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[RP ouvert] Sans doute vous étais-je destinée

--Coincoin
Le canard était arrivé avec de l'Armagnac, forcément, une boisson forte ! Mais le canard ne pensait pas qu'elle allait s'endormir aussi vite ! Bon que faire, on la réveille et on l'arnaque? Le mieux était de la laisser, partir avec son tonneau, son maïs, laisser une lettre, elle ne se souviendrait plus de ses actes au lendemain, on pourrait facilement l'arnaquer.

Il resta à savoir si la troupe était d'accord, il expliqua le premier plan au barde, et expliqua son idée à toute la troupe étant donné la situation actuelle.
--Coincoin
C'était plus facile que prévu finalement, ils repartirent avec la dizaine d'écu donné à Pel, le tonneau, et ses quelques maïs. Le canard déposa une lettre, justifiant le fait qu'elle ait tout perdu.



Bon matin à vous,

il semble que vous ayez un peu trop bu hier, j'ai bien peur que vous ayez oublié ce qu'il s'est passé alors je vais vous rafraîchir la mémoire : vous avez perdu tous vos biens en les misant aux dés. Ne vous en faites pas, nous ferons bon usage de vos bien, j'espère pour vous qu'il ne vous arrivera rien.

Amicalement,

Un canard.
Ellya
C'est au beau milieu de la nuit qu'elle se réveilla, laissant échapper un juron à cause de l'ampleur du bruit des tambours qui résonnait dans son crâne. La nonnette réussit à se redresser, malgré un haut-le-cœur persistant, et son regard, quoique peu habitué à la pénombre, tomba pourtant sur le petit mot laissé.

Aux dés?!

Les mots étaient prononcés avec désespoir. Évidemment qu'elle avait dû perdre, elle n'avait jamais appris à jouer à cela.

Bon Dieu Ellya...

Si son ami Richard avait été près d'elle, peut-être même aurait-elle demandé à se faire chatouiller par le fouet pour sa bêtise. Elle balaya cette idée en se mettant debout, constatant de son propre chef qu'il ne lui restait plus rien, que sa crosse. Heureusement, elle avait dû avoir le bon sens de ne pas jouer ce précieux objet.

Son ventre gargouilla. Dangereusement alcoolisée, elle prit la stupide décision de finir son voyage de nuit jusqu'à Dijon. Elle devait rencontrer Désirée le lendemain, et souhaitait finir sa nuit sous des draps confortables, pensant naïvement que cela suffirait à lui ôter la gueule de bois.

Avant le lever du soleil, elle prit une chambre à l'hôtel. Sans même se déshabiller, elle s'endormit sur la couche. Le réveil fut encore plus violent que le précédent. Deux personnes l'entouraient.


J'vous dit qu'elle a pas payé! C't'à peine si elle m'a écouté quand j'lui ai dit l'prix d'la chambre! 'Voyez bien qu'elle est ronde comme une queue d'pelle!

La religieuse reconnut vaguement la tenancière et lui adressa un sourire contrit, se retenant de régurgiter son repas de l'avant-veille sur leurs pieds.

Voyez-vous cela.


L'homme de loi se lissa sa moustache, qu'il avait fort belle.

Allez debout. Les canailles finissent leur nuit au trou.

En meilleure condition, la Duranxie aurait surement répliqué avec verve. Mais sur l'heure, elle se laissa attraper comme une poupée de chiffon, et traîner jusqu'aux sous-sols de la Sénéchaussée. A peine arrivée dans sa cellule, elle ne retint plus les nausées et s'épancha dans un coin.

Les heures passèrent, laissant la nonnette cuver dans un semi-sommeil bien agité. Quand elle reprit enfin conscience de la réalité, plusieurs émotions se bousculèrent. Le dégoût, la honte, l'inquiétude déferlèrent sur Ellya comme autant de vagues impétueuses.

Elle finit par se mettre debout et réclama aux gardes de quoi écrire, qu'on vienne la chercher.




Mon amie,

Venez me chercher en prison, par pitié.
Ces imbéciles de soldat ne croient rien à mon histoire. Sous prétexte que j'ai osé dormir à l'hôtel sans avoir de quoi payé la nuit, ils m'ont mise derrière les barreaux. Mais j'allais les payer, bien sûr! Plus tard, voilà tout.
J'ai honte de faire une arrivée comme celle-ci, mais l'idée de dormir dans cette cage cette nuit me répugne. Je ne savais pas à qui écrire d'autre.

Je vous en prie, aidez-moi.

Ellya.


Une fois le courrier parti, elle se laissa retomber au sol, abattue. Elle avait compté faire une arrivée plus décente. Elle prit également conscience qu'elle avait, avec ses autres affaires, perdu le présent qu'elle réservait à sa lorraine connaissance.
Elle soupira.

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Desiree.
Ouvrez !

La voix est sèche. Froide. Un brin méprisante. Hautaine, en tous cas, et autoritaire, sans conteste.
La blonde a reçu un message désespéré, quelques minutes plus tôt.
Un message qui l'a tellement outrée qu'elle n'a pas pris le temps de se changer pour sortir.
Elle a donc noué une cape sur sa robe d'intérieur en soie, et est sortie dare-dare, accompagnée par un valet en livrée aux couleurs de la maisnie Montbray-Sempère.
Elle prenait quelques libertés avec ses patrons quand ça l'arrangeait. Comme là par exemple, pour se faire ouvrir les geôles plus vite encore.

A la prison donc, elle avait sèchement déclamé :


Je suis la Première Dame de compagnie de sa Grandeur la Comtesse impériale de Solms, et vous retenez ici une de mes amies.


Curieusement, quelques secondes plus tard, toutes les portes s'ouvraient devant elle.
Les quelques écus d'or qu'elle avait posé sur une table avaient du favoriser un a priori positif, allez savoir.


Ouvrez !
Et la porte s'ouvrit, donc, sur la blonde au visage ravagé.

Ellya ?

Enfin !
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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
Ellya
La simple évocation de son nom par cette voix inconnue suffit à la faire se redresser. Machinalement, elle lissa les plis de sa jupe et passa une main nerveuse dans ses cheveux bien trop courts pour une femme de sa naissance. La Duranxie fit un pas, suffisant pour apercevoir enfin le visage de sa sauveuse.

Dieu qu'elle aurait aimé la rencontrer dans une situation plus flatteuse! Sur une allée fleurie de la capitale bourguignonne, ou attablée dans une taverne chaleureuse. Elle aurait porté une de ces robes de la dernière mode, démontrant son statut de bourgeoise, statut qu'elle oubliait parfois même posséder. Peut-être même se serait-elle aspergée de son parfum à la fleur d'oranger qu'elle s'était procurée auprès de la Reyne des Pois, un an plus tôt. Et, évidemment, ses premières paroles auraient été gracieuses et pleines de bon sens. Il aurait fallu faire impression!


Par le Créateur...

Son regard encore vitreux par l'alcool tomba sur l’œil unique de sa blonde inconnue. Avec l'excitation de la rencontrer enfin, la religieuse en avait oublié les malheurs de son amie. Peut-être en de meilleures conditions aurait-elle eu la courtoisie de baisser les yeux, mais non, ils restèrent accrochés à l'horrible balafre jusqu'à ce que le silence devienne trop pesant.

Alors seulement les mots sortirent très rapidement dans un ordre aléatoire, tant la nonnette était emplie de gêne, de fatigue, de crainte et d'excitation mélangées.


Quelle rapidité! Si je l'avais été, nous nous serions rencontrées plus tôt, mais que voulez-vous. On m'a proposé de jouer aux dés, je crois. Vous n'allez pas le croire, mais je n'y ai jamais joué! Enfin, jusqu'à hier. Je ne saurais vous dire si la partie était belle, mais j'en sais une chose: il faut absolument que je m'améliore. Vous avais-je dit que j'avais vécu en Bourgogne? Je n'en connaissais pas les geôles. Me voilà une touriste accomplie. Fait-il beau? Je crois que j'aurais besoin d'air frais. Mon voisin de cellule n'a pas dû se baigner depuis dix mois tant il empeste. Je n'ai pas réussi à en savoir davantage, il ne sait ...

Elle s'arrêta. Il fallait qu'elle s'arrête. Pourquoi diantre se rendait-elle plus ridicule qu'elle ne l'était déjà? La religieuse prit alors un ton plus posé, un brin triste.

Que hurler. Il ne sait que hurler.
Désirée. Je suis navrée que vous ayez dû venir ici.


Sortez m'en...
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Desiree.
Il pue, en effet.

Une grimace de dégoût tord la bouche de la blondine, un bref instant.
Le regard insistant sur son visage ?
Elle s'en moque.
Elle a porté quelques mois une coiffe qui couvrait presque tout un pan de son visage.
Mais elle aimait trop les coiffures sophistiquées et à la dernière mode, et son amant de toujours - Thorvald, rencontré dix ans et deux vies plus tôt - l'avait si bien aimée une nuit durant qu'elle avait fini par préférer le regard des gens.
Celui d'Ellya ne la choque en rien.


Venez.


La logorrhée de son amie de la perturbe pas plus que son regard.
Il lui était évident que se retrouver ici choquerait n'importe quelle dame au statut un minimum élevé.


Venez, Ellya.


La voix pour son amie est douce.
Pas celle pour les gardes-chiourmes.


Écartez vous.


Elle prend le bras de son amie pour la conduire dehors. Un regard hautain est jeté à droite et à gauche, elle sait que personne n'osera l'arrêter. La balafre et l'or ont fait leur travail.
Elle l'entraine.


Vous avez l'air de quelqu'un qui goûtera fort bien un bon bain bien chaud, une bonne chemise de lin fin et un jour et une nuit de sommeil.
Et ne jouez plus aux dés, c'est un jeu de voleurs et de pirates.

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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
Ellya
Ellya eut le droit, comme promis, à un bain dont elle savoura les vertus jusqu'à ce que l'eau refroidisse. Elle ne s'était pas baignée convenablement depuis son départ du Prieuré, plusieurs semaines auparavant, et le lieu Saint n'y offrait, d'ailleurs, que l'occasion de se plonger dans le Rivet, dont l'eau était froide été comme hiver.
Elle prit de temps de laver également ses cheveux et se récura la peau jusqu'à la faire rougir. A peine sèche, elle avait enfilé la chemise apportée discrètement et, sans prendre la peine de se lover sous les draps, s'était endormie sur le lit de la chambre que Désirée lui avait désignée comme sienne le temps de son séjour.

Les jours suivants avaient été passés dans une sorte d'insouciante gaité. La religieuse avait retrouvé son allant, dorénavant habillée convenablement et les cheveux camouflés sous une coiffe assortie à sa tenue. Désirée et elle se retrouvaient souvent, parlaient de choses et d'autres comme de vieilles amies, riaient parfois. La légèreté de leurs échanges avait ce petit quelque chose d'agréable et permettait savamment à la Duranxie de retarder le moment de sa confession, car n'était-elle pas venue pour cela?

Oubliée, l'urgence de se confier.
Elle goûtait avec plaisir la tranquillité d'un autre monde.


Des achats?

Son inconnue, qui ne l'était plus autant, venait de lui apprendre qu'elle devait s’absenter pour acheter Ellya ne savait quoi à sa patronne. Désirée lui proposa alors de les accompagner.

"Nous"? Vous ne serez pas seule?

La religieuse appréciait peu la compagnie multiple, en vérité. Habituée des têtes à têtes avec le Créateur ou à la solitude de sa cellule, il n'y avait bien qu'en tavernes, où elle se faisait un devoir de sermonner ses ouailles, qu'elle ne rechignait pas à être entourée par plus d'une personne.
Mais là, elle n'était plus Sœur Ellya.


Oui, bien sûr. Je vous accompagnerai.

Comment aurait-elle pu refuser cela à son hôte? Les prochains jours promettaient d'être fort désagréables.

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Desiree.
Non point, je ne serais pas seule : je voyage pour chaperonner la jolie demoiselle de Compagnie de la Comtesse.

Voyager ? Quelle horreur. La blondine déteste ça. Les voyages lui ont toujours valu quelques blessures franchement pas jojo.
Mais puisqu'il le fallait, puisque l'Anglois avait entre les mains des lettres de change pour faire des achats, puisqu'il savait par avance que la voyage allait être fait de ricanements et de gloussements de pintade devant des soieries, autant en profiter et lui en donner pour sa peine.
Allons, gloussons !


Justine est la demoiselle de compagnie la plus charmante que nous ayons jamais eu. Monsieur le Baron lui fait escorte, mais il ne serait pas convenable que je la laisse aller seule.

Même si jamais le dit baron n'oserait toucher la blonde de son patron, bien entendu.

Et puis on va aller faire des achats pour la Comtesse et pour nous !

C'est surtout ça qui la motive, en fait. L'Atelier des Doigts d'Or est en Bourgogne, et elle n'a pas déménagé là par hasard.
Avoir le seul et unique atelier de cette qualité là dans son voisinage, voilà le vrai bonheur des futilités.
D'ailleurs, elle comptait bien y claquer une petite fortune. L'hiver approchait et il était temps de s'équiper.
Joli prétexte !


Vous verrez, ça sera follement amusant !
Une jolie jeune fille, un charmant baron qui dispose de tout un tas de sous à dépenser, et un atelier dégorgeant de soieries des plus riches !


D'ailleurs, la route avait été faite sans la moindre encombre, et ils étaient déjà arrivés, jouissant de la meilleure auberge de la ville.
Qu’allait leur réserver Mâcon ?

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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
Ellya
Quand les doutes arrivent,
La honte récidive...



Ellya se demandait ce qu'elle faisait là tout en priant en cachette dans un coin de sa chambre. Elle voulait se libérer, se confesser en partie, pleurer peut-être s'il le fallait avant de s'en retourner dans son Prieuré et d'enterrer... le passé. Voilà pourquoi elle avait fait ce chemin! Alors pourquoi passait-elle les journées entourée d'inconnus à papoter de choses futiles tout en attendant le jour J où ils iraient ensemble s'acheter des tenues qu'elle ne mettrait jamais.
Ses doigts se crispèrent sur une colère mal contenue. Avait-elle eu tort, alors? Tort de croire en sa D. mystérieuse? Souvent, elle lui jetait des regards en coin, cherchant à reconnaître dans cette femme au visage meurtri celle qui lui avait tant écrit. Méritait-elle cette dangereuse confiance?
Las! Elle n'arrivait pas à le déterminer, la Désirée étant toujours entourée de cette Justine, en effet bien jolie, et de ce Baron, dont elle n'avait retenu le nom, désintéressée. Évidemment, bien éduquée comme elle l'était, Ellya participait poliment aux conversations, souriait humblement quand il le fallait, mais n'en pensait pas moins. Elle aurait tant préféré, à la place, se calfeutrer dans une église.


Plus tard, ils se retrouvèrent tous quatre attablés. Jamais je ne parviendrai à m'épancher auprès de mon amie à ce rythme, grommela en silence la religieuse. Et il était de plus en plus difficile pour elle d'être Ellya de la Duranxie, quand Soeur Ellya bouillait d'avoir été reléguée en second rôle.
Elle finit par décider d'entrer dans le vif du sujet. Car si la nonnette était là, ce n'était pas seulement, en vérité, en quête d'un vain pardon.


Avez-vous eu vent de ce qu'il s'est passé en...

Dans quel lieu pourrait bien se passer son histoire imaginaire?

En Normandie? Je crois l'avoir lu à l'AAP.

Il fallait juste espérer qu'aucun des trois présents ne soit lecteur avide de vérifier ce qu'elle disait.

Un avocat a été arrêté et condamné. Il aurait falsifié plusieurs documents. Vous rendez-vous compte?

Elle prit une mine offensée, maîtresse dans l'art des faux-semblants quand la situation l'exigeait.

Il mérite bien sa peine. J'espère que chez vous, en Bourgogne, vous n'avez pas ce genre d'individu. En avez-vous?

La question fut posée, évidemment, avec le plus de candeur possible.

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Daemon.watson
Les deux tourtereaux nous ayant lâchement abandonnés pour aller roucouler en Italie en amoureux, c’est à moi l’Anglois que revenait la lourde responsabilité de responsable de la mesnie des Montbray-Sempère, on venait donc me trouver pour les petits tracas et gros soucis du quotidien mais chacun connaissant son rôle et sa place, rien de notable n’était à signaler. Et puisque la Lady m’avait confié une mission et que tout était calme, je pouvais me permettre de délaisser Dijon quelques jours, nous n’irions pas bien loin de toute façon, et Margue s’occuperait de l’intendance en mon absence et saurait où et comment me contacter si besoin était.

Nous étions donc partis en petit groupe, des femmes rien que des femmes, un homme d’armes, Landri et moi, il y avait là Désirée et une amie à elle que je ne connaissais pas et la jolie Justine que me devais de surveiller, chose dont je me serais bien passé mais les ordres étaient les ordres. C’est justement elle que je regardais autour de la table à laquelle nous étions assis dans cette auberge, elle était jolie Justine, belle même, pourtant elle ne m’intéressait pas le moins du monde et pas uniquement parce qu’elle était la chasse gardée du Lord, elle était trop belle, trop blonde, trop jeune, trop pure et je ne pouvais pas m’imaginer un seul instant au lit avec elle, j’avais vieilli et l’innocence de la jeunesse ne m’amusait plus, pas en amour en tout cas.

Je tournais légèrement la tête et fixais mon regard bicolore sur Désirée, toute aussi blonde mais moins belle, moins jeune, et plus du tout pure, beaucoup plus intéressante, surtout depuis qu’elle m’avait avoué n’avoir que peu goûté les plaisirs de la chair, ce qui pour une ancienne catin avait de quoi intriguer, je lui fis un charmant sourire avant de tenter de me concentrer sur la discussion entamée par la dénommée Ellya.


« Really ? Je n’en ai pas entendu parler mais je vous crois sur paroles. Ca n’a rien d’étonnant, avec de l’argent on peut tout acheter, y compris des faux documents, tous les royaumes du monde en regorgent. Par contre, il devait être mauvais ce pauvre avocat, tricher c’est mal, mais se faire prendre c’est pire encore. »

Je lui souris.

« Les curés aussi sont des crapules, on n’imagine pas ce qu’ils peuvent faire… Et je ne connais que deux avocats, l’un m’a l’air d’une droiture tout à fait correcte et l’autre... c’est ma cousine, je ne saurais l’imaginer se faisant prendre à de basses maneouvres de ce genre. »

Je ne savais pas si Elisabeth était d’une honnêteté sans faille, même si j’étais enclin à le croire mais une chose était certaine, elle était bien trop maline pour se faire prendre de toute façon.
Desiree.
Je suis bien d'accord avec le Baron.

Elle sourit, surtout vers son amie.
Des années d'une correspondance hasardeuse avaient-elles réellement permis de se connaitre ?
Pas vraiment.
D'Ellya elle savait peu de choses, hormis son prénom, le fait qu'elle avait un fils, d'un mari assez idiot pour retirer l'enfant à sa mère.
Ellya était venue pour lui parler, pour se confier, et les jours passaient, sans qu'elles ne trouvent le moment de se retrouver. D'être seule. De parler vraiment.

L’œil unique glissa vers l'anglais. Le baron intriguait toujours la blonde.
Elle le voyait peu, encore moins depuis qu'il avait été élevé au rang de baron. Mais chacune de leurs rencontre la laissait songeuse.
Il était le seul homme à pouvoir se vanter de lui avoir fait passer une paire de braies pour une balade à cheval.
Il était d'ailleurs le seul homme qui l'avait convaincue de monter sur l'animal qui l'avait si bien défigurée.
Et les bras rassurant autour d'elle quand elle sentait le monstre avancer sous eux l'avaient convaincue d'une chose : il fallait qu'elle apprenne à monter à cheval, et vite.
Mais pas trop bien, pour qu'il puisse toujours la retenir.

Son regard s'attardait trop, elle le savait, aussi détourna-t-elle l'oeil, glissant sur Justine, la mignonne, la fragile, la solide qui résistait à un comte aussi beau qu'Enzo, et Landri, le simple, le fidèle et loyal Landri, pour se reposer sur Ellya.
Étrange comme entrée en matière. Étrange remarque.
Mais qu'importe.
Le Baron a raison, même si elle aurait préféré avoir le plaisir de le contredire.


Il est triste que certains recourent à ce genre de procédé, mais je ne suis pas surprise. Des hommes louches, il y en a dans tous les milieux, même la plus haute noblesse, je le crains. Cet avocat devait être un bien piètre faussaire, il a été pris.
Je suppose qu'il aura été condamné ?

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©Linda Ravenscroft, création Atelier des Doigts d'Or.
Ellya
La remarque sur les curés avait figé sur le visage de la religieuse un sourire crispé. Elle était loin de se trouver elle-même crapule, bien que certains de ses choix fussent discutables. Elle se trouvait même très douée dans ce qu'elle faisait, ayant toujours pris grand soin de ses moutons - et pas seulement ceux qu'elle avait eus en élevage un jour. Elle priait avec dévotion, faisait preuve d'humilité dès que possible et se repentait plus que de mesure. Non, vraiment, c'était une curetone dévouée.
Mais elle était mauvaise épouse.
La remarque dudit Baron ne l'avait donc pas transpercé comme l'enfant pris sur le fait la main dans le pot de biscuits, mais avait fait surgir en sa mémoire l'image de l'horrible évêque Odoacre qui l'avait entrainée dans toute cette sale histoire. Elle s'employa si bien à le maudire mentalement qu'elle ne reprit le fil de la conversation qu'aux derniers propos de Désirée.


Condamné?
Et bien... Oui, on lui a coupé la dextre. Mais d'aucuns racontent qu'il utilise maintenant la gauche pour ses affaires.


En vérité, cela était arrivé à un malheureux maçon qu'on avait dû amputer de la main après qu'il se la soit fracassée d'un coup de marteau.


Ellya soupira. Où donc allait-elle pouvoir en trouver un bon, d'avocat véreux? Il y avait bien Mucius, qui aurait accepté gentiment de l'aider, elle n'en doutait pas, mais elle avait prévu autre chose pour lui. Et on lui avait toujours dit de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Demeurait le Lorrain, qu'elle imaginait capable de faire une telle chose, ou d'en connaitre la personne adéquate. Elle aurait préféré ne rien avoir à lui demander.
Chienne de vie.


Elle ne participa pas à la suite de la conversation, trop concentrée à tergiverser.

Le lendemain se fit plus clément. Enfin, elle vit sa chère amie seule à seule, autour d'un bon verre! Alors pourquoi ne lui confia-t-elle rien? Cette question, elle se la posait encore alors que, bras-dessus bras-dessous, elles se rendaient toutes deux à la messe. Craignait-elle le jugement de cette femme défigurée? Ou simplement de perdre son amitié?

Avec la force de l'habitude, la religieuse s'agenouilla et intima à Désirée d'en faire autant. Plus tôt, celle-ci lui avait confié qu'elle aurait un jour aimé avoir un guide, dans ses prières. Ah, comme elle avait bouilli, la Duranxie, de ne pouvoir s'offrir à elle pour cela! Comme cela lui avait brûlé les lèvres de lui proposer son aide.

Elle croisa ses mains, et commença par le blabla de base, recommandant sa famille, son fils, leur bonne fortune et leur santé à tous les Saints qui existaient. Elle enchaîna sur quelques prières plus complexes, avant de garder le silence, en profitant pour écouter les mots de son amie.
Enfin, elle tourna légèrement la tête, afin de la reporter sur la balafrée.


Confiez-moi un secret, chuchota-t-elle à son attention. Donnez-moi votre confiance. Et je vous donnerai la mienne, pensa-t-elle.
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Ersinn
[ Campagne bourguignonne ]

Malgré une pause, le bruit des sabots résonnait encore dans l'esprit des lorrains. Leur équipée, composée de 2 autres compagnons, n'était guère bavarde ces derniers temps. La déception à Genève y avait peut-être légèrement contribué, mais le Warenghien savait bien que la raison de ce mutisme ne venait pas de là. Non, il leur avait simplement avoué la raison pour laquelle il souhaitait passer par ce coin là de la France. Et si l'un de ses deux compagnons avait haussé les épaules en signifiant une presque indifférence, l'autre en avait été tellement déçu qu'il avait tenté de dissuader le Lorrain, avant de finalement préférer le silence. Situation gênante. Il fut contraint de se retirer dans son esprit. "Qu'est-ce que tu aurais du faire, Warenghien ? Mentir ? Ça n'aurait pas été la première fois... Allons, ce n'est pas comme si la manipulation te posait le moindre problème, tout de même ? ... D'où viennent donc ces scrupules ? ". Il secoua la tête pour se débarrasser de ce grain de folie qui, depuis plusieurs mois déjà, altérait sa lucidité et son raisonnement. Pourtant, le mensonge avait entouré l'ensemble de leur voyage sans poser le moindre problème à personne. Mais ça avait été un choix d'un commun accord, pour protéger leur arrivée à destination en toute sécurité. Bah. L'utiliser à bon escient, c'est ce que le Lorrain faisait depuis des années déjà. Rien n'avait donc changer. N'est-ce pas ?


[ En ville, Bourgogne ]

Et ce fut à cet endroit que leur chemin se séparait. Ils continuaient vers le Nord, pour rentrer en terres lorraines, tandis que lui allait rester quelques jours en Bourgogne, le temps de réfléchir à son projet. Retour à la solitude, une sensation toujours étrange, sans être désagréable. Après avoir déposé sa monture dans une écurie et récupérer ses effets, il partit sans détour en quête d'une auberge de qualité. Avant de s'enfoncer en ville, il devait cependant régler quelques détails de son apparence. Il était en effet plutôt lourdement chargé. Au lieu de son épée, on trouvait à ses cotés une pelle. Sa lame, quant à elle, avait été sanglé sur son bouclier, qu'il portait sur son dos. Pas question de trainer. Il voulait du calme et du confort, et vite ! Il voulait également se débarrasser rapidement de cette fichue pelle. C'est en taverne qu'il tenta de trouver quelques indices sur un logis convenable. Et c'est également là qu'il fit une rencontre extraordinaire, tant à la fois désirée qu'inattendue. La sacristine. La prieuse. Ellya. Elle n'avait pas changé, et comme bien souvent, c'est elle qui avait fini par clore la conversation et s'en aller. Si autrefois, il s'agissait surtout d'un départ parce qu'Ersinn ne donnait aucune miettes à sa curiosité, aujourd'hui, Ellya était vraisemblablement partie fâchée - ce qu'elle lui confirmait avec un courrier, quelques heures plus tard, après quelques piques et fausses déceptions venant du Lorrain. Toujours aussi amusant ! Elle ne lui avait laissé qu'un très vague indice d'où il pourrait la trouver. Elle allait diner avec une amie le midi. Une amie visiblement fort à l'aise. Quelques renseignements plus tard, il avait trouvé celle qu'on appelait "la meilleure auberge de la ville".*. C'est donc là qu'il se rendit. De toute façon, Mâcon n'était pas très grand, il aurait le temps de faire le tour. Son équipement le ralentissait seulement un peu.

Pour un début d'après midi, l'auberge n'était que faiblement remplie. La plupart des tablées étaient vides, hormis deux. Sur l'une d'entre elle, deux hommes et une femme prenaient un repas. Sans intérêt. Et sur l'autre, deux femmes étaient assises côte à côte, l'une d'entre elle était tellement bien vêtue que le Warenghien se surprit à laisser son regard trainer sur cette fort intéressante chevelure blonde... La richesse est toujours intéressante à regarder, du point de vue Lorrain... Quant à l'autre, une coiffe masquait ses cheveux, et le reste de sa tenue était plutôt sobre. A n'en pas douter, il avait trouvé le Graal ! D'un sourire, il s'en alla réclamer une chambre, avant de s'assoir à la table des dames.


Le bonjour vous va. Mon coeur est lourd, et mes peines profondes. Je cherche quelqu'un pour me confesser. Auriez-vous une adresse ? Une sacristine, ou une prieuse ? Je préfère les femmes, d'ailleurs, oui. Elles m'inspirent bien plus de vertus qu'un homme ! Et, vous n'allez sans doute pas me croire, mais elles sont bien plus discrètes, également !

Cela étant dit, il orienta un bref sourire vers Ellya, plein de moquerie et de provocation avant d'observer cette "amie" dont il avait tant entendu parler, avec fort peu de déférence.

* source : jd desiree. héhé.
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Ellya
Depuis leur passage commun à l'église, les deux femmes avaient encore eu du mal à se retrouver seules. Quand ce n'était pas la jeune Justine, c'était l'Anglois. Quand ce n'était pas l'Anglois, c'était l'autre homme encore, plus discret, mais présent malgré tout. Alors Ellya rongeait son frein, certaine que s'il en était ainsi, c'était bien car le moment n'était pas venu. Elle profitait malgré tout des journées calmes qu'offrait Mâcon, redoutant seulement les virées à l'atelier de couture qui la mettaient dans un embarras sans nom.

C'était sans compter la venue impromptue du Lorrain. Et si la surprise et le plaisir l'avaient envahie en apprenant sa présence dans la ville de Bourgogne, ils avaient vite laissé place à de la frustration et de l'incompréhension après les premiers propos échangés.

C'est donc un peu moins souriante qu'elle s'était attablée auprès de sa chère amie, un peu moins loquace aussi. Elle songea un court instant à partager la raison de son humeur avec Désirée, mais se ravisa aussitôt, préférant orienter la discussion sur la délicatesse du plat qu'on venait de leur servir.
Elle regretta aussitôt son choix quand le Warenghien apparut de nulle part, prenant place auprès d'elles sans y être invité, et manqua de s'étouffer à l'écoute de ses propos. Elle ne réussit d'ailleurs à se reprendre et à apaiser la quinte de toux qu'après une trop importante rasade de vin. Son cerveau réfléchissait à toute vitesse, élaborant la meilleure réaction à adopter. Fallait-il se montrer froide comme toute bourgeoise dérangée en plein repas et lui prier d'aller quémander ailleurs le pardon? Rire de cette plaisanterie, et le présenter à Désirée? Sans doute aurait-elle choisi cette solution, n'eut été l'agaçante réponse qu'il lui avait écrite, quelques minutes avant qu'elle ne rejoigne la balafrée.

Pis! Il sabordait tout. Il la trahissait. Et il était hors de question que Désirée apprenne qui elle était de la bouche de cet homme qu'elle fixait maintenant avec colère.


Peut-être, comme toute personne sensée, si tant est que vous le soyez, senhor, devriez-vous aller à l'église et y chercher la personne adéquate. Car je ne crois pas que c'est entre une soupe de potiron et une miche de pain que vous trouverez un confesseur.

Elle n'avait pas dite cette tirade avec autant de confiance ni de hargne qu'elle l'aurait voulu. Sur les derniers mots, le ton était même suppliant. La Duranxie savait qu'Ersinn n'était pas homme à contrarier, mais ignorait totalement comment désamorcer la situation sans que cela ne se retourne contre elle. Et savait pertinemment qu'elle ne lui pardonnerait pas s'il la démasquait.

Voudriez-vous tout de même vous joindre à nous pour le repas?

A défaut d'autre chose, elle avait adopté son plus beau sourire de convenance avant de chercher l'approbation d'une telle invitation dans le regard de son amie. Regard qu'elle reporta ensuite sur le Lorrain, priant pour qu'il se taise et fasse semblant. Comme tout le monde.
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Ersinn
Alors qu'il s'asseyait, l'extrémité en bois de sa pioche rencontra le sol dans un bruit déplaisant. Sans quitter ses interlocutrices des yeux, il entreprit de la détacher avec dextérité de sa ceinture. L'absence de dossier sur son tabouret, cependant, ne gênait pas le port de ses armes. Il prit malin plaisir à les conserver, ne serait-ce que pour agacer un peu plus sa chère et tendre amie. Non seulement il s'en délectait, mais en plus son répondant lui procurait parfois des sensations étranges, au niveau de la poitrine. Vous savez, cette petite chaleur dans le creux du ventre.

Mestre, point Senhor. Ais-je l'air d'avoir une noblesse ? Si elle devait exister, je doute qu'elle soit vraiment lumineuse. Il fronça légèrement du nez. Du reste, je vous donne raison, sur toute la ligne. L'Eglise est le meilleur endroit pour trouver ce que je cherchais. Pourtant, je ne suis pas pressé, et je vous assure que je veux un confesseur de qualité, pas celui qui somnolera en m'écoutant. Est-ce donc si insensé de vouloir chercher à se renseigner auprès de ce que je pense être la population locale ? Si je vous ai demandé, c'est que j'avais comme une intuition que vous sauriez m'aider.

Il marqua une courte pause. Très courte. Puis un doigt accusateur se leva en direction d'Ellya.

Je sais fort bien ce que vous allez dire, mon intuition est mauvaise, n'est-ce pas ? Quoique, je doute que votre audace aille aussi loin que cela.

Il n'y avait là aucun énervement, rien d'autre qu'une voix atone qui exprimait ces mots, froidement, en guise de mise en garde. Le Lorrain avait fort bien perçu la complainte silencieuse de la Duranxie, tout autant que son élan de colère et d'impertinence ! Voilà pourquoi maintenant il l'invitait, fort aimablement, à ne pas franchir certaines limites.

L'expression du Waren se radoucit, lorsqu'elle rectifiait déjà le tir en lui proposant de partager le repas. Même si ce fut une surprise, il en était également heureux. Il comptait, durant son séjour, profiter le plus possible de sa présence. Après tout, voilà près de 2 ans qu'ils devaient déjà se revoir. Et après deux tentatives, le destin les avait finalement réuni. Sûrement une oeuvre du Très-Haut, ricanait-il intérieurement. Il mourrait d'envie de formuler cela à haute voix, mais il savait pertinemment que ce n'était pas le moment pour embêter la Prieuse sur ce terrain. Patience, Warenghien, ton heure est proche !

Il reprit la conversation, après quelques instants de silence, en empruntant un ton affable, celui qui convenait si bien à son arrogante attitude.


Avec plaisir, j'accepte de me joindre à vous. Par ailleurs, excusez cette soudaine invasion de votre tablée. Je voyage seul, et un peu de compagnie est toujours plaisant à avoir. En espérant ne pas imposer la mienne. Un sourire intérieur suivait cette remarque, mais il enchaina directement pour ne pas se laisser tenter à sourire réellement. Il orienta son regard vers Désirée : Et vous, ma Dame, que pensez-vous du monde religieux ?
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