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[RP ouvert] Rue du lavoir

--.mesokee
Soyons lucide! Oui, fallait bien avouer que le vieillard -hinhin- tenait sa maison bien mieux qu'elle-même ne le faisait. Et qu'il semblait effectivement vivre seul. Une idée germe alors dans la tête de la rousse. Une bien généreuse idée. Le pauvre, seul, elle, trop occupée -fainéasse- pour tenir sa maison comme il aurait fallu. Et pourquoi ne pas mélanger tout ça? Elle apprendrait peut-être plus facilement, et dans le pire des cas, les corvées seraient nettement moins ennuyeuses. Un sourire naît sur les lèvres de la rouquine. Plus tard, faudra lui en parler!

S'emparant du verre qui lui est présenté, elle prend donc place dans le fauteuil, savourant le confort de ce dernier, tout en remerciant Ketje doucement.

Quand soudain... Parler de soi? Le nez se retrousse légèrement, et la rousse se sent un peu désemparée pour le coup. Parce qu'il n'y a pas grand' chose à raconter. Elle est bien championne officielle des idées les plus idiotes ou qui terminent le plus mal, elle se débrouille aussi dans l'art de discuter pour ne rien dire, mais à part ça... Elle fait donc mine de regarder le feu avec une attention un peu trop poussée, et laisse Jenna parler la première.

Des moutons? J'avais un élevage avant moi aussi! Quelles sales bestioles, quand même! Les miens, ils s'étaient passé le mot pour claquer le jour où j'me disais qu'il faudrait penser à les abattre! Et les peaux! Quelle histoire pour réussir à les vendre!
La rouquine ronchonne un moment, perdue dans ses souvenirs, avant de reprendre.
J'espère que ça se passe mieux de votre côté.
Mesokee reste un instant songeuse en entendant la brunette parler de son métier qui semble lui tenir à coeur. Un jour, elle aussi va bien finir par trouver quelque chose qui l'intéressera plus de quelques semaines. Et sinon, et bien ... Elle verra le moment venu.
En 1442, comme ma soeur "adorééée"! Moi j'suis un peu plus vieille, de deux ans.
En temps normal, elle aime pas ça. Elle est souvent plus vieille que les autres, et ça l'agace, d' autant plus que les autres sont déjà, "mariées -ou fiancées-, mères -ou presque-, avec un emploi stable -ou à vivre tranquillement sur les écus de leur cher et tendre-", le trio parfait quoi. Mais pas aujourd'hui, parce que... Petit sourire moqueur mais affectueux vers Ketje.

Quand les choses tournent vers un côté plus personnel, la rousse, qui ne connaît Jenna que depuis très peu de temps, se dit qu'il est peut-être temps pour elle de s'éclipser un instant. Et, à croire qu'elle lit dans les pensées de leur hôte, la voilà qui se lève subitement et leur sourit doucement.

J'vais chercher du bois! Pour le feu!

Oui, bien sûr, pour le feu, pas pour se lancer dans la sculpture! Nan, charpentier, c'est pas son truc non plus...
Jenna
Sa brève présentation avait suscité l'attention de ses deux compagnons. Les questions fusaient, et elle ne savait plus où donner de la tête.

  Bien sûr que je te pardonne Ketje !
Cependant, une petite voix dans sa tête se demandait quel âge avait-il bien pu lui donner...La curiosité l'emporta :

Dis Ketje, tu me donnes combien en âge ? Puis se parlant à elle-même. Il faudrait peut-être que je commence à penser au mariage, avant que je ne paraisse trop âgée...

Cela ne la vexait pas, elle savait qu'elle semblait plus mature que les autres donzelles de 19 ans, caractère dû certainement à son éducation et à son histoire...
Puis se tournant vers Mesokee et joignant des gestes à ses paroles :


Ah ! Les moutons, c'est vrai que c'est compliqué parfois, il faut savoir les élever avec amour, en les nourrissant tous les jours, pour les occire le plus tard possible ! C'est la meilleure méthode que j'ai trouvée.

Elle appris que Mesokee avait une petite sœur de son âge. Bizarrement, Jenna pensais que Mesokee était plus jeune qu'elle...comme quoi il ne fallait pas se fier aux apparences.

Quand son vieil ami la félicita sur son « travail de maître », Jenna ne put s’empêcher de rougir. Elle baissa la tête pour que ses amis ne le remarque pas. Au pire, elle prétendra que ce changement de couleur est dû à la proximité de la cheminée.


Ma mère m'a appris à broder et à tisser très jeune, j'ai repris son échoppe pour continuer son travail. Je lui ai promis qu'un jour, je réaliserai une commande pour quelqu'un d'important, un Comte ou un Duc, qui sait...Mais pour cela, mon travail doit être parfait...

Quand Ketje se leva pour faire tournoyer ses pans de mantel, elle releva la tête pour le voir. Elle se rappelait avoir passé beaucoup de temps sur cette pièce mais le résultat était plutôt satisfaisant. Enfin, maintenant qu'elle le voyait porté par Ketje, elle se disait qu'une pelote de laine en plus n'aurait pas été de trop, histoire de donné un peu plus de longueur au mantel.

Puis Ketje lui dit qu'elle l'impressionnait. Jenna ne comprenait pas : Dans quel sens utilisait-il se mot ? Dans le sens d'éblouir ou d'intimider ? Dans les deux cas, comment une jeune femme pouvait-elle « impressionner » un homme comme lui ?
Ketje entra dans un sujet douloureux pour la jeune femme, la plongeant dans une nostalgie profonde.


Une blessure...
Elle plongea son regard dans les flammes qui subsistaient dans l'âtre. Elle ne détourna même pas la tête quand Mesokee partit chercher du bois.
Une blessure...Non. Des blessures. La plupart des gens devaient en avoir plusieurs comme elle, mais deux d’entre elles ne daignaient guérir. Un père qui les avaient abandonnées, sa mère et elle, alors qu'elle n'avait que 8 ans, pour « partir à l'aventure » comme il avait dit... Sauf qu'il n 'était jamais revenu. Était-il encore vivant ? Dans le cœur de Jenna, celui n'existait plus, mais étant enfant elle avait éprouvé un profond manque... C'est certainement ce qui l'avait obligée à passer de l'enfance à l'âge adulte.
Et puis il y eu son premier amour...Sa mère lui avait toujours répété qu'elle était encore jeune et qu'elle en retrouverait certainement dix autres. Oui, elle en avait trouvé d'autres, mais même les dix réunis, ne vaudraient jamais celui qu'elle avait perdu.

Les blessures physiques n'étaient pas forcément les plus douloureuses, il existait aussi celles du cœur et de l'esprit.

Combien de temps était-elle restée dans ses pensées ? Pas très longtemps apparemment, Mesokee n'était toujours pas rentrée.
Elle se tourna vers Ketje, avec un petit sourire nostalgique :


J'ai des blessures comme tout le monde, mais c'est ce qui m'a permis de devenir celle que je suis aujourd'hui. Si tu veux vraiment tout savoir, je n'ai pas vraiment eu de père, et mon premier amour me manque toujours autant... Il m'avait promis qu'il apprendrait à danser cet idiot ! Pour le coup, c'est raté !

Jenna se demanda si Ketje ressentait aussi de la solitude parfois.

Dis Ketje, tu ne t'es jamais marié ?

Sa grande maison avait-elle toujours été aussi vide. N'avait-elle jamais connu les cris des enfants et les rires d'une femme aimante ?
Ketje
Mesokee ne dormait pas, non, elle mijote ses interventions se dit ketje. Il s' amuse de voir apparaître des frémissements sur son visage. Doit y en avoir des choses qui bouillonnent dans cette tête là se laisse-t-il à penser. L' échange se passe sur l' élevage de moutons qu' il a pratiqué aussi.

Mesokee, c' est que t' as pas pris le temps de bien t 'en occuper de tes bêtes. Sinon, elles t' auraient donné tant de laines que tu aurais pu fournir deux tisserands. Ce n' est guère facile à faire mais avec de petites attention, ce sont des bêtes bien généreuses.

Ceci dit, il se dit aussi avoir fait une gaffe en parlant de jeunesse ou d' âge. Très vite il trouve comment en sortir.

Je vous croyais toutes deux du même âge à peu près mais j' ignorais que l' une avait une souer cadette ( il fait un sourire à Mesokee en se disant que.. non finalmenet non... faut pas exagérer non plus ^^ ) et je dois avouer que ton travail m' a surpris... si jeune et si experte... ma foi, je ne puis que t' en féliciter Jenna.

Mais la conversation semblait devoir aller plus loin, ce qui le ravissait en fait Bien que.... n' allait-il pas trop loin? Jenna n' est- elle pas indisposée par toutes ses questions? Lorsque Mesokee se leva subitement, précédant sa pensée presque, se proposant pour aller chercher du bois. Il s' est relevé et montre une porte qui face à la porte d' entrée.

C' est la porte qui mène au jardin. Tu verras! Il ya une brouette adossée au mur et un peu plus loin un appentis rempli de grosses bûches. Il te suffit de remplir la brouette et de la ramner près de la porte, je t' aiderait à tout rentrer, c' est qu' elles sont assez lourdes Mesokee!

Jenna s' était tournée vers lui avec un petit sourire triste. Il vient s' asseoir tout à côté du fauteuil de Jenna, à même le sol. Il regarde le feu et lui répond le regard fixé sur les flammes. Ses mots viennent doucement avec une voix sourde.

Je dois être maladroit tu sais. Il m' arrive de pressentir des choses et cela me déplaît parfois de lire les choses dans certains coeurs ou sur certains visages. Je suis sot d' oser demander des choses comme cela car j' en devine souvent les origines et j' en crains d' entendre ce que je sais parce que cela réveille ces blessures... non je n' aime pas cela... cela me fait peur d' éveiller ces blessures dans le coeur des jeunes femmes. Je comprends si bien ce que tu me dis Jenna et nous avons tous nos blessures.... comme tu le dis. .


Il se tait un instant avant de continuer avec un sourire très doux.

Je sais maintenant pourquoi tu m' as faite cette curieuse demande ... mais je te promets de la rencontrer.

Sourire qui s' éteint un peu.

Non je ne me suis jamais marié Jenna. Aussi bête que cela puisse paraître... non! Tu sais... les mots viennent difficlement... un premier amour est si... si... enfin, il nous mortifie parfois... ou souvent. Mais le temps passe heureusement et on finit par ne plus en garder qu' une ombre de souvenir. Puis, un jour, l' ombre ne peut rien face au soleil d' un amour nouveau et làààà... tous les éclats de lumière d' un printemps rayonnant brisent les parcelles de brumes dans lesquelles nous avions enfermé ce premier amour. Là lumière est là qui nous attend et on court comme des fous à la pêche aux fruits, à la cueillette des fleurs folles qui emmerveillent nos jardins secrets et ..... Et... puis parfois nos coeurs se brisent sur le second écueil. C' est ce que j' ai connu; tu sais. Nous avons couru toutes les routes d' Europe avec l' idée de nous marier un jour, entre deux geurres, pour finir un jour ici et bâtir cette maison. Puis... elle a disparu aussi, comme la première.... Mais je ne voudrais pas être de mauvais augure pour toi Jenna.

Il se force à la regarder avec un sourire un peu confus d' avoir laissé les mots prendre le pas sur sa raison.
Jenna
Aussitôt avait-elle finit de parler que Ketje s'excusait déjà de l'avoir confronté à son douloureux passé.

Non, ne t'inquiètes pas, ce n'est pas grave.

Elle avait retrouvé son sourire, celui qu'elle arborait avant qu'elle ne parle d'elle, comme pour rassurer Ketje. Elle n'était pas si fragile que ça, elle savait maîtriser ses sentiments... ou du moins les cacher, pour paraître heureuse en l'espace d'un instant.

Puis Jenna interrogea Ketje pour savoir s'il s'était déjà marié. La réponse de son ami la mit mal à l'aise et la chagrina un peu.


Je...Je suis désolée...

Maintenant, Jenna s'en voulait d'avoir posé une telle question. Elle aurait pu réfléchir, ou au moins tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de lâcher une question comme celle là. Ketje semblait plus affecté qu'elle lorsqu'il évoquait ses bribes de passé mais elle ne pensait pas que cela l'affecterait autant.

Ainsi, il n'avait jamais eu ni femme, ni enfant. Jenna était sûre qu'il aurait été un très bon époux et un très bon père s'il en avait eu l'occasion, enfin, certainement meilleur que le sien...

Ketje la regardait avec un regard triste, voire même ému. Jenna voulait le réconforter mais avec quels mots y arriverait-elle ? En dépit de mots, dans un élan de réconfort, elle posa ses mains sur celles, massives, de Ketje, tout en lui souriant. Elle se demanda où étais Mesokee, sa bonne humeur redonnerait certainement le sourire à Ketje.
Ketje.
Jenna était passée de la tristesse au sourire puis à la tristesse encore après que ketje se soit laissé aller à la confidence. Il lui parut étrange qu' elle parle si peu. Se sentait-elle coupable d' avoir amener des mots qu' elle n' attendait pas? L' un et l' autre ne s' étaient-ils pas privés d' un moment de réconfort mutuel? Ces questions tournaient dans sa tête lorsque Jenna posa ses mains sur les siennes. Il regarda les mains de la jeune filles sur les siennes. Intérieurement, il sentait comme un souffle léger balayer ses souvenirs. Doucement, un sourire revint sur son visage. Il hésita un peu, puis , la regardant fixement dans les yeux...

Ne sois pas désolée Jenna. Je t' ai invitée à me parler de toi, mais sans doute avais-je aussi envie de parler un peu?

Il cherche à deviner ce qui se passe dans sa tête à elle, sentant les mains de la jeune femme toujours posées sur les siennes. Il avait souvent l' habitude de lever les mains au ciel pour parler quand il s' en sentait une forte envie. Mais là, non. Il se sentait bien. Pourquoi donc suis-je bien ainsi? se demandait-il. Un peu prisonnier? un peu protégé? Ou simplement moins seul tout à coup? Aussi continua-t-il.

Nos vies n' ont souvent rien de comptines pour enfants, nous le savons bien. Mais cela ne devrait pas nous rendre malheureux ni tristes. Juste... parfois un peu amers, ce serait mieux. Puis tu sais, je dois bien le dire... il y eut un troisième écueil plus tard. C' est étrange comme les choses se passent... mais à mesure que les écueils nous brisent, ils nous consolident aussi mais il nous rendent aussi solitaires. Serait-ce la peur d' un autre écueil?

Petit à petit il sentait comme une flamme d' envie de vivre revenir en lui. Dans ses yeux, quelques éclats de lumière finissaient par naître. Son sourire se faisait plus sain, plus doux.

Un jour, saches-le, je vis arriver à Eauze une très jeune fille qui me cherchait. Je ne savais pas pourquoi, une si jeune fille pouvait bien chercher à me rencontrer Et j' ai eu toutes les difficultés du monde à comprendre. Elle se présentait comme ma fille, la fille de cette Angeluse qui vécut ici. Je ne savais pas qu' elle existait... et je crois qu' elle a senti que je doutais de ses propos. Elle est repartie à l' aventure... un peu comme sa mère dans sa jeunesse. Je sais qu' elle voulait parcourir toutes routes, elle aussi et je ne sais où elle est maintenant....Mais, vois-tu, je ne m' inquiète pas de celà, je me suis retiré un peu des choses de la vie pour sans doute ne plus connaître ces déchirures.

Il se tut un moment, se rendant bien compte qu' il parlait beaucoup de lui. Il finit par sourire franchement à Jenna qui semblait sur l' attitude qu' elle devait avoir.

Continue à me parler de toi alors, de tes envies... enfin hormis celle d' apprendre à danser.

Cette dernière pensée de danser lui amène même un rire gentil. Il la regarde toujours avec la même intensité, réconforté par la sensation de ses petites mains posées sur les siennes.
Jenna
Jenna ne s'était pas doutée un seul instant que le simple fait de poser ses mains sur celles de Ketje aurait pu le tirer de sa morosité. Elle pensait que ça l'étonnerait, et qu'il oublierait ses douloureux souvenirs pendant quelques instants, mais de là à le faire sourire... Les gestes ont parfois plus de significations que de simples mots.

Ses petites mains, enfin... comparées à celles de Ketje, semblaient apporter un certain réconfort à son vieil ami...et à elle aussi d'ailleurs. Depuis qu'elle avait commencer à lui parler, elle se sentait plus légère, non pas qu'elle ait perdu du poids, mais au niveau de son cœur et de son esprit, elle se sentait plus sereine, comme si tous ses mauvais souvenirs ne demandaient qu'à sortir de sa bouche pour mieux disparaître.
Elle écoutait parler Ketje, et au fur et à mesure, il lui semblait que l'émotion dans la voix de son ami se dissipait peu à peu, pour laisser place à un sentiment d'assurance, voire même d'indifférence, face à ses souvenirs.
Le regard de Ketje paraissait plus vif qu'il y a quelques minutes, et cela n'était pas dû à la lueur des flammes qui persistaient dans la cheminée. Le doux sourire qu'esquissait Ketje la rendait heureuse... Mais pourquoi ? Comment le voyait-elle au juste ? Comme un ami ou comme le père qu'elle n'avait jamais eu ? Ces deux sentiments étaient trop complexes à différenciés pour une jeune femme de son âge.

Quand Ketje la questionna sur ses envies, Jenna n'hésita pas plus d'une seconde, car elle avait compris que parler à quelqu'un pouvait aider à se sentir mieux. Et qui sait, peut-être que si elle énonçait ses rêves à haute voix, ceux ci se réaliseraient...


J'aimerai voir l'océan un jour. Il paraît que l'on ne voit pas où il se termine, qu'il s'étend plus loin que l'horizon. Ah ! Et j'aimerai aussi naviguer en bateau, sur un fleuve par exemple. Ce doit être plaisant de sentir la brise gifler son visage, ses cheveux voler au vent, tout ça en étant sur l'eau...

Elle s'arrêta brusquement, en réalisant quelque chose de fondamental :

Mais, dis-moi Ketje, toi qui voyages souvent, tu as peut-être déjà vu l'océan, ou voyagé en bateau ? Peut-être même que tu as fait les deux en même temps : voyager en bateau sur l'océan ?!?

Ça y est, elle était devenue hystérique (et sans être saoule en plus ^^). Elle regardait Ketje fixement, les yeux écarquillés, remplis d'espoirs.
Ketje
ketje attendait ses réponses avec une certaine impatience. Il ne parvenait pas à discerner exactement la nature de la jolie jeune femme installée si près de lui. Il devinait des bribes de ce qu' elle pouvait être ou penser... mais continuait de chercher à la comprendre mieux. Il cherchait dans sonregard quelque chose... mais que cherchait-elle en fait? Il e était là de ses questions quand il la vit prendre vraiment vie quand elle répondit à ces questions. Elle lui sembla d' abord un peu émoustillée puis simplement enthouysiasmée.... pourquoi? Il se disait qu' il le saurait. Il subit son regard fixe avec une certaine délectation. Dedans il lisait tant d' attente qu' il ne pouvait qu' y donner une réponse qu' il était facile à donner.... mais en lui.... une chose étrange l' invitait à lui donner un peu plus.Il la regarda avec un sourire tendre avant de lui répondre.

Mais ma grande... que me dis-tu là? Mais bien sûr que j' ai vu l' océan! Si tu savais comme c'est beau et infini! Tiens tu vois ... j' ai été ... non c' est autre chose cela.. enfin donc, je me suis un jour retrouvé à Brest dans mon duché ... et lààà... làààà

Soudain il se lève, quitte la protection des petites mains mais... il en garde une enfermée dans la sienne. Puis très doucement il enveloppe Jenna de son bras, sa main se posant sur ses épaules ... son autre bras commence à balayer un horizon fictif devant l' âtre.

J' ai été jusquau' au bout de la terre... c' est comme cela qu' on l' appelle là bas... la fin de la terre... c' est si beau! Tu n' as que des rochers gris ou noirs... des vagues de trente ou quarante pieds qui se battent sur les rochers... des nuages qui couvrent l' écume blanche des rouleaux.... au bout de la terre et devant toi... ma belle... il n' y a que des vagues. Même au printemps, quand tu montes sur le haut des falaises, tu ne vois que les vagues, l' infini.... Personne ne sait où se finit cet océan au couchant... il n' y a sans doute pas de terre derrière l' horizon!

Le bras posé sur les épaules de Jenna se fait plus lourd... non pas pas parce le bras est lours.... mais plutôt parce le vieux ketje est ravi de cette présence. Il penche légèrement la tête vers le visage de Jenna pour continuer. De l' autre bras il dessine dans les airs des actions imaginaires pour aider son récit.

Oui ma petite, j' ai aussi voyagé sur cet océan et cela me fit grand peur! Mais j' ai aussi beaucoup voyagé sur les fleuves de nos contrées et d' ailleurs. Je ne sais pas la différence.... les fleuves sont noires la nuit, ils nous englobent dans la nuit et nous ne savons jamais si le lendemain nous réserve une mauvaise crue ou une autre mauvaise surprise... mais j' étais si jeune , plus jeune que toi... puis bah... le fleuve est devenu mon chemin et ce fut certes plus difficile. Le fleuve est dangereux qu' il peut gronder ... déverser ses flots d' eaux ou briser les barges avec ses flots de morceaux de glaces... le fleuve est cruel tu sais mais si beau même quand il se met en furie.

ketje regarde l' âtre tout en gardant Jenna sous son bras.

Il faudra que j' aille cherché du bois si Mesokee ne revient pas... mais tu sais.. la mer c' est différent. Parfois les capitaines s' éloignent tellemnt des côtes que tu ne vois plus rien que de l' océan! A quelque point de l' horizon que tu regardes! Ils ont maintenat de petits outils qui leur permettent de savoir où ils vont sur l' océan... mais toi, comme simple matelot... tu n' en sais rien! Et un matin... il n' y a plus de terre... mais quelle merveille que ce vent, quelle folie que ces tempêtes qui viennent à te mettre le bonnet à l' envers... les cheveux pris dans les cordages! Si tu savais comme elle est mangeuse d' hommes. J' en ai connu plus d' un qui allait à la pêche avec une simple barque en Bretagne et n' est jamais revenu... alors des bateaux... même de cent pieds.... traveser ces étendues là.... non... on y risque sa vie!

Mais les mots de Jenna l' avaient atteint. Dans ses souvenirs à lui plutôt. Il lui révélait un morceau de sa vie pendant qu' elle exprimait une envie, ce que justement il lui avait demandé. Simple hasard... il pouvait raconter... Mais ses propres souvenirs de son passé et les envies de la jeune filles .... ketje ne put résister. Il ;se tourne vers la jeune femme et pose ses mains sur ses hanches tout en soutenant son regard fixe.

Veux-tu que nous allions voir cet océan? Veux-tu même que nous puissions prendre passage sur un navire?
Jenna
Jenna fut aux anges quand Ketje lui répondit qu'il avait déjà vu l'océan. Elle allait lui demander comment c'était quand Ketje se leva, l'enveloppant d'un de ses bras, et se lança dans une description de cette étendue bleue.
Chaque mot de son ami était comme enveloppé d'une douce chaleur. Il était en train de mettre des mots sur son rêve. Il le décrivait avec tellement d'entrain que son enjouement était très communicatif...si communicatif que Jenna pouvait imaginer sans mal les ondulations bleutées de l'océan. En quelques instants, la pièce à vivre de Ketje « disparue » pour laisser place à l'imagination de Jenna : Un ruban bleu infini, frémissant, tremblant, ondulant, formant des rouleaux s'écrasant avec fureur sur les falaises que Ketje évoquait...
Elle s'imaginait en haut de ces parois rocheuses, scrutant l'horizon à la recherche d'une limite de ce flot immense, ne voyant que le soleil se noyé dans celui-ci lors du crépuscule.


Ce doit être magnifique ! lâcha t'elle, alors que Ketje semblait reprendre son souffle.

Ketje continua, mais sur les fleuves cette fois-ci. D'après son vieil ami, ceux-ci pouvaient-être dangereux, autant que l'océan. Jenna ne connaissait strictement rien en navigation, et elle ne pouvait comprendre comment des morceaux de glace pouvaient briser des barges de plusieurs dizaines de pieds de long.

Et sans s'en apercevoir, Ketje se remit tout naturellement à parler de l'océan. Jenna avait peut-être évoqué un sujet qui lui tenait à cœur.
Beaucoup d'hommes devaient rechigner à perdre la terre de vue, mais quoi de mieux que d'aller aussi loin que l'endroit où disparaissent les rayons du soleil, que de fendre de la proue les cimes marines, pour finalement se faire reconduire au rivage, poussé par un vent vigoureux.

Quand tout à coup, Ketje posa ses mains sur les hanches de la jeune femme. Que lui voulait-il ? Peut-être une envie de chair fraîche comme le répétait souvent Mesokee ?!? Puis vint la question qui lui permettrai de réaliser son rêve.


Quoi ?!? Tu m'y emmènerais ? Bien sûr que je veux,mais... Comme toutes les femmes, avant de réaliser une action, elle avait des doutes et se posait des questions, contrairement aux hommes qui foncaient tête baissées...

...je viens à peine de rentrer d'un long voyage, et puis tu viens de dire que c'était dangereux. Et si le bateau se faisait attaquer, ou s'il chavirait... Tu sais, j'ai horreur de l'eau trop froide. Et puis, je ne sais pas nager, je n'ai jamais barboté que dans deux ou trois pieds de hauteur d'eau !
Si je tombais du navire, et que quelqu'un essayait de m'aider, j'arriverais à coup sûr, à le noyer avec moi rien qu'en me débattant...


Elle était très maladroite, surtout quand elle paniquait... Elle avait des doutes, alors que son rêve était à porter de mains... C'était peut-être la seule occasion qu 'elle aurait dans sa vie pour réaliser une telle ambition... Ses doutes n'étaient peut-être qu'une représentation de sa peur de l'inconnu... Mais si elle ne les surmontait pas maintenant, quand le ferait-elle ?
Elle soupira doucement, comme pour se raisonner ou peut-être se donner du courage, contre ses propres doutes, puis se tournant vers Ketje avec un large sourire :


On part quand tu veux !
Ketje
Il s' était laissé emporter, des souvenirs lui étaient revenus par dizaines et il tentait de décrire à Jenna ce qu' il avait vu ou ressenti. Mais il y avait si longtemps qu' il ne s' était laissé porter par un tel enthousiasme. Aussi ne se vit-il pas devenir tout à coup très familier dans ses gestes. Quand Jenna lui demanda s' il l' emmenerait et qu' aussitôt il sentit comme une appréhension... il revint un peu sur terre. *L' ai-je effrayée, a-t-elle peur d' un voyage comme celui là ou... de moi... foutu bavard qui se laisse emporter comme un fétu de paille au vent que peut être une jolie jeune femme* se disait-il. Il jeta un regard confus sur ses propres mains... et donc sur les hanches^^ en se disant qu' il ferait mieux, souvent, de les garder en poches. Il l' écouta émettre ses craintes sur un tel voyage ce qui lui rendit le sourire. Il comprenait un peu mieux ses craintes maintenant et l' aurait bien immédiatement rassurée mais ... elle l' attendrissait cette amusante jeune fille... et "sa foi ben"... *Non* se dit-il. Jenna poussa un doux soupir comme on exprime un léger regret qu' elle effaça de son souvenir en lui souriant largement tout en lui demandant quand ils partiraient. S' il avait été plus jeune, il aurait tressailli... mais là non. Un peu comme si la question posée était exactement ce qu' il attendait... mais il ne voulait pas le laisser transparaître. Ses yeux devaient par contre exprimer sa joie. Il gardait comme un sourire jeuvénile quand il lui prit la main, quittant à regret les hanches de la jeune fille, pour l' emmener à la grande table de la pièce. Il n' y restait qu' un banc sur un côté et il l' invita silencieusement à s' installer sur celui ci, face à une fenêtre qui donnait sur la rue et son petit jardinet à rue.Pendant qu' il cherchait dans le meuble, il tenta de la rassurer.

Assieds-toi je vais nous chercher de quoi rêver.
Bien sur que c' est parfois dangereux mais pas toujours et pour ce qui est de savoir nager ou de savoir se défendre, je le ferai pour nous deux. Combattre un assaillant, je sais le faire et nager... ben tu n' auras qu' à t' accrocher à moi. Puis je sais aussi comment calmer ceux qui ont peur de l' eau... à moins que je ne te l' apprennes parce que nous ne sommes pas encore partis... il faut voir ce qui est possible maintenant.


Il alla chercher dans un bahut, à côté de la porte par laquelle Mesokee avait disparu, des documents, des parchemins, des plumes et un encrier ainsi qu' un flacon d' encre. Chargé du tout, il revint à la table et y posa tout son matériel. Plantant un genoux sur le banc il déplia une vieille carte qu' il mit sous les yeux de Jenna et commença à y faire courir une main, penché sur la table.

Vois ceci: http://www.le317.fr/cartes/index.php nous pourrions aller vers le couchant mais il n' y a point de falaise là bas, juste d' immenses plages de sables mais c' est parfois très amusant aussi de s' y ballader. Nous pourrions aller vers le midi mais je sais que les pirates mauresques infestent parfois cette mer là. Nous pourrions aller au septentrion pour voir ces falaises tout comme nous pourrions commencer par aller un peu moins loin dans le septentrion pour voir un fleuve et de là nous laisser porter vers une mer ou l' océan.

Il se relève pour s' asseoir tout à côté de Jenna.

Mais je ne sais pas où nous avons le plus de chances de trouver un navire. Il vaudrait mieux écrire aux maires de ces ports pour en savoir plus et cela nous laissera le temps de bien nous préparer. Puis, par les temps qui courent, les dangers sur les routes semblent plus grands que sur les eaux. Si nous commencions par là?

Il se tourna vers Jenna. Il n' attendait qu' une chose ... lorsque de son ventre sortit un gargouillis bien sonore qui lui amena un rire.

Lui aussi a faim! Si j' allais nous chercher de quoi nous faire plaisir?
Jenna
Ketje l'invita à s’asseoir sur le banc étant rester vers la table. Il semblait tout excité, comme si Jenna avait attisé en lui une nouvelle flamme de vie. Elle le regardait fouiller dans son meuble, puis en sortir tout un tas de parchemins...Et pendant ce temps, celui-ci tentait de l'apaiser...

Tu sais, j'ai une épée maintenant, donc je pourrai la prendre au moment du départ, elle pourra toujours nous servir... Je connais les bases donc si on se fait attaquer, je pourrai porter quelques coups, mais de là à tuer ou à blesser sérieusement un adversaire...

Elle s'imaginait à bord du navire, celui-ci se faisant attaquer et elle se battant vaillamment, enfin... du moins comme elle pouvait. Les choses comme on les imagine, sont toujours plus idéales que les choses réelles. Elle fut « réveillé » quand Ketje posa ses documents sur la table.

La carte qu'il déploya sur la table semblait plus récente que celle qu'elle possédait, néanmoins, elle eu du mal à se repérer sur celle de Ketje. Peut-être trop précise. Ou juste une question d'habitude. Heureusement, Ketje montra d 'abord où était Eauze, puis fit sillonner ses doigts à travers les frontières. Les possibilités étaient multiples : à l'ouest, ou encore au sud-est... Des endroits qui n'étaient pas si éloignés les uns des autres et qui, pourtant, semblaient si différents.
Il s'assit plus près de la jeune femme. Elle ne le remarqua presque pas, étant trop absorbée par la carte.


Oui, on devrait se renseigner avant de partir, histoire de ne pas vagabonder sur tous les chemins menant à des ports. Si on part sans un minimum d'organisation, on est partis pour errer pendant des mois.

Ketje se tourna vers elle en la regardant dans les yeux. Il semblait attendre quelque chose... mais quoi ? Jenna planta son regard dans le sien. Les yeux de son ami, semblaient briller d'une nouvelle lueur. Est-ce que quelque chose était en train de se passer entre leurs regards ? Peut-être... comme des petites étincelles... Quand tout à coup, un bruyant gargouillement. Jenna quitta le regard de Ketje pour poser ses yeux sur le ventre de celui-ci. Elle ne put réprimer, elle aussi, un petit gloussement. Rien n'était plus sonore que ce qui était creux.

J'entend ça ! Il est préférable de manger maintenant, avant qu'une envie de chair fraîche ne te vienne. Dit-elle en pensant à Mesokee.

Petit sourire de Jenna, qui se demanda ce qui se serait passé si le ventre de Ketje ne s'était pas plaint... Peut-être avait-elle été sauvée par le gong (enfin le gargouillis serait plus correct ^^).

Après une petite pause, elle continua :
Je ne veux pas te vider ton garde manger, un morceau de pain me suffira.
Ketje
*Maudit ventre* pensait ketje. Alors que justement, il allait dire quelque chose! Et voilà qu' il est obligé de se plier à sa condition de mangeur... mangeur de quoi? Il se souvenait bien sur de l' épée qu' il avait faite pour Jenna, une belle épée légère, robuste et tranchante, facile à manier pour une jeune fille. Rien à voir avec celles qu' il utilisait encore.

Tuer n' est rien, pas plus que de blesser, il te suffira de porter le coup plus avant... mais voyons un peu la carte. Enfin dès que je serais revenu du cellier.

Il avait supporté le regard de Jenna. Il y découvrit comme des questionnements qu' il ne parvenait pas à résoudre. Aurait-il oublié comment feindre? Ou bien tout simplement ne savait-il plus feindre? Ou bien le croyait-elle un ogre de jouvencelle? Puis il lui sourit en se levant n' ayant pas perdu de l' oeil le petit sourire de la jeune fille.

Le garde manger est suffisamment plein pour deux ou plus même mais.... Une envie de chaire fraîche???? Me voila nanti d' une belle réputation! Mais dis-moi, cette réputation te fairait-elle donc peur?

Il approche, se baissant, son visage de celui de la jeune fille et lui souffle à l' oreille en lui prenant le menton. Ses cheveux se mêlent à sa main.

Je te croquerais bien toute crue ma jolie et là sur ce banc ou sur la table. Mais je ne suis pas sur d' y gagner quelque chose tu vois. Quoi, un petit plaisir volé? Je crois que tu es ...

Il lui lâche le menton se relevant. Alors ketje tente de se reprendre.

Du pain? Que du pain? Et pourquoi pas un jambon et un morceau de fromage?

Il se sent étrangement ridicule tout à coup. Il sait bien qu' il n' est plus un soudard ou un soldat en vadrouille ou que sa longue solitude... enfin tout quoi... mais mille bombardes... qu' est ce que cette jeune fille vient faire comme musique dans sa tête là? Il la regarde, embêté, quelque chose se passe en lui, il ne parvient plus à maîtriser cela mais il ne sait plus non plus comment cela peut encore s' appeler. Il tente de se réfugier dans des mots.

Pain.. fromage... jambon... ça ira ça?
Jenna
Jenna allait peut-être trop loin en traitant Ketje d'ogre, maintenant il se posait des questions sur sa réputation.

Hum... Non, ta « réputation d'Ogre » ne me fait pas peur, dit-elle avec un petit sourire.

C'est alors que Ketje s'approcha d'elle prestement, prenant son menton entre ses mains volumineuses, et se mit à lui susurrer des mots qui n'était pas de son habitude. Elle comprit que, depuis le début, ils parlaient du même sujet, mais certainement pas avec le même sens.
Jenna, naïve qu'elle était, avait mal interprété les propos de Mesokee. Elle pensait que la jeune femme avait identifié Ketje à un « mangeur de chair fraîche » car il possédait certaines caractéristiques d'un ogre : il était grand, avec de grandes mains et habitait dans une maison immense. D'après les légendes, les ogres mangeaient de la chair fraîche, et en ça, ils devaient de loin préféré la viande bien fraîche des enfants, alors elle s'était dit qu'elle ne risquait rien, ce n'était plus une enfant après tout.
Mais elle était loin d'imaginer que par « mangeur de chair fraîche » Ketje pensait à prendre des jeunes filles sur un banc ou une table.

Il ne termina pas sa phrase, et lâcha son menton. Était-il sincère ou voulait-il juste la mettre en garde ? Elle tourna vite son visage dans le sens opposé d'où se trouvait Ketje, pour ne pas croiser son regard et baissa la tête. Même sans le regarder, il ne semblait pas à l'aise, il avait changé de sujet trop rapidement. Sans le regarder, elle lui répondit timidement :


Euh...ou...oui, du pain avec du jambon, ça m'ira très bien... merci...

Pourquoi avait-elle caché son visage ? C'était simple ! Non pas parce qu'elle boudait Ketje, non ! C'était très agréable de se faire désirer par un homme, quelque soit la nature de celui-ci. Mais parce que ses quelques mots lui avaient donné de plaisant petits frissons. Elle porta une main à une de ses joue, elle était brûlante. Elle devait être aussi rouge qu'un coquelicot. *Maudite timidité, pourquoi tu t'inscris sur mon visage* rageait-elle intérieurement. Elle ne voulait pas que Ketje se rende compte que ses mots avaient atteint la jeune femme au plus profond d'elle-même.

Elle attendit que Ketje aille dans le cellier puis elle sauta hors du banc pour se poster devant la fenêtre. *Chouette, c'est exactement ce qu'il me faut* pensa t'elle. Elle ouvrit un des battant, et se pencha, manquant de peu la chute. *Pourvu que Ketje ne revienne pas maintenant, sinon il aura une magnifique vue sur mes jupons* Elle put enfin saisir ce qu'elle voulait. De la neige... Qu'elle s’appliqua sur les joues pour se les refroidir. Qu'est-ce que ça faisait du bien !!! Ses joues étaient moins rouges maintenant.
Elle entendait Ketje remuer dans le garde manger. Était-il en train de revenir ou bien de l'épier furtivement ? Elle jeta la neige restante, referma la fenêtre aussi doucement que possible, tamponna ses joues sur ses manches, et se remit à sa place.
Décidément quand elle paniquait, elle faisait n'importe quoi...
Ketje
ketje ne croyait pas un mot, à ce moment là, quand elle lui dit ne pas avoir peur. Ce petit sourire cachait peut-être une crainte? Pis, lorsqu' il lui lâcha le menton, il ressentit bien au bout de ses doigts comme une chaleur anormale. Il les frotta dans sa paume.. Non ce n' était pas lui. Donc, il y avait fort à parier que ce soit elle qui lui ai chauffé les doigts mais elle avait détourné la tête. *Aurait-elle donc si peur?* se demandait-il. Ne sachant trop que faire, il s était dirigé vers le cellier.

Je reviens avec tout ce qu' il nous faut.

Il ne referma pas complètement la porte du cellier. *Pourquoi avoir caché son visage?* Il se mit à faire du bruit pour lui faire croire qu' il était fort affairé, mais le bougre l' épiait dans l' embrasure de la porte. Il la vit se hâter vers la fenêtre et l' ouvrir, se réjouit de la voir se pencher un peu trop en avant. *Ma foi... un peu plus et j' aurais pu juger de ses petits secrets cachés héhéhé*. Il la vit se passer de la neige sur les joues et revenir ensuite à sa place. Se disant que elle devait avoir eu les joues en feu pour avoir besoin de neige, il s' interrogeait de plus en plus. *Non, ça ce n' est pas de la peur... c' est autre chose... la peur, la vraie peur glace les sangs... non non... *. Il doutait. Feignant ne pas l' avoir épiée, il revint vers la table portant un panier avec pain, fromage et jambon. Il le posa sur la table, dans un vaissellier il alla chercher deux planches et deux couteaux. Puis il s' assied tout à côté de Jenna. il tourna la tête vers elle.

Qu' as-tu? Sont-ce des larmes que tu as voulu essuyer?

Doucement il lui posa la main sur l' avant bras, là où le linge était encore tout juste humide.

T' aurais-je fait peur au point que tu n' aies pu en retenir.... ?

Il la regardait, voyant son visage de profil. Un peu ému quand même. * La diablesse n' est pas sans joliesse*. Sans s' en rendre compte, sa main pesait sur son bras... enfin serrait un peu plus fortement l' avant bras de Jenna.
Jenna
Que devait-elle faire ? Ketje pensait qu'elle avait pleuré. Franchement...avait-elle une tête de pleurnicharde ? Pff ! Bien sûr que non !

Non, je n'ai pas pleuré ! Je...je...

Sa mère lui avait toujours dit « Ne montre jamais tes faiblesses, même à tes amis ». Montrer ses faiblesses pouvait être préjudiciable... une personne mal intentionnée pouvait aisément s'en servir pour appuyer là où ça faisait mal.
Est-ce que le fait d'avoir été stimulé par les propos de Ketje pouvait être considéré comme une faiblesse ? Elle n'en savait rien... Que pouvait-elle inventé pour justifié ses joues mouillées ? Une fuite dans la toiture ? Non, Ketje aurait tôt fait de remarquer que c'était un mensonge... Ou bien, elle pouvait dire qu'elle avait renversé son verre d'alcool... Non, non plus... Pourquoi en aurait-elle eu sur les joues ? Arf ! Elle était incapable de trouver des raisons valables pouvant servir à dissimuler la véritable raison.
Et puis elle se rappela qu'elle allait voyagé avec Ketje pour réaliser son rêve, alors, il fallait se baser sur une confiance mutuelle sans faille. Et ce n’était certainement pas en lui mentant qu'ils y arriveraient. Elle décida alors de lui dire une partie de la vérité :


...Je... J'avais chaud alors je me suis mis de la neige sur le visage...

Mais Ketje n'était point crédule ! Il l'observait avec un regard qui semblait remplis d’interrogations. Rien qu'en le regardant dans les yeux, Jenna pouvait presque lire dans ses pensées : « Comment ça tu avais chaud, le feu est presque éteint ! »

Un peu énervée, contre Ketje et puis surtout contre elle-même, elle lâcha :


Tes mots de tout à l'heure m'ont émoustillé, voilà ! Ne refais plus jamais ça ! D'accord ?

Une énorme vague de chaleur envahit son visage. Les mots qu'elle voulait garder pour elle, étaient sortis de sa bouche. Elle se cacha le visage dans ses mains, trop honteuse pour regarder Ketje en face.
Ketje.
ketje fit mine d' apprendre qu' elle s' était passé de la neige sur le visage.

Que voila une drôle d' idée. Il ne fait pas si chaud que cela et il faudra bien vite remettre du bois dans la cheminée.

Lorsque tout à coup, Jenna eut une réaction très vive. Le bras qu' il tenait quelques instants avant lui échappa. Les mots qui étaient sortis de la bouche de la jeune fille le surprirent d' abord. Il vit très nettement le rouge lui envahir les joues puis elles disparurent dans ses mains. Une foule de questions assaillirent ketje.*Emoustillée? Mais pourquoi? Non comment? Pourquoi rougit-elle si fort? Si vite? Que se passe-t-il en elle? Que dit-elle là?Pourquoi se cacher? et tant d' autres. Quelque peu interloqué par ses derniers mots, il balbutia.

Euh... d' accord.. oui oui d' accord, je ne le dirai...

Il ne finit pas sa phrase... non non... comme si un briquet venait de lui donner l' étincelle qui lui permettait de comprendre. Du moins le pensait-il. Mais comment le dire? Il hésitait, la voyant le visage perdu dans ses mains. Il se rapprocha doucement sur le banc. Il posa une main sur l' épaule de la jeune fille. De l' autre il lui prit une main presque en l' effleurant. Et toujours un peu hésitant.

Jenna... Jenna, regarde-moi. Ce que j' ai dit... je ne sais pas pourquoi je l' ai dit comme ça. Je ne pensais pas à mal. Je... je crois deviner ce que tu ressens. Je ne me permettrais pas de faire ce que j' ai dit tu sais... mais un joli bout de femme comme toi... enfin je veux dire... Regarde-moi. Est-ce donc si fort que cela?
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