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Retour d'un ménestrel sur le sol de France

Un ménestrel à Millau

Adhalbert
Une journée déjà que la cité été tombée dans les mains d'un illustre inconnu. Une journée déjà que les annonces les plus saugrenues avaient été faites. Une journée déjà que... rien de plus ! Adhalbert, ce matin, après être passé par la mairie et ayant été témoin que les promesses faites la veille n'avait pas été tenues - bien évidemment - se dit qu'il devait provoquer les actes de ceux qui se disaient les sauveurs.

Un tonneau qui trainait là serait parfait pour improviser une estrade. Le jeune homme grimpa dessus et se lança pour ce qui allait sans doute être le premier discours de sa vie.

Millau, bonjorn ! Tu n'es pas encore réveillé, mais d'autres le sont pour toi. Alors, ou sont-ils, ceux-là même qui annonçaient un compte-rendu chaque soir ? De fait, rien hier. Alors Millau, te laisseras-tu faire encore ? Ne songes-tu pas à demander des comptes ?
Tariquet
MILLAU : Au levée du jour, le merveilleux Tariquet apprend une nouvelle par son médecin, la blessure était visible, son sang coulait encore.


La nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre, Millau était aux mains de "révoltés-du-dimanche'. Partout, on était en éveil, les épées et les haches étaient aiguisées, les paysans s'armaient de fourches et de pioches, même les plus petits vérifiaient la bonne élasticité de leurs lances-pierres. C'était tout un village qui se préparait à s'élever contre l'envahisseur étranger. Piètre adversaire s'il en était, ramassis de brigands et d'autres adorateurs d'une foi comme tout à chacune, rétrograde et inutile.

Le merveilleux Tari'Quet en avait vu à la pagaille des prétendus "libérateurs-Pilleurs" qui se présentaient tels des samaritains venus épancher la terrible soif des pauvres hères, persécutés par les puissants, asservis même ! Mais bien sûr , Millau était une ville réduite aux mains de pilleurs venus la suçer jusqu'aux os. C'était bien connu, le Rouergue était un Comté Riche, étranglant l'arbitraire à la racine, qu'elle soit paysanne, artisane, érudite souffrant le martyr des sempiternels méchants nobles avec des cornes...
Il faut l'avouer, il y avait de quoi rire devant tant de populisme et d'ignorance de ces pilleurs. Et d'ailleurs il comptait bien leur en toucher deux mots, à ces révolutionnaires du dimanche.

Apres un bref passage chez son médecin, il déambulait dans les ruelles de son village quand soudain il entendait un villageois haranguer la foule en intervenant en chantonnant


Libéréeeeeeeee ! Délivréeeeeee !
Adhalbert
la crainte de rester seul, debout perché comme un héron attendant l'occasion de transpercer un poisson, se dissipa rapidement. L'homme qui arrivait, il ne l'avait jamais croisé encore. Mais il semblait connaitre les lieux parfaitement, et s'avançait sans hésitation. Son visage semblait plein de réflexion, et son sourire indiquait sans doute que la situation n'était, pour lui, pas si tant grave. Adhalbert, voyant comme prévu aucune manifestation de la pouille voleuse de pouvoir, leva un peu la main vers le seul homme à s'attarder.

Messer ? Je vous ai réveillé, ou vos pas sont volontaires ? Je comptais bien que le courage soit réellement de la part de ceux qui se servent sans demander, mais je suis encore naïf. Alors, en espérant que cette engeance ose sortir du bois, voulez-vous vous présenter ?
Adhalbert
Alors que le jeune homme attendait une réponse de la part de l'arrivant, et une éventuelle arrivée de celle qui se croyait légitime, il entendit une rumeur. Certes, elle n'était pas bien grosse, compte-tenus de la faible activité citadine de Millau. Mais le gamin des rues qui traversa la place en courant avait le sourire. Son cri n'en était que plus joyeux... Ainsi la mairie était vide à nouveau ?
Arrivée comme une maladie, "elle" a disparue comme une maladie. Si le petit disait vrai, la mairie était désormais vide. Adhalbert descendit de son tonneau, le sentiment que la paix qu'il souhaitait était à portée de main. Ne restait plus qu'à ce qu'un maire digne comble le vide...
Millysande
Je me tenais les côtes quand j'approchais de la grande place pour y apercevoir un homme. Il semblait chercher ou attendre quelque chose. Je m’avançais jusque à lui et l'interpellais

Messire ! Avez vous vu cette nuit le grand bucher de l'inquisition ?
C'était grandiose, une dizaine au bas mot , de sorciers attachés a leur poteau d'expiation qui hurlaient et se tordaient sous la caresses des flammes. J'y ai reconnu votre mairesse pillarde , la monique là !
D'ailleurs, tout près des portes de la ville, l'odeur des cendres y est insupportable.

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Adhalbert
Surpris dans sa rêverie, le jeune homme se retourna pour faire face à la dame qui venait de l'interpeler. Conscient d'être vêtu fort mal, il s'inclina en souriant, gêné. Un messire, lui...

Non, ma Dame, je n'ai guère vu la flambée que vous évoquez. Mais a en juger par les soupirs de soulagement que j’entend ça et là, ce devait être lumineux !

Sans se rendre compte du geste, Adhalbert lissa sa chemise encore sale de la poussière de la place, et de quelques cristaux rougis, sans doute éjectés du tonneau.

Mais je veux bien vous croire, ma Dame. et si vous dites le vrai concernant celle qui a cru être le premier magistrat de Millau, elle aura au moins tenu une parole... Ses cendres aideront les récoltes !

Le sourire du jeune homme était un peu plus franc, à ces mots.
Maxalex
Maxalex, qui passait de temps à autre sur la grand place, était encore tout étourdi par l'odeur nauséabonde qui envahissait les rues de son village.

Il avait fini par comprendre que Monique n'était qu'une pillarde, et s'étonnait de constater qu'il n'y avait personne en Mairie, mais comprit lorsqu'il entendit que Monique avait été brûlée sur la Grand Place.

Il s'approcha alors du Sieur qui le faisait encore rire et de la Dame qui conversaient et prit lui aussi la parole.


Enfin ! La voilà enfin partie ! Elle serait donc désormais brûlée !


A ces mots lui vint une idée qu'il aurait aimé ne jamais avoir eue.

Mais sommes-nous bien sûr qu'elle ne reviendra pas ?
Je savais qu'elle allait quitter notre Mairie, mais si subitement, je ne m'y attendais pas !
Theobaldletroubadour
Fraîchement arrivé à Millau, Theobald investit la grande Place. Cette ville avait, manifestement, besoin de divertissement. Le maire ne lui avait pas dit autre chose, lorsqu'il l'avait croisé à la taverne municipale. Mieux, il lui avait donné son blanc-seing. Le ménestrel aurait eu tort de ne pas en profiter.

Les quelques personnes présentes en ce lieu vaquaient à leurs occupations. Cela ne préoccupa pas outre mesure celui qui avait visité moult Royaumes. Un de ses confrères lui avait, un jour, confié :
Je suis là debout sur une planche qui oscille sur la mer. La mer est houleuse et la planche est pourrie.

Je manque de chavirer à chaque instant. Je suis vert de peur et je crie : "C'est merveilleux! C'est le plus beau métier du monde! (1)"


Alors Theobald, autant pour attirer l'attention du public présent que pour se donner du courage, fit, sur son luth, résonner un accord.

(1) d'après "L'Artiste" (Raymond DEVOS)


Théobald
conteur, chansonnier, amuseur
Mefir
Le Marechal fraichement élu maire voulait donner un coup de pouce a ce poete, il s'approcha et se mit à ses cotés.

Bien, c'est maintenant que cela commence, allez hop on se motive ! ... Je suis là et merci pour tous de tenter l'impossible, comme moi !

Mefir se lève, levant les bras et les agitants, apostrophe les gens qui passent !

Soyez bienvenus, tous ! ... Ecoutez notre nouvel ami qui vous divertira, je le pense ! ... Passez simplement mais arrétez-vous ne fusse qu'un instant, écoutez le ! ... ou meme pour un sourire, merci à vous !
Theobaldletroubadour
A peine le son du premier accord évanoui, Théobald vit le maire à ses côtés haranguer ses concitoyens. Il eut un sourire :

Merci, Messire Maire, de venir tenter l'impossible avec moi. A l'impossible, nul n'est tout nu.

Il décida d'enchaîner sur sa lancée :

Il paraît que les jeux de mots laids font les gens bêtes. Et, alors qu'adolescent je faisais le pitre, le curé de mon village faisait l'épitre. Mais il bafouillait tellement que lorsqu’on arrivait à comprendre ce qu’il disait, c'est qu’il s’était mal exprimé. "Le temps prêche" disait-il toujours. Le jour du mariage de Damoiselle Jeanne avec Messire Henri, il leur a souhaité d'avoir « plein de petit glaçons et de petites billes ». Mais il a vraiment choqué tous ses paroissiens un dimanche, quand il a parlé de « Christos et ses dix slips ». Certaines vieilles paroissiennes fort dévotes se sont même plaint à l'évêque. Celui ci leur a répondu : « Le fond de l’erreur est frais ! ».

Le ménestrel marqua une pause, afin d'évaluer l'intérêt qu'il suscitait auprès de son auditoire.
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Théobald
conteur, chansonnier, amuseur

"La vie...est une histoire racontée par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et qui ne signifie rien" (William Shakespeare)
Ellen..
De retour à Millau, avec quelques pots fraîchement sculptés à l'intention d'un ami, Elle passa sur la Grand Place. De loin, elle aperçut un troubadour et une autre silhouette qu'elle reconnut immédiatement. Elle s'avança vers eux, sans cesser de considérer l'homme inconnu. Sa silhouette lui rappelait quelqu'un et ce n'est qu'une fois arrivée à 2 pas des hommes qu'elle retient de justesse une exclamation qui se termina en murmure ...

Luke !

Une main sur la bouche pour étouffer la suite de la phrase, elle resta là, quelques secondes à considérer l'homme et son instrument de musique.

Puis elle se resaisit et reprit la parole.

Hmm, bonjour à tous deux... et pardon... j'ai cru un instant reconnaître ... un ami.

Sourire rapide, la rouquine s'empourpre légèrement, encore navrée et retournée. Elle s'adressa au ménestrel

Ellen Bradford, de Rodez. Ravie de vous rencontrer Sieur. Quel est donc cet instrument ? Je n'en ai jamais vu de tel. Je connais juste la cithare ...

Theobaldletroubadour
Alors que le troubadour venait de marquer une pause pour évaluer l'enthousiasme de son public du jour, une jeune damoiselle, fort élégante au demeurant, s'appeocha d'eux et, après avoir courtoisement salué le bourgmestre, s'intéressa au luth de Theobald.

Le menestrel, flatté par cette marque d'intérêt, se fendit d'une révérence pour rendre à son admiratrice la politesse.


Soyez remercié pour votre attention, gente Dame. Je me nomme Theobald et...

Il s'interrompit alors, et dévisagea son interlocutrice :

J'ai, en vous voyant, une de ces intuitions qu'ont parfois les gens possédant un certain don. Je vous vois originaire...ou native...d'une île au large de la Normandie. Ou alors de...Il marqua une nouvelle pause, puis reprit : ...plus loin encore. Un lieu où l'on ne parle point françois. Où la bière coule à flot. Où le temps est pluvieux. Je me trompe ? acheva t-il en gratifiant la damoiselle d'un regard empreint de mystère.
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Théobald
conteur, chansonnier, amuseur

"La vie...est une histoire racontée par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et qui ne signifie rien" (William Shakespeare)
Legende_
Un accord joyeux résonna aux oreilles de la jeune fille, intriguée et bien malgré elle, elle avança lentement vers la grand'place d'habitude si vide de monde.

Que se passait il donc en ce jour, de la musique, des gens qui parlent ? Millau sortait elle enfin de son silence ? elle osait l'espérer, elle qui demeurait dans l'ombre de peur de se frotter à ses semblables.

Un homme pinçait avec élégance et savoir faire un magnifique instrument qu'elle reconnut pour être un luth, non pas qu'elle fusse une grande connaisseuse mais elle avait, au cours de ses voyages solitaires, rencontré un troubadour qui l'avait émerveillée tant les chants et récits qu'il entonnait pour qui voulait l'écouter, lui semblaient si mystérieux, si fascinants ...

Elle admirait ses gens qui savaient si bien se jouer des mots, les faisant danser au gré de leur fantaisie pour le plus grand plaisir de leur auditoire qui restait bouche bée à les écouter des heures durant.

En retrait, elle écoute en fermant les yeux, se surprend à esquisser un sourire, puis recula un peu plus lorsqu'une jeune femme s'approcha du troubadour, ne voulant faire montre d'indiscrétion ...
Adhalbert
Vous voilà ici, vous ?

Les mots avaient été prononcés avec douceur, et presque sur le souffle. Le jeune homme, qui ne représentait plus rien d'autre que sa personne était arrivé sur la place, à la surprise d'entendre un chari-vari inhabituel. Il avait noté, à l'évidence , le retour d'une angloyse, mais c'était plus celle d'une locale, silencieuse, qui l'avait amené à s'avancer. et comme il était, là, derrière elle, il lui fallut soupirer ces mots...
Theobaldletroubadour
Le ménestrel, tout en discutant avec la rousse, avait bien aperçu la jeune adolescente qui s'approchait avec précaution, presque avec crainte et méfiance. Elle lui rappelait, par certains aspects, une autre femme qu'il avait côtoyé en d'autres temps. Sauf que celle là était plus...sauvage ?

Puis vint un jeune homme, dont il ignorait l'identité, qui s'adressa à l'adolescente. Décidément, cette place s'animait. S'emparant de son luth, il décida d'entonner, de sa voix grave et chaleureuse, une vieille complainte médiévale (1)
:

Dans la ville de Millau
des villageois s'éveillent
Et comme les matelots
se lèvent avec le soleil

Dans la ville de Millau
Les filles sont agréables
Gravures de fabliaux
ou mélodies injouables

Dans la ville de Millau
Les tavernes attendent
Les duos, les trios
Qui sèment la sarabande


Pas sûr que la Maréchaussée apprécie beaucoup la troisième strophe. Mais comme aimait à le dire son confrère : [l'artiste] a envie de crier: "Un homme à la mer!" Mais comme l'homme c'est lui, et que lui c'est un artiste et qu'il exerce le plus beau métier du monde, il crie: "Et le spectacle continue! (2)"

(1)"Dans le port d'Amsterdam" (Brel)

(2)"L'artiste" (Raymond Devos)
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Théobald
conteur, chansonnier, amuseur

"La vie...est une histoire racontée par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et qui ne signifie rien" (William Shakespeare)
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