? Lequel de moi, lequel de toi dira d’abord Que ça vaut peu, que ça vaut plus, qu’on s’aime encore ? Lequel passera du coté noir, du côté froid, Du côté où l’un de nous deux ne sera pas ?


Lequel ? Les erreurs sont partagées. Pourtant je m'en attribue la plupart. Pour ne pas dire toutes. J'ai eu tort. Tort de te laisser à Guéret. J'aurais dû réagir encore plus. J'ai eu tort. Tort de t'empêcher de m'oublier. Peut-être que tout aurait été plus simple alors. J'ai eu tort... de partir. De jouer. J'ai eu tort de te laisser une deuxième fois. J'aurais aimé que tu me retiennes. Que tu me suives. C'est flatteur quand on nous court après. Oui mais tu n'es pas comme ça. Tu 'comprends'. Tu comprends l'incompréhensible. Parce qu'au fond, même moi je ne me comprends pas. Alors Exa, est-ce que toi tu y crois encore ? Ou est-ce que tu préfères tourner la page. Est-ce que tu peux accepter ce va-et-vient ? Est-ce que tu peux me pardonner ? M'attendre... Est-ce qu'un homme peut réellement attendre une femme ? Je ne crois pas.
Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels.*

    Lequel de toi, lequel de moi aura l’envie De tout laisser, de tout quitter comme si Il y avait toujours mieux ailleurs, un autre monde meilleur Une autre vie où tu ne seras pas aussi


Parce que oui, tu ne sais pas mais je ne sais plus quoi faire avec toi. Je ne sais pas si je dois te courir après ou te fuir. Je ne sais pas si je dois te faire confiance ou être jalouse. Je ne sais pas si je dois accepter de devenir tout ce que j'ai toujours détester... Si je dois accepter le mot couple, et la notion qu'il apporte. Ou si tu m'aimes parce que justement je ne suis pas comme ça. Je ne sais pas si je dois rester moi-même, comme j'étais quand tu m'as connu, quand on s'est mis ensemble, ou moi-même comme j'évolue à tes côtés, c'est-à-dire différente. Et là subitement ça devient vachement philosophique comme propos. Questions existencielles, bonjour ! En bref, peut-être que je me porterais mieux si tu n'étais pas là. Si j'étais ailleurs. Si je restais la brebis de façade. Celle qui charme, qui joue, et qui part. Celle qu'on aime ou qu'on déteste sans juste milieu. Une femme comme les autres au fond. Parce que oui...
Toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées. Le monde n'est qu'une latrine sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange.*
Alors peut-être qu'un autre monde serait plus adapté...

    Lequel de toi, lequel de moi aura l’audace De voir en l’autre tout le contraire d’une menace Accepter même les erreurs, revenir en arrière. Ces différences qui nous font peur jusqu’à tout foutre en l’air. Lequel de toi, lequel de moi dira "je t’aime", Sans rien en échange, rien qui dérange, comme un poème, Un mot d’amour dans les orages de toute une vie à deux. Un mot qui change les sauvages en amoureux...


Je te vois comme une menace, c'est vrai. Pourtant, je sais qu'au fond tu ne me veux pas de mal. Mais j'ai du mal à tourner certaines pages. J'ai peur. Tu me fais peur, mes sentiments me font peur, et tes sentiments plus encore. Je ne sais pas qu'en pensez. J'aimerais pourtant, me laisser aller. Devenir ta femme, rien que la tienne. Fermer les yeux et te faire confiance à jamais. J"aimerais croire en ce que tu m'écris. Eternité. Mais à mon oreille, ça sonne faux. Non pas que je ne crois pas tes sentiments. Simplement, ils disent tous ça... J'accepte pas les erreurs. Les tiennes, mais les miennes encore plus. Je ne les accepte pas. Et je fout tout en l'air à cause de ça. Pourtant, tu me manques. Je peux le dire, tu me manques. Et plus j'écris, plus je me rend compte que je t'aime. Ce mot que je dis si rarement. Que je pense encore plus rarement. Il t'es destiné. Il change les sauvages en amoureux. On croirait presque que tu m'as apprivoisée. Une brebis apprivoisée par un bouc. On aura tout vu. Et si je fuis, si je cours, c'est pour m'illusionner que je ne tiens pas plus à toi qu'aux autres. C'est pour me convaincre moi-même. Mais même ça, je n'y arrive plus... On a tous deux nos défauts, nos doutes, nos caprices et notre caractère qui nous rendent parfaitement imparfait... Et je crois que...
Il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux.*

    Il n’y aura que toi et moi pour sortir de l’impasse, Et retrouver dans un sourire,ou une main tendue : Tous les mots qu’on aurait pu dire si on l’avait voulu. Ce qu’il reste entre toi et moi, Ça nous suivra partout
    Cette histoire, aucun de nous deux ne pourra l’effacer, Ce qu’il y a au fond de nos yeux ne s’oubliera jamais.


J'ai besoin de toi. Te retrouver. Même si les doute sont toujours là. J'ai besoin de toi. Je le sais, mais je ne te le dirais pas. Fierté mal placé. Malaise récurrent de mes sentiments. Je sais dire ce qui ne va pas, jamais ce qui va. Je sais dire ce que je n'aime pas, et pas ce que j'aime. Défaut de fabrication. Mes parents ont dû oublier une pièce. Trop brune et pas assez blonde peut-être. Oui Rubein me manque, et je le cherche en d'autres hommes c'est certain. Pourtant tu ne lui ressemble pas du tout. Ce qui me fait dire et penser, qu'en toi, j'ai trouvé autre chose. Un plus. Une nouveauté. Je ne changerais pas, et je serais toujours attiré par d'autres hommes, ou tentée de les charmer... Mais il n'y a que toi pour m'apprendre la fidélité. J'ai envie de me rassurer toute seule. Me convaincre que tu vas m'attendre, qu'on va se retrouver... Et je me répète inlassablement : Ah, tu verras, tu verras Tout recommencera, tu verras, tu verras, L'amour c'est fait pour ça, tu verras, tu verras... On se retrouvera...


Pardon pour ce RP musicale avec donc : Le tourbillon de la vie, Jeanne Moreau ; Lequel de nous de Patrick Bruel ; Ah tu verras, tu verras de Claude Nougaro.
Et * : Musset, On ne badine pas avec l'amour.

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Sulfura
Quand les remords rongent la fierté


Les jours défilaient inlassablement, et le monde continuait de tourner avec ou sans elle. Sans elle surtout. La brune s'était oubliée. Perdue, elle avait comme baissé les armes. Le coeur aride tandis que ses pensées étaient abondantes. Elle connaissait ses tords mais l'avouer serait bafouer son imperfection.
La famine commençait à la guetter alors, elle fit une halte. En fait, elle ne savait pas vraiment où aller mener son voyage. Elle tournait en rond, ses pas devenaient lourds et incertains. Alors, elle profita de cette pause pour se reposer.
Aucun repos ne lui sera octroyé. Gypsi hantait ses esprits. Elle l’avait quasiment ignoré lors de son départ. Peut être que la sulfureuse prenait trop les choses à cœur. Peut être que le fait de s’ouvrir à l’Humanité l’avait rendu ainsi… Après tout, n’avait elle pas ce qu’elle méritait ? La roue tourne, c’était indéniable. Sans doute pour cela, qu’au bout du chemin, elle était seule. Personne ne changera une Sulfureuse. Son sort était déjà scellé, n’Est-ce pas ? Seule… Quelle idiotie d’avoir cru qu’elle pouvait se créer une famille. D’abord son berger, puis son Ingérable qu’elle avait fuit et maintenant la brebis. Un par un … Les parois de son monde s’effritaient et elle en était la seule responsable, non ? Dépendre des autres, elle détestait ça. Admettre qu’elle avait besoin d’eux, de leur simple présence… c’était un signe de faiblesse.

C’est ainsi que SulfurA fuyait son monde et le détruisait contre sa volonté. Elle était là entre l’ici et l’ailleurs. Sans savourer son repos car son esprit, éternellement continuera de ruminer. Elle entendit enfin l’appel de ce pigeon. Le scrutant, ses pensées encore embrumées, elle le caressa du bout des doigts comme pour s’assurer qu’il était bien réel puis elle saisit le parchemin. La jeune femme lit sans s’arrêter, sans sourciller, sans état d’âme. Pourtant, les mots coulaient en elle jusqu’à suivre la rivière pour atteindre l’antre de son cœur autant pour la blesser autant pour….
On ne pouvait changer l’âme d’un volcan… C’était ainsi et malgré tout, il fallait bien qu’une brise apporte un peu de douceur à ce tourbillon de feu. L’abcès, il fallait crever l’abcès. C’était pas une femme qui pleurait quand bien même l’envie était présente. Alors, elle ouvrit sa boîte de pandore et enferma toutes ses émotions qui la fragilisaient. Il lui fallut quatre jours pour pouvoir sceller cette amertume et cette blessure mêlées à cette attention. Paradoxale.

SulfurA prit enfin la plume et laissa les mots se faire guide de sa voix.


Citation:
Tu as mis du temps comme j’ai mis du temps à m’avouer les choses. Comment répondre à ta sincérité ? Dois je laisser la colère m’envahir, le ressentiment, l’indignation ou bien la tendresse, la chaleur et la fraternité ? Qu’importe en fait, l’essentiel y sera dit...ou peut être faudra t il plus de velin pour tout dire...
Tu as bien sûr ton caractère, tu es ce que tu es comme je suis telle que je suis. Ce que tu dis ne regarde que toi ? Phrase puérile…. *raturé* Bien sur que non. Ce que tu dis n’est pas pour toi sinon pourquoi en faire part ? Ce n’est pas logique.
Tu sais, chacun est-ce qu’il est, chacun cautionne ce qu’il peut cautionner. Tu es toi, je suis moi… deux personnes à ne pas comparer. Toi même le disait. Nous réagissons parfois de façon identiques et parfois pas du tout, d’où les esclandres. D’où les départs sans des au revoirs….
Je te connais oui mais ne me connais tu pas toi aussi ? Sans compromission et sans tact…

Passons comme tu dis. Tenir ma langue, sais tu ce que j’ai dit pour venir me blâmer ainsi ? Tu sais très bien ce qu’il en est… Je ne peux protéger tout le monde et ce même si je le désire. Bien sûr tu me diras que tu n’en as pas besoin, que je n’ai pas à le faire. Pourtant, si je ne le fais pas qui le fera ? Si je n’essaie pas cela voudrait dire que vous n’êtes pas ce que vous êtes à mes yeux. A voir si là tu me comprendras.
Alors oui, j’ai parlé à Exa et non, tu ne sais ce que je lui ai dis. Je lui ai parlé à demi mots, je ne lui ai rien dit concrètement. Parce que avouons le, toi-même tu ne me l’as pas dit à proprement parlé.
Tu vois Gypsi, s’il y a bien une personne en ce bas monde, que je connais mieux que quiconque, c’est toi. Alors oui, j’ai voulu anticiper l’inévitable, j’ai voulu agir comme je le fais souvent, surement pas avec la raison et sans réfléchir.
Méfiance…. Très bien… bien que je ne suis pas d’accord…
Tu peux m’en vouloir autant que tu veux…. Si ça peut te soulager tant mieux. Autrement, tout reste…. Chacun réagit …. Je me répète ou bien…

Il y a des liens qui sont immuables…. Mais l’ignorance est une chose frappante…et peut être qu’il vaut mieux pour tout le monde que je retourne au commencement… La solitude me va bien finalement…ça ne cause aucun dégât pour des êtres chers…

Toi prend soin de toi... et peut être que le temps pansera certaines méfiances...

SulfurA avec un A



La brune attrapa son piou piou et ferma la missive qu'elle attacha. Au fond d'elle même, elle avait beau se prétendre rigide, coeur de pierre... si tel était le cas... pourquoi se sentait elle aussi oppressée ? Pourquoi avait elle si mal en lisant certains mots ? Refoulant la vérité, elle laissa son messager prendre son envol.
Gypsi
    Pigeon's Avalanche


Quelque part entre Alais et Mende,

Elle est là, en moi. Elle ne me quitte jamais. Elle me dirige. Je ne suis qu'un masque de joie pour cette femme étrange. Un sourire faux sur les lèvres. Je ne suis qu'une enveloppe. Et elle, elle est l'essence. Elle m'emporte et me noie. Nymphe irascible qui me gouverne. Magicienne qui a pris lentement le pouvoir. D'un étau de fer, elle a glacé mon coeur. D'un gant de velour, elle a flatté ma fierté. Insidieuse femme enflammée qui me brûle et me ronge.
Elle est colère, dédain, reproche, animosité. Force qui va, sans emprise. Un seul mot, un unique geste déclenche sa puissance. Et plus je me débats, plus je me contrains, plus je suis seule et impuissante. Elle ne tolère pas de maître. Ni de limite. Nature ensorcellante qui jaillit avec violence ; cascade vive qui innonde, emporte et détruit. Prison de feu. Parfum sulfureux qui asphyxie. Poison qui tue à petit feu. Lentement, mais inlassablement. Elle est là, en moi. Elle ne me quitte jamais. Elle me dirige et sous son poids, bientôt je disparais...

A moins qu'ils me sauvent. Tous. Ces êtres qui me sont si cher. En écus autant qu'en affection d'ailleurs. Les pintes de bière, ça a un prix. Et généralement, il ne leur en faut pas qu'une. Aujourd'hui j'ai reçu plus de missives qu'en plusieurs mois.
Et une, et deux, et trois - zéro ! Ah nan, 4 pardon. C'est que la 4ème diverge un peu.
D'abord il y a celle de la sulfureuse et volcanique brune. Dont le départ fut silencieux. L'indifférence semblait règner entre nous deux, alors qu'une tempête agitait nos coeurs. On est toujours aussi douée l'une que l'autre. Les sentiments c'est pas notre truc. Et sa réponse... me laisse songeuse. Je répondrais plus tard... Commençons par le plus facile...
La missive du tribun barbichu uzetien. L'homme qui avait toujours un mot de réconfort et un autre mot pour la faire sourire. Tant de choses de prévu entre eux. Que de rendez-vous manqués. Pourtant tout est simple. Une belle amitié. Comme on en fait rarement. Il faudra que je passe par Uzès, avant de prendre la relève, qu'on remette à zéro nos paris ridicules.

Et puis, il y a eu la missive d'Exaël. Tellement brève qu'elle m'a... choquée. Troublée ? Perturbée ? "mon amie"... Ainsi ne reste-t-il déjà plus que ça ? Est-ce que tout s'est si vite dispercé, et parti en fumée ? Il me faut lui répondre... Mais... devant tant distance, je ne sais si je dois faire preuve d'autant d'éloignement ou lui dire... Je ne devrais pas réfléchir autant. Ecrire les choses comme elles viennent. Aussi paradoxal qu'elles peuvent se présenter à moi. L'exaëlissime comprendra... sans doute...

Et enfin, la missive colombianesque. Et je dois avouer que... je n'ai pas tout compris. Mais bon, le dit homme doit tout m'expliquer demain... et j'avoue craindre le pire. J'ai quand même hâte de retrouver ce binome étonnant. Et hilarant, faut dire ce qui est. Quoi que... il risque d'y avoir du mouvement dans l'air mendois. Mendais ? Mend-arine ?! Aucune idée du nom que porte les habitants de ce patelin. On s'en fout d'ailleurs non ?

Trêve de plaisanterie... Il va falloir que je me remette en route, mais, il faut que je réponde à la Reyne...




C'est encore moi... On a toujours fonctionner ainsi en même temps. Catharsis par les mots, les missives et le velin. On aurait peut-être dû s'y mettre plus vite sur ce coup là. Bref, passons.
Je reviens sur ma phrase : "ce que je dis ne regarde que moi". Tu n'en as pas compris le sens. Je m'exprime mal, comme souvent. Certes, on parle avec et pour les autres. Quand je dis que ça ne regarde que moi, je veux dire que mes paroles n'impliquent que moi. Si je dis des phrases qui déplaisent à tes amis, j'en suis responsable et tu n'as rien à voir là-dedans. Tu as tes propres paroles, tes propres pensées. Mes paroles, si je critique ou m'énerve un de tes amis, ne t'incluent pas dans mes mots. On n'est pas encore assez fusionnel pour ça. Alors non, je ne comprend pas que tu m'aies dit que cela te mettait dans une situation embarassante vis-à-vis de ton amie. Voilà tout.
Oui je te connais. Comme tu me connais. Mais je ne dirais pas sans compromission et sans tact. Je dirais impulsive. Et le tact, ça ne sert à rien. Je suis aussi impulsive. Et quand on critique - implicitement ou explicitement - les gens que j'aiment, ou à qui je tiens, je montre les dents et je sors les griffes. J'ai peu d'attache et tu le sais. Mais lui, non. Je ne le supporte pas. C'est tout. D'autant plus que j'étais dans une situation de trouble, qui ne m'aidait pas à me contraindre, et me maîtriser.

Je n'ai pas dit que je n'avais pas besoin d'être protégée. Tout le monde en a besoin. Même les plus farouche et indépendant. Même les plus grands. Même toi, même si tu refuses de l'avouer. Je sais que tu le fais dans de bonnes intentions. Je n'ai jamais remis ça en cause. Simplement j'aurais que tu m'en parles avant. J'aurais aimé lui faire part moi-même de mes doutes, de mes peurs. Et pas qu'il devienne méfiant et renfermé comme il l'était parce que tu as lui a dit certaines choses.
Les demi-mots, certes Sulf. Exa n'est pas débile. Il comprend tout parfaitement, et il me connaît à merveille. Alors c'était des demi-mots de trop. Tu ne sais pas ce qu'ils ont créer comme atmosphère étrange tes mots. S'il n'avait rien su, s'il était resté naturel, je serais surement restée à ses côtés. Parce que oui, je tiens à lui, et je l'aime. C'est con. Mais tes demi-mots l'ont troublé, inquiété, je ne sais pas. Il a changé. Perdu son sourire, son humour. Il était renfermé, ne parlait plus, s'énervait contre tout le monde, ne supportait personne, et même mes mots l'agaçaient. Il était méfiant, presque froid. Et ça n'aide pas à rester à ses côtés, je regrette.

Je sais que tu me connais presque par coeur. Soit dit en passant, je ne suis pas bien originale dans mes réactions. Le problème c'est le "presque" qui fait que non, tu ne peux pas anticiper. Je suis désolée. Mais c'est ainsi. Si je parlais de façon vague ou floue, c'est que moi-même je n'étais pas sûre. Je voulais t'en parler à demi-mots pour me libérer. Parce que simplement dire les choses aident parfois à se rendre compte de certaines choses. On s'est séparé. Disons qu'on ne chemine plus au côté l'un de l'autre avec Exaël. J'avais besoin de faire le point. Un vrai point. Je sais où j'en suis. Et ce que je dois faire maintenant.

Malgré tout, le temps passant, la colère s'estompant, et la solitude aidant, j'ai réfléchit. Je te blâme de ce que tu as fais avec Exa. Quand finalement, je sais que je fais parfois la même chose entre toi et Thomus. Ce n'est pas de la méfiance. Une certaine appréhension sans doute. Peut-être rien. Parce que tu as toujours eu le don de me faire sourire, de me faire parler, presque naturellement. Oui, j'ai besoin de toi, je l'écris et je me répète aussi. Tant pis. Si ça ne te dérange pas, j'aimerais te rejoindre. J'ai encore des choses à faire ici. Pendant une semaine, environ. Je dois retourner à Uzès. Régler quelques détails... Et puis... Je pense qu'on a besoin de se voir, de se revoir, pour terminer de mettre à plat cette dispute. Et puis, tu me manques. J'arrive plus facilement à le dire à toi qu'aux hommes. Sans doute parce qu'avec toi, quoi qu'il se passe, tu me manqueras toujours.

Prends soin de toi. Encore et toujours.
G.

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Sulfura
On doit chercher dans le passé ce qui brille pour donner au présent de l'éclat, si l'on ne veut pas obscurcir l'avenir.[i]Marius Saint Arnault.

La sulfureuse avait une halte qui s’éternisait. Tombée malade par le changement de saison, elle esssayait de récupérer à sa manière, c'est-à-dire, qu’elle faisait rien pour se soigner. Dernièrement, une pluie de missive était tombée, certes mais pas celles qu’elle attendait.
La brune se voilait la face. La maladie… était ce vraiment les griffes de l’hiver qui la tenait ? Ou bien quelque chose de plus inavouable. Comme toujours en fait, elle refoulait tout ce qui venait de son antre qu’on appelle « cœur ».
SulfurA voulait agir mais en même temps, elle ne savait pas quoi faire. Une lettre au bouc pour savoir si tout va bien. Peut être qu’il aurait mieux fallut s’abstenir, mais elle se sentait responsable. Un messager lui avait fait transmettre une annonce qui la secoua. Son bouc… elle se devait de lui venir en aide mais elle savait qu’il était maître de sa destinée. Entêtée, elle voulait que le monde tourne à sa façon et finalement, elle ne contrôlait plus rien.

« Ce ne sont pas tes marionettes » lui murmura une petite voix au fond d’elle. « Mais je le sais, je veux juste leur bonheur ! » Et la voix enchaîna sarcastique « Vraiment ? Mais à quel prix ? Tu veux que ça se passe comme tu le désires . après tout, tu sais très bien que c’est pour ça que tu as ouvert ta grande gueule ». Voilà un monologue qui suivait son cours. « Parle moi autrement ! J’ai fait ça pour les aider ! » Un rire dans sa tête éclata à lui en donner la migraine. « Les aider, ah ben bravo, vrai que là tu les as bien aidé ! Au fond, tu sais que j’ai raison sinon pourquoi être partie ? Parce que tu t'en veux ! Parce que tu ne supportes pas qu'elle t'en veuille ! Parce que tu n'es plus ce gèle. »
La tumultueuse se mordille les lèvres, oui c’est vrai… elle avait foutu son grain de sel et la goutte avait dépassé le vase. S’effacer, elle se le devait. Epargner. Mais peut être, qu’elle fuyait trop. Toujours autant de question en suspend.

La brune s’était renfermée, elle s’ouvrait qu’à un barbu… son ours qu’elle avait retrouvé. Sa présence la réconfortait. Sa réserve la touchait. Mais son berger rôdait toujours quelque part dans son esprit. Et lui, celui qu’on appelle l’Ingérable. Un sourire même triste se peignait toujours dans son visage quand elle pensait à lui. Tout était plus simple avec lui, mais tout pouvait être bien compliqué derrière les rideaux de la scène de sa vie. C’était elle le complexe, l’annicroche à toutes choses.
Elle avait retrouvé son brun mais elle était restée froide et distante. Pourquoi alors qu’elle savait qu’elle avait besoin de son soutien ? Pourquoi alors que...
Finalement, encore une fois, il était parti sans crier gare. Il n’avait décidément pas compris pourquoi elle lui en voulait. Pourquoi elle avait installé cette barrière entre eux. Elle pensait qu’il l’avait compris mais en fait…

Puis enfin, la missive tant attendue. L’étau dans son estomac et dans son cœur se resserra en reconnaisant l’écriture de sa brebis. Elle avait gardé une retenue, elle savait que cette créature l'avaiot tout autant séduite que ces hommes. Touchait... non c'était bien plus que cela...
La première fois qu’elle vit son pigeon revenir, elle n’avait pas osé ouvrir le parchemin, elle savait très bien ce qu’il contenait. Elle avait attendu tout le jour attendant la nuit pour enfin découvrir les mots de Gypsi . Comme toujours, elle s’était mise contre un arbre s’aidant à la seule lueur de la Lune pour lire le contenu.
Une pluie de sentiments contradictoires tombaient sur elle. C’est pour cela qu’elle aimait ses échanges epistolaires. Non seulement, ainsi elle pouvait parler sans complexe mais aussi parce qu’il n’y avait pas d’interruption. Tout y était dit clairement. Elle resta embrumée un moment, le temps de remettre dans l’ordre dans ses pensées toujours en vrac. Elle regarda sa seule conseillère, la Lune qui la regardait de sa pâle lumière. Se revoir… Se parler… Elle ferma les yeux épuisée par son trop plein d'émotions.


*J'voudrais m'arrêter
J'peux plus respirer
Dans ce monde parmi vous
J'voudrais m'arrêter
J'peux plus respirer
Dans ce monde parmi vous
J'voudrais m'arrêter
J'peux plus respirer
Dans ce monde parmi vous
J'voudrais m'arrêter
J'peux plus respirer
Dans ce monde parmi vous

Faudra que je cours
Tous les jours
Faudra-t-il que je cours
Jusqu'au bout
*

Une semaine s’était écoulée depuis la réception de sa missive. En fait, elle retardait l’échéance mais allait un moment où elle ne pouvait plus reporter. Alors elle prit la plume et écrivit sans vraiment savoir ce qu’elle allait dire, toujours dans le vague.



Il y a certaines zones de ta lettre que je ne comprend pas notamment dans la première partie. Tu me parles du fait de vouloir sauver l'honneur de ces personnes que tu aimes. Et ensutie tu me parles de "lui". Mais qui est ce lui ? Exa ? Le berger ?
Tu me parles de montrer tes crocs quand on s’en prend aux personnes que tu apprécies.. certes, ce qui est tout à fait logique ! Mais l’a-t-elle critiqué justement ? Tu t’es emballée trop vite à mon goût car je connais bien ma rousse, je sais qu’elle apprécie le berger. Ensuite, chacun est comme il est. Ne t’attend pas à ce que je reste sagemment sans réagir, tu devrais savoir que je ne suis pas ainsi. Je ne fais pas dans la demi mesure et ce, même si je me l’imposerais. C’est plus fort que moi. Bref, n'attardons pas ce détail. tout est dit à ce niveau là !

Ensuite passons à l’apothéose dès maintenant.
Si je lui ai parlé et même à demi mot, c’est parce que je connais Exa.Et je sais qu’il se doutait de certaines choses. Attendre… crois tu que reporter l’échéance avant de lui parler t’aurait aidé ? Oui, Exa n’est pas stupide… il a de bons yeux qui voient au travers des comportements… des yeux qui voient à travers TON comportement. Alors ne me blâme pas. Parce que oui, je suis responsable de ce qu’il s’est passé… mais non, je ne suis pas la seule responsable. Tu vois là,…
Sois honnête avec lui quand il le faut et sans attendre ! Sans mes mots tu serais surement restée à ses côtés ? Mais ma chère, ce n’est que du conditionnel… Tu n’assumais pas ce qu’il y avait dans ta tête, ce nuage qui te perturbait temps. Au bout d’un moment, il faut y faire face. Certes, tu avais des doutes, mais un compagnon n'est pas là juste pour le bon temps. Il est là pour te soutenir et t'éclairer sur tes doutes.
Alors, oui je lui ai parlé. Mais il sait lire entre les lignes. En soit, je ne lui ai apporté que des conseils, et ces conseils avaient un double sens.
Il était méfiant… si tu veux, je porte tout le chapeau. Trop facile ! tu ne pouvais pas rester avec lui ? Tu regrettes ? Non, je te dis ce que tu as fait : tu as fui !

J’agis ainsi parce que malgré la froideur dont je peux faire preuve, les choses me tiennent à cœur. Non pas les choses, vous….
J’aimerais faire l’impossible mais finalement, je provoque tempêtes et raz de marées…. Pour ma part, ce n’est pas de l’appréhension…enfin peut être qu’il y a de ça… J'agis comme le temps, je suis imprévisible. Je suis entière, je suis prête à beaucoup et même à secouer le cocotier pour vous permettre d'avancer. Mais là, je crois que.. j'ai mal agi comme souvent oui peut être que c'est à vous de saisir la perche tendue. Pour moi, vous allez en ressortir plus fort, mais encore faut il l'admettre.
Finalement, je suis peut être comme Ghell, Ingérable, d’une certaine manière.
Tu dis vouloir me rejoindre, ça me surprend mais en même temps, n’est ce pas notre relation. Montrer les crocs, prendre de la distance, s’écrire et se retrouver pour en faire comme un bilan.
Pourtant, là j’ai l’impression que les choses sont différentes. Je n’arrive pas à avancer et il s'agit pas de ne pas vouloir te revoir mais disons que notre dernière séparation me hante encore pour pouvoir aller vers toi… alors, je laisserais le temps décider par lui même. Oui, Gypsi forte comme la roche mais une fois atteinte dessous, il n'y a que de la mousse... Dois je dire que ça m'a blessé plus que ce que je veux bien le montrer ?
L'ignorance est la plus grande des souffrances... c'est ainsi qu'on dit, non ?

L'astre dont je t'ai parlé un jour, continuera de toujours veiller sur toi mais... elle a besoin de rester loin...

SulfurA avec un A



*"Je cours" de KYO
Gypsi


Colère. Et déception. Les premiers mots qui frappent à la lecture de cette réponse. Cette réponse que je laisse volontairement de côté quelques jours. Faire le point. Voir ce qui se passe autour de moi. Crise. Implosion et doute. Je ne sais plus vraiment que faire. Et je n'ai personne vers qui me tourner. Puisque Sulfura veut de la distance. Solitude, au milieu de la multitude. J'ai des amis, mais je craint de ne pas être assez proche d'eux pour tout leur dire. A Sulfura je pouvais... Enfin je pensais que je pouvais. A Cillien aussi. Mais elle vient de partir. Et me voilà face à un choix. La mie pour la croûte ou la "bulle d'oxygène qui fait pétiller son eau plate". La proximité ou l'éloignement. La tendresse ou l'envie. Le changement ou la continuité ? Et lui... là-bas. Que fait-il, que devient-il ? Est-il soumis au même doute que moi ? A-t-il rencontrer une autre femme ?

Je ne changerais jamais. C'est pour ça que je n'ai pas voulu barbichu... Te briser toi aussi... Non. Je vais partir quelques jours, et nous verrons bien. Je ferais le point seul. Je choisirais par moi-même pour une fois. Je n'écouterais pas ce qu'on me dit. Je ne ferais pas ce qu'on me force à faire. J'agirais pour moi et par moi-même. Il était temps, à 25 ans... J'ai souvent fait ce que tu me conseillais Sulf. Presque toujours. Mais non. Colère. Tu ne comprends pas. Tu ne me comprends pas. Et tu crois me connaître mieux que je ne me connais. Mais non. Je n'y suis pour rien. Je n'ai cherché à séduire personne. J'ai été séduite pour une fois. Et j'ai tout fait pour résister. L'éloigner. Lui dire : tiens tu lui plais à celle-ci, ou à celle-là aussi. Mais non, rien n'y a fait. C'est ainsi. Je dois faire le point. Et prendre une décision. Je ne veux pas lui faire de la peine, et pourtant, je le fais.

Et toi Sulf... Je t'ai peut-être blessé, mais ça allait dans les deux sens. Alors pourquoi quand je fais un pas vers toi, tu recules ? Tu voulais tourner la page, il y'a peu et oublier tout ce qui pouvait te remémorer Thomus. Je crois que j'en fait partie. Que tu veux tourner cette page. Mais que tu as du mal... ça aussi, ça fait mal. Beaucoup de mal pour rien finalement. La colère ne s'apèse pas. Plus je relis cette lettre et plus... Bref il est temps de répondre je crois... A l'une comme à l'autre...




"Lui", c'était le berger. Je ne fais pas d'introduction. Pour le reste ça tourne en rond. Alors si ça te fait plaisir, c'est ma faute, ma très grande faute, j'ai tort, absolument et je suis la seule à avoir tort. Je me suis emportée, et il n'y avait strictement aucune raison à ça. Voilà. Chapitre bouclé. ça me gonfle. J'ai bien souvent le rôle de fautive de toute façon. Une fois de plus une fois de moins. ça ne changera plus grand chose.

L'apothéose. Allons-y, c'est d'actualité. Tu connais Exa. Faut croire que moi aussi. Si je la bouclait y'avait surement des raisons. Peut-être que tu connais mieux Exa que moi. Mais je connais aussi, un tant soit peu. Si je ne disais rien c'est que tant qu'il était là, je n'avais pas la tentation d'aller voir ailleurs. Lui dire, c'était l'éloigner. L'éloigner, c'était sombrer. Craquer. Et le perdre sans possibilité de marche arrière. Et là, ce n'est pas du conditionnel ! Je le vis, tu m'entends ! C'est pire ! Voilà pourquoi je ne voulais rien dire ! J'ai beaucoup grandi et mûri depuis Rubein. Alors les mots sur mes doutes, j'attend d'être certaine de douter avec de les exprimer. Sinon, c'est faire mal pour rien. Je sais qu'il n'est pas stupide. Je sais qu'il voyait tout. Mais en lui disant je savais y'aurait une séparation - pas forcément définitive. Mais il ne fallait surtout pas qu'il me laisse seule. Maintenant, c'est fait, c'est trop tard. Voilà. Alors, là encore. Si tu veux, je suis la seule coupable. Bien. Je suis la seule coupable. C'est bien connu de toute façon, en relation de "couple" je suis une sous-bouse.

J'ai fui ?! Non. Tu te trompes. Justement je ne fuyais pas ! J'essayais d'affronter, de me maîtriser. Mais tu sembles me connaître mieux que je ne me connais alors, je ne vais pas argumenter. D'accord, j'ai tort et j'ai fuit. Bien. Et bien j'ai fuit. Et après, et maintenant ?! Le résultat est le même. A trop vouloir protéger parfois on fait plus de mal que de bien. Laisser agir les gens de leur plein gré, de leur propre chef. On ne peut pas tout contrôler, tout maîtriser. Et ce que tu souhaites, ou ce qui te plaît ne se passera pas forcément comme tu l'entends. Parce qu'on est différente. Ce que tu souhaites, ce que tu veux, ceux que tu aimes sont parfois différent de ce que moi je peux ressentir. J'aime pas ton amie, mais j'aime Clément. J'aime Thomus énormément. J'adore Andrea. Mais je n'ai pas plus d'affinité que ça avec Ghell. Moi aussi quand tu me dis que tu hésites entre Thomus et Ghell j'ai envie de crier : "Thomus". Je te questionne juste - enfin je crois. J'essaie de te faire réfléchir. Et je ne préviens pas le berger pour autant. Je te laisse maîtresse de ton choix, de ta vie.

Je sais, tu le fais pour notre bien. Alors la perche tendue. Je crois qu'elle a disparu. Il n'y a plus de perche. Plus d'Exa. Plus rien. Plus que ma petite vie qui s'installe à Uzès. Point barre. Faut croire que j'aime les mirages. Je le perd et en le perdant, je me perds. Et quand je me perds, c'est fini. Je le sais, je me connais. Y'a rien à dire là-dessus.

Quant à la fin, ... je t'ai blessé. Je le regrette. Je n'ai jamais voulu ça. Même si je t'en voulais. Maintenant, tu ne veux pas me revoir pour l'instant, tu es perdue, tu n'arrives pas à avancer. Loin de toi, je ne peux que lire ce que tu voudrais bien me dire. Mais je ne peux rien faire. Pourtant je comprends. Une page se tourne peut-être. Je ne bougerais pas du Languedoc avant un bon bout de temps. La bohémienne se sédentarise. Le temps décidera. Ou non. Les astres c'est toujours loin de nous finalement.

Prends soin de toi.
G.

_________________
Exael
Comme j'ai mal

Et voila qu'un choix de plus avait été fait , mais était il le plus adapté à la situation ? Nan c'était plus difficile encore, un parchemin ,une plume écrire il le devait.

il fallait qu'il se confie à quelqu'un qui les connaissait bien tout les deux quelqu'un qui était proche mais éloigné en même temps ^^
Écrire , vider sa besace tant pis pour les fautes, on écrit on déballe et on cri , on pleure et on souffre mais cette fois dans le silence le plus total.

Encore des questions: Comment va t-elle ? Va t-elle comprendre ? Lui pardonner ? Va t-elle lui écrire ? En être arrivé la depuis tout ce temps des années , une relation difficile oui mais si réelle, ils s'aimaient ? Ou ils le croyaient ? Comment vivre cet union en harmonie si chacun souffrait...

les pleures, les doutes , les craintes et les remords berçaient les nuits du jeune Exaël.

Redevenir proches amis étaient devenu impossible, inconcevable ou juste illusoire ?

Uzès se porterait mieux avec la brebis oui mais une brebis pleine de vie...elle retrouverait vite le sourire dans sa ville de cœur et lui arriverait il à surmonter cette épreuve ? Il se concentrait sur sa mission avec sa nouvelle complice heureusement qu'elle était la, proche oui ,présente , d'une oreille attentive de conseils, la pour lui, elle se rapprochait elle ressemblait à sa gitane.

Il se jette à l'encre et commence sa petite missive à la reyne ....




Sulf ,

J'ai manqué de tact dans mes précédentes missives, je te demande pardon ,
mais je n'en pouvais plus de cette relation qui finalement nous tuait.
Je crois que même si je l'aimerais toujours cet union était de plus en plus difficile à vivre.

Elle et moi on s'est trouvé on c'est perdu retrouvé et puis de nouveau perdu..C'est dur oui terriblement dur pourtant je l'ai fait j'ai rompu qui l'eut cru que je ferais ce choix si inconcevable...si stupide si...

Bien sur que je souffre et pour être honnête je me rapproche d'une femme pour essayer j'écris bien essayer de l'oublier mais la encore je sais que ce sera impossible, peine perdue , que je me trompe que c'est débile ; qu'il n'y en aura jamais qu'une , ce sera toujours ELLE et pour l'éternité. Des mots que je ne lui écrirais pas, elle serait encore trop bouleversée.

Quoiqu'il en soit tu n'es en aucun cas responsable de cet échec.
Oui tu peux souffrir de nous voir séparés c'est normal tu es liée à ton amie et je suis ton bouc malgré tout , je te déçois je sais et je l'a déçoit aussi... je ne te demande pas de me comprendre, et je te demande de ne pas me juger trop sévèrement .

Je vais reprendre la route toujours vers ce chemin incertain, ni elle ni moi ne resterons seuls bien longtemps et rien que d'y songer ça me perturbe au plus haut point.
Je ne vais pas me faire du mal j'ai déjà assez souffert , j'ai déjà tout essayé .
On dit que l'amour est le sentiment le plus fort c'est aussi le plus destructeur.

Je sais que j'ai changé il faut absolument que je me retrouve que je redevienne celui que j'ai été avant celui qui riait qui ne se posait pas de questions celui que tout le monde adorait ...Oui il est bien loin cet Exa la finalement peut être était il tant que ça arrive...

Elle ne m'a pas fait souffrir j'ai essayé et j'ai échoué voila le résumé de toute l'histoire.

A bientôt SulfurA avec un A .

Exa

Sulfura
« Le repentir est une seconde faute. »
Spinoza
Encore et toujours au même point. Elle n’avançait plus, elle stagnait ou plutôt s’enfonçait dans sa propre mélancolie. Son ours l’apaisait, il était une bouffée d’oxygène à tout ça. Une brèche d’évasion. Mais un ours hiberne, un peu, beaucoup, longtemps, indéfiniment. Elle s’ennuyait mais en même temps, elle ne faisait rien pour changer cela. La missive de son Ingérable tomba. Il voulait qu’elle rejoigne ses rangs. Elle avait du temps devant elle avant. Une discussion avec son berger, une évidence. Il ne la suivrait pas. Une route qui finit encore par devenir deux routes. Pourtant un seul cœur. Une autre missive s’ensuivit. La missive. Elle l’ouvrit avec hâte et lu les première ligne. Puis elle referma le message. Comme d’habitude, elle laissa le parchemin de côté. SulfurA savait, pressentait par ses premières lignes que cette lettre causera des dommages. La tumultueuse avait tendance a trop laissé la colère la guider. En fait, tant qu’elle ne crèvera pas l’abcès avec sa brebis, elle n’avancerait pas. Alors, finalement, la brune prit la missive et l’acheva d’une traite comme on gobe un morceau qui reste coincé en pleine trachée. Angoisse. Le mur se fissurait. Stupeur, le sol se dérobait sous elle. Elle ferma les yeux et laissa tomber cette lettre.

Une pluie de jours s’est enchaîné, monotone, calme en apparence. La sulfureuse décida d’écrire à son bouc. Des nouvelles, vite. A lui, elle pouvait dire ce qu’elle n’osait dire à la brebis. Oser…. Pourtant, elle ne se gênait pas pour ça. Une réponse rapide de son bouc. Un signe. Une lueur. La pâte pour réparer ce mur. Mais et le sol. Le sol continuait de se fissurer.
Que faire ? Perdue comme toujours. Sans boussole, sans aiguillage? Plus aucun repère. A qui sont ses larmes ? Froncement de sourcil. Ce sont les leurs. A ce bouc et à cette brebis, à ce berger, à cette insolente à son ours…ou à elle…. Non, elle, elle ne pleurait pas… Fichue Muraille.
Sans attendre plus SulfurA prit la plume et commença une missive.



« A qui la faute ? Si on est plus côte à côte ? Les uns loin des autres. » Si nos chemins est si escarpés… A qui la faute … Pourquoi jeter la première pierre à l’autre ? Est-ce que ça nous soulage ? On cherche à se laver de toutes responsabilités. Mais ce n’est qu’une apparence. Oui, apparence, parce qu’au fond on sait où est notre part de culpabilité…
Exa savait dans tout les cas… comme il savait que tu te rapprochais de ce barbu comme je le voyais bien parce qu’au fond, on s’connait un peu tous.. Parfois un peu, parfois beaucoup… parfois beaucoup trop…
A force de trop donner on perd tout, à force de trop vouloir, on ne contrôle plus.

« A qui la faute ? On n’est plus à côté ? Les uns auprès des autres ?  » Peut être qu’à chacun de nous, nos chemins sont voués à se perdre pour toujours se retrouver. Une lueur. Oui, toujours de l’espoir.
« Qui suis-je ? Qui se cache sous mes traits ? Ai je l’âme en transparence ? Par les yeux de la voyance… » Qui sommes nous…Je me suis peut être transposée à toi. Finalement, n’Est-ce pas moi qui ait fui et qui continue de fuir… interminable fuite. Après tout, c’Est-ce que j’ai toujours fait. Fuir… fuir cet homme à la balafre, fuir un bonheur que je croyais éphémère, fuir mes sentiments… fuir la vérité…
J’aimerais la perfection pour ces rares personnes qui comptent pour moi. Mais ne suis-je pas l’imperfection de la perfection ? Je te l’accorde, je foire tout. Je détruis tout sur mon passage. Je suis comme Méduse qui réduit en poussière toute vie, tout bonheur…

Oui, nous sommes différentes… Oui, je me suis fourvoyée, aveuglée par ce que je désirais, le mieux pour vous. On ne peut pas plaire à tout le monde… et finalement, heureusement que nous sommes différentes… parce qu’il y en aura toujours une pour rattraper l’autre.

Ne perd pas le nord… Je crois que rien n’est jamais fini… que le point final, c’est à nous de le mettre. Pour poursuivre d’une Majuscule qui sera plus grande et plus forte. La force… je crois que c’Est-ce qui nous fait défaut à tous en ce moment… et pourtant , je suis persuadée que réunie nous sommes plus puissant que l’astre le plus étincelant… Ou alors, que ce n’est qu’un mirage auquel je me berce volontiers. Oui, pour moi, nous nous retrouverons tous, un par un … .
Un sage m’a dit un jour : « les autres nous connaissent mieux que nous mêmes ». Je pensais te connaître par cœur. En fait, je pense que je t’ai connu mais que… les évènements, le gel des sentiments a fait que la connaissance s’est trouvée troubler. On ne se connaît jamais assez… On ne sait pas nos limites car on ne sait ce que demain peut nous apporter aussi bien comme espoir que comme surprise, bonne ou mauvaise. Finalement, on se connaît mais on croit se connaître aussi…

Nous nous sommes blessées… c’est souvent ainsi entre nous. Est-ce notre manière de dire… ces mots qu’on ose murmurer tout bas ? Je ne sais pas, peut être. On se blesse pour mieux se retrouver… mais a-t-on dépassé les bornes…? On dit qu’il n’y a pas de limite, pas d’impardonnable dans une famille… surtout entre deux…
Quand bien même à l’autre bout du monde, rien n’empêchera l’astre de briller et de veiller. Aucune distance … aucun tombeau, aucune barrière, ni muraille lui empêchera de garder un œil…
L'astre... te souffle : tu me manques...


SulfurA avec un A

Gypsi
07ème jour de la nouvelle année 1461. Uzès.



Et la salade, ce n'est pas ce que je préfère. Malade. Comme la moitié de la ville. Malade. Et je pensais pas, mais ça fait vraiment mal... C'est étrange... Heureusement ils sont là. Tous. Autour de moi. Tous malade aussi. Mais on se tient les coudes. Sans plus avoir peur de se contaminer ou de se faire du mal sans le vouloir. Meval, Wanda, Verya, Sam, Dayna, ... Et Steph. Heureusement qu'il est là d'ailleurs. Ma dose de bonne-humeur, et de joie quotidienne. Ne pas se laisser abattre et chanter à tue-tête : "radiis c'est finiii". Raconter des salades sans se prendre le chou. Faire des jeux de mots tous plus... catastrophiques les uns que les autres. Mais rire, et oublier cette maladie, cette angoisse qui gagne tout le monde petit à petit. Uzès, première ville de pestiférés... Première ville à disparaître pour cause de maladie ? ça me ferait bien caquer quand même. Dire que c'est MA ville. Je l'ai connu grâce à Mev, je m'y suis installée pour Mev... Et j'y suis revenue pour... moi. Parce que j'aime cette ville et ces habitants. Ouais mais si j'avais si j'aurais pas venu...

Je suis inquiète, même si je le cache. Les gens vont mal. Et même s'ils essaient de garder un maigre sourire pâlot sur leur visage... Je sais qu'ils sont inquiets, qu'ils souffrent et qu'ils ont peur. Rien de charmant. ça fait si mal que j'ai l'impression de revivre l'accouchement des jumeaux... Et le pire dans tout ça... C'est que personne -aucun médicastre - n'arrive à nous pondre une réponse convenable sur ce qu'on a... Et ce qu'on pourrait faire pour se soigner. A part Steph qui diague-nos-tiques... Selon lui on a la - je le cite - "boboïte uzétoïde aigue". Certains disent qu'il faut prendre ses précautions. Si jamais il nous arrivait de ne plus nous réveiller le matin suivant. Boboïte foudroyante... Alors, je prends mes précautions et j'écris. Je vais écrire...




Sulfura,

J'ai mis longtemps à te répondre. Pardonne moi. Périodes mouvementées. J'ai dû me faire baptiser. Tu ne rêves pas, je t'assure. Je me suis fait baptisée. J'étais le témoin d'un mariage. Hors du commun le mariage. Mais pas sûre que de savoir de quel mariage il s'agissait te fasse bien plaisir donc passons. Puis, je suis rentrée à Uzès. Et... j'ai dû travailler jour et nuit. Pour aider Meval, nouvelle mairesse. Beaucoup de choses à changer, à refaire. Tavernière municipale, et conseillère de trois filières. Je ne compte pas les heures. Et à force d'écrire toutes mes soirées pour informer les jeunes gens, et de servir des pintes toutes la journée... J'étais fatiguée. Vidée. Ce n'était pas plus mal, ça me permettait de me vider la tête. De me changer les idées et de voir du monde.

Sulfura... Tant de choses se sont passées depuis ton départ. Depuis ta dernière missive. Et tu me manques. Atrocement. Je pense à toi mais je ne sais pas quels mots employés pour que tu puisses le croire. Non... Je ne t'en veux pas. Je ne t'en veux plus. Exa et moi, nous sommes séparés. Tu le sais sûrement. C'est définitif. Il a rencontré une autre femme. Et il paraît heureux dans les missives qu'il m'envoie de temps à autre. Quant à moi... J'ai trouvé du réconfort dans les bras et dans le sourire de Steph. Nous gardons contact avec Exa, et nous resterons sans doute amis. C'est sans doute mieux ainsi.

A qui la faute si nous ne sommes plus côte à côte ? Si nos chemins sont si escarpés... Est-ce une faute véritablement ? Si s'en est une, elle est partagée. Toi et moi... Aussi têtue l'une que l'autre, aussi franche et sincère, et directe l'une que l'autre. Forcément, ça fait des étincelles. Des étincelles qui viennent noircir un peu ce qui entoure le feu de joie de notre amitié. Sulfura je suis lasse. Lasse de ces disputes. De cet éloignement. Tu es, et tu resteras à jamais ma plus grande amie. Celle avec qui je garde le plus de souvenirs. Aussi bons que mauvais. Mais même les mauvais deviennent bons à tes côtés.

Alors oui, j'ai ma part de responsabilité dans cette histoire. Plus que n'importe qui. Et je te demande pardon. J'étais bouleversée et... perdue. Fuyante... même envers toi. Je m'en excuse. Je sais que mon comportement à ton égard t'a blessé. Et je le regrette sincèrement. On ne perd pas tout à trop donner... Du moins je l'espère. On garde le plus beau. Et même si le présent n'est pas celui que nous espérions au départ, les souvenirs restent. Ils sont beau. Ils font sourire. Et ils sont gravés à jamais.

Oui Sulfura, tu fuis énormément. Tout comme je fuyais. Et comme Exa fuyais aussi. Si l'on s'aime tant tous les trois, c'est parce qu'on se ressemble. Non tu ne foires pas tout. Ou du moins pas toute seule. Rien n'est jamais entièrement de ta faute. Une faute est toujours partagée. Pas forcément équitablement mais tout de même. Tu ne détruis pas Sulf... Tu fais grandir. Mûrir. Alors vante toi d'être la perfection de l'imperfection si tu veux. Mais à mes yeux tu es la plus parfaite des amis que j'ai. Même si parfois je dis l'inverse. Même si tu m'agaces, même si tu me confrontes à mes doutes, même si je te déteste au moins autant que je t'aime parfois.

Tu as raison, heureusement que nous sommes différentes. Toujours l'une pour rattraper l'autre. Mais tu m'as rattrapé bien plus souvent que je ne l'ai fait pour toi. Alors merci ma belle. Merci, d'avoir été à mes côtés pendant toutes ces années. Merci de m'avoir tout dit - ce qui blessent comme ce qui fait plaisir, ce qu'il est difficile de dire comme ce qu'on veut clamer sur tous les toits. Merci de m'avoir supporté et aidé. Merci d'être toi. Avec tes paroles sages comme tes éclats impulsifs. Avec ton sourire comme ta colère. Ton entêtement et ton ouverture d'esprit.

Nous nous retrouverons Sulfura. Un par un, puis deux par deux. Et ainsi de suite. Nous sommes uni. A vie. Toi, lui, eux, moi. Nous. Tu as raison réuni nous sommes plus fort. Mais... ne sommes-nous pas en permanence réuni ? Vous êtes tous ancré en moi. Vous ne me quittez jamais. Toi encore moins que les autres. Parce qu'avec toi, je peux tout affronter, tout balayer. Si tu étais un homme je t"épouserais sur le champ. Par chance, nous sommes deux femmes. Deux amies. Deux soeurs. Avec nos hauts et nos bas. Mais sache que, astre ou non, volcan ou reyne, je t'aime Sulfura. Et sans toi... il me manque tant de choses. Tant... Mais c'est de ma faute aussi. Nos je t'aime moi non plus répétitif. Simplement parce qu'on s'aime peut-être trop. On veut le meilleur, l'essentiel, le plus beau pour l'autre. On n'a pas compris encore que le plus beau pour l'autre c'est le plus beau pour nous-même. Si l'une est heureuse, l'autre le sera. Si tu souffres, je souffres avec toi. Différentes. Mais unies, reliés par je ne sais quoi. Mais un je ne sais quoi incassable. Pour moi en tout cas.

Ces mots je te les écrits enfin Sulf. Tu me manques. Et tu es et resteras LA personne la plus importante à mes yeux. Malgré mon comportement de certains jours, malgré mes mots durs parfois. Malgré la distance, nos séparations. Je te les écrits ces mots... Et je vais t'expliquer pourquoi ma belle. Uzès subit une épidémie. Une grave épidémie. Et nous n'avons pas de médicastres pour nous soigner. Nous sommes trop faible pour voyager. Et on ne sait pas comment cela va finir. Les adieux ne se font qu'une seule fois. Alors, si cette fois n'est pas la véritable fin, ils seront fait. Tu les auras lu. Et quand le vrai départ viendra - qu'importe quand - tu sauras tout ça. N'oublie jamais ces mots ma Reyne. Je deviendrais peut-être ton astre, et non l'inverse. Au fond je préfèrerais, même si c'est égoïste de penser de la sorte. Mais sache et n'oublie jamais... Je suis à jamais TA brebis. La tienne et celle de personne d'autre. Et tu es... Ma confidente, ma raison, et ma folie aussi. Mes réussites, et quelques uns de mes regrets. Mes plus retrouvailles et surtout ma plus belle rencontre. Je deviens sentimentale, faible, fleur bleue, niaise. Tout ce qu'on veut. Mais je voulais te dire tout ça au moins une fois dans ma vie. C'est chose faite, et je peux poser ma plume l'esprit serein.

Ne t'inquiète pas pour moi. Et ne viens pas à Uzès. Je ne veux pas que tu attrapes le mal qui nous ronge presque tous. Sois tranquille, tout ira bien. Retiens bien... Je sais en quoi se résume notre histoire, nos relations. Je sais à quoi se résume notre amitié, si tant est qu'on puisse la résumer...

    Je sais la peine, je sais les pleurs et les pensées...Que les mots ne peuvent apaiser. Je sais l'absence, je sais le manque et les regrets. Les souvenirs qu'il faut revivre et partager. Je sais tout ce qui est pour toi. Et je m'en sers. Je me libère. Enfin...
    Je sais le temps, je sais les heures, les nuits passées, que les rêves ne peuvent soulager. Je sais l'effort et le courage à retrouver. Se souvenir qu'il faudra vivre et continuer.
    Sois tranquille, tout va bien. Sois tranquille, je suis sereine
    Sois tranquille, ce n'est rien. Sois tranquille j'en ai besoin
    Et n'oublie pas, n'oublie pas : Je suis la...
    Sois tranquille, et sois certaine : qu'où que tu sois je veille sur toi
    Ma fausse jumelle...


Ta brebis.

*au verso*
PS : et ne pleure pas trop hein. Tu sais bien qu'il faudra plus de quelques microbes minuscule pour se débarasser de moi. Sangsue un jour, sangsue toujours.

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Gypsi
La missive à Sulfura est envoyée... Il m'en reste encore quelques unes à écrire ... je le crains fort. Décomptons tout ça... Une colombe, une édentée, un berger, un bouc-croûte-Albert, une blonde carnivore, un grippe-sous, et mon austérienne... J'ai encore du boulot, autant m'y atteler de suite.



Mon berger,

Longtemps que nous ne nous sommes pas écrit. Pourtant je ne t'oublie pas. Et tu me manques. Une missive que je vais tenter de faire brève. Comme toujours, et tu sais mieux que quiconque que je n'y arrive jamais. J'ai tant de choses à te raconter. Tant de mots à te dire... On commence de suite non ? Histoire de ne pas perdre de temps.

J'ai vécu beaucoup de péripéties depuis notre séparation à tous trois. Exaël et moi... ça n'a pas fonctionné comme nous l'aurions souhaité. Séparation. Et chacun de son côté refait sa vie. C'est sans doute mieux ainsi. J'ai dû me faire baptiser, pour avoir l'immense honneur - et l'affreuse responsabilité - d'être témouine au mariage de la colombe. Et puis je suis rentrée à Uzès. Meval est mairesse. Et je l'aide du mieux que je peux. Tavernière municipale et conseillère de... trois petites filières... Je loge chez un barbu... Le tribun soit dit en passant. Et voilà.

Tiens, faisons un jeu veux-tu ? Ne lis que petits bouts par petits bouts, et répond au fur et à mesure d'accord ?
Comment vas-tu toi ? Que deviens-tu ? Où es-tu ? Que fais-tu ? Donne moi de tes nouvelles... Tu me manques mon berger. J'aimerais savoir... Au moins que tu vas bien. Et que tu es heureux. Et Spirit ? Je crois savoir qu'elle n'est plus avec toi. Mais si tu la revois avant moi, embrasse-la pour moi, veux-tu ? Et Sulfura ? Vous deux ? Qu'est ce que ça donne ? Ou en êtes-vous ?

Je repense à tout ce que j'ai vécu avec vous deux, avec toi. Guéret, les Lycans, nos têtes à tête, nos fou-rire, notre complicité à rendre jaloux tout le monde. Notre amitié. L'amour qu'on se porte l'un à l'autre. J'en suis presque nostalgique. Il manque un berger à mes côtés. Mon chemin s'éloigne un peu du tiens. Mais tous ces souvenirs, je les garde précieusement. On a sans doute blessé des gens. Fait du mal, par notre complicité. Qu'importe. L'important c'était toi et moi. Le berger et la brebis. Je ne regrette rien. Et si c'était à refaire, je referais la même chose. Tu es un sacré point de repère dans ma vie. Et tu es mon plus grand ami. D'abord toi, et les autres ensuite. Comme toujours... Et je voulais te remercier pour tous ces bons et beaux moments. Je ne le fais pas assez. Et tu l'as sans doute entendu plus que quiconque, mais n'oublie pas mon berger... Je t'aime. Et tout ça restera gravé en moi.

Si je t'écris tout ça, c'est que... Peut-être le sais-tu déjà, ou non. Mais... Uzès subit une épidémie sévère. Sans médicastre compétent pour nous soigner. Trop faible pour voyager. La boucle est bouclée. Il n'y a qu'à attendre que ça se passe, ou qu'un médicastre apparaissent par miracle... Alors je préfère dire ce que j'ai à dire... Au cas où... Je prends mes précautions pour une fois. Et je tenais à te dire tout ça. ça fait longtemps, tu me manques, et j'avais besoin de le faire... Et puis t'écrire me fait du bien. J'ai un peu moins mal... Prends soin de toi mon berger. On se reverra un de ces jours... C'est pas une petite maladie de rien du tout qui va m'abattre aussi facilement hein. Si ça m'arrivait par contre.... Je ne veux pas me faire enterré hein ! Me faire bouffer par les asticots, sans façon, alors, faudra me brûler, tu notes hein ! Je vais le dire à d'autres parce que vous aller bien oublier d'ici là ! Et puis, si ça devait arriver. Ne pleurer pas. Buvez un bon coup tous ensemble. Et faites la fête... danser sur ma tombe vide, et continuer de vivre dans la joie et la bonne-humeur. T'entendras peut-être bien un bêlement de temps en temps pour te guider.

Je t'embrasse.
Ta brebiou qui ne t'oublie pas malgré le temps qui passe.


Berger, au point... Au suivant... L'édentée Tiens.



Heyp l'édentée poulainique de la montagne,

Je te réponds dans un sursaut de vitalité... Je suis tombée malade... Et j'suis à plat de chez à plat ! On essaie bien de me regonfler de temps en temps mais comme ceux qui le font sont aussi malade que moi... ça marche pas bien bien... Z'ont pas beaucoup de souffle. Du coup, je pense t'avoir raté. Et si c'est pas encore le cas, ça ne saurait tarder mais... Pour les rangs des disciples, si j'm'en sors, un jour, j'viendrais vous rejoindre si vous acceptez les boiteuses. Remarque ça les changerait de l'édentée amochée nan ? 'fin bref, on se recontactera d'ici là hein. Faut déjà que je crache hors de mes poumons et de mon ventre ces satanées bestioles qui me rongent de l'intérieur... Et même l'alcool n'y fait rien ! Pas faute d'en boire pour les noyer pourtant. Mais niet... Ils doivent aimer ça... Bref.

Une dent en moins... Mais dis leur d'arrêter d'te taper d'sus ! bientôt tu pourras plus bequ'ter si on t'as rien prémâcher avant ! Bon les oreilles qui bourdonnent... Au moins t'entendais pas les moqueries et anneries des autres autour de toi, c'pas plus mal dans un sens. Pis tant qu'c'est qu'une soirée. Mais fais gaffe à toi quand même la poulainique. Et garde suffisamment de dents pour parvenir à faire encore des prêches de temps à autres ! Et vos aventures s'annoncent... incroyables ! Nan mais avant de me servir d'une canne pour avancer, je viendrais voir la fine équipe... Bon sauf si j'me remet pas de cette merdouille là, mais je vous regarderais d'la lune. Bon par contre si jamais hein, t'as l'droit d'venir picoler un coup sur ma tombe, et d'm'en filer une p'tite dernière pour l'voyage vers le ciel, ou le sous-sol plutôt... A l'occasion hein !

Allez, je vais roupiller, parce que c'pas le tout mais... si je continue comme ça, je vais gerber sur la missive et j'suis pas sûre qu't'arrive à déchiffrer quoi que ce soit après... Ni que le doux parfum te plaise.

Prends garde à tes dents restantes ma poulainique philosophe.
Ton ongulée.


Oui, bon... l'édentée c'est l'édentée. Faut pas non plus dramatiser. D'ailleurs, l'édentée ne dramatise jamais rien. Elle rit ou ronchonne. Point barre. Bon... Suivante ?! Berdol c'est long d'prendre ses précautions !



De moi, à la donzelle qui a un nom à rallonge. Que j'abrège en 3C parce que ça résume à merveille, t'es pas d'accord ?!

Bref, tu m'auras reconnu. Si si, fais un effort. Ta témouine. Tu sais celle qu'a mis une robe rouge... Bref.

Je t'écris une petite missive. Déjà parce que ça fait quelques temps maintenant. Et que je voulais savoir comment ça se passait entre les nouveaux mariés. Toujours heureuse ? Bref, raconte moi tout ça. Un peu hein. M'écrit pas un roman. J'arriverais pas au bout sans le dégueulasser de truc que j'avale et qui ressorte par le même trou. Mon corps se dérègle.

Ouais, je suis malade. Comme la moitié d'Uzès, alors si t'es dans le coin, évite de passer par là. Histoire que tu restes en vie et que tu nous refasse pas une frayeur comme la dernière fois à Millau. Enfin frayeur... Ouais bon, c'est écrit et j'ai pas envie de raturer.

Bon, comme je sais pas si je vais m'en sortir... Vu l'avancé stagnante de la chose dans notre belle ville, j'ai décidé d'être gentille pour une fois et de te dire tout le mal que je pense de toi. Et à quel point tu m'as cassé les bonbons et les oreilles depuis qu'on se connaît. Histoire que tu le saches quoi... Pis ce sera dit, t'oubliera pas hein, même si je m'en sors. Je le dirais pas 15 fois. Et je te donne l'autorisation d'encadrer la missive dans ta roulotte, au dessus de ta paillasse. En souvenir de MOI.

Alors, je me lance...
...
...
'Tain c'est pas facile... Bon, la colombe, chataignesque chiassique... Je suis contente de te connaître. Si pour de vrai. Même si tu parles fort, que t'es complétement tarée, et que tu fais souvent n'importe quoi. Ou peut-être justement grâce à tout ça. Je suis fière d'avoir été ta témouine. Fais pas trop de bêtises, après c'est à moi qu'on va en vouloir, pour avoir cautionné la chose. T'es une amie comme on en fait peu. Parce que quand même, c'est souvent moi qui me déplace. Et que je te demande pas beaucoup de chose alors tout va bien nan ? Nan plus sérieusement... Derrière ton caractère déjantée, et sûre de toi, se cache aussi tes petites faiblesses, et ta sensibilité. T'es pas si chiante qu'on pourrait le penser à première vue. T'es aussi présente, réconfortante à ta façon. T'es notre dose de bonne-humeur, et de folie... T'as toujours la pêche, et même quand ça ne va pas fort, tu ne te laisse pas aller. T'es forte la colombe. Et très faible aussi parfois. Mais ça fait parti de ton charme. T'es complexe et complète. T'es entière. Et c'est ça que j'aime. T'es unique. Et avec tout ce que j'ai vu ces derniers temps... je dirais que t'es indestructible. Parfaitement imparfaite - ne t'en déplaise. Mais au fond tu sais, c'est pour ça qu'on t'aime. Et que moi je t'aime aussi. (lis bien hein ! N'en râte pas une ligne !).

On n'a pas tant que ça de souvenirs ensemble. A part cette virée en mer, et ces quelques semaines chez les Lycans. Et des petites retrouvailles. Mais, t'es quand même une des donzelles qui a le plus marqué ma vie. C'est bête à dire hein. Oui mais voilà. Au fond, on se ressemble un peu. Malheur à moi... ! - oui bon, je ne peux pas être gentille pendant trop de lignes ça va hein ! Et c'est peut-être ça qui fait que... Bref, t'as compris l'essentiel hein ? T'as compris ce que je voulais te dire. T'es pas blonde encore à ce que je sache. Quoi que vu l'état de ma vision ces jours-ci, je serait capable de te voir bleue, avec les cheveux blonds...
Bref, reste comme tu es... Et ne changes pas trop... Même pour tes hommes. Mêmes pour tes gosses. Tu peux être fière de la personne que tu es. Et ne laisse personne te dire le contraire. Sauf s'il veut se faire défoncer la trogne par une brebis furiesque. Continue ton petit bout de chemins, et... si possible hein, évite les armées autant que possible. Profite bien de Genève et de l'araignée. Et sois heureuse surtout.

Et puis... au revoir la belle.
Je vais aller faire de drôles de mélange avec les autres malades. Pour voir ce que ça donne.
Je t'embrasse pas hein, mais le coeur y est.

Furie number sri.


Le temps passe... Et je fatigue... Je ferais la suite plus tard... Peut-être... ça attendra. Un peu... Ou beaucoup.
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Andrea_
La missive était arrivée un peu plus tard dans la journée, la Colombe avait pris soin de garder ses gants pour attraper le pigeon, et, sitôt le message détaché,les mains avait balancé la bestiole dans l'âtre de la cheminée. L'animal, assommé sous la violence du coup n'avait pas pu en rechaper et la lecture se fit donc dans une atmosphère particulièrement odorante. Pour la défense Chiassique, il n'avait pas l'air en forme, et à l'heure où les maladies pullulaient plus vite que leur ombre, il fallait prendre ses précautions.

La respiration est rauque, les premiers symptômes ont fait leurs apparitions dans la nuit et se sont rapidement propagés. Comme quoi les légendes urbaines ont bons dos... Rien n'y avait fait. Rien. Ni les oranges qu'elle avait ingurgité du matin au soir, ni les dix sept épaisseurs qui la protégeaient du froid, ni les multiples écharpes, bonnets et autres fanfreluches. Ni le crucifix, ni l'eau bénite, ni le collier d'ail. Rien. Fichu destin.

La lecture de la missive laisse la belle pantoise, déjà, Gypsi qui dégueulait de gentillesses c'était étonnant, mais Gypsi qui tentait de la remettre sur les rails, ça sentait la fin de vie. Inquiète la Colombe, forcément qu'elle est inquiète !


Les gants ne sont pas retirés, j'viens de vous le dire, on sait jamais, la plume est saisie, le premier encrier renversé - mais c'est un détail-, le second déposé pas loin, et doucement -parce que c'est pas facile d'écrire avec des gants!- le parchemin est noirci.





De moi, Andrea De la Colombière-Di Foscari Widman d'Ibelin- Track de Lioncourt Van Helsing, ou la 3C, c'est plus rapide, j'peux comprendre,
A toi, Gypsi, ma Brebiou, Brebis 3G de ton état.


Avé,

Il est évident Gypsi que je t'ai reconnu, le pigeon avait l'air suffisamment mal en point pour que je reconnaisse l'épidémie d'Uzès. Par contre s'il te plait, ne me parle pas de ta robe rouge, j'ai encore du mal quand j'y repense, ça t'allait tellement bien ! Tellement bien qu'on aurait pas dit toi, j'dis pas que t'es moche mais BERDOL le rouge te va si bien !

Je vais commencer par te raconter ma petite vie, parce que si tu dois crever bientôt, autant que tu sois rassurée.

Par où commencer...

Je suis toujours sur mon nuage.
Et sur lui vogue un couple lié par l'amour le plus fort que je n'ai jamais connu. Je sais que ma place est là, avec eux, peu importe le vent, la pluie, les oiseaux où les autres nuages. Louis a toujours été ma vie et je suis persuadée que je sans lui je ne vis pas, je survis, j'ai vécu sans lui et je sais désormais que je ne veux pas le perdre. Lestat est, comme j'aime le dire, la cerise sur le gâteau ou... ou le cornichon sur la tartine de pâté, je sais que c'est moins poétique, mais suis-je poétique?

Je suis toujours sur mon nuage.
Il vole juste un peu plus près de la terre.
Comme tu le sais nous voyageons à plusieurs, dont Seth, le frère de coeur de Lestat. Je ne sais pas expliquer ce qu'il se passe dans ma tête. Je ne sais pas ou ne veut pas l'expliquer. Je le hais.Tout entier. Et pourtant il semblerait que mon corps ne pense pas la même chose.
Je m'éloigne, il s'approche, il s'éloigne, je m'approche. Troublée. Je suis troublée, je ne l'aime pas, non sinon tu sais que ça serait plus simple, tu sais que je peux tout quitter sur un coup de tête, mais cette fois je ne le veux pas.

Je suis toujours sur mon nuage.
Mais je ne veux pas en descendre.
Alors je continue, je regarde mes L et m'y accrochent comme une sang-sue. Je ne sais pas s'ils sentent. Je ne sais pas s'ils savent. Je sais juste que je ne dois pas tout gâcher, pas encore. Pas tant qu'un regard d'eux me troublera, pas tant que leurs caresses me front frissonner, pas tant que mon coeur s'emballera à leurs simples vues.

Je suis toujours sur mon nuage.
Et j'y suis bien. L'amour, le vrai triomphe toujours, et je veux que mon mariage triomphe.

Je suis toujours sur mon nuage.
Mais le temps se déchaîne en dessous.


Nous sommes malade, sûrement l'épidémie de ton patelin qui s'est étendu à Alais, nous avons du faire une halte le temps de voir un médecin, j'avais pris mille précautions mais il semblerait qu'il était écrit que je devais la choper. Alors voilà, nous y sommes. Fièvre, courbatures, maux de tête, tremblements, incapacité d'avaler quoique ce soit. Je suis soulagée que les enfants soient restés avec leur tante sur Mende, je ne sais pas si Victoire aurait... Elle est si jeune.
Les enfants, justement, ils me manquent, mais Louis a raison, il est plus sage de les laisser le temps de faire nos affaires, et je compte bien les noyer de bisous à mon retour, ils sont si beaux !

Bref, passons au plus important.

Je ne suis pas étonnée que tu sois malade, tu t'trimbales toujours à moitié à poils, donc fallait bien qu'ça arrive un jour, par contre, je m'inquiète. Tu dois avoir beaucoup de fièvre pour écrire autant de belles choses à mon égard.

Je dirais pas que je suis touchée.

Non, touchée ce n'est pas le mot qui me vient.

Je suis émue, bouleversée serait peut être même plus juste.

Tu me manques, tu es la seule de mes amies que je vois régulièrement, et quand tu es là je ne sais pas te le montrer, mais ta présence me fait un bien fou. Je crois que je t'aime. Pas comme j'aime Lestat et Louis, ni comme j'aime Nicolas et Victoire, mais je t'aime. Comme j'aime Ambly et Astana. Sauf que toi tu es là, malgré le temps qui passe, malgré les évènements de la vie, malgré... Malgré tout. Et je ne saurais jamais te le dire aussi bien que ça : je t'aime.

C'est vrai qu'on n'a pas passer beaucoup de temps ensemble, mais ce fut à chaque fois intense et je ne troquerais aucun de nos souvenirs en commun contre tout l'or du royaume - ou alors un petit souvenir-.
Je donnerais tout ce que j'ai - tout... bon, disons une bonne partie- pour qu'on en créé des nouveaux, c'est pour ça que je t'interdis de mourir.

Déjà parce que mourir à Uzès hein, ça craint -du boudin-, ensuite parce que j'ai pas franchement le temps de faire des jours et des jours de voyage pour regarder ta dépouille s'enfoncer sous terre.Et pour finir, parce que j'en n'ai pas envie point barre.
Hors de question que tu crèves j'espère que c'est clair.

Je te promets de ne jamais changer, de ne jamais céder à cette putain de main qui m'emmène parfois profondément sous terre, je te le promets, mais reste en vie, et prends soin de toi.


Sinon j'te jure que j'viens t'botter l'fion et que j'laisse ton corps pourrir à la vue des charognards. Tu voulais pas être bouffé par les vers Bin ça s'ra par les rapaces et toc !


Je t'embrasse, puisque c'est le même mal qui nous ronge...
A bientôt,

Furie nombeur tout.


P.S. : L'araignée ne sera pas à Genève... Mais je promets de m'en remettre si tu restes vivante-et chiante-.




Ne pas trop en dire, mais suffisamment pour qu'elle comprenne la place qu'elle avait dans son coeur... Et envoyer le pigeon, un tout beau tout neuf, lavé avec Colombe.
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Gypsi
08ème jour de l'année 1461. Après une grosse sieste/sommeil de quelques heures entrecoupées.

Je n'arrive plus à dormir, et il reste des gens à qui je dois écrire. Quand faut y aller, faut y aller...



Exa,

J'ai mis, encore une fois, du temps à te répondre. Sache que ta missive m'a bien fait rire en tout cas. Comme au bon vieux temps. Et pour la lenteur, Albert, j'ai des circonstances atténuantes. Ecrire entre le lit, et un seau pour vomir, y'a plus pratique. Tu as connu les larmes sur le parchemin, je vais t'éviter les éclaboussures un peu sale. Je pense que ça arrange tout le monde.

Alors voilà. Une missive... Une nouvelle. Simplement pour te dire déjà que tu peux arrêter la recherche du médecin... Apparemment, les premiers atteint vont mieux... Quant à moi, je ne sais pas... J'ai dépassé le stade des autres je crois. Mais peu importe. Donc, ne t'inquiète plus, et reprend ta vie normalement. On verra ce qu'il adviendra ensuite. Merci en tout cas de t'être donner du mal. Et paix à l'amour-propre du médecin du Berry. Te connaissant, ça a dû être une sacré parti de joute verbal afutée. J'aurais aimé voir ça. Je me contente d'imaginer. C'est peut-être pas plus mal.

Pour le reste... Allant mal... j'me dis que.. Il est grand temps de dire à tous que j'aime ce que j'ai à leur dire. Une sorte d'adieu. Et tant mieux si je le fais avant l'heure. Je ne sais si je sortirais vainqueur de cette maladie qui me ronge. Alors, qu'importe la réponse, j'aurai dit à tous ce que je me devais de vous dire. Pour une fois...

Tu as raison Exa. Je t'aimerais toujours. Je t'ai toujours aimé depuis notre rencontre. Et ça n'a jamais pu cesser, malgré la distance. Malgré les engueulades. ça n'a jamais cessé, malgré mes déceptions, mes colères, mes regrets. Alors oui. Je t'aimerais toujours. Je ne peux rien y faire, et je ne veux rien y faire. Tu as marqué ma vie. Et si aujourd'hui le destin t'entraîne loin de moi - par ma faute, la tienne, la leur, qu'importe sur qui elle retombe - c'est que la vie en a décidé ainsi. On ne changera rien. On a toujours été comme ça. Je suis libre. Mais je crois que tu l'es tout autant voir plus que moi encore. T'es un homme bien. Même si tu m'as blessé. Parce que oui Exa, tu m'as blessé plusieurs fois. J'ai eu mal. Et j'ai mal encore. J'ai mal de savoir que ton coeur va à une autre. Que tes bras réchauffent une autre. Que tu peux être heureux sans moi, loin de moi. Oui j'ai mal. Parce que, comme je l'ai déjà écrit, je t'aime et tu me manques. J'ai mal, mais je ne t'en veux pas. Et au fond, cette blessure qu'est la mienne est aussi un bonheur. Parce que, te savoir heureux avec une autre me fait mal. Mais en même temps, ça me rassure. Ton sourire je le vois de loin. Ton rire je l'entend résonner d'ici. Et ça m'apaise. Aussi paradoxal que cela puisse l'être.

Tu as marqué ma vie. Et tu m'as fait grandir. J'ai changé. Mais pas tant que ça. Je me reconstruis lentement. Et Steph veille bien sur moi. Il ne te ressemble pas du tout, et au fond, je préfère. Je n'aurais pas pu tenter de vivre autre chose avec un homme qui te ressemble. ça n'aurait été qu'une tentative de se raccrocher aux branches pour ne pas tomber trop vite. Je ne me raccroche pas aux branches. Je me raccroche à son sourire, à sa voix, à ses mots, à sa tendresse passionnée. Et je suis heureuse à ses côtés. Même si au fond de moi, j'ai peur que ça ne dure pas. Je ne changerais jamais. Non, je ne lui dirais pas de ne pas me laisser partir. Je crois qu'il sait déjà. Qu'il comprend. Il anticipe beaucoup. A croire qu'il devine mes pensées, et mes désirs. C'est quelqu'un de bien, et au fond, je suis sûre que vous vous seriez adoré si... Si je n'avais pas été entre vous deux. Je te dis ça... Parce que j'ai besoin que tu saches quand même. Ne t'excuse plus. Je ne t'en veux pas. Et si j'en veux à quelqu'un, c'est à moi-même. Toi... Tu as agit comme il te semblait bon d'agir. Ne t'excuse plus car je ne suis pas malheureuse. Même si tu me manques.

Tu as marqué ma vie. Depuis de longues années tu es le seul homme que j'ai vraiment aimé. Tu sais, ça ne se voyait pas, mais je faisais des efforts. J'essayais vraiment. Je voulais que tu sois heureux. Que tu saches que je t'aimais. J'ai tout fait de travers, comme bien souvent. Mais, crois-moi toi aussi. Je t'aimais. Je t'aimais depuis Guéret. Comme jamais je n'ai aimé un autre homme. Oui, la chandelle était grande. Immense. Tellement haute qu'une toute petite brise suffisait à la faire chanceller, et tomber. La chandelle était trop grande. Parce que nous sommes tous deux des êtres d'excès. Dans le bon sens du terme. Crois-moi aussi... Quand j'ai fuit... C'est que... J'avais peur de mes sentiments. Plus que des tiens. Aussi étrange que ça puisse paraître Exa... Aimer me fait peur. Et la démesure de l'amour que je te portais me faisait encore plus peur. C'est pour ça que j'ai fuit. Au fond je n'attendais qu'une chose que tu me retiennes. Mais la liberté qu'on me colle sans cesse à la peau t'en a empêché. On ne veut pas me mettre dans une cage dorée. Mais l'amour est une cage. Forcément. Alors, penses-y, et ne fais pas les mêmes erreurs avec ta ... compagne. Les femmes ça aime qu'on les retienne. C'est con pourtant c'est ainsi.

Je t'aimerais toujours. Et je continuerais toujours de t'écrire. Parce que j'ai besoin de toi. J'ai besoin de tes mots, j'ai besoin de te savoir heureux et en forme. Je t'aimerais toujours... Même si vraisemblablement, on doit tourner la page ensemble. Tourner la page "ensemble" chacun de son côté. Je t'ai fait souffrir peut-être. Je le regrette. Garde moi juste une petite place... Dans ton coeur, ou dans ta tête, dans tes souvenirs, que sais-je. Garde moi juste une petite place... Une petite place pour le mirage. Pour ta Georgette, ta mie. Que je meurre ou que je vive.

Prends soin de toi, et sois heureux.
Ta mie.




Carnivore,

Une missive qui risque de te surprendre. Au fond, cela me ferait plaisir. Te surprendre encore un peu. Je ne sais plus qui m'a appris que tu t'étais perdue dans le nord du royaume, mais bref. ça m'est utile. Et si j'me souviens de son nom, je penserais à la remercier.
Depuis le temps tu ne reconnais certainement même plus l'écriture. La surprise pour la fin ? Ou ta curiosité dévorante te poussera à regarder la signature avant d'avoir lu ? Je t'en pris lit jusqu'au bout. ça me ferait chier de me casser l'arrière train à rédiger tout ça pour que ça finisse au feu sans que tu aies daigner lire deux lignes parce qu'elle vient de moi...

Je suis malade Astana. Je suis malade et je ne sais pas. Je ne sais pas si... si je suis assez forte pour vaincre cet adversaire invisible là. Seule. Puisqu'aucun médecin ne daigne nous aider. Alors, quoi qu'il advienne, je tenais à mettre toutes les choses au point. Sait-on jamais.

ça a commencé sur les chapeaux de roues nous deux. Si tant est que les roues aient des chapeaux. Expression débile. On me pardonnera je ne suis pas dans mon état normal. Uzès. Je m'en souviens encore de ta proposition de venir, de vous suivre, de me joindre à vous. J'allais mal, et t'étais là. Alors qu'on ne se connaissait pas. T'étais là, comme tu l'as été pendant plusieurs semaines. Et au fond, je crois que ces semaines aux côtés des barges - parce que les autres bon... ehm - font parties des plus belles semaines de ma vie. Le trio de folles... Et je voulais déjà commencer par te remercier de m'avoir permi de vivre tout ça.

Tout s'est gâté. A cause d'un homme. Je le regrette tu sais. Je regrette mon comportement à ce moment là. Même si, de mon côté, je te jure qu'il n'y avait aucune ambiguïté. Je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie tu sais. T'es déjà assez folle pour t'être fait une cicatrice toute seule, te connaissant. Je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie. La mise au point... Tant pis. Sache simplement que je m'excuse. Je t'ai fait souffrir sans le vouloir, sans m'en rendre compte. Insouciante que j'étais encore. Alors si tu as un jour l'obligence de me pardonner... ça me ferait plaisir hein.

Elle va te surprendre cette missive. Parce qu'elle vient de moi, et par ce que tu vas y lire. Alors, non, j'anticipe tes réactions : je ne suis pas devenue fleur bleue, sensiblarde, bisou-n'ours, ou que sais-je. C'est juste que... Mon état second fait que j'écris des choses... que je pense hein, mais que ma fierté m'empêche généralement de dire. Ce qui au fond est mieux techniquement, mais ma fierté est malade elle aussi. Bien malade et au fond du fond du trou. Alors passons.

Sache juste que... Bin déjà, j'espère que t'es heureuse. Que tu vas bien, que tu n'es pas devenue trop sage - comme moi. Que tu vis toujours avec autant d'énergie. Et que tu n'as pas changé d'un poil. Parce que t'es sublime déjà. La plus belle des blondes. Ensuite, parce que t'es quelqu'une de bien. Tu le caches, et t'as raison, mais t'es généreuse, et sensible. T'es à l'écoute des autres. T'es quelqu'un sur qui on peut compter. Je le sais. Tu me l'as prouvé. Ta pas la langue dans ta poche, mais c'est pas plus mal comme ça. T'es complétement tarée, mais c'est ça qu'est bon. Et tu ne te laisses pas aller bien longtemps à la tristesse. Tu sais te reprendre en main. Bref, t'es une belle femme. De l'extérieur comme de l'intérieur. Quoi qu'on en dise. Je suis fière de t'avoir connu, et te compter parmi mes amis. Parce que pour moi, tu restes et resteras toujours une amie. Et... si un jour t'as besoin et si j'suis encore là... N'hésite pas.

C'est tout con comme missive hein ? J'avais juste besoin et envie de te dire tout ça. Depuis le temps... L'eau a coulé sous les ponts. Mais je ne t'ai jamais oublié. Et si de ton côté, tu veux venir m'achever... Bin, ramène toi. Moi ça me soulagera parce que pour le moment c'te merde en moi, j'ai l'impression qu'c'est pire qu'un accouchement ! Et c'pas peu dire !

Voilà... Bref, je ne fais pas plus long.
Prends soin de toi. Et que l'alcool te garde !

Furie monst-er sri
G.




MON Austérienne,

J'espère que où tu te trouves... tu te portes bien. J'espère que tu as retrouvé ta petite perle. Qu'elle va bien. Que tu ne la maltraite pas trop. J'espère... Et j'espère que tu trouveras le bonheur que tu mérites.

Toi, mon amie d'enfance. T'as toujours été là pour moi. T'es un ange. Mon démon à moi. Meilleures haine-mies. Et au fond, tu sais à quel point je t'aime. T'es ma Cillien à moi. Et si tout le monde te déteste, et bien, moi, je t'aime à la place de tout le monde. T'es ma brune austère perso. Et je ne te changerais pour rien au monde.
Ne crise pas. J'écris ça... Parce que je suis malade, et je ne sais pas si je vais m'en sortir. Et je tiens à ce que tu le saches. Tu vois ? Savoir que je t'aime. Qu'il faut que tu oublies tes blessures passées pour t'ouvrir à l'avenir. Ne vis plus dans le passé. Tu as souffert, et tu ne fais pas confiance aux gens. Je comprends. Mais ouvre toi. Laisse toi aller. Spirit peut te guider tu sais. On n'est pas tous mauvais. La preuve, regarde moi ! Bon d'accord, mauvais exemple. Vis. Et par tes actes. Pas par tes mots. Souris. Sois heureuse, rit ! et pas de façon sarcastique ! non, de bonheur ! Trouve de quoi te rendre heureuse. Mais vraiment heureuse. Et fait tout pour le garder. Je te laisse. La fatigue m'atteint.
Alors voilà, je t'aime et je t'embrasse ma beauté ! Embrasse mon petit trésor pour moi ! Dis lui que je l'aime, et que je pense fort à elle. Qu'elle me manque mais que je ne l'oublie pas. Ni toi d'ailleurs.

Prenez soin de vous.
A vous deux, mes amours de toujours.
Gyps. Tata-marraine-déessifiée !


    Les missives écrites et envoyées, la brune se glissa à nouveau dans son lit. L'insomniaque revenait prêt d'elle. Hantée ? Un peu. Beaucoup même. Un baptême, une séparation, et une rencontre - une trouvaille - une perle rare... ça fait réfléchir. Trop. La brune redevenait la cérébrale. Celle qui cogite. Qui s'agite seule. Celle que Rubein aimait et détestait tant. Un petit sourire étira le coin de ses lèvres. Une leçon qu'elle n'avait toujours pas appris que celle du barbu dieu grec. Non, toujours pas. Et pourtant, c'était pas les occasions qui manquaient. Finalement, à force de réfléchir, elle s'endormit, et se trouva le lendemain matin, devant quelques missives qu'on lui avait retourné... Soupir, et un vomissement plus tard, et la brune s'était attelée à la lecture... Elle avait fouillé, trié, pour ne garder que les missives importantes. Au loin toutes celles qui concernaient son boulot. Plus tard, elle travaillait plus tard. Elle n'avait gardé que celle personnelle. Et dans les personnelles, que ... Deux finalement. Celle d'une 3C, et celle d'une édentée. Et elle avait commencé la lecture par celle de la 3C. Les Furies d'abord. Comme bien souvent. Elle avait bien pris soin de garder le pigeon. La colombe saurait se débarasser de lui si la brune parvenait à lui répondre. Et, malgré la faiblesse, la fatigue et la maladie, la bohémienne réussit à sourire. La colombe savait Toujours la faire marrer. Alors, elle s'attela à la rédaction de la réponse... Lentement... De mouvements incroyablement mal assuré. Des lettres écrites d'une main tremblante, étonnemment faible.




A toi, De Moi.
La belle,

Le rouge... ? Je prend note... J'en porterais plus souvent. Merci de l'information. T'étais sublime toi dans ta robe aussi. Alors tu peux parler hein ! Tous les hommes de la salle bavaient. C'était pas beau à voir. Heureusement que vous étiez tous trois assez mal en point pour ne pas le voir. Mais voilà, je te le dis.

T'as toujours eu le sens des priorités. Alors merci pour le résumé de ta petite vie. Et pour toute réponse à ta question : niveau "poétique" tu ne l'as jamais vraiment été hein. Alors garde le cornichon sur la tartine. De toute façon c'est meilleur qu'une cerise un cornichon. Et Lestat fait un beau cornichon.
Quant à Seth... Je te comprends. Tu ne l'aimes pas mais. Parce que s'il n'y avait pas le 'mais' ce serait tellement moins pimenté. Accroche toi. T'es forte, je sais que t'en es capable. Fais le pour eux, pour tes mômes. Et puis pour toi. Mais tu vas y arriver. J'ai toute confiance en toi. Et si j'ai assez force, je viens amocher le fameux blond haïssable histoire de te simplifier la tâche, veux-tu ?!

Alors, soigne toi bien. Mais je sais que les uns les autres vous devez être petit soin. T'es bien entourée, alors je ne m'inquiète pas. Pis, si vous avez vu un médecastre, z'êtes sauvés. ça va passer vite, et ce ne sera qu'un lointain souvenir tout ça. Quand aux enfants. Oui... Victoire est si jeune. Mais ne t'inquiète pas sans raison. Puisqu'elle va bien. Je suis sûre qu'elle régurgite sur tout le monde, qu'elle gazouille et chouine comme elle sait si bien le faire. Et Nico est costaud maintenant. Ce qui ne t'empêche pas de les couvrir de bisous dès que tu les vois. Tu as de la chance. Tes enfants sont magnifiques, j'en conviens même si j'aime pas les mômes. Et c'était pas gagné qu'ils soient si beaux, vu leurs parents !

Et pour le reste... C'est pas si mal dis que ça tu sais. Et puis, je ne l'écris pas, mais, tu sais que moi aussi.
Je crois que...











    Missive sans fin. Et oui. La brune s'était évanouie sur la missive, renversant l'encrier sur le sol - c'est le barbu qui ne serait pas content - s'enfonçant la plume dans la joue, et épongeant l'encre de la missive avec sa peau bronzée en permanence. Bref, une jolie scène de carnage. Un carnage et une brebis gâleuse pour le coup. C'était vraiment le cas de le dire. Comment tout ça allait se finir ? Si vous avez une idée, la narratrice est toute ouïe. Et sinon, on va laisser la bohémienne sur place, dans l'état actuel des choses. Et on reviendra plus tard. Elle ne risque pas d'aller bien loin de toute façon.

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Sulfura
Toujours au même point. Le berger était là sans être là et elle… elle était ici. Un jour, deux jours, qui pouvait dire le temps qui s’était écoulé ? Surement pas elle.
Il s’était de nouveau volatilisé, encore, sans crier gare, il lui avait tourné le dos. Elle le savait sans même le vérifier. Quand on vit aussi longtemps avec un lien aussi insaisissable que le leur, on ressent l’absence de l’autre,… ce vide. On le sait, et c’est comme ça…
Fouiller dans les archives de la douane pour en avoir le cœur net car la sulfureuse était ainsi, elle voulait des preuves à toutes choses. Le cœur net, il était parti sans demander son reste, sans prévenir, sans un « on se voit dans quelques jours ». Juste évaporé. Laisser alors la lave réagir ?! Non, elle n’y arrivait plus. Le volcan s’était noyé dans un gel glacé.

Alors, elle fit l’ignorante, celle qui ne savait rien. Elle venait tous les soirs en taverne dans l’espoir de l’apercevoir lui ou son ours… Mais à force de trop vouloir, on perd tout. En un clin d’œil.
Elle devait prendre une décision certes difficile, mais il le fallait. Quoique, elle en était incapable. Alors oui, faire comme si de rien était. La brune attend, elle ne fait plus que ça depuis des mois…Elle attend le rien… le néant…

C’est ainsi que le pigeon revint à elle Correspondance interminable, échange vital… La main saisie le parchemin, les doigts caressent les quelques lignes avant d’en saisir le contenu. Rituel, comme toujours. Attendre. SulfurA commença sa lecture une nuit…. Puis, elle arrêta. Le choc. Inébranlable la sulfureuse…. Intacte, la Teigne… Indestructible, le volcan… Inatteignable, la téméraire… et pourtant, elle ne peut aller plus loin dans sa lecture. Sans émoi, retrouver son cœur de pierre. Ne pas laisser l’inquiétude mortelle s’insinuer. Ne pas sentir son cœur s’affoler et crier, hurler… toute sa crainte, sa peine, sa haine….

Une nuit sans étoiles, juste une lune pâle et lugubre. Une missive, la même à nouveau ouverte. Recommencer la lecture… Achever…. Jusqu’au bout. Sans s’interrompre. Les mots sont là… la vérité est écrite… La pureté réside en un simple parchemin…. Un sol se fissure et l’indestructible perd son invulnérabilité. Froide comme la glace mais froide par l’angoisse qui s’est installée. Livide par cette peur présente. La Reyne et sa brebis…. Fusionnel, elle croyait qu’elles l’étaient mais sa brebis l’avait contredit. Alors… infusionnel mais ….tellement proche. Trop proche. Beaucoup trop… Insaisissable lien qui la tourmente.

Une nuit sans sommeil, agitée par des souvenirs qui viennent en flopée. Le déclic. Le mur s’effondre. SulfurA se lève de sa léthargie gardant en main cette vérité qui l’a bouleversé…. Ecrire à son berger, se préparer à lui écrire. Mais que dire ? Quoi répondre. Comment faire pour exprimer…. Tout ça. Elle n’était pas douée pour ce genre de confession…elle l’avait fait qu’avec un berger qui s’égarait. Saisir la plume d’une main tremblante et rester inerte.

Le temps était venu… faire face à l’indicible.




J’ai attendu ta lettre… Patiemment … étrange pour une impatiente de nature. Je l’ai attendu avec la sagesse que je n’ai pas. D’ailleurs, ça me surprend, moi Sage… On part à la dérive… dérive de tout… de nous, d’eux, des sentiments, des vies. Il n’y a pas de bifurcation… tout mène à une impasse. On se retourne et finalement, on doit faire face… face à ce qu’on ressent… face à nous même et face à nos proches.

Je suis sociable et je suis associable… Paradoxale…
Qui me connaît….moi-même j’ai des doutes sur ma propre connaissance…

Confessions intimes allons y… mais j’suis vraiment nulle pour ça… alors confessions minimalistement intime. Je savais que tu allais te mettre avec Steph d’où mon coup de tonnerre… Je te connais… bien qu’on ne se connaît jamais assez.
Griefs… gueulantes, c’est ainsi. Remous du temps et blessures des mots…
Pansons nos plaies au rythme de notre confession… Je… c’est d’une absurdité sans conteste. Un cœur de pierre…. Ça n’existe pas, hein ? Au fond, je le sais. Le propre de l’humain c’est de ressentir… de s’émerveiller face au monde qui l’entoure…de s’affoler face aux mœurs de tout temps…. D’aimer sans limite…aimer… d’un amour démentiel et incommensurable…

Mais tu le sais, je n'y ai pas le droit... il me poursuit sans relâche. Je sens son souffle sur ma nuque, sa main effleurer ma gorge pour descendre se poser en mon sein. Et là... je sens ses ongles s'enfoncer brutalement pour saisir mon coeur...
Je n'ai pas le droit mais tout le monde en rêve parce qu'on est tous humain... Je n'ai pas le droit parce qu'il me l'interdit... s'il l'apprend...

Confession minimalistement…. J’étouffe…. Sans toi, j’étouffe. Absurdité des sentiments…. Je les déteste ces putain de sentiments… Je ne veux pas entendre ce que tu as à me dire… je déteste ta missive…. Elle me met en horreur….Je te déteste de cette finalité…. et surtout, je me hais... de ne pas savoir m'y prendre. Je me hais de ne pas pouvoir m'ouvrir comme un grimoire...

Fatalité de nos destinées…. Ou alors, peut être qu’on est maître de ce chemin….Alors, défions le sort... et narguons la Mort...

J’étouffe depuis que tu m’as tourné le dos ou alors c’était moi…. Sans un regard et sans un aurevoir… Jamais d’adieu…. Jamais…J’étouffe alors, je viens chercher mon oxygène… et l'air qui m’est si farouchement vitale…. Je ne suis plus moi-même… juste l’ombre d’une sulfureuse… Alors, je viens retrouver mon essence, mon pep’s…. Que ma pénitence soit faite… que je retrouve asile en notre sanctuaire invisible….

Ne veille pas sur moi… je suis si irrécupérable…J’assume remarque. Ce n’est pas à toi de le faire…. Je tiendrais ma promesse…. Que les astres s’éteignent sur le champs, si c’est pour que tu les rejoignes. Je maudis cette Lune témoin de cette déchéance…sentimentale. Force de caractère… force de frappe …. Mais si fragile….un cœur finalement, en porcelaine….


Tu es ma plus grande fierté....

Finalement, je n'y arrive pas... c'est impossible. Confession minimalistement escarpée comme nos chemins.... Juste un mot.... indicible amour...

Ta Reyne….

PS : je t'interdis de me laisser sinon, je viendrais te chercher en Enfer et crois moi.... je le ferais sans hésitation... j'irais te chercher sans résignation... Car Éternels sont nos chemins qui ne font qu'un...
Stephazur73
Steph était rentré ce soir là, alors que sa Brebis était quant à elle rentré bien vite à la maison. Il s'assit, et alors qu'il vint s'assurer qu'elle aille bien, et arrangé un peu ses cheveux en bataille dans son sommeil récent mais agité, il s'assit sous les étoiles d'un soir frais mais sans nuages.

Il regardait les étoiles qui semblaient vouloir lui dire quelques chose. En les fixant davantage, il sourit, puis opina. Allant chercher un parchemin et sa plume, il réfléchit, et après une grande inspiration, rédigea ce petit texte.




Ma Brebis.
Je profite de ce moment de calme dans mes journées, de cette parenthèse dans laquelle je viens me réfugier, pour t'ouvrir tout mon coeur sans hésiter. Que dire de ces derniers jours, sinon que je me sens revivre, à tes côtés. Ta présence, tes rires, tout ce qui fait que tu es unique... Tout cela a rempli ma vie là où mon âme se sentait vide, tu es celle qui m'a fait retrouver un sourire qui semblait comme caché dans un écrin que l'on ouvre plus qu'à l'occasion de souvenirs mélancoliques.

Alors parfois, j'en fais trop, mes jeux de mots sans doute tirés par tes longs cheveux bruns, ou encore mes attitudes un peu folles en taverne. Mais j'essaie tout simplement de faire naître un sourire sur ton doux visage, et être un peu de joie dans ton existence.
Oui, ton amour m'est précieux, et je le protégerai contre vents et marées.

Tu es devenue la ponctuation de ma vie... Le point final de mes journées, à tes côtés, lorsqu'en fermant les yeux je te regarde, et mesure la chance de t'avoir là, tout près. Les virgules de ma vie, celle qu'il me plaît de retrouver, entre deux moments de travail ou d'autres occupations, prendre la main... Les points de suspensions qui me font encore attendre le prochain moment, à deux, avec une impatience non feinte.

Sache qu'à jamais tu as ta place dans mon coeur et qu'à l'écoute de toi, de tes sentiments, de tes émotions, je serai. Je veux pouvoir t'apporter comme sur un plateau, le bonheur que tu mérites. Un genou à terre, avec une fleur dessus, comme le font les damoiseaux galants dans les belles histoires de Prince Charmants et de Jolies Princesses.... Je ne suis pas Prince Charmant, je ne suis que Tribun agité (le fameux Tribun à remous) et hésitant, pour toujours être à la hauteur de tout ce que tu m'apportes.

En cette nuit étoilée, j'écris ces mots pour t'ouvrir le fond de mon coeur. Les étoiles m'ont dit, vas-y! Et je ne doute pas qu'elles seront de bon conseil... Gypsi... Grands Yeux Posés Sur l'Individu que je suis... et si tu savais comme j'en suis fier...
Ton Barbichu


Il posa la plume, et déposa la lettre délicatement à côté d'elle, puis se coucha, encore plongé dans ses pensées, mais heureux d'avoir écrit ce qui les motivait.
Gypsi
15ème jour de 1461, Uzès

J'ai l'impression d'être passé sous un nombre incalculable de... J'en sais rien en fait. Je suis fourbue, j'ai mal partout. Tellement mal qu'au fond je ne sens plus rien. J'ai la tête qui va exploser, le nez pire qu'une fontaine, et parlons de ma gueule - parce que dans le genre fontaine, elle est pas mal non plus. Je suis lasse. Si lasse... Alors non, je ne suis pas seule... Heureusement. Oui mais... J'aimerais tellement m'envoler. Loin, haut. Et que le reste disparaisse... Mais je suis vide. Vide... Comme une croûte de pain sans mie. Je ne sais pas ce qui me met dans cet état... Et... je déteste cet ennemi invisible. Si je le voyais... Si je le voyais seulement... je me battrais. Oui mais là... Me battre. Contre quoi ? Contre qui ? Et pourquoi ? Ou pour qui ? Pour eux... Parce que peut-être bien qu'au fond ça leur ferait de la peine si je m'envolais pour de bon... Et pourtant... J'ai des missives en retard...

La colombe se satisfera de ma dernière inachevée...


    Et Gypsi de ne rajouter qu'une seule petite phrase à la dernière missive rédigée pour la 3C. Après avoir barrer le "je crois que", elle avait rajouté :
    "M'oublie pas pour la rase campagne. De temps en temps ça ne me fera pas de mal...
    G.
    PS : les rapaces ça m'plaît bien mieux que les vers... J'en ai cotoyé toute ma vie des rapaces. Alors que les vers... Et j'préfère garder mes vieux amis rapaces plutôt que de dev'nir amie des mollusques hein.




Sulf,

Je ferais bref cette fois. Vraiment. Etant fatiguée.
Paradoxale tu l'as toujours été. C'est ce qui fait ton charme. Et les impasses.... Si elles nous permettent de faire demi-tour et d'un jour nous retrouver... Alors j'aimerais ces impasses.
Alors oui... Steph. Je sais que tu me connais. Mais tu sais... Quand Exa m'a annoncé qu'il avait une autre femme dans sa vie... J'étais... seule. Et Steph était là. Il n'y avait que lui. C'est mon pillier. Sans lui, au jour d'aujourd'hui... Je m'effondre.

Aimer. Vivre. Ne plus fuir. Tu y as le droit Sulfura. Plus que n'importe qui. Tu y as le droit. Et si je m'en sors... Je te fais la promesse de te débarasser de ton cauchemar. Quoi qu'il m'en coûte. Pour que tu puisses toi aussi...

Ne te hais pas. Et ne me haïs pas non plus. Ni moi, ni ma - ou mes - missives. Parce que... tu t'ouvres. Et au fond, avec le temps, je te connais - un peu - et je te comprends - un peu aussi. Mais mieux que beaucoup d'autres. Nargons la mort... Je vais essayer ma belle. J'essaie... Mais la Mort est une drôle d'ennemie. Je n'aime pas combattre des femmes. Et encore moins comme elle.

Respire Sulf. Vit et sourit. Comme j'aime te voir sourire. Comme je te connais. Toi, accablée, triste, maussade. Non. Tu es la femme farouche, qui se bat. Oui je te vois comme ça. Comme celle qui ne baisse pas les bras. Malgré les épreuves et les difficultés. Respire... Je ne veux être l'oxygène de personne. Ni de toi, ni de Steph, parce qu'il m'a dit cela aussi... Je ne veux pas. Parce que c'est trop indispensable et que je ne le suis pas. Malgré tout ce que je dis, nos regards qui se perdent, et tout ce qui suit... Je ne te tournerais jamais le dos Sulf. Clément a raison au fond... On se réconcilie toujours. Parce que je t'aime. Et j'ose croire que c'est réciproque.

Je ne te laisserais jamais... Je serais toujours à tes côtés, quoi qu'il arrive. Et l'Enfer, l'une y rejoindra l'autre bien assez tôt.
Ta brebis.


Encore un dernier effort... Pour lui. Parce qu'il le mérite tant, au fond...



Mon barbichu,

Merci pour ces mots. Tu fais des rimes sans t'en rendre compte.
Je suis touchée Steph. Sincèrement. Et je suis ravie que ma présence à tes côtés libère ton sourire. T'es si beau quand tu souris...
Tu en fais trop ? Rassure toi... J'aime tes jeux de mots - les bons comme les mauvais. Ils me font rire tant les uns que les autres. Et ta folie... aussi. Et des sourires... J'en ai rarement eu autant qu'en t'entendant.
Mon amour...Oui protège le... Parce que je crois n'avoir jamais eu la force de le protéger moi-même. Et ce n'est pas pour autant qu'il faille t'inquiéter.

Nouveau rang... Après la bulle d'air qui fait pétiller ton eau plate, je suis la ponctuation. C'est poétique en tout cas. Et je crois n'avoir jamais eu d'aussi belle déclaration. Si bête que ça puisse paraître.

Alors non... T'as pas la gueule pour jouer mon prince charmant. T'as déjà vu un prince charmant avec une barbe toi ? Dans aucun conte ça n'existe ! Mais ça tombe, je ne voulais pas de prince charmant... Parce que c'est du vent, du faux un prince charmant non ? Je me contente amplement du tribun.

Je ne sais pas ouvrir le fond de mon coeur... En tout cas pas comme toi. Mais... j'ai besoin de toi. Et oui, mes yeux sont posés sur toi... Je te surveille tu fais de bêtises. Merci d'être là en tout cas...

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Stephazur73
Steph eut le plaisir de recevoir cette missive. Il ne pût s'empêcher de la lire et la relire, de la tenir près de lui, la serrant sur son coeur. Quand ses yeux parcouraient le velin, ils voulaient s'accrocher aux mots, comme s'ils pouvaient les retenir.
Cette lettre, c'était pour lui un trésor, bien plus que ces trésors que des inconnus cherchent un peu partout en creusant le Royaume, en long en large et en travers.
Non, c'était un trésor inestimable, l'écrit lui était cher, il lui était sans doute ce qui lui était de plus cher au monde.

Alors, il s'assit et reprit sa plume, car il ne pouvait pas laisser une si belle lettre sans réponse durablement. S'appuyant sur une table, il se mit à rédiger, pour Elle, qui était venue, non seulement habiter sa demeure, mais avant tout son âme même.




Ma Brebis,

Je suis peut être poète sans le savoir, mais en tout cas, je sais ce que je veux être, l'homme qui partage ton existence. Je suis à l’affût de tes sourires pour les encourager davantage, de tes esquisses, qui me révèlent que quelque part, tu es plongée dans des pensées qui te tiennent en otage. J'adore la franchise de ton parler, et la douceur de tes baisers.
Je veux protéger, comme tu me le dis, cet amour précieux, comme un cadeau offert par quelque bienveillant Dieu.

J'ai hâte de pouvoir encore partager des instants de folie, de bonheur, de rire, de pleurs, qui sait... Mais des instants de vérité, que dans le marbre je voudrais voir gravés.

Je ne suis que Tribun et je me présente à toi, tel que je suis, sans fard et sans tain. Je ne suis que .... quelqu'un de bien ou en tout cas, je le souhaite.

Tu es la bulle de mon eau plate, la ponctuation de ma phrase... tu es tant pour moi! Le rêve qui rend ma nuit plus belle et qui fait fuir au loin les songes tristes qui me ramenaient à l'éveil...

Ne cherche pas à ouvrir le fond de ton coeur. Laisse moi juste le deviner petit à petit... Peut être que, à force... il viendra à la porte.. et m'ouvrira...
Je suis et serai toujours là, ma Brebis...


Reposant la plume, relisant sa missive, il lui laissa, non loin, pensant et repensant à elle, résolu à goûter aux joies comme elles se présenteraient, jour après jour
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