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[RP] (Bal de Noel) Soyez le costume que vous portez

--Le_pantin



    "Danse pour moi... chante pour moi... meurs pour moi"
      -D'un Diable à un Pantin-


    Alors Diable s'ébranle, crevant le bal des spectres aux linceuls de chamarrures, qu'elle seule véritable statue, ne voit que par l'intermittence d'un intérêt entrecoupé. Fixité absolue dans la nuée en mouvance, le marbre organique attend la gravure de son épitaphe. Alors Diable s'avance, foulant l'espace comme on rôde et manigance, suivit par les yeux seuls du Pantin inanimé, que les gestes des danseurs frôlent dans le souffle de leur passage.

    Viens donc... Crocheter tes doigts sur la rudesse de mon bois. De quelques gestes bien arrimés, remonter les pendules de ce jeu d'automate. Insuffler à nouveau, à la cendre et à la sciure, quelques battements passionnés jusqu'alors moribond. Viens donc...

    Alors Diable approche. Monarque des interdis. Les prunelles s'inclinent pour suivre le corps qui effleure sans saisir. Esquisse les prémices d'une frustration languide, jusqu'à ce que la main empoigne, ordonne et virevolte. La marionnette fait volte-face dans le claquement d'aile d'un chapelet de jupons. La botte se plante au sol. Iris se rive aux autres avec l'éclat mordant qui accompagne toujours les provocations feutrées. Regard acéré comme des crocs de velours. La main masculine se plante au creux des reins pour y ficher l'aiguillon d'un frisson. Paupières se plissent. N'est-ce pas l'épeire, qui d'ordinaire porte le dard empoisonné ?

    La senestre trouve sa place sur le galbe d'une épaule, mais la dextre ne se conforte pas dans son nid de cuir. Elle se déploie pour contourner sa jumelle avec une lenteur toute arachnéenne et faire ruisseler sur le poignet cuirassé ses longs rubans grenats. Et de contourner à nouveau, ainsi tissant, tout en frôlement, un cocon autour du gant, emprisonnant celui qui se prétend tout puissant dans le désamour de Dieu.

    Ce que je prends, je ne le rends pas...

    Pantin scelle, un sourire dans les rétines, puis la main concède à gagner l'étreinte plus sage de sa consœur désormais liée à elle. Tête-à-tête couronné d'une électricité latente. Dieux, si on avait inventé certaines danses avant l'heure, çà aurait pu être l'échange de toutes les exaltations... mais le temps, un jour, sera capable de porter cet art jusqu'à l'acmé de la séduction.

    Allons donc...

    Depuis combien de temps les pieds de poupée n'ont-ils pas dansé ? Depuis un temps qui a pris la poussière et les toiles, et bien avant encore. Un temps qui afflue dans ses veines, comme un acquis inextricable, et s'épanouit à nouveau à fleur de sa peau au contact du Seigneur des Cercles.

    D'ailleurs, Pantin outrepasse la priorité admise à son cavalier et esquisse le premier pas.

      … Mène-moi.





Clic
--Le.phenix
[D'un envol du Phenix - Bergère]

Du tricot à l'Estampie il n'y a qu'un pas, plusieurs, et des mains. Derrière le masque ses iris suivent le chemin qu'elles empruntent, les unes montures, les autres cavalières. Que faire du panache quand il ne transforme en danseur habile? Peut-il tolérer d'être ainsi désarçonné? Certes non, inconcevable. La danse devient passe d'armes, terrain connu, il observe, devine et anticipe. Foutues leçons de danse qu'il a négligées, foutu costume qui entrave l’embryon de grâce.

Paume contre paume il suspend leur évolution. L'oiseau en vol est plein de grâce, majestueux, souverain, mais au sol le plus gracile des volatiles souffre d'une défection de la prestance dès qu'il se meut. Tomber en quenouilles? Non. Il ne la quitte des yeux, une lumière malicieuse au fond de ceux-ci. Il est temps.


Tombons le masque.

Et la cape aurait-il pu ajouter. Sans rompre le contact tactile et visuel il ôte accessoire et vêtement qu'il lance sur la tabouret déplacé plus tôt. Le voilà de plus en plus dévêtu, un dé-plumage qui amuserait le faune. La tête s'incline légèrement.

Acceptez de poursuivre avec Sabaude Renard.

Bergère, point focale de l'attention, qui es-tu? Le regard transmet l'interrogation tandis qu'il confie leurs déplacements et mouvements au spontané, délaissant une maîtrise qu'il n'a pas. D'un geste improvisé la gardienne de moutons est amenée contre lui, déroulé enroulé qui plaque les corps, bouscule les réactions.

Quel troupeau est sous votre garde ce soir? Me direz-vous votre nom? N'ayez crainte je ne suis point loup déguisé.
--Angella
Perdre pied, quelle sensation délicieuse …

Dans cette dance improvisé entre inconnues, Jupe de gitane et voiles s’entremêlaient, et devenaient tableau de rythmes et de couleurs, Angella comprit alors qu’elle n’était plus ; grisée de danse et de liqueurs, la petite chose avait fuit, laissant sa conscience errer sans remord, pour mieux céder son corps a cette ardeur du moment, tant qu’elle s’en essouffla presque.
-je n’en peux plus, que diriez-vous d’un remontant belle Gitane ?

C’est au bar que la Salomé attendit sa compagne, surprenant au passage un spectacle des plus commun en ces lieux dépravé, le timide chaperon en proie au doré, vite se détourner pour ne rien voir, jusqu'à présent la jolie brune n’avait fait qu’apercevoir les méfaits d’un désir trop pressant, au fil des jours, maintes fois, ses yeux avaient surprirent l’érotisme singulier attribué a chaque chambre du bordel, découvrant les méandres libidineux, dissimulés derrière ces sourires noble et serviable.
Légère grimace de la danseuse, une gène de vierge voyant de trop prés ce qui la répugne d’ordinaire.

-de dios, j’espère qu’il ne fera pas son affaire en publique …
Accoudée au bar de marbre, la jolie brune entendit l’indication du génie, les danses reprenaient déjà quand la Salomé vida son second verre de liqueur, un coup d’œil vers les couples s’échangeant leur prise du moment, la Salomé demanda un énième verre ; éméché déjà, mais juste asse pour se libérer d’une jalousie naissante et, se l'avouait elle, honteuse, la bergère dansait, le pantin dansait, méme cette bête effrayante, qui s’avérait etre une femme, valsait entre faune et génie, la Salomé, enchaînée par sa timidité, n’osait approcher …

- Dites moi, bohémienne, vous qui ne prenez pas la peine de cacher votre identité, seriez vous une habituée de l’Aphrodite ?


Adelythe
[Le Griffé doré]

C'en était trop. Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop. Cet homme nu lui procurait certes des sensations jusqu'ici inconnues et un plaisir soutenu, mais la voix de la Raison (cette emmerdeuse) dans sa tête lui répétait que cela n'était pas correct et qu'elle ne devrait pas s'abaisser à de telles pratiques. Le coït public, n'est-ce pas l'apanage des animaux ? Et, en d'autres circonstances, celui aussi des aristocrates perdus dont le temps et l'argent ne font pas fuir un ennui persistant ? Et des pervers dégueulasses aux pratiques tordues, rajoute la satanée petite voix.

A propos de voix, l'Adélythe aux prises (et prise) avec le Griffé tente tant bien que mal de se fermer à ses propos doucereux, à ces paroles du Diable, à la perversion qu'il représente tout entier. Il y a fort à parier qu'il est aussi courtisan ; qui d'autre que ces personnages vivant dans le pécher pourrait aussi facilement envoyer paître conventions et manières ?

Elle était confuse et gênée, renversée par tout ce plaisir dont elle ignorait jusqu'ici l'existence ; la voilà maintenant colère et dégoûtée, méprisant sa propre personne pour avoir cédé à de telles pratiques –et le pire : en public. Ceux qui derrière elle se trouvaient n'avaient probablement rien remarqué, remercions donc ses jupons opaques et lourds cachant l'affreuse réalité. En revanche, ceux qui pouvaient apercevoir le Tentateur qui s'agitait entre ses cuisses, ceux-là n'avaient aucun moyen d'ignorer leurs agissements. En effet, qu'est-ce qu'un homme peut bien lui faire la main sous son jupon remonté haut ? Certainement pas l'aider à rajuster un corset trop serré.

Aussi, lorsqu'elle sent en elle la phalange franchir la barrière sacrée qu'elle tentait (mal) de protéger, et ce accompagnée de son propre index (ainsi, elle aussi pouvait faire ça ?) Adelythe, bien heureuse d'être masquée, se fait violence. Elle le repousse, s'éloigne d'un pas et... Explose. De honte, de gêne, d'embarras, de tout ce que vous voudrez, surtout depuis qu'elle a surpris la Rousse Solaire les regarder
–l'a-t-elle reconnue ?

- Monsieur, cela suffit !! N'avez-vous donc aucun respect ?!

Elle se retourne, prête à fuir, commence un pas rapide mais à peine a-t-elle fait deux enjambées que déjà elle regrette et voudrait avoir plus en elle de cet étrange personnage qu'un simple majeur curieux.

Demi-tour vif, toujours dans l'exubérance, elle retourne à son mystérieux compagnon, attire son visage à elle lui chuchote à l'oreille un discret
 Pas ici. Venez. Et, le saisissant fermement par le poignet, l'entraina un peu à l'écart. Du moins le voulut-elle.

- Allons ailleurs. Où vous voudrez mais pas ici. Et promettez-moi de ne pas me faire de mal.

Tentative enfantine de se rassurer. Le mal était déjà fait et croissant chaque seconde un peu plus, là, en bas, entre ses cuisses. Et pour le calmer, un seul remède : y ramener la main dorée...
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Cali
[ Bergère pas pressée de rentrer ses blancs moutons quand sous une pluie de plumes le Phoenix capte son attention]

Il ne laissait pas tomber, sauf le masque.
Celui libérant ses traits ou l'autre, celui dont on se vêt? Mes yeux suivirent le vol de la cape en soie noire duveteuse que d'un geste élégant il envoya valser, sans perte ni fracas. Et pourtant j'aurais presque souhaité que par magie elle prenne véritablement son envol. J'aimais bien ce petit côté théâtral. Amusée je récupérais une plume qui s'en détacha et je reportais mon attention sur le visage de l'homme que je voyais maintenant. L'avantage d'un masque est de se cacher des autres dans l'anonymat comme une sorte de forteresse érigée donnant même au plus timide un semblant d'assurance. Mais les murs de pierres ont un côté pile et un côté face et cachent également celui qui est à l'extérieur. Je ne sais par quel sentiment étrange, le fait que mon cavalier s'en défasse me laissait moi aussi sans rempart.

Sabaude Renard... l'inconnu portait à présent un nom. Peu à peu, pas à pas, la danse et cette nouvelle figure de style creusait une encoche dans les rouages de mes futurs souvenirs. La petite plume volatile trouva sa place dans l'entrelacs des lacets qui ornaient mon bustier noir. Tout défi mérite un trophée. Je m'en parai comme d'un ornement.
Délesté du poids de sa cape, le Phoenix ne perdait rien de son assurance mais semblait gagner en aisance. Lorsqu'il reprit la danse en me faisant tournoyer, j'eus le temps de capter des images qui s'imprégnèrent dans mes rétines, des scénettes volées à leurs acteurs. Là, deux nymphes dont les robes légères se mélangèrent, voiles de danseuse d'Orient et étoffe sauvage de gitane. Mouvements des yeux, suivant ensuite l'arrivée de la lanceuse de javelot en peau de bête vers le petit soleil réchauffant mon agneau. Et au moment où dans une envolée de jupons j'allais me retrouver à nouveau face à Sabaude, je captais un tableau irréel, comme baigné d'une aura dont je ne pouvais déterminer la cause. Deux mains tendues se rejoignaient avec cette grâce que seuls les gestes suspendus peuvent avoir. Le Diable et le Pantin. Mêmes couleurs. Mêmes prestances.
Le visage de mon cavalier se superposa puis se dissocia des précédentes images et je me retrouvais encore plus étroitement dans ses bras, son regard plongeant dans le mien, interrogatif mais toujours aussi malicieux. Pas désagréable mais étrange tout de même de se retrouver dans une position si proche.


Quel troupeau est sous votre garde ce soir? Me direz-vous votre nom? N'ayez crainte je ne suis point loup déguisé.

Ses questions me firent à nouveau sourire. Et même s'il était discret sur mes lèvres, mes yeux, eux, ne pouvaient cacher mon amusement sous mes paupières qui s'étiraient dans cette expression.

Je me nomme Cali. Juste Cali. C'est le seul nom que je porte. Je ne crains ni le loup , déguisé ou aiguisé, ni le Phoenix dont je pourrais décrire avec ferveur l'apogée.
Et le renard, lui, dois-je craindre son habileté et la ruse fauve qui est chez lui innée?

Ma main se posa sur son épaule tandis que mes pas suivaient les siens.

Le troupeau sous ma garde ce soir? Mes paroles prirent un ton confidentiel et chuchoté....sans doute celui de mes pensées. Difficile de rassembler ses moutons et de leur faire entendre raison quand la nuit étoilée est si belle qu’elle prête plus à être rêveuse que rassembleuse.Fort heureusement, je suis bien chaussée et jamais pieds ne furent si bien ancrés au sol terre-à-terre.
Ha vous aimez jouer avec les mots, les faire dériver pour mieux les ferrer. He bien jonglons, habile goupil, pour mon plus grand plaisir et dans la mesure où je connais la musique tant que le La me donnera le bon ton. J'aime la sonorité des bons mots. Ceux qui s'entendent et ceux qui se devinent. Et j'apprécie encore plus ceux qui savent s'en servir.


Que fait un Phoenix quand il ne fête pas sa renaissance? Ou plutôt, que fait un Sabaude Renard quand il ne distrait pas son auditoire?
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Alphonse_tabouret
Du remerciement de Chimera, jeté en pâture à une oreille attentive, il ne retint que le gâchis de cet acte inconsidéré appris par la voix grave de Von Frayner quelques semaines plus tôt, attardant dans un silence diffus son attention à son regard où lézardait la défiance au travers de l’ivresse.

Tout ça pour ça, Mégère…
Ce remerciement qui te pile le cœur ne comble même pas ta déraison… A quoi bon me récompenser de l’intention si c’était pour te défaire de sa substance à peine mon ombre désertée d’entre tes murs…


Piqué, le félin, dans son orgueil imbécile de s’être senti privilégié de cet accident estival, de ce sanglant présage qui avait tissé l’herbe et leurs mains avec une sincérité qui n’appartenait qu’aux instants suspendus et qui, se trouvant dépossédé de ce qu’il avait jugé acquis, goutait à l’amertume de la revanche.
Il n’était rien qui décevait Alphonse dans la distraction de la bretonne, bien au contraire il laissait le velours discret de son regard suivre les incartades du sien à ne jamais se fixer de trop, cherchant sans avoir l’air d’y regarder à déceler l’expression qui trahirait l’aperçu d’une silhouette maligne au milieu du fatras d’assemblages, chat chinant dans ses interrogations une empreinte, une piste, quelque chose expliquant que l’on préfère l’homme à son ventre . Tout était bon à prendre sur ce minois gracieux qui ne lui réservait que les lippes pincées quand il savait qu’elle avait un sourire de nacre, chaque papillonnement, chaque souffle passant les lèvres, tout s’étudiait sans rien rejeter, adversaires dans leur fierté comme dans leur cheminement quand ils auraient été si beaux et terribles en marchant de concert.


Changement de partenaire !

Quand le cri d'Adryan retentit dans le salon, il releva la tête sans plus la sentir alourdie par la paire de cornes qui ornaient le haut de ses tempes, à l'aise dans ce costume choisi à la manière d'une évidence, faune de la pointe ivoirine à celle du sabot, toujours gracile quand il était animal et fut presque surpris de trouver la présence du Génie devant lui absorbé par la rousse gémellaire, la musique, le jeu en cours.
Nous n'alignerons pas les colonnes de chiffres ce soir... je suis néanmoins curieux de savoir si vous êtes aussi habile à compter vos pas que la recette du jour.

Vous avez généré chez votre poursuivant un appétit tout bien différent. Vous m’excuserez donc, il est dans ma condition un partenaire tout indiqué qui, dit-on, éclairerait le monde autrement que via des ombres projetées.


Le sourire répondit au murmure et tandis qu’elle inclinait sa nuque blanche, la ligne gracile débarrassée de sa pelisse apparaissant depuis les hauteurs félines, laissa le comptable la saluer à sa façon de quelques mots roulant au lobe :

Je vous excuse bien volontiers, et ne doute pas que nous retrouverons sous peu à enchainer nos pas pour renouer le verbe… Un silence se suspendit, bref, étrangement intime, avant qu’il ne conclut dans l’amorce de son départ, avant qu’elle ne lui échappe, avant qu’elle ne lâche sa main pour la seconde fois. Ce jour-là, nous jouerons peut être de lumière nous aussi…
Penchant la tête, il observa le génie devant lui pour reprendre à pleine voix, réjoui, amusé, bon enfant sachant sortir de sa forteresse pour retrouver le fil de la récréation, lui donnant la sienne en guise d’acceptation.
Attiser la curiosité d’un génie... Son sourire s'aiguisa, avenant, diluant l’épice d'une certaine gaité en réponse à celui d'Adryan… L’exercice est périlleux mais tentant, avoua-t-il, ... reste à savoir lequel de nous deux conduira la danse… poursuivit-il avec une malice légère en lui désignant la piste, avant de hausser ses épaules nues en jetant aux orties la question: Au diable, nous dirons que c'est là mon premier souhait: dansez Génie, selon mon bon vouloir, annonça-t-il en menant leur duo au centre de la piste pour les lier aux notes de musique.
Posant la main sur l'épaule du Castillon, il le laissa ajuster ses doigts à sa taille, la peau frissonnant délicatement au toucher dont la rare proximité dévoilait aux tempes brunes des souvenirs aussi extrêmes que diffus, sachant que cela n'échapperait pas au Génie, trop grisé pour chercher à le cacher, avide de trouver la chaleur d'un autre dans cette immensité de masques et sachant qu'Adryan la lui offrirait, que cela soit au travers de la haine, ou de ses désirs mal-formés.

Ce soir je ne compte pas, Génie…ce soir j’écorne, répondit-il en sachant qu’Adryan le connaissait assez pour démêler au travers des mots et de son sourire, le sens plus ou moins direct de ses propos. Ne me vexez pas en me disant que je ne fais rien de plus que de coutume, rajouta-t-il en haussant un sourcil dont la courbe gardait malgré l’air heurté, la rondeur de l’espièglerie, si vous m’amenez sain et sauf à cet ange, je vous en ferais la démonstration, promit il en lui désignant la jeune fille au milieu de la piste.
Les pas s’enchainèrent, légers, exécutés avec la grâce des corps souples, amenant une proximité saine à laquelle ni l’un ni l’autre n’était habitué, le chat refusant de jauger pour ne profiter que de l’air réjoui du nobliau qui les menait au traverse de la piste, sans pouvoir s’empêcher de le trouver beau, son parasite. Les deux hommes échangeaient au quotidien peu de mots, et il n’en fut pas autrement, sans pour autant que pèse sur leurs épaules ce poids exaspérant au moindre contact de trop entre eux, laissant le faune sur l’aube d’une interrogation qu’il ne creusa pas, résolu à s’abreuver à toutes les sources, à vider chaque verre, à embrasser chaque instant. Passant devant un Phénix qui se déplumait devant une bergère et profitant de leur proximité, il glissa un mot au déplumé dans un sourire bouc:
Vous buvez trop vite Maitre Phénix, laissez-moi quelques lambeaux à vous enlever en me réservant votre dernier verre, le prévint-il avec une malice légère quand Adryan le déposait devant l’angelot.
Vous me devez encore deux vœux, fit il à Adryan en délaissant sa silhouette, attardant volontairement la pulpe de ses doigts à quitter la peau du nobliau, reflexe lascif qui renaissait au travers de ses gestes gaiement avinés pour tendre la main vers l’ange, plantant son regard noir dans le sien, y pesant un instant, laissant le doute se diluer dans une question et son contraire, n’affichant ni courtoisie, ni brusquerie, mais l’éclat d’un sourire qui invitait à oublier encore un peu le monde avant que ne sonne minuit.
Enfin, il inclina son buste nu, avec une courtoisie piquée d’insolence dans la courbe volontaire du cou se redressant pour la contempler :


Me ferez-vous l’honneur, Ange ?


(Edit pour mise en page )
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L_aconit
    [La danse est une cage où l’on apprend l’oiseau. ] - Claude Nougaro


La réponse s'amorce naturelle, d'un talon glissant sur le sol. Le jupon frémit avant de s'étirer, corolle, dans le sens imposé par le corps meneur. Et les personnalités qui se font face semblent soudain se ressembler dans la parfaite symétrie imposée d'un tête à tête magnétisé. Il y a du diable dans le corps de poupée, brûlant ravivé de braises avides, et du pantin dans le corps de diable, esclave entravé de désirs ineffables. La symbiose est là, visible de tous mais palpable d'eux seuls. Judas impose le rythme, Senestre dans le dos glissant sous le noeud, comme une curieuse remontant la mécanique.

Pantine et lui semblent se chercher, tantôt l'un se détachant de l'autre qui sans se dénouer se laisse contourner, et d'une ferme manoeuvre délicate revient, exhorte et contorsionne. Entre ses doigts, Diable prend un Malin plaisir, ferait presque ces hanches se disloquer dans un ferme ballet tourbillonnant, jusqu'à ce qu'un genoux ou une main les détourne du sens imposé, chef d'orchestre brisant la mesure, meneur imposant la césure.

Il s'immobilise, le nez contre le voile, une perle de sueur brillant à sa tempe là où la veine a gonflé. Le cuir froisse l'étoffe bleue nuit, et les lèvres outrepassent la poudre de riz. Fendant le marbre des arabesques, et le Cobalt que Poupée ne saurait cacher sous sa petite étoffe endeuillée. La cicatrice est bien là, savamment dissimulée, et son relief trahit la femme du passé sous la lippe sensibilisée. Seconde figée s'étiole, avant que de nouveau s'articule l'ensemble pour entériner le second acte, la soustrayant à son haleine vaguement avinée.


Les bottes se croisent sans se toucher dans une combinaison précise et minutée qui ne doit rien au talent, quand l'une est plus douée à voler et l'autre à chasser, somme peut-être de deux savoir-faire qui retient l'agilité de l'un et la stratégie l'autre. Judas vole la Rose de tissus dans les cheveux auréolés, se piquant à leur ronces, ce qui par un hasard malheureux - quoi que, allez savoir - défait la coiffure enchignonnée et fait retomber sur les épaules les crins épais, embaumant l'audacieux de leur fragrance Roide. Déstabilisé, un pied en rencontre un autre, Sans nom entraine la marionnette toujours liée dans sa chute sur un canapé, le nez vaguement amorti par le galbe de sa poitrine ne souffrant d'aucune écharde...

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(En Bleu italique, les pensées Laconiques.) galerie d'avatar-Recueil
_ange


Ses pas glissent sur le sol, à défaut de tournoyer dans les bras d'un inconnu elle se déplace autour du couple formé par le Phénix et de la bergère, les oreilles tendues aux propos qu'il s'échange elle échappe de peu à l'envol des vêtements de l'oiseau fabuleux.
Le doute s'efface alors qu'il défait son masque, si lui en l'a pas vue, elle a tout entendu, et un fin sourire amusé illumine son visage, aux questions et réponses qu'ils s'échangent elle se serait plu à participer, mais celles ci ne lui sont pas destinées aussi prend elle soin de s'éloigner d'un pas, voir deux si elle ne peut être un ange elle se fait ange gardien.

Mais son regard et son attention sont soudain troublés par l'arrivée d' un autre duo, curieux et plutôt inhabituel celui là, génie et faune dans les bras l'un de l'autre.
Si elle aurait rêvé de faire la peau d'un renard au pelage fauve, c'est sur la peau d'un faune que son regard se pose avant qu'il ne remonte vers le sien.
Les émeraudes balayent les charbons, intriguée mais pas effarouchée,elle incline la tête.
Le regard de nouveau s'attarde sur sa nudité, insolente tentation à laquelle elle résiste difficilement mais qu'elle cache facilement derrière son masque.
La main qui lui est tendue est acceptée, au creux de celle ci la sienne se pose comme l'oiseau sur une branche.


Si de vos cornes cornes vous ne m'embrochez, j'accepte volontiers.

En toute logique un ange ne devrait il pas se méfier d'un satyre?
Car après tout il n'avait précisé ce que sous entendait le "me ferez vous l'honneur".
--_l_aphrodite
La soirée avait été préparée longtemps à l’avance, détails par détails, et dans l’escalier menant à la Maison Basse attendait une nuée de domestiques portant tous en guise de costume par-dessus le noir de leurs vêtement un foulard orange clair, doucement lumineux, brassard pour les uns, coiffe pour les autres, ceintures aux tailles les plus fluets, tous guettant, le visage tourné vers les tréfonds des escaliers, le signal attendu.
Dehors, dans le quartier ensommeillé, la chapelle sonna minuit incapable de traverser les murs, de fendre la musique, d’égrener ses heures aux convives et dont le chant fut pourtant relayé en quelques secondes à peine par l’un des gardes de la maison donnant d’un hochement de tête le signal attendu.

Alors, dans le salon, se déversa l’essaim joyeux, s’engouffrant çà et là parmi les convives occupés quand certains se dirigeaient vers les lourdes portes pour en éventrer les larges battants, révélant la petite cours pavée qui avait été illuminée dans les minutes précédentes, au son étouffés des mélodies où chacun avait eu le loisir d’exposer son masque. Subtile, la musique changea conformément aux ordres donnés plus tôt, transformant les danses en cours pour inviter les regards à se concentrer sur les taches de couleurs qui se déversaient dès lors vers le monde extérieur où finissaient de résonner les cloches marquant le jour nouveau.

Minuit sonnait la fin du bal, et si certains s’attardaient un peu, d’autres déjà s’avançaient vers la sortie, découvrant deux vastes tables flanquées de vélins et de plumes, tenues chacune par de petites mains bien intentionnées dont les silhouettes se découpaient dans le halo de lanternes flottantes qui s’élevaient derrière eux, rattachées par un fil délicat à une longe perche tendue à l’horizontale derrière eux. Plumes tendues aux convives approchant et se renseignant sur la coutume proposée, les employés gaiement, expliquaient aux uns et aux autres qu’il suffisait d’écrire un vœu pour l’accrocher à la lanterne et le laisser filer au ciel dans l’espoir de se voir exaucé. Déjà dans un firmament parsemé d’étoiles, s’élevaient quelques rires en même temps que les premiers premiers lampions lumineux, méduses gonflées d’or et d’espoir dans leurs robes translucides en papier de soie navel, qu’éclairait la flamme qui les poussaient plus haut
--Adryan
Les mots du Faune, pleins de tous leurs double sens à pleine voilés en cette soirée masquée, n’auraient dû provoquer qu’ire, regards assassins, mâchoires crispées et réponse en lame de couteau, pourtant le Génie n’arriva qu’à en sourire jusqu’à en rire, fugacement mais clairement, secouant un instant la tête.
Les doigts sur sa peau auraient du le bruler quand ils ne faisant que diffuser une chaleur douce, presque bienveillante à laquelle il ne chercha pas à se soustraire quand le Faune frissonnait, ravivant entre ses tempes le gout du bourbon frelaté bu aux lèvres même d’Alphonse. Et se fut les siennes qu’il suçota brièvement, la main calée, ferme mais sans brusquerie à la peau nue de la taille.

Mais le plus surprenant certainement, fut que le Castillon, pas un instant ne permit la moindre interrogation au sujet de ce curieux répit flottant doucement dans ses veines quand il n’était pourtant ni ivre, ni drogué. Enjoué, sans plus se préoccuper du lendemain, des regards étonnés qui pourraient se poser sur ce couple improbable valsant dans la pièce, juste amusé de donner une représentation inédite, il dansa, sans l’ombre d’un remord, sans l’ombre d’une gêne, simplement réchauffé par cette proximité presque enfantine si le parfum des deux hommes ne s’était gorgé de souvenirs confus et contradictoires le temps que leurs pas souples traversent le salon, sans que les sabots de l’un ou les mauvais sorts de l’autre ne viennent égratigner le tableau. Déposé d’une ultime pirouette devant l’Ange, le gris pesa sur le noir alors que la main faune s’attardait. Joueur jusqu’au bout, main sur le ventre, léger sourire au coin des lèvres il s’inclina.


Choisissez vos deux derniers vœux avec soin ou je risquerai bien de devoir mener la danse s’ils se trouvaient écornés.


Le pas long, habile à éviter les couples légers virevoltant, il rejoignit le bar, comme formaté à ne pas s’en éloigner trop longtemps. Là, accoudé nonchalamment, son regard gris curieusement lumineux, s’égara sur la salle à la faveur des notes égrainées par les musiciens, songeur sans pourtant qu’aucune pensée ne parvienne à retenir son attention jusqu'à s’accrocher à la silhouette de Fleur. Il la regarda, longuement, les traits figées dans une ambiguïté neuve et baissa les yeux un instant avant de remonter la tête. Attrapant deux coupes, dans le chuintement de la soie de son costume, il se glissa dans le dos de la petite fée. Se penchant par-dessus elle, la couvrant toute entière de son ombre, le Génie déposa l’un des verres devant elle en murmurant à son oreille :
Pourquoi donc restes-tu seule quand tout le monde s’amuse ? Mais déjà, au dehors, les douze coups de minuit retentissaient, enflant le salon de rayons solaires au plus épais de la nuit. Bien que teinté d’une pointe de dépit de voir la soirée s’achever, le sourire Castillon s’élargit et la coupe fut vidée d’un trait. Viens,lança t-il à sa Pâquerette quand ses pas s’allongeaient déjà vers la sortie. La situation était cocasse, le Génie lui aussi ce soir aurait droit d’émettre un vœu. Emerveillé comme un enfant, il regarda les premiers lampions s’élever, puis d’une main preste se saisit d’un vélin et d’une plume, impatient d’y inscrire son souhait. Sa plume frôlait déjà le papier quand il suspendit son geste, les yeux un instant flous pour finalement n’accrocher à sa lanterne que le poids d’un vélin vierge.
Sabaude
Éphémère...
Instant sublimé par l'écrin des corps qu'une danse réunit, exalté par l'affleurante découverte inhérente à la rencontre de l'autre. Cet autre qui lie l'émotion aux palpitations dont le corps résonne, tambour battant, vibrant, cadencé. Insensé, aliéné, débauche de sens que le danseur conserve inavouée sous un pudique voile de réserve imposée par la bienséance et les vœux autrefois prononcés à son épouse.
L'interdit non dit, le défendu saisissent l'âme et étreignent le cœur du soumis. A chaque question sa réponse. Sa cavalière doit-elle craindre son habilité et sa ruse fauve ? Les carmines desserrent leur prise sur des mots qu'il souhaiterait dépouillés du travestissement.


Toute l'habilité du renard consiste à ne point être pris lorsqu'il y a filouterie. Pourquoi craindre ce qui ne saurait être établi ?
Ayez confiance, bergère, ce soir vous ne risquez rien.


Que fait un Phenix ou plutôt un Sabaude Renard quand il ne distrait pas son auditoire ?L'inverse, il plonge tête la première dans l'ardeur à la tâche, appliqué, pose le masque ou en fait tomber un, lui-même ne saurait choisir. Éclipsé le facétieux, le vassal, le cabotin, il est alors un autre homme que peu connaissent. Quand se décidera-t-il à être pleinement celui-là ?
Le velours de ses yeux ombrés caresse le doux visage de la bergère, explorateurs timides, alpiniste audacieux. Regard accroché une seconde fois il répond, légèrement essoufflé par l'Estampie.


Distraire l'auditoire est une occupation qui m'accapare dès que l'humeur est à la légèreté ou que l'ennuyeux Capitaine Sérieux ne saurait mener ses troupes sans son aide de camp Diversion.
Quand je n'enfile le costume du plaisant on peut me trouver dans celui de l'affairé, du responsable, de l'engagé. Vous comprendrez que la rigueur de l'austérité associée à un caractère contradictoire m'incite à changer de peau dès qu'il m'est donné de le faire.


Bras au dessus de leurs têtes, les corps en épousailles, il maintient la position pour la relâcher, arc de cercle des membres qui effleurent un Faune capiteux.
Vous buvez trop vite Maitre Phénix, laissez-moi quelques lambeaux à vous enlever en me réservant votre dernier verre.
Désarçonné il n'objectera qu'un :


Soit.


La danse est reprise sans un mot, seuls les bruissements des étoffes et des glissements des semelles font chœur aux instruments qui déversent leurs notes étourdissantes. Changer de partenaire.
Il s'inclinera devant la gardienne de moutons, sa dextre gantée finira lentement de délivrer la gracile de son emprise pour la libérer d'un baise-main.


Cali ce fut un plaisir. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous revoir. Si vous le souhaitez, confiez au génie l'endroit ou je pourrais envoyer des courriers.
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Cali
Douceur, volupté, agilité...
C'était un réel plaisir d'y goûter. Entre les bras d'un Phoenix dévoilé dont il gardait l'essence même comme la fragrance d'un subtile parfum, j'avais le sentiment d'une renaissance par la danse dont je n'avais pas savouré ainsi les effets bienfaiteurs depuis bien longtemps. Sans doute depuis le bal à la Chancellerie avec Datan. Ceci ajouté à ses mots dit avec courtoisie et qui ne faisaient qu'alléger mon esprit. Être un peu plus moi. Savourer simplement le plaisir des sens qui s'éveillent quand le corps se détend sans crainte aucune du revers d'infortune d'un cerveau lent. Cerf-volant léger flottant de la pointe de mes pieds à peine ancrés au sol dont le fil s'étirait jusqu'à ma tête dans laquelle les paroles de Sabaude faisaient échos à l'idée que je commençais à m'en faire. Filant la laine comme toute bonne bergère, je tricotais au fur et à mesure la vêture de sa silhouette.

Comme une bulle qui éclate, mes pensées s'évaporèrent à la voix doucement mutine du faune s'adressant à mon cavalier d'un soir. Au même moment je prenais la pleine mesure des aiguilles qui ratrappent toujours leur course dans le tempo des derniers temps et contre-temps d'une Estampie qui égraine ses dernières notes.
Au baise-main dont le souffle effleura à peine ma peau, je répondis en souriant par une petite révérence.


Cali ce fut un plaisir. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous revoir. Si vous le souhaitez, confiez au génie l'endroit ou je pourrais envoyer des courriers.

Plaisir partagé, Sabaude Renard. Souhaiter, génie ? Il y a des mots qui vont de paire. Je n'y manquerais pas.

Je reculais de quelques pas et le saluais encore d'un léger mouvement de tête, un sourire serein baignant mes traits. Je pris sa proposition pour de la courtoisie. Un peu comme un point qui clôt une phrase pour ne pas la laisser en suspend. Cette attention me toucha, même si je pensais qu'il s'agissait là d'une forme de politesse. Puis je m'éclipsais au milieu des couples qui se reformaient, cherchant du regard l'éclatante brillance du soleil. Le duo formé avec la femme en peau de bête était saisissant de contraste, mais leur complicité n'en demeurait pas moins visible.

Vous permettez que je vous soulage de cette petite charge?

Je tendis les bras pour récupérer le corps chaud et doucement lové de mon petit agnelet.

Viens là toi que je te ramène à ta mère. Puisque c’est bien là le rôle d’une bergère.
Puis j'inclinais la tête en direction du soleil. En vous remerciant, ma dame, d'avoir veillé sur... Je faillis dire, mon âme.... mon petit agneau. Mes dames, bonne soirée.

Je retrouvais avec plaisir la chaleur de la petite boule de laine qui se lova contre moi et je me dis que le soleil devait peut-être se rendre compte en perdant son contact combien il était doux et agréable de sentir contre soi l'agnelet. Je n'eus pas le loisir de me demander ce que j'allais faire quand une nuée de serviteurs se faufila dans la salle, ouvrant grand les portes extérieures. On aurait dit des feux follets avec leurs foulards orangés. Ce devait sans doute être là une animation concoctée par le maître de séant. D'ailleurs je ne l'avais pas rencontré et je ne savais toujours pas à quoi ressemblait notre hôte, Alphonse Tabouret.
Intriguée, curieuse , je franchis le seuil des portes grandes ouvertes qui menaient à une cour. Dans la nuit noire et étoilée de Noël s'élevaient vers le ciel des lampions lumineux. C'était magique, irréel... J'en restais bouche bée, émerveillée par ce spectacle.
Des serviteurs expliquaient aux convives le principe de cette envolée. Il ne manquait pas de bonnes idées ce messire Alphonse. Offrir un tel cadeau à ses invités, c'était vraiment délicat.
Un souhait... un souhait... Zut, je n'en avais pas. En fait j'étais heureuse, comblée par l'amour et l'attention de mon petit charpentier qui tout en étant prévenant me laissait déployer mes ailes en toute liberté sans m'enfermer dans une cage dorée, amusé même des folies qui me passaient parfois par la tête. Ma vie de médecin était à la fois calme et mouvementée, assez pour me surprendre sans m'étendre sur mes lauriers. Je ne souhaitais rien de plus, puisque j' étais déjà satisfaite.
Devant une des tables, plume en main, je me retenais de la mâchonner en réfléchissant à ce que je pouvais bien écrire. Je le voulais moi aussi, voir mon petit lampion s'envoler!
Finalement j'écrivis...




Que tous les souhaits fait en cette belle nuit de Noël soient exaucés.


Aller hop, tout le monde serait satisfait comme ça. Et moi la première en admirant mon petit lampion lumineux s'élever dans le velours de cette douce nuit pareille à nulle autre. Je ne sais pas combien de temps je restais là, silencieuse, le nez collé aux étoiles avec mon petit agneau pour me tenir chaud, au milieu des quelques convives qui comme moi avaient franchis le pas pour admirer cette envolée.
Quand je tournais enfin la tête, je vis un génie! Oh, le génie dont parlait mon cavalier!
Je pris sûrement une expression songeuse, voir perplexe, puis je repris un vélin et écrivais un petit mot.




Cali de Thouars à Sabaude Renard

Si l'envie vous prend ou bien même vous surprend, d'écrire un petit mot, une citation, une pensée, ou un bon sang de juron, vous me trouverez plus haut.
Non non pas si haut, pas dans le ciel en tout cas. Bergère d'un soir, pas étoile du berger dans un ciel de nuitée.
Cali de Thouars en Poitou. Village assez petit pour qu'on y retrouve une aiguille dans une botte de foin. On me connaît, je suis le médecin du coin.

Cali
Bergère à ses temps perdus, mais qui ne l'est point


Je m'approchais du couple formé par une petite fée gracieuse dans sa robe verte et le génie à qui je confiais le petit pli.

Un Phoenix m'a chanté que vous pouviez lui glisser dans le bec ce petit message.
Je toussotais pour ne pas pouffer, imaginant la scène.
Façon de parler bien entendu. Je vous remercie par avance.

Je m'écartais un peu du couple, serrant contre moi mon agnelet pour admirer encore un peu le spectacle des feux follets dansant dans la nuit, songeant également que bientôt j'allais moi aussi m'éclipser, satisfaite de cette agréable soirée.
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Alphonse_tabouret
La main fut acceptée dans la sienne, et sans la moindre question, le faune lia ses doigts aux célestes proposés, répondant d’un sourire en coin en guise de paroles, les sabots reculant pour les noyer dans les rondes entamées des uns et des autres laissant dans leur sillage quelques échos de conversation

Pour vous embrocher de mes cornes, cher ange, il faudrait que je me rapproche bien plus, lui confia-t-il en laissant le dessein de son sourire prendre la saveur de l’épice, posant la main à la taille blanche et la ferrant avec la délicatesse ferme des danseurs tandis qu’à son tour, la menotte angélique s’appropriait le flanc animal, effilant le sourire aux lèvres brunes. Je n’ai pas pour habitude de frôler les anges, poursuivit-t-il en les entrainant dans une série de pas , « ne m’en voulez pas si je me montre maladroit… »

Au rythme de la musique, il enchaina , agile, léger, plongé quelques instants dans le duvet délicat auréolant l’angelot, porté tant par l’alcool que les courbes douces contre lui, faune se réchauffant à la chair et éveillant ses sens aux contacts les plus fugaces, préférant depuis toujours ceux qui s’estompent à peine saisis à ceux qui s’attardent jusqu’à risquer l’ennui. Le temps d’une danse, d’une respiration chaude se répercutant dans l’onde crée par le cocon de leur valse, l’œil pétillant du vin et de la malice qui s’accordaient ce soir une trêve hivernale, le jeune homme se laissa aller à contempler l’Ange masqué aux jades frémissants , ne reconnaissant pas la jeune femme pourtant déjà entraperçue quelques mois plus tôt dans le hall d’entrée et n’écorna son attention qu’un instant, dans la chute du diable entrainant le pantin sur le sofa à ses côtés.
Une seconde, peut être deux, mais pleines, absolues, il n‘eut d’yeux que pour le couple derrière sa partenaire , ou plus exactement pour Von Frayner, chat piqué au nœud même de sa curiosité par cet air qui traversait le visage au demeurant si intransigeant de Judas, et s’il ne reconnut pas Anaon dont il ne voyait que le dos gracieux et les cheveux dénoués, il discerna chez le Seigneur une expression qu’il n’aurait jamais cru avoir la chance de lire : celle de la proie, celle du prédateur dont la quête le dépasse, celle du chasseur fasciné par son propre gibier.
Suspendu, abreuvé, nourri par cette aurore au creux même de la nuit, le sourire du faune s’élargit, tranchant, diablement gai, joliment cruel l’espace d’une seconde sans qu’il ne perde le suave de son tracé, le fauve s’agitant sous les cornes du bouc, s’impatientant brusquement quand le corps, maitrisé, ne dérogeait pas à la cadence imposée par les musiciens. Le parfum de l’ange lui revint au nez à la faveur d’un tournoiement, ramenant les onyx sur le masque qui lui faisait face, quand, des escaliers menant au ventre licencieux de la Maison Basse, surgissait la nuée de jeunes gens répercutant sur leurs costumes noirs, les couleurs des lanternes attendant dans la cour, signal des douze coups de minuit quand la première volute d’air froid venait transpercer la chaleur du confinement accordé à ces quelques heures. Ralentissant la danse jusqu’à l’interrompre, Alphonse ne lâcha pourtant pas la jeune femme, réduisant au contraire la distance les séparant jusqu’à ce que le ventre frôle le tissu, cambré doucement pour ne point envahir le visage quand il en était pourtant si proche les yeux s’accordant volontairement le temps de juger la grâce des lèvres blanches à proximité , avant de demander, dans un souffle :


Savez-vous voler, Ange ?
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--Noemie
L'alcool a fait son travail voilà que la brune est bien ivre elle aurait presque envie de crier A L'ABORDAGE mais ce soir elle aborde personne ce n'est pas une soirée comme d'habitude, elle se tient sage enfin dans la mesure du possible c'est pas l'envie qui lui manque d'en croquer un ou deux pour satisfaire sa petite personne. Le chef a dit de se tenir sage alors faisons honneur, elle avance au milieu des masques et déguisements toujours cette histoire de plume et de danse d'un oiseau étrange, quant à l'histoire du génie, elle est trop ivre pour se souvenir de ce qu'il fallait faire.

Son corps vient de lui faire comprendre qu'il faut se reposer et elle s'affale dans un fauteuil, laissant son corps s'enfoncer dans le doux velours. Non, elle ne s'endormira pas non, juste un moment ou la tête lui tourne.
--Le_pantin



    *


    Le geste, comme un souffle qui la porte jusqu'au nue. Un geste, qui met Diable et Pantin au diapason, eux, qui ne s'accordaient bien qu'en écorchures. Femme se laisse entrainer, se faisant aussi légère et éthérée que son corps puisse le permettre. Mais le regard accroche avec l'intensité rare des grands moments, de ceux qui précèdent l'attaque et retiennent les souffles. Alors tension dévote dans le fond des yeux, Pantin se laisse manipuler avec ferveur.

    La toile de ses sens se déploie, comme un percale cherchant à recouvrir la moindre parcelle de ce corps qui lui fait face. Le toucher qui tente de deviner la chaleur de la peau sous l'épaisseur du cuir, l'ouïe qui s'écorche à vouloir entendre son moindre battement de cœur, sa moindre respiration. L'envie de vouloir s'approprier pour mieux se fondre au marionnettiste, le temps d'une danse qui vient repaître d'une douce ivresse ses sens laissés à la famine.

    Avidité. Avidité qui s'abîme comme on s'abime les rétines à savourer la perfection d'une œuvre d'art. Avec un appétit tout pudique et la frustration délectable de ne pas pouvoir saisir pleinement ce que l'on contemple. Mains qui se mêlent, mains qui se quittent. Le pas qui se déploie pour chasser, suivre ou s'accorder. Ce n'est pas qu'une danse qui lie deux danseurs qui savent danser. C'est les doigts du Pantin qui se pressent parfois davantage. C'est un geste un peu plus appuyé, une volte plus langoureuse. Une docilité ferme. Une fermeté tendre. C'est le corps qui parfois se rapproche jusqu'à froisser l'intégrité de la bienséance.
    Signaux imperceptibles...

    Jusqu'à l'instant où le monde se suspend. Immobile. Le visage du Sans Nom s'approche. L'aile de ses paupières s'abat sur les prunelles. Les narines se gonflent, cherchant à se gorger de lambeaux d'odeur et d'entêtants parfums. Et la caresse électrique sur le blanc de sa joue... Dans un réflexe, le visage pivote pour aller chercher les lèvres trop pudiques, mais les mains décident à nouveau d'imposer la danse.

    Vil que tu es...

    Traînée de ruban. Ballet de voiles qui se froissent, comme la peau se froisse de frissons sous la main démone. Les prunelles se font incisives et le menton se tient haut quand les narines piaffent. La kyrielle des pas s'enchaîne comme du papier à musique quand une main se perd dans ses cheveux. Surprise. La rose lui est volée, défaisant l'entrelacs de chaines et de rubans qui libère une cascade de mèches sauvages. Les yeux ronds n'ont pas le temps de se relever sur le Sans Nom qu'un croche-patte vient lui couper la chique. Pantin dans un réflexe rattrape son équilibre, mais c'est oublié le lien qui noue leurs deux poignets. Et le couple si bien rodé se voit brutalement redescendre de leur petit nuage.

    La perfection, çà ne dure qu'un temps.

    La providence a néanmoins eu la grâce d'amortir leur égo d'un sofa bien placé. La main s'appuie violemment contre le dossier pour endiguer la chute qui est déjà allée bénir le nez du Von Frayner.

    _ Diable est-il donc à ce point incapable de ne pas corrompre tout ce qu'il touche ?

    La voix est d'un reproche amusé. Un sourire vient même frôler les lèvres de lys. La dextre toujours liées à sa comparse se porte vaguement à sa coiffure pour en constater les dégâts. Contrariée ? Elle l'est un brin, assurément. Les prunelles ne réprimandent pourtant pas tant quand elles se posent à nouveau sur le Diable assis sous elle dans une position pas des moins équivoques.

    _ Incorrigible...

    Musique : "Pas le temps de vivre" de Mylène Farmer

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