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[RP] Ultime balade d'une Vicomtesse aux pieds nus

Dahut
Samuel reprenait doucement ses esprit sentant toute l'attention de la brune a ses cotés qui tentait de le remettre d'aplomb. Son cœur frappait encore avec puissance son corps mais son souffle était redevenu calme. L'air qui le remplissait était brulant. Son corps vibra de l'intérieur. Un soupir saccadé et frissonnant de quelqu'un qui vient de laisser la pression s'envoler en larmes.

Après cela un vent de vie lui fit reprendre ses esprits. Il lui fallait écrire au vicomte. Il sortit alors de sa besace de quoi et rédigea d'une main agressive et sensible, la nouvelle.


Citation:

Très cher ami et Vicomte

Ma missive transporte bien tragique nouvelle.
Je serai des plus bref tant l'instant est difficile
Vostre épouse Heloise a été retrouvée au bord de l'eau.
Son corps et en ce moment en la chapelle de Marseille où je veille.
De tristesse je m'inquiète pour vous et vous prie de ne rien faire d'inconsidéré
Toute mes pensées vont vers vous mon ami
Je suis a vostre disposition

Bien a vous



Samuel Alexandre de Trévières, senhor de Vitrolla-lès-Marignana



Samuel cacheta de cire sa lettre et regarda, les yeux éreintés, Delta.

Je vais porter cela au pigeonnier.
J'imagine que je vais devoir ramener le corps sous peu.

Samuel soupira rejetant les tristes idées de son esprit. La simple tache qu'était cette envoi de missive lui pesait lourd comme les travaux d'Heracles.

_________________
Prouvencao, incarné par Deltamu
Cela faisait déjà quelques temps que Alexis et Héloïse étaient distants sans pour autant être à froid. Sa princesse avait préféré profiter de son mandat pour parcourir la Provence au bras d'un étrange bellâtre. Homme sorti de nulle part, ramené en ces terres par une amie qui désormais se faisait du soucis pour le couple. Pourtant Alexis n'avait pas voulu retenir sa belle, il l'aimait toujours, et elle aussi. Aussi bizarre que les sentiments qui pouvaient animer les deux êtres, ils se laissaient une certaine liberté déconcertante. Ce n'était pas pour autant que Alexis se laissait aller à courir de bras en bras, quels qu'ils soient. Mais il commençait à se morfondre et à ne plus reconnaitre sa douce princesse. Peut-être n'avait-il là que ce qu'il récoltait, certes il pouvait être froid et distant, mais son cœur était lui chaleureux et ouvert.

Ses craintes se confirmèrent lorsqu'il apprit un peu plus de divers renseignements glanés par ses gens aux quatre coins de la Provence. Son amant mort, disparu corps et âme. Son épouse à Marseille au bord du gouffre, et le mot n'était que peu faible dans ce sens. Puis cette lettre...

Dahut a écrit:


Très cher ami et Vicomte

Ma missive transporte bien tragique nouvelle.
Je serai des plus bref tant l'instant est difficile
Vostre épouse Heloise a été retrouvée au bord de l'eau.
Son corps est en ce moment en la chapelle de Marseille ou je veille.
De tristesse je m'inquiète pour vous et vous prie de ne rien faire d'inconsidéré
Toute mes pensés vont vers vous mon ami
Je suis à vostre disposition

Bien a vous


Samuel Alexandre de Trévières, senhor de Vitrolla-lès-Marignana

Son incapacité notoire à ne pouvoir se déplacer durant son mandat de maire d'Aix ne l'avait guère aidé à régler lui-même ses affaires personnelles. Il aurait aimé plus que tout accompagner son épouse, mais tout était si brutal... si imprévisible. Le vicomte ne pouvait se remettre qu'à ses hommes. Ici son vassal. Il prit sa plume humidifiée d'encre fraiche et noire. Ses caractères furent gracieux et légers quand il gratta sa pointe sur la peau du parchemin. Son message était simple, mais ni signé ni tamponné, son vassal saurait à la lecture du message, et en discutant avec son messager que ce courrier était des plus authentiques. D'ailleurs son coursier ne serait autre que son lieutenant. Le vicomte annonçait à Dahut de rejoindre au plus vite Vitrolles avec le corps où il l'attendrait, après ils aviseraient... Roulant le vélin il le transmit à son lieutenant. Tout deux allèrent monter leurs destriers et cheminèrent tranquillement jusqu'aux portes d'Aix, là ils se séparèrent. Ils devaient chevaucher aussi vite l'un que l'autre pour atteindre chacun leur destination.
Dahut, incarné par Deltamu
Longue et douloureuse nuit que fut celle-ci, le cœur serré, les yeux rougis et les joues couvertes par des torrents de larmes que la fatigue finit par tarir, en laissant sur ses joues de fines traces de sel ...

Le lendemain matin sur le bord de la table de l’auberge, la tête endolorie par des larmes asséchées, les veines gonflées qui conféraient un mal de tête constant et éreintant, Samuel se réveilla difficilement. Ce ne pouvait être qu'un cauchemar, il allait se réveiller et tout serait comme avant ...

Il se redressa tant bien que mal, le grincement de la porte venait de le sortir de son état léthargique. Un jeune homme dont Samuel connaissait vaguement l’attitude venait de pénétrer dans la pièce. Il lui était bien difficile de le discerner correctement ayant encore le regard trouble et embué par les résidus de salés. Mais le personnage, après avoir scruté la taverne se dirigea prestement vers Samuel.


"Seigneur, ceci est pour vous en provenance de du Vicomte de Marignane."

A ces mots, Dahut souhaita se redresser d’un bond mais son corps ne lui permit qu’une remontée lente et décomposée. Il attrapa la missive qu'il décacheta sans la moindre délicatesse en se rasseyant et se plongea dans la lecture.

Il se leva prestement, repoussant bruyamment le banc derrière ses genoux. Passa sur le coté du jeune homme en lui posant sa main sur l'épaule encore froide de la nuit à chevaucher. Pas un sourire ou même une expression. Il se dirigea dans les chambres pour réveiller Alexiane et Bloudas. Alors que les courtisanes se préparaient, Samuel s'en alla voir la patronne et la chargea de remettre un message à Delta qui dormait encore, il ne voulait pas la réveiller et elle trouverait ce message lorsqu'elle viendrait à sa leçon.


Citation:
Ma chère Delta,

Il me faut partir dans l'instant et m'en retourner vers Aix, Alexiane et Bloudas m'accompagnent. Nous nous retrouverons plus tard.

Ton ami,
Samuel.


Il s'assura bien que la patronne sache lire et ainsi transmette le message à Delta qui était illettrée.

Quelques minutes plus tard, il réapparut dans la taverne et s’adressa a l’homme de main.


"Venez m’aider."

Le Seigneur se dirigea vers la première échoppe avec une charrette stationnée devant. Il frappa à la porte avec ardeur jusqu'à ce qu'un homme en rage lui ouvre. Samuel lui posa dans les mains une bourse d’écus et s’exclama en montrant la charrette, que déjà son compagnon pour l’occasion, ajustait.

"Elle vous sera rendu sous trois jours. C’est une urgence. Je suis Seigneur de Vitrolles. Prenez cette bourse, je vous loue la charrette.

Samuel tourna les talons devant l’artisan surpris et estomaqué puis lança à toute trombe la carriole vers la chapelle. Là il trouva de nouveau le corps de la Vicomtesse qui avait été enroulé dans un tissu blanchâtre.

Samuel la regarda avec une certaine tendresse, elle la femme de son ami. La scène était presque irréelle, la Vicomtesse semblait juste endormie, apaisée... Lui avait les traits tirés par cette nuit de chagrin, il avait même fini par ne plus pouvoir pleurer, mais les larmes même invisibles étaient là et le tourmentaient.

Sans un mot, il fit signe à son homme de main et tous deux transportèrent le corps sans vie de la Vicomtesse pour le ramener auprès de celui qui l'aimait et la chérissait tant. Ils l'installèrent confortablement à l'arrière de la charrette, Alexiane et Bloudas regardaient la scène, le visage fermé.
Le Seigneur remonta en charrette et prit les rênes en main, il en asséna un fort claquement sur la croupe du cheval et le convoi se remit en marche pour ramener la Vicomtesse à sa demeure, celle qui le serait pour l'éternité.

De longues heures silencieuses de voyage avec pour seul bruit de fond le claquement des sabots sur la route sèche et caillouteuse. Il avait longé un moment la côte avec cette mer qui les narguait, celle-là même qui avait ôté la vie d'Héloise.

La progression lente du cortège. Le temps qui n'en finissait pas de souffrir. La remontée sur Aix n'avait jamais été aussi pénible. Samuel ne parlait pas... personne en fait.

Et puis enfin Aix ... Le dernier voyage terrestre de la Vicomtesse touchait à sa fin. C'est calmement que le convoi s'arrêta devant l'hôtel des Beogora, Samuel mit pied à terre, le visage grave, les traits tirés et les yeux rougis. Poings serrés, il hésita un long moment pour avancer mais alors qu'il allait faire enfin le premier pas après être resté planté de longue minutes, la lourde porte grinça et s'ouvrit ...
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