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[RP] L'heure de vérité!!

Apollina
L'atmosphère était pesante, rassurée par la présence de ses amis, qu'elle savait assez entraînés pour se défendre en cas de besoin, elle s'en voulait malgré tout de les avoir amenés jusqu'ici...Le danger était loin d'être écarté, la rencontre se passait encore plus mal, qu'elle ne l'avait imaginé.
Elle avait envisagé nombre de scénarios, mais aveuglée par la colère, il ne lui avait pas traversé l'esprit une seconde qu'il ai pu la penser morte, et il fallait bien reconnaître que cela changeait la donne.
Mais son esprit est embrouillé, il a réponse a toutes ses accusations, du tac au tac sans hésitation, il contre toutes ses attaques, elle le sait intelligent, mais personne ne peux inventer de mensonges aussi détaillés, aussi rapidement.


Il en rajoute en plus, dit avoir vengé Aelis sa mère, avoir retrouvé les coupables, des gens de son pays, des gens qui comme lui ont le même accent prononcé, que entends que plus que rarement dans le royaume de France. Elle essaie de remettre ses idées en place, de reconstituer le puzzle, sa preuve la plus sure était le souvenir de cette voix, c'est sur elle qu'elle avait fait reposé toute sa haine...
La morveuse comme il dit a eu bien plus qu'une piètre vue cette nuit là, elle ne distingua qu'une silhouette à cheval dans un manteau de pénombre à l'extérieure de la maison. Pourtant tous ces souvenirs de cette nuit là, étaient si clairs, si précis, si vivaces encore dans son esprit, hormis celui ci, le plus précieux.


Déstabilisé, pour la première elle envisagea s'être trompée, peut être n'était ce pas lui, oh biensur qu'il était son père, mais peut être pas le meurtrier. Et s'ils avaient à la fois raison et tord tous les deux, si le temps avait embrouillés certains souvenirs...
Elle secoua la tête essayant de chasser cette idée, il ne la croyait pas idiote au point de croire a toutes les sornettes qu'il débitait, et si ce n'en était pas...


Une chose était sur, elle voyait la colère s'emparait un peu de plus de lui, a chaque mot qu'il lui adressait, la peur l'envahissait, il fallait qu'elle lui prouve au plus vite qu'elle était belle et bien sa fille.
Elle maudissait plus que jamais ceux qui furent ses voisins, les amis de sa mère, qui ne lui facilitait pas la tache, avec leurs mensonges pour sauver leurs peaux. Il va s'en dire, que si au retour de Torvar, ils lui avaient avoués s'être débarrassé de sa fille, en l'envoyant dans un orphelinat parisien, ils auraient eut a craindre pour leur vie. Et maintenant c'était à elle de récupérer les dégâts, crées par leur lâcheté.


La médaille d'Aelis l'avait un peu ébranlé, il avait relâché son emprise, il lui tourné le dos, elle écoutait ces derniers mots qui lui firent tourner les sangs...

Tu doute, tu n'est plus si sur de toi, perdu dans tes mensonges, que tu n'ose même pas me les dire en face...Elle essaya de faire sortir un rire cynique mais sa gorge se serra, sa voix chevrota, elle se reprit vite...Tu me déçois, tu est près a croire des villageois qui te haïsse et te craigne depuis toujours, ils t'ont mentit, ils ont profités de la mort d'Aelis pour te sortir de leur vie, si je n'y étais plus, tu n'avais aucunes raisons d'y revenir...

Une main sur son épaule, elle essaya de le faire tourner vers elle en vain, alors elle le contourna et vint se placer face lui...

Regarde moi, regarde moi bien, dis moi que je ne lui ressemble pas, le pousse le frappant des deux mains sur le torse, ose me dire que tu as si peu de respect pour sa mémoire que tu préfère envisager qu'elle ta menti, qu'elle a eut une enfant avec un autre, alors que vous vous aimiez, sa gorge se serre a nouveau prise par les sanglots qu'elle tente de retenir, plutôt que d'envisager une seconde que je te dis la vérité...ajouta t'elle criant pour garder le peu de contenance qui lui reste.
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« Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures. »
de Francis Bacon Extrait des Essais
Neolonie
Naïves, aucune jugeote... J't'en foutrais!!
Tout semble encore sous contrôle, on sait pas trop pour combien de temps, mais Apo ne se laisse pas démonter, et après tout, c'est à elle de mener la danse, et à personne d'autre.
Les brunes ne sont là qu'en soutien, pas pour foutre l'boxon encore plus, encore que... Tout bien réfléchi, elles sont douées pour ça, et pis elles adorent.

N'empêche que la Sauvageonne continue à prendre son rôle au sérieux. Lorsque le "père" se tourne face à elle, Néo lui tend consciencieusement la fiole de prune qu'il avale comme du p'tit lait, bien dommage, elle aurait aimé s'en mettre elle aussi une lampée dans le fond du gosier.

Les onyx restent bloqués sur la lourde dague qui est posée sur le comptoir, pas du travail d'amateur, le manche est poli par les doigts qui l'ont saisi maints fois.
Une arme pour le corps à corps, le bourru aussi en avait quelques unes dans sa ceinture, qu'il lui faisait aiguiser aux veillées. Inutile de songer à l'approcher, elle se doute bien que le mercenaire repérera le moindre mouvement, et puis elle est trop lourde pour elle, et s'encombrer d'un outil inefficace est de la dernière stupidité.

Apo tente de se faire entendre, ou voir, ou les deux, mais autant causer à un mur, encore que le mur pourrait se fendiller lui.
Elle aurait pu sourire de l'obstination masculine si l'instant n'était pas si grave. Il en faut encore beaucoup aux hommes pour arriver à faire taire les femmes, et les éviter n'est pas la meilleure solution.

Bien, donc la face de carême près de la porte ne moufte plus, Kachi a les émeraudes qui étincellent à force de contenir sa colère, Apo elle retient ses larmes, et l'homme accoudé au comptoir arbore la tête d'un prisonnier qui apprend qu'il vient d'en tirer pour un siècle.
Mais oui, faut garder espoir, on sortira tous vivants de c'trou à rats. Bon, niveau mental, y a rien de garanti.

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Kachina
"- Demain je vous annonce qu’on est frère et vous gobez tout ? Vous êtes bien des femmes, naïves jusqu’au bout des oncles et aucune jugeotte…"

Elle réplique avec une moue dédaigneuse , d'une voix tranchante :

- Un frère, j'en ai déjà un ! Et c'est pas vraiment un cadeau !

A cet instant, la Brune n'a qu'une envie........ou plutôt plusieurs. S'emparer du tisonnier, embrocher l'homme de main du père de Torvar et faire perdre sa superbe au cosaque.

- Dites moi , pourquoi les hommes veulent -ils absolument que les femmes soient idiotes ? Une façon de se rassurer ?

Elle c'est la présence de la Sans Coeur qui la rend forte. Et ce regard que Néo porte sur la lame posée sur le comptoir. A nouveau les émeraudes croisent les onyx, se parlent sans un mot. Elle laisse échapper un nouveau soupir agacé .
Peut-être que oui, finalement ça les rassure de les croire sans cervelles.

Mais la colère qui sourde en elle, laisse vite place à un sourire moqueur qui vient se perdre sur ses lèvres.
L'homme s'agace, il n'en devient que plus vulnérable.
Elle a appris à garder la tête et le coeur froid quand le danger menace. Ne jamais laisser la colère l'envahir. Observer l'adversaire, voir en quelques instants ses failles, ses faiblesses. Celui là a le sang chaud. Il s'emporte facilement. Elle songe à le narguer, le faire sortir de ses gongs. Mais il y a Apo.

Qu'il les pense donc naïves, il n'en sera que plus étonné quand elles deviendront féroces.

Pour l'instant, l'heure est à dire et écouter. Elle laisse Apo parler, mais sa main à présent saisit fermement le tisonnier qu'elle dissimule derrière son dos. Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre et l'homme en face d'Apo semble embourbé dans un passé auquel il croit dur comme fer . Sauf qu'il ne peut y avoir deux versions différentes. Quelque chose ne tourne pas rond dans l'histoire. Et si Kachi a appris à connaitre Apo, qu'elle lui voue une confiance sans failles, le géant semble sincère lui aussi.

La Louve essaie à travers leurs mots, de revivre à leur place cette nuit d'encre. Nuit de cauchemar, ces heures où d'un coup tout bascule. Elle a déjà connu ça, un soir de novembre à Saumur. A cet instant, elle comprend que ni le père, ni la fille ne sortiront indemnes de cette nuit. Le sang ne coulera peut-être pas, mais il est des blessures plus terribles....Si Apo a raison, Torvar n'est qu'un nuisible à écraser comme un vulgaire insecte. Si l'homme dit vrai..........

La Louve devine une autre histoire bien plus sombre.....Si l'homme dit vrai, quel est le responsable qui a fait que le père a été si longtemps séparé de sa fille ? Et comment effacer en une seule nuit tous ces jours sans l'autre ? Elle s'entend dire d'une voix douce :


- Apo ? et s'il disait vrai ? S'il y avait une autre vérité ? Si tu n'avais pas compris cette nuit là ?
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Guibin


L’ancien garde regarde la donzelle tout aussi dédaigneux qu’elle, au jeu de l’intimidation il sera grand gagnant, des années de pratique en tant que chef gardien au purgatoire, à casser, briser les volontés ça vous rempli le Curriculum Vitae pour la vie.

"Simple femme, ben tiens et moi j’suis l’pape assurément."

Elle veut lui faire croire ça la greluche, elle est bien mal tombée, il n’a rien d’un perdreau de l’année tout juste tombé du nid. Une simple donzelle, des simples femmes, mais oui bien sur, logique tous les jours, ça tend un piège à son paternel pour lui parler, c’est tellement courant qu’il n’y avait pas pensé ! Et la bourgeoise du coin, menacée par une arme, ça cherche dans son jupon, par réflexe, son flacon de sels, bien entendu. Est-il bête aussi ! Le sourire est sarcastique, ironique. La lame toujours bien avancée. Une fille, une autre qui connait Torvar, il le savait que ça puait l’embrouille. Ca pue toujours l’embrouille avec les donzelles.

Elles savent pas faire simple, des fesseuses d’emmerdes, sans compter que ça cause le plus souvent pour ne rien dire ou alors des conneries plus grosses qu’elles. A croire que ça ne réfléchi pas avant de parler, il en a pas croisé beaucoup dans sa vie qui en aient sérieusement sous le crane, des brins d’étincelles parfois et encore.

Il assiste à l’échange stoïque, un peu peiné pour son ami et tout ce passé qui remonte, jusqu’à ce que la pseudo bourgeoise qui connait Torvar se remette à l’ouvrir. "Déos préservez nous, faite la taire". aussi réplique-t-il à la suite.


"Parce que vous l’êtes idiotes ! Non mais, faut l’être pour s’amener la bouche en cœur cracher ce que l’on pense être une vérité, le tout parsemer de reproches et d’accusations, sans compter le prétexte fallacieux pour lequel vous avez fait venir Torvar ici et penser qu’il va prendre vos dires comme paroles d’Aristote. Vous avez quoi dans la caboche ? A croire que c’est rempli de vide . Et pour la gouverne, on s'en fou que t'ais un frère, c'était pour l'exemple, idiote."

Et blablabla, ça commence à lui vriller le crane, et la "fille" qui comprend tout à coté et de travers, donnant à son ami des paroles qu’il n’a pas prononcé ou laissé entendre, des paroles auxquelles, l’ancien garde en donnerait sa main à couper, le cosaque n’a même jamais pensé : remettre en cause la fidélité de sa compagne de l’époque.

"Torvar. J’crois qu’on a assez entendu de conneries, tirons nous. Laissons les à leurs délires."

La petite brune émet bien une hypothèse un peu plus intelligente sur la fin, il y a peut être la lumière qui se balade de temps en temps sous cette caboche finalement. Mais un peu tard à son gout. Il pousse la table, libérant la porte mais la bloquant toujours de sa carrure, il attend la décision du cosaque. Après tout c’est lui le chef là.
Torvar
Torvar l’avait laissé dire. Il n’y avait rien de plus exaspérant que d’essayer de fermer le clapet à une donzelle qui était partie pour une tirade. Elle vous rabrouait, elle vous obligeait à écouter, elle vous coupait la parole… Et en fin de compte on n’y gagnait absolument rien. Donc Torvar l’écouta, en soupirant de temps à autre. Il y avait des bornes à ne pas dépasser et surtout des plates-bandes à ne pas piétiner. Torvar en était arrivé à ce triste constat. Le même que son vieil ami Guibin qui faisait entendre sa voix.

Prenant son verre, il le descendit d’un trait avant de le balancer à travers la pièce histoire de se défouler puis son regard se posa sur Apollina. Elle disait qu’il doutait, elle disait qu’il mentait, elle disait… en fait, il avait tous les torts et elle, elle était la seule à avoir souffert de cette foutue situation… Pauvre gamine qui n’avait finalement rien appris de la vie… Torvar planta ses pupilles à la couleur de l’acier dans celles de son enfant, son regard ne silla pas mais les traits de son visage accusaient les années de tortures et de solitude dans ce monde qu’il avait bien du mal à saisir désormais.


- Tu lui ressembles… bien entendu que tu lui ressembles. Mais comme toi qui ne veux pas croire que je ne suis pas responsable de la mort de ta mère, je ne veux pas croire que tu es ma fille… Apollina est morte cette semaine-là… morte parce que je n’étais pas là pour la protéger et tu auras beau crier que tu es ma fille, je ne suis pas obligé de te croire. Et cela n’a rien à voir avec le doute, avec la peur ou ce que tu vas encore imaginer…

Torvar remit sa cape correctement sur ses épaules tout en redressant le torse. Il y avait tant d’années qui s’étaient écoulées, tant de choses qu’il avait vécues. Les cauchemars qui avaient remplacés la douleur d’avoir perdu des êtres chers… Jamais elle ne pourrait comprendre, jamais elle ne pourrait savoir ce que c’était de ne plus se sentir vivant. La seule chose qui l’avait maintenu en vie à l’époque c’était l’assurance de faire payer le clan de l’Est, de les retrouver un par un et de les étriper comme il savait si bien le faire. Et depuis, il n’avait plus jamais accordé son pardon ni même ses sentiments à quelqu’un. Le cosaque avança d’un pas dans la direction de Guibin, lui faisant signe qu’il avait raison, le temps était venu pour eux de tirer sa révérence. Toutefois, Torvar se retourna vers Apollina qui vivrait encore des années avec la haine de ce père qu’elle estimait responsable de tant de malheur. Le malheur qu’il savait si bien offrir aux autres le cosaque. Prenant une profonde inspiration, il leva la tête avec toute la fierté qu’il avait toujours eue.

- Arrête de vivre dans ton passé petite fille. Arrête de croire qu’il n’y a que toi qui ait souffert de cette tragédie. Je te fais un présent aujourd’hui. Je t’offre le moyen de te reconstruire en oubliant que ton père a existé… Ma femme est morte, ma fille a péri, fais-en de même. Oublie. Il n’y a plus rien à dire ou à faire de cette histoire. Les responsables sont morts. Voilà ma vérité, la mienne. Tu t’es construit la tienne… et je ne peux rien pour toi puisque tu ne veux pas admettre que les autres disent aussi la vérité… chacun la sienne…

Puis Torvar tourna les talons. Il savait que Guibin surveillait ses arrières alors il s’avança vers la porte et l’ouvrit à toute volée en sifflant afin d’appeler leur monture. Vorobei saurait venir seul et la vieille carne de Guibin suivrait le mouvement. En passant devant le vieux gardien, tout en faisant un signe de tête, il lui lança.

- Viens mon ami, on n’a plus rien à faire ici. Tu avais raison, on n’aurait jamais dû poser les pieds dans cette auberge…

C’était la fin. Celle choisie par Torvar. On ne lui avait pas laissé le choix du début, il mettait lui un point final à toute cette histoire. Sa fille ne voulait le croire, il ne reviendrait pas sur sa décision. Après tout, à son âge, elle n’avait pas besoin de lui pour survivre. Elle s’était trouvée une famille et quelle famille.
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Une idée, une envie d'un RP ? N'hésitez pas, un MP.
Apollina
Torvar remettait sa cape, l'acolyte dégageait la porte , seule sa carrure protégeait à présent la porte, mauvais signes s'il en est. Ce dernier cherchait à mettre le feu aux poudres, à en croire les propos qu'il adressait à Kachi, elle savait la louve capable de sang froid, mais il ne fallait quand même pas trop la chercher. Apo n'avait pas vraiment le temps de s'attarder sur eux, les minutes lui semblaient comptées, l'impatience gagnait son interlocuteur, mais il était hors de question de laisser Torvar partir, elle avait attendu ce moment trop longtemps.

A un moment, alors qu'elle l'écoutait, l'envie de lui planter sa dague dans le cœur l'empara à nouveau, néanmoins elle renonça, d'une part son père est un mercenaire avec une grande expérience qui la tuerais avant même que sa dague est quittée sa ceinture. Et d'autre part parce qu'elle avait désirée sa mort pendant tant d'années, imaginant maintes situations, mais dans toutes, elle était face a lui quand il mourrait, elle voulait qu'il sache que c'est elle qui tiendrait la lame.

La sérénade du père éploré, l'avait ébranlée un instant, c'était la première fois depuis la mort de sa mère qu'elle pleurait, et le responsable était le même, lui même avait admit qu'Aelis était morte par sa faute, parce qu'il n'a pas su protéger sa famille, de ses ennemis, qu'il les disent morts n'y change rien.

Il ne voulait la croire, pourtant il était là à se défendre devant celle qu'il dit considérer comme une inconnue, il l'a laissé parler, la écouté, et ses mots à lui aussi ont changés, il semble plus aussi sur de lui, de sa vérité. Ses sentiments sont mélangés, s'accroche t'il à sa vérité, pour ne pas avoir à repenser à ce passé, qu'elle a déjà bien remué, considérant sa vie bien plus simple avec une fille morte et enterré, ou joue t'il un jeu, odieux, certes mais le jeu d'un père, bien trop content de ne plus avoir de famille sur le dos, qui cherche a fuir.
Dans un cas comme dans l'autre, ça montrait bien son manque de capacités à avoir des sentiments humains, elle n'avait pas le souvenir d'un père aimant et attentif, au moins de ce coté là elle n'avait aucune surprise. Les souvenirs qu'elle avait de lui pendant son enfance était bien rares, il n'avait jamais brillé par sa présence, ni par ses preuves d'amours. Ça tombait bien elle n'était pas vraiment là pour lui sauter au cou, ou alors si mais dague à la main.

Ils en étaient à un point, où les choses étaient encore plus embrouillées, où elle avait plus de questions que de réponses, non décidément, elle ne pouvait le laisser partir. Bien consciente de ne tout pouvoir résoudre ici même en un instant, elle ne pouvait pourtant pas s'y résoudre, cela revenait à abandonner et elle en était bien incapable. Il lui faudrait à nouveau fendre sa carapace, faire en sorte que ces mots l'atteigne une nouvelle fois, le provoquer mais sans trop, trouver la juste dose, attirer a nouveau son attention sans le faire sortir de ses gonds.
Il avait un instant avant, posé les armes, sa dague était resté sur le comptoir, à portée de main certes, et cela n'était sans doute pas sa seule arme, mais le geste était significatif, il ne voulait peut être pas la croire, mais ne semblait pas prêt non plus à la faire taire pour de bon.
Profitant du doute qui semblait s’être malgré tout s'insinué dans la tête de Torvar, elle essuya ses yeux, et d'une voix se voulant sure, elle jeta ses dernières cartes.


Il est donc plus facile de tirer un trait sur le passé, tu est au courant que là on ne parle pas d'un de tes nombreux contrats de mercenaire, où tu te fiche pertinemment des conséquences une fois ton travail accompli. Je te parle de ta chaire, de ton sang... Qu'il en soit ainsi, part si tu veux, part sans te retourner, sans te poser de question, si tu pense a nouveau pouvoir oublier, après tout tu n'a rien a craindre de moi puisque je ne suis qu'un fantôme du passé...Je me demande juste pourquoi tu est resté jusqu’à maintenant, pourquoi tu m'a écoutée, pourquoi donner de l'importance à mes paroles et me répondre...?

Espérant avoir son attention un instant encore, elle reprit ses paroles, il ne voulait croire qu'a sa vérité, très bien, mais cela ne le déculpabilisait pas pour autant.

Et surtout ne me demande pas d'oublier!! De croire que tu n'est pas responsable de sa mort!! Peut être que les circonstances ne sont pas tout à fait ce que je pensais jusqu'a présent, il n'en reste pas moins vrai que si ses hommes étaient là, c'est pour toi, par ta faute... Je ne vais pas te laisser partir, sans rien dire, parce que tu l'as décidé... Tu veux m'offrir quelque chose, alors offre moi la vérité, accorde moi quelques instants de plus. Et ensuite...

Ils s'étaient l'un comme l'autre forgés leur vérité pendant ses années écoulées depuis la tragédie, ou animés par la haine ils avaient cherché à se venger. Si ses dires étaient vrais, lui avait dépassé cette étape, il pouvait chevaucher en paix, continuant sa vie, comme il l'avait toujours fait.
Pour elle il en été autrement, pas question de se poser en martyre, elle avait entendu des histoires bien pire que la sienne, mais pour autant cette soif de vengeance ne l'a quittée plus depuis des années, elle l'habitait tel un passager noir, qui la guidait, le maintenait debout.
Souvent ont lui avait répété d'oublier, de tirer un trait, de passer à autre chose, c'était si simple à dire, et lui semblait si insurmontable à faire.
Ce temps là n'était pas venu pour elle, elle voulait des réponses, et la seule personne capable de les lui donner se tenait là devant elle, prêt a tourner les talons, et il y avait fort à parier que s'il passait la porte, elle ne le reverrait pas de si tôt.

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« Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures. »
de Francis Bacon Extrait des Essais
Torvar
Il était revenu sur ses pas parce qu’elle assénait chaque coup comme une vérité, sa vérité et qu’il en avait marre d’entendre parler du passé. Que voulait-elle donc cette petite ingrate ? Qu’il lui dise quoi, qu’il lui rappelle quoi, qu’il fasse quoi ? Elle était en vie, elle devrait déjà dire merci plutôt que de geindre sur le passé qui avait vu la mort de sa mère la rendre orpheline. A tout prendre, Torvar l’aurait sacrifiée elle plutôt que sa femme.

D’un mouvement vif, le cosaque s’était donc retourné pour venir se planter devant elle, rejetant sa cape en arrière, sa dextre venant se poser sur le tissu plus ou moins de bonne facture de la tenue de sa fille, la saisissant avec vivacité, approchant ainsi son visage du sien.


- Tu veux que je te dise quoi encore Apollina ? Que je te demande pardon pour ce qu’il s’est passé aussi ? Ne rêve pas… la mort de ta mère est douloureuse pour toi tout autant que pour moi mais on ne peut plus rien changer à cet état de fait ! Aelis connaissait les risques de vivre avec moi, elle les avait acceptés. Tu crois que je ne l’avais pas prévenu ?

Torvar laissa un rire mauvais s’échapper de sa gorge tout en se reculant légèrement sans pour autant la lâcher.

- Je ne suis pas de ces jeunes freluquets qui cachent leur véritable existence à leurs proches. Chaque femme qui m’a côtoyé à toujours su ce que je faisais. Et ta mère plus que toute autre ne voulait pas me laisser partir. Elle se disait forte, prête à affronter la folie qui, un jour, s’abattrait sur nous… Parce que dans ce métier, tu ne te fais que rarement des amis…

Le cosaque tourna son visage vers Kachina et d’un air dédaigneux redressa le menton. Les autres ne moufetaient pas, trop heureux sans doute que tout se passe entre elle et lui. Des amis… il n’y en avait pas dans ce métier, un jour ou l’autre, ils vous plantaient un couteau dans le dos… Il n’y avait que ceux que l’on appelait « des frères » et qui eux étaient sincères mais il n’y en avait pas beaucoup dans une vie… Bref, Torvar revint à sa fille qu’il bouscula légèrement afin qu’elle recule un peu… quelques pas histoire qu’il l’impressionne encore de par sa détermination.

- Tu dis que tu mérites la vérité sur cette histoire alors que tu n’as pas eu la franchise de venir seule et surtout de tendre un piège afin de la connaitre cette putain de vérité ? Tu te fous de qui Apollina ? Tu n’as aucun respect pour les gens et encore moins pour le passé ! Tu déterres comme un chien de vieilles histoires pour ta propre satisfaction mais la compassion de ceux qui ont souffert tu en fais quoi ? Tu crois que tu es la seule à avoir eu mal, tu crois que tu es la seule à te dire que plus jamais tu ne la reverras ? Tu n’es qu’une égoïste sans cœur !

Torvar la lâcha à nouveau, brutalement en la repoussant en arrière. Cette fois-ci il avait atteint le point de non-retour, sa colère était montée d’un cran. Il avait passé des années à enterrer tout ceci, à faire son deuil comme on dit mais elle, elle déboulait dans sa vie avec ses gros sabots, s’entourant d’une petite bande de vilains qui lui avaient sans doute jetés de la poudre aux yeux, lui faisant croire que c’était ça la belle vie… Il avait le cœur aux bords des lèvres. Elle devenait ce que ces types avaient été quand ils étaient venus mettre à sac la maison et tuer Aelis… Des brigands de bas étage qui un jour tuerait pour retrouver leur butin.
Posant sa main lourdement sur le comptoir, il prit la dague qu’il avait laissée. Fermement, il en tenait le manche et vint se planter à nouveau devant elle.


- Tu transpires le besoin de vengeance Apollina, ça se sent à des lieues…. Alors tu veux mon sang sur tes mains, c’est ça que tu espères ? Tu le veux réellement ?

Torvar approcha sa lame de sa main et fit une belle entaille dans le creux de celle qui était libre avant de ranger le poignard à sa ceinture. Puis il saisit les mains de sa fille et les serra dans les siennes.

- Je t’offre mon sang Apollina parce que quoi que tu fasses, quoi que tu dises, quoi que tu penses il coule déjà dans tes veines… Tu es de mon sang et maintenant tu l’as sur tes mains… regarde-le bien et prend du courage, de la volonté, endurcis-toi et le jour où tu en seras capable, vient me planter ta lame directement dans le cœur mais n’oublie pas une chose petite fille, le jour où tu me tueras, une partie de toi mourra… Plus jamais tu ne pourras revenir en arrière… Es-tu prête à ce sacrifice ? Ou bien espères-tu qu’une bonne âme le fera à ta place afin de ne pas te salir les mains et le cœur ?

Enfin il se tourna pour rire. De ce rire grave et suave qu’il gardait pour les occasions rares car au fond de lui résonnait toute une tristesse et un goût amer d’une fin qui s’annonçait.

- Va jouer dans ta cour Apollina… va jouer avec ceux qui sont tes amis et qui se prennent pour des grands… Tu as encore beaucoup de choses à apprendre mais sache une chose, tu deviens comme ceux qui ont tué ta mère… Un jour qui ne sera pas fait comme un autre, tu tueras sur l’ordre de quelqu’un pour récupérer un bien qui n’a aucune valeur sauf pour une personne… Tu n’avais aucune importance à leurs yeux, ils le savaient. Si tu avais été un garçon, là peut être qu’ils t’auraient enlevé pour t’élever comme eux mais une fille… une fille est réduite en esclavage dans mon pays alors ne vient pas te plaindre, tu aurais fini dans un bordel à trimer jour et nuit pour le plaisir des salopards qui cette nuit-là t’ont laissé la vie sauve… Maintenant, tu m’excuseras mais fini de jouer… le premier qui approche finit embroché…

Et dans l’instant même où il disait ces mots, Torvar sortit son épée puis se dirigea vers son vieux complice. Elle pouvait faire des pieds et des mains la jolie brune qui lui servait de fille, cette fois-ci Torvar sortit sans se retourner. Vorobei l’attendait et il grimpa sur son dos. Un claquement de langue et le cheval s’élançait au galop. Le cosaque partit sans se retourner, tout ceci n’était plus son histoire.
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Guibin


Et le vieux garde surveilla les arrières, il est là pour ça, la main sur la garde de son épée, bien en vue. Il a appris à n’être jamais trop prudent, surtout lorsqu’il s’agit de donzelles. Oui une fois encore ça se vérifiait , elles attaquent en douce, elles font leur coups par derrière, et après elles pleurent qu’on ne leur fait pas confiance, qu'elles sont trahies et j'en passe. Sale engeance! Perverties dès la naissance. Il n’en a pas croisée une seule d’honnête et de franche jusqu’à présent. Que Dieu le prenne en pitié… qu’il n’ait jamais de filles, ou si par malheur il en a, qu’elles ne viennent jamais se rappeler à lui ! Il n’aurait pas la même patience que Torvar.

Les donzelles ne semblent pas bouger, et s’en est presque dommage, il leur aurait bien donné une leçon, doublée d’une bonne fessée. Sourire carnassier. Oui une petite fessée, doublée de quelques coups de rein bien amenés. Ca lui aurait bien plus.

Au sifflement de Torvar, les deux montures répondent, la sienne connaissant la musique a suivi, il en reconnait le cataploc cataploc entre milles, pour autant il ne se tourne pas. On ne tourne pas le dos à l’ennemi surtout lorsqu’il porte un jupon. Une bête fidèle sa vieille carne, comme il se plait à l’appeler, c'est qu'elle est un rien exigeante et à ses habitudes.

Et voilà que fifille à son papa cause encore. Ca ne sait pas se taire. Mais alors pas du tout. Il lui en collerait bien une. Mais elle n’est pas sa fille. Pas à lui de gérer ça, alors il moufte pas le Guibin. Il se tait et observe les autres, il observe la scène. Il observe son vieil ami revenir vers sa progéniture. Celle qu’il finit quand même par considérer comme sa fille. Les liens de sang sont-ils forts ? Font-ils la famille ? Permettent-ils de tout effacer et de recommencer ce qui n’a pu être ? Question qui ne seraient jamais venues à l'esprit s'il ne se passait pas ce qui se passe dans cette taverne. Le vieux garde n’en sait que dalle et s’en tapouille totalement. Il n’a pas eu de famille, n’en a pas voulu, se trainer des gosses et une gonzesse, non merci. Il n’est pas concerné. Mais si on lui en causait, il dirait que non, au vu de ce qu’il voit. Ca complique les choses la famille. Ca vous pourrit la vie. Vous emmerde quand vous voulez être tranquille. Et ça oblige à déterrer les vieux cadavres des placards. Les siens resteront bien enterrés.

Dernières paroles, derniers adieux. Torvar sort, et lui à sa suite. Une caresse à l’encolure de sa vieille carne alors qu’il la monte, une pression des genoux sur ses flans et le voilà parti lui aussi. Fin de l’histoire, ils vont retrouver « Porte-poisse », il lui remettra sa part, ils iront tous boire un coup de gnole dans une taverne digne de ce nom et trousser une ou deux donzelles pour se détendre. Chouette programme à venir...
Apollina
Tout avait commencé dans le sang de sa mère, et à présent celui de son père recouvrait ses mains. Elle l'avait regardé partir impuissante, un tel mur de haine les séparaient à présent, qu'aucune discussion n'était possible, ils n'étaient plus que des étrangers, l'un pour l'autre. Il n'y avait de toute façon plus grand chose a dire, son acte en disait long...il lui tournait le dos.

Elle avait souhaité sa mort plus que tout au monde, le pensant coupable de la mort de sa mère et de l'avoir abandonné. Mais elle s'était trompée, elle devait bien le reconnaître. La partie était finie depuis bien longtemps, alors qu'elle parcourait le royaume en quête de vengeance, les coupables étaient déjà morts et le responsable avait fait son deuil sans avoir la moindre étincelle de mauvaise conscience.

Son père lui avait accordé quelques minutes de plus, pour le meilleur et pour le pire, il l'avait saisit, secoué, repoussé. La lame de sa dague avait mordue sa peau à travers le tissus de sa chemise, laissant deux empreintes dans ses chaires, sur son ventre. Il lui avait vociféré sa haine, ses gestes en disaient aussi long que ces paroles, il ne voulait pas d'elle dans sa vie, il ne voulait pas d'un passé trop encombrant en sentiments, trop douloureux.

Oh biensur sa méthode n'avait pas brillé d'ingéniosité, commençait sur un mensonge ne s'était pas avéré être le meilleur idée qui soit, mais qu'aurait'elle du faire, qu'aurait elle pût faire? Un courrier envoyé par une morte, n'aurait certainement pas eut de réponse. Mais peu importe seul le résultat compte, et même si elle avait de nouvelles questions, elle avait aussi eut des réponses.
Mais, non elle ne déterrait rien, On ne peux déterrer que ce que l'on enterre, et elle n'avait jamais réussit à oublier. Cela n'était pas une vielle histoire, c'était son histoire, qu'elle revivait nuit après nuit depuis des années. Et c'était elle la sans cœur, l’égoïste, lui qui avait cru si facilement à sa mort, qui s'en était satisfait, pour mieux oublier.

Pétrifiée par la peur, bouillonnante de colère, elle l'avait écouté déverser sa haine, il la haïssait de réveiller le passé, autant qu'elle le haïssait depuis des années. Les mots étaient plus tranchant les uns que les autres, il la mettait au défi, la poussait dans ses retranchements, crachait sur ce qu'elle était devenu, sur ces amis, il l'attaquait dans sa fierté, appuyant la où ça fait mal. Sorte de dernière mise en garde, d'un père à sa fille, avant de disparaître à nouveau de sa vie, en s'assurant qu'elle n'ai aucune envie d'y revenir.

[...]

La jupe rouge et la chemise ensanglantées, remisées au fond d'un coffre, elle avait longuement frotté ces mains à l'aide de savon, le sang incrusté sous ses ongles résistant à la brosse. Elle s'était mordu la lèvre, pendant qu'elle appliqué un baume confié par Kachi sur ses plaies, la lame de son père, avait laissé sur son ventre, au dessous de ses cotes, deux empreintes rouges horizontales, bien distinctes, se chevauchant, presque en leur milieu.
Ses blessures pansées, elle avait longuement pleuré de rage, d'incompréhension, faisant les cents pas dans la chambre de l'auberge, réfléchissant aux événements de la soirée, une bouteille d'armagnac à la main, buvant à même le goulot, jusqu’à ce que son cerveau imbibé d'alcool rend l’âme, et qu'elle tombe inerte sur la couche.

Au matin, son cerveau ressemblait à un énorme champs de bataille, le premier qui lui parlerait d'alcool, risquait bien de la voir se soulager l'estomac, sur ses chausses. Elle ne parlerait pas de la veille non plus, ou qu'à demi-mots, elle même ne savait quoi en penser.
Une chose était sure, elle pouvait vérifier une partie de l'histoire que son père lui avait raconté, alors sans attendre une missive était partie à destination de son village d'enfance, demandant sous couvert d'une recherche d'héritiers, des renseignements sur elle même et sa mère.

Elle attendit de longs jours, la réponse qui tarda à arriver, et elle confirma les dire de son père. Le Maire actuel, lui faisait répondre par un préposé que le village était trop petit pour avoir l'utilité d'un registre, qu'il fallait comprendre qu'après tout, tout le monde connaissait tout le monde. Et que renseignement prit il s'avérait qu'effectivement Apollina la personne en question, était belle et bien morte, en foret, quelques jours après l’assassinat de sa mère.

Cinq, cinq petites années, ils leur avaient fallut pour croire à leur propre mensonges, pour faire de cette vaste tromperie, la vérité. Jetant le vélin en boule sur le sol, elle s'était dit qu'un de ces jours elle irait bien là haut en égorger un ou deux pour leur faire payer leurs mensonges.

Elle n'était plus... ni a leurs yeux, ni à ceux de son père, son cœur avait cesser de battre en même temps que celui de sa mère, et à présent, elle se savait morte dans le leur, la boucle était bouclée.
Morte dans le sang de sa mère, elle renaîtrait par celui que son père lui avait offert.
Elle retiendrait de cette rencontre, que la vengeance est mauvaise conseillère, et qu'il faut savoir tirer un trait sur le passé.

Elle irait de l'avant, elle se l'était juré, mais si un jour elle était amené à le recroiser, il n'était pas dit qu'elle ne suivrait pas ses conseils, il faisait à nouveau partit de son présent, cela ne serait pas transgresser la règle.

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« Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures. »
de Francis Bacon Extrait des Essais
Maryah
Il était temps, grand temps. Bien sûr, qu'elle s'était promis de ne pas laisser Torvar redevenir une bête ... voir moins que ça. Bien sûr, elle comptait sur Théodrann et sur ce qu'il pourrait lui apprendre d'Apollina. Mais les sautes d'humeur du Cosaque se faisaient de plus en plus rapprochées, et Maryah sentait qu'il ne tarderait pas à se débarasser d'elle.
La Fin justifie les Moyens.
Elle avait donc mis les raclures de la Cour des Miracles sur le coup. Avec quelques écus, ils étaient partant pour tout et n'importe quoi. Et hallelujah, la "petite" Apollina avait laissé des traces que certaines vieilles connaissances de Maryah ne pouvait rater. Là bas tout s'achète, de l'amour à l'amitié, en passant par la trahison. Aussi, deux jours plus tôt, elle avait reçu une missive lui indiquant où trouver la demoiselle ... la voleuse si elle avait bien tout compris.
La veille, la rencontre avec la "noire" Eulalie, et l'accès de colère de Torvar n'avait plus laisser aucun doute à Maryah. L'homme semblait cacher sa peine dans son silence et sa légendaire froideur. De ce qu'elle savait, il avait eu trois filles, de mères différentes, et deux étaient mortes. Apollina était la survivante, et c'est donc tout naturellement que Maryah, comme à l'accoutumée, mit les pieds dans le plat, sachant pertinemment qu'elle risquait sa vie sur ce coup là. Elle y avait longuement réfléchi, mais qu'avait elle à perdre ? ...


Citation:
Apollina,

Parait qu't'es passée par la cour des miracles, moi aussi, alors même si on s'connait pas, on va s'permettre de se tutoyer. Tu m'connais pas encore mais j'ai une faveur à te d'mander ... si tu pouvais éviter d'saigner mon messager qu'y a mis des jours à te r'trouver, ça m'ferait chaud au coeur.

Bon v'nons en au fait. Moi c'est Maryah. Et j'viens te parler d'ton fichu père, le cosaque Torvar. Y a un bon mois ou plus, j'l'ai engagé pour une mission d'escorte et on a un peu parlé. Bien sûr, il est froid, distant, méfiant, toujours sur la réserve, mais j'ai pu comprendre un p'tit bout de son histoire.
J'ai aussi compris qu'il avait arrêté d'aimer l'jour où il a perdu ta mère. D'puis, il est incapable de s'attacher à qui que ce soit. Il a peur que les gens de son entourage meurt comme Elle. Il a connu d'autres femmes, et j'ai appris par hasard qu'il avait eu deux autres filles. Elles sont mortes, les deux. Il n'reste que toi Apollina ...

Ouais j'sais ... tu te dis de quoi elle se mêle celle là, elle connait rien, qu'est c'qu'elle me veut.
Bah d'jà y a l'orpheline en moi qui te parle. On a crevé mes parents sous mes yeux, et si j'avais la chance d'avoir un parent vivant à c't'heure ci, j'laisserai pas ma chance s'en aller. J't'assure écoute moi ... Il est ton père, tu es son sang et sa chair.
Y a l'parent qui parle en moi aussi. Crois-moi, y a rien qui rend plus dur que d'perdre ses enfants, que d'pas partager leur vie. Alors certes, on sait p't'êt'pas faire, mais on apprend. Et si tu es là, il apprendra.

Apollina ... il a besoin de toi, de ta présence, de ta jeunesse, pour croire en l'amour, pour oublier tous ces crimes. Quoiqu'il dise, ou plutôt ne dit pas d'ailleurs, il a besoin de toi pour se savoir Homme, et père.
Et toi, tu peux faire tout ça.
Et toi, n'as tu pas envie d'un père ? Un repère ? Un témoin qui te parlera de ta mère, de toi, de l'envie qu'ils avaient de t'avoir, du bonheur de te mettre au monde, de tout l'amour dont ils t'ont porté ? Une sécurité, un costaud sur qui te reposer, capable de veiller sur toi quand tu ne le peux pas ?
Un père avec qui apprendre, partager, sourire, râler, courir, pleurer ?
Un père avec qui te découvrir tout un tas de points communs ?

T'as bien l'droit d'savoir d'où tu viens et qui il est. Si j'ai pu éveiller une once de curiosité en toi, écris moi Apollina, pour toi, pour lui, et au nom de toutes ces familles brisées.
Le Messager ... remets lui ta réponse, il saura comment me trouver.

Ton père et moi sommes en route pour le Béarn, je le ramène près de son ami Theodrann.
Ton père est ... souffrant. Réponds-moi avant qu'il ne soit trop tard. J'ai bien peur que ces jours soient compté. Enfin, je ne veux pas t'alarmer. Il est solide ... mais ne tardes pas trop.

Maryah



Maryah s'assura que Torvar n'entre pas. Il pourrait la tuer pour ce genre de choses qu'il lui avait bien entendu interdit de faire. Mais elle ne pouvait pas rien faire, et le laisser se détruire jour à jour ; le laisser tomber dans cette sphère d'inhumanité, de profond désespoir. Il avait encore tant de choses à vivre, à voir.
Elle relut les dernières phrases, pesant ce que lui coûterait son mensonge. Faire passer un homme de vie à trépas, pour rameuter la famille, pas sûr que ce soit un bon choix. Quoiqu'il serait toujours grand temps de disparaitre et laisser la vie les réconciler.
Forte de cette idée, elle ferma le pli et le tendit avec une généreuse somme au messager.

Adviendrait ce que pourrait ...

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Apollina
La jeune mercenaire avait décidé de tirer un trait sur le passé, y compris sur son père, mais c'était sans compter, sur ce dernier qui revenait sur le devant de la scène par l'intermédiaire d'une autre ombre du passé. Rien ne sentait bon dans cette histoire, quand le passé commence à s'entrecroiser et a venir foutre le bordel dans le présent, ça a toujours tendances a laisser des traces indélébiles. Leur dernier contact s'était fini dans le sang, au moins celui ci se ferait à la plume, plutôt qu'au fer, il y avait déjà une avancée. Le hic était que cette prise de contact n'était de leur fait, ni à l'un ni à l'autre. Et si il a bien une chose qui agace Apollina, se sont les personnes qui se mêlent des affaires des autres. Il est donc facile d'imaginer, qu'elle fut sa réaction à la lecture de la missive de Maryah. Dans un premier temps, elle faillit ne pas suivre la première requête et tordre le cou du messager, au lieu de ça, elle était partit noyer sa colère dans l'armagnac du vieux Boul. Elle réfléchit longtemps à savoir si cela était une mauvaise farce, si cette lettre méritait réponse. Elle avait finit par décider que oui, cela vaudrait réponse. Et la plume avait glissée à vitesse folle, sur le vélin, pour y laissé couler, sa façon de penser. Elle n'avait apprécié ni l'intention, ni le ton de la lettre, et tenait à le faire savoir.




Maryah,

A priori le tutoiement est de rigueur, puisque tu semble en avoir décidé ainsi. Comme tu semble d'ailleurs décidé de beaucoup de choses seule. Mais cette fois ci, tu aurais dû éviter de te mêler de ce qui te regarde pas. Tu cherche a déterrer un passé, pour améliorer tes chances d'avenir, en pensant à ta petite personne.
Tu te permet de me dire ce que je devrais penser ou souhaiter, mais tu ne sais rien de moi, ton passé n'est pas le mien, et je ne suis pas toi.
Tu as perdu tes parents, tu veux un père, prends le mien!!
Même si quelque chose me dit, que tout ça n'est qu'affaire pour finir dans sa couche ou être sur d'y rester. Dans tout les cas, cela ne me concerne pas.
Si tu étais si proche de Torvar, tu saurais qu'il se fiche éperdument de moi, qu'il me considère morte. Chercher à me faire revenir dans sa vie, n'est pas le meilleurs pari que tu ai fais.
Tu saura surement à quoi t'en tenir, quand il aura reçu la missive où je prends de ses nouvelles, puisque tu as l'air de laisser penser qu'il pourrait être sur la fin.
Tu ne m'en voudras pas d'avoir retenu un peu le messager, j'ai été fort occupé par la fin d'année, mais il a était bien traité, il a même eut droit de goûter à l'armagnac du vieux Boul, c'est pour dire.
Cela étant, il repart donc avec deux missives, et il est plus que souhaité que les deux arrivent à leurs destinataires.

A bon entendeur...

Apollina


Comme elle l'avait signifié dans son courrier, elle joindrait à sa réponse, une lettre destinée à son père, qu'elle écrivit dans la foulée. Ces sentiments à son encontre étaient plus que partagés, c'est le moins que l'on puisse dire, qu'ils fussent haine ou colère, n'en restait pas moins des sentiments. Pourtant elle essaya sans forcément grande réussite, de garder un ton froid, et dégagé.



Torvar, Papa,

Rien que pour le début j'ai longtemps hésité, je ne pensais pas qu'il était si dur pour une fille d'écrire à son père. Peut être est ce surement dû au fait, que je me demande ce que tu va ressentir en recevant la missive d'une morte.
Mais sache que ce n'est pas de mon fait, si tu as encore a subir ma présence dans ta vie, pour ça tu pourra remercier Maryah. Il semblerait qu'elle s'intéresse à toi, tu est seul juge pour savoir si ses raisons sont louables ou non.
Cela étant, je ne sais pas, ce que tu lui a dis de moi ou de ton passé, mais elle semble croire que tu t'affaiblis dangereusement, et que je suis la seule personne qui pourrait te redonner un peu de vie. Je t'avouerais que j'ai presque ricané à la lecture de cette partie de sa lettre. D'une parce que je ne suis pas sur, que ta mort change quelque chose à ma vie, et de deux parce que je pense que ma présence, ne changerais rien a ta vie ou du moins pas de manière positive, si je m'en tiens a notre dernière rencontre.
Tout cela pour dire, que si tu ne veux pas que la vérité vienne entacher ta version du passé, tu ferais mieux d'avoir une discussion avec Maryah.
Et si tout cela venait de ton fait, une sorte de façon détourné de reprendre contact, j'en serais fort déçue. J'aurais espéré que si un jour, tu souhaitais faire un pas en arrière, reconnaître le fait que ta fille était en vie, et prendre de ses nouvelles, tu le ferais de ta plume.
Pas que je n'attende quoique ce soit de toi, à part peut être que tu accepte la vérité, j'y suis arrivée, je te souhaite d'y parvenir a ton tour. Le poids du passé en est que plus léger, et il est plus facile de le laisser derrière soi.
Enfin quand il veut bien y rester, bien entendu!! Je te laisse le soin de régler le problème avec Maryah, que nous puissions continuer à vivre nos vies, que tu puisse te complaire allègrement dans ton mensonge de père éploré et intouchable. Je te sais solide, je ne pense pas que la faucheuse te rende visite d’aussitôt, du moins va savoir pourquoi, mais je le souhaite. Ironie de la vie surement, il y a quelques mois je voulais a tout prix te retrouver, pour te voir mourir par mes mains et aujourd'hui je ne tiens absolument pas a te voir, mais je te souhaite la vie.
Je ne pense pas qu'il y ai grand chose de plus a dire.

Ta fille...

Apollina



Oui sa lettre reflétait ses sentiments partagés, parce que les choses seraient si simples, si elles étaient juste noires ou blanches. La signature était un pic final, elle voulait encore l'atteindre, comme une petite fille qui cherche l'attention de son père, il voulait se convaincre qu'il n'avait plus de fille, qu'elle était morte. Et elle voulait qu'il porte le poids de ses erreurs, d'un passé qu'il cherche a enterré, mais tant qu'elle vivra elle sera la preuve de la vérité. Et Maryah lui avait fournit une nouvelle occasion de lui mettre la vérité sous les yeux. Mais pas sur que cette dernière obtienne ce qu'elle souhaitait, quoique ce fut, elle le comprendra assez tôt, à la lecture de la lettre, de la jeune mercenaire.
Elle avait relu ses missives, hésité sur certaines formules, puis décida de ne rien changer. Comme pour prendre une décision, elle fonctionnait à l'instinct, et dans ce cas, l'instinct était le premier jet, les premiers mots qui d'encre, avaient été couchés sur le vélin. Les lettres pliées avaient été remises au messager, sans rien de plus de sa part, qu'une menace si les deux plis n'arrivaient pas, à leurs destinataires respectifs.

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« Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures. »
de Francis Bacon Extrait des Essais
Maryah
Maryah était tranquillement en train de profiter de sa soirée en taverne quand la missive lui arriva, et lui fit tomber la mâchoire. Mais quelle petite Peste ! Panique à bord ! Torvar ne devait pas savoir, pas maintenant qu'ils s'étaient réconciliés, et même jamais ! Panique à bord !
Elle lisait et relisait la missive, incapable d'y croire ...
Elle avait perdu sur toute la ligne :
1- la fille ne viendrait pas et n'aiderait pas son père
2- Maryah passait pour la pire des catins, prête à tout pour finir entre les cuisses du cosaque
3- Torvar n'allait faire qu'une bouchée de Maryah, après qu'elle ai osé braver l'interdit !

Elle était mal, très mal, très TRES mal. Faites des gosses ! Des monstres j'vous dis. Et du tac au tac, Maryah fouilla dans sa besace pour y trouver son matériel et fit réponse aussi virulente que ses tremblements qui la secouaient à l'idée de voir Torvar entrer et la dépecer. Ce message partirait par pigeon pour arriver le plus rapidement possible !


Citation:
Toi !

Espèce de p'tite sotte ! Mais qu'est c'que t'as osé faire !!!
ça va vraiment pas dans ta tête !
Maint'nant qu'j'ai plus rien à perdre, j'vais t'dire la vérité :
Ton père il te tient à distance parc'qu'il se sent coupable pour l'assassinat de ta mère, qu'il a failli en mourir et qu'il en mourrait s'il t'arrivait la même chose. Il pense te protéger en te tenant loin de lui. Il s'interdit d'aimer pour que personne ne meurt dans les mêmes circonstances de ta mère ! Si ça c'est pas un père protecteur j'sais pas ce qu'il te faut !
T'as des gosses toi ? Tu sais ce que c'est que de les savoir en vie et de devoir les tenir à distance pour qu'ils survivent ? pour qu'ils aient les meilleures chances ?! Hein, tu sais ? t'imagines ? La douleur de cet amour renié, la longueur de ces soirées vides et froides, alors que la chair de ta chair gambade ailleurs pour vivre le meilleur ? Tu sais c'que c'est de te priver d'amour sachant que tu es un oiseau de mauvais augure ?
Tu vas lui faire supporter ça encore combien d'temps ?! T'es contente ? ça te fait jubiler d'le faire souffrir jusqu'à la fin de ses jours ? pour quoi pour un crime d'amour ! Est-ce un crime d'avoir aimé ta mère au point de lui faire un enfant ? Est-ce si terrible pour toi de te dire que tes parents se sont aimés, qu'ils t'ont voulu, que tu es un bébé né de l'amour ?! T'es pas nette, ma p'tite !


La plume s'arrête quelques instants. Maryah reprend ses esprits, elle est dans une rage folle. Contre Apollina, contre celle qui fut sa mère, contre Torvar ... et contre elle-même ! Voilà exactement ce que peut faire un enfant abandonné, finalement elle ne veut plus savoir ce qu'il advint de ce bébé de l'amour irraisonné et irraisonnable. Jamais !
Elle a peur pour Torvar qui dort trop peu, qui a moins d'appétit, et dont le tremblement des mains semble s'accentuer semaine après semaine. P'tain merdeuuuhhh elle l'aime, et c'te fichu gamine qui pourrait tout tenter, jette de l'huile sur le feu. Du coup la phrase coule d'elle-même :


Citation:
Mais tu veux quoi P'tite ?! Tu veux sa mort ou quoi ?!

En plus tu l'connais bien mal ton père, il est pas du style à laisser une femme entrer comm'ça dans sa couche, ni même le charmer pour l'embobiner. Les catins lui ont suffi d'puis des années. Alors ouais j'essayais d'me faire une place et d'raviver son coeur en cendres, quand t'ai v'nu y jeter un gros seau d'eau ! J'te dis pas bravo !
Je sais pas c'que tu lui as dit, mais si tu veux qu'il souffre, sache qu'il n'a jamais arrêté de souffrir depuis le décès d'ta mère. Si ça t'amuse d'appuyer où ça fait mal, continue. Cette histoire l'détruit jour après jour, heureuse de voir que ça te satisfait. Mais quelle genre de fille es-tu ?!

...

La fille de ton père ... Un homme sans attache prêt à se battre pour rendre la liberté de tout à chacun ; un homme qui après un combat acharné et un voyage éreintant trouve encore le moyen de raccompagner une jeune fille, en pensant qu'il ne laisserait pas sa fille aux loups ni aux brigands. Un homme qui ne supporte pas de voir une femme avoir froid ou faim, et qui s'inquiète peu de devoir se priver pour elle. Comme il le faisait pour ta mère, comme il le ferait pour toi.

Mouarf ...
J'vais te dire, t'as pas fini d'entendre parler de moi !

Maryah


Pigeon parti !
Ne restait plus à la brune qu'à se cacher et l'éviter les premiers jours, le temps que la colère passe. Ou trouver un truc à inventer pour faire croire que tout est bien différent de ce qu'on pourrait croire. Ou ... ne plus quitter les lieux publics pour éviter l'esclandre ... ou ... merde !

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Apollina
La jeune femme, pensait avoir été clair, il ne lui avait pas semblé, que sa lettre réclamait, ni même, ne méritait réponse. Mais a priori, sa correspondante, avait trouvé quelque chose a répliquer et c'était peu dire, elle venait déterrer la hache de guerre. Apo qui pensait naïvement, (malheureusement cela lui arrivait encore parfois,) que les choses en resterait là, fut surprise en déroulant la missive de voir son expéditeur. Pour sure, elle était un brin en colère, pensa Apo sourire moqueur aux lèvres, en lisant les deux premiers phrases. Puis la colère prit place sur son visage en un éclair. Cette espèce de traînée, cette putain qui niché dans la couche de son père avait osé. Osé parler de sa mère, de sa mort, de ce qu'avait été leur famille, de ce qu'elle savait mieux que personne. Elle hésita un moment a balancer la missive dans les flammes, mais elle avait décidé que non, elle la garderait sur elle, et la ferait avaler à cette infâme, avant de lui couper la langue, si elle devait un jour croiser sa route.
Et n'attendit pas avant de prendre plume et vélin, pour y coucher noir sur blanc, sa façon de penser.




Maryah,

Torvar me garde éloigné pour me protéger, selon tes dires, alors soit, il en sera ainsi et tout le monde sera content.
Je te conseil de garder tes bonnes morales pour toi, mes relations avec mon père, ne regarde que lui et moi, et il en est le principal responsable. Si tu n'a plus de famille, ce n'est pas une raison pour venir foutre la merde dans celle des autres.
Je ne vous plaint, ni lui, ni toi, vous avez chacun fait les choix qui vous amènent à cette situation, mais elle ne me regarde pas.

Par contre, je te met en garde, je me contrefout éperdument, de ce que tu peux penser de moi, tes basses insultes, me passe bien au dessus.
Mais en aucun cas, je ne te permet, de me parler de ma mère, ni même de faire la moindre allusion a elle, ou à la famille que nous formions.
Je t'interdit de me parler de sa mort ou de la douleur que ce fut pour mon père ou pour moi!!
J'étais là cette nuit là, c'est dans mes bras qu'elle est morte!! N'ose même pas écrire ne serait-ce que son nom!!
Tu craint la colère de mon père, je t'assure que tu devrais commençait a craindre la mienne, si tu veux t'aventurer sur ce terrain là.
Cesse ce petit jeu immédiatement!! Ou tu va vite comprendre quel genre de fille je suis... Ironiquement, je suis bien la fille de mon père, et je ne crains les combats acharnés, qu'ils soient à la plume ou l'épée.

J'espère bien, contrairement à tes dires, ne plus avoir de nouvelles de toi, il le vaudrait mieux pour tous.

Apollina


Quand elle reposa sa plume, sa fiole d'armagnac, résonnait le vide. Heureusement que leurs amis seraient vite de retour avec les réserves. Elle se faisait bien au vin d'ici, mais ses effets étaient loin d'atteindre ceux du bon vieux liquide armagnais. Et ses temps ci, elle appréciait plus que jamais, les vapeurs d'alcool qui aidait son esprit à s’apaiser, bien souvent même, ce sont elles qui l'emportaient dans les bras de Morphée. Comme elle s'assoupit à nouveau ce soir là, de longues heures après que le pigeon ne se soit envolé portant sa réponse. Elle espérait ainsi trouver la paix, mais n'y trouver souvent que la douleur dans son crane au réveil. Qu'on ne lui parle plus de la souffrance des autres et qu'on la laisse à la sienne, c'était son souhait. Et elle espérait bien que son message était suffisamment clair, cette fois. Seul l'avenir le lui dirait.
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« Celui qui s'applique à la vengeance garde fraîches ses blessures. »
de Francis Bacon Extrait des Essais
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