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[RP] Un bon croquis vaut mieux qu'un long discours*

Axelle
Et elle resta sur sa faim la Bestiole. Rien. Pas une lueur. Pas un frétillement de quelque nature qu’il soit pour se rassasier, quand pourtant, bien plus que d’écus, c’était en cela qu’elle s’estimait payé véritablement. Mais elle ne pouvait pas gagner à tout coup, et Axelle apprenait la leçon. Pourtant, altruiste à ses heures, comme elle aurait voulu le voir pétiller cet œil éteint.

La toile plaisait néanmoins, la seule preuve donnée était la commande d’un portrait assorti. Cela devait suffire vu la femme en face d’elle.


Alors à son tour, cachant sa mine dépitée, elle reprit ses pinceaux après avoir soigneusement replié le vélin, lourd souvenir d’un nom dont elle aussi connaissait le poids pour bien d’autres raisons et le glissa jusqu’au bord de la table. La patience n’était plus demandée, ayant déjà sondé le visage fantomatique, et ses traits se firent presque automatiques. Si bien qu’avant même de présenter la toile, sans encore relever le nez, elle lâcha,
Pouvez vous couvrir, allez pas attraper froid... en plus. Les minutes s’égrainèrent encore avant qu’elle ne retourne la toile pour la présenter.




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[img]http://img4.hostingpics.net/pics/904226avat.jpg[/img]

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Umbra
De son unique main, l'Ombre récupéra son précieux parchemin sans mot dire. Elle le glissa dans l'une des poches intérieures de sa cape avant de reprendre la pose, indifférente. Comme le démontrait la fresque, Umbra était loin d'être expressive. Sa constante fadeur avait quelque chose de déprimant. Peu de gens gardaient leurs sourires à ses côtés quand aux rires, s'ils n'étaient pas caustiques, ils éclataient rarement en sa présence.

Son inertie et son mutisme déconcertant ne plaisaient guère, cela va de soi et c'est en partie à cause de son attitude apathique et asociale que le cercle de connaissance de la Noiraude était restreint. Elle dérangeait le verbiage des bons gens et irritait leur optimisme radieux. En somme, Ombeline avait l'art de faire tâche sur le tableau.


Pouvez vous couvrir, allez pas attraper froid... en plus.

Le peintre ne prenait plus ses repères dans la réalité. Elle avait passé ces quelques heures à imprimer les courbes et les dépressions -essentiellement ces dernières d'ailleurs- de la Bâtarde, que son faciès restait gravé dans sa mémoire avant qu'il ne s'encre dans la nouvelle toile. Pourvu que celui-ci ne le hante pas...

La Manchote se revêtit en silence tandis que l'artiste usait habilement de son pinceau. Elle observa Axelle à l'oeuvre, c'était fascinant. Les yeux rivés sur le cadre vierge, l'Ombre était certaine que la Fouine y voyait le résultat. La bohémienne maculait le vide, le chargeait de pigments soigneusement choisis jusqu'à ce que...

Umbra détailla la seconde peinture comme la première. Elle appréciait le rappel des oiseaux sur le portrait. Ces volatiles n'étant qu'un clin d'oeil à son Mentor. Bien qu'elle aurait pu commander un hibou, elle songea que des corneilles seraient plus chouettes et plus personnelles après coup.

Les iris de jais dévisagèrent longuement le reflet. Impressionnant, elle ne pouvait le nier et peut-être un éclair de satisfaction fendit une fraction de second son regard charbonneux. La Noiraude était touchée par sa représentation. Il était plus parlant que son silence, plus frappant que sa violence.

Si le son d'un compliment ne franchit ses lippes closes, de peur que peut-être ceci ne lui arrache la gueule ou n’égratigne son orgueil, elle se contenta de faire tinter bruyamment une bourse bien garnie. Le compte y était assurément mais il ne valait mieux pas demander d'où pouvait-il provenir. C'est pourquoi avant toute interrogations inopportunes, bien qu'il ne semblait pas que ce soit le genre du peintre, Ombeline surenchérit:


Et la prochaine fois, je vous prendrai un verre de lait en supplément.

Un sourire en coin tordit sa bouche en attendant que les toiles ne soient prêtes à être emportées.
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Axelle
Les écus sonnent, la gitane s’en désintéresse, déjà soucieuse de nettoyer ses pinceaux pour ne pas les endommager. Pourtant, d’une dextre presque mécanique, dégoutée par la cupidité de son père de l’argent qui n’est à ses yeux qu’un moyen incontournable de subsistance primaire, se saisit de la bourse et en renverse le contenu sur la table. D’un doigt leste, elle compte les deux cents écus correspondant aux prix affichés de la toile et du portrait et remet le reliquat dans sa gangue de cuir pour la repousser vers l’ombre.

Relevant le regard, elle observe encore la femme, fantôme translucide, qui pourtant, sans trop en comprendre la cause, restera inscrite dans sa mémoire. Voila aussi pourquoi Axelle aime tant son métier, pour ce panache de personnalités. Elle s’en amuse en silence, toujours étonnée de voir débouler les nobles les plus délicats et hautains à la suite des pires racailles que compte le royaume, se croisant presque au seuil de l’atelier sans pourtant ne sembler en prendre le moindre ombrage. Mais le plus singulier est que tous, sans exception, une fois assis dans son vieux fauteuil, sont les mêmes, obéissants, prisonniers de leur vanité prisonnière des pattes d’une fouine pour quelques heures.

Elle scrute encore le visage blême pour mieux décrocher définitivement son regard de son modèle du jour et se permettre un sourire en coin.


Vot’écuelle s’ra prête.
Davantage de mots ne ferrait qu'égratigner la réserve des deux femmes qui, sans doute possible, se sont comprises.
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