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Info:
Quand Jurgen rencontre le Boss de fin d'une taverne.

Bim Bam Boum !! Baston !!

Jari
RP ouvert. C'est la baston de JD Jurgen et JD Taavi mais vous pouvez venir pour encourager, pour vous moquer, conspuer ou juste observer! Comme vous voulez mais c'est OUVERT.








Jari Mäenpää s'était fait tavernier et aubergiste. Il avait le nez pour ne pas se faire enfler. Lorsqu'il s’énervait, sa voix partait dans les aigus, et lorsqu'il menaçait, elle devenait caverneuse et gutturale, d'outre-trombe. Blond, grand et fin, il avait une figure d'aigle, du bec au regard, noir et précis.

Son auberge accueillait tout les soiffards et poivrots de fin de semaine, et ses deux chambres "de bourgeoiserie" étaient rarement occupées. Jari prévoyait des prix que nul n'avait pu descendre. Ses alcools étaient bons, il était approvisionné en tout, du riche vin de Bordeaux au whisky d’Écosse, de l'Armagnac à l'eau-de-vie russe. Le choix a un prix, disait Jari, non à tord. Bien-sûr.

C'était la fin de semaine. Quelques mineurs crasseux avaient commandé et d'ici peu viendraient d'autres clients. Jari était un parieur. Enfin, il prenait les paris et se remboursait les dégâts avec ce qu'il en récupérait.
Il travaillait avec une grosse cuisinière blonde qui suait au dessus du four, ajoutant aux plats un sel naturel. Trop imposante et trop occupée pour faire le service, Jari avait engagé, en plus, une jeune-fille dynamique, mignonette, mais plate comme une limande. Le service, c'est le service. Les extras, c'est les extras. Et la petite, elle était le service. Un "extra" aurait cassé ses os de poulet.
Jari supervisait le tout et secondait la gamine. La pièce principale était d'un carré se confondant avec le rectangulaire. Spacieux, quoi. Un bon feu, un grand comptoir, des chaises, bancs et tables frustes. Souvent, un troubadour ou autre de passage mettait l'ambiance.
Dans l'arrière-cour, pour les habitués payant comptant, Jari organisait des combats de coqs, de chiens et même une fois, contre des chats, des renards et des furets. Mais ce soir, là n'était pas la question.

La journée, chaude, étincelante de soleil, déclinait. Bientôt, le monde arriverait. Jari houspilla la grosse cuisinière, que les cris laissaient de marbre. En revanche, la petite serveuse était plus impressionnable et Jari lui collait au train. Laver verres et assiettes, positionner tables et chaises et... et juste le plaisir de la mettre en stress.

Moins d'une heure plus tard, les clients - autres que les mineurs paresseux - faisaient leur entrée, certains calme, d'autres braillants déjà.
Allez, hop! Il était temps!




Des questions sur le RP? Envie de savoir d'où ça vient? Envie de participer? Envie de "chépakoi"... Ben c'est
Taavi


Taavi était de sortie. Le boulot avait été pénible, aujourd'hui. Le blond aidait à la confection des routes pavées. Le travail manuel était le seul vrai travail valable, pour lui. Taavi n'était pas dévoré d'ambition. Un job qui mobilise toutes ses forces, qui le fasse suer, là où tout le monde ferme sa gueule, ça c'était bien. Il était bosseur et les patrons ne lui cherchaient pas trop noise.
En cette fin d'après-midi, Taavi était en forme, prêt à se biturer joyeusement. Il avait déjà taquiné le goulot avec Antonin, un gars du boulot. Un brave type, mais qui ne tenait pas sur la longueur. Le genre de mec à se faire tirer les rouflaquettes par sa bonne femme une fois rentré à la maison. Et pour Taavi, une femme, on ne la ramène pas chez soi. Une fois bien installées, c'est comme la crasse... Faut s'acharner pour la faire partir. Oh, Taavi adorait les femmes et en respectait même certaines. C'est juste qu'il ne se sentait pas de taille, le colosse, à affronter chaque jour une donzelle. Les femmes étaient des merveilles, comme l'art. Mais Taavi ne comprenait ni l'un ni l'autre.


Bärtag !! Beugla le Nordique d'un ton joyeux.
Ce mot ne voulait strictement rien dire, mais qu'importe! Il sonnait bien aux oreilles. Devant la taverne, un homme chiquant du tabac regarda le grand blond d'un air maussade. Taavi poussa la porte avec son pied, l'ouvrît en grand et entra, sans la refermer. Il avança, avec ses habituelles grandes foulées déterminées, allant d'un point A à un point B sans dévier ni ralentir, donnant l'impression de vouloir casser la gueule au point B.
Il posa son épais avant bras blond - recouvert de poils fins, très clairs, presque délicats - sur le comptoir et s'adressa au tavernier, qu'il avait déjà vu quelques fois.

Jdåg, Jari. Une bière.

Taavi en but une, puis deux, puis trois. Le colosse tenait bien l'alcool. Pas de façon extraordinaire mais il se défendait. Il commanda du pain et du jambon. Une fois, puis deux, puis trois. Le ventre déjà un peu plus plein, la soirée s'annoncerait plus longue.
Un avorton vint au bar. Un garçon presque homme dont la tête arrivait au plexus de Taavi. Ce dernier le fusilla de ses yeux bleus et grimaça un rictus. Taavi semblait toujours en colère, son attitude, sa voix, son regard.. et même ses narines qui semblaient palpiter d'une fureur contenue. L'avorton croisa son regard et baissa les yeux.

Bäärr bichmung, espèce de porpitak! Décampe.
Taavi ignorait en général les gringalets mais parfois, il aimait bien leur faire un peu peur. Les gens pensaient très souvent qu'il était un étranger - enfin, c'en était un - vu qu'il parlait un étrange dialecte. Personne ne semblait savoir qu'il n'avait aucune signification, et celui ou celle qui aurait tenté de lui arracher la vérité - ou pire, la lui exposer - se verrai condamné par l'incommensurable colère "taavitienne". Car nul ne touchait à ses origines sans s'en repentir.

La soirée avançait tranquillement et au fur et à mesure, les clients affluaient. Taavi s'était déporté du comptoir à une table où un vieux mineur avait commencé à lui raconter ses débuts dans le métier. Le blond à la pilosité corporelle tardive n'avait rien contre tailler le bout de gras un moment. De plus, il respectait les anciens. Il respectait bien plus les anciens que les hommes dans la force de l'âge, quel soit leur rang, leur force ou leur intelligence. Quant aux gosses... Enfer et damnation, Dieu, délivre-nous du Mal..!!

Le vieux continuait son petit discours, puis pris d'une soudaine envie d'écouter, il posa une question à Taavi.

Moi? Non, pas à la mine. Je travaille sur les routes en ce moment. ... Hein? Nei. Pas marié. Jamais! N'importe quel pendu voudrait ôter la corde de son cou.
Le vieillard fit une remarque graveleuse, et Taavi rugit de rire, se tapant sur les cuisses à grand fracas. Le vieux et le jeune renchérirent en se donnant des coups de coudes, éclatant de rire aux réparties les plus salaces.
Ça, ça allait être une bonne soirée!

Jurgen.
Le teuton s'en était allé, bras dessus bras dessous avec sa femme, non loin de leur camp. Ils voyageaient, ces temps-ci, et, s'ils partageaient leur tente de fine toile, ils ne se voyaient guère longtemps. Jurgen était du genre à travailler. Oh, il ne le montrait pas. Le monde entier vous dirait qu'il est fainéant... Mais le monde entier ne connaît pas le pirate.
Machinalement, il passa ses doigts dans sa broussailleuse barbe en se raclant la gorge. cette fois-ci, pas parce qu'il avait dit quelque chose de salace, ou de désobligeant. Non, la soif se faisait ressentir. Et à vrai dire, cela faisait un moment qu'il n'avait plus bu comme à l'époque où le chevalier Lyre, ce bon Robert, était dans les parages.
Il avait apprécié ces soirées, sans jamais le dire. Il avait apprécié l'homme, en le cognant, il s'était confié. Et il appréciait la future épouse du bon Robert. Mais la solitude du moment était pratiquement insoutenable pour lui, alors que toute sa vie, il avait été entouré de ses frères.


Sa femme apparaissait comme une bouée de sauvetage -une splendide bouée, peu gonflée, certes. Elle lui sortait les idées nauséabondes de la tête, en ignorait les cicatrices, pansait ses plaies, empêchait bien des infections. Et au fond, il le lui rendait bien. Il s'était battu pour l'épouser. Il s'était acharné à contourner leurs lois pour qu'elle puisse les suivre. Il avait dit les mots. Les mots qu'il était difficile de sortir, bien qu'ils correspondaient parfaitement à ses sentiments. La vile Sirène qu'était l'héritière lui avait tout pris. Elle gardait tout au creux d'elle, sauvage. Elle lui avait pris ses secrets, elle lui avait pris ses habitudes, ses catins, sa fierté, parfois. Elle lui avait tout pris, mais ce fut pour son plus grand bonheur.

Il se refit les moustaches rapidement, et marcha lentement vers la taverne la plus proche. A vrai dire, il en avait écouté les éloges qu'on en faisait, et s'il y avait un amateur d'alcool, c'était bien Jurgen. Il avait traversé toutes les mers. Il avait pillé des villes costières aux marchandises aussi somptueuses que chères, et avait bu à l’œil des alcools fortifiants, finissant parfois au bord d'un port sans se souvenir de sa provenance. De son coude, il poussa la porte, accordant à sa Sublime un sourire, dévoilant ses dents mal alignées -chose rare. Une petite révérence exagérée, accompagné d'un "D'moiselle", et il lui emboîta le pas jusqu'à une table, non loin d'un blond. Typiquement le genre de personne que Jurgen adorait. Avec de la gueule, avec du chien, avec cette étincelle de m'enfoutisme dans le regard. Et pourtant, il ne le regarda que quelques secondes avant de s'affaler sur une chaise et de tourner son visage vers le tavernier.


-Zwei Deux quoi? Peu importait. deux quelque chose de bon, de fort et de désaltérant -le désaltérant en option. Il avait pointé son index et son majeur en l'air, sous forme d'un V. Il avait appris que sa langue n'était alors que très peu parlée, et surtout comprise et appréciée.

Il allongea ses jambes sur la table, regarda brièvement autour de lui. C'était bondé. Il fut un temps où au Poney, où il était tavernier, c'était la même chose, à tel point que l'on ne s'entendait plus parler. Demie seconde de nostalgie. Son regard se posa à nouveau sur sa femme, lorsque les eux verres arrivèrent. Il s’empara du sien à l'aveuglette, et le leva en l'air, fixant toujours sa blonde vénitienne.

-Zum Wohl, Liebe !

La saison avait changé, alors, sous ses braies de cuir -choix peu judicieux, il ne portait pas de braies de tissu, ce qui causait un surplus de sueur. Alors, mal à l'aise, il écarta un peu les jambes, pour décoller sa peau de son entrejambe, et de ses jambes. Sa chemise, quand à elle, recousue à maintes endroits, était largement ouvert, laissant apparaître la soyeuse pilosité qui recouvrait généreusement son torse jusqu'aux clavicules. La barbe, elle, était longue, ses cheveux attachés, comme il le préférait, mais de ce fait, plus rien ne cachait la cicatrice qu'il portait au cou. Et il s'en fichait impérialement. Elle lui avait aussi pris ses complexes.


*Santé, mon amour.
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Taavi


Taavi avait vidé quelques chopes avec le vieux roublard qui n'arrêtait plus de causer! Le Scandinave n'était pas bavard. Du moins, pas souvent. Il mit fin à la conversation en allant lui-même au comptoir commander. Il offrait sa tournée au mineur! Peu ambitieux et généreux, le Taavi?! Un peu, mais pas par bonté d'âme. Seulement par logique. On cause ensemble, on boit ensemble, on partage et tout... On ne va pas compter... La logique de Taavi, c'était bien son malheur. Son malheur, du moins, selon les autres, c'était également qu'il fonçait tête baissée. Il ne tournait jamais autour du pot. Défaut ou qualité qui en tout cas, en faisaient un mec entier. Quant à l'argent, Taavi n'avait jamais ressenti le besoin d'en avoir plein. Et il n'avait pas l'esprit retors des radins. Taavi donnait tout, ou rien.

La taverne s'était bien remplie, alors pour accéder au comptoir, Taavi se tailla un chemin à coups d'épaules. Comme un peu tout le monde, d'ailleurs, mais les siens se remarquaient plus car ses épaules étaient plus hautes. Taavi était plus grand que la moyenne mais n'était pas un géant non plus. Il aimait sa carrure imposante forgée par toutes ces années de travail. Sans vanité aucune.

Les bières allaient un instant, pas la soirée entière. Et puis, pourquoi gagner un salaire si ce n'était pour le dépenser dans de bonnes choses? Donc Taavi commanda de la vodka, l'eau-de-vie russe, à boire dans de petits verres en verre que Jari gardait précieusement. Le blond adorait les russes, leur langue, leur figure, leur façon de boire. Lui-même aurait pu être russe!
La serveuse passa près de lui, et il lui mit la main aux fesses. C'était osseux. Moche comme sensation. La fille ne s'en formalisa pas, évidemment, c'était une serveuse... Il enquilla deux petits verres qui lui firent une sensation fraiche dans le gosier. Adossé au comptoir, Taavi regardait par dessus les têtes les nouveaux arrivants. Oui, il pouvait se montrer curieux.
La lumière éclaira un instant des cheveux blonds, puis se perdit dans une épaisse barbe noire. Le genre de barbe qu'il n'aurait jamais. La sienne, blonde, était peu fournie. Il n'avait presque pas de poils au niveau des maxillaires, mais assez au menton pour les tresser. Le barbu passa avec sa jolie gamine, s'attablant. Taavi se remit face au comptoir, commandant deux autres "russes".

Par dessus le tumulte, il distingua la voix "étrangère", qui résonna agréablement à ses oreilles. C'était clair, sans fioritures.

Encore, Jari. Pressa Taavi.
Mais le tavernier était déjà ailleurs et il l'ignora pour prendre la commande de l'homme barbu et de sa blonde. Bien jolie gamine. Il n'attarda pas son regard. Mais à nouveau, le parlé de l'homme tiqua à ses oreilles. N'y prêtant plus attention, Taavi se pencha par dessus le comptoir et attrapa la jeune serveuse par le col.

Kappik! Ressert-moi. Dit-il en la relâchant.
Un autre petit verre suivit.

Jari
.




Des gens, des gens et de l'argent! Pour que l'un donne l'autre, il fallait suivre. Jari s'activait autant que Tina, sa jeune serveuse. Servir ici et là, répondre à quelques questions, empocher l'argent.
Jari était plutôt fier de son établissement. Ouvert depuis peu, mais comptabilisant un bon nombre de fidèles. Bon, sa taverne n'était qu'un bouge sans grande classe externe, mais il y servait de la qualité! Jari n'arnaquait pas ses clients. Il proposait deux "menus d'alcool" ; le Mineur pour les petites bourses où les palais ingrats se contentant d'eau à la bière et autre alcool coupés et frelatés. Son second "menu" était curieusement nommé l'As. Les prix suivaient la qualité de l'alcool.

Jari servit un colosse blond, Taavi. Il l'avait déjà vu brièvement. Même qu'une fois, il avait failli lui refaire son bar! Heureusement, la bataille s'était poursuivie à l'extérieur. Ce mec avait écrit sur le front en lettres rouges qu'il voulait tout casser. Ce n'était pas le premier que voyait Jari!

Mince, peu épais, filiforme, le gérant se faufilait partout, bien qu'en général, on lui laissa la place de passer de front.

- Zwei.
Jari se dirigea vers le grand barbu. Il fallut deux secondes au professionnel pour le détailler. Ce n'était pas sa fille. Il voulait quelque chose de bon et de fort. On avait failli l'égorger où le pendre. Et ses couilles collaient à ses braies. Ah. C'était un étranger. Et il ne se rasait pas. Inutile de préciser?
- Connaissez-vous l'eau-de-vie russe, à base de pommes de terre fermentées ou de céréales? Certains la prétendent polonaise. En tout cas, c'est délicieux! Fort, mais agréable. Deux verres?

Jari veillait sur ses verres en verre comme sur la prunelle de ses yeux! Lorsqu'il les sortait, il demandait à Tina de veiller sur eux. La petite avait du mal avec tout ce travail mais essayait!
De son côté, Jari fut houspillé par Taavi, qu'il ignora. Il sentit son regard peser sur sa nuque. En tant que tavernier, il se laissait peu impressionner et son favoritisme allait aux riches, non aux puissants!

- Kappik! Ressert-moi.
Jari passa derrière le comptoir lorsque les pieds de Tina ne touchèrent plus le sol. Ce n'était pas un phénomène inhabituel. Tina était une bonne fille, bosseuse. Une fois les deux petits verres et le quart de bouteille en main, Jari retourna à la table. Il tentait toujours - ou presque - de refiler à ses clients plus que leurs simples consommations. Il apportait une bouteille ou moins et les laissait se servir. Le prix d'un verre étant inscrit à l'encre noire dans sa tête - et sur le tableau - il avait tout intérêt à laisser ses clients boire plus qu'un verre. Dans ses précieux verres en verre, qui coutaient aussi cher que l'alcool qu'ils contenaient.

Darria
Le temps s’égrenait au rythme de son amour inconditionnel pour Jurgen. Lorsque les quelques économies commencèrent à se tarir, son homme goûta les affres du labeur. Une missive aurait suffit à faire couler l'or, mais la fierté du pirate ne souffrait guère une quelconque aide de la richissime famille de son épouse. Il l'abandonnait des journées entières, elle fit les frais du commun des mortels. A l'exorde,elle apprécia la vie de la plèbe avec une certaine asthénie, guettant le retour de son homme et noyant son ennui dans le fond d'une chopine égayée par la bonne ambiance paloise.


Mais très vite, Pau mourut dans un relent de désolation et de morosité. Les tavernes, les tripots, les marchés furent désertés, et l'Ambroise ne sut plus où traîner sa jolie carcasse.


La vanité étrangla dans un premier temps cette oisiveté envahissante. Et dans le secret de leur foyer modeste, elle tenta, vacuité superfétatoire, de recréer l'écrin de sa noblesse oubliée. Des heures elle cajolait sa peau légèrement hâlée par le climat du sud, berrichonne au teint de marbre, le miel des rayons diurnes lui allait à merveille. Elle brossait des heures l'or et le feu de sa longue chevelure vénitienne, héritage inestimable du sang Ambroisien qui donnait à ses femmes des crinières à faire pâlir une couronne princière. Elle se grimait derechef en jeune héritière, sortant des coffres les quelques toilettes qui avaient survécu à sa nouvelle vie. La beauté des velours et de la soie l'étourdit et la rassura, La noble était toujours là.


Mais bientôt son reflet la rebuta. Les cols de dentelle l'étouffaient, et c'est avec heur que Darria troquait ses oripeaux contre la légèreté d'une chemise ample et d'un pantalon qui la rendait libre de tout mouvement.


Son mari rentrait le front luisant de sueur, tandis que ses mains blanches trahissaient son apathie et son orgueil. Dès lors elle ne paressa plus et dès l'aube, elle partait s’entraîner, courir, manier les quelques armes qu'elle possédait, sculptant son corps de liane. Le midi, la jeune fille se rendait à l'Eglise pour aider la paroisse et ainsi ses journées furent remplies, et elle ne sentit plus tel un parasite.


Ce jour fut de repos, et Jurgen se proposa de l'emmener en goguette. Lovée contre son flanc, le minois éclairé par un sourire radieux, elle le suivit jusqu'au bouge où ils trinquèrent. Jurgen la faisait rire par son naturel, ses maladresses. Elle le trouvait courageux, et il avait cette insolence et ce mépris teinté d'humour qu'elle admirait.


Il l'avait sauvé d'une vie d'ennui et faux semblants. Il l'avait sauvé d'elle même, de la dépression et de la mélancolie dont souffraient toute sa famille.



Zum Wohl mein Herz. Quand nous rentrerons, je te rendrais ivre mais pas d'alcool...


Une moue mutine , un remerciement pour le tavernier qu'elle regarda à peine, perdue dans la contemplation de son grand amour, avant de se brûler le gosier à grandes gorgées d'eau de vie russe.
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Jurgen.
Oh ! Ce regard de biche, cette voix, ces cheveux, son cou, sa poitrine... Tout le rendait fou, et les battements de son coeur se firent plus rapides et la chaleur s’emparait de lui à nouveau. Il n'avait guère prêté attention au tavernier, simplement à ses paroles, il avait hoché la tête. Jurgen n'avait rien de la richesse de sa femme, sa richesse, c'était elle, et ça s'arrêtait là. Pourtant, il accepta l'alcool, ne pensant même pas une seconde au fait que cela pourrait lui coûter la peau des fesses.

Il sourit à sa Darria à ses mots.


-Va falloir m'en dir' plus, Liebe...

A nouveau un sourire taquin, ses jambes se reposèrent à terre, et ses coudes sur la table, il bu le verre rapidement, et grimaça.

-Schei*s' !

C'était fort. Mais il trouva la chose si bonne qu'il repris la bouteille et resservit sans attendre deux verres. Il poussa celui de sa belle jusqu'à sa main gracieuse et atrappa le sien qu'il bu cul sec.


-Gott, c'la deuxième merveill' du monde! Il passa la langue sur ses lèvres. J'ai du mal à croir' qu'c'est fait 'vec des patates, tiens.

Ce soir, il boira à outrance et finira probablement complètement cuit. Au bout de quelques minutes, déjà, l'alcool lui montait. La chaleur revint et la vue se troubla un peu. Il regarda autour de lui. Il y vit des hommes. Beaucoup d'hommes, et, comme à chaque fois qu'il avait bu, il scrutait leur gorge, les battements de la jugulaire avec une certaine admiration. Depuis qu'on lui avait partiellement ouvert la gorge, à l'âge de huit ans, le teuton avait cette passion, cette petite folie qu'était égorger et cacher des gens. Hommes, femmes, enfants, bien qu'il ne laissait pas paraître la chose. Et depuis sa rencontre avec l'héritière, il tuait moins. Ou du moins: Moins pour rien. De manière générale, il accordait à ses meurtres le motif de la justice. Il trouvait toujours une raison.
Son regard se porta sur le blond, occupé à martyriser la serveuse. Il ricana brièvement et se mordit la lèvre.

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Taavi


Et une, et deux, et trois. Très bon ces petits verres! Ça passait tout seul. Ce serai criminel de s'arrêter! C'était bon, mais c'était fort. Pour en avoir un autre, Taavi frappa fort du poing sur le comptoir, faisant jaillir des gouttelettes, car quel digne comptoir reste propre?! Taavi barrit à l'adresse de la serveuse, Tina :

Touk touk! Encore!
Il commençait à s'échauffer tout doucement, car lorsqu'il buvait, il lui fallait de l'action. Quelqu'un à martyriser, une fille à soumettre, un copain à qui causer, un type à taper... Et là, c'était le néant. Malgré la foule. Triste monde! Cela ne pouvait pas durer!
La plus proche de lui était la serveuse plate. Elle n'était pas très drôle, si ce n'est ses petits cris de rongeur quand il criait. Taavi ne frappait pas les femmes, en général. Selon la circonstance, il pouvait les violer, mais évitait de les frapper. La cruauté n'était pas son fort. En règle générale, il préférait les prostituées.

Här, vaktmästare! ... J'ai dit ici, serveuse! Sotte.

Un petit ricanement condescendant se fit entendre dans son dos. Taavi se retourna brusquement, son coude heurtant le comptoir et renversant la bière d'un inconnu. Qui avait osé?
Le barbu. Il avait ri de lui ou bien? Les yeux bleus de Taavi fouillèrent brièvement ceux de l'impudent inconnu, à la recherche de la vérité, même si c'était inutile. Ses narines palpitèrent, une veine battant la mesure à son front. Il n'allait pas falloir le chercher longtemps pour le trouver.
Un bruit lui fit quitter des yeux le noiraud de la barbe. La petite sotte l'avait enfin servi. Il but, sans doute trop vite car le breuvage coula sur son menton poilu. Agacé, il souffla bruyamment par le nez et grommela des mots indistincts. Ses yeux d'un bleu de glace parcoururent les personnes présentes. Peu de femmes, peu d'hommes "tentants". Que des poules mouillées... Sauf peut-être le brun, qui avait le regard franc et l’attitude d'un homme qui ne s'effraie pas d'un rien, qui a vécu. Sa façon de se tenir en témoignait.
La chemise humide de bière, l'haleine puant l'alcool mais la démarche encore aisée, Taavi était décidé à lui rentrer dedans, au barbu. Tôt ou tard. Il s'adossa au comptoir pour mieux embrasser la pièce du regard.
Il avisa la petite blonde vénitienne du barbu boire le breuvage russe. Sa voix était aussi douce aux oreilles que le gras de canard l'était au palais. L'homme brun lui jetait des œillades amourachées, lui souriant. Un fin rictus pointa sur le visage du blond. Les femmes. La plus grande faiblesse des hommes.
Taavi le regarda boire l'alcool fort et ne chercha pas à retenir sa remarque, qu'il ponctua d'un sourire tordu :

Ton Papa ne devrait pas te laisser boire un alcool si fort..!

Marlha


La nuit était jeune, la lune ronde et pleine. J'avais terriblement envie de me changer les idées. Mes pérégrinations en ville me menèrent forcément à la porte d'une taverne. S'échappait de la fumée, des éclats de voix et des rires par les fenêtres ouvertes. J'entrais.
J'aimais l'ambiance des tavernes, mais je préférais y être accompagnée. Ma silhouette et ma blondeur pâle m'attiraient les sales intentions masculines. Aussi mes deux dagues ne me quittaient jamais, l'une contre mon flanc, l'autre à l'intérieur de ma cuisse maintenue par un cordon de cuir.

Salutations! Lançais-je à la cantonade, bien plus par habitude que par espoir d'une réponse.

Je me taillais un chemin jusqu'au comptoir où je tentais de faire signe au tavernier, ou à la serveuse. Elle semblait trop prise par ses mastodonte blond puant la testostérone alcoolisée. Il avait l'air d'une brute. D'une brute épaisse.

Ohé! Pourrais-je avoir à boire? S'il vous plaît!
Le "gros" blond frappa du poing sur le comptoir, m’aspergeant au passage. Je lui lançais un regard furieux puis reprit mes gesticulations vers la serveuse. Que fallait-il faire ici pour attirer l'attention?!

Isleen
D’un point de vue extérieur, l’irlandaise n’avait pas tenu très longtemps la bonne résolution qu’elle avait prise d’éviter les tavernes dites "à emmerdes ". Vous savez celles ou vous ressortez avec, dans le meilleurs des cas, un bleu ou deux parce que vous avez eu le malheur de vous trouver entre le poing d’un gros costaud et le visage d’un autre grand costaud. Et dans le pire des cas ? Et bien vous ne ressortez pas ou si mais les deux pieds devant.

Mais de ses mirettes à elle, elle avait tenu bien trop longtemps, et aujourd’hui, l’ennui le plus profond avait eu raison d’elle, de ses vœux pieux, il lui fallait de l’action, de la vie, du naturel, exempté de manières, de regards de faux culs, une bonne baston entre hommes à regarder. Ça lui rappellerait son pays natal à l’irlandaise, ou tout prétexte est bon pour finir en bagarre. De la vie, de la testostérone, elle voulait même bien foutre la merde pour la déclencher, suffisait de pas grand-chose…juste de titiller l’égo masculin. Pour ça qu’elle était là , qu’elle entrait ici lieu, pour avoir un peu de vie, et combattre l’ennui mortel qui la gagnait.

Laissant se refermer la porte , Isleen, ses braies, sa chemise, ses bottes noires, et sa crinière de feu, après un rapide parcours de la salle de ses onyx, se pointa à son tour vers le comptoir. Léger sourire appréciateur, il y avait du beau monde ce soir. Prometteuse soirée en perspective, et personne de sa connaissance, encore mieux.


Dia dhuit la com’pagn’ie ! Un ve’rre d’wisky pour moi tavern’ier...à moins qu't'es du po'teen* ?

Onyx posés un instant sur lui, pour bien lui faire comprendre qu'elle voulait pas un truc coupé à l'eau, avant de les tourner légèrement vers la salle, gardant dans son dos le comptoir. Théodrann le lui avait appris, être toujours armé, et toujours garder du coin des yeux les potentielles menaces…comme le grand blond, ou le brun là non loin, les explosions de testostérone ça peut vite partir !

*poteen : alcool irlandais très très fort !

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Jurgen.
Papa? Putain, ça allait chier. Jurgen ne fit qu'un bon pour se tenir bien droit et debout. Il s’efforçait de garder sa jambe boiteuse bien droite, pour ne pas paraître faible. Il l'avait reluquée. Il avait probablement imaginé tout un tas de choses qui mettait en scène leurs deux corps nus, et ça, Jurgen ne pouvait le supporter. Si elle était sa force, elle était aussi sa faiblesse. Elle était celle qui lui faisait, sans le vouloir, couper des doigts à des gamins aux yeux trop posés sur elle, elle était celle qui le rendait fou lorsqu'on posait ne serait-ce qu'un oeil borgne sur elle.
La fureur montait, et il se gratta nerveusement le cou. La cicatrice. C'était lorsqu'il était nerveux. La bouteille avait été bue et il ne restait que quelques gouttes au fond. Il se rattrapa à une chaise aussi adroitement qu'il le pouvait et fit quelques pas vers le blond. Il était grand, et fort, mais Jurgen s'était déjà battu contre Alarik, la Montagne de Bavière, et il en était ressorti vainqueur. Il n'avait jamais douté de sa capacité à tuer plus fort ou plus grand que lui, mais sa confiance lui jouait parfois des tours. Sa main était encore prise dans un bandage: la blessure était longue à cicatriser, et pour cause... On lui avait transpercé la paume de la main avec un coutelas. Et qui avait fait ça? Darria! La vile Sirène ! C'était à la base un petit jeu sorti de l'imagination de l'Inséparable, le fou et.. ami. Le but avait été de poser sa main, et d'attendre que l'autre passe le coutelas entre les doigts, le plus rapidement possible. Et sa femme avait été maladroite: Elle aurait pu lui couper un morceau de doigt, lui briser le pouce, mais la lame avait dévié sur la paume, et cela ne jouerait pas en sa faveur ce soir.

Car Jurgen en était sûr, combat il y aurait. Il fixa de ses yeux verts enfoncés dans ses orbites, sourcils froncés, le blond.


-Was?! Was hast du gesagt?
-Quoi? Qu'est ce que tu as dit?


Le teuton leva son majeur, les autres doigts repliés. Action un peu ridicule, car le but de ce geste était de montrer son alliance, et d'ailleurs, il ne se rendit même pas compte qu'elle n'était pas à ce doigt. Il releva un peu plus la tête, puis cracha, dans le but de viser la figure du blond.

-C'ma femme, la donzelle. Tu la r'garde pas, t'l'as touches pas, t'imagines rien 'vec, et t'l'insultes pas. T'as mêm' pas l'droit d'y penser.

Il avait plein d'autres choses en réserve, et ignora d'ailleurs les deux entrées successives des femmes. Pourtant, il avait relancé les hostilités en crachant, il en était bien conscient. Après ces quelques minutes, sa tenue l'abandonna, et sa jambe fléchit sous son poids, si bien qu'il se tenait presque entièrement sur la jambe valide. Il lança un bref regard à son épouse, accompagné d'un sourire tout aussi furtif.
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Darria
Darria avait quelques qualités : elle était douce, elle était patiente, elle était généreuse. Sa bienveillance et son amour d'autrui la poussaient toujours à tendre la main. Elle était belle, noble, gracieuse. Sa peau fleurait bon la vanille.


Autant dire des foutaises quand on est une femme et qu'on fait partie d'un équipage composé de pirates sanguinaires. C'était plutôt même le contraire. On lui aurait sûrement moins reproché son sexe, si elle avait été de ces femelles à la carrure robuste, aux paluches énormes et à la gueule cassée.


Mais elle apprenait vite. Et avec le temps, par nécessité, elle s'était forcée à aimer les magouilles, les bastons, et le goût du sang. Elle violait sa nature tous les jours en suivant Jurgen dans ses mauvaises actions. Mais elle se serait-elle même amputé d'un bras pour pouvoir demeurer auprès de lui.

Discrètement, la jeune fille plaça un poignard dans la manche de sa chemise trop large, dès fois que la testostérone bonne enfant laisse place à un drame bien sordide. Des hommes, elle en avait tué presque une dizaine pendant la guerre de Pau. Elle n'avait plus peur de souiller sa lame d'écarlate.


Puis elle se hissa sur le bord de la table, et offrit un sourire mutin aux personnes présentes tout en agitant une bourse qui au son, semblait pleine.



Je prends les paris. Je mise 50 écus sur le brun. Et vous autres ?


La petite bourse de cuir contenait 2 écus et quelques cailloux. De plus, elle n'avait aucunement l'intention de respecter les gains. Juste rapiner quelques pigeons et prendre garde que son mari ne se fasse point trop amocher.


Elle lui adressa un sourire confiant, de ces sourires radieux qui transmettent amour et confiance.

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Jari




Jari Mäenpää le tavernier n'était peut-être pas français de souche mais sa langue l'était! Et tout ces étrangers, c'était abusé! Oh, Jari n'avait rien contre les étrangers, il les aimait bien, c'étaient souvent de bons buveurs. Mais les meilleurs étrangers sont ceux qui restent dans leur pays. Jari n'allait pas dans le pays des autres jouer l'étranger!!
Entre le gros Taavi et le grand barbu, Jari ne savait pas où donner de la tête! Sans parler de quelques espagnols. Quelle langue horrible. Tout semblait couler, telle une source un peu capricieuse. Ce n'était rien comparé aux italiens dont la langue était un torrent que des caillasses ne calmaient pas! Les italiens étaient une plaie.

- Ohé! Pourrais-je avoir à boire? S'il vous plaît!
- Dia dhuit la com’pagn’ie ! Un ve’rre d’wisky pour moi tavern’ier...à moins qu't'es du po'teen ?
- Yohoho, j'arrive mes donzelles!
Cria Jari.
Ses yeux noirs et effilés se posèrent sur la rousse. Il était convaincu que ces femmes portaient l'empreinte du démon et évitait de les contrarier. Sans doute Lucifer lui avait-il appris la langue des Enfers... Elle roulait et ondulait comme une vague diabolique.
Passant derrière le comptoir, le tavernier avisa la blonde. Mignonne. Il lui servit une bière commune associée d'un salut de la tête. Les yeux noirs de la rousse - tels des onyx - se plissèrent vers Jari. La rousse attendait qualité.

- Désolée m'dame, pas de Poutine ici. J'ai un bon whisky d’Écosse ou du whiskey d'Irlande. A votre convenance..
Pas de Poutine.. dommage. Le Poutine voulu devait être une diablerie. Mais Jari n'avait que de l'eau-de-vie ambrée d’Écosse ou d'Irlande. Les originaires de ces pays y voyaient une différence capitale et s'offusquaient que l'on put confondre... Ma foi!

Taavi tapa fort du poing sur le comptoir pour commander à boire. Ce mec avait du mal à sourire, ce n'était pas un tic naturel chez lui. Manifestement, il s’énervait. Vu la populace, Jari ne pensait pas un seul instant à retrouver sa taverne en l'état. En cas de bagarre, il se jugeait légitime comme bookmaker. Les bénéfices pris sur les paris lui serviraient à remettre l'auberge en état.

- Tina! Au nom du Dieu à une couille, range les verres!! Cria-t-il à sa serveuse.

Passant entre les gens, Jari entendit la remarque de Taavi. Comme la réplique du barbu, un charabia incompréhensible, qui avec ce ton furieux, aurait pu provenir d'une bouche d'égout. Bouche dégout furieuse. Jari aimait comparer les langues. Celle de Taavi semblait provenir d'une poupée de chiffon puante. Celle de la diablesse rousse.. d'une diablesse rousse.
Le barbu commença à s'agacer et des paroles magiques furent prononcées, mais pas de sa bouche :

- Je prends les paris. Je mise 50 écus sur le brun. Et vous autres ?

L'aubergiste tourna brusquement la tête. S'il n'était pas si pris par son travail, par son savoir-vivre - et par la peur - il aurait adoré passer ses longs doigts noueux dans cette chevelure d'un blond si peu ordinaire. Ni blond, ni roux. Plus beaux, plus purs encore. Comme les angelots. Mais elle n'avait rien d'innocent, la donzelle!
Jari regarda Taavi qui palpitait de colère, puis le brun jouant avec ses doigts, très mécontent aussi.

- JE prends les paris! 50 écus sur le brun ma p'tite dame! Je mets 50 sur le blond! Qui dit mieux?! Le brun est en colère, il va se battre pour l'honneur d'une dame! Le blond est énervé, il va tout casser! Regardez-le!! Une vraie carrure de sanglier! Pariez sur lui, m'sieur-dames! Et regardez-moi ce brun! Nul homme ne peut se targuer d'une telle barbe sans savoir frapper!! Misez! Demandez Jari, je prends les paris!!
Voilà, c'était lancé. Nul coup de poing échangé pour l'instant, mais pousser au combat ne gênait pas le tavernier. Suite à ses cris, quelques clients s'écartèrent prudemment.

Taavi


Un rire malvenu enclenchant une remarque tout aussi malvenue. Le barbu sembla recevoir une décharge suite à la phrase de Taavi. Réaction qui l'aiguillonna, faisant doucement monter la pression. L'offensé était déjà debout et ne resta bancal qu'une fraction de seconde. Taavi bomba légerement le torse, épaules en arrière. Le brun fit quelques pas, Taavi aussi. Il cligna des yeux pour éclaircir sa vision un brin trouble.
L'autre se grattait la gorge, mettant en valeur la cicatrice qui la zébrait. Avisant sa main blessée, Taavi ricana. C'était cet amoché qui voulait en découdre?! La bonne blague! D'ailleurs, il essaya une feinte en montrant le plafond du doigt. Taavi n'était si bête!!

Quoi?! Quoi?! Beugla Taavi de sa voix éraillée.

Alors l'offense fut faite. Le barbu lui cracha au visage. Essaya, car le glaviot atterri sur le torse du blond, auréolant sa chemise de sa matière visqueuse.
Litet förhastad!! (petit impudent)
C'ma femme, la donzelle. Tu la r'garde pas, t'l'as touches pas, t'imagines rien 'vec, et t'l'insultes pas. T'as mêm' pas l'droit d'y penser.
Le rire du blond, tonitruant, moqueur, presque insultant, déchira l’atmosphère. Taavi vit le barbu flancher d'un côté. Quoi, il était boiteux en plus de cela? Et il sembla chercher à rassurer sa fille-femme d'un regard, d'un sourire. Un poltron. Pourtant, il n'en avait pas le regard. Donc, c'était un fou. Et les fous sont dangereux. Mais d'une taloche, on en entendrait plus parler...
Les azurites de Taavi se fichèrent dans les yeux verts de son adversaire. Il parla, mais pas fort, d'un ton neutre :

Je la déflorerais pour toi après t'avoir cassé l'autre patte, l'éclopé.

Le chemin jusqu'au barbu était dégagé. Les gens s'étaient écartés. Alors la petite surprit Taavi en pariant sur son homme. Il l'aurait imaginée effrayée, épouvantée. Jari se mit de la parti en criant à la cantonade qu'il prenait tout paris.
Taavi fit quelques pas, chancela un peu. Traître, cette boisson! Épaules rejetées en arrière, ses pectoraux saillaient sous sa chemise. Il se tenait front bas dans l'attitude combattante. Puis le boiteux était plus petit. Ses poings noueux et ses biceps imposants se contractèrent, près à la frappe. Il fallait toujours cogner le premier, c'était un avantage certain.
La langue de Taavi sembla rouler dans sa bouche, il se racla la gorge et expulsa un mollard d'un blanc verdâtre qu'il comptait envoyer en plein dans la face du barbu. Dans les deux secondes qui suivit, il lui balança une puissante droite.
Taavi visait le corps ou le visage, mais il ne savait pas positionner ses poings pour éviter de se faire mal et frappait sans songer à viser les points stratégiques. Sa force en faisait un redoutable adversaire, mais son absence de stratégie le rendait vulnérable.

Pappet



Je venais toujours dans cette taverne! On y buvait du bon! Je ne travaillais guère plus mais mes fils me donnaient de quoi vivre et de quoi faire des folies en fin de semaine! C'est que le Papé, l'était pas périmé et l'avait une bonne descente! Hé Hé! Jari me connaissait bien, il y avait toujours de l'ambiance chez lui! Je jouais de l'accordéon quand j'étais en forme, et Papé, oui c'est moi, l'est souvent en forme! Hé Hé!

J'étais arrivé bien avant les bagarreurs. Quand j'étais jeune et sûr de mes jambes, j'étais fortiche en savate! Maintenant, je jouais de la canne. Et vlan, sur ta tête, balourd! Quand on le cherche le Papé, on le trouve!

Je sirotais un pichet de vin avec des amis lorsque les évènements se bousculèrent. Déjà, une splendide créature blonde au visage qui voulait tout dire vint au comptoir pour commander, s'égosillant. Je lui fit mon plus beau sourire.

Bonjour, belle enfant. Attends donc, moi il va m'entendre, le crochu!!
Levant ma canne, j'en frappais le comptoir, ce qui eu l'effet voulu. Faut pas faire d'manières dans ce bouge! Puis arriva une rousse parlant un patois irlandais. Si, aussi portugais que j'soit, j'ai reconnu! Ma bru est irlandaise. Des têtes de mules. A elle aussi je lui sourit, impressionné.
Mazette! Du poteen?! 'Faites pas dans la dentelle, vous! Je suis Joãozinho, je...
Jari vint m'interrompre et fit montre de son ignorance. 'Videmment, pouvait pas tout avoir, le bougre! Il gueula ensuite sur Tina et je me marrais, je l'aimais bien entendre jurer! Il faisait montre d'imagination, au moins!
Sur ce, le barbu se releva brutalement, et le blond plein de muscle semblait visé par sa colère. Moi, j'avais rien vu, rien entendu.

Ho Ho!
Je reluquais la blonde en passant, sourit à la rousse et posais mes yeux sur les coqs. La donzelle parieuse semblait être la source du problème, mais m'est avis qu'elle s'rai pas là, ils se taperaient quand même.

Je la déflorerais pour toi après t'avoir cassé l'autre patte, l'éclopé.
Ouh! Ouh! Faut lui casser sa gueule pour ces mots! Il est grand mais l'a rien da l'froc!

Pour faire bonne mesure, je tapais gentiment sur la grosse épaule du blond et ajoutais, plus bas :
Défonce-le garçon! T'aura sa femme! Fracasse-le et j'paie ma tournée.. aux frais de Jari!
Et me tournant vers les deux poulettes :
Du spectacle, mesdames. regardez-moi ça, c'est pas beau?! Ah, si j'avais dix ans d'moins, c'est moi qui leur r'ferai la face à ces guignols...
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