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[RP] Douze highlanders et une cornemuse, c'est une rébellion

Soren
    "Dans un trou, vivait un hobbit"... Hum... Non! Trop banale comme phrase. Impossible de commencer une histoire avec une telle phrase! Et puis d'ailleurs, c'est quoi un hobbit? Une créature sortie tout droit de ton esprit malade? Et puis d'abord, tu ne cherches pas d'abord un titre à ton aventure avant de te mettre à l'écrire? "Un voyage inattendu". Quoi? Qu'est-ce qu'il a d'inattendu ton voyage? Tu as contacté Bardieu! Il t'a dit qu'il en avait en dans ses caves et qu'il voulait bien t'en vendre! "Un tonneau pour les gouverner tous"... Ah non! Là, avec un titre pareil, on va vraiment te croire dangereux...ou ridicule! Surtout avec le fait que tu te présentes aux prochaines comtales! Et puis plus personne n'en voudra de ta bière!


- V'la m'ssire! L'cheval a été att'lé à la carriole! Croyez-moi, z'aurez point d'problème avec c'te bourrin! Y'a pas plus tranquille qu'lui dans tout l'comté y compris à Castillon! L'est habitué à tirer la charrue du père Larue! Et l'père Larue a les sillons les plus droits de tout Sarlat si c'te pas de tout l'sud du royaume! Même en Languedoc, z'ont pas des sillons aussi drettes qu'ça!

Bon! Je crois que je vais oublier d'écrire dans ce journal! De toute façon, je ne suis pas doué pour écrire quoi que ce soit: je n'arrive même pas à trouver un titre qui a de l'allure. Il va sans doute falloir que je me trouve des cours à l'université pour ça! Et ce n'est pas le fonctionnement des institutions, ni l'apprentissage du grec, du latin ou de l'arabe qui va m'aider dans ce domaine!

- Merci! Tiens! Voilà ton prix pour le cheval et la carriole! Et voilà un écu de plus pour faire porter ces messages aux personnes suivantes : Duron.fr24, Missouki, Viconia, Bioby


Citation:

    De Søren MacFadyen Eriksen
    A vous, Eleveur de mouton à Sarlat

    Sieur,

    Je ne sais si l'information est parvenue à vos esgourdes mais dans quelques jours, un grand rassemblement des écossais de France aura lieu aux abords de Sarlat. Ce rassemblement sera l'occasion de festoyer, de danser, entendre le son des cornemuses et de mesurer sa force.

    Dites-moi, savez-vous quel est l'animal que l'écossais adore avoir dans son assiette? Eh oui! Du mouton! Ne me demandez pas comment il l'apprête, je n'en sais fichtre rien. Rôti à la broche, en ragout, bouilli, en croute... Mais qu'importe! Si je vous écris aujourd'hui, c'est pour savoir si vous en avez à vendre. J'aimerais connaître le prix de votre mouton, si vous pouvez nous le vendre sur pattes ou déjà abattu. En avez-vous de toutes les grosseurs? Des rachitiques, des pansu, des american style? Je suis également prêt à vous retourner la laine en échange d'une diminution du prix de la tête.

    Dans l'attente de votre réponse,

    Fait à Sarlat, le 10 Janvier 1463





Citation:

    De Søren MacFadyen Eriksen
    A dame Celeste, propriétaire des Amazones de Sarlat

    Dame,

    J'entreprends ce jour un périple jusqu'au prieuré de Ste-Illinda. Je vais m'approvisionner en bière afin que tous les soiffards qui seront présents au rassemblement des écossais de France ne puissent pas se plaindre d'avoir le gosier sec. Pour avoir déjà séjourner à Ste-Illinda et embrasser son précieux nectar, je puis vous assurer que l'infusion de houblon de Ste-Illinda est une pure merveille? Dois-je vous en ramener un tonneau? Je suis prêt à vous faire un prix d'ami: 65 écus le tonneau. Cela vous intéresse t-il? Si oui, faites-moi parvenir directement votre réponse au prieuré. J'y serai dans trois jours. Faites-vite, je ne reste pas longtemps.

    Dans l'attente de votre réponse,

    Fait à Sarlat, le 10 Janvier 1463





- Ah! Et dis-moi l'ami :il doit y avoir une écossaise qui traine dans la ville. Tu la remarqueras vite: elle est brune, elle parle avec un drôle d'accent qui n'est pas d'ici et elle a un bandage à la jambe droite. Si tu la vois, dis-le que je l'attends à la porte Est de la ville. Elle a promis de m'accompagner jusque Ste-Illinda!

Enfin, l'accent...C'est ma façon à moi de voir les choses! Je n'aurais peut-être pas du lui signaler ce genre de détail. Si ça se trouve, pour lui, elle a un accent de paysan périgourdin fortement prononcé!

Avant de filer, Il faut aussi que je passe au service de message, que j'en sorte un corbac et que je l'expédie à Bardieu.


Citation:

    Mon père,

    Conditions acceptées! Je pars ce jour de Sarlat et me dirige vers votre lieu de repos et de prière pour venir y quérir mes tonneaux. Je ne sais encore combien je vous en prends. J'attends encore des réponses de la part de mes fournisseurs. Un petit conseil : réservez-moi vos meilleurs tonneaux si vous voulez qu'à l'avenir tout le Périgord-Angoumois s'abreuve en Guyenne, et pour autre chose que ce satané vin!

    Que Dieu vous garde mon Père!

    Fait à Sarlat, le 10 Janvier 1463




Hum...Mère a t-elle pensé au reste? J'ose espérer qu'elle ne compte pas sur moi pour prendre toute l'organisation en main. Qu'elle demande donc à mon faux-frère de faire sa part. Je le verrais bien aller dans la forêt de Périgueux pour abattre des troncs d'arbre et se faufiler la nuit dans l'atelier des forgerons pour y emprunter des boulets en fonte!

Citation:

    Ma mère,

    Pour le rassemblement des écossais, je m'occupe de la bière et du mouton. Je vous laisse le soin de faire quérir les autres fournitures. Personnellement, je verrais Jehan gambader en forêt de Périgueux, lui qui a l'habitude de courir la gueuse, pour aller couper des troncs d'arbres, lui qui a l'habitude de...Non! Laissez tomber!

    Que Dieu vous garde ma mère!

    Fait à Sarlat, le 10 Janvier 1463



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Charlyelle
Un Soay, selon ses souhaits


Quand une Ecossaise arrive en ville et se met, comme je l'ai promis au Danois, en quête de s'occuper du ravitaillement de moutons, je me dirige, à peine arrivée, droit en direction de la sortie de la ville, pour m'en aller battre la campagne.

Et c'est ce que je fais, au rythme de ma cuisse blessée à la recherche des fameux moutons qui vont servir à gaver les panses des Ecossais.

Oui mais voilà. Lorsque l'on est une écossaise, altesse princière de surcroît, qui a passé toute son enfance au sein des Highlands, comme moi, la vision du mouton recherché est particulière.
C'est que je recherche mes soays ! mouton sauvage que l'on ne trouve sur mes terres d'Ecosse qu'à Sainte-Kilda. Au Nord-Ouest de mes Highlands. De couleur ocrée pour la plupart et qu'il est même inutile de tondre puisqu'ils perdent leur laine au printemps.

J'avais simplement oublié une chose d'importance : je n'étais pas en Ecosse. Et je n'avais tout bonnement pas conscience que lorsque le Danois m'avait demandé de m'occuper du ravitaillement des moutons pendant qu'il s'occuperait de celui de la bière, j'allais véritablement avoir du mal à trouver ce que je cherchais.

Et dans l'immédiat, je me trouvais à la lisière d'un champ immense dans lequel paissaient des animaux qui me paraissaient pour le moins étranges. Tout de blanc revêtu, ils avaient des espèces de clochette autour du cou. Et j'écoutais, m'étant immobilisée, le concert on ne peut plus mélodieux des ding ding et des bêlements qui ressemblaient tout de même à s'y méprendre à ceux des soays de mes contrées d'origine.

Je décide donc de m'approcher, et je ne tarde pas à me retrouver au milieu du troupeau. Il y a là une bonne quinzaine de bêtes. De quoi denteller à volonté, pour le dépeçage, je verrais plus tard de quelle manière je m'y prendrais.
Et j'étais en pleine réflexion lorsque je crus m'étouffer de rage en voyant soudain surgir près de moi les Condottières paternels.
Oui. Ces trois Siciliens qui avaient été détachés à ma garde personnelle et que j'avais du accepter sous peine de rester cloîtrée sur les terres paternelles, là-bas au milieu des sauvages de la Principauté.

Alteeeeeeeesseeeeeeeeeeee ! que la Madre soit louée, nous vous avons enfin retrouvée !

"- Damnú air! Angelotti ! Shhhhht mais cessez donc, combien devrais-je vous dire qu'ici je suis simplement une simple voyageuse ? Mais que faites-vous ici ?"

Vous nous avez oubliés là-bas sur les terres Toulousaines, et c'est Madame la Baronne qui nous a dit où vous trouver ! Nous sommes arrivés hier et vous avons suivis. Nous serons ainsi en mesure de faire un rapport à votre père.

Je me déplaces avec difficulté jusqu'à eux. Première erreur de ma part lorsque je vois leurs regards horrifiés se poser sur ma jambe à demi-valide.

Que vous est-il arrivé votre Altesse ?

Je les regarde, puis jette un coup d'oeil sur ma jambe blessée, avant de les regarder de nouveau et de lâcher du bout des lèvres ce qui pouvait s'apparenter à quelque chose comme "- Rien de bien grave, je me suis faite agressée par un Danois !".
Je pensais évidemment au fameux "meilleur ami" du Danois que j'accompagnais présentement. Deuxième erreur de ma part, mais je n'en mesurais pas dans l'immédiat, les conséquences.

Je finis par faire part de mon ignorance.

"- Angelotti, que sont ces animaux ? "

Ce sont des moutons !

" - Vraiment ?"

Je commençais alors à inspecter les bestioles d'un air plus qu'intéressé mais également surpris, parce que ces bestiaux là n'avaient rien à voir avec les Soay de mes contrées, tout en récupérant dans ma botte, l'une des dagues que je cachais, avec la ferme intention de faire un carnage dans le troupeau.

J'avais promis au Danois de m'occuper du ravitaillement des moutons.

J'étais bien loin de me douter que contrairement à mes Soay qui sont des moutons sauvages, ceux qui se trouvaient devant moi étaient loin de l'être et que leur abattage ne ressemblait sans doute en rien à celui de mes coutumes ancestrâles...

Et merde !
Baptisé « relique », le mouton de Soay est une race très ancienne et rustique,
habituée au climat difficile, aux reliefs accidentés et à l’herbe rase de Soay. Elle a
décliné en même temps que le reste de l’élevage écossais et fut menacée de
disparition. Provenant d’une origine indéterminée, le Soay aurait été amené il y a 3000 ans sur ces îles par d’anciens occupants ou déposé là par les Vikings pour servir de réserve de
nourriture.

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Soren
- Pouvez-vous me dire ce qui vous a pris d'égorger ces mouton? Hum?

Bergerac n'avait été qu'une halte sur le chemin qui nous mène à Ste-Illinda. Les festivités approchent à grands pas et si l'on voulait prendre en compte les impondérables de tout voyage organisé, mieux valait ne pas trainer. J'avais à peine eu le temps de régler quelques formalités administratives et me conformer aux nouvelles directives d'urbanisation de Bergerac. Quelques grattouillages de plume plus tard, j'acceptai de ne plus faire exploiter telle parcelle de terrain. En contrepartie, les autorités municipales me cédaient tel autre bout de terre. Et après être passé par ce que certains appellent un chez-moi (et qui en réalité n'est rien d'autre qu'un entrepôt à choses inutiles) pour récupérer les quelques pièces d'or qui iront terminer leur vie dans les coffres de Bardieu (Il parait effectivement qu'un écu qui entre à Ste-Illinda est un écu qui reste là pour le restant de sa vie.), la charriote avait repris le chemin de la Guyenne au pas lent mais cadencé de Rebelle, fier équidé qui naguère était une créature farouche et rétive mais qui aujourd'hui n'avait plus que l'allure d'un canasson vieux et fatigué. Quoi? Oui, oui...Vous pouvez respirer. Oui, c'est promis: je ferais attention la prochaine fois à ne pas semer de phrases aussi longues que celle-ci dans mes écrits. Bref reprenons. Imaginez un peu la situation: devant un chemin de plus en plus raviné par l'eau de pluie et par les lourds charriots des marchands de Guyenne. Ceux-là même qui avec une volonté de fer essaient absolument de vendre le vin de Guyenne aux périgourdins. En haut, la pluie qui monte drue depuis le lever du soleil. A gauche et à droite, la forêt guyennoise, lieu idéal pour une petite embuscade. Mais qui sortirait par un temps pareil à part les paysans et les artisans? Et dans la charriote, un danois, moi en l'occurence, prompt à chercher des explications.

- Eh bien, c'est déjà toute une chance que l'on ait pu quitté le comté sans avoir été alpagué par la maréchaussée. Si le propriétaire de ces moutons porte plainte pour vol, on risque d'assister aux festivités écossaises au travers des barreaux des geôles sombres et fétides du Périgord-Angoumois! Peut-être que dans vos montagnes princesse on égorge qui on veut quand on veut...enfin, j'ose imaginer que cela se limite aux bestiaux en tout genre... Mais en Périgord-Angoumois, avant de sectionner les carotides d'une créature à quatre pattes, on demande l'accord du propriétaire et on paie le prix demandé pour la transaction.

Et après, on va dire que les danois sont des gens barbares, qui ne savent pas se conduire correctement dans la société françoyse. Tout ça à cause de quelques raids et quelques débordements sans grande importance qui ont eu lieu il y a plusieurs centaines d'années. Comme quoi les légendes ont la peau dure.

- Bon! Passons. On s'arrangera en rentrant. J'irai voir le propriétaire des bêtes en rentrant et je lui paierai un bon prix afin qu'il retire sa plainte. Ma mère paiera pour les bêtes. Elle a l'air d'être une notable établie dans le coin. Et puis, en tant qu'écossaise, je suis sur qu'elle doit avoir des écus cachés jusque dans sa couche! J'espère au moins que l'homme à qui vous avez confié les carcasses saura quoi en faire parce que si jamais il n'y a pas de moutons au repas, je crois que vous allez avoir un avant-goût de ce que sont les tempêtes du côté d'Hoy!

...Même si personnellement je n'en n'ai fichtre aucune idée. Il suffit cependant de voir les visages se décomposer lorsque je me présente en disant "Seurn MacFadyen Eriksen, fils de Brygh Ailean MacFadyen épouse Urquhart" pour avoir une bonne idée de son caractère.

- Et puisqu'il faut que je vous éduque, princesse, sur les coutumes locales... La ville que l'on voit devant nous à environ 3 lieues d'ici, c'est Marmande. Si vous voyez un mouton vous vous réfrénez vos ardeurs n'est-ce pas? Vous n'envoyez pas de tronc d'arbre dans la figure de vos voisins en prétextant que vous vous entrainez. Vous n'envoyez pas votre poing dans la figure de votre voisin...sauf s'il plonge sa main dans votre décolleté ou sur votre séant. Compris?

Un brin ironique sur ce coup? Hum...oui. Je le reconnais volontiers.

- Ensuite, ce sera Ste-Illinda. Il n'y a là-bas aucune mine proche exploitée. Le marché ne dispose que de peu de produits en vente alors amenez vos vivres. Le père Bardieu porte toujours une robe souillée. Mère Ellya est d'une humeur fracassante sauf si elle se lève du pied droit où là, elle se transforme véritablement en harpie. Je soupçonne que cela est dû à une ou deux verrues qui occuperait sa voute plantaire. Et Soeur-Mère Marie-Clarence...

Une ombre furtive passe sur le visage à l'évocation de Soeur-Mère Marie-Clarence. Des souvenirs douloureux d'exorcisme qui affleurent à la surface de mon esprit et qu'il faut que je chasse au plus vite. Mieux vaut ne pas se remémorer cette épisode. Mieux vaut ne pas penser à tout ce qui peut me mener à l'Autre.

- ... Je ne sais pas si elle sera encore là.
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Charlyelle
Installée auprès de lui, je l'écoute, tout en gardant mes perlées de lune à l'affût du moindre mouvement suspect que je pourrais percevoir durant notre trajet. J'ai envoyé les Condottières de mon père sur Sarlat avec le chargement de moutons que j'ai allègrement égorgé, comme dans le temps où mon clan, dans les collines de mes Highlands, organisait les grandes cérémonies durant lesquelles les bardes narraient les légendes ancestrâles, qu'ils mangeaient et buvaient jusqu'à plus soif et que ma grand-mère, donnait alors l'ouverture du grand bal qui durait toute la nuit.

Je le sens inquiet le Danois. Et un sourire apaisant fleurit sur mes lèvres. La Dentelière que je suis me penche vers le blond et lui dit sur le ton de la confidence


" - Mais ne vous inquiétez pas vous me donnerez le nom du propriétaire, vous me le présenterez et je lui paierai le double du prix qu'il souhaite pour tous les moutons que j'ai égorgé ! "

Et mentalement de me dire que pour la peine ça coûtera non pas un navire mais deux à mon paternel. Une caraque de guerre déjà prévue et un foncet tiens, ça le vaudrait bien. Le sourire se fait légèrement plus carnassier en imaginant avec plaisir la tête du Vladimissime lorsqu'il prendrait connaissance du prochain courrier que sa fille adorée va lui adresser.
Qu'est-ce j'aimerai être sur place pour le voir à demi-s'étouffer de rage.


La route s'en continue en direction du Prieuré et je l'écoute avec attention. Non mais c'est que l'air de rien, j'en apprends avec cet homme niveau culture de la région comme jamais encore on ne m' en avait enseigné ailleurs. Et puis il y a du progrès, le Danois et l'Ecossaise Balkanique que nous sommes, n'en sont plus à se regarder comme des chiens de faïence. On ira pas jusqu'à dire nous nous faisons totalement confiance l'un, l'autre mais, ça progresse.

Faut dire qu'on arrive à tenir quelques sujets de discussion et puis les moments passés en sa compagnie sont toujours instructifs.


- Et puisqu'il faut que je vous éduque, princesse, sur les coutumes locales... La ville que l'on voit devant nous à environ 3 lieues d'ici, c'est Marmande. Si vous voyez un mouton vous vous réfrénez vos ardeurs n'est-ce pas? Vous n'envoyez pas de tronc d'arbre dans la figure de vos voisins en prétextant que vous vous entrainez. Vous n'envoyez pas votre poing dans la figure de votre voisin...sauf s'il plonge sa main dans votre décolleté ou sur votre séant. Compris?

Les lunaires s'assombrissent et je manque de lui rappeller encore une fois qu'ici je suis juste une simple voyageuse lorsque je me dis que non finalement, je ne vais pas relever l'allusion. Ce n'est pas tous les jours qu'un Danois me donne de l'étiquette et puis il semble tellement heureux de le faire, que je n'ai pas l'envie au final de lui gâcher son plaisir. Après tout, il semblerait que nous soyons dans la même galère tous les deux.

Je souris alors de manière espiègle en le regardant tout en répondant de manière sereine à sa question.


" - Je ne me sers jamais de mes poings envers les malotrus qui se permettraient ce genre de geste. Malheureusement ceux qui l'ont fait ne sont plus là pour vous expliquer la méthode que j'emploies. Léger silence avant de rajouter, tout à fait sérieusement cette fois "- Bien sûr, nous parlons de ceux qui n'y sont pas autorisés. Les rares fois où je peux autoriser la chose, le galant homme n'y perd pas sa vie."

Et le regard fixé au loin, je lui demande si nous sommes bientôt arrivés. Et c'est ainsi que j' apprend certaines coutumes fort étranges qui se passent dans le Prieuré. Posant le regard sur lui je ne manque alors pas de noter le changement soudain d'expression de son visage.
Un peu la même expression que celle qu'il a eu dans ma boutique parisienne lorsqu'il a vu entrer celui qui fut son ami d'enfance.

Et je déteste lui voir ce regard là.


" Dites ? Vous l'avez eu au rabais ce bestiaud-ci ?"

Et ça, c'est juste pour lui arracher un sourire, parce que je suis presque sûre qu'il a une histoire cet équidé.

" -Il porte un nom d'ailleurs ?"

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Soren
      « Jeudi 15 janvier 1463, sur la route de Marmande à Bergerac »



On dit qu'il ne faut jamais se retourner vers le passé, qu'il faut regarder vers l'avenir et vivre le présent. La charriote remplie de bière avait finalement vaincu les chemins ravinés qui menaient à Bergerac. Oh certes, mieux valait laissait la bière se reposer un peu avant de mettre les futs en perce sans cela, nous n'en sortirions que de la mousse. Pourtant, à cet instant précis, la bière occupe peu mon esprit. Nous sommes à la croisée des chemins et moi j'ai l'impression d'être aussi à la croisée de ma vie.

- C'est un drôle d'endroit que celui-ci princesse...

J'ai arrêté notre progresser. Le bestiaux qui nous tire broute tranquillement le peu d'herbe jaunie qu'il peut trouver à sa portée et moi, je me tourne vers Charlyelle.

- Devant nous, Bergerac. La ville où j'ai élu domicile et je ne sais même pas vraiment pourquoi. On m'a dit que j'avais déménagé de Sarlat à Bergerac peu après mon mariage et que celle que j'avais épousé était restée à Sarlat. On m'a dit aussi qu'elle m'en avait voulu. Depuis, je n'ai pas quitté cette ville. Pourtant, rien ne m'y rattache vraiment. Peut-être est-ce parce que personne ne vient m'y chercher des ennuis. J'y retournerais sans doute quand le rassemblement en Nouvelle-Calédonie sera terminé.

Le chemin du présent. Bergerac.

- A l'ouest, c'est la route qui mène à Castillon. La ville rebelle. Celle qui se sent mal dans sa peau hérissée au point de quitter le comté pour quelques écus de plus. Quand je suis rentré en Périgord-Angoumois, j'y suis allé. J'y ai retrouvé ma mère. Elle avait monté l'armée des brumes. Elle défendait la liberté de ville qui voulait se franchiser, vivre indépendante.

Soupir retenu. Yeux qui se plissent, moue de déception.

- J'ai été déçu de ce qui j'y ai vu : l'armée des brumes était censée être composée de personnes destinées à mourir pour la cause. C'est stupide: on ne meurt pas pour défendre une cause. Je n'ai jamais vu un mort défendre quoi que ce soit. Vous savez? Je n'ai jamais compris les raisons de la sécession. Sans doute une histoire de querelle de personnes. Un soir, j'ai discuté avec certaines castillonnaises. Je leur disais que cette drôle de guerre sans combat n'avait aucun sens, que si l'on voulait régler ce problème, il fallait que le Périgord-Angoumois désigne son champion, que Castillon désigne le sien. Le vainqueur se pliait aux desideratas de l'autre. Certaines m'ont donné raison vous savez. On évitait les morts, les sièges, les famines, les pertes d'écus dues aux personnes qui ne travaillaient plus dans leurs échoppes ou dans leurs champs. On réglait ça bien plus rapidement aussi... Vous savez, la ville voulait être franche, mais je n'ai vu aucune initiative visant à pérenniser cette indépendance. Pas de mise en place d'une véritable justice, peu de discours publics pour expliquer la situation. J'ai vu la mairesse très peu de fois pendant tout mon séjour. Au final, les maux de Castillon sont similaires à ceux du comté. Tout cela ne vaut vraiment pas la peine. Ma mère est encore là-bas. Elle défend toujours la ville. Nous n'avons pas eu le temps de vraiment parler elle et moi. Je ne la connais guère. Juste par des on-dit. Voyez cette canne qui me sert de troisième jambe? C'est elle qui me l'a donné la première fois qu'on sait rencontré. C'était à l'hôtel Saint-Paul à Paris. Elle venait pour demander qu'on lui restitue ses terres. C'est le seul vrai souvenir que j'ai d'elle. Ce souvenir-là est antérieur à la période pour laquelle j'ai perdu la mémoire.

Ça, c'était pour l'avenir. Parce que je crois encore qu'il peut y avoir un avenir pour moi, dans cette famille que je ne connais pas. Et le passé lui? Le passé est derrière moi

- Par là, de là où nous venons...Ste-Illinda... Vous savez que j'y ai vécu un temps, reclus, après mon accident. J'avais besoin de m'isoler, de retrouver un certain équilibre, de faire le point à l'abri des jugements d'autrui.

Silence.

- Il y a quelque chose que je ne vous ai jamais dit.

Pourquoi hésiter?

- Là-bas, certaines ont prétendu que...

Si cela se sait, est-ce que je risquerai le bucher?

- ...il y avait quelqu'un d'autre dans ma tête. Quelqu'un qui prend possession de moi, de mon esprit, de mon corps. Ça, ça n'était guère une surprise pour moi. Moi, je l'appelle l'Autre. La surprise, c'est qu'elle a prétendu que c'était un démon. Elle l'en a chassé. Par un exorcisme*.

Douleurs qui remontent à la surface de mon esprit. Autant physique que psychiques d'ailleurs ces maux. Les mots que je m'apprête à prononcer sont lourdes de sens. Je ne sais même pas si je vais y arriver.

- Je ne sais pas si elle a réussi. Je ne sais pas s'il peut revenir. Parfois, je crois l'entendre encore. Est-ce mon esprit qui me joue des tours...ou bien...

* se référer au RP : Exorcisme : Le nom de la rose ou l'ombre à la lumière.
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Brygh_ailean
Dimanche 18 janvier.

La lumière commence à descendre derrière les arbres. Le Buisson Cadouin n’est pas loin. Quelques perches encore et apparaîtra au-dessus des cimes, le clocher du monastère. Il va bientôt sonner vêpres non ? Ou l’Angélus... Les souvenirs se brouillent à nouveau dans l’esprit de sœur Brigitte-Hélène, redevenue à plein temps depuis quelques mois, celle qu’elle a été tout une vie, sans même s’en rappeler : Bry’n MacFadyen. Qu’importe le nom que l’on lui donne, aucune prière ne résonne dans l’esprit de la brune. Elle est aux aguets, c’est tout. Mais c’est le cœur de l’hiver, alors machinalement, elle émet un :

Vespres...

Comme pour elle même. Sans importance. La jument noire renâcle un peu à l’approche du montjoie de Cadouin, anticipant la légère pente pour rattraper la grand route que l’équipage a soigneusement contournée. Les ombres s’étendent toujours plus longues, toujours plus menaçantes mais c’est sans peur que celle qui se fondait à la brume les aborde.

Nous nous arrêterons là, si tu le veux bien. Morrigan est épuisée...

La jument n'est pas la seule à montrer des signes de fatigue. Cela fait des mois entiers que la grande n'a pas tenu l’assiette si longtemps et à train si soutenu. L’automne à patauger dans la rivière et à ses abords, elle le sent dans les jambes, les reins, les épaules. La maladie qui a failli avoir raison d’eux, elle la sent encore dans ses poumons brûlants bien qu’avides d’air frais, dans sa gorge nouée ; dans ses articulations raidies qui retiennent les rênes avec si peu de fermeté. Encore quelques toises à gravir et...

Nous ne sommes pas seuls...

Deux comportements possibles : se mettre à pied, éloigner les montures et sortir l’épée de son fourreau, glissé derrière, dans la charrette ; se mettre à pied et s’écarter du chemin avec les bêtes, afin de passer inaperçus. Ou bien se conduire comme la plus escote des escotes.

Qui va là ?! Je vous préviens : je suis armée, très con et de fort mauvais poil ! Et je suis accompagnée par pire que moi ! En plus! Alors sortez de là, les mains sur la tête, et plus vite que ça !

Sa voix est voilée, légèrement plus caverneuse qu’à l’habitude, mais elle était reconnaissable entre mille. La puissance et le ton, péremptoire et sans appel, identifiables à l’échelle du Royaume. Bref, si le gus en face ne sait pas à qui il a à faire, bah, c’est soit qu’il est sourd et muet, soit totalement abruti... soit étranger. Voire les trois à la fois, hein ? Ca peut arriver.
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Adepte des vertus insecticides du Camembert au Calvados.

... "Je ne parle pas aux cons, ça les instruit."
Soren
Il parait que je ne tiens pas ma parole. On me l'a dit récemment dans les bureaux que j'occupe place Keyfeya à Périgueux. Hum...possible étant donné qu'il y a mille est une façon d'interpréter une phrase. On m'a aussi dit que je n'étais heureux que lorsque je plonge dans les problèmes jusqu'au cou. Pourquoi je vous raconte tout ça moi? Pour que vous compreniez les raisons qui m'ont poussé à me retrouver ici, en pleine campagne périgourdine alors que j'aurais pu me la couler douce dans les bureaux comtaux: Je suis parti à la chasse. Qu'est-ce que je chasse? Les problèmes? Pour quoi faire? Pour qu'elle aussi tienne parole.

-Vous aviez raison. Il y a bien quelqu'un en face. Vous avez l'ouïe fine vous! Il n'y a pas à dire!

Tapis devant un buisson de ronces, il n'y a pas mieux pour chercher les problèmes. Il suffit de perdre l'équilibre et vous êtes bon pour une séance d'acupuncture qui ne vous coutera pas un écu! Pourtant le véritable problème n'a pas une forme végétale. Ça n'en n'a d'ailleurs ni l'odeur ni la couleur. C'est plus grand qu'un buisson de ronces. C'est plus odorant aussi et surtout, ça crie bien plus fort.

- Je pense que nous n'allons finalement pas avoir besoin d'aller jusqu'à notre destination finale. Quand tu veux aller à la Grande, c'est la Grande qui vient à toi! Proverbe écossais connu sans doute par tous les habitants de Hoy!

Ça n'est guère le genre de retrouvailles que je m'imaginais. L'endroit n'est pas très propices à une longue séance d'explications familiales. Ça serait tout de même bête de se faire brigander pendant qu'on est entrain de se bouffer le nez!

- Bon! Je crois qu'il faudrait mieux que j'y aille avant qu'elle n'ameute tous les malfrats d'Angoulême à Bergerac!

Mains sur la tête qu'elle a dit? Vraiment? Un bruissement de buisson plus tard, quelques feuilles mortes qui craquent sous les bottes, les pouces entourant la ceinture, je sors de ma cachette pour venir montrer ma frimousse à ces voyageurs!

- Oh! Oh! Les mains sur la tête...Tu n'y penses pas? J'ai besoin de tenir mes braies pour ne pas qu'elles tombent au sol moi!

    "Dis-moi Seurn, n'as-tu pas pensé qu'elle pourrait te demander pourquoi, en sortant des fourrés en pleine campagne, tu doives absolument tenir tes braies pour qu'elles ne s'affalent pas sur tes chevilles? Hum?"


- Mère! Quelle bonne surprise! Je suis heureux de constater qu'il y a au moins quelqu'un dans la famille qui tienne parole! Tu reviens pour le rassemblement des écossais? Est-ce l'odeur de la bière ou celle des moutons qui guide tes pas?
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Charlyelle

Sortir les mains sur la tête ? Ils en ont de drôles eux. A t'on déjà vu Dentelière avec le passé de Cavalière que je me traines, me porter volontaire pour un tel acte ? Mes mains sont faites pour un tout autre art que de se porter sur ma tête !

Sauf que lorsque je comprends qui se trouve auprès de nous, mes sens alertés restent sur le qui-vive mais se font moins virulents.
Dommage. Je ne pourrais pas me défouler cette fois. Pourtant, il semblait que c'était bien parti car oui, ainsi qu'il me l' a fait remarquer, j'ai l'ouïe fine, mon passé Hydrique m' a appris à développer ce sens. J'ai été à bonne école pour cela.

Sa mère. A ce qu'il parait c'est un personnage. Pour ma part, quoi qu'elle soit, je m'en cogne un peu vu que je ne la connait pas. Et l'Ecossaise Balkanique que je suis, n'est pas du genre à me fier à des rumeurs, encore moins à des ragots. Tout ce qui m'importe, c'est de me faire ma propre opinion sur la personne. Je pourrais même avoir affaire au pire des empaffés selon la rumeur citadine que je m'en tamponnerait le coquillard.
Mes opinions je me les fait par moi-même.

Dans l'immédiat, je me demande ce qu'il a le Danois à se tenir ainsi les braies. Sans doute le fait de se trouver devant sa mère qui doit le mettre dans cet état d'effervescence. Quoique je peux le comprendre un peu, je ne me sens jamais bien à l'aise devant mon père moi, quand j'ai le malheur de croiser sa route.

Putain de buisson de ronce ! Comment a t'on fait pour atterrir dans ce foutoir d'ailleurs ? C'est étrange, depuis ma rencontre avec ce blond du Nord au sein de ma boutique du fond des Halles Parisiennes, mes journées sont devenues perpétuel rebondissement. Et ce n'est qu'un commencement. Vu le tas de questions et de choses incompréhensibles qui me déferlent sur la trogne depuis que son espèce de "meilleur ami d'enfance" est apparu lui aussi dans ma vie. Le genre de mystère que j'aime à éclaircir, quitte à foncer droit sur l'inconnu.

En l'occurrence à ce moment précis, c'est une Inconnue.

Je surgis donc à mon tour de ce foutu buisson. Ouai. Je suis polie, j'ai reçu une très bonne éducation, digne de mon rang. Même si cela n'est pas visible à l'oeil nu et que je m'entretiens soigneusement afin que ça le reste ainsi.


" -Failte!*"

Toujours souhaiter la bienvenue aux gens que l'on ne connait pas m'a inculqué mon grand-père. Fernand aussi me l'a appris. C'est ainsi que j'ai compris qu'il y a différentes manières de le faire.
Aujourd'hui, je le fais poliment. Parce que j'ai bien compris que je me retrouve dans ce qui ressemblerait bien à une réunion familiale.


*Bienvenue
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Brygh_ailean
Sheitan, sans filtre

Il n’y a rien sous tes braies que je n’ai déjà vu, j’te signale. Je suis ta mère...

Dans toute autre famille, cela ne paraîtrait pas profondément crétin comme phrase. Sauf qu’on est chez les MacFadyen, ou plutôt la branche Erikssen des MacFadyen, et que de toute sa vie, la mère n’a vu son fils cul nu, qu’une seule fois. Et ce n’était, il y a pas si longtemps. Donc ce n’est pas faux, ce qu’elle dit. C’est juste bizarre, quand on connait le contexte.

Dis-moi ! L’assassin a-t-il fait condamner tous les lieux d’aisance du castel de Périgueux pour que tu chies dans un buisson ? Le massacre des pots de chambre par Pet-en-cul ! Quelle chanson de geste pour celui qui ressemble déjà à une fosse à purin !

Ah ouais, nan mais, n’espérez pas la version bucolique de la rencontre familiale. « Oh, mon fils bien aimé, comme je suis heureuse de te revoir ! »... Mouhahaha... Bucolique et Bryn MacFadyen dans la même histoire : vous avez bu ou quoi ?

Que tu baisses ton froc devant les abrutis comtaux, soit. Que tu le fasses devant moi, beurk... Au nom de Dieu, Soren, renguenille-toi. Tu fais pitié...

D’accord, elle est mal vissée comme presque tout le temps. D’accord, elle a le compliment encore plus rare que le sourire. D’accord... Mais torturer un animal blessé, c’est tout, sauf dans sa nature. Et les jambes encore maigrichonnes de son fils, qu’elle aperçoit lui font rapidement ravaler ses mots.

Tous les MacFadyen n’ont qu’une parole, et ce, depuis aussi longtemps que les vagues s’en souviennent. Si tu n’es pas foutu de tenir la tienne, c’est que tu es un Erikssen.

Ce n’est pas que Soren ne sache pas tenir sa parole. C’est qu’il est comme tous les hommes de son âge qui n’ont pas femmes et enfants. Il ne sait pas à quoi lui servent ses journées, alors il les occupe à s’inventer une vie sans le moindre intérêt. Un jour, il est au côté de sa mère, non pas à défendre une cause dont elle n’a que foutre, mais à protéger la vie de gens qui lui sont chers. Le lendemain, il est le conseiller comtal d’un des pires salopards que le Royaume est jamais connu, depuis que le teuton a crevé.

En effet, je retourne en Nouvelle-Calédonie, pour accueillir nos invités. Et toi ? Je peux savoir ce que tu fais là ?

Lorsque la fille sort également du buisson. P'tain... La grande se passe la main sur le visage, respire un grand coup. Morrigan amorce une sorte de hennissement qui ressemble vraiment à du foutage de gueule.

Soraidh, nigheann...

La grande se ravise : son fils, une écossaise, un buisson. Finalement, son problème n'est peut-être pas intestinal. Quand comprendra-t-il qu'il ne deviendra pas plus écossais, en sautant tout ce qui parle gaélique de ce côté de vague ? Quand on vous dit que le mariage sauve les hommes du désoeuvrement !

Je te remercie de ta bienvenue, mais daigne que je la refuse poliment. Je préfère ne pas visiter votre... buisson... Hakon ! Ne penses tu pas que tu pourais faire les présentations au lieu de nous assommer de ton éternel bavardage ?

* Salutations (paix), ma fille.
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Adepte des vertus insecticides du Camembert au Calvados.

... "Je ne parle pas aux cons, ça les instruit."
Soren
De l'huile sur le feu. Un feu qui a pris naissance suite à une missive que j'ai reçue d'elle. Une fois déjà j'ai failli lui faire part de mes sentiments. L'annonce du début des hostilités véritables à Castillon m'a fait renoncer. Mais là, elle est en face de moi. Il n'y a pas un parchemin entre nous. Il y a sa présence, son regard, le ton de sa voix qui agissent comme autant d'aiguilles de ronces sur une plaie béante. Oubliées les braies qui tiennent seules bien évidemment lorsque je relâche l'emprise sur elles, oublié le fait qu'on ne soit pas seuls au monde sur cette route, oublié qu'elle est ma mère et qu'en principe la bienséance veuille que je ne lui parle pas sur ce ton. Elle me cherche. Elle m'a trouvé. Là. Planté devant elle. J'ai affronté ma famille paternelle? Aujourd'hui je m'occupe de ma famille maternelle.

- Baisser les braies devant Pertacus? Je vois donc que ta lettre n'était pas mue par la spontanéité. Tu es bien étroite d'esprit et tu n'es plus capable de regarder au delà de ta rancoeur pour cette terre qui t'a blessé! T'ai-je jugé moi quand tu es allée léchée les pieds sales de cette sottarde de Nabeille? Cette tête-de-linotte qui n'a aucun plan à long terme pour Castillon, qui s'est enfoncée toute seule dans sa fange et qui ne sais plus comment s'en sortir? Cet âne buté qui, ayant peur de perdre la face, n'hésite pas à emporter avec elle toute un village en enfer au détriment de toute logique... Qui... Rhaaaaa! Je ne suis pas là pour parler de Castillon!

Faire quelques pas en arrière. Donner un coup de barre à droite pour me remettre sur le droit chemin: celui qui est parsemé de tout ce que j'ai à lui dire. Retour en arrière, les mâchoires serrées, les lèvres plissées, le regard perçant et mauvais.Nul doute que si elle avait bu du vin, c'est elle qui m'aurait saoulé tellement je suis près d'elle.

- Tu es une vieille femme aigrie Brygh Ailean MacFadyen...

MacFadyen? Elle n'a pas pris le nom de son époux?

    "Bah...Les MacFadyen sont matrilinéaires blondin! Et fiers en plus...comme tous ces satanés écossais!"


- Tu portes en toi les cicatrices que la vie t'a laissé: les déceptions, les trahisons, les erreurs que tu as pu commettre.. et que tu n'as jamais su ni gérer ni affronter. Alors tu as bâtie cette forteresse de haine et d'indifférence autour de toi. Tu as les traits d'une vieille sorcière aigrie par les affres du temps qui passe. Désormais, Bryn MacFadyen aura toujours raison. Bryn MacFadyen fera fi des opinions des autres parce que Bryn MacFadyen est le puits de science ultime auquel même Aristote s'est abreuvé! Le pire, c'est que tu ne te rends même pas compte de tout ça! Et cela rend ta vision et ton analyse étriquée. Tu n'es même plus capable d'avoir des idées objectives. Tu n'es qu'un tas de subjectivité égocentrique et tu arrives à te convaincre que tu as toujours raison.

Toujours contrôler une réaction en chaîne. Le ton monte, monte, les paroles s'enchainent les unes aux autres alors que les sentiments prennent le contrôle sur l'objectivité et la raison chez moi aussi. Prendre du recul encore une fois, s'écarter pour laisser le soufflet retomber et éviter de tomber dans une violence gratuite plus intense encore. Puis revenir parce que c'est plus fort que moi.

- Pertacus a peut-être bien des défauts mais au moins il était là quand personne d'autre ne voulait prendre les rênes du comté. Il se fourvoie sans doute dans sa politique castillonnaise et dans bien d'autres choses. C'est ce que je pense oui. Et je n'hésiterai pas à le lui dire. Il a cependant cette qualité de savoir entendre, de gérer sur un plan objectif et non pas sentimental...ce que toi, tu n'as plus. M'abaisser? Non! Ceux qui s'abaissent ne peuvent prétendre à la fonction de conseiller. Mais il y a une différence entre s'abaisser et savoir écouter, être ouvert au compromis. Que tu le veuilles ou non, les seules choses qui font avancer le monde sont les compromis. Mais tu es bien trop refermée sur ta petite personne désormais pour comprendre ça. Ouais...Je comprends maintenant maintenant pourquoi tu as épousé un Eriksen: les loups ne culbutent pas les brebis. J'espère un jour que ton mari saura te parler comme je le fais et t'ouvrir les yeux parce que sans ça, tu es déjà morte.

Maintenant, elle peut dire que je parle trop, que je m'étale en un verbiage inutile. Oui, là, elle aura raison. For fanden de for fanden de for fanden! Un dernier recul: je rompt le combat. La dernière pointe de rage disparait lorsque je tape sur un caillou qui vient terminer sa trajectoire parabolique quelque part dans les fourrés, près du buisson de ronces. Souffler. Lourdement. Reprendre un rythme de respiration normale. Enlever d'un geste de la main une mèche qui commence sérieusement à m'agacer, la replacer pour qu'elle évite de passer devant mes yeux. Le ton est plus calme quand je reprends la parole même si la colère fait encore sentir sa présence.

- Voici Charlyelle MacAlayg, Pr... Elle est venue pour assister aux festivités que tu comptes donner.

... et pour lesquelles je comptais aller te chercher jusqu'à Castillon s'il le fallait.

- Et non, je n'avais pas prévu de te faire devenir grand-mère dans ce buisson! Pour ça, crois-moi, j'aurais plutôt choisi une chambre bien confortable, une cheminée qui crépite et qui diffuse sa chaleur dans toute la pièce. Au pied de celle-ci des peaux, des godets de vin, quelques fruits gorgés de soleil, leur jus traçant un sillon indécent sur sa peau de femme, sillon que je m'efforcerai d'assécher d'une façon ou d'une autre. Pour seule musique, celle du plaisir que je lui donnerais et qui se répercuterait en écho dans tout le château.

Eh oui! Je suis comme ça. Je peux passer de la colère la plus intense à la description de mes ébats amoureux en un instant. Je suis une terre de contraste flagrant modelée au fil du temps par les vents d'une éducation désordonnée et erratique. Tiens! Avec ça, j'ai même oublié de lui dire pourquoi je suis là.
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Brygh_ailean
« Celui qui ne sait pas se taire sait rarement bien parler. »


La grande se frotte les yeux, un instant, en se mordant la lèvre.
Ca y est tu as fini ?

Elle pourrait être horripilée. Sans doute l'est-elle par la longueur du monologue qu'elle vient de subir. Mais en fait, elle est surtout amusée. Hilare, même.

Elle se tourne vers la fille, espérant chasser le fou-rire qu'elle craint. Ce n'est pas le lieu. Entre le fait que de tout temps, le montjoie de Cadouin, grâce à ces buissons founis, ces petits monticules de terre, ces pierres plates immenses, a toujours accueilli les bras ouverts tout ce qui n'a pas la conscience tranquille vis-à-vis de la loi, elle craint encore plus con qu'un brigand perdu qui s'attaquerait à elle : ouais, elle pourrait être obligé de se coltiner Foufoune. Et ça, p'tain, ça s'fait pas !


Je te salue, Charlyelle... et je te prie d'accepter mes plus plates excuses pour la jacasserie que mon fils est capable de produire... Le françoys n'est pas sa langue natale, alors, parfois, il ne comprend pas bien...

De retour vers son fils.

Qu'est ce que tu ne saisis pas dans "au lieu de nous assommer de ton éternel bavardage" ? Je ne sais pas de quoi tu parles et je ne m'y intéresse pas le moins du monde. Alors, tu vas te mettre un peu d'eau sur la figure pour retrouver tes esprits, pendant que je taille une bavette à ton amie... Tiens, prends donc Morrigane avec toi, mais veille à ce qu'elle ne boive pas trop, pour éviter les coliques... Pour ta gouverne, j'ai épousé un Erikssen, certes. Mais je l'ai égorgé aussi.

S'approchant de l'escote.

Ainsi tu ne couches pas avec lui ? Tu as raison... En dehors du fait qu'il est un nid à ennuis, il n'a visiblement pas franchement d'imagination. C'est fou pourtant ce qu'on peut faire dans un buisson ! Et puis ça sort de l'ordinaire, non ?

De nouveau, elle a la main sur la bouche pour retenir son rire. N'empêche que les taches de son viennent parsemer son nez, preuve qu'elle rougit, quand même. Ouais, elle dit des conneries, mais elle les pense aussi à cet instant précis. Alors mieux vaut changer de sujet :

Tu es venue pour les fêtes de l'indépendance. Je t'en remercie. Seulement, vous n'êtes pas franchement dans la bonne direction. De ce côté là, c'est plutôt la case aliénation...

Le rire fuse et a voix basse, elle ajoute :
En fait, je me fous de ce qu'ils font... Mais alors complètement. Je ne dis ça que pour faire hurler ce morpion... petit coup d'oeil vers Soren... Cela fait deux ans que le Périgord n'est plus du tout mon problème, vraiment pas. Hormis qu'eux veuillent m'en créer de temps en temps... mais bref, les abeilles sont toujours attirées par les belles fleurs, non ? Seulement lui... il voudrait sans doute être d'un côté et de l'autre... Un corps d'homme et l'esprit capricieux d'un enfant de trois ans... C'est y pas malheureux, tout de même...

Reprenant à voix normale.
Je te souhaiterais la bienvenue dès que nous serons chez nous... Dans l'intervalle je serai très honorée que tu nous accompagnes... Mon fils aussi, d'ailleurs. Comme ça, au moins, on est sûr qu'il ne fait pas d'anerie... hein ?
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Adepte des vertus insecticides du Camembert au Calvados.

... "Je ne parle pas aux cons, ça les instruit."
Arthanagor
Fiasco...

L'enchignonnée devrait méditer les paroles du vieux Gilmore: " Ne pas monter bien haut, mais seul"

Fiasco...

C'est le seul mot qui lui vient a l'esprit en repensant a cette épopée Castillonaise. Ils se sont tous fait enfumer comme des renards, lui y compris et ça. Apprendre aux détour d'une discussion qu'il ne défendait qu'une pseudo liberté acquise avec l'aide de pignoufs, au lieu d'un vrai élan libertaire j'aime autant vous dire qu'il va l'avoir un moment en travers de la gorge pour un sacré bon moment, l'Ecossais
.

Fiasco....

Repartir la queue entre les jambes, les oreilles couchées pour éviter de se faire poutrer par les comtaux, sans avoir participé a une bataille digne de ce nom. Qu'il est loin le temps des mêlées, des charges à un contre dix, cheveux au vent et le visage peints de bleu... assourdi, étouffé, confiné dans un coin de sa mémoire le bruit de l'acier s'entrechoquant au milieux des râles, et de plaintes des mourant.
Il en était là, perdu dans ses pensées d'une époque visiblement révolue quand il sursauta en entendant la grande proféré des menaces envers un adversaire pour l'instant encore invisible.
" accompagnée par pire que moi" il fronça les sourcils, au vu de l'autocritique qu'elle vient de se faire. A votre avis, comment doit-il le prendre?
Il se contente de lever un doigt en lançant un
:
- Euh....

Fiasco...

Le buisson qu'elle semble regarder l'air menaçante est pris de soubresauts. Dans un fond sonore de craquements de bois sec, quelques murmures se font entendre. Sans doutes a-t-elle dérangé là quelques braconniers venus poser des collets. En ces temps d'hiver, il n'y aurait rien d'étonnant à ça.
Il se tient néanmoins sur ses gardes, prêt a saisir son poignard glissé contre son mollet.
Lorsque la tignasse hirsute et blonde du Danois, bientôt suivit d'une femme, sortent du fourré, il lève les yeux au ciel et lâche pour lui même
:
- Siùrsach...Seurn... tout en soufflant.
S'en suit un échange familiale dont il ne préfère pas se mêler.
Alors il met pied a terre, se dirige vers un fourré à l'opposé de celui dont les deux viennent de sortir et en profite pour soulager un besoin plus que naturel
.

Une fois soulagé, il se retourne près de sa jument dont il flatte machinalement l'encolure, comme s'il voulait lui dire: " S'pas de ma faute, j'pouvais pas savoir"
Il lui masse les naseaux, la monture s'ébroue tandis qu'il remonte en selle
.
- Ailean....dit-il....ôtes-moi d'un doute: Tu comptes quand même pas rentrer en Neok, pour fêter l'indépendance escortée par " un comtal" ?
Déjà parce que pour rentrer, ils faut savoir où on va: ce qui est loin d'être le cas du Danois, qui un jour, sera réincarné en girouette, mais certainement pas en boussole.

Rappelez-vous: Fiasco...

Traduction:
(*) Putain....Soren


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Brygh_ailean
Pas du tout non...

Arthanagor est ainsi. Sans concession, sans demi-mesure, parfois éclairé par la conviction, souvent aveuglé par l’entêtement. Et en ce qui concernait Soren, bien qu’elle partage fréquemment l’opinion de son mari, il est et demeure son fils, et lui est semblable à elle en tellement de points, que les remarques de son époux ont plus souvent pour effet de la blesser elle, que son « crétin » de cadet. En fait, de tous ses enfants, c’était même sans doute Soren qui lui ressemble le plus. Elle sourit amusé encore davantage par rapport à la dithyrambe dont il vient de l’assommer. La plume, la paille, toussa toussa.

Il s’avère que nous avons les meilleures montures, puisque je n’ai jamais eu l’heur d’expliquer à mon fils comment les choisir et se les procurer au meilleur coût... Et il s’avère que c’est moi qui ai proposé de chevaucher conjointement...
Donc, il est facile d’en déduire que c’est nous qui escortons non pas un comtal, mais mon fils cadet dont la santé est toujours précaire, et sa sémillante compagnie — escote, comme toi et moi — , qui se sont perdus pour se rendre à Sarlat, au point de s’en retrouver pour l’un le cul à l’air dans un buisson d’épine, pour l’autre, la tête en l’air dans le même buisson...
Parce qu’avouez, mes deux gaillards, qu’il ne faut foutrement rien avoir sous le chapeau, ne serait-ce qu’un court instant, pour se coller volontairement dans les ronces, hein ?


Un sourire fugace s’affiche sur ses lèvres.

Allons, donc... Reprenons la route... Ce n’est pas qu’il nous reste loin à aller, mais j’aimerais autant éviter la nuit pleine... La lune est noire en ce moment et je pourrais bien prendre un comtal pour une dinde, té !
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Adepte des vertus insecticides du Camembert au Calvados.

... "Je ne parle pas aux cons, ça les instruit."
Charlyelle
J'avais fait silence. J'étais ainsi, avare de paroles mais je me fais toujours observatrice.

Aussi j'avais souri à l'intérieur de moi, lorsque j'ai entendu la longue sérénade que fit le Danois auprès de sa mère. Tout autant que je ne pu m'empêcher d'en sourire encore plus, toujours intérieurement, lorsque celle-ci fait entendre sa mélodie pour lui répondre.
Enfin, je reste tout de même un brin pantoise lorsque le blond évoque de quelle manière il pourrait s'y prendre pour la conception d'un petit-fils face à sa mère. Il aurait pu rajouter quelques détails à la scène mais je me garde bien de l'ouvrir, après tout, il s'agit d'une discussion familiale. Je ne vais sûrement pas l'interrompre pour une histoire de quelques détails.

Le Danois réagit exactement comme je le ferai avec mon propre père. C'est troublant. En fait, je crois bien que je trouve bien des choses troublantes chez cet homme et je déteste me sentir troublée. Cela m'agace prodigieusement parce que je me trouve alors quasiment obligée de faire une introspection pour comprendre le pourquoi du comment.
Et pourtant, il est indéniable que devant moi, se trouvent un fils et une mère qui se ressemblent. J'ai ce don pour percevoir ce genre de choses. S'immiscer au travers des âmes, aller chercher plus loin que ce qui est visible.

Alors qu'avec mon père, nous ne nous ressemblons pas du tout . A part l'ébène des cheveux c'est tout ce que nous avons en commun. Je le hais autant que lui veut faire de moi son jouet, manipulable à sa guise. Le problème, c'est que je ne suis pas de nature à me faire manipuler. Et cela, je le tiens de ma mère. Une escot, reste une escot, même avec du sang mêlé.

Le Danois a de la chance d'avoir une mère comme cette femme. Bien qu'il n'en ait pas vraiment conscience puisqu'il m'a dit qu'il connaissait très peu sa mère.

Je finis par m'apercevoir qu'elle s'adresse à moi. Et je manque d'éclater de rire lorsqu'elle me demande si je ne couche pas avec son fils, mais c'est surtout son histoire de buissons qui me rendrait un brin hilare.


"- Je dors dans son lit mais je ne couche pas avec le Danois. Quant aux buissons..il y a longtemps que je m'en suis lassée."

Je lui adresse un sourire chaleureux. Même si avec ses buissons elle vient de me rappeller une époque révolue, où les buissons se faisaient une principale source d'arrêt. Et puis voilà qu'elle embraye à voix basse à me parler du Perigord. Et là mon esgourde se fait attentive. J'essaies d'apprendre les us et coutumes des lieux, j'ai dévalisé une bibliothèque en ce sens mais je sais d'expérience qu'il n'est rien de mieux que d'écouter les gens du cru vous parler de leur lieu de prédilection pour apprendre.

" - Je suis honorée de faire votre connaissance. C'est toujours un plaisir que de rencontrer des escots...et la mère du Danois".

Je rajouterai bien de quoi faire complément à la conversation mais un homme nous rejoint que je salues. Un écossais indéniablement. Et la réponse que l'escot lui adresse ne manque pas d'allumer une lueur espiègle dans mon regard.

Je viens de décider que cette femme, avait ce petit brin de folie qui ne peut que m'interpeller. Elle vient d'éveiller mon intérêt et aussi quelque part, une sorte de lueur de respect. Autant dire clairement que je pourrais en arriver à l'apprécier.

Et je comptes bien profiter de ce rassemblement écossais afin d'apprendre à mieux la connaitre.
Je me tourne alors vers le Danois.


" - C'est une chance que nous tombions sur votre mère et votre beau-père pour nous raccompagner en ville. Ainsi, vous allez pouvoir discuter avec votre mère, vous devez avoir des tas de choses à vous raconter. On a toujours beaucoup de choses à se raconter quand on ne voit pas quelqu'un depuis longtemps. N'est-ce pas ?"

Et paf le Danois. Prends-toi ça dans les dents, tu seras bien le seul à comprendre le cynisme des derniers mots que je viens de prononcer.
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Soren
Un comtal? For fanden! Quelle drôle d'expression! Il n'y a pas de doute: les discussions familiales vont être animées. Ça se jette des poissons pourris au visage les écossais? Ou ça préfère les remplacer par des panse de brebis? Je me demande ce qui est le plus facile : discuter avec Brygh Ailean MacFadyen ou avec tonton Lars? C'est qu'à la limite elle me prendrait presque pour son palefrenier au lieu de son fils! Enfin, c'est mieux ça que le garde-chasse: ils ont mauvaise réputation les gardes-chasse! Il leur arrive toujours de drôles d'aventures dans de drôles de pavillon. Au moins la créature est jolie. Qui? Mais non: pas ma mère! Sa monture! Et puis, c'est une occasion pour rompre la discussion, aller passer mes humeurs ailleurs et éviter le matricide. Pendant que le cheval s'abreuve, je vais pouvoir réfléchir au calme à sa dernière affirmation : info ou intox? Veut-elle juste se montrer supérieure? Plus forte?...ou l'a t-elle vraiment fait? Quoi? Tuer mon père! Ce que je sais, c'est que Hakon Harfagre Eriksen est mort suite à une révolte sur ses terres peu de temps après qu'il m'eut expédié chez mon oncle, au Danemark. Se peut-il qu'elle ait fomenté tout ça? Ses mots reviennent à la surface de mon esprit... "L’assassin a-t-il fait condamner tous les lieux d’aisance du castel". Évidemment, elle parlait de Pertacus... "Pour ta gouverne, j'ai épousé un Erikssen, certes. Mais je l'ai égorgé aussi"...Se peut-il qu'elle soit du même genre que Pertacus? Ma mère a t-elle vraiment tué mon père? a t-elle fomenté la révolte dans le but de se libérer du joug de Hakon? Est-elle allée jusque là? Sacrifier des vies dans l'unique objectif de tuer son mari? On m'a assez dit que ses déclarations sont toujours tonitruantes. Enfin, c'est une façon polie de dire qu'elle casse les pieds à tous ceux qui lui passent sous la main. Mais de là à fomenter une révolte, il y a tout de même un pas que je ne suis pas sur de vouloir franchir. Ça serait disons...perturbant! C'est tout de même de ma mère que je parle.

- Tiens! Voilà ta monture! Elle est rassasiée...elle!

For fanden...le Urquhart! Je ne l'avais pas vu avant d'aller abreuver la monture maternelle à la rivière. Il faudrait tout de même qu'il y mette du sien pour maitriser ses humeurs. Je veux parler de ma mère, pas de sa monture. La seule fois où je l'ai croisé dans une taverne à Castillon, il me paraissait un brin trop renfermé sur lui-même pour pouvoir vivre aux côtés d'une épousée Eriksen sans se faire écraser contre un mur!

- Tiens! Mon père par alliance! Vous allez bien? Votre amante religieuse ne vous a pas encore égorgée? Est-ce parce que vous êtes prudent ou parce que vous lui refusez l'accès à votre corps?

Ouais...il va tout de même falloir qu'il fasse quelque chose pour qu'elle ne soit plus constamment sur les nerfs. J'ai l'air d'insister mais il ne faudrait tout de même pas qu'on se bouffe le mufle à chaque fois qu'on se voit ou qu'on s'écrit elle et moi!

- Dites, on peut repartir tout de suite en direction de l'est ou vous avez encore besoin d'essayer le buisson tous les deux? Hum? Ah! Et faites attention...

Et paf! Un coup de main sur les fesses du Urquhart!

- Il y avait encore quelques épines de ronces accrochées sur vos vêtements!

Enfin là, si vraiment il y en avait, elles sont maintenant enfoncées profondément dans la partie charnue de son anatomie et ce soir, mère et lui vont pouvoir jouer à "As-tu vu ma belle épine?"

- Ça n'est pas très moral de fricoter dans les buissons pendant que Charlyelle et moi devons prendre en charge toute l'organisation de VOS festivités! On a ramené la bière. Charlyelle a tué les moutons à la mode écossaise. J'ose au moins espérer que vous allez vous occuper de la musique et des chants!

Prenez une pointe d'ironie, ajoutez-y une pincée d'amertume qui se dissipe rapidement après les premières sensations, mélangez avec une once d'orgueil mal placé et une cuillère rase d'impertinence : vous aurez la recette du danois qui essaie de marquer son territoire en sol familial écossais. Remarquez, c'est plus élégant que d'arroser les buissons non? Fut-il ardent* ou pas.

Les montures ayant pris un pas léger, je monte à hauteur de Charlyelle. L'oeillade que je lui envoie combiné au sourire qui point à la commissure de mes lèvres remplace bien des mots pour lui demander : "Alors? Comment la trouvez-vous? Je vous avais prévenu."


* buisson ardent : "L'arbuste présenté au monastère Sainte-Catherine du Sinaï comme étant le « Buisson ardent » de la Bible est une ronce commune."

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