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[RP] Impostures.

Ellya
Citation:
Meurtrissures.
France & Guyenne, 1452-1454 (IG : 1459)
Elisette avait fait le choix de m’accompagner, alors qu’elle ne connaissait pas la véritable raison de ce voyage. Nous avions besoin d’étoffer nos rangs, mais un tel recrutement était long et ardu. La moindre erreur pouvait détruire notre entreprise, et l’ancien espion que j’étais ne le savait que trop bien. Un cuisant échec en Touraine nous a forcé à nous disperser, et ce fut l’abandon du projet. Et c’est ainsi que nos pas nous menèrent en Guyenne, où une malheureuse infortune amena le fourbe huguenot, Sancte Ioaness von Frayner, a attaqué au détour d’un chemin, le groupe avec lequel nous faisions la route, brisant de manière définitive ma vie.


La fois où la fameuse avait perdu la vie, si Ellya se rappelait bien. Cela étant dit -du moins pensé- elle ne croyait nullement au hasard, chaque chose étant, selon elle, voulu par le Créateur d'une manière ou d'une autre. Toutefois, elle ne se serait jamais laissée aller à avoir une telle discussion avec le Lorrain quand même l'aurait-elle eu en face d'elle.
Un énième soupir.
S'il était bien mort, voilà une éventualité qui disparaitrait à tout jamais. Si elle rentrait (ça faisait décidément beaucoup de si), il faudrait qu'elle s'en assure, à défaut de se rassurer.


Citation:
Avec ma servante pour désormais unique compagnie,


Lara. La simple mention lui arracha un juron. Combien d'années qu'elle ne l'avait vue?
La Prieure s'arrêta et zieuta l'horizon, furieuse. Elle se sentait si vieille, si loin de cette vie. Lamentable.


Citation:
Avec ma servante pour désormais unique compagnie, je pris dès mon rétablissement la route vers la Lorraine. La haine et le désespoir ayant altéré mes sens, je tombais dans un piège tendu par les Lunes Pourpres, en suivant un détour suggéré par un autre voyageur. La lassitude prit mon cœur. Ce jour là, j’ai juré que je serais l’homme qui pourfendrait Sancte.


Elle se retint de se laisser emporter par ses souvenirs, pourtant, il y en avait. Ce n'était pas le moment. Pas pour ceux-là.

Citation:
Mais Uriel,


Son palpitant émit une envolée. Uriel. Maximin. Maxuriel? Avoir appris que son frère de toujours vivait encore l'avait troublé plus que de raisonnable. Voir ses identités s'échanger la laissait incroyablement perplexe. Elle avait presque instantanément éprouver un amour sincère pour l'érudit Maximin. Le voir reprendre le nom d'Uriel la heurtait d'une sorte de honte qui frôlait celle associée à l'inceste.
L'idée la dérangeait. La meurtrissait.
Elle secoua la tête et de larges boucles s'échappèrent du chignon qu'elle tentait maladroitement de se faire chaque matin.

Concentration - Efficacité.


Citation:
Mais Uriel, mon brave parrain, a su m’en dissuader à mon retour en Empire, à l’issue d’une confession. Il n’aura réussi qu’à effacer ce serment, mais pas la haine. Malgré tout, j’ai engagé des mercenaires pour qu’ils s’efforcent d’attirer des ennuis contre mon ennemi juré. Je n’ai jamais eu de nouvelles.


Il aura eu sa confession plus tôt que moi.

Elle en aurait été presque jalouse...
Ellya
Le Soleil s'élevait maintenant haut dans le ciel, fier, arrogant, comme un défi. Les yeux mi-clos, la religieuse le laissait glisser sur son visage rejeté en arrière. Oh, douce et chaude lumière... Finale, peut-être.
Ellya esquissa un sourire soulagé.
Mais avant cela, il lui fallait encore achever sa sombre lecture.

Citation:

Politique et pouvoir.
Lorraine, 1455-1458 (IG : 1460-1461)
Un homme différent revenait en Lorraine, avec des convictions politiques renouvelées. J’avais désormais un objectif en entrant en politique. Non pas le pouvoir pour le pouvoir, comme je le souhaitais jadis. Mais le pouvoir comme catalyseur d’une éventuelle vengeance.


Elle réalisa à ce moment à quel point le Warenghien était rongé par la rancœur. Il la masquait si bien, alors, sous une ironie mordante, qu'elle n'avait jamais constaté à quel point il était au fond du fond.
Si elle l'avait écouté...
Non, impossible. Impossible.
Il ne parlait pas! Il fuyait, déviait, grognait. Elle avait essayé! Elle avait essayé... Avait-elle essayé, au-delà de la simple curiosité?


Citation:
Le Berry, la Guyenne, et tous mes ennemis payeraient lorsque la Lorraine serait sous mon contrôle. Mais ce fut extrêmement long, malgré tous mes efforts, toutes mes manigances. Dans ce monde, à l’instar du monde souterrain, le camp d’en face ne lésine pas non plus à user de divers stratagèmes, même ceux proscrits par les dieux,


Parjure! Par les Saintes culottes d'Aristote. De Dieu il n'y en a qu'un.

Citation:
pour s’assurer une partie du pouvoir. Durant cette période, j’ai mené deux longs combats: la mainmise sur la Lorraine et la conquête du coeur d’Heloïse Marie de Sparte, pour des motifs d’influence politique en premier lieu. J’ai réussi le premier, au terme de l’an 1461 (IG), et le second ne fut que la parcours d’un énorme échec. Et je dois confesser un terrible crime auquel je suis mêlé.


Montée d'adrénaline. Elle humecta ses lèvres et, comme on savoure un biscuit moelleux, lut la suite aussi lentement que possible.

Citation:
Il y avait cet homme, Pjotr_Alexander de Sevillano, qui prétendait également séduire Heloïse Marie. Sans m’en avertir, Lara s’en est allé crever les yeux de cet homme. Mais je ne l’ai pas réprimandé, comment pouvais-je ? En ce monde, la fin justifie bien souvent les moyens…


Déception. Colère.

Ersinn, maudit Ersinn! C'était votre filleule et vous l'avez laissé embrasser le péché à votre place.

Elle rongeait son frein, brûlait de se planter devant lui pour lui faire la morale. Sûre qu'il avait fait exprès de mourir - s'il l'était, mort - pour ne pas l'entendre lui faire des reproches.

Elle allait se rasseoir et faire une pause quand ses yeux tombèrent sur les mots suivants.


Citation:
Ellya de la Duranxie.


Subitement, plus aucune jubilation.
Plus de salive. Elle avait déserté pour laisser sa langue sèche.
Le sentiment de supériorité conféré d'office à celui qui lit se transforma en crainte de celui qui reçoit un jugement.
Elle hésita à s'arrêter là. Refermer le livret. Le jeter, loin, très loin.

...

Il la narguait, dans sa noirceur immaculée, ce livre plein d'aveux.

Elle courba l'échine, céda. A sa curiosité malsaine. A lui.


Citation:
Ellya de la Duranxie.
Lorraine, 1462 (IG : 1462)
Vous êtes mon dernier péché en date.


Elle retroussa son nez.
Citation:

Vous ne l’aurez sans doute jamais compris, mais vous êtes entrée dans mon cœur dès l’instant où je vous ai vu.


Et fronça ses sourcils. Elle n'avait jamais compris et ne comprendrait jamais.

Citation:
J’ignore par quel mystère de l’alchimie régissant le fonctionnement de l’humanité, mais vous n’en êtes plus jamais sortie. Vous n’imaginez pas quel était mon plaisir alors, lorsque vous vous êtes adressé à moi, dans le besoin.


Elle manqua un battement de cœur, fautive. Si elle avait trouvé un autre moyen... Le Lorrain n'avait été que le dernier de ses derniers recours. Au début, elle avait cru que c'était pour ne rien lui devoir. C'était faux. Ou, du moins, plus complexe que cela. Ersinn était à la fois la preuve qu'il y avait pire qu'elle dans le monde -elle le pressentait déjà- et sa chance de rédemption si elle le sauvait. Le mêler à ses manigances lui déplaisait fortement pour cette raison.
Et en même temps, le jour où elle lui avait demandé son aide, quel soulagement! Presque une confidence: "je sais, non, je sens qui vous êtes. Vous pouvez m'aider. Je me courbe."
Il aurait pu lui demander n'importe quoi en échange, n'en avait rien fait. Peut-être attendait-elle trop le retour de bâton pour apprécier le simple "écoutez mes confessions".
En y repensant, comme tout cela semblait... vain.


Citation:
La falsification de ce testament était une véritable bénédiction pour moi. Votre confiance aveugle m’aura permis d’assouvir ma plus douce vengeance.


Confiance aveugle?

Un rire cascada dans sa gorge.
Était-elle si douée que cela?
Ou n'avait-il jamais compris à quel point la soumission ne lui faisait plus ni chaud ni froid?
L'aveugle.


Citation:
Je ne voulais pas vous nuire, mais seulement vous punir. Vous punir pour ce que vous étiez pour moi, pour le serment violé, et aussi pour avoir eu le culot de corrompre votre vertu en faisant appel à moi.


Corrompre sa vertu. La percevait-il oie blanche? Bien, c'était bien. Fatiguant, mais satisfaisant.


Citation:
Ainsi, je vous ai dépossédé par un habile stratagème, de certaines possessions immobilières, qui sont revenus à mon très bon ami Ardarin von Habsbourg, lequel mes les a revendu à un prix incroyablement faible… Quelle bonne affaire…


Cela rejoignait la première note qui l'avait laissée si perplexe. Elle doutait de la véracité de la chose, mais ne manquerait pas de les vérifier si elle rentrait.
Peut-être en rirait-elle alors. Ou s'offusquerait-elle...

La lassitude l'étreignait de plus en plus. Les sentiments, bons ou mauvais, la foutaient toujours dans cette espèce de nausée qui cloue sur place, embue le cœur, vrille l'esprit.

Elle se répéta alors, longue prière muette à celui qui n'entend pas: "Faites que je n'en sorte jamais. Que je n'en sorte jamais".
Ellya
Les derniers mots. Elle les voyait sans les lire, sans chercher à les comprendre. Le jeu était presque cruel. La promesse véritablement douloureuse.
Pire encore, l'espoir que le Warenghien soit toujours parmi les vivants faisait un bouclier insidieux entre son âme attristée et son esprit pragmatique.

Elle aurait pu ne jamais lire la fin. A l'instar du Chat de Schrödinger, Ersinn aurait alors été vivant et mort à la fois.
Ça lui convenait: la Prieure n'avait rien contre les compromis.

Elle transpirait maintenant sous sa tenue pourtant adaptée aux chaleurs intenses. Tous ses compagnons s'en étaient allés un à un en haut du promontoire. Elle voulait sauter la première... Une nouvelle fois, elle serait la dernière. Le destin est si mal goupillé.

Elle se résigna, poussée par sa fichue curiosité qu'elle aurait bien enterré, là, à ses pieds, sous le sable humide.


Citation:
Soif de sang et l’avènement du pouvoir.
Lorraine, 1463 (IG & RP)
Sans avoir pardonné à Sancte, sans renier mes rivalités avec les Renards, j’ai décidé de passer l’éponge et de me consacrer à l’avenir. Pas forcément le mien, mais celui des lorrains, mes frères et mes soeurs. Voilà longtemps que j’ai changé d’ennemi. Je me suis opposé, ces dernières années, à laisser la tyrannie et l’oppression populaire sévir dans ma contrée. Aujourd’hui, à l’heure où j’écris ces lignes, la Lorraine est en guerre. Il s’agit de l’héritage de mes prouesses politiques, à travers lesquelles je conduisais la Lorraine aux portes de la liberté après avoir brisé les chaines du Royaume de Lotharingie, conduisant indirectement à sa chute quelques mois plus tard. Comme je le désirais, le pouvoir en Lorraine a été le mien.


Elle réalisa subitement qu'il avait dû rédiger ses mots alors qu'elle-même traversait la Lorraine, le plus discrètement possible, en compagnie des autres pèlerins. Elle n'avait même pas cherché à profiter de cette courte distance géographique pour le voir. Elle se rappela soudain pourquoi. Le jour où elle lui avait demandé son aide, elle s'était obligée à ne plus jamais côtoyer le Lorrain. Comme un trait tiré sur une relation de plusieurs années. Noir. Fin. Efficace.

... Et l'espoir, encore, entre un chagrin muselé et une colère brûlante.


Citation:
La destruction de la Lotharingie a intensifié la dégradation des relations entre la Lorraine et le reste de l’Empire, notamment la Franche Comté en temps que berceau de la tyrannie lotharingienne & impériale, dont j’ai eu à souffrir durant mes années de règne officielle. La guerre franco-impériale fut le prétexte idéal pour accroître l’animosité entre la Lorraine et la Franche Comté. Ainsi, dans l’ombre du pouvoir, tenu à cette époque par Gertruden puis Zezinho, j’ai commandité, organisé et financé l’instauration du chaos en Franche Comté. Cette fois-ci, je n’ai pas compté le nombre de victimes que cela a fait, mais verser le sang comtois me procurait une joie indescriptible. Mes vieux jours sont encore loin,


Et l'espoir qui grossit, grossit, grossit...!


Citation:
mais nos escarmouches avec l’Empire sont devenus tellement violentes et déséquilibrées que je ne peux m’empêcher de craindre le pire. Toutes les armées impériales marchent sur Nancy. A 1 contre 10, c’est la promesse d’un véritable massacre, dont je doute pouvoir sortir indemne.


Qu'en était-il maintenant? Coupée du monde, enfin, de son monde, la Prieure n'avait aucune idée des tensions qui existaient entre les différents duchés. Maximin lui avait bien écrit quelques semaines plus tôt, mais, s'il avait parlé de cela, elle n'avait rien retenu.
Au fond, ça lui était égal que les Réformés se fassent massacrer (et ils étaient pléthore dans le coin).
Ellya haussa les sourcils. Pas un mot sur la religion? Impossible. Elle s'empressa de dévorer les derniers mots.


Citation:
Voilà tout ce dont je peux me souvenir, et tout ce dont j’aurais aimé pouvoir me soulager oralement auprès de vous, Ellya. J’ignore quel sera votre jugement final, mais quel qu’il soit, comment peut-il être bon ? Être honnête une fois ne changera pas ma vie, n’est-ce pas.


Si elle avait eu un cœur en parfait état, sans doute eut-elle lâché quelques larmes.

Elle se contenta de garder le visage fermé, les lèvres pincées. Des dizaines de pensées s'emmêlaient sous sa chevelure poisseuse.
Juger, ne pas juger?
Absoudre. Qui était-elle pour faire cela? Une lectrice désignée au hasard?

Elle était furieuse, tellement furieuse! Sa curiosité, loin d'être rassasiée, venait de décupler sous l'effet des confidences. Et triste, si triste que c'en était insupportable. Elle lui dirait au Lorrain, à son retour. Elle l'ensevelirait de reproches. Elle lui cracherait sa haine et sa tristesse. Pas son amour: elle n'avait jamais rien compris à ces choses-là.

Elle était sûre de tout et de rien à la fois.

Hormis...

Elle referma le livret et le rangea dans sa sacoche entre un flacon vide et une moitié de miche de pain.
Si elle rentrait, elle l'apporterait à qui de droit.


Je ne suis personne pour vous juger, expliqua-t-elle au vent qui s'était mis à souffler. Elle avait pourtant un avis sur la question. Enfin, sur la personne. Oui, comme au premier jour, il la fascinait.
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