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Prête-moi une confidence

Eliance
Un mensonge, une blague, qui tourne au mauvais. C'était envisageable, bien sûr. Eliance avait surtout envie de rire et de faire rire, avec ses idées débiles de farces. Elle aurait dû mettre un terme rapidement aux mensonges, mais plus ça durait et plus les farces se multipliaient, rendant l'ambiance gaie. Le rire et la bonne humeur étaient là. Jusqu'à ce que... un mensonge ressorte. Et pas des moindres. Et pas devant n'importe qui. Ajoutez à ça une lettre qui vous dégoûterait même un tyran de par les cruautés édictées et vous avez une Eliance perturbée. Et avide de rétablir la vérité.

Alors, après avoir pleuré à chaudes larmes devant ses amis, la Meringue s'est isolée pour écrire au russe. Ils ont échangé peu de courrier, jusqu'à présent, préférant de loin se côtoyer. Si les débuts parisiens ont été passionnés et passionnant, la suite s'est avérée plus complexe, bien plus complexe, avec une Eliance au bout du rouleau devant affronter le départ d'un mari, la trahison d'une amie et une décision stupide mais réfléchie : devenir nonne. Décision prise pour survivre. Pour continuer à avoir envie de respirer. Pour ne pas en avoir trop peur. Mais avec la lettre de Torvar, avec les reproches sanglants, Eliance craint d'avoir blessé le russe. Elle craint qu'il ne la juge de la même manière que le Cosaque.

Elle voudrait lui dire qu'elle n'est pas de celles qui s'offrent à qui mieux mieux. Elle voudrait lui dire qu'il la connaît. Qu'elle ne lui a jamais menti. Qu'il doit la croire. Elle voudrait qu'il sache...


Citation:


    Elias,

    T'écrire me semble si étrange. Et pourtant, j'en ressens comme la nécessité.
    Je crois que j'ai mal agi, avec toi. Je crois que j'agis mal avec pas mal de gens.
    Je crois que je te dois des excuses. À toi, surtout.

    Il faut que tu saches : je sais pas quoi faire. Je sais pas qui être. Je sais pas comment faire. Je sais pas comment vivre.
    Je sais que je te fuis, un peu. Je sais que... je sais pas. Tu es tellement gentil. Tout le temps. Je suis pas courageuse.

    Aujourd'hui, j'ai reçu une lettre qui me dit égoïste, peste, allumeuse, entre autres choses sympathiques. Atro et Mike disent que je suis pas comme ça. Mais j'ai peur que tu sois d'accord avec cette lettre. J'ai peur que tu penses ces choses-là.

    Paris, c'était... je sais pas comment dire... c'était comme un rêve, Elias. Tu paraissais si irréel. Tout était si parfait. Ou presque. J'y pense. Souvent.
    Moi, je l'étais pas, parfaite. J'avais peur. Mais c'était rien comparé à maintenant.

    J'ai peur de mettre la robe. J'ai peur que mes cheveux repoussent. J'ai peur que tu me trouves belle à nouveau. J'ai peur que tu souffres. J'ai peur que tu t'éloignes. J'ai peur que tu me touches. J'ai peur de te décevoir. J'ai peur que tu me haïsses. J'ai peur que tu partes.

    Eliance


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Elias_romanov
Comme rarement, le jeune russe avait perdu son calme. Ainsi il avait préféré quitter la taverne, n'ayant su réagir de façon détachée au mensonge d'Eliance, suivie de ses excuses, et de... il ne savait pas vraiment quoi.

"Tu as été le dernier".

Mais le dernier quoi ? Il s'était fait des idées, finalement, avait espéré, en vain. Il fallait bien se rendre compte de l'évidence, il s'était fourvoyé comme rarement.

Le présent n'était jamais à la hauteur des souvenirs et des chimères enfantines, au moins il avait appris cette leçon là, de façon un peu amère et douloureuse.

Tout cela avait-il un sens, au fond ? une importance ? Il fallait tourner la page, Paris lui tendait les bras, et il était peut-être temps de voir ce que la Maison Royale pouvait lui réserver.

La colère, quelle mauvaise conseillère. Et de mauvaise foi en plus.

Puis la lettre d'Eliance lui parvint. Il hésita avant de l'ouvrir, craignant de voir sa nouvelle résolution vaciller, mais la curiosité le fit céder et le parchemin fut lu. Puis il écrivit la réponse, colérique, ou les caractères cyrilliques se mêlaient aux lettres latines. Si il y eut des hésitations aux premières phrases, parce qu'il voulait encore la ménager, le reste fut écrit d'une traite.
Il était blessé dans son orgueil, sa fierté, ses sentiments, ainsi comment aurait-il pu retenir ces élans acerbes, qui lui ressemblaient si peu ?


Citation:
Eliance,

Il n'y a rien que je puisse faire pour toi, pour ta peur.
Tu as passé ta vie à aimer des geoлiers, qu'iлs t'enferment dans un grenier ou qu'iлs t'enchainent à des sentiments.
Je ne suis pas un geôлier, alors tu ne peux pas m'aimer.
Tu veux être nonne, alors fais-le, mais ne me demande pas de te soutenir. Tu veux être лaide, tu ne veux pas que je t'aime, alors je ne t'aimerai plus.

Elias


Un des gamins du village serait embauché pour porter la lettre.
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Eliance
Le dernier... la formule était maladroite. Certes. Le dernier à l'avoir embrassé. Le dernier à l'avoir fait rêvé. Le premier pour ça, aussi, sans doute. Le dernier... Un mot qui sous-entend aussi qu'il y en a eu d'autres. Alors qu'il y en a eu si peu. Eliance n'a pas la formule heureuse. Et la lettre qu'un gamin lui apporte confirme ses craintes. Elias est blessé. Elias croit aux mensonges. Elias a peut-être peur, finalement. Le gamin est retenu quelques minutes. Une pomme pour acheter sa patience et Eliance écrit. Vite. Sans doute trop vite. les idées ne sont pas claires. Tout est posé à la suite, sans logique.

Citation:


    Elias,

    L'histoire du Jok', c'était juste une blague. Comme on en a fait pleins la semaine dernière. C'était pour rire. Pour piéger Atro et Mike.
    Crois pas que je sois ce que la lettre dit. S'il te plaît. Je te raconterai tout. Si tu veux. Depuis le début. Sans conte. Sans histoire. Sans mensonge.
    Rien ne s'est posé sur moi depuis Paris. Pas même Diego. Tu es le dernier.

    Tu n'es pas geôlier. Non. Pourtant, je n'ai pas dit que je ne voulais pas que tu m'aimes. Je n'ai pas dit que je ne t'aime pas. C'est plus compliqué. Tu sais comme je suis compliquée. Ou peut-être tu ne sais pas à quel point. Ni à quel point j'ai peur. À quel point j'ai du mal à me livrer. À quel point c'est dur de t'écrire.

    Nonne... c'était pour y arriver. Elias. Pour pas sauter. Pour pouvoir te regarder sans avoir l'impression que je te déçois constamment.
    Nonne... c'était pour plus qu'on pense que je puisse aguicher les hommes. C'était...

    Si je te dis que je veux essayer de plus être nonne, tu seras là ?

    Eliance


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Elias_romanov
Une fois la lettre portée à Eliance, le tailleur s'était interrogé sur quoi faire, dans quel ordre. Devait-il écrire à Cyrielle, la rejoindre ? Partir pour Paris, définitivement ou uniquement pour quelques semaines, histoire que sa rancœur s'éteigne ?

Finalement, le garnement revint, avec une lettre. Elias le remercia et le laissa repartir à ses occupations d'enfant.
Le tailleur alla s'asseoir pour lire la réponse de la journaliste et il resta longuement pensif. Il lui avait dit qu'il ne pouvait pas lui faire de promesses, qu'il n'était pas un prince charmant. Il se fichait aussi éperdument de l'autre lettre reçue par Eliance, ou les insultes avaient fusé.

Les mots ne vinrent pas pour répondre à la jeune femme. Une part de lui hésitait à la croire, à se laisser bercer par de nouvelles espérances, l'autre lui intimait de se protéger, car tout cela était sans issue.

Finalement il se leva, et parce qu'il faisait beau, il ne prit pas sa cape, et se dirigea vers là ou résidait Eliance. Sa lettre encore en main, il frappa à l'huis, attendant qu'elle lui ouvre. Elle disait avoir du mal à lui écrire, restait à savoir si cela serait mieux en face à face. Il n'en était pas sur, car sa propre colère était encore là, rampante et sournoise, prête à s'exprimer.

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Eliance
Il est là. En face d'elle. L'étonnement vient entrouvrir la bouche ménudiérienne pendant que les prunelles marron s'écarquillent et viennent caresser le visage du russe. Quelques secondes avant, une Meringue décomposée a entendu cogner plusieurs coups sur le bois, a quitté sa chaise et s'est avancée vers la porte en traînant les pieds et en essuyant les larmes qui rougissent ses joues par des traînées caractéristiques.

Il est là. Elle le voit. Elle n'est pas vraiment sûre. Elle n'est pas vraiment préparée à ça. Mais il est là. Droit, fier, pâle, russe et peu couvert. Il est là et elle met un temps à s'en remettre. Un temps pour se remettre à respirer. Un temps pour que leurs yeux se rencontrent et se noient un peu les uns dans les autres. La journée est rude pour Eliance. Le sort ne semble pas lui programmer des heures, des minutes, des secondes à venir plus sereines. Pourtant, les lèvres s'étirent un peu en un sourire fin et discret. Même si la visite est imprévue, même si l'issue et les mots sont incertains, elle est heureuse de le voir. Là. Debout, de l'autre côté du seuil de la porte.

Elle reste ainsi, à le regarder. Elle ne le fait pas entrer. Elle ne l'invite pas à boire. Ni à aller se promener. Ce genre de banalité n'a pas sa place dans la cervelle ménudiérienne à ce moment-là. L'essentiel est ailleurs. Elle s'inquiète de ce qu'il aura compris de ses lettres. De ses mots. Elle s'inquiète de ce qu'il puisse penser d'elle. Elle s'inquiète de tout et de rien. Même bouger lui semble incroyablement compliqué. Seuls les muscles de sa bouche lui permettent d'émettre des sons. Elle parle, un peu, les bras ballant le long de son corps amaigri, ses yeux rougis et humides enfoncés dans les siens.


Tu viens pour que j'te racontes ?

Ou alors la simple présence du jeune homme répond « oui » à la dernière question écrite ?
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Elias_romanov
Une fois, à Paris, c'était elle qui était venue à lui, après une lettre et une robe. Aujourd'hui, lui n'avait qu'une lettre, et des mots qui ne laissaient percevoir que l'indécision, le doute, la peur.

Elle lui ouvrit la porte, et il remarqua les sillons que les larmes avaient creusé sur les joues de la journaliste, tout comme ses yeux rougis par les larmes. Etait-ce uniquement à cause de lui ? Ou bien y avait-il cette lettre dont elle avait parlé ?

Il répondit de façon abrupte, son accent marquant d'autant plus la sécheresse de sa réplique.


Non.

Et avant qu'elle se méprenne de trop, il poursuivit.

Je me fiche de ce que les gens disent sur toi.

Mais il ne pouvait pas poursuivre sur ce seuil de porte, ainsi il entra, sans lui demander l'autorisation, et referma la porte, avant de poser un regard tout à fait sérieux sur Eliance.

Ce qui importe, c'est toi et moi. Mais tu ne peux plus me... laisser dans l'incertitude.

Visiblement, il avait décidé de ne pas y aller par quatre chemins.
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Eliance
Eliance s'est habituée à l'accent dur et tranchant du jeune russe, comme un enfant se laisse bercer calmement par la même comptine. Ainsi, elle ne note pas la rudesse du « Non », première parole d'Elias. Et puis, de toute manière, l'explication suit sans tarder. La Meringue effritée est rassurée. Un peu. Il ne la juge pas comme Torvar le fait. Il le dit. Peu importent les autres. Peu importe les insultes de la lettre. Elle va sourire un peu plus, toujours immobilisée dans l'encadrure de la porte quand le tailleur lui force le passage et s'inscruste dans la chaumière. Elle recule alors de quelques pas, histoire qu'il n'y ait pas un percutage de corps. Et elle le regarde, toujours aussi fixement, jusqu'à ce qu'il parle à nouveau. Malgré la marche arrière, ils se sont rapprochés. Un peu.

... toi et moi... Elle rougit. ... l'incertitude... Elle baisse les yeux.
Honteuse. Elle est honteuse de sa conduite. D'être aussi effrayée, angoissée, mal. De l'avoir fait venir, de le lui avoir demandé, pour au final, le laisser être seulement un ami. Elle pensait ainsi le garder toujours auprès d'elle. Elle pensait le préserver de souffrances inutiles. Elle se rend compte que ses actes ont engendré tout l'inverse. Elle a ouvert la bouche mais aucun son ne sort. Sa langue n'a pas bougé. Ses lèvres non plus. En vérité, elle ne sait pas quoi dire. Elle ne sait pas comment lui dire. Elle ne sait pas par quel bout attraper la chose qui les turlupine tous les deux. Qui les fait être là, si proches et pourtant à une distance bienséante.

J'suis désolée...

S'excuser. Encore et toujours. Eliance a relevé les yeux pour les plonger dans les gris du russe. Les excuses sont sincères. Comme toujours. Eliance passe sa vie à s'excuser de ses maladresses. Elle sait que cette fois-ci, ça ne suffira pas. Elle sait que cette fois-ci, il faut autre chose que de simples excuses. Elle sait que cette fois-ci, elle doit se jeter du haut de sa falaise. Sans hauteur. Et sans falaise.


J'veux la même chose que toi.
Mais j'ai peur. D'pas savoir. D'pas être à la hauteur.
De te décevoir et qu'tu partes...


Les mots sont sortis, faibles, entre les lèvres pâles de la jeune femme. Mais elle l'a dit. Elle aimerait lui dire davantage. Elle aimerait lui dire qu'elle devra inexorablement apprendre des choses qu'une femme mariée devrait connaître. Elle devrait lui dire qu'il devra être patient. Qu'il devra chercher à comprendre. Mais plus aucun mot ne sort. La faute aux dents qui sont venus attrapées l'intérieur de la lèvre pour le triturer doucement, nerveusement.
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Elias_romanov
Eliance baissa les yeux, avant de dire à nouveau qu'elle était désolée. Elle le disait souvent, mais en cet instant, le jeune tailleur avait du mal à l'excuser, à se montrer compatissant.

Il estimait avoir été patient, prudent avec elle, à cause des circonstances, mais il n'avait récolté que froideur et camouflets de sa part. Les phrases lâchées comme sur un ton d'excuse "ce n'est qu'un ami", "il n'y a rien entre nous", alors que c'était le mensonge même, avaient lentement conduit le russe à un ressentiment, une déception vis à vis de la situation.
Et cette plaisanterie sur Boulvay n'avait été finalement que la goutte d'eau faisant déborder le vase des désillusions d'Elias. Le russe savait bien que ce n'était pas vrai, et pourtant il avait trouvé cela cruel, comprenant pleinement l'assertion "trop bon, trop con".

La journaliste poursuivit, le rassurant et le décevant à la fois. La voix d'Elias devint grondante, évoquant le roulement du tonnerre un soir d'été. Elle était pourtant calme, mais elle laissait entrevoir l'orage à venir.


Eliance...
Il y a le présent. Il y a moi, ici, face à toi. Et il y a l'avenir, dont personne sait comment il adviendra. Si nous serons heureux, ou malheureux.

Je ne t'ai jamais fait de mal, et je ne pense pas que... tu puisses douter de ce que je suis. Mais tu ne peux pas... non tu ne peux pas continuer à me repousser pour ce qui pourrait arriver.
Parce que dans ce cas, je retourne à Paris.


Car Paris était tellement grand qu'il ne risquait pas de la croiser à tout bout de champ, contrairement à Belley. Il savait qu'il pourrait s'enivrer de travail et d'alcool pour l'oublier, et que personne ne lui parlerait d'elle au détour d'une beuverie au comptoir d'une taverne. Du moins c'était ce qu'il espérait*.


Citation:
* "Paris ? Non. Pas cette ville. Elle est trop réelle et trop belle pour vous faire oublier quoi que ce soit."
Du film : Un Américain à Paris

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Eliance
Il ne comprend pas. Il parle de rentrer à Paris. Il parle, mais c'est bien l'incompréhension qui résonne dans sa voix. Eliance n'a pas été claire. Elle n'a pas dit les bons mots. Mais les mots sont bien la chose la plus compliquée à exprimer. Elle comptait sur son regard, sur le son de sa voix, sur un quelque chose qui ferait qu'il comprendrait ainsi. Mais Elias n'est pas magicien. Elias a besoin de savoir. D'entendre. De voir. La jeune femme le comprend à cet instant. Elle comprend la situation atroce dans laquelle elle l'a laissé mariner. Elle comprend le mal qu'elle lui a déjà fait. Alors elle se penche vers lui, effleure sa joue avec la sienne jusqu'à ce que sa bouche parvienne à proximité de l'oreille russe.

J'doute pas de toi, Elias. J'doute de moi.


Un baiser léger, un frôlement un peu plus appuyé se fait du bout de ses lèvres sur la joue du tailleur et elle lui sourit en s'éloignant.

Attends-moi. J'reviens !


D'un pas leste, elle a traversé la pièce pour disparaître derrière une tenture. Son corps s'est débloqué tout seul. Elle agit. Son âme aussi s'est débloquée devant les craintes d'Elias. Devant ses doutes et ses souffrances tues. Des bruits de farfouillages se font entendre. La tenture bouge un peu, agitée par une Eliance qui retourne la malle posée derrière. Enfin, elle trouve et en sort un tissu particulier. Elle se débarasse de ses frusques rapidement, sans prendre vraiment garde que le jeune homme n'est que de l'autre côté de la tenture et pourrait la voir, si il s'est décallé un peu. L'insouciance est sienne. La nouvelle robe est enfilée avec soin, mais prestement. Puis les doigts viennent tenter de discipliner les boucles courtes ambrées, pour ensuite venir frotter les joues, espérant leur redonner un teint correct et moins chiffonné. Enfin, la tenture est écartée d'un geste vif et Eliance s'avance vers Elias, tout de rouge vêtue. Elle a passé la robe rouge achetée pour le mariage de son frère. Elle a passé la robe rouge que son frère aime tant. Elle a passé la seule robe dans laquelle elle se sait belle. Et elle s'avance doucement, arborant un sourire intimidé, les pieds nus et non rechaussés venant pousser à chaque pas le tissu de la robe. Arrivée à proximité du tailleur, elle s'arrête. Tout le long, elle a fixé les pupilles grises. Pour contrôler sa peur. Pour contrôler son appréhension. Pour y trouver une force certaine.

J'veux l'présent. J'veux... toi.
Si tu veux bien.


La voix qui s'élève est faible, mal assurée. Mais la Meringue parle. La Meringue dit. La Meringue s'est faite belle. Et même si les cheveux restent trop courts, si le teint reste chiffonné, elle essaie. Elle lui montre. La volonté est là.
Il fallait peut-être une colère du tailleur pour qu'elle ose, pour qu'elle assume.

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Elias_romanov
Ce n'était pas la première fois qu'ils étaient dans le registre de l'incompréhension, entre un russe qui prenait parfois tout au pied de la lettre, et une presque-rouquine dont les propos étaient parfois à côté de la plaque.

Pourtant, le tailleur estimait lui avoir répondu, à sa façon. Il regretta de manquer l'occasion de l'embrasser, alors qu'elle s'était rapprochée de lui pour effleurer sa joue d'un baiser, avant qu'elle ne s'écarte à nouveau, lui demandant de l'attendre.


Mais... ?

Il se demanda alors ce qu'elle faisait, alors qu'elle disparaissait derrière une tenture pour se changer. L'intention de la jeune femme échappait à Elias, il ne savait pas vraiment ce que cela signifiait, et il s'abstint de se déplacer pour l'observer. Il se souvenait de cette séance d'essayage ou elle s'était montrée si timide, et ou il n'avait pas insisté. Bien entendu, en lui demandant de servir de mannequin, il n'avait jamais eu dans l'idée d'en profiter pour la voir se déshabiller. Du moins pas trop.

En tout cas, il respecta son intimité, et la vit revenir quelques instants plus tard, vêtue d'une robe rouge qu'il n'avait encore jamais vu. C'était un rouge flamboyant, et Elias aurait même pu le qualifier de nuptial* si le coeur lui en avait dit sur le moment.


Le tailleur la dévisagea, alors qu'elle revenait vers lui et il ne put s'empêcher de laisser son regard la parcourir, l'envisageant brièvement, avant de revenir à un état d'esprit plus adapté à la situation. Il ne put répondre au sourire intimité d'Eliance, peut-être parce que tout était trop troublant pour cela.

Elle parla à nouveau, des mots qu'il avait longtemps attendu, sans plus chercher à les espérer ces derniers jours. Et pourtant... Il avait une échelle avec lui depuis des semaines métaphoriquement parlant, alors il trouvait étrange qu'elle hésite encore le concernant.

Ce fut à son tour de bouger, et le tailleur fit les deux pas qui les séparaient. Avec douceur, il saisit d'une main le menton d'Eliance, pour relever son visage vers lui et plonger son regard dans le sien. Avec un sérieux qu'elle lui connaissait un peu, il lui dit, avec cette gravité d'orage :


Ne doute jamais de ce que je veux.

Il joignit le geste à la parole, et l'embrassa. Il aurait voulu ne faire qu'effleurer ses lèvres, pour ne pas la brusquer, mais il en fut incapable. Ce fut un baiser déterminé qu'il lui offrit, de ceux qui scellent les destins.

Citation:
Au Moyen-Age, on se mariait en rouge. Ou en rose. Enfin avec des couleurs vives quoi.

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Eliance
Les doigts russes qui viennent prendre possession du menton ménudiérien la tétanisent. Le contact, la proximité, l'imminence de l'incontournable. Mais Eliance se laisse faire, docile, alors qu'il lève son visage à hauteur du sien, alors qu'il noie ses gris dans ses marron, alors qu'il parle, de sa voix toujours trop sérieuse, toujours trop envoûtante, toujours trop grave, de ces mots concis et assurés. Elle, reste les bras ballant, immobile alors que l'échéance se rapproche, inexorablement. Ses lèvres auraient pu avoir goût de couperet, mais il n'en est rien. Elles ont la saveur de la délivrance, de la vie. La jeune femme clôt ses paupières, un instant et se laisse aller au baiser passionné que lui offre le tailleur. De ses lèvres douces et fermes à la fois, de cette volonté infaillible, elle se laisse inonder. Ce n'est pas leur premier. Elle ne craint plus trop cette bouche qui prend possession de la sienne. Elle en a rêvé un peu, même, de cette sensation qui fait vibrer tout un corps. De ce sentiment de renaissance.

Alors ses lèvres à elle se joignent à l'instant pour immortaliser le tout, pour le prolonger, pour oublier. Oublier les angoisses, oublier Diego, oublier la suite. Eliance s'imprègne de ce présent que Elias tient de n'être qu'à eux deux. Quand ses paupières se soulèvent, que ses pupilles viennent se poser sur le tailleur, c'est parce que le visage ménudiérien a pris quelques centimètres de liberté.


Il faudra que j'te dire... quand même. Certaines choses.

Même si le présent envahi tout, le passé reste là, greffé comme un boulet aux chevilles de la jeune femme. Et même si elle n'est plus nonne, à cet instant, même si elle en sourit, de cette décision, de cet acte, elle craint la suite. Elle craint toujours la suite qui pourrait tout gâcher.

Pour que tu comprennes.

Elle se sent pousser des ailes. Elle se sent capable de tout, face au russe. Elle n'est plus honteuse. Elle se sent prête à combattre sa propre folie, ses propres peines. Et elle vient cueillir doucement la main restée près du corps du tailleur pour la faire sienne. Parce qu'elle aura besoin de lui, de sa patience, de sa douceur, de son ton rude et sans appel.
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Elias_romanov
Il y eut le soulagement de la sentir répondre à son baiser. Celui-ci s'acheva, laissant un goût de trop peu, du moins pour le tailleur, mais Eliance reprit. Elle devait lui avouer des choses, cela semblait important pour elle, ainsi il accepta.

D'accord.

Elias passa ses doigts dans les cheveux ultra-courts de la journaliste, et reprit d'un ton sans ambages, alors qu'il tentait de voir si il y avait quand même deux mèches de la même longueur.

Tu laisses pousser tes cheveux alors. Je ne veux plus que Mike les approche.

Mike, l'ami trop prompt à rendre service, enfin façon de parler. Peut-être faudrait-il une discussion pour convaincre le futur ex-maire de Belley de ne pas se montrer trop empressé à foutre des torgnoles à Eliance.

Il reposa son regard gris dans celui de la jeune femme.


Et on ne se cache plus.

Cela, c'était pour les passages en taverne, car il ne voulait plus entendre les "on est seulement amis". C'était assez dictatorial comme entrée en matière, mais cela lui paraissait nécessaire, alors que quelques semaines auparavant, elle tentait encore de le pousser à courtiser Ombe. Ou toute autre personne munie d'un jupon qui passait à proximité.
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Eliance
Ça va r'pousser.
Et j'me cache plus... de toi. Promis.


La mise en avant de leur seule amitié lors de conversations publiques était bien une manière pour Eliance de garder la face, de tenter de se cacher, d'oublier les actes parisiens. Une manière de se protéger du regard perçant du russe aussi. Celui-là même qui transperce son âme à l'instant. La main du tailleurs qu'elle a conservé dans la sienne est pressée plus fermement.

Excuse-moi, Elias. J'sais maint'nant que j't'ai fait mal.
J'voulais pas... ça. J'ai pas vu...

Comme pour lui prouver sa bonne foi, elle se hisse pour venir poser ses lèvres au coin des siennes en une caresse éphémère.
C'que j'veux te dire, c'pour pas que tu souffres encore à cause d'moi. Pour pas que tu crois... des choses fausses.
J'vais essayer d'changer, mais p't-être ça prendra du temps. J'pourrais pas l'faire sans toi. Si tu comprends pas. Si t'es pas là.


Le ton baisse, les yeux se détournent, ne pouvant affronter les gris du tailleur sans honte. Mais elle reste là, près de lui, sa main dans la sienne.

J't'ai dit que j'ai été marié, avant Diego. Un type. Mauvais. J'vais pas te raconter tout c'qu'il a fait d'moi.
Faut juste que tu saches qu'j'ai encore mal. De ça. Quand on m'touche. J'ai peur que ça r'commence. C'est bête.
Atro dit que toutes les femmes savent faire. Qu'on apprend pas, que c'est en nous. Moi, j'ai pas ça en moi. J'ai juste peur. Et j'arrive plus à bouger.
Diego voulait m'apprendre. Il a pas réussi. Juste une fois, c'est arrivé. Atro dit que j'avais pas vraiment confiance en lui, pour que ça marche pas.


Le sang a quitté le visage ménudiérien qui devient livide en parlant, quoique encore rougit par endroit par les cascades lacrymales des minutes précédant la venue du tailleur. Ses mains deviennent froides aussi, y compris celle qui s'est nouée à la masculine. Et c'est des pupilles angoissées marquant un manque de confiance flagrant qui se lèvent enfin et osent affronter les traits taillés à la serpe du russe.

Tu comprends ?

Clair ? Pas clair ? Rien n'est moins sûr avec Eliance. Et elle préfère demander, si jamais les explications et informations dictées ne suffisent pas au jeune homme pour comprendre de quoi il retourne.
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Elias_romanov
Le tailleur savait qu'il ne laisserait pas la jeune femme jouer à cache-cache avec lui en public. Et comme il le constaterait plus tard en taverne, les nouvelles allaient vite à Belley.

Eliance parla encore, s'excusant, et décidant de raconter ce qui clochait chez elle. Ce récit semblait encore la troubler, alors que pourtant, du temps avait du s'écouler depuis. Finalement, elle releva les yeux vers lui, pour lui demander si il avait tout saisi.


La meringue sur l'étagère, je me rappelle.

Le récit de Paris lui était resté en mémoire, il y avait souvent pensé, cherchant à démêler le vrai du faux, et il trouvait donc ici son explicitation.
Tout comme sa propre histoire, le conte d'Eliance était très proche de la réalité.


On fera en sorte que tu n'ais pas peur.


Vaste programme.
Il prit entre ses mains celles froides d'Eliance, dans une tentative pour les réchauffer.


Mais il faudra que tu me fasses confiance, tu penses pouvoir faire cela ?
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Eliance
Elle lui avait déjà raconté. Un peu. À Paris. Sous forme de conte. Mais dans les contes, on ne sait jamais ce qui est vrai ou brodé. Et comme il faut parfois dire les choses de manières directes, surtout quand ça prend une importance telle, Eliance raconte vraiment. Et c'est avec presque soulagement qu'elle entend Elias évoquer la Meringue et son étagère. Il lui semble qu'il comprend. Si il se souvient du conte, il sait. Un peu. Un jour, peut-être, elle parviendra à lui raconter tout, si il le demande. Le conte entier, mais sans histoire. En mettant de réels mots sur chaque détail. Comme elle l'a raconté à Atro, une fois.

Pour l'heure, il est là et il comprend. Il se fait rassurant. Il dit les seuls mots espérés. Son accent tranchant n'est plus acéré. Il se fait doux, mélodieux même aux oreilles d'Eliance, malgré les intonations rudes. Les yeux marron fixent leurs homologues gris pendant que les mains mal assurées sont recueillies au chaud, comme une chose à protéger. L'intérieur de la lèvre ménudiérienne vient se faire torturer un peu entre les incisives avant qu'une libération n'ait lieu, permettant à la parole de reprendre vie dans la bouche de la Ratiboisée.


Je pourrai. Oui.
Faudra que tu saches, toi. Quand et comment.


Mille questions brûlent ses lèvres. Lui faire confiance, oui. Mais la Meringue ne peut s'empêcher de repenser à Diego et ses multiples conquêtes. Elle ne peut s'empêcher de repenser à ses échecs. Elle ne peut s'empêcher de frissonner. Alors, tant pis pour les mains froides qui quittent leur coco douillet pour aller se nouer derrière la nuque du tailleur. Tant pis pour les frissons, ils seront stoppés et étouffés contre son corps auquel elle se colle. Tant pis pour les yeux gris, ils sont abandonnés au profit d'un enfouissage du nez ménudiérien dans un cou russe. Là, elle ose une question. La question. Celle qui lui semble la plus importante.

T'en as eu beaucoup ?

Sous-entendu, des femmes. Elias n'est pas aussi fort, aussi beau, aussi baratineur, aussi italien, aussi charmeur que Diego, mais qui sait, si le tailleur non plus ne serait pas un de ces séducteurs en puissance. Là réside l'inquiétude n°1 d'Eliance.
Atro ne dit-elle pas de sa meilleure amie qu'elle cultive les boulets sous serres ?

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