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Plus qu'on va loin, plus qu'y faudra rev'nir !

Aliixendre
Chacun tente d'enfermer ses secrets dans une boite. Certains ont besoins de gros contenant d'autres de petits étuis mais tous les protègent à la hauteur de leur valeur jusqu'à parfois ne plus pouvoir et de ressentir le besoin de s'épancher auprès d'une oreille bienveillante voir de passage, garantissant, on l'espère toujours l'herméticité.
Quelques mois avant de recevoir le courrier du dispensaire, Alixendre n'avait aucun secret.
Elle vivait de son travail dans l'anonymat complet.
Une petite sauvageonne sans famille ni ami qui mettait un point d'honneur à fournir un travail de qualité pour ses employeurs. Le reste de son temps qui ne représentait que quelques heures en fin de journée voir un repos dominical quelques fois, elle le passait en reclus soit à arpenter la campagne à la recherche de sensation bucolique soit dans une chambre d'auberge à façonner de petites pièces de bois pour leur donner une identité.
Si elle s'était satisfaite de cette existence peu reluisante c'est qu'elle n'avait jamais imaginé qu'il en soit autrement jusqu'au jour où une lettre en provenance de l'inconnu changea sa façon de voir l'avenir.

Il est de ses rencontres qui changent une vie. La piste de la lettre l'y mena.
C'est un soir de Novembre que l'oreille de l'oncle d'Atro recueilli la confidence pleine de doutes encore. Il ne lui ris pas au nez comme elle s'y était attendu bien au contraire il lui proposa son aide et pleine d'espoir la jeune femme y vu un allié de choix. Pourtant il n'en fut rien. Rapidement le chemin d'Edoran s'éloigna et le secret partagé lui revint dans son intégralité. Bien sur elle aurait pu écrire comme cela se fait entre gens civilisés, elle aurait pu prendre des nouvelles, entretenir une correspondance qui l'aurait peut être amené à découvrir des indices important. Mais elle n'en fit rien parce qu'elle n'avait aucune expérience de ces choses là, des civilités et même de manière plus perverse de l'art de la manipulation.
Elle s'était contenté de chercher à faire bonne impression contre les doutes et la suspicion d'Atro et d'Eliance. De gagner sa place honorablement comme elle l'avait toujours fait dans n'importe quel travail entrepris même si celui qu'elle fut contrainte d'accepter pour la pérennité de ses recherches fut au delà d'être une première le plus ardu auquel elle s'était retrouvé contrainte de faire face : Nounou.

Les mois passant elle avait gagné se place à force de patience. C'est à la veille du départ de l'oncle retrouvé sur Belley qu'il évoqua le secret.
S'il avait bien compris au vu de la situation qu'elle n'avait pas parlé à Mike il s'enquit de savoir où l'affaire en était. Contraint de reconnaître que les preuves étant, il l'encouragea à parler.
Mais les secrets trop longtemps gardé se trouvent être de dangereux pièges pour celui qui n'a pas trouvé le bon moment pour en parler.
A présent qu'elle était certaine, elle craignait de devoir expliquer le pourquoi d'un si long silence.
Elle n'était pas doué pour parler, d'ailleurs la sauvageonne ne fréquentait que peu les lieux public.
Il fallut le départ de Belley, une petite excursion en groupe, de nouvelles relations et une nouvelle humeur aux civilités pour balancer sans s'en rendre compte :

Mike est mon frère...

Ce qui est con avec les secrets c'est que tôt ou tard on sait tous qu'ils vous sauteront au visage mais le jour où ca arrive on est jamais préparé à recevoir les débris dans la poire.

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Merci à Jd Eliance pour le magnifique kit Ban'
Elias_romanov
Elias écouta avec amusement la jeune femme, qui dépeignait un crapaud absolument répugnant, et il ponctua uniquement la narration de la jeune femme d'un :

Charmant !

Tout à fait ironique, bien entendu. Par contre, il eut un rire tout à fait franc à la conclusion faite par Eliance, qui s'amusait à reprendre les traditions russes pour clore son histoire. Il finit par se calmer, pour parler à nouveau.

Je ne connaissais pas ce conte, merci de me l'avoir raconté.

Il prit un moment pour se remémorer les circonstances.

J'avais trouvé par terre une affichette, de deux demoiselles qui cherchaient des crapauds. Puis j'en ai retrouvé plusieurs qui voletaient autour de moi, et je les ai rassemblé.

Elias, écolo avant l'heure.


Puis j'ai aperçu ces deux femmes un peu plus loin, et je leur ai ramené les parchemins qui s'étaient enfui à cause d'un coup de vent. Enfin je crois. J'ai un peu discuté avec l'une d'elles, une rousse donc, elle voulait se distraire, et avait utilisé ce conte pour... divertir son quotidien.
C'est à ce moment là qu'elle m'a demandé si je voulais être un crapaud.


Volonté ou oubli, il n'acheva pas l'histoire.

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Tailleur indépendant, à (re)vendre - Galerie
Eliance
C'est au tour de Eliance d'écouter l'histoire de la rousse et du crapaud. Et si la jalousie avait déjà pointé son nez à son évocation, la narration des faits ne fait qu'amplifier la chose chez une Meringue flippée et angoissée des rousses et d'éventuelles infidélités, abandones et autres joyeusetés qu'elle a déjà vécu. Que Elias ramasse des affichettes sur les pavés, peu importe. Qu'une rousse le prenne pour un crapaud, ça l'est tout de suite beaucoup plus, important. Le regard ménudiérien se fige droit devant, dans la nuit qui les enveloppe. Son imagination part à la recherche, seule, de la fin de l'histoire. Et autant dire que la pente que prend le conte ne fait pas plaisir à Eliance. Elle hésite tout de même à réclamer la fin véridique de l'histoire ou non. Après tout, Elias fait bien ce qu'il veut. Après tout, l'histoire remonte peut-être à quelques temps. Après tout, il ne lui doit rien. Après tout, ils ne se sont rien jurés.

Et donc... t'as r'vêtu une tête affreuse de batracien pour cette rousse ?


Pour le coup, l'humour ne parvient plus à camoufler les sentiments de la jeune femme.


Non, parce que t'es pas franch'ment blond !
Même si t'es charmant...

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Elias_romanov
Elias se mit à rire à la question d'Eliance. Un rire léger et amusé, qui finit par s'éteindre alors qu'il regardait la jeune femme avec un peu de tendresse. Finalement, il reporta son regard sur le chemin, à son tour, avant de répondre.

Non.

Mais je lui ai souhaité bonne chance pour trouver le crapaud qui lui conviendrait.


Peut-être l'avait-il un peu envisagé, avant de dire "non" d'ailleurs, mais cela aurait changé beaucoup de choses, probablement. Il interrogea alors de nouveau la journaliste sur les contes locaux.

Tous les princes sont blonds en France, ou en Empire ? C'est étrange...

Et à voix basse, en réponse au compliment qu'elle ne semblait pas trop assumer :

Merci.
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Eliance
Un sourire s'étire dans la nuit. Un sourire qui semble adressé au chemin caillouteux droit devant la roussi-blonde, mais, qui, en fait, l'est au compagnon de marche et de vie à ses côtés. Les mauvais sentiments se taisent enfin. La jalousie n'est plus. Il n'y a plus de menace rousse. Plus de cauchemars. Plus de craintes. La légèreté est revenue avec autant de naturel en Eliance, comme si elle n'en était jamais partie. La voix aiguë se fait plus frivole à présent.

Blonds, oui. Avec une mèche qui tient toute seule dans le vent. Et un cheval blanc...

Le cœur de la Ratiboisée se pince à cette dernière évocation. Diego, du haut de sa figure ritale brune et matte, a tenté un jour de débarquer au couvent sur un cheval blanc (volé) pour enlever celle qui était à l'époque son ange. Échec de la mission. Le rital s'est planté de ville, de couvent, s'est fait rattrapé par le propriétaire mécontent de l'équidé et passé à tabac. Depuis, mais peut-être était-ce le cas avant déjà, Eliance ne croit plus au prince charmant. Ni blond, ni brun. Elle ne croit plus à grand chose, si tenté qu'elle y ait cru un jour.

C'est d'bons produits locaux qui vivent dans l'château du coin.
Y sont rar'ment étrangers, brun et tailleur. Et ils ont pas des yeux gris, mais bleus.

Ils sont comment, dans tes contes à toi ?

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Elias_romanov
Elias tenta de se représenter la mèche au vent blonde, sans vraiment y parvenir. La journaliste l'interrogea et il dut réfléchir quelques instants.

En fait, les personnages ne sont pas souvent décrits, sauf les méchants, comme la Baba Yaga. Nous avons même une formule pour la princesse, qui est "si belle que le pinceau se refuse à la peindre, la plume à la décrire."

Mais parfois, on donne des détails poétiques.


Et le russe de réciter un morceau de poème :

Ici, l'ondine sur la branche
Se berce au-dessus des buissons
Le clair de lune sur sa hanche
Frise l'écaillé de poisson.

Ou encore, on dira d'un homme qu'il avait les moustaches si vastes qu'il y avait suspendu ses moufles pour les sécher après la pluie.

C'est finalement assez différent de vos contes d'ici.

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Eliance
J'trouve les contes russes plus malins.
Ça permet que chacun s'imagine son prince et sa princesse.


Le nez se fronce à l'écoute des strophes. Si Eliance est journaliste et même rédactrice en cheffe d'un journal parisien, elle n'a pas inventé la poudre pour autant. Et derrière ces mots merveilleusement bien agencés sonorement, elle ne parvient pas à comprendre leur sens profond. Elle se demande ce qui est décrit exactement. Un poisson qui est sorti de l'eau un sort de pleine lune ? Une femme comparée à un poisson tellement sa peau est sèche et craquelée ? Derrière les belles rimes, la jeune femme ne parvient pas à déterminer le sujet de la description. Elle préfère nettement l'histoire de l'homme à moustaches. Mais aussitôt, ses pensées vont à Diego, qui en a une belle, de moustache. Et aussitôt, la lèvre ménudiérienne se voit châtier sans pitié aucune entre les canines autoritaires. Avoir de telles pensées en présence du tailleur est intolérable. Pourtant, elle ne peut les empêcher de surgir. Un jour, il faudra qu'elle en parle à Elias. Avant que ça ne la ronge. Avant qu'elle en fasse une boule de tourments en son intérieur. Elias peut tout comprendre. Du moins, elle le pense. Et Eliance table sur cette compréhension sans borne, dans leur relation particulière. Elle se reprend un peu, profitant de la pénombre pour dissimuler ses troubles et réflexions.

Tu m'en raconteras d'autres ?
J'veux connaître tes contes russes. Tous !

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Elias_romanov
Elias était pour l'instant inconscient des troubles et souvenirs qui agitaient la jeune femme. La nuit et l'observation de la route pour éviter de trébucher sur des obstacles ne lui permettaient pas de regarder Eliance comme il aurait fallu.

Comme elle n'évoquait jamais son mari, il imaginait, un peu bêtement, qu'elle n'y pensait pas non plus.

Le tailleur rit à sa demande.


Oui, si tu veux.
Mais cela va prendre du temps pour tout te raconter.


Surtout qu'il était facile d'imaginer des versions différentes à partir des structures des contes moscovites. Et bientôt, la cité savoyarde serait en vue.
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Eliance
    De retour à Belley

Ce voyage, petit mais agréable, aura permis à chacun de dérouiller juste ce qu'il faut les muscles de ses guibolles. Belley est rejoint, après des jours passés à dormir dans la cambrousse savoyarde. Et après des nuits à dormir contre le tailleur, Eliance se retrouve seule dans sa chaumière, à l'aube de la première nuit depuis leur retour chez eux. Si pendant le voyage, le prétexte d'une unique couverture a servi d'alibi pour que la jeune femme profite des bras russes chaque soir, la raison n'a plus lieu d'être à présent et chacun est retourné chez soi.

Oui, mais voilà. L'échelle reste là, toujours présente dans un coin de la tête roussi-blonde. Et si elle ne sait pas bien comment l'emprunter, elle sait qu'elle doit le faire. Alors la réflexion ne se fait pas grande et c'est l'instinct qui la fait quitter ses propres murs pour pénétrer dans ceux acquis par le russe. Cette fois, elle ne frappe pas à la porte. Elle entre simplement en silence. Si Elias est déjà endormi, elle est décidée à faire demi-tour. Donc autant se faire discrète. Un coup d’œil circulaire marque le vide flagrant de la pièce du bas. La main se glisse rapidement sur la rampe râpeuse de l'escalier et l'ascension commence. Elle se fait silencieusement, avec le seul effleurement du cuir des bottes contre les lames de bois pour preuve de sa présence.

Mais d'un coup, alors que la dernière marche va être franchie, elle se rend compte qu'elle va peut-être l'effrayer, le déranger. Alors, doucement, en même temps que le pied entame la dernière enjambée, la voix douce brise le silence.


J'retrouve pas ma couverture...


Comme excuse, on a déjà mieux fait... Un racontage de conte aurait tout aussi bien fonctionné, puisqu'elle a demandé au russe lors de leur périple une narration exhaustive de tous les contes de sa connaissance.
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Elias_romanov
Le voyage s'était passé sans encombre, tout le monde ou presque était revenu à bon port, si on omettait les adeptes de la grasse matinée qui avaient bouletté quelques jours plus tôt.

Par délicatesse, Elias n'avait rien proposé à Eliance pour la suite des choses, préférant faire confiance au temps pour cela. Elle n'avait rien demandé non plus, ainsi il avait conclu qu'elle ne voulait rien précipiter.

La chandelle achevée, le taille venait de s'allonger dans son lit lorsqu'il entendit les lattes de l'escalier craquer sous le poids de quelqu'un. L'inquiétude fut vite chassée lorsqu'il entendit la voix d'Eliance et le tailleur se leva, pour ouvrir la porte de sa chambre.


Eliance...

La jeune femme pourrait constater l'évidence même, à la lumière lunaire qui passait par la fenêtre de la chambre : chez lui, il dormait torse nu (mais des braies tout de même, pour préserver les chastes yeux de nos lecteurs), et un médaillon habituellement dissimulé sous ses vêtements pendait à son cou. Malheureusement il ne faisait pas assez clair pour qu'elle puisse en distinguer le motif.

Il eut un petit soupir amusé, à voir la jeune femme.


Une couverture, vraiment ?

Genre elle traversait Belley pour venir le voir pour ça, alors qu'elle avait une margelle de cheminée à disposition chez Atropine.
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Eliance
Par tous les saints, il est à poil !
Alors non, mais un peu quand même. Le séant masculin ne se reflète pas dans la lune, mais le russe a quand même le poitrail totalement débraillé et nu. Il en faut pas plus pour choquer Eliance et la figer sur place, devant la contemplation de l'homme. Même choquée, elle matte. La gente féminine a cette fâcheuse tendance à être paradoxalement paradoxale en certaines circonstances. Eliance rougit affreusement et loue la pénombre environnante qui permettra au tailleur de ne pas s'en apercevoir. Elle est dans la merde. Ou plutôt, prise à son propre jeu, à son propre piège. Elle est face à son échelle et elle ne peut réellement plus faire demi-tour. La Meringue se met à angoisser bien comme il faut. Le souffle s'agite, les mains deviennent moites, les jambes s'ankylosent. Et lui, il est là, éclairé par des simples rayons de lune, debout à l'autre bout de l'atelier, à se fiche de sa tronche et de son excuse pourrie. Quoi d'autre !

Un rayon différent des autres vient lécher le médaillon au cou du russe et envoyer le reflet dans la rétine ménudiérienne. Seconde excuse enclenchée. La roussi-blonde reprend vie et glisse jusqu'à lui, jusqu'à ce qu'une de ses mains pâles et tremblantes vienne cueillir le pendentif en son creux.


Vraiment...
Les yeux marron continuent à détailler le médaillon, même si, il faut bien le dire, ils ne parviennent à rien dans l'obscurité nocturne.
Tu m'prêtes la tienne ?

Enfin, ils osent se lever pour affronter les gris du tailleur. Une voix se met aussitôt à hurler dans la caboche d'Eliance. Pas une voix intérieure de son inconscient, non. La voix d'Atro qui lui hurle :« Vas-y, prends l'échelle ! Flanche pas ! » D'autres mots bien plus crus sont jetés, qui font rougir Eliance. Et elle fait rapidement taire la voix de la Teigne qui n'a décidément rien à faire dans les lieux, même si elle apporte vigueur et courage à sa presque-sœur, en l'instant présent. Et quoi de mieux pour éradiquer durablement cette voix qu'un baiser ? Rien ? C'est mal connaître Eliance, qui n'embrasse pas le tailleur, non. Elle a lâché le médaillon pour permettre à ses mains de faire tomber à terre la jupe qui recouvrait ses jambes et de retirer la chemise qu'elle avait revêtu pour la journée. Geste anodin pour quelqu'un de normal. Geste ô combien osé pour la Meringue.

Même en dormant contre lui, elle ne s'est jamais déshabillée. Autant prévenir, là, elle n'est pas non plus entièrement nue. Sa chemise de peau camoufle comme elle peut les parties les plus intéressantes d'une anatomie féminine, tout en transparence, laissant tout de même apparaître les bras, et donc, les avant-bras rayés de cicatrices, ainsi que les mollets et les pieds ménudiériens. Et bien que dévêtue, Eliance a chaud. L'angoisse, l'échelle, tout ça...

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Elias_romanov
Le tailleur observa Eliance venir jusqu'à lui, pour se saisir du médaillon qu'il portait et le regarder, tout en prononçant quelques mots à voix basse. Fort heureusement, il ignorait le nombre de voix qui pouvaient parler dans la tête de la journaliste, sinon cela l'aurait bien inquiété.
Elle pourrait vaguement distinguer un aigle tenant une épée sur le médaillon, avant de le relâcher. Il lui répondit alors, toujours avec cet amusement sensible dans sa voix.


Je veux bien la partager avec toi.

Il se serait bien retrouvé "gros jean comme devant" si elle s'était emparée de la couverture pour retraverser la cité savoyarde avec, en se moquant ouvertement de lui.

Mais les choses prirent une toute autre tournure quand elle fit tomber ses habits à terre, et même Elias en fut surpris. Il savait qu'elle était tout à fait pudique, et resta un second coi, avant qu'il ne revienne à la raison, et qu'il repose son regard dans celui de la jeune femme. La déshabiller du regard plus que de raison aurait été assez malvenu, bien que l'envie ne lui manquait pas.

Parler lui parut alors superflu sur l'instant et il saisit avec douceur le visage d'Eliance entre ses mains, pour l'embrasser longuement. Quand il abandonna les lèvres de la jeune femme, il l'observa un instant, et plutôt que de rompre le charme, il prit simplement sa main pour l'entrainer vers le lit.

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Eliance
« T'es cuite ! Tu vas baiser ! Youhou !!! » Atro beugle inlassablement, dans la tête ménudiérienne. Ne nous alarmons pas, c'est bien la première fois qu'elle s'y invite de cette manière. Et Eliance s'en serait bien passée, de sa coach personnalisée, ce soir-là. Mais, étrangement, elle parvient à ignorer la voix de la Teigne, tout à son moment, se répétant inlassablement que ça ne va pas être si terrible, qu'elle doit vivre son présent, comme Elias lui a dit dès le début. C'est ainsi qu'elle parvient à se laisser embrasser, après avoir vu l'étonnement se lire sur les traits nocturnement éclairés du russe. C'est ainsi, que, devant la déstabilisation d'Elias, Eliance s'est sentie un peu rassurée. C'est ainsi qu'elle se sent à égalité dans leur trouble respectif, même si en réalité, elle est bien plus gravement atteinte.

Docile, Eliance se laisse faire. C'est là le conseil principalement édicté par Atro, lors de leur dernière conversation sur le sujet. Et puis, disons que pour le moment, rien de désagréable n'a eu lieu. Les lèvres qui se collent aux siennes sont chaudes et procurent une sensation étrange à Eliance. La même sensation qu'elle a ressenti parfois avec Diego. Si lui aussi s'invite dans la caboche ménudiérienne, ça va faire trop de monde ! Elle chasse le souvenir du moustachu et revient au tailleur. Elle répond à son baiser. Elle ose peut-être davantage à cet instant. Elle se fait plus fougueuse... moins timide. Mais les mains restent ballantes, ne sachant que faire. Et quand elle réouvre les yeux, c'est parce que la bouche russe s'est éloignée, parce que les gris la dévisagent intensément, avec une tension palpable.

La pudique soutient le regard. Elle le laisse l'inonder, la saisir, alors qu'elle est entraînée vers la couche. Là, le palpitant s'agite. Les choses se précisent. Les angoisses, surtout. Alors, au bord du lit, pour éviter l'inlassable déroulement traditionnellement atroce du fatalisme de l'inactivité ménudiérienne, elle se remet à l'embrasser, après avoir passé les mains derrière son cou. Et là, davantage contre lui, elle peut même sentir la peau du tailleur contre la sienne. Ou presque. La chemise fine les séparant seulement encore l'un de l'autre. Ce contact la fait vibrer étrangement. Différemment. Le sort est conjuré. Elle a peur. Mais elle a confiance. Un... deux... trois... quatre barreaux ont été franchis d'un coup. Mais l'échelle est encore là, entre les mains du tailleur.

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Elias_romanov
A Paris, ils s'étaient plus ou moins arrêtés à ce stade là, avant qu'elle ne prenne peur. Ils n'avaient, par la suite, jamais vraiment repris le champ des découvertes de l'autre dans ce domaine. Le tailleur ne s'en était jamais plaint, il n'était pas vraiment pressé de nature, et les circonstances de leur début de relation, en voyage avec les autres du Clan, n'incitait pas à la bagatelle.
Certes, à cet instant, ils avaient tout de même moins de vêtements, et il n'y avait plus de mari dont l'ombre planait sur eux. Ou alors, ce n'était plus de la même façon.

Mais Elias lui, ne pensait fort heureusement pas à l'italien, ou était-ce l'espagnol, il ne savait pas vraiment, et cela ne l’intéressait pas tellement non plus. Et c'était tant mieux.
Lui pensait seulement à comment amener les choses sans effrayer la jeune femme.

Les baisers se poursuivirent, alors qu'ils avaient rejoint le lit et qu'elle avait passé ses bras autour de son cou. Elias osa alors l'enlacer un peu plus, poser ses mains dans le dos de la jeune femme, froisser un peu le tissu de la chemise qui l'habillait encore.
Ses baisers dévièrent dans le cou d'Eliance, l'une des rares parties de son corps découverte et qui lui était accessible dans l'instant. Et encore décente pour ce genre de choses. Une part de lui, encore raisonnable malgré les circonstances, restait tout de même attentive aux réactions de la jeune femme, pour ne pas la brusquer.

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Tailleur indépendant, à (re)vendre - Galerie
Eliance
L'étreinte se resserre, l'étau aussi. Si les lèvres du russe dévient des siennes pour la laisser respirer à sa guise et s'égarer dans son cou, ça lui permet aussi de revenir à ses vieilles angoisses familières. Et à quoi peut bien penser Eliance à cet instant à part à Paris et à ce misérable épisode de panique où elle avait fait une crise ? « Ne fait pas de crise... Ne fait pas de crise... Respire ! » La voix de la Teigne est omniprésente. Ça doit être ça, aussi, Atroliance. Se mêler de tout et de n'importe quoi, pourvu que ça aide l'amie. En l’occurrence, Atro elle-même serait étonnée de s'entendre parler dans la tête d'Eliance à cet instant précis. Mais c'est ainsi. On trouve ses soutiens là où on peut. Et Eliance peut peu.

En attendant, sa peau frémit sous les baisers du tailleur, alors qu'elle essaie de revenir encore une fois à l'unique instant présent. Qu'elle essaie de ne plus penser. Ni à Atro et son soutien, ni à Diego et ses autres femmes, ni aux autres hommes et leurs outrages. Étrangement, elle parvient à effacer un instant toute pensée néfaste, à ne savourer que ce que lui offre Elias, à se laisser aller dans ses bras. Ses muscles se sont un peu détendus et son corps vient épouser un peu plus encore celui du russe contre lequel il appuie. Une de ses mains monte même dans les cheveux masculins, sans même que sa propriétaire n'est commanditée et réfléchit au geste. Et, pour la première fois, les doigts ménudiériens viennent sentir les mèches brunes des bouts des doigts, viennent s'y mêler avec plaisir.

Un autre l'aurait brusqué. Un autre serait pressé. Elle a connu ces autres. Diego, même avec sa plus grande patience, avait les mains brûlantes des hommes qui ne tiennent plus. Les mains d'Elias qui froissent le tissu, qui compressent son dos, sont plus douces, malgré la fermeté dont elles font preuve. Il a les gestes lents de la patience, de la compréhension. Il a le ton qu'il faut, dans les baisers, dans les mouvements. Eliance sourit, un instant, avant de chercher les yeux gris pour, sans vergogne, s'y plonger. S'y noyer.

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