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[RP] Chez l'vieux d'la montagne, juste au d'ssus du Lac.

Izaac
Notwen eut connaissance d'une lettre soi-disant d'Izaac envoyée au chancelier Comtois. Sa lecture la fit frémir, et elle envoya son pigeon à son collègue :

Notwen a écrit:
Cher Izaac,

on m'a fait lire ici une copie d'une lettre que vous auriez adressée au chancelier comtois. Je n'ose croire que ces termes puissent être les vôtres. Rassurez-moi, on m'a présenté un faux ?

Les termes de cette lettre sont en effet agressifs et hautains. Ils véhiculent haine et une rancune envers la Franche-Comté voisine, ainsi qu'envers la personne même du chancelier, que je n'ai pas l'honneur de connaître mais qui n'était peut-être pas impliquée dans l'affaire de Grandson.
L'usage répété du "vous", sans plus de précision, est de nature à blesser non seulement le chancelier qui la lira, mais ses collègues et même tous ses concitoyens. Quand on souhaite s'adresser à une personne (ici Pendarric peut-être ?), on la nomme clairement. A défaut, on se retrouve avec non plus un ennemi, mais cent.

On sait que s'en prendre aux personnes conduit généralement à créer des haines et des conflits, à inciter l'autre à se replier sur son appartenance à un groupe, en l'occurrence un comté. Ce sont de tels propos qui engendrent les conflits.

Un paragraphe de cette lettre est même une véritable provocation à attaquer Genève, et c'est sans doute là le plus extravagant dans une pareille missive.

Je n'ose croire que cette lettre qu'on m'a faite lire soit authentique. J'attends avec impatience la confirmation de votre part, Cher Izaac, qu'il s'agissait d'un faux. A défaut, j'en appelerai aux autorités genevoises et helvètes pour qu'elles prennent des distances très claires de ces propos pour le moins belliqueux.

Bien à vous,
Notwen


Izaac reprit donc sa plume. Une grande celle-là, parce qu'il y en avait à répondre.

izaac a écrit:
Grandson, le 3 mars 1457.

Dame Notwen,

Vous me trouvez comme le chien qui aboie, enragé et mordant ? Je dis simplement que quelquefois certaines vérités sont dures à écouter et entendre. J'ai entendu les vôtres, entendez donc les miennes.

Je n'ai rien dit d'inexact dans ce courrier. Si la diplomatie selon vous, est une douceur, comme celle que l'on adresse à une enfant pour qu'il calme sa colère, alors je dis que vous vous trompez hautement. La conciliation et la concorde ne sont pas une fin. La diplomatie est l'instrument d'une politique. Notre politique n'a jamais variée. Elle vise à protéger les intérêts et l'honneur des genevois. Cela passe quelque fois par le rappel de quelques vérités. L'entente avec nos voisins ne se fera que s'ils nous respectent. Le respect ne s'accompagne pas nécessairement d'un visage souriant. En réclamant ce qu'ils nous doivent, excuses et réparations, je ne fais que reprendre les mots même du chancelier. Vous trouverez ces termes blessants ? Relisez la lettre du chancelier, vous les y trouverez. Que les comtois sachent enfin qu'ils s'adressent à des hommes et des femmes adultes, et qu'ils leur parlent comme il convient quand on respecte celui avec qui on a un différent.

Depuis de trop long mois, les relations avec la Franche Comté n'ont été dictées que par la volonté de Berne d'apaisement, quel qu'en soit le prix. En son temps, je me rappelle Dame Amyahh, qui hurlait en avril de l'an dernier, que nos autorités baissaient leur braies devant les comtois. Quel chemin parcouru depuis ? Je fais le bilan ici de cette diplomatie : rien, pas un geste de Dole qui viennent conforter nos désirs de paix. Au contraire, leurs paroles n'ont jamais été que méprisantes, et violentes. Ils nous considèrent comme des faibles et des larbins à peine bon à faire la chasse aux brigands qu'ils ne savent pas faire chez eux. Ils se permettent de venir nous menacer jusque dans Berne, en parole, jusque sous les murs de Grandson, en actes. Les noms des plus honorables helvètes, dont certains genevois, figurent en toutes lettres sur les listes d'hommes et de femmes à abattre, dans leurs armées. Je ne prendrai que ceux de Nicbur, qui, vous devez le penser, ne doit s'en prendre qu'à lui-même, puisqu'il fraye avec de bien mauvaises personnes... Alors, j'ajouterai celui de Kirkwood, Meliandulys, bien connu pour son bellicisme ? pareil ? soit... Leprieure alors...

Vous qui êtes adepte de la diplomatie des caresses qu'on adresse aux petits enfants pour les calmer quand ils font une colère, vous entendrez donc, je le crois, que quelquefois, un parent peut lever le ton et fixer des limites à l'enfant qui se montre malpoli et méprisant.

Je ne vous convaincrai pas, Dame Notwen, je le sais. Soit. Comme vous restez depuis toujours la seule véritable avoyère de Genève, vous trouverez sur votre bureau ma lettre de démission. Vous allez enfin être libérée de ma présence.

Je vous salue,
Izaac


Pis, s'en partit retraiter au pèlerinage, histoire de murir un peu, en attendant l'automne. Quand on vous prend pour une pomme, faut assumer.
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P4.
Izaac
Le vieux colombophile prit la plume et se gratta le nez avec. Un peu de schnoutre glissa le long de la pointe taillée. Discrètement, avant que Préboist ne l'ennuie avec ses mœurs de vieux cons, il essuya le machin dans un pli du rideau à carreaux. De toute manière, il en avait ras le bol des rideaux à carreaux rouges et blancs.

Izaac déplia donc le papier et commença à y tracer les lettres.


Citation:
Genève, le 15 mars de l'an de grâce 1457 de notre petit christos.

Mon bon Murchard,

Tu me fais part des dernières causeries bernoises sur tes tentatives de constitutionnaliser nos institutions coutumières. Je te le dis, tu te fatigues pour rien. Ces histoires de chartes et de constitutions confédérales sont un serpent de mer. On en cause depuis une éternité, pour le plaisir de causer.

Nous avons créer une alliance à géométrie variable qui fonctionne selon des coutumes non écrites, en réalité. Elle fonctionne très bien, puisque notre confédération compte 2700 habitants, soit bien plus de mille guignols que nos voisins les plus trublions. Je ne connais personne qui y meurt de faim, notre université fonctionne, les carottes poussent, les poissons poissonnent, et les comtois grognent.

Je ne saurais assez attirer l'attention de nos gouvernants sur ce genre de projet. Il me semble vain de vouloir transcrire, même avec la meilleure volonté du monde - et je ne doute pas de la tienne, Murchard, que j'apprécie tout particulièrement - de vouloir transcrire, donc, dans une charte, un pacte ou quel que soit le nom qu'on lui donne, autre chose qu'une déclaration de bonne volonté - dans un truc rigolo par exemple ou alors dans un serment pompeux. Nous savons tous très bien, que la seule chose qui nous réunis, c'est l'envie d'être ensemble. Chacun des cantons mégotera sans cesse, et il aura bien raison. Le plaisir de participer au gouvernement de la confédération passe par ces longues discussions.

Il serait en revanche bien dommage qu'on se vexe, parce que tel ou tel projet n'a pas pu voir le jour. Nous avons la chance de pouvoir gouverner nos petites affaires, à l'échelle de nos cantons : savourons. Les liens entre les cantons se dessinent tout seuls, par affinité entre les maires, par identités linguistiques, par les identités religieuses, par les productions économiques, par les histoires de fesses...

Notre confédération est puissante, et elle est loin d'être en péril. Il n'est pas nécessaire, je pense de vouloir dramatiser l'écriture de telle ou telle charte, serment, contrat de mariage... avant de mettre le cadre autour du tableau, je pense qu'il faut peindre le tableau.

Créons la confédération à la base, dans les faits, par des tournois, des concours de boules de neiges, des échanges commerciaux, par le partage d'intérêts diplomatiques et politiques, par les beuverie en taverne... Moi j'dis, dans une bonne affaire de coeur, faut coucher ensemble avant de vouloir se marier... moi j'dis... Et plein de fois, en plus, histoire de vraiment être sûr que les fesses de la voisine sont pas plus chaleureuse et conviviales, des fois... Regarde Sion et sa savoyarde... Ben Sion est quand même restée avec sa chère confédération.

Entre chaque helvète. Alors, les chartes et les traités viendront tout naturellement.

Bon, c'est pas tout ça, mais je vais mettre le feu sous la marmite, je t'embrasse. On se boit un godet à Berne, quand tu veux. J'ai ramené de l'absinthe de Pontarlier, c'est très bon. J'en ai bientôt plus d'ailleurs... Va falloir que j'y retourne.

Izaac


Le vieux enfila le message dans le trou prévu à cet effet. Il envoya alors le pigeon se faire voir à Solothurn.
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P4.
Izaac
[A quelques lieues de Genève, "le pèlerinage", 21 mars, jour du printemps]

Sous le soleil printanier, Izaac mirait le lac d'un œil langoureux. La vue était magnifique, ce matin là. Genève, phare de l'univers connu et inconnu se reflétait dans le Ciel, ou alors était-ce l'inverse... Izaac était amoureux de sa cité. Sans aucun doute. Elle lui avait tant donné. Ou alors était-ce encore l'effet de l'absinthe de la veille. Ces trucs comtois, ça vous fait des trous dans le cervelet.

Son pigeon attendait, inquiet, le sort qui l'attendait. Izaac plia le pli, ce qui jusque là n'était pas terrifiant.


Citation:
Genève, le 20 mars de l'an de grâce 1457.

Orgetorix, Cher ami.

Je te réponds enfin. Les bruits des couloirs de Berne sont assourdissants, et des fois, on loupe une parole. On loupe une question aussi. L'armée du salut n'a pas été déclarée hors la loi. La chancellerie invite les cantons à ratifier une proposition qui la rend hors la loi en Confédération Helvétique. Yoyo, l'avoyer, se refuse pour le moment à déclarer l'armée hors la loi, comme telle. Il a toutefois mis Gromukus, le républicain comtois qui la dirige, en procès, pour constitution non autorisée de cet oriflamme.

Si je rejoints yoyo dans sa mise en procès de ce combattant comtois - le capitaine Gromukus n'a pas demandé l'autorisation de constituer son armée au gouvernement de Grandson -, je suis, vous le savez, partisan de toute initiative qui vise à renverser le gouvernement comtois actuel, qui nous menace trop régulièrement, complote contre nous, pousse la Savoie à venir nous taquiner, lui interdit d'entretenir des relations officiellement cordiale avec nous et a soutenu l'ancien haut connétable impérial, Yanahor, dans sa volonté de nous taper dessus, afin de consolider l'entente souvent fragile entre les trois alliés impériaux. Je soutiens donc cette armée, dans laquelle plusieurs de mes amis combattent. Je regrette que l'autorisation de constituer cette force de la liberté n'ait pas été donnée ici, chez nous. Mais Gromukus n'a pas osé demander à Genève.

Je te prie d'agréer, mon bon ami, l'expression de mes respectueuses salutations.

Izaac


Le pigeon s'envola vers Schwyz. Hopla !
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P4.
Izaac
Ça sentait le roussi, pour le vieux. Les griffes de l'Église se refermait lentement sur Izaac. Il entendit qu'on voulait le torturer.... D'un coup son sang reflua dans les godasses. Il prit le temps de prendre sa plume et commença à écrire ses aveux. Histoire qu'on ne le lie pas sur un lit, les pieds nus couvert de miel, avec une chèvre pour les lui lécher.

Citation:
Genève, le 25 mars 1457.

Monsieur le Juge Garwin,

j'avoue tout. Je suis le primus du lion de Juda. Je suis à l'origine de la proclamation par des forces républicaines de la cité libre de Pontarlier. Je suis l'homme qui guida Gromukus alors qu'il hésitait encore sur l'endroit où il trouverait refuge et poserait ses valises. Je suis l'Homme qui appelle, par delà les montagnes, les aventuriers de tous poils à rejoindre l'armée du salut pour combattre les crapules despotiques de Dole, qui prennent les armes contre les maires qui veulent faire de leur cité une ville franche, à l'image des cités helvètes. Je suis un vieux monsieur qui éprouva un malin plaisir à soulever la robe de bure des moinillons, afin de les soulager de leur bourse, mais ça, c'est quand j'étais jeune. Je suis celui qui convertit Cromwell à la réformation de la foi aristotélicienne. Je suis celui qui causa le siège de Genève, en avril 1456, après avoir défier le cardinal Guillaume de Lorgol. Je suis celui qui fait pipi, mais seulement de temps en temps, dans le Rhône, en aval du grand pont, alors que la loi l'interdit, vu qu'on l'a promis à nos nouveaux amis provençaux. Je suis celui qui élève des cigognes blanches - comme alternative crédible à nos pigeons voyageurs, dans le transport des colis -, oiseaux on ne peut plus sale, en confédération helvétique, terre on ne peu plus propre. Je suis celui qui régulièrement venait verser de l'eau chaude dans les géraniums de Nainainus. Je suis celui qui bricole avec tout plein d'anciens brigands afin d'enfin réduire à des cacahouètes la concurrence déloyale que fait l'horloge comtoise à notre coucou suisse. Je suis celui qui importe, hors saison, des fraises que le cadi de Valencia lui envoie par cigogne, pour garder Sanctus en forme. Je suis ...


Izaac fit une pause dans sa lettre de délation. Il se dit qu'il reprendrait plus tard.
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P4.
Izaac
Ben voila, les copains avaient pris la volée... Une grosse colombe dodue en avait apporté la triste nouvelle ce matin. Izaac l'avait accommodé en brochette, pour l'occasion.

Citation:
Genève, le 27 mars 1457,

Ma chère Cameliane,

Comme promis, je vous écris des nouvelles de Kirkwood. Notre bougre me fait savoir qu'il va prendre quarante-cinq jours de repos. Il s'est en effet pris les pieds dans la cancoillotte, alors qu'il tentait de refaire le coup du bouclier volant au dessus de la tête du Franc Comte. Ça a loupé. Il a pris une rangée de chevaliers comtois en charge en pleine poire, semble-t-il. Il me fait vous dire qu'il n'a rien, que sa dentition brillante est toujours en place, et qu'il pense être de retour avant la prochaine croisade. Nicbur, qui n'a pas reçu la moindre bosse et en est très fâché, l'a aidé à rejoindre Pontarlier, où il coule des jours heureux, soigné par une gentille petite infirmière.
Je vous salue et espère vous embrasser bientôt.

Izaac


En cachetant le pli, Izaac pensait plutôt aux pauvres comtois, qui allaient subir kiki quarante-cinq jours...

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P4.
--Lafontaine
Citation:
Pontarlier, le 28 mars 1457.

Monsieur Izaac,

Je me permets de vous écrire afin de vous soumettre cet article. Je compte l'envoyer à l'AAP, mais j'attendrai votre accord et éventuellement vos corrections.

Respectueusement,

Jean.


Citation:
Genève (AAP) - J’étais perplexe et un rien craintif en me rendant à ce reportage chez les sicaires. Tant d’informations contradictoires circulaient sur eux, de brigands assoiffés de sang à justiciers émérites et généreux ! Mais le rédacteur en chef Don Cafardos m’avait expliqué : c’était ça ou le RMI. L’enthousiasme journalistique m’avait donc repris de plus belle.
Mes appréhensions redoublèrent quand, au lieu et au moment du rendez-vous, une voix derrière moi m’intima l’ordre de ne pas me retourner et de porter un bandeau qui m’aveugla. Il s’y prit bien, le bougre, pour me faire perdre tous mes repères : je suis encore incapable d’y retourner (la seule fois où je m’y essayais, un éleveur de fromage a failli m’embrocher avec sa faux).

Toujours est-il que je fus finalement délivré du bandeau au bout de deux heures, accueilli par un grand gaillard portant beau, au milieu d’une clairière, entouré de personnages… pour le moins curieux.

« Excusez-nous pour l’inconfort du trajet, me dit-il, souriant, mais vous savez bien que notre mouvement est encore l’objet de bien des haines, de bien des jalousies, de trop d’ignorance. Nous devons donc nous entourer de précautions bien lourdes que nous souhaiterions bien abandonner !
C’est d’ailleurs pour que l’on nous connaisse mieux que nous avons souhaité cette rencontre. Pour éviter que se prolonge cette époque de suspicion…Ainsi ouvrons-nous nos portes, mais doucement, hélas, alors que nous voudrions accueillir tout le monde ! Quelle tristesse, non ?
On nous dit sectaires, mais c’est un mauvais calembour fait sur « sicaires » ! Si nous sommes prêts bien sûr à en découdre pour défendre nos vies et notre foi, nous sommes d’abord des aristotéliciens proches de la nature, désireux de permettre aux jeunes gens de s’épanouir sainement à travers des distractions collectives !

Regardez-les plutôt, ceux qui nous ont rejoint ! Ont-ils l’air d’être prêt à égorger le premier venu, à rejeter la vie en société ?


Au contraire ! Ils apprennent surtout à être avec les autres, à échanger, à devenir des membres utiles de la société, critiques mais constructifs ! »
Il faut avouer que l’ambiance était sympathique, comme le montrent mes croquis : danses traditionnelles, clubs de rencontres, nourriture fortifiante pour entrainement viril.


… Le tout dans une atmosphère détendue et souriante, plutôt bon enfant...
On était loin des stéréotypes de la horde sanguinaire et barbare, brûlant de l’aristotélicien orthodoxe entre deux repas cannibales pour tuer le temps (lui aussi…).
J’aurai bien voulu interroger plus avant mes hôtes sur leurs convictions et leurs projets, mais celui qui paraissait être le responsable, tout en souriant, déclina l’idée. « Non, non, c’est un peu tôt. Des porte-parole, il en existe déjà. Et si tous nos sicaires savent parler de leur foi, ils le font parfois avec l’enthousiasme excessif du converti, au risque d’être mal compris. Mais bientôt, sans aucun doute. Je puis même vous le garantir… »
La suite au prochain épisode, donc… Mais ce sera sans doute avec un autre envoyé spécial de l’AAP. Je viens d’avoir el choix entre le RMI et un reportage sur les JO (Joyeux Orfèvres, sous entendu dans l’art de délier les langues) des GO (Geôles Ottomanes) de l’empire averroïste de l’Est…

Jean de Lafontaine, pour l'AAP.
Izaac
rrrroooouuuurrrou, rrrrrouuuurrrouuu...

Le lecteur bienveillant imaginera là, je lui en prie, le doux bruissement de la palombe, fière comme un paon d'avoir apporté le mot ci-dessus. Cet exploit valait d'ailleurs à la bestiole les œillades amoureuses d'un gros pigeon en rut, vicelard... La suite de la scène risquant de heurter la sensibilités des plus jeunes, je me dispense d'entrer dans les détails.

A table, croissant et jus de fraise, tisane de vieille. Izaac, vêtu de son peignoir, se levait tard ce matin là. Fumant ses herbes roulées, il ouvrait son courrier. L'encrier et la plume au milieu de la table, il répondait, répondait. Des fois même, il confondait l'encrier et la tisane. Comme il parait que c'est poison, ça devrait faire plaisir à certains en confédération et en Franche Comté.




Citation:
Genève, le 29 mars 1457

Monsieur de La Fonfaine,

Je vous remercie de me donner des nouvelles de vieux amis. J'ai même cru reconnaître ce cher PetitFrère, sur votre seconde gravure, à babord derrière le monsieur en vert. Je ne vous cacherai point que votre missive m'a plongé dans une triste mélancolie. Le souvenir de mes jeunes années à gambader, gambader. Pour ce qui est de mes corrections, n'y voyez aucunement un manque d'intérêt, mais je ne relèverai qu'une chtite coquille, première ligne de votre dernier paragraphe. Je note que le Lion de Juda a bien changé, depuis que ce sont les jeunes qui en ont pris la tête. De mon temps, on pouvait causer. Je doute que les petits nouveaux soient aussi compréhensifs.

Pour ce qui est de la publication de votre reportage, Je vous conseille plutôt la presse locale. L'AAP vue d'helvétie est laissée en friche depuis plus de trois mois. Au dessus du rédacteur en chef actuel, un bonhomme efficace et même compétent, il y a des administrateurs plus préoccupés de leurs stocks d'opcheune, et des parapluies dorés à répartir entre les actionnaires.

Cordialement,
Izaac


Et Izaac toussa.

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P4.
Belgarath
Belgarath se sentait pour le moins mal à l'aise depuis les évènements de Pontarlier.
Il adressa son plus beau spécimen volatile à son ami Izaac...

Citation:
Grandson, le quatrième jour du mois d'Avril de l'an de grâce 1457...

Mon cher Izaac,

J'espère que cette missive te trouvera en pleine santé !
Pour ma part, j'ai quelques difficultés à digérer...
Remarque, juste avant la période estivale, c'est plutôt une bonne chose !
Je pourrais bien perdre mon embonpoint hivernal et ne souffrirais ainsi aucune honte à me baigner en petite tenue dans nostre joli lac cet été !
N'empêche que j'ai besoin de soulager mon estomac d'un poids...

Je voudrais requérir ton avis sur la plainte que je compte déposer en ces termes :

Messire Procureur…
Je suis un humble artisan Bocan…
mais je n'en suis pas pour autant un demeuré, acceptant sans mots dire toutes les turpitudes !
J’ai accordé mon vote et ma confiance à messire Yoyo afin qu’il gère en mon nom les affaires courantes de mon canton.
Jamais il n’a trahit cette confiance…

J’ai mis mon bras armé au service de l’armée cantonale où j’ai l’honneur de servir sous les ordres de mon Lieutenant Général.
Dame Caméliane a toujours agit pour l’intérêt, la protection des Bocans et le maintient de l’intégrité du sol cantonal.
A en croire sa nomination au poste de Capitaine des Armées, il faut croire qu’elle s’aquitte honorablement de cette tâche !

J’ai bien compris la mise en procès de messire Gromukus et les chefs de lance de l’armée du Salut pour s’être illégalement constituée en terre Bocane.
Nul ne saurait constituer une armée sans l’autorisation préalable d’un Avoyer.

Ce que je m’explique beaucoup moins, en revanche, c’est que le meneur de l’armée Sicut Aquila ne soit en aucune manière inquièté pour ce que je qualifierai de délit de franchissement illégal de frontière !
En effet, si je reconnais volontiers que la Sicut Aquila était légitimement formée, ayant obtenu l’aval de messire Lothem, Avoyer de Fribourg, je ne comprends pas pourquoi la dite armée a franchit la frontière Helvéto-Comtoise…

Pour ce que j’en sais, de source militaire, Dame Caméliane n’avait sollicité le déployement de la Sicut Aquila que pour renforcer les défenses de Grandson !
Il n’était nullement question d’aller pourfendre de l’Helvète en terre Comtoise…
La Sicut Aquila a gravement compromis les défenses de l’Helvétie en allant porter ses coups fratricides à proximité de Pontarlier…

D’autant que ce franchissement n’a jamais reçu l’aval, ni du Capitaine des Armées, ni même du Conseil Confédéral !
Aussi, je vous demande de bien vouloir prendre en considération mon désir de porter cette affaire devant le Tribunal Cantonal de Grandson afin que toute la lumière soit faite sur cet évènement…

Bien entendu, je vous laisse juger de la gravité de l'acte d'accusation et je reste à vostre entière disposition, vous assurant d’ores et déjà que j’ai parfaitement conscience des implications de cette plainte.
Comptant sur vostre diligence pour me faire connaistre vostre décision quand à la suite à donner à cette missive, je vous prie d’agréer, messire Procureur, mes respectueuses salutations.


Le blondinet lâcha le volatile et disposa quelques graines sur le bastingage.
C'est qu'il faut les tenir en forme, ces fichus piafs !
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Vivre digne de Lui, c'est suivre en guerrier le chemin qui a du coeur...
Pour que vive la liberté, il faudra toujours que des hommes se lèvent et secouent l’indifférence ou la résignation
Izaac
Izaac relu la lettre de Belgarath. Il allait se faire des amis, le grandsonnais.

pitipitipiti...

Izaac attrapa le colomba livia grandsonnicus pasvulgairus et apetissantissimus et...

Et lui accrocha sa réponse. En ce moment, c'est carême.


Citation:
Genève, le 5 avril 1457.

Monsieur le douanier du jura suisse,

Je lis que tu vas donner la migraine à votre procureur cantonal. J'espère pour lui qu'il supporte l'haleine fribourgeoise, parce qu'il risque d'en avoir plein la figure s'il présente la plainte contre qui tu dis auprès d'Estelledelavigne, la juge cantonale de Grandson. Comme bourreau bernois, je ne peux que reconnaître la légitimité d'une telle initiative : c'est en effet auprès d'un tribunal cantonal, seule première instance en confédération helvétique, que tu dois adresser ta plainte. Par politesse, je te conseille toutefois de saisir celui de Fribourg, où le capitaine de l'armée sicut aquila réside. A ma connaissance, vos deux cités sont toujours unies dans le serment des vallées, et je ne doute pas que la justice fribourgeoise recevra ta requête aussi bien que celle de Grandson.

Je me permettrai toutefois certains commentaires, si tu le permets. Comme tu le dis très bien, l'armée fribourgeoise de Zefa était légale, puisque autorisée par l'avoyer Lothem de Fribourg. Le franchissement de la frontière vers Pontarlier ne constitue pas en soi un délit, pour nous. Pour les comtois, oui, mais ils font deux poids deux mesures. Notre ami Andrew a pris 8 jours de prison et 50 écus d'amende, alors que Zefa semble avoir été "convié"... M'enfin, c'est pas nouveau que les comtois font ce qu'ils veulent de la justice. De toute manière, on ne va pas porter plainte contre un helvète chez les dolois.

Le seul délit dont serait passible Zefa, et la culpabilité reste encore à prouver devant le juge, est que Zefa aurait franchi la frontière, bannière de la confédération en avant, alors qu'il n'y aurait pas été autorisé par nos autorités. Mon petit doigt me dit toutefois qu'en réalité notre chancelier a du autoriser cette initiative, de manière officieuse pour le moins. S'il advenait que le juge cantonal reconnaisse cette culpabilité, le chancelier révèlera probablement qu'il a pris cette secrète initiative et de délit, il n'y aura plus. Certes, le chancelier aura autorisé à la bannière helvétique d'entrer en franche comté sans l'accord des cantons, mais cela est une autre histoire.
En toute franchise, et ce même si le chancelier lâchait son capitaine fribourgeois préféré en révélant rien de sa diplomatie secrète, ce délit ne casse pas des briques, si l'on se réfère au droit comtois. Pendarric a fait exactement la même chose en novembre dernier, en entrant oriflamme comtois au vent sans y avoir été autorisé à ce qu'on dit à Dole, dans les faubourg de Grandson pour y faire uriner son cheval. Tu me répondras que les comtois, eux, viennent de mettre Pendarric en procès. Certes, certes... Nous verrons ce qui adviendra.

Respectueusement,
Izaac

ps : je te renvoie ton pigeon, je suis au régime.

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P4.
Izaac
Izaac sentit ce matin là, la fumée lointaine. Soleure brulait.

Citation:
Genève, le 7 avril 1457.

Salve Cromwell, mon ami !

J'entends que des spadassins se sont saisis de Soleure cette nuit. Ils ont semble-t-il franchi les cols bavarois ces derniers jours, sans se faire remarquer. Les sicaires ne sont plus en mesure de faire respecter la santuarisation de la confédération, et déjà, la cour des miracles rapplique. Quand le lion lèche ses plaies, les chacals se disputent l'Empire. C'est sûr, on ne peut pas leur en demander plus qu'au fils de Charlemagne. J'entends la grotte qui résonne des bruissement des chauve-souris. Quelle sera la prochaine cible ? Les dolois doivent être satisfaits. L'armée fribourgeoise, en plus d'avoir fichue la branlée au vieux fauve, exclusif garant de la sécurité des helvètes, est en train d'attirer chez nous toute les fripouilles sans foi ni loi qui jouaient à tourmenter nos voisins.

Je t'embrasse et te souhaite un prompt rétablissement. J'ai les fraises qui commencent à sortir de terre.

Izaac

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P4.
Sanctus
Citation:
Grandson le 9 avril 1457

Mon vieil Izaac, les Dolois doivent en effet bien se réjouir devoir l'état de la Confédération. Leurs agents sur place, semeurs de zizanie, dévôts du pape et des évêques, sont des plus actifs. Zefamousmitch est surnommé le larbin de Dole, celui qui opère pour les basses besogne. Mais quand Soleure brûle, pas question de lever le petit doigt. Mieux vaut courir au secours des nobles comtois que de ses frères helvètes. La chanson est classique. Mais elle ne durera pas. Nos alliés se multiplient. Hier nous avons levé une armée, demain nous en lèverons trois.
Mais il y a tout de même plus important : pense à bien arroser les fraises. Le soleil de printemps et les limaces pourraient leur être fatals.

Ton frère, Cromwell.

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Préfet du Prétoire du Lion de Juda (Pépé)
Cameliane
Les nourrissons, ça mangent tout le temps, ça tètent goulument aussi c'est bien connu... Elle hésitait entre la grimace de douleur lorsque son fils lui aspirait toute la mamelle et le fou rire de le voir se jeter ainsi sur la nourriture comme s'il s'agissait de son dernier repas. Puis attendrie, le sourire aux lèvres, elle leva le regard sur les premiers rayons dorés printaniers qui perçaient à travers les petites carreaux de son bureau. Un pigeon aux reflets bleus argentés mais bien poussiéreux vint se poser sur le rebord de la fenêtre et toqua à la vitre... Tout en tenant son enfant contre elle, elle leva le loquet, attrapa la bestiole, réussit à détacher le parchemin, prit un pot en terre cuite qu'elle retourna sur l'animal à plumes afin de l'empêcher de fuir et lu le message...

Citation:
Genève, le 27 mars 1457,

Ma chère Cameliane,

Comme promis, je vous écris des nouvelles de Kirkwood. Notre bougre me fait savoir qu'il va prendre quarante-cinq jours de repos. Il s'est en effet pris les pieds dans la cancoillotte, alors qu'il tentait de refaire le coup du bouclier volant au dessus de la tête du Franc Comte. Ça a loupé. Il a pris une rangée de chevaliers comtois en charge en pleine poire, semble-t-il. Il me fait vous dire qu'il n'a rien, que sa dentition brillante est toujours en place, et qu'il pense être de retour avant la prochaine croisade. Nicbur, qui n'a pas reçu la moindre bosse et en est très fâché, l'a aidé à rejoindre Pontarlier, où il coule des jours heureux, soigné par une gentille petite infirmière.

Je vous salue et espère vous embrasser bientôt.
Izaac


Le volatile, très sale, avait dû faire un long voyage et en regardant de plus prêt la date, elle comprit qu’il avait parcouru une bonne partie de l’Helvétie à sa recherche lorsqu’elle escortait le Père Balbutachon jusqu’à Soleure. Elle souleva le pot, la pauvre bête n’irait pas bien loin dans son état de toutes façons et lui donna quelques graines. Un peu de repos ne lui ferait pas de mal… Elle posa la feuille sur son bureau, attendit que Yael s'endorme après le petit rot traditionnel, prit plume et parchemin, soudain très lasse... Les mots ne venaient pas, l'esprit imaginait les pires scènes de tueries fratricides... Elle se reprit, les mâchoires serrées...

Citation:
Mon cher Sire Izaac,

Votre courrier me fait l'effet de la foudre qui serait tombée dans un tonnelet d'hypocras... Les éclaboussures qui s'en suivent sont comme des grelots de gel, cela fait mal... Si vous avez l'occasion d'envoyer quelques pigeons à Pontarlier, pourriez-vous transmettre mes amitiés à Sire Kirkwood ? Dites-lui que nous pensons à lui Yoyo et moi. Tout comme nous pensons à note amie Régine qui est très souffrante elle aussi. On m’a appris qu’Andrew s’occupe bien d’elle et qu’elle est sur la voix de la guérison.

Mais dites-moi, se pourrait-il que Sire Kirkwood s’emmourache de sa petite infirmière et décide de rester à Pontarlier ? Si ma foi cela devait arriver, nous lui souhaitons tout le bonheur du monde.

Je vous remercie de cette missive que je reçois juste aujourd’hui, vostre pigeon a fait un long voyage vu son état, je n’étais pas à Grandson ces derniers temps. Son trajet en ziguezaguette l’a épuisé.

Je vous embrasse aussi et espère vostre venue à notre mariage ce jour du Seigneur 12 avril ainsi qu’à la Foire de Lausanne où nous nous rendrons dès le lendemain. Venez avec des écus tout neufs, et des affaires à vendre, parait-il que les prix sont libres comme le sont les Helvètes, et que de bonnes affaires nous attendent.

Qu’Aristote veille sur vous,
Camy.


Elle lâcha la bestiole encore bien fatiguée et retourna s’occuper de son fils Yaël, un vrai petit bouc sauvage…

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Cruauté Réveille Toi, Fureur Guide Mon Bras, Seigneur Apaise Mon Coeur...
Il ne faut pas juger un homme sur ses fréquentations. Judas avait des amis irréprochables...
Tribun - LG de l'A.C.G - Capitaine des Armées Confédérées
Izaac
Les doigts encore dégoulinant de la sauce au vin,

Citation:
Pontarlier, le 10 Avril 1457

Bonjour Izaac,

ce petit parchemin pour te dire que notre convalescence se passe bien. Si ce n'est le drame d'avoir perdu mon fils suite au coup d'épée de Tchantches dans mon ventre, je pourrais presque dire que ce repos forcé est salutaire. Au passage sais tu que Tchantches m'a frappé alors que j'étais au sol, après que la femme de Zefa, Acnia m'ait touchée à la jambe. Bel acte de bravoure n'est ce pas?

Mais il n'est point question de repos..que nenni. Je reçois sans cesse des pigeons, des mésanges et cancrelats. Une grande partie vient de tout le Royaume, des félicitations, des propositions de soutien, voire même d'armée entière à notre disposition. La nouvelle s'est répandue comme une trainée de poudre noire, et les esprits les plus éclairés voit en notre action la révélation qu'ils attendaient depuis longtemps, fatigués d'écouter les tergiversations politiques manipulatrices.

Une autre partie des contacts est par contre des plus comique: je vois défiler comme des fleurs quelques décideurs Dolois, qui viennent la bouche en cœur dire qu'ils adhèrent à l'idée de la République Réformée, mais que leur réputation en souffrirait de le reconnaitre publiquement. Par contre, cela ne leur pose aucun problème de trahir ou de nous vendre des informations contre écus sonnants et trébuchants. Étonnant comme l'image qu'il donne les importe, qu'elle que soit la perfidie de leurs actes. Enfin, je ne t'apprends rien Ô grand sage.

Pour sur nous serons à nouveau en forme dans un mois, prêt à repartir au combat, vous pouvez commencer les préparatifs sans nous.

ah..un petit service personnel, peux tu surveiller du coin de l'œil Aileron? je ne suis que peu rassurée de le savoir en compagnie de Gromukus. Autant comme chef d'armée j'ai confiance, autant pour ce qui est des tavernes, beaucoup moins.

En parlant de taverne, nous sommes allés Kirwood et moi nous saouler au comptoir d'Icthus, buvette ouverte par Andrew. Le kardhue y est excellent. Je te conseille le coin, qui après le Gué pourrait bien devenir le lieu le plus tendance des Royaumes sous peu.

Bien le bonjour à tout le monde,
Que le Très Haut t'émoustille,

Reginae


Avec des petits raisins, c'est délicieux, le pigeon comtois au vin jaune. Le soucis, c'est que les sultanii sont souvent trop sucrés. Le petit de Corinthe est bien mieux, mais il est plus rude à trouver. Faudra un jour exporter la réformation de la foi aristotélicienne chez les corinthiens.

Suis sûr que ça fera plaisir à certain, tiens, que j'aille me faire voir chez les grecs.


Préboist ! amène-moi une plume et du papier, j'ai une épître aux corinthiens à écrire !
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P4.
Izaac
[Le pèlerinage, la haut dans la montagne]

Rourrrrouuurooour. Un petit pigeon malingre, du genre nomade, se posa sur le rebord de la fenêtre ce matin là. Un curieux rourorurourou d'ailleurs... Du genre qui donne envie de taper dans les mains et de claquer les talons des poulaines sur les carreaux en se dandinant du derrière.

Il le reconnu immédiatement. "Flamenca", la petite palombe de Shera la bohémienne. Elle a la tête noire, ça lui donne l'air d'une madonne ibérique.


Citation:
18 Avr 2009 22:19 ... c'est que c'est vachement précis, un pigeon quand même...

Chez Izaac,

J'espère que vous estes en cette bonne Genève et que le pigeon vous trouvera de bon matin. Il y a là en effet urgente affaire qui m'amène à vous sans chichis, ni manières.

Je sais que Servane et Fabulous font partis des vostres. Voilà une quinzaine que je n'ai eu vent d'eux. Le combat qui a fait rage à Pontarlier est remonté à mes oreilles, et folle d'inquiétude je décidais de me rendre le plus rapidement possible à Grandson, voire même Pontarlier pour les retrouver.

Je loge actuellement dans une auberge étrange et bien calme, Chez Platon. Je n'ai guère confiance en l'aubergiste qui pourtant vient de me confirmer l'appartenance de Servane à vostre groupe et le fait qu'elle soit en vie.

Auriez vous quelques informations sur les lieux où je pourrais retrouver Servane et Fabulous ?

Bien sûr, je me mets à votre entière disposition en échange de ces renseignements, sans lesquels je ne sais comment survivre.


Dans l'attente de votre réponse,
Nerveusement,


Shera dict la Bohémienne



La dernière fois qu'il avait croisé la petite, c'était aux funérailles de Guillaume et Humbert... Elle voulait être sûre qu'ils étaient morts, ces deux là. Sacré bout de femelle, la bougresse. Elle accompagnait souvent de morbides nouvelles.

Servane, Fabulous... Mon groupe... tsss... Combien de fois faudra-t-il répéter que ceux de Pontarlier était une vaste coalition hétéroclite de combattants en guenilles.

Servane, elle était à Grandson, ça il savait. Tout le monde le savait. Fabulous le comtois, quant à lui... les fribourgeois et les dolois l'avaient laissé étalé sur le champ de bataille devant Pontarlier. Ou il écoutait Aristote lui murmurer ses secrets, ou bien il entendait Kirkwood lui raconter ses pérégrinations. Pas sûr qu'il y gagne à être encore vivant, en fait.


Hop, papier ! Hop, l'encre, allez-zou, je lui réponds ce soir, à la petite.
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P4.
Izaac
[chose promise, chose due]

Citation:
Genève, le 17 avril de l'An de Grâce 1457

Chère Shera,

Chercheriez-vous Servane chez moi que je ne pourrais vous la trouver. On me dit qu'elle vit désormais à Grandson, à l'abri des bonnes lois helvètes. Elle est proscrite en Franche Comté, ch'est con, mais ch'est comme cha.
Quant à Fabulous, ma foi, on me dit qu'il est resté dans un pré. Un trou de verdure où chante une rivière, accrochant follement aux herbes des haillons d’argent ; où le soleil, de la montagne fière luit. C’est un petit val qui mousse de rayons. Le soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, dort. Il est étendu dans l’herbe, sous la nue, pâle dans son lit vert où la lumière pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme sourirait un enfant malade, il fait un somme. Nature, berce-le chaudement : il a froid. Les parfums ne font pas frissonner sa narine. Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Enfin, c'est qu'on m'a dit. Malheureusement, j'ai manqué la Grande Sieste Pontissalienne.

Respectueusement, chère Shéra, vous choierez l'artilleur de ma part, et baiserez Dame Lothilde en félicitation de sa nomination doloise.

Izaac.


Reginae aussi, était partie la veille. Un noir corbeau était venu assombrir le ciel au dessus du Lac. Et le corbac aussi, ça se farcit de mauvaises nouvelles. Décidément, Shera ne manquait pas à sa réputation de Cassandre.
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P4.
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