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[RP]..." le Temps des Gitans"...Campement de la Kumpania.

Sandino
...La moitié de la Kumpania partie, Sandino s'apprête à s'activer quand à sa grande surprise Eudoxie apparait. Pourtant il était à l'instant sur la piste qui mène au camp et jamais il ne l'a vu arriver. Se pourrait-il qu'elle soit venue par la mer se demande t'il sur l'instant avant de lui répondre.

- partir, rester, sont pour nous des notions vagues tu sais, la vie de bohème se conjugue au présent et uniquement à l'auxiliaire être.

Arrive alors des dunes, Soren, l'homme d'Eudoxie que le patriarche ne connait pas réellement. Le jugement de sa cousine qui l'a déjà croisé et celui d'Eudoxie qui vit avec étant amplement suffisant aux yeux du vieux gitan pour se faire une idée sur le Danois.


- ho coquin de sort !! j'ai compris !! je vous croyais débarqués d'une barcasse mais non !! c'est l'amour qui vous a donné des ailes et vous avez fini sur la plage avec les gabians !!S'exclame le patriarche en riant.

D'un geste vif il leur fait signe de le suivre jusqu'à l'abri où ils vont pouvoir dormir.





- voilà les amis, c'est pas aussi confortable qu'un vago mais bon il fait pas encore trop froid, d'ailleurs à ce sujet j'ai demandé à Paim qui va passer à Farges de réunir dans la remise les outils nécessaire pour réparer une des roulottes, quand vous y passerez vous n'aurez qu'à vous y mettre, vous pouvez même habiter dans un vago de la remise durant vos travaux.

Maintenant assis devant l'abri de fortune installé prés d'un bosquet derrière le campement, Sandino en vient au pourquoi de la présence du couple qui est venu pour bien plus qu'une visite amicale.

- je suis à votre disposition les amis, ce moment vous appartient en propre, à vous de décider si vous voulez aller au sanctuaire et quand, ou faire selon vos souhaits si vous en avez, mon rôle dans cette affaire se résume à être l'instrument du destin en quelque sorte, je n'ai ni crédo à vous faire réciter pas plus que de sacrements religieux à vous dispenser à proprement parler, dans ces moments je m'oublie pour n'être qu'un serviteur de la vérité, un témoin que la sincérité va présider.

Les mains ouvertes pour exprimer que la suite ne dépend pas de lui, il leur sourit.
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Eudoxie_
"Ce n'est pas la destination mais la route qui compte."

Sagesse ? Gentillesse ? Sandino...

La sagesse à l'état pur, c'était un peu ça Sandino avec un coeur gros comme ça autour ou dedans, on savait pas trop, mais des hommes comme lui on en faisait pu des masses au final, avec une ouverture d'esprit plus grande que le monde lui-même.
Les mots du gitan en comprenant d'où émergeait la brunette et son blond la fit gentiment sourire alors que Soren enroulait sa taille de sa ceinture favorite, faite de bras danois, un p'tit éclat de rire venant en réponse aux propos de Sandi.

On est arrivés hier au soir mais pas en barcasse, par le chemin, on a juste pas voulu s'immiscer dans vos festivités alors on a dormi sur la pl....

Ayant suivi le patriarche suite à son geste, main glissée dans celle de son danois, les mots de la béarnaise se figèrent en découvrant le nid que leur avait concocté la kumpania, juste tout ce qu'elle aimait, si elle avait su pour sure la brunette aurait été gratté le feu de camp pour y passer la nuit.
Ni une ni deux, Eud laissa choir sa besace et son p'tit bardas au devant de la tente, comme un rien et comme une gosse, la petite brune se serait jetée dedans mais... le vieux sage rentra dans le vif du sujet.

Merci infiniment pour la roulotte, si on se rend compte qu'il y a des réparations à faire à Farges on les fera avant que vous arriviez.
Et comme promis à Zézé un feu et un repas pour tout le monde, à votre retour.


Regroupant sa jupe sur ses jambes, l'inénarrable s'installa en tailleur aux cotés de Sandino, relevant son regard sur Soren en attendant qu'il s'installe à son tour, glissant sa main dans la sienne.
Attention dirigée vers le vieux sage, la lèvre inférieure fut gentiment mordillée avant de formuler clairement ce qui les avaient en partie menée ici, vu que la décision de demander à Sandino son assistance c'était imposé au couple sur le chemin les menant à Arles.

On en a discuté hier justement entre les dunes, et... on aimerait bien utiliser des rubans comme je te l'ai dit, ils ont pour nous une symbolique particulière... personnelle en réalité.
Pour le quand, la nuit, avec la voute céleste et toi pour témoins, ce soir même si tu peux, ça peut paraître étrange mais on ne veut rien de plus, c'est pour ça qu'on en a parlé à personne.
Pour le sanctuaire dis nous plus, j'ignorais que vous en aviez ici ou ailleurs, je ne suis pas croyante pour ma part stricto senso, il n'y a guère que la terre mère à qui j'accorde légitimité, alors si c'est compatible avec cet endroit moi je n'ai rien contre, je ne veux pas être profane dans un temple qui t'es cher et...


Doigts s'entremêlant à ceux de son scandinave, onyx croisant topaze d'un regard lui offrant un sourire avant de revenir à Sandino.

Pour ça quelqu'un d'autre doit donner son avis.
Moi je reste ouverte à tes propositions Sandi, nos promesses nous nous les sommes déjà faites, juste entre nous, mais que toi tu les scellent c'est... renforcer ce voeu, cet engagement qu'on a pris l'un envers l'autre.

Comment dire que le ventre de la bestiole se tordait en tout sens, comme un rien le mal au coeur de son anxiété ce serait manifesté sur les genoux du vieux gitan, mais une grande inspiration retint cette manifestation physique pas foncièrement adaptée.
Se taisant à son tour, Eudoxie laissa son regard aller d'un homme à l'autre, elle avait donné son avis sur la chose, et complèterait au besoin, mais sur l'instant le vieux sage et le danois devaient faire un peu mieux connaissance.

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Soren
Je m’appelle Søren. Hakon Søren Eriksen, quatrième du nom. Les français qui voient mon patronyme écrit sur un vélin prononcent « Soren ». Ceux qui sont mes amis ont pris l’habitude danoise : « Seurn ». La société de mon père est patriarcale. C’est la raison pour laquelle j’avais tant d’importance à ses yeux, la raison pour laquelle je ne pouvais pas mourir. Celle de ma mère est matriarcale. Ce mariage ne pouvait être à l’origine que de conflits de personnes. Après avoir appris à connaître ma mère, après avoir su comment mon père a fini, j’ai d’ailleurs soupçonné ma mère d’avoir fomenté la révolte qui le faucha lui…ou tout au moins de n’avoir rien fait pour l’en empêcher. Lors de mon installation en Périgord, lorsque vint la question du patronyme, sa réponse fut cinglante : « Tu t’appelles Søren MacFadyen-Eriksen ».Si Brygh Ailean MacFadyen impressionne nombre de périgourdins au point même de les terroriser, je n’ai personnellement jamais hésité à la confronter. Cette fois-là, je n’avais pas de raison de m’opposer à elle…même si le ton emprunté ne souffrait d’aucune contestation. Les MacFadyen et les Eriksen avaient au moins ça en commun: un ego démesuré. Hakon Søren Eriksen IV au Danemark et Søren MacFadyen Eriksen en France et dans les hautes terres d’Écosse. Voilà qui je suis.

Et elle? Elle… Eudoxie Castera. Dans quelques temps, Sandino procédera. Il n’y a aura pas d’autres témoins que lui, les étoiles…et nous. Cet engagement je ne le veux devant personne d’autre. Parce que cela ne les regarde pas. Parce que j’ai dénié à mon oncle/père le droit de choisir qui devait partager ma vie, parce que même au Très-Haut et à ses représentants sur terre, je ne donne pas le droit de me dire qui je peux aimer ou ne plus aimer, qui j’ai le droit d’embrasser, sur qui mes mains peuvent semer les graines du plaisir lorsque j’en ai le désir. J’ai un Dieu mais je n’ai pas de Maître excepté moi-même. Dans les jours qui viennent, c’est moi qui aurait volontairement choisi de lier mon poignet au sien. Juste moi et elle… et cela avait à mes yeux une importance vitale. Une union libre. Libre de dire et de faire ce que l’on a envie, libre d’être sincère l’un envers l’autre, libre d’aimer plus fort encore…ou de se séparer d’un commun accord si les différends ou les aléas de la vie nous rendent la vie trop compliquée.

Vous qui pouvez lire dans mes pensées, vous devez vous dire : quel lien? Quel lien y a t-il entre liberté et patronyme? Je vais vous répondre : le lien réside dans le pouvoir de choisir son patronyme en toute liberté, de rester Eudoxie Castera ou de se faire appeler Eudoxie MacFadyen Castera ou encore Eudoxie Castera Eriksen. Dans ce choix-là, ma mère n’a rien à dire.. Ce sera le sien et quel qu’il soit, je l’accepterais et le considérerais comme le meilleur. Ami, Amoureux, Amant. La relation qui m’unit à elle est basée sur cette trinité, sur la fusion de ces trois rôles qui se mêlent intimement pour former un ciment que j’estime solide, suffisamment solide pour ne pas craindre de me présenter aujourd’hui devant Sandino. Tout cela a un pré-requis et cela s’appelle le respect.

La roulotte…Cela fait plusieurs semaines qu’on en parle. Le tournoi de Genève de l’an passé a inspiré l’Eudoxienne. La difficulté de Carla de suivre la cadence infernale qui nous a mené de Sarlat à Genève nous avait amené à en louer une temporairement. Nous n’en n’avions guère profité Eud et moi, à peine une journée mais cela avait sans doute conforter la brune qu’une roulotte pourrait nous être bien utile en voyage. Avec la générosité de Sandino et de la Kumpania, mes aptitudes charpentières et le génie de l’inénarrable, le rêve se rapproche un peu plus de la réalité.

Les détails quand à l’organisation de la cérémonie occupent le centre de la conversation. Sur ce coup, je laisse Eud mener le bal ou la barque, c’est selon vos préférences. Mais quand on m’interpelle…


- Je suis aristotélicien Sandino. Jeune j’ai eu un précepteur qui m’a inculqué à coups de trique les principes d’Aristote et de Christos. Ce n’est qu’il n’y a quelques mois pourtant que je me suis fait baptisé à Angoulême, après avoir suivi une pastorale ici, en Provence. Mes relations avec le Très-Haut sont parsemées d’orages et de tempêtes même si cela s’est un peu calmé ces derniers temps. Mais ce n’est pas auprès du représentant du Très-Haut que j’ai choisi de me rapprocher de Eudoxie. Le lieu de la cérémonie a moins d’importance à mes yeux que sa tenue sous la voute étoilée. Il parait qu’il y a un témoin important qui regardera de là-haut.

Ne pas la regarder pour éviter de céder à l’envie de l’embrasser. Serrer mes doigts dans les siens en guise de réponse à ses gestes, à son regard, à ses sourires. Envie de lui dire là, tout haut, ce qu’elle peut lire dans mon regard. Envie de lui dire que je n’ai pas de doute et que rien ne m’oblige à prendre le chemin que nous avons choisi en commun, que ce soir scellera ce qui a été initié hier par mon impatience. En cet instant, ce n’est pas par quelques mots maladroits que je veux lui transmettre tout cela mais par l’intermédiaire de ce que nos doigts entremêlés.

- Votre sanctuaire me convient Sandino s’il vous convient à vous également. Vous connaissez une petite partie de mes convictions. Je vous laisse la liberté de décider si elles sont compatibles ou pas. Mon engagement est envers Eudoxie et juste envers elle.

Le temps de Eudoxie et Søren semblait désormais compté. Eudoren frappait déjà à la porte.
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Oxan
La gamine revient de la mairie, elle a fait un détour par la boulangerie pour le pain qu'elle pose près des Vagos, elle a le sourire aux lèvres, elle va bientôt avoir ses papiers pour la petite maison qu'elle a souhaité avoir ici tout près du sanctuaire, elle voulait et tenait à être d'Arles parce que c'est ici qu'officiellement sa vie a changé, elle est devenue Gitane et c'est parmi eux qu'elle aime à se trouver...
Alors avoir un petit endroit à elle à coté du Sanctuaire pour venir parfois veiller et saluer la mère quoi de plus évident ?


Elle passe à coté du vieux Gitan et lui sourit...
C'est en bonne voie Padré ! J'suis passée à la Mairie...
Bientôt je serai de cet endroit, une couillonne de la lune en Arles c'pas beau ?

Elle se met à rire...
Faudra qu'on aille voir la petite maison Padré, vu le grand rien que j'ai à mettre dedans...
Puis voyant qu'il discute avec les deux grands... Bonjour Eudoxie et b'jour m'sieur Hakon... Euh, j'sais plus l'reste... M'sieur qu'à trop d'noms...
Elle l'aime bien la Eud pour l'avoir croisée, elle trouve qu'elle sent bon la gentille et elle fait toujours confiance en son instinct la gamine, le m'sieur, elle sait po encore quoi en penser, il semble plus réservé, plus distant...
N'étant pas très bisous bisous la gamine sauf avec ses parents et encore, il ne faut pas trop lui en demander coté câlins, elle se contente d'un geste de la main pour les deux et d'un large sourire...


Puis elle se retourne en direction du Vago de sa Mère ne sachant pas si elle est rentrée l'ayant croisée à la Mairie et gueule comme à son habitude...
MADRÉ... J'vais nettoyer les piques à poissons et j'coupe l'bois pour l'soir...

Elle les laisse et va chercher de l'eau pour nettoyer les piques à poissons et ranger un peu le campement puis elle a tiré une grosse branche que ça l' a fait rire parce qu'elle avait attaché une petite corde autour de sa taille et qu'elle tirait la grosse branche avec et que sur le sable avec ses empreintes de pieds et la trace de la branche ça faisait comme s'il y avait eu un mille-pattes géant qui était passé par là...

Elle va prendre place à coté du feu et avec sa petite hachette entreprend le couper la grosse branche en petits rondins puis de mettre sécher le bois à coté du feu pour le soir...
Elle s'occupe toujours à quelque chose la gamine et parfois même elle s'occupe de sa sieste parce que c'est vachement important la sieste !
Plus tard elle ira lever les collets avec son Padré qui lui a montré des coins intéressants...

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Sandino
...…Après avoir écouté le couple, Sandino est certain d’une chose, l’un comme l’autre ont été mis devant l’évidence de sentiments réciproques dont la soudaineté et la force les ont surpris et presque débordé. De lui ils attendent sans le formuler qu’il matérialise cette force qui les traverse et lui donne un point d’ancrage dans le tangible.

L’homme sous certains aspects lui fait penser à son gendre viking, ce même regard qui dévoile autant qu’il cache, avec une brillance sauvage et franche. Il s’est dit fidèle d’Aristote sans être bigot, ce qui arrange le patriarche lequel s’est levé lorsque Soren en eu terminé.


- laissez vos affaires et suivez moi, allons au sanctuaire et en chemin je vous expliquerai sa nature.

Suite à un crochet au camp pour informer Zézé de son absence et récupérer une besace dans laquelle il y a ce dont il a besoin, un intermède avec l'arrivée d'Oxan, il part avec le couple, s’intercale entre eux et à trois de front partent pour le sanctuaire sur lequel le vieux gitan s’empresse de donner les précisions promises.

- les croyances, les traditions diverses, la spiritualité, les savants de l’antiquité jusqu’à nos jours, les alchimistes et les occultistes sont tous d’accord sur une chose, une énergie créatrice préside au grand tout, cette force se manifeste sous maintes formes, visibles et invisibles, la pensée est créatrice, le verbe aussi, la nature tout autant.

Arrêt du patriarche qui en écartant les bras embrasse la totalité de ce qu’il y a autour d’eux jusqu’au ciel.

- tout ce qui est, vient de cette énergie, c’est à cette force qu’est dédié le sanctuaire à travers une représentation de la Mère Universelle, un des avatars de cette énergie, une représentation que nous avons voulu neutre, chacun peut y voir ce en quoi il croit ou imagine, je n’ai jamais fait des croyances un enjeu dans le clan et la Kumpania et si c’est un sanctuaire Gitan, ce n’est qu’une des interprétations possibles, alors pourquoi ici dans ce coin paumé ?

Un bref instant Sandino se demande si cela peut avoir un intérêt pour le couple de le savoir, puis reprend au rythme lent de ses pas que sa nonchalance naturelle lui impose.

- c’est là qu’intervient le caractère tsigane du sanctuaire, son sens caché si vous voulez, il se trouve que la première fois que nous sommes venus ici avec la Kumpania c’était pour des noces gitanes entre mon fils et une rescapée d’un clan de Gitans jadis le plus important du royaume, avec Zézé nous étions déjà passés dans ce coin, la Kumpania n’existait pas encore pas plus que le clan, à l’époque j’étais rentré depuis peu d’un long voyage sur la route de la soie avec une caravane de marchands Vénitiens qui m’avaient mené jusqu’à Jaïsalmer en Hindoustani, terre d’origine de la première génération de ceux qui allaient devenir la communauté tsigane, la pauvre Zézé m’a attendu des mois à se morfondre, bref de ce court séjour là-bas car les marchands s’étant rendus plus au nord étaient vite revenus me récupérer pour retourner à Venise, durant ce court séjour j’ai appris bien des choses sur cette culture d’origine qui s’étiole dans la mémoire des gitans de l’ouest, Dame !! c’est qu’il est passé quatre siècles entre cette première génération et la mienne c’est dire, quatre siècle passés à tourner le dos aux origines ça aide pas.

Le patriarche marque un arrêt, fronce les sourcils puis repart en souriant.

- désolé je m’égare dans les détails et je ne savais plus de quoi je parlais au début, donc rentré de ce quasi-pèlerinage avec ces connaissances, puis voyant ce coin j’ai eu comme un sentiment de déjà vu, ce n’est qu’au second séjour ici celui des noces que j’ai compris, je n’avais pas déjà vu ça mais entendu parler d’un coin similaire, là-bas en Hindoustani il y a un grand fleuve sacré « le Ganga » qui fait un delta de marais et de canaux naturels avant de se jeter dans la mer, comme ici le Rhône, chaque année dans le fleuve sacré où dans la mer qui le reçoit, les fidèles vont baigner Kali, un avatar de la Mère divine, une divinité à la peau noire comme la pierre dans laquelle a été sculptée la divinité du sanctuaire, voilà pourquoi ici.

Au loin le sanctuaire se devine à la tâche blanche que fait le calcaire de ses pierres.

- forts de ces précisions vous aurez compris que ce n’est pas un édifice religieux à proprement parler et la statuette n’est pas un objet de culte déterminé, si je devais définir le sanctuaire je dirai que c’est un lieu spirituel et la divinité le symbole de cette énergie de vie, ce principe de création qui agit dans le visible comme l’invisible, pour le reste, le sens caché il ne concerne que l’histoire de la communauté à laquelle je dois de tenir le rôle qu’elle m’a dévolu, un genre de gardien de la mémoire.





Le trio arrivé devant le sanctuaire, Sandino entre le premier, se penche et touche du bout des deux mains les pieds de la statuette avant de les porter à ses lèvres, puis à nouveau tend les mains pour toucher cette fois la tête avant de poser ses doigts un bref instant sur ses paupières closes, suite à quoi il invite le couple à s’assoir face à face pendant qu’il prend place face à la statuette.

Sans préambule ni commentaire concernant ce qu’il allait faire pour eux, le patriarche commence par la prière en sanskrit à Gayatri pour en venir aussitôt après à l’enjeu de leur présence dans le sanctuaire.


- ici aux pieds de la Mère de nos Mères, force agissante et créatrice vous venez sceller un engagement, le consentement à partager un chemin que vous allez devoir défricher, car pareil engagement n’est pas l’empilement de deux destins mais bien l’émergence d’une destiné commune pour laquelle chacun de vous va devoir oublier ce qu’il a été pour le dépasser, ce qui a été n’est plus et ne saurait compter, quand à l’avenir qui déjà doit réclamer son du dans vos esprit au regard des promesses d’un pareil engagement, l’avenir s’il est à venir n’est pas.

Fixant tour à tour Eudoxie et Soren, le vieux gitan s’interrompt pour enflammer des copeaux de bois de santal dans une coupelle posée au milieu du cercle que font les trois humains et la divinité de pierre noire.




- reste le présent, la seule manifestation tangible de cette force divine, car si le passé n’est plus quand il a été vécu c’était au temps présent et il en est de même pour le futur qui prendra consistance qu’au présent, demain n’est rien d’autre qu’un aujourd’hui en attente, ainsi il en est de la réalité de votre union, un présent à porter à deux et sans jamais ne céder à l’espérance, l’espoir c’est la résignation, l’idée que demain l’herbe sera plus haute et le bonheur plus radieux, qu’un jour nous serons reconnus à notre valeur et qu’après demain nous serons reçus au Paradis, un chapelet de demain qui font que le présent n’est pas, réduit à l’espérance d’un lendemain qui chanterait.

Cette fois Sandino sourit en alimentant le feu symbolique.

- si vous êtes prêts à faire que chaque jour soit pleinement vécu pour ce qu’il est vraiment, ce cheminement commun vécu au présent en toute conscience de ce que vous êtes, alors vous vous réaliserez, si tel est votre souhait que chacun de vous coupe à l’autre un petit bout du ruban que vous avez noué sous la lune et me le donne.

De la besace le patriarche extrait un petit couteau tranchant comme un rasoir qu’il dépose à terre entre Eudoxie et Soren.
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Eudoxie_
"Kiss while Yours lips are still red"(*) (Nightwish)

Evidence ? Sentiments ? Engagement...

Il se dit que le regard est le reflet de l'âme et que les yeux en sont les fenêtres, sur l'instant Eudoxie aurait validé ce précepte en signant des deux mains, sans aucune hésitation, l'échange qui se jouait silencieusement en était la preuve évidente.
Longue inspiration devant ce qui se profilait, écoutant son danois s'expliquer avec Sandino, la gorge et le ventre noués bien malgré elle, es doigts se resserrant sur ceux de Soren au moment où la petite crapule lunaire passa pour interpeller son père, un sourire franc et une main levée repondant au bonjour tonitruant de la petite blonde.

Coucou Chandra

Main portée sur sa besace au moment de partir suite à l'injonction, une hésitation rapide avant de l'enlever, ne prenant qu'un court instant pour fouiller dedans et enfouir quelque chose dans sa poche.
Chemin faisant aux cotés de Sandino, l'inénarrable buvait les paroles du vieux gitan, découvrant un pan de l'histoire de ce sanctuaire dans lequel il les entrainait surement pour leur faire découvrir l'endroit.

L'endroit ne payait pas de mine, mais quelque chose s'en dégageait et jetant un regard vers son danois en voyant le patriarche entrer, la petite brune imita l'homme sage, se baissant même si beaucoup moins que lui, pour porter son regard sur le lieu de culte du clan.
Sans le déranger, Eud observa Sandi orchestrer une sorte de rituel sur la statuette, se demandant si elle se devait elle aussi mais sans indication de la part de son ami s'en abstint, suivant chacun de ses gestes avec attention.

Haussant rapidement un sourcil droit étonné, l'orthézienne pris place comme le demandait Sandino comprenant que c'était maintenant, rivant ses perles noires à l'eau du regard de son autre, glissant ses mains dans les siennes, un sourire retenu sur les lèvres, le temps de la prière du gitan.
Onyx se relevèrent sur l'homme grisonnant lorsqu'il s'adressa à eux, doigts se crispant sur ceux de son danois, il est étonnant de se rendre compte comme quelque chose de connu et dont on savait qu'il allait arriver pouvait vous prendre malgré vous aux tripes.

Mains relachées lorsque le bois de santal s'enflamme entre eux tous, Sandi, la statuette, Lui, Elle... hypnotisant les ténèbres du regard eudoxien autant que les paroles du vieux sage vers qui ses prunelles reviennent stoppant un moment sur son blond.
"Si vous êtes prêts"... L'avait-elle jamais été autant que ce jour pour quoique ce soit dans sa vie ? Elle qui ne voulait ni mariage, ni lien, ni attache d'aucune sorte... C'était ce qu'il lui offrait, une promesse, un engagement sans mariage, sans entrave légal ou religieuse autre que celles qu'elle voulait, se lier à lui d'un voeu commun à renouveler si la chance leur était donné de vivre leur amour comme ils le souhaitaient.

Lèvre inférieure mordue, dextre fébrile vint fouiller sa poche nerveusement pour en sortir les rubans tressés la veille, entre les dunes, alors qu'ils avaient échangés leur promesse l'un et l'autre.



Cette trinité d'étoffe, une fois encore ce symbole qu'elle avait pris le temps d'ajouter sous forme de pendentif symbole au lien pendant la nuit, glissa entre ses doigts, regard se posant dessus avant de se saisir du couteau déposé par Sandino, relevant le nez vers lui dans un sourire, pivotant ensuite la tête vers celui à qui elle faisait la promesse d'un avenir commun.

Souffle retenu avant une grosse inspiration, la tresse fut maintenue et le tranchant de la lame porté sur le ruban, le repliant de chaque coté pour couper d'un geste vif et net, lèvre mordue comme à son habitude.
Morceau désolidarisé vint rejoindre ses genoux, dextre et senestre tendant réciproquement vers Soren, lien noué et coutelas vers lui, le regard brillant d'une sensation étrange, était-ce le lieu, l'instant... Un simple murmure filtra les yeux dans les yeux.

Tant que la flamme brulera...



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Soren

 « Si vous êtes prêts »… La phrase résonne dans ma tête. Suis-je prêt? L’ai-je été un jour? La vie va, vient, je prends que ce qu’elle m’amène, essaie d’esquiver les obstacles qu’elle dresse devant moi et apprécier les moments agréables qu’elle m’offre. Depuis que je l’ai rencontré, je reconnais que je n’ai pas trop à me plaindre du destin. Oui, depuis notre rencontre dans une taverne à Angoulême jusqu’à ce lieu de spiritualité en Provence, notre relation s’est développée. Elle a grandi étape après étape, s’est renforcée dans les éclats de rire, dans la tendresse, dans les cris, les poings frappés contre un mur, les effluves opiacées, les baisers enflammés, les étreintes passionnés. Elle et moi ce n’est pas un sentiment. Vivre d’amour ne me suffit pas. Eudoren, c’est la traversée de la palette des sentiments des plus sombres au plus éclatants. Avec moi, elle sera constamment sur une corde raide, cherchant l’équilibre cent pieds au dessus de mon âme tourmentée sans jamais savoir ce qui va lui arriver lorsqu’elle perdra pieds. Car oui, elle perdra pied et elle devra se relever. Eud, c’est ça qui t’attend. Non pas depuis le premier regard celui qui a fait naître une étincelle mais depuis cette soirée où nous nous sommes avoués ce que nous ressentions. T’en rappelles-tu? Oui, je n’ai pas de doute. Tu t’en rappelles encore.

Juste avant de nous diriger vers le sanctuaire, le petite impertinente que j’ai rencontré en taverne passe nous faire un petit coucou. Elle est drôle. Elle croque la vie à pleines dents sans se soucier de l’avenir. Elle aussi. Comme toute la Kumpania d’ailleurs. C’est l’impression qu’ils me donnent. En les voyant je me suis demandé pourquoi Eudoxie ne les a jamais rejoint. Une vie sur les routes, voilà bien un style de vie qui doit convenir à celle qui ne tient pas en place, qui à peine arrivé quelque part pense déjà à son prochain voyage. Et pourtant, ce fut dans ces deux mois où elle est restée en Périgord que se trouvent les racines de l’arbre qui étend ses branches arrogantes et verdoyantes ici, ce jour. Tu me surprendras toujours et c’est aussi pour cela que je t’aime.

Eud, en cet instant, c’est à toi que je m’adresse. Je n’ai pas besoin de mots pour cela. Tu m’as montré que tu sais lire dans mon âme. Te rappelles-tu ces phrases que l’on prononce simultanément? Presque mot pour mot? Alors c’est à ce sens que je fais appel aujourd’hui pour te dire ce que j’ai à te dire. Je sais que ça n’est pas original. Avec moi Eud, la vie ne sera pas un long fleuve tranquille. Elle sera parsemée d’embuches qu’il nous faudra franchir. Chaque couple, au moment de s’unir d’une façon ou d’une autre, se dit ce genre de phrase mais toi et moi savons que cela revêt une signification bien particulière en ce qui me concerne. En cet instant, je n’ai pas envie de m’étendre sur cette noirceur qui gâte mon âme comme une meurtrissure sur un fruit tendre d’été. Je ne t’ai rien caché de cela. Je ne vais pas t’offrir que de l’amour, de la tendresse et des élans de passions déchainés Eud. Avec moi vient aussi, les cris, le sang, la violence et la mort. L’envie que tu lis parfois dans mes yeux, cette lueur brillante inspirée par mes sentiments à ton égard n’est qu’un revers de cette pièce que toi et moi lançons en l’air chaque jour que nous partageons. Parfois, elle tombera sur le côté pile et je te couvrirais de baisers et mes mains courront sur ton corps à la recherche de la moindre parcelle de plaisir à découvrir. Parfois elle tombera sur le côté face et tu riras aux éclats du côté enfantin et insouciant que je peux encore avoir…mais il se peut aussi qu’elle tombe sur la tranche et là, nul ne sait ce qui peut arriver.

Les paroles de Sandino entrent par mes oreilles, prennent un moment pour être assimilées dans mon esprit. Quelque part en moi il y a une porte devant laquelle ses idées forment une longue file d’attente. Mais une à une, elles passent le pas et viennent prendre place dans la pièce principale de mon esprit. Le Maître de la cérémonie entame ce que je considère comme une prière. Ou peut-être est-ce une façon de se recueillir, de se mettre en osmose avec ce lieu qu’il appelle le sanctuaire, un moyen de faire la paix entre le corps et l’âme. L’heure n’est pas encore arrivée pour moi d’intervenir. Pour moi, c’est aussi le moment de faire la paix avec moi-même, de lui faire sentir ma présence à ses côtés par une simple pression de mes doigts sur les siens.

Eud vient de sortir les rubans. Nos rubans. Ceux que je lui ai offert le 14 octobre 1465 dans un moulin pendant une tempête à Marseille, ceux-là même que nous avons liés autour de nos poignets hier parce que j’étais trop pressé. Parce que j’avais envie. Là. Et pas avant ni après. Là. À la demande de Sandino, elle découpe un morceau de cette oeuvre qu’elle a réalisé de ses mains pour nous. Je la regarde. Non. Je l’admire. Tu es belle Eudoxie Castera. Belle de l’extérieur, de l’intérieur. En d’autres temps cette lèvre mordue aurait provoqué chez un comportement un tantinet excessif que tu ne dois pas avoir de peine à imaginer. En d’autres temps et tu ne perds rien pour attendre…mais pas là. Pas maintenant. Pas dans sous cette forme-là. A mon tour, je m’empare du couteau que tu me tends et d’un geste sec qui ne souffre d’aucune hésitation, j’en détache une partie à mon tour. Mes yeux se tournent vers ses onyx. C’est d’un regard que j’ai envie de t’embrasser, là, maintenant Eudoxie Castera. Le morceau de ruban est tendu vers Sandino sans que mes océans ne se détachent d’elle. Les lèvres se désolidarisent pour laisser passer un murmure.


- Tant que l’amour durera Eudoxie Castera…

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Sandino

...A l'intérieur de la petite cabane de pierres sèches l'atmosphère s'est épaissie. Le temps quant à lui donne l'impression de ne plus s'écouler, d'être suspendu pour laisser l'instant se graver définitivement dans les âmes présentes.

Le couple à la demande du patriarche a certes réagit et fait ce qui était réclamé, cependant ils sont dans un monde intermédiaire, hors du temps, conversant sans avoir à formuler la moindre parole, dans l'épaisseur d'un silence chargé d'intensité, d'énergie en suspension.

Avec lenteur et recueillement pour ne pas troubler l'atmosphère qui baigne Eudoxie et Soren, le vieux gitan a noué les deux bouts de ruban en psalmodiant doucement la prière à la Mère.


- Om Bhur bhuvah svahah
Tat savitur varenyam
Bhargo Devasya dheemahi
Dheeyo yonah prachodayaat...

Tout en faisant basculer la statuette en arrière d'une main pour de l'autre main y placer sous les pieds les rubans noués.

- est uni ce qui était séparé, vous existiez par vous-même, vous allez dorénavant vivre pour l'autre.

Sans plus de cérémonie, jugeant qu'il est temps de reprendre pied dans le profane de l'existence, Sandino se lève aussitôt ses dernières paroles délivrées au couple puis sort du sanctuaire avec un petit sourire aux lèvres.

- la concordance des contraires ça donne souvent un attelage qui dure. Fait-il énigmatique au couple resté à l'intérieur avant de leur indiquer qu'il rentre au camp.

Suite à quoi sans plus attendre le patriarche s'engage sur le sentier qui a désormais pris corps, si Eudoxie et Soren veulent rentrer avec lui ils sont jeunes et auront tôt fait de le rejoindre pense t'il alors.

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Sandino

…Avant de quitter ce bout de plage où la Kumpania voit se terminer un séjour dense d’événements inattendus, il reste une dernière chose à accomplir pour les doyens du clan Romané Chavé, tenir une promesse faite à Chandra de lui trouver un pied à terre près du sanctuaire avant de partir.

"Une cabane ou une modeste maisonnée où ils pourront venir puisqu’ils avaient maintenant un sanctuaire dans ce coin perdu de Provence" avait précisé la fillette.

Demande à laquelle ses parents avaient souscrit sans réserve. L’idée d’Oxan tombé sous le sens pour eux et que cela fut la plus jeune qui décide d’une implantation du clan sur cette terre était un signe fort.

Ce recoin de Provence coincé entre la mer et les marais du delta étant quasiment inhabité, le vieux gitan a eu du mal à acheter une construction aussi humble soit-elle.

C’est encore une fois grâce à Bédigue, le berger qu’il a visité pour le remercier en lui offrant une hachette Viking forgée par Clay le fils de sa cousine Tayla, qu’il a trouvé ce qui semblait impossible de dénicher dans l’urgence.

Le Provençal avait été catégorique, à des lieux à la ronde on ne comptait pas plus d’une dizaine de constructions dont une bonne moitié était en ruine. L’autre moitié consistait en quatre huttes de « sagne » le roseau local, quatre huttes saisonnières de pêcheurs dont l’une d’elles était négociable. La dernière construction était celle de la famille d’un pêcheur sédentaire qui était trépassé il y avait peu, et dont la veuve serait trop heureuse de se débarrasser avait certifié le berger au patriarche.

Sans hésiter Sandino a demandé à Bédigue de l’y conduire et comme l’avait affirmé le berger, la veuve trop heureuse de partir s’installer en Arles n’avait cessé de remercier le vieux gitan pour sa générosité, lequel avait tout acheté sans marchander, meubles, outils, vielle barque, ustensiles de pêche, bref tout ce que la famille ne jugeait pas nécessaire d’emporter lors de leur déménagement prévu le lendemain même.

Depuis, le patriarche était resté vague sur ses recherches pour faire une surprise à sa fille et sa compagne, se contentant d’encourager sa fille à demander à l’autorité locale son inscription comme nouvelle habitante.

Ce jour, lendemain de la dernière cérémonie ayant eu lieu au sanctuaire, cet avant dernier jour de leur séjour, c’est celui de la surprise. De bon matin, il a demandé à Zézé et Oxan de se préparer à faire une ballade. Mère et fille une fois prêtes, il les a guidé à travers les marais jusqu’à la rive d’un canal naturel qu’ils ont remonté un petit moment jusqu’à entrevoir la maisonnée achetée par le patriarche.





- Zézé voilà le logis que j’ai acheté, Chandra c’est maintenant chez toi, venez vite on va visiter !! Déclare Sandino l'air satisfait.

Devant la maison une cabane en « Sagne », à la fois atelier et remise où sont entreposés les outils et le matériel de pêche.

Sur la rive du canal derrière la remise, un petit ponton qui s’enfonce dans les roseaux permet l’accès à une barque en assez bon état.




Construite au bord du canal la construction est modeste, une unique pièce bien ajourée avec cheminée, assez grande tout de même pour être un lieu de vie et de repos à la saison froide grâce aux lits clos qui occupent un pan de mur.

Poussant la porte, le patriarche entre et découvre que la famille a tenu sa promesse, la pièce a été nettoyée, tout ce qu’il a négocié est là et ils ont même poussé la gentillesse jusqu’à entasser dans un coin une réserve de bois.


- vous en dites quoi mes beautés ? S’exclame le vieux gitan en prenant place à la table de la cuisine.



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Zeze5
C'est tôt le matin de la veille du départ, que Sandino demande à Zézé et leur fille de le suivre.
Sans hésiter, elles le font, comme suivent toutes personnes en confiance. Le passage des marais avait été pour Oxan une joie, elle sautait dès qu'elle voyait l'eau. Sandino, lui s'écartait de sa fille au même moment. Son dernier bain forcé l'avait échaudé.

Quand ils arrivent devant la cabane, Zézé reste sans voix .... c'est parfait, pense t-elle. Mais c'est à Oxan de dire si sa nouvelle maison lui plaisait.

Sandino fait visiter les lieux, la présence d'une barque était un plus pour les séjours futurs. Quand il les fait entrer dans la maison, on ne pouvait pas imaginer que l'intérieur était si grand et surtout déjà meublé.

Pas besoin de répondre à la question de Sandino. En regardant sa compagne, il savait que ça lui plaisait, mais encore une fois c'est à Oxan de répondre, c'était elle la nouvelle propriétaire.

Zézé va aussi prendre place à la table en attendant la réponse de leur fille.
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Oxan
La gamine avait suivi ses parents et s'exclamait de temps à autre wouahhhhh c''est trop beau ici, c'est tout sauvage, j'aime TROP...

Puis arrivée devant la maison elle affiche un large sourire...
Oh Padré elle est magique cette maison, elle est trop belle, j'adore !

Regardez !!!
Y' a personne autour et en plus elle est po loin du Sanctuaire et de la plage et... Waouhhhhh la barque on pourra aller faire des balades et pis aller à la pêche !


Le père invite à entrer et elle suit puis regarde ses parents prendre place à table et s'approche après avoir fait le tour les yeux écarquillés...

Zézé voilà le logis que j’ai acheté, Chandra c’est maintenant chez toi... vous en dites quoi mes beautés ?

La petite regarde sa mère qui ne dit rien mais elle voit dans son regard qu'elle approuve, elle va les rejoindre à table et va faire un gros câlin à son Padré en le serrant fort...
Merci Padré... s'trop beau ici j'me sens trop bien dans cette maison...
Puis elle s’échappe des bras du gitan et va prendre place à coté de sa mère et glisse sa petite main dans celle de la Gitane.

Ben moi j'adore cet endroit ! C'est juste comme dans mon rêve, on va être bien ici !

Elle les regarde et ajoute, Ouais parce que ici c'est pas que chez moi, c'est chez nous hein !
On partage tout nous hein ! Alors c'est notre maison à nous !

On aura toujours les Vagos et pis quand y fera froid et qu'on sera dans la région ou qu'on aura envie ben on aura une belle maison pour se mettre au chaud nous ! On pourra aussi faire des fêtes ici !
T'as vu Madré, tu vas pouvoir nous faire du bon mangé au Padré et à moi ! T'as vu la cheminée !!!
On va être trop bien ici ! J'vous l'dis !

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Sandino

...Convaincu que le destin commande pour une bonne part à la vie des hommes, Sandino n'est guère surpris que son choix plaise à sa compagne et leur fille. Il n'y avait qu'une possibilité offerte et c'était là le signe du destin. C'était cette maison et aucune autre.

Déterminé à profiter de ce dernier jour en Provence et de ce premier jour dans ce qui va devenir un fief Gitan, il se lève et propose d'aller faire un tour de barque.

Dans la remise en joncs tressés construite devant la maisonnée de pierre, il récupère deux rames et une longue perche au bout de laquelle il accroche " la bandera", l'oriflamme qu'ont en commun tous les tsiganes.




La perche maintenue levée par Zézé contre un angle extérieur de la construction de joncs, le patriarche l'y attache en plusieurs points.


- ecco !! ainsi nous ne risquons pas de nous perdre dans les méandres des canaux, il suffit de ne pas perdre de vue "la bandéra", allez embarquons !!

Pendant qu'il maintient la barque Oxan puis Zézé montent, suivent les rames et enfin le vieux gitan qui après avoir détaché la corde d'amarrage, installe les rames sur lesquelles il tire sans brusquerie pour lancer l'embarcation dans le canal.

La barque glisse sans peine et sans bruit. Dans les roseaux qui ont colonisé les berges ça grouille de vie. Canards, macreuses, hérons, grues et oiseaux de toutes sortes s'envolent à leur approche ou se dissimulent à l'abri de la végétation. Les ragondins moins craintifs, avant d'aller se cacher prennent le temps d'observer les intrus sur leur bout de bois qui avance vers eux.


- quérida...Fait Sandino à Zézé... Tu sais à quoi cela me fait penser ? A une Venise primitive, comme une ébauche naturelle, des canaux qui vont en tous sens, une population qui vit au bord des ces venelles d'eau, certes ce ne sont pas des hommes, notre barque n'est pas une gondole, pas de pont des soupirs non plus, c'est une Venise Gitane, chaotique et sauvage.

Au fil de la navigation le canal a changé plusieurs fois de direction, comme s'il hésitait à rejoindre la mer.

Gardant de vue le drapeau Tsigane le vieux gitan laisse glisser l'embarcation plus qu'il ne rame. Au détour d'une courbe du canal c'est une vue splendide qui s'offre soudain à eux, Sandino stoppe alors la barque, la mer est derrière le paysage qu'il contemple, ils n'iront pas plus loin juge t'il. Ce qu'ils ont devant les yeux est magnifique.



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Zeze5
Leur fille était ravie de sa nouvelle maison qu'elle voulait partager avec ses parents. Cette maison était la première qu'ils allaient avoir à trois, comme des parents sédentaires, même si elle savait qu'aucun des trois ne voulaient rester sur place trop longtemps et que l'appel de la route était bien plus fort que le plaisir d'une vie de famille immobile et ancrée sur cette terre qui serait leur refuge.

Le drapeau Tsigane, assez haut pour être vu de loin, serait aussi un message pour les bohémiens de passage ... pour les enfants du vent.

Une fois dans la barque, Zézé approuve la comparaison entre ce bras du Rhône et les canaux de Venise.
Installée à coté de sa fille, son compagnon à l'arrière de la barque, une vue à couper le souffle. Un moment magique pour Zézé.

Le temps s'était arrêté, seulement un vent doux venant de la mer faisait bouger la végétation et la barque.
Mais on devait revenir à la réalité et Zézé était destinée à cela, faire revenir Sandino sur terre et maintenant leur fille.

- Mes chéris, mes amours, il est temps de retourner au camps, on doit reprendre la route, on nous attend pour des noces !

Même si le père et la fille râlaient de devoir quitter ce lieux magique, ils savaient que Zézé avait raison.
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Sandino



…Le soleil se lève sur la Provence et son coin le plus à l’ouest du marquisat. Là où le delta du Rhône offre son eau douce à la Méditerranée, là où sur une plage déserte adossée à une nature de marais, d’eaux saumâtres, de canaux naturels et de parcelles de terre pauvre, un mois durant, une Kumpania de Gitans a élu domicile.

Un mois actif, un mois qui n’a pas laissé aux bohémiens le temps de prendre la totale mesure de l’espace sauvage où ils ont séjourné et qui pourtant les a marqué au point d’y établir un sanctuaire, puis pour quelques uns d’entre eux d’y acheter un pied à terre afin d’y établir un fief Gitan.

Avant le lever du soleil ce jour là les gitans étaient déjà à la tâche. C’est jour de départ et si on a commencé la veille à ranger une partie du matériel il restait encore bien à faire, d’autant que l’on tenait à ne laisser aucune trace du séjour sur la plage.

Ce n’est qu’en fin de matinée qu’une fois rendue à sa virginité les vagos ont quitté la plage et pris la piste sablonneuse pour rejoindre la route côtière qui mène en Espagne.

Ce qui attend le groupe une fois arrivés à destination, c’est un heureux événement, raison pour laquelle s’ils quittent leur nouveau fief trop rapidement à leurs yeux, c’est avant tout une joie sincère qui les porte. Une des leurs a trouvé le bonheur et il n’est rien qui puisse gâcher leur plaisir d’aller célébrer ça.

Désormais au sud d’Arles, au centre d’une terre ignorée des hommes un sanctuaire tsigane a vu le jour et à peu de distance des Gitans ont décidé d’établir « Chandranagar » la capitale secrète de leur royaume sans limite.

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Soren
Et voilà, c’est fait. Les promesses ont été échangées. Pour celui qui ne peut plus entendre le mot « mariage » après une tentative avortée imposée et après une autre qui s’est terminée par le pillage de Sarlat, cette cérémonie toute simple est sans doute ce qui s’approche le plus de ce que je peux envisager comme union formelle avec une femme. Certains trouveront cela sans doute totalement inutile, voire ridicule. À ceux-là, je leur dis : « Allez vous faire voir! ». Cet engagement, il est avant tout envers toi Eud. C’est un symbole comme d’autres qui parsèment déjà notre vie commune. Tu n’es pas simplement de passage dans ma vie. Tu es là pour rester. Depuis qu’on se connait, tu as pu découvrir plusieurs facettes de ma personnalité parmi les belles, les séduisantes et les autres parmi les plus noires. Il t’en reste encore plusieurs à entr’apercevoir. J’ose croire que si tu es restée jusqu’à présent, alors tu peux passer au travers de la majorité d’entr’elles. Toi et moi, on est destiné à « jouer » avec le feu de la vie encore un bon moment.

Tu sais ce dont j’ai envie? Que chaque année, on revienne ici sur cette plage non loin d’Arles. Chaque 20 et 21 novembre, on passe quelques jours ici pour y renouveler nos voeux, boire de la bonne bière et s’aimer comme des fous. On enverrait une invitation à la Kumpania de venir festoyer avec nous sur la plage, à chanter et à danser jusqu’au soleil levant. L’année prochaine si tout va bien, on aura notre propre roulotte. On fera un feu sur la sable pour se réchauffer. On y fera griller des cotelettes et des saucisses que l’on mangera entre deux belles tranches beurrées de pain frais. On puisera dans notre tonneau de Ste-Illinda toujours attaché à la roulotte et pour dessert je te proposerai de déguster mes lèvres et mes mains feront le reste sur ton corps enlacé autour du mien. T’imagines-tu déjà ce 20 Novembre 1466?

Bientôt il nous faudra reprendre la route. Nous n’avons plus de raison de nous attarder ici. Avant de partir nous irons remercier Sandino et toute la Kumpania pour leur gentillesse, leur générosité et leur ouverture d’esprit. Un jour ou l’autre, on trouvera bien une façon de leur rendre la pareille. D’ici là, Je te propose que l’on profite de quelques jours de repos bien mérités ici, sur cette plage.

Mais dis-moi, il va falloir qu’on trouve une façon de s’appeler. Ma dame? Non, trop formelle. Ma compagne? Ça manque d’originalité. Mon épouse? Non tu ne l’es pas. Tout le monde va croire que l’on s’est marié devant un curé. Ma petite douceur? Pourquoi pas…mais je trouve que cela fait un peu enfantin. Qui l’eut cru n’est-ce pas si on nous avait dit il y a quelques semaines qu’il serait plus difficile de trouver une façon de s’appeler qu’une façon de s’engager? Une union libre de tout tracas, tu y crois? Je dirais plutôt une libre libre de tout le poids que la société veut mettre sur les épaules des amoureux. Oui, ça j’y crois.

Sur le chemin qui nous ramène à la tente, je ne dis pas grand chose. Je préfère parler avec mes yeux. Te regarder et songer à la façon dont tu arriveras à me faire sourire la prochaine fois. Hum…Tu sais qu’il y a malgré tout quelque chose qui me tracasse? Parce que vois-tu il y’a tout de même une habitude des mariages qui se doit absolument d’être respectée. Oui, absolument. Il faut qu’on scelle notre engagement à notre façon. Sandino l’a fait avec ces petits bouts rubans sous la statuette. C’est à nous de mettre désormais le point final à cette cérémonie.


- Dis-moi ma chère enrubannée, tu n’aurais pas oublié de m’embrasser par hasard?
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