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[Religion] Eglise Saint Bynarr Le Charitable

Ermelina
Si elle en croyait ce qu'elle pouvait lire sur les visages des jeunes gens, l'Emotion était en train de gagner son match face à la Raison chez chacun d'eux. Le trouble, bien sûr, mais aussi la fébrilité qu'elle avait pu percevoir en touchant leur main, les regards échangés en quêtes de muettes réponses aux questions qu'ils devaient, comme tous les mariés avant eux, se poser, tout cela laissait pressentir que la Raison se trouvait mal en point, acculée dans les cordes, à deux doigts du KO final. Lorsqu'ils avaient préparé la cérémonie tous les trois, quelques jours plus tôt, Ermi leur avait proposé cet échange. D'un point de vue complètement extérieur et purement technique, il ne s'agissait que de l'appropriation et de l'adaptation par la Sainte-Mère du serment vassalique : la chose n'avait rien de romantique. Présentée sans explication, pour ce qu'elle était, la remise des mains avait été trouvée adorable par Vanyel et ratifiée aussitôt par Varden. Pourtant, la rouquine en aurait mis sa main au feu, aucun des deux n'avait mesuré pleinement tout ce que ce simple geste impliquait au niveau du vécu. D'autres avant eux, qui avaient expérimenté cette étape du mariage, avaient parlé de redécouverte ; ils avaient eu l'impression curieuse et tellement perturbante d'établir pour la première fois un contact physique, explorant à nouveau les sensations et les joies qui l'accompagnent, alors qu'ils pensaient connaitre pourtant par coeur tout de ce geste...

Ermi ne voulut pas les brusquer, faire éclater la bulle qui les environnait : elle leur laissa le temps de vivre pleinement le moment présent. Enfin, leurs mains se quittèrent à regret, abrégeant l'étreinte à laquelle elles aspiraient toutes deux. La petite diaconesse, qui n'aimait pas séparer ce qui était conçu pour aller si bien ensemble, ne souhaita pas prolonger trop longuement l'insupportable attente des deux mimines, aussi prit-elle sans plus attendre la main de Varden et celle de Vanyel, mais en inversant leur position : celle de Varden se faisait réceptacle et celle de Vanyel offrande. La rouquine sentit la joie monter en elle au moment où la main de la mariée allait toucher celle de son époux. Distraitement, elle se demanda si Zaza ressentait la même chose à chaque fois qu'elle formait un couple... Chassant rapidement la vision de la Poulette andalouse de son esprit, elle s'éclaircit discrètement la voix et reprit le cours de la cérémonie.


Varden, dit elle en posant la main de Vanyel dans celle du jeune homme tout en retirant ses mains pour les croiser à nouveau devant elle, je te remets Vanyel comme épouse pour que tu la gardes, saine ou malade, et que tu lui conserves ta foi selon les commandements de l'Eglise. L'acceptes-tu ainsi ?
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Varden
Il n'avait pas du croiser souvent son regard durant la cérémonie ... Ce trouble habituel qu'il avait quand elle le regardait intensément, était là décuplé ... Ce qu'il y avait de bien, c'était que Vanyel le précédait très souvent dans la prise de parole ... Du coup, il savait à peu près où il mettait les pieds avant de devoir répondre ... Et il ne risquait pas de dire n'importe quoi pour une fois ... Par exemple il aurait pu dire qu'il acceptait Vanyel telle quelle mais il fallait l'avouer cela manquait de charme ...

Pour le moment, elle n'avait pas donné de mauvaises réponses, si tenté soit il qu'il existât des mauvaises réponses, du moins pas de non impromptu venant gâcher la fête ... Le palpitant affolé il ne détacha pas son regard de Vanyel, comme pour graver ce souvenir à jamais ... Leur mariage, l'union tant désiré, et tant espéré qu'ils avaient matérialisée ce jour ...

Ainsi donc une nouvelle question et une nouvelle réponse évidente malgré les sentiments divers qui se mêlaient et s'amusaient à déstabiliser le jeune Comte ...


Oui, je l'accepte. J'accepte Vanyel telle qu'elle est, telle qu'elle fut et telle qu'elle sera. J'accepte de rester à ses côtés et de veiller sur elle de mon mieux, ainsi qu'elle le mérite. Je l'accepte comme épouse.

Cela ressemblait à s'y méprendre à la réponse de Vanyel ... Symétrie toujours ... Le sourire aux lèvres, car tout à son bonheur d'être là tout de même bien qu'il ne pouvait se prétendre totalement rassuré, il continua de regarder Vanyel ...
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Grand Audiencier
Comte d'Ossau
Ermelina
Vanyel et Varden restaient là, debout, main dans la main et se contemplaient, à mi-chemin entre l'émerveillement et la félicité. Le monde aurait pu s'écrouler autour d'eux, ils ne s'en seraient assurément pas rendu compte... Ils semblaient juste heureux de pouvoir profiter l'un et l'autre du moment présent, le goûtant, le savourant jusqu'à plus faim. L'église constituait un écrin de dentelle de pierre dans lequel la lumière colorée des vitraux ajoutait une touche de magie, et dans cet écrin, face à l'assemblée, ils avaient, pour Ermi, la beauté et l'humilité de ces couples illustrant les romans courtois. Les petites cellules grises de la rouquine choisirent ce moment pour se manifester. Couple courtois ? Et puis quoi encore ? Quand on voyait comment se terminait la grande histoire d'amour d'Héloïse et Abélard, merci bien... Faisant abstraction de ce point de détail, Ermi posa sa main droite sur celle de Vanyel et sa main gauche sous celle de Varden, pour consolider symboliquement l'union qui se dessinait de plus en plus nettement.

Puisque vous avez donné mêmement consentement à votre union, donnez-vous l'un à l'autre la foi que vous devez à Dieu et à la sainte Église. Gardez-vous mutuellement dans la parfaite fidélité et l'aide mutuelle, selon la règle et le dévouement du mariage.

Afin de parfaire le geste somme toute symbolique, la petite diaconesse substitua l'extrémité de son étole à ses mains. A nouveau, le petit claquement fugace d'une carte déposée sur le plateau d'une table se fit entendre. Les petites cellules grises narguèrent alors ostensiblement leur propriétaire : deux jeunes gens, mains enlacées, avec la rose de l'église au-dessus de leur tête, cela n'avait rien à voir avec les délires pompeux et vannant des pseudo poètes en mal d'amour. C'était simplement l'incarnation de l'Amoureux, la VIe arcane. La Femme et l'Homme s'étaient rencontrés, ils pouvaient à présent noués ensemble les fils de leur vie... Fallait-il que la rouquine soit aveugle pour ne pas s'en être rendu compte plus tôt ? La petite diaconesse aurait voulu dire à sa population neuronale que pour le coup, elle ne valait pas mieux que les poètes décriés si peu de temps auparavant afin de clore le débat sur ses capacités à interpréter les signes envoyés par le Très-Haut, mais elle préféra s'occuper de sa bénédiction. Les yeux mi-clôt, Ermi psalmodia la formule traditionnelle.

Citation:
Seigneur notre Dieu,
Bénis, protège et fortifie
L'amour de ces nouveaux époux :
Que leur amour soutienne leur fidélité ;
Qu'il les rende heureux
Et leur fasse découvrir
La joie du don total à celui qu'on aime.
Que leur amour, semblable à ton amour, Seigneur,
Devienne une source de vie ;
Qu'il les garde attentifs aux appels de leurs frères,
Et que leur foyer soit ouvert aux autres.
En s'appuyant sur leur amour,
Qu'ils prennent une part active à la construction d'un monde
plus juste et plus fraternel,
et soient ainsi fidèles à leur vocation d'hommes.
Par Aristote, Christos et Notre Seigneur



La petite diaconesse retira son étole et les mains se séparèrent. Elle invita d'un geste de la main Vanyel et Varden à se rapprocher puis adressa un signe discret à Klementein, pour lui indiquer qu'il était temps qu'elle prenne place auprès de Varden, et à Nuitcristaline, pour lui signaler qu'elle devait se tenir prête.
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Caribert
L'homme entra dans l'église. Une cérémonie s'y tenait. Sans mot dire, il alla discrètement s'asseoir dans le fond de la nef et observa attentivement ce qui se passait en ce lieu.
Klementein
Les prénoms, les consentements réciproques, la récitation du credo...
Tout était dit ! Oui tout semblait être dit, et pourtant tout n'était pas fait... Non pas que les cérémonies de mariage étaient longues euh... En plus, en tant que témoin, Klem n'avait aucune possibilité pour être distraite. C'était trop injuste... Les deux seuls mariages auxquels elle avait assisté, elle avait du tout suivre précieusement... Pourquoi on ne la choisissait que elle comme témoin ? Limite c'était pour la jeune bergère une injustice !!

C'est en suivant avec attention les moindre fait et parole de l'officiante de l'Eglise d'Aristote que l'ancienne Bailli du Béarn vit le signe de la diaconnesse. Se levant délicatement - bah oui, on sait jamais, ça pourrait impressionner les nobles de l'assistance... - elle rejoignit l'autel afin de procéder à...

Suspense ! Ca fera pas de mal !

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Ermelina
Ils venaient de franchir un pas de plus vers ce qu'Ermelina espérait être un avenir radieux et heureux. Ils s'étaient dit oui et avaient conforté leur choix. A présent, ils pouvaient débuter sereinement la partie de "pêche au mouchoir", plus communément connue sous le nom d'échange des alliances. Il était étonnant d'observer qu'au moment où les anneaux dorés passent de la main tremblante du marié au doigt fin et délicat de sa moitié, la population féminine sise dans une église plongeait systématiquement la main dans son aumônière à la recherche d'un bout d'étoffe arachnéen à l'aide duquel elle se tamponnait le coin des yeux pour chasser des larmes de joie et d'émotion considérées avec le plus de dignité possible... La petite diaconesse cessa là ces considérations ethno-anthropologiques pour prendre la parole.

Le mariage est, comme vous le savez, une alliance, expliqua Ermi tant aux mariés qu'à l'assistance, et les anneaux que vous vous apprêtez à échanger sont le symbole de votre union. La forme circulaire, emblème d'harmonie et d'éternité, symbolise ainsi la parole donnée et l'union éternelle. Cercles sans début ni fin, ils seront vos protecteurs et le lien qui vous unira de corps et d’âme. Ces anneaux sont le signe de votre alliance mutuelle et avec Dieu, conclut-elle en regardant tour à tour Vanyel et Varden.

Ermelina se tourna vers Klementein et la remercia d'un sourire en prenant l'anneau de ses mains. Elle jeta un coup d'oeil des plus curieux au bijou. Depuis qu'elle officiait, la jeune femme avait constaté qu'on apprenait énormément sur la personnalité des gens simplement en regardant les bijoux qu'ils étaient amenés à offrir. C'était évidemment le cas pour les alliances. La petite diaconesse ne fut pas surprise par ce qu'elle découvrit : il s'agissait un anneau simple, sans ornementation superflue, sans pierre ostentatoire... Rien qu'un anneau simple, solide, en métal pur : une parfaite illustration d'un amour appeler à durer. Forte de cette rapide observation et des conclusions qu'elle avait pu en tirer, la jeune femme commença la bénédiction de la bague.


Varden, voici l'alliance que tu destines à Vanyel. Qu'elle soit à présent bénie par la volonté de Dieu. La rouquine reporta toute son attention sur l'anneau posé au creux de sa main.

Créateur et conservateur du genre humain, reprit-elle calmement, histoire de ne pas fourcher sur la formulation, Toi qui donne la grâce spirituelle et qui fais largesse de la vie éternelle, daigne envoyer ta bénédiction céleste sur cet anneau, œuvre d'un artisan, ta créature ; afin qu'en le portant, l'épouse soit munie de la protection céleste, qu'elle fuit les tentations de la créature sans nom, qu'elle garde fidélité à son mari, qu'elle instruise ses enfants dans la piété, qu'elle trouve grâce auprès de tous et que par une conduite bonne et sainte elle parvienne au salut éternel, acheva-t-elle en bénissant la bague d'un signe de croix.

Délicatement, pour éviter qu'un incident fâcheux n'oblige l'assistance à se mettre nez à terre pour retrouver le bijou retourné à l'état sauvage, Ermi plaça l'alliance dans la main de Varden.


Varden, à présent, prends Vanyel pour épouse, dans la sainteté et la confiance, pour vivre avec elle l'amour de chaque jour. Fais dépendre ton bonheur de son bonheur et donne par l'exemple de votre union le signe tangible de l'Amour du Très-Haut sur cette terre.

La petite diaconesse constata qu'elle ne serait jamais à l'aise avec le tutoiement de rigueur au cours de ces cérémonies ; cela ne l'empêcha pas pour autant de se concentrer sur le cours des événements et de fixer attentivement Varden, cachant tant bien que mal son impatience à le voir passer la bague au doigt de sa belle.
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Maxime_
Horrible bruit traversant et raisonnant dans la salle... C'était Maxime. Il était en train de se moucher, tout en... délicatesse. Oui, donc en gros boulet quoi. Il ne se mouchait pas parce que c'était émouvant, quoique de voir sa tata Vanille si heureuse ne pouvait être que larmoyant, mais simplement parce qu'il avait choppé froid dans leur grand château. Vivement qu'ils nous pondent des marmots, ces deux là, pensa-t-il. Puis, enfin, Varden accepta. Là, Maxime ne put s'empêcher de lâcher toute sa fougue et son élan. Il se leva et poussa un cri qui fit sursauter les gens qui étaient devant. Debout, il se mit à applaudir comme si un éléphant courait. Parfois, à intervalles non réguliers, il se mettait à crier un « BRAVO! ».

Ce n'était pas que la cérémonie avait été longue, car il trouvait la grosse dame qui l'avait faite très bien, mais quand même, c'était un mariage quoi, ce n'était pas très jouissif. Il ne remarquait même pas qu'il était le seul à se mettre debout et à hurler ainsi dans l'église, mais il s'en fichait, il voulait montrer qu'il était content, et il l'était (et le montrait aussi).
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Varden
La patience étant une vertu, Varden n'aurait pas pu douter de celle d'Ermelina lors de la cérémonie ... Pourtant il lui sembla bien voir apparaître quelques signes de volonté d'accélérer la cadence des évènements quand elle en appela au geste de l'anneau ...

Mais à toute précipitation sa conclusion tragique, Varden ne s'en laissa pas compter pour autant et avec précaution, se saisissant de l'anneau transmis par Klementein puis Ermelina, il le glissa au doigt de Vanyel, symbole inoxydable de l'amour qu'il lui portait ...

Tremblant légèrement sinon ce n'eut pas été drôle, il parvint néanmoins à le glisser sans forcer l'anneau, objet de tous les regards, au doigt de Vanyel ...

Assez satisfait de lui, en pleine félicité, le mot lui plaisait, il sursauta légèrement aux vivas lancés par le pseudo poulet en pleine Eglise ... Se retournant à peine, il imagina sans peine, les regards pleins de reproches qui s'étaient mêlés à cette participation sonore ...

Et dire qu'il l'avait accueilli chez eux ... Léger soupir discret, il y avait plus important à se soucier désormais ...

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Grand Audiencier
Comte d'Ossau
--Leandro_de_trastamara
La porte était ouverte. C'était sa signature à Elle. Sans plus attendre, Leandro pénétra dans l'église. Négligeant de se découvrir, il se signa et alla s'installer au fond de la nef pour qu'Elle ne le voit pas. Pas de suite. Un autre homme se trouvait à ses côtés, à la place la plus appropriée pour tous ceux qui arrivaient en retard et ne souhaitaient pas déranger. L'Espagnol adressa un bref salut de la tête à son voisin et reporta son regard sur le seul objet digne d'intérêt dans cette bâtisse. Comme toujours, la grâce habitait le moindre de ses mouvements. Comme toujours, sa peau si pâle et si douce, ses cheveux longs et soyeux lui firent penser au portait de Maria qui trônait dans la chambre d'enfant qu'il occupait jadis dans la demeure familiale des Trastamara. Comme toujours, sa silhouette fine et souple, que la coupe de la robe qu'elle portait mettait en valeur, comme tout le reste de son corps petit mais parfait, lui donna envie de la prendre entre ses bras et de l'étreindre passionnément. Comme toujours, ses yeux habités par cet étrange reflet doré de louve, porte ouverte sur son intelligence aigüe et son coeur si généreux, le prirent au piège... Un seul regard sur Ermelina, SON Ermelina, et il était à nouveau son esclave, son captif.

Un baptême imprévu l'avait fait regagner ses terres alors qu'il était en Béarn, auprès d'Elle, et, la cérémonie terminée, Leandro n'avait eu qu'une hâte : sceller Aldebaran et retrouver l'objet inaccessible de son désir, son amour interdit. Ce qu'il fit. Le temps, malheureusement, ne lui fut pas favorable. La pluie ralentit la course de son destrier et la traversée des Pyrénées fut plus délicate encore qu'à l'accoutumée. Il était arrivé à Mauléon en fin d'après-midi, le jour du mariage qu'Elle devait célébrer. Lui qui espérait arriver au moins la veille pour profiter de sa Voleuse de Coeur, ne put que se rendre dans la première auberge venue, laisser sa monture à l'écurie et se changer. Vêtu de rouge de pied en cape, le chevalier prit le chemin de l'église, puisque c'était là qu'il la trouverait.

Son poing se serra lorsque le marié s'apprêta à passer l'alliance au doigt de sa fiancée. Le mouvement n'avait rien d'accidentel : c'était la seule façon qu'il avait d'évacuer le trop plein de jalousie qui l'avait envahi, faisant battre le sang dans ses veines. L'Espagnol n'avait rien contre les mariés, il ne les connaissait pas. Il enviait simplement leur bonheur, leur joie, cette même joie qui lui était refusée depuis bien trop longtemps. Pour l'heure, il n'y avait rien de plus à faire que la contempler et graver en sa mémoire le moindre de ses traits, le moindre de ses gestes et en faire un trésor précieux à chérir chaque jour qu'il aurait à passer loin d'Elle.

Les applaudissements inopportuns accompagnés de piaillements l'irritèrent au plus au point lorsqu'ils l'arrachèrent trop brutalement à sa muette adoration. Vraiment, le royaume de France n'avait de civilisé que le nom... Les rustres et les barbares y pullulaient en trop grand nombre. Leandro renonça à trouver le malotru et à le sortir du lieu à l'aide de Tizona, son épée. La chose aurait été naturelle chez lui. Mais justement, il n'était pas chez lui. Les mariés ne verraient pas la chose d'un bon oeil. Et Elle lui en voudrait d'être trop direct avec ceux qui ne respectaient pas la maison de Dieu. Il fallait vraiment qu'il se change les idées. L'agacement qui l'habitait s'estompa lorsqu'il s'imagina s'approcher d'elle, à la fin de la cérémonie, pour la saluer, pour lui parler, pour... Seigneur Dieu, qu'il passe ce maudit anneau à son doigt et qu'elle en fasse autant ! Leur bonheur l'écoeurait. Vivement la fin de cette cérémonie, oui, vivement la fin...
--Nuitcristaline_


C'était émouvant de les voir dire "oui", si simple et poignant à la fois.. ça faisait remonter des souvenirs sur lesquels elle préféra ne pas trop s'attarder. Varden venait de passer la bague du doigt de sa sœur, qui allait faire de même. Sur un discret signe d'Ermelina, Nuit se leva et s'approcha de la diaconesse. Elle prit l'anneau dont elle avait eu la garde jusque là et le remit à l'officiante après l'avoir sorti de la bourse dans laquelle elle l'avait conservé.
Ceci étant fait, au lieu de retourner s'asseoir, elle resta à gauche de sa sœur, et posa avec légèreté une main sur son épaule. Elle espérait que ce geste la réconforterait. Nuit sentait bien qu'elle était un petit paquet de nerfs maitrisé avec plus ou moins de sévérité et que sous sa coquille, Vanyel devait être troublée, qui ne l'était pas le jour de ses noces ?


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Ermelina
Nouvel applaudissement solitaire accompagné de cris. Ermelina ne se donna même pas la peine de lever la tête, cette fois. La voix du poulet, distinctement reconnaissable, avait dispensé la rouquine de la corvée. Elle préféra de très loin se tourner vers la témoin de Vanyel. Portant le précieux anneau, Nuitcristaline s'était approchée à son tour et avait confié le bijou à la petite diaconesse. Comme de juste, Ermi s'empressa de satisfaire sa curiosité en jetant un oeil discret à la preuve d'amour que Vanyel avait décidé de donner à Varden. L'anneau était à l'image de celui que Varden venait d'offrir à Vanyel... Un grand sourire éclaira le visage d'Emi à cette découverte. Gardant la bague au creux de sa main, la rouquine entama sa seconde bénédiction.

Vanyel, voici l'alliance que tu destines à Varden. Qu'elle soit bénie par la volonté de Dieu.

La rouquine réitéra les gestes accomplis quelques instants plus tôt.

Créateur et conservateur du genre humain, récita-t-elle avec autant d'attention, Toi qui donne la grâce spirituelle et qui fais largesse de la vie éternelle, daigne envoyer ta bénédiction céleste sur cet anneau, œuvre d'un artisan, ta créature ; afin qu'en le portant, l'épouse soit munie de la protection céleste, qu'elle fuit les tentations de la créature sans nom, qu'elle garde fidélité à son mari, qu'elle instruise ses enfants dans la piété, qu'elle trouve grâce auprès de tous et que par une conduite bonne et sainte elle parvienne au salut éternel, acheva-t-elle en bénissant la bague d'un signe de croix. Avec le même luxe de précaution, elle posa doucement la bague au creux de la main de Vanyel.

Vanyel, à présent, prends Varden pour époux, dans la sainteté et la confiance, pour vivre avec lui l'amour de chaque jour. Fais dépendre ton bonheur de son bonheur et donne par l'exemple de votre union le signe tangible de l'Amour du Très-Haut sur cette terre.

Le silence se fit, révélateur de la focalisation de l'attention de chacun sur les gestes de l'héroïne de la journée.
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Vanyel
Un jour elle arriverait à empêcher une armée de "et si" de venir lui chercher querelle et ça signifierait que le soleil s'était soit arrêté de tourner autour de la terre ou était carrément tombé des nues.
Elle avait beau savoir que c'est lui qui le premier avait osé parler de mariage - d'ailleurs elle repensa de façon saugrenue à leur discussion sibylline d'avant, même alors il lui était arrivé de lancer d'insouciante manière qu'elle remettait à plus tard beaucoup de projets, comme par exemple l'épouser... pourtant le fait était là à présent. Il lui avait demandé si elle voulait l'épouser, ce qui impliquait tacitement que lui le souhaitait. Il fallait bien que ça soit le jour de leurs noces pour que sa petite cervelle réalise qu'elle n'avait pas d'explicite réponse à la question inverse... heureusement qu'Ermi se chargeait d'avoir réponse d'un côté et de l'autre.

Réponses .... semblables pour elle et lui, ce qui ne lassait pas de l'étonner... réaction au demeurant hautement illogique, ce qu'elle aurait pu constater si elle avait été capable de raisonner clairement cet instant et ce qui, bien évidemment n'était pas le cas pour cause de perturbations et troubles émotionnels fortement concentrés. Si leurs réponses avaient été différentes, il y a fort à parier qu'ils ne seraient tout simplement pas ici réunis en ce jour.

Frôlement d'étoffe quand Ermi avait béni leurs mains liées avant de les séparer pour que la suite puisse avoir lieu. Elle avait frémi quand Varden avait passé l'anneau à son doigt. Les consentements échangés et leur commune volonté d'union se résumait en cette bague si légère et pourtant si lourde de signification. Elle eut un moment d'absence tandis que le poids réel et symbolique de son alliance s'intégrait à son monde... moment bien vite brisé lorsque Maxime - impossible de se tromper sur la voix- se mit à brailler des "BRAVOS" en veux-tu en voilà. Si elle hésitait entre exaspértion et rire, la réaction de Varden ne lui échappa pas. Une vague pensée... espérer qu'ils n'aient pas droit à quelques farces de son cru dans la soirée... essayer de penser à garder un oeil sur lui, ce qui ne s'annoncait pas tâche aisée. Il serait temps de s'en inquiété une fois sortis de l'église.

Nuit s'était approchée et elle sourit en sentant sa main. Ermi béni l'anneau avant de le lui remettre. Elle le regarda un instant. Un simple cercle de métal... ou presque. L'autre maillon, extrémité de l'immatérielle chaine nuptiale qui allaient les lier comme ils l'avaient souhaité. Elle le fit doucement rouler entre ses doigts tout en prenant délicatement la main droite de Varden.
Suivant une ancienne tradition, elle passa l'alliance successivement aux trois premiers doigts de sa main, murmurant en même temps d'une voix à peine audible, comme une prière susurée à l'oreille d'un ange qui écouterait avec bienveillance.


De cet anneau je t'épouse, au nom de Dieu et l'anneau d'encercler brièvement son pouce d'Aristote avant de passer à l'index et de Christos d'effleurer le majeur. Amen et de trouver sa juste place, sertissant désormais l'annulaire de Varden.

Étrange impression de voir cet éclat métallique, reflet de celui qu'elle porte également à présent. Presque à regret, elle libéra sa main relevant la tête et le regarda avec un air un peu rêveur, un doux sourire flottant sur ses lèvres. Elle aurait pu rester ainsi longtemps, dans une petite bulle onirique... plus tard. La cérémonie était réelle et suivait son cours, les emportant en même temps.

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en cours de modification
Klementein
Elle avait confié l'alliance à la diaconesse... qui la redonnait à Varden (d'où elle venant en fait) dans la foulée... Puis la diaconesse fit de même avec l'alliance de l'autre témoin en la redonnant à Vanyel.

Prenant la bourse contenant les treize pièces d'argent qu'elle tenait de Varden, Klem regarda cette sacoche d'un air suspect. Elle devait la donner à Ermelina mais... Cette dernière semblait bien peu de confiance... A chaque fois qu'on lui donnait quelque chose, elle s'empressait de le rendre à son précédent propriétaire. A croire que les témoins étaient des voleurs !

Mais bon, la jeune Mauléonnaise ne pouvait pas aller plus en avant dans ses pensées... L'officiante n'allait pas tarder à se tourner vers elle pour lui prendre les pièces, à croire que la quête était de mise à ce moment de la messe. Mais c'était l'argent du fiancé, qui passait par le témoin, puis la diaconesse pour revenir au fiancé qui était en instance de devenir marié... Non, pas question de quête en fait. Juste une transmission d'argent.

D'ailleurs, pour une cérémonie de mariage entre nobles, ils auraient pu choisir de montrer leur noblesse par le nombre de pièces... Et puis, ils ne savent pas que le chiffre treize porte malheur ?

Dernières pensées furtives... pour le moment...
Ermelina regarde le témoin, Klem lui donne les treize pièces d'argent qu'elle avait sorti de leur bourse tout en s'adonnant à ses réflexions...

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Ermelina
Vanyel avait fait passer son anneau au doigt de Varden. A présent, rien ne pourrait entraver la bonne marche de la cérémonie, à moins, bien sûr qu'un tremblement de terre, un incendie, ou une pluie de poulpes sauvages (pourquoi fallait-il que ce soit toujours les crapauds et les sauterelles qui en prennent pour leur matricule ?) ne s'abatte sur la petite église béarnaise. La probabilité de voir pareille catastrophe se concrétiser était, au naturel, risible. Il aurait fallu soit un coup de pouce de Murphy pour générer les deux premières, séparément ou ensemble (l'animal étant souvent d'humeur folâtre, la possibilité restait de mise), soit une colère divine telle que la terre n'en avait pas connue depuis Oanylone pour engendrer les trois cataclysmes. Attendu que le Très-Haut avait visiblement décidé de bénir l'union en cours, il n'y avait rien à craindre et Ermi en était plus que satisfaite.

Elle sourit à Vanyel et à Varden pendant que ces petites cellules grises s'agitaient en tous sens : pour elles, qui n'étaient pas sentimentales pour deux sous, il n'y avait là rien de bien fantastique, en tout cas rien de plus intéressant qu'une nouvelle carte alignée à côté des autres par le Joueur. Toutes heureuses qu'elles étaient d'avoir un nouveau symbole à décortiquer, les cellules grises fichèrent enfin un peu la paix à leur propriétaire, s'extasiant sur la perfection du choix (qui, au final, n'était jamais rien de plus que le leur). La Lune. Il avait placé la Lune. Elle n'avait rien à voir avec la Lune qui abritait les enfers et la créature sans nom. Comme pour l'arcane sans nom, il fallait creuser sous les apparences trompeuses pour trouver la véritable signification. L'astre qui croit et qui décroit, qui inspire les plus belles rêveries comme les horribles cauchemars, était le reflet de l'achèvement, de l'aboutissement, de la fin d'un cycle majeur. Le cercle des anneaux répondait au cycle de la Lune, à la rondeur parfaite de l'astre. La fin de la solitude que les alliances représentaient était bien la fin d'un cycle, celui que tout deux avaient commencé le jour de leur naissance... Plus le jeu de la population neuronale se prolongeait, plus la rouquine comprenait pourquoi Guccio avait parlé de merveilleuse poésie en parlant du tarot.

Le sourire d'Ermelina se fit plus doux et plus rêveur, son regard peut-être un peu plus lointain lorsqu'elle se tourna vers Klementein pour prendre les treize pièces d'argent données par Varden. Jadis, au temps des Francs, elles auraient été des arrhes. Certains prétendaient que le fiancé devait les verser à sa promise pour "mettre une option" sur elle, d'autres qu'il s'agissait plus simplement d'une petite avance symbolique sur la dot à venir. Tout ce qu'Ermi savait, c'était que les pièces étaient indispensables parce qu'elles avaient la réputation d'apporter la richesse pour chaque mois de l'année (avec un petit supplément, tant qu'à faire) dans le nouveau foyer. La rouquine recompta rapidement les pièces d'or au creux de sa main.


Varden, dit la petite diaconesse en regardant à présent le marié, ceci est l'argent que tu destines à Vanyel. Qu'il soit à présent béni.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ermelina se pencha sur les pièces et commença son oeuvre.

« Bénis, Très-Haut, cet argent que nous bénissons en ton nom, suppliant ton immense bonté de faire que tous ceux qui en seront dotés soient pourvus par Dieu des richesses de la grâce et de la gloire, ici et dans l'éternité, pour les siècles des siècles. Amen. »

Un petit signe de croix paracheva le tout. Gardant sa main en coupe, Ermelina tendit le bras en direction de Varden et versa les pièces au creux de sa main.
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Varden
Ermelina avait recompté ! Belle initiative car avec Klementein, rien n'était jamais certain quand il s'agissait de sous ... Pas que sa témoin fut de nature malhonnête mais l'attrait des sous était comme une particularité Klementine ... A dire vrai, il aurait bien recompté aussi, parce que c'était ses pièces quand même mais il renonça cédant à la folle raison qui le liait trop souvent ...

Le temps des arrhes et comme un rappel de là d'où ils venaient, héritage historique, tradition éternelle, sans désir d'asservir Vanyel en aucun cas, simplement le partage et l'espoir d'une vie dénuée de soucis pécuniaires en but ... Chacun, enfin presque, avait connu ici la difficulté d'une vie de vagabondage, vouée à la culture de la terre, au travail artisanal ... Du moins Varden, lui en était issu ...

Bref, peu importait, la valeur était hautement symbolique et il fallait l'avouer, l'émotion était moindre quand il tendit sa main pour offrir les 13 pièces d'Or à Vanyel ...

Peut-être n'en avait il pas évalué la portée de l'acte mais toujours est il que cet évènement eut pour effet de lui permettre de retrouver un semblant de raison ... Et la raison était une chose qui se faisait de plus en plus rare chez Varden ces derniers temps ...

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Grand Audiencier
Comte d'Ossau
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