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Info:
Ce RP constitue un essai de &amp;quot;bas-fonds&amp;quot; sur la halle de Varennes. Afin de voir les différentes possibilités d'évolution que propose l'entrée en matière de Béroul, je (LJD Mélilou) l'ai également posté sur le forum de la cour des miracles. La version cour des miracles sera sans doute transférée sur RPartage si les réactions se font sentir. Les PNJ Béroul, Meskara, Galilea, Gringoire et Genséric sont gérés par LJD Melilou.

[RP]Le Quai des Brumes (Version Varennes)

--Beroul
[Note HRP: de nombreux PNJ vont être utilisés dans ce RP. N'hésitez pas à créer les vôtres pour l'enrichir. Merci de ne pas intervenir avec des posts d'une ligne, cet endroit a besoin d'un maximum de descriptions pour pouvoir prendre forme, tant dans son apparence que dans les actions qui s'y déroulent. Matérialisez bien vos différentes actions (paroles, pensées, narration) avec des couleurs et/ou de la mise en forme. En dehors de ça, tout est complètement libre^^. Merci!]

La nuit était tombée sur Varennes, vidant les rues de ses derniers passants. Décembre amenait avec lui un froid glacial que bien peu de gens auraient pu affronter toute une nuit durant. Tel des lames, il vous transperçait de part en part, gelant vos membres et jusqu'à vos organes. Beroul, lui, se moquait du froid. Bien sûr, il s'était quelques fois prit à rêver d'un feu de cheminée en taverne, d'une bière mousseuse, ou encore d'un bon bain chaud. Mais tout cela n'était pas pour lui. Il avait choisi l'errance et la nuit, au diable le confort. Noire et profonde, la nuit était son royaume...il avait depuis longtemps fait vœu de ténèbres.

La taverne...il détestait cet endroit. Les habitants s'y retrouvaient pour causer et boire, mais faisait bien peu de cas des gens comme lui. Un soir où le froid était mordant comme la lame d'une épée, il s'était essayé à entrer pour demander une place au coin du feu. Jamais plus il ne recommencerait. Tous ces bourgeois plein d'écus l'avaient regardé comme s'il avait été poux sur crâne de chauve. Il n'avait lu dans leurs regards que mépris et dégoût pour sa condition.


Allez au diable!, avait-il pensé en rebroussant chemin. Un jour viendra où le Très-Haut vous fera payer votre vantardise.

Sur le retour, croisant un domestique bien couvert, il l'avait détroussé de sa fourrure, de ses chausses et de ses mitaines, puis avait disparu dans la nuit en laissant le garçon grelottant sur le sol. Jamais il ne l'avait revu et, quand bien même l'aurait-il croisé un jour que ce pauvre imbécile ne l'aurait pas reconnu. Il faisait bien trop sombre lorsque Beroul avait accompli son méfait et jamais le jeune servant n'aurait pu l'identifier. Tout au plus aurait-il pu crier à qui voulait l'entendre qu'un vagabond l'avait détroussé de ses habillements.

Et puis quoi? Croyait-il vraiment que les bourgeois de Varennes feraient affaire d'état d'un simple mantel? Balivernes. Ils étaient bien trop couards pour s'aventurer dans ces rues sombres, repaires de tous ceux que la lumière avait rejetés.

Car il n'était pas seul à peupler les heures noires de Varennes. D'autres étaient là, dans l'ombre, attendant la tombée du jour pour sortir de leurs antres. Genséric, dit Le Borgne, ou encore Gringoire, vieillard boiteux que certains des compagnons de Béroul soupconnaient de sorcellerie à cause des rats qu'il mangeait et des poules qu'il volait aux fermiers avant de faire couler leur sang sur un petit tas de sel. Et bien d'autres encore...ils était des dizaines.

Il y avait aussi Galilea et Meskara. Deux filles de joies aux formes généreuses, dandinant leur arrière-train à chaque fois qu'un messire devait passer par là pour rentrer chez lui au sortir de la taverne. Parfois, Béroul les voyait accrocher un messire, lui sussurer quelques paroles obscènes à l'oreille et tenter de l'entraîner vers les plaisirs de la chair. Tantôt le messire refusait, les rejetant telles des fiantes de pigeon que l'on vomirait, tantôt il se laissait séduire et succombait aux charmes des deux belles. Parfois même n'avaient-elles pas le temps de l'emmener dans leur bicoque malsaine que l'homme attrapé leur faisait déjà l'amour sous une porte cochère, avant de payer son dû et de s'en aller vivement.

Non, il n'était pas seul à peupler les heures sombres de Varennes. Leur repaire, ils l'avaient nommé le Quai des Brumes, à cause de la rivière que l'on entendait couler au loin et du brouillard qui toujours se levait sur leur domaine au coucher du soleil.

La nuit était leur royaume. Ils avaient tous fait vœu de ténèbres.
--Cyclope
Voilà que la nuit tombe et son froid glacial faisant de même.
Les gens se pressent a allez dans les tavernes où de rentrer chez eux après une dur journée de labeur.
C'est là qu'un homme fait main mise une fois le jour tombé, dans cette ruelle qui en journée est pourtant si paisible, chacun des passants qui s'était malencontreusement aventuré dans cette ruelle une fois la nuit arrivé, savait que sa vie était menacé d'un danger plus grand que celui de mourir de froid.

C'est dans le plus profond de là pénombre de cette ruelle qu'un nomme avec un seul oeil faisait et dictait sa loi en toute impunité.

A cause de son oeil manquant, on l'avait ainsi surnommé, le cyclope, car il représentait a lui seul tout une légende vivante qui devrait être une légende.

Et pourtant il était bien là, guettant les pauvres âmes qui osaient s'aventurer dans cette ruelle.

D'où il était, il voyait l'église et la méprisait pour se quelle représentait, de pauvre croyance pour ceux qui se sentent seul et qui se sentait perdu dans se monde ou seul la force et l'argent régnait en maitre.

Quand il vît sortir le curé avec son scribe bossu lui montrant le chemin, il ne pu s'empêcher de rire et de lancer un fruit pourrit dans la direction du scribe pour qu'il fasse une fausse manoeuvre pour faire tomber le curé au sol.

Mais le scribe, affreux comme une bête ne broncha pas une fois le fruit reçu sur sa tête, a croire quelle était creuse.


Diantre, va au diable maudit scribe que tu es !

Se dit il dans sa ruelle.

Un jour cet homme sera tout seul et j'en ferais mon affaire !

Répliqua t'il encore.

Maudite église qui m'a fermé ses portes par se que je ne convenais pas aux yeux de ses gens !

Il continua d'observer se monde qui se croyait si bien en sécurité et pourtant ...

Et pourtant ...
--Meskara
Meskara était adossée contre le mur. Comme tous les soirs, au Quai des Brumes, elle attendait. Une jambe relevée, son bustier à peine serré laissant entrevoir une poitrine jeune et généreuse. Ses longs cheveux bouclés étaient laissés lâchés. Paraît-il que les hommes raffolaient des femmes aux cheveux longs. Qu'à cela ne tienne, c'était bon pour le travail.

Le froid était particulièrement vif ce soir. Le gel s'était fait attendre, pour finalement tomber comme un couperet sur la ville. Après la neige, voici que maintenant la glace montrait le bout de son nez. Pour ne pas subir ses assauts, Meskara entretenait un petit feu sur son bout de ruelle. Dans une marmite de fer dérobée au marché, elle entassait chaque soir brindilles et parchemins, récupérés pour les unes dans la forêt et pour les autres sur le panneau d'affichage de la halle. Cet âtre de fortune lui permettait de rester quelque peu déshabillée tout en ne craignant pas l'hiver. Jamais elle n'aurait pu attirer le client si elle avait du s'emmitoufler dans tous ces mantels et autres houppelandes que portaient les belles dames de Varennes. Le client jugeait à l'œil, il fallait donc lui permettre de voir.

Meskara ne comptait plus les années qu'elle avait passé dans les ruelles sombres de Varennes. Elle était arrivée à 24 ans, elle en avait maintenant presque 40, et n'avait jamais eu d'autre métier que celui d'être fille de joie. Une catin, pour les bourgeois. Mais qu'importe, elle aimait son travail. Elle n'avait jamais voulu être la femme d'un seul, et toujours voulu être celle de tous. Elle usait de son corps pour travailler comme d'autres usaient de leur intelligence. Elle y trouvait son compte, chacun sa route.

Jamais elle n'avait tenté de se mêler aux habitants de la ville. Ceux qui désiraient ses services savaient où aller, et comment la trouver. Il en allait de même pour toutes ses amies du Quai des Brumes, d'ailleurs. Les hommes savaient où aller et qui demander quand l'envie leur en prennait. Et puis...pourquoi risquer d'essuyer le mépris des bourgeois, et peut-être le couperet de la milice? Beroul avait bien essayé lui, quelques temps plus tôt. Et s'en était mordu les doigts. Jamais il ne recommencerait et les autres avaient bien compris la leçon. Le royaume des ombres n'avait rien à faire avec celui de la lumière.

Il était encore tôt. La nuit était déjà bien sombre mais les tavernes ne désempliraient pas avant une bonne heure, voire plus. Meskara, pourtant, se tenait toujours prête, quelque soit le moment.

Elle observait la ruelle. Le redoux des derniers jours avait fait fondre les quelques flocons qui tenaient encore. Les bords des fenêtres, quand à eux, étaient ornés de pointes d'eau que le gel avait surpris. Il avait été plus rapide, empêchant la neige fondue d'atteindre le sol.

Les stalactites...les soirs de pleine lune, elles donnaient au Quai des Brumes un air de magie noire, reflets miroitants parmi les ombres, comme autant de fantômes en transit entre les murs.

Il était encore tôt oui, mais déjà le Quai s'animait de ses âmes nocturnes. Les mendiants s'y rassemblaient après avoir passé la journée à faire l'aumône sur la place de la mairie, devant la halle ou encore aux portes de l'Eglise. Les vagabonds sortaient d'on ne savait où, se massant autour de petits feux de fortune comme celui qu'entretenait Meskara. Personne n'était à l'abri du froid. Le Quai des Brumes était la taverne des pauvres et des renégats, des brigands et des maquerelles, des difformes et des parias. Une taverne à ciel ouvert où régnait, dès le soir venu, la loi du plus fort.

Toujours adossée contre le mur, Meskara aperçut Beroul, assit un peu plus loin. Ce vieux fou était un de ses plus anciens compagnons, arrivé à Varennes quelques semaines seulement après elle. Ce soir, elle l'entendait marmonner dans sa barbe. Assis par terre, il jetait des cailloux contre le mur d'en face, bien protégé sous sa fourrure.

L'heure passait, et des hommes allaient venir. Meskara se retourna et, à la lueur des flammes, ébouriffa légèrement ses cheveux et desserra encore un peu plus son corsage.

L'heure passait, et des hommes allaient venir.
Rhemy
Sa décision était prise, il avait encore beaucoup à faire pour Varennes, encore beaucoup à donner.

Ces derniers jours, il avait longuement hésité et s’était retiré au moulin… seul…
Le besoin de solitude et d’isolement avait été le plus fort dans ces moments difficiles, et même si la battisse semblait bien grande pour lui seul, elle n’en restait pas moins réconfortante à ses yeux.
Cloîtré dans son quotidien, il avait évité de croiser les habitants, poussé avec peine les portes de la Mairie pour expédier les affaires courantes, et travaillé sans relâche à sa boulangerie pour oublier…tout du moins, essayer d’oublier. Non pas effacer son souvenir, ho non loin s’en faut, il se souviendrait à jamais… mais oublier le mal qu’il lui avait fait, oublier ses remords…

Pourtant, au dehors, la vie suivait son cours, l’hiver était arrivé avec promptitude et rigueur plongeant la ville dans le froid. Il ne pouvait rester ainsi plus longtemps et se devait de mettre de côté ses états d’ âmes. Nombre de villageois et amis avaient placé leur confiance en lui, il n’avait pas le droit de les décevoir et se devait de réagir.
Son premier geste avait été de rejoindre son bureau de Maire, de régler les quelques dossiers qu’ il avait en cours et de préparer sa candidature pour briguer un nouveau mandat. Il n’allait pas renoncer maintenant, ho non !! Ce premier mandat ne lui avait permis que de poser les premières ébauches de ses projets , il fallait maintenant les faire aboutir.
Son second geste avait été de se rendre au grand Bal qu’il lui avait demandé d’organiser.
C’est le cœur lourd qu’il était allé la-bas sans elle, mais il ne se serait pas pardonner de lui faire l’affront de ne pas s’y présenter. Elle avait fait tout ça pour lui, il lui devait bien ça….

Au sortir du bal, il fut saisit par le froid glacial et s’ emmitoufla dans son confortable mantel.

La rue était calme, pas âme qui vive, pourtant il savait bien que non loin de la, près de ce que tous appelaient « le quais des brumes », survivait une population faite de reclus, de vagabonds ou autres originaux… Il n’aurait su dire pourquoi cette pensée lui vint à l’ esprit en cet instant, pourtant elle avait jaillit de l’obscurité pour s’emparer de lui comme l’avait fait le froid quelques secondes plus tôt, lorsqu’il avait quitté l’hôtel de Ville.

Sans plus y prendre garde, comme attiré par ce lieu qu’il n’avait encore jamais observé de nuit, il prit la direction du quai des brumes…

Il avançait maladroitement sur les étroits trottoirs enneigés , ses membres engourdis par le vent glacial, et semblait redécouvrir les rues au fil de sa ballade nocturne. Tout semblait si différent ainsi, comme étranger…Il en était à se demander comment il était possible qu’il se sente à ce point désorienté dans cette ville qui l‘avait pourtant vu naître, lorsqu’il aperçut au détour d’une rue la vive lueur d’un feu provenant d’une vieille marmite percée de toutes parts. Un femme se tenait debout tout contre, si proche qu’ un souffle de vent un peu violent aurait pu mettre le feu à ses haillons et la carboniser en peu de temps…
Il touchait au but de son expédition, et voulait en avoir le cœur net, il s’approcha lentement d’elle…

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--Meskara
L'attente de Meskara ne fut pas bien longue.

A peine avait-elle terminé sa mise en beauté qu'elle vit un homme s'avancer au bout de la ruelle. Le pauvre messire avait l'air complètement désorienté. A son souvenir, elle ne l'avait jamais vu encore.


Un nouvel arrivant, se dit-elle.

Mais Meskara se méfiait des nouveaux venus. Rares étaient ceux qui osaient s'aventurer au royaume des ombres une fois la nuit tombée. Il fallait être fou, ou inconscient, pour venir en ces lieux dans une pareille tenue de bourgeois. Non pas qu'elle leur voulait du mal...ces bourgeois étaient son pain et son eau. Mais les autres?

L'homme continuait d'avancer. Si il avait eu le malheur de pénétrer la ruelle par l'autre côté, sans doute se serait-il déjà fait détrousser de tous ses écus et d'une bonne partie de ses habillements. Meskara jeta un oeil vers la droite: Béroul était toujours occupé, au loin, à lancer des cailloux contre le mur et n'avait pas encore aperçu le messire.

Enfin Meskara et l'homme furent à la même hauteur. A la lueur des flammes, elle vit son visage et eut un mouvement de recul.

Le maire. C'était le maire qui se tenait devant elle. Venait-il l'assigner, ou l'arrêter? Elle allait crier pour rameuter ses compagnons quand Rhémy lui fit signe de se taire en s'approchant lentement d'elle.

Apeurée et méfiante, elle lui souffla:


Que voulez vous?
Rhemy
A quelques pas d’elle, Rhémy surprit le regard de cette femme sur lui…
elle le dévisageait avec une méfiance non dissimulée voir hostile…
Il se demanda encore une fois ce qu’il était venu faire ici, pourquoi ce soir… Soudain, s’approchant encore, il lu dans son regard qu’elle venait sans doute de le reconnaître ce qui eut le don de la rendre un peu plus méfiante encore, et de l’amener à crier sa peur.
Il stoppa net son avancée et se penchant vers elle à la lumière des flammes, plaça son index à la verticale sur sa bouche pour lui signifier de ne rien en faire….elle se ravisa.
A son tour il l’observa s’efforçant de rester discret pour ne pas l’effrayer davantage.
Ses longs cheveux se balançaient au gré de la bise et ses yeux immobiles tournés vers lui le fixaient à présent …on eut dit que le temps venait de s’ arrêter tant le moment lui parut long…C’est alors qu’elle lui adressa la parole pour la première fois…

« Que voulez vous ? »

Cette question raisonna en lui comme le carillon d’une cloche dans une église….Il n’en savait rien lui même, et se trouva bien en peine de lui répondre. Il s’approcha de la marmite et tendit ses mains vers la chaleur qui s’en dégageait, sans la quitter du regard…

Je ne vous veux aucun mal n’ayez crainte…

Il hésita à poursuivre attendant une réaction de sa part, mais rien ne vint. Elle restait la, simplement séparée de lui par la lueur des flammes qui se reflétaient sur sa peau, et semblait attendre comme un couperet la raison de sa venue en ce lieu .

Je vous assure…c’est un parfait hasard qui m’ amène… je ne sais pas ce que je fais la…

Elle devait le prendre pour fou, le croire ivre, c’est en tous cas ce que laissait entrevoir son regard. Il se sentit complètement désemparé et plongea son regard dans la marmite où crépitait quelques brindilles de bois sec….Comment lui expliquer ce qu’il ne s’expliquait pas lui même….il sembla se perdre dans ses pensées.

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--Passant
C'était un homme qui travaillait dans la mine de Varennes, jeune et qui ne faisait pas son age.
Cette homme vieillis par son travaille harassant dans la mine et le temps, ne lui laissait guère le choix de vivre mieux.
Manger, boire, travailler et dormir était pour lui les seules mots qui était a sa bouche.
Le matin encore plein comme ... Enfin plein d'ivresse de sa nuit passé dans la taverne ou dans les bras de cette femme qui avait vendu son corps pour quelques écus, était a ses yeux tout se que sa vie lui permettait.
Mais ... Il y a des jours et des nuits, où ... L'alcool ne lui permettait pas de faire bien attention où se que ses jambes bien alourdit par son poids et ses verres, ne lui permettait pas de savoir qu'il allait tombé se jour là, sur un homme aussi peu fréquentable que la rue où il commettait ses méfaits.


Punaise, se soir j'en tiens une bonne.Dit il en se croyant seul au détour de cette ruelle.
Un petit moment de faiblesse pour me soulager et je rentre chez moi.
Car la nuit était belle et bien là, son froid glaciale fendait ses mains en deux, elles qui étaient déjà bien abimé par son travail dans la mine.

Non loin de là, un homme l'observait sans un bruit avec un oeil sûre.


Ha !!! Se que ça peut faire du bien ...

Quand cet homme qui l'observait jusqu'alors, fît son apparition derrière lui pour lui subtiliser sa bourse presque vide.

Allez maraud ! Donne moi ta bourse, ou je te laisse ici sans vie !Dit il sans peur.

Quoi ? Que me voulez vous messire ?Un peu aveuglé par tans d'alcool.

Toi, tu es sourd.Puis d'un geste brusque, lui enleva sa bourse qui déchira sa ficelle qui lui servait de ceinture.

Mais vous allez pas bien !un peu secoué par cette homme, il eu un bref moment de lucidité qui lui permis de reconnaitre l'homme qui était devant lui et pris de panique, pris ses jambes a son coup sans un son qui ne pu sortir de sa bouche pour crier sa terreur.
--Domir
Domir était posté à l’entrée d’une ruelle, tapi dans l’ombre, attendant qu’un passant plus intrépide que les autres ou tout simplement plus ivre, osa s’aventurer jusqu’au Quai des Brumes. Il se faisait rares ces bougres, aussi, lorsque l’un d’eux se dirigeait par là, tous les regards avides des vauriens étaient braqués sur lui, attendant le bon moment pour le délester de sa bourse, de ses habillements ou tout simplement pour le molester sans autre raison.

Domir était craint par les braves gens certes, mais aussi par ses compagnons d’infortune. Le mystère qui entourait sa venue était impénétrable et les quelques malchanceux qui avaient essayé d’en savoir d’avantage l’avaient payé de leur vie. Il les avait froidement pourfendus d’un coup habile de rapière, sans autre avertissement. Une telle arme n’était pas courante chez la vermine des bas fonds, mais Domir n’était pas un mécréant comme les autres.

Ses pairs étaient des hommes ravagés, continuellement saoules pour oublier leur condition et le froid mordant de l’hiver… lui était de haute stature, de long cheveux noirs tombaient en cascade sur ses épaules, avec un regard incisif et d’une froideur extrême… des yeux bleus qui auraient été magnifiques, s’ils avaient refléter autre chose que de la malveillance, du mépris et de la cruauté.

Il haïssait ses congénères, et se méfiait beaucoup des femmes ; elles étaient, selon lui, capables de bien pire qu’un homme. Il ne les rencontrait que pour les plaisirs de la chair. D’ailleurs les femmes du Quai des Brumes se refusaient rarement et n’exigeaient même pas leur dû, qu’il n’aurait jamais acquitté de toute manière. Ces femmes n’avaient aucun intérêt, aucun goût à ses yeux, elle ne servait qu’à rassasier ses besoins d’homme. Mais, l’espèce qu’il exécrait le plus, était les bourgeois. Il leur vouait une haine farouche. Lorsque l’un de ces couards avait le malheur de croiser sa route, il lui prenait tout et même plus… il leur prenait leur honneur. Le sien, cela faisait longtemps qu’il l’avait perdu. Il était venu à Varennes pensant le laver de la parjure qui pesait sur lui, mais cela faisait des années qu’il errait et n’avait jamais retrouver la personne qu’il cherchait.

Un homme s'avançait dans la ruelle.


Punaise, se soir j'en tiens une bonne. Dit l’homme qui venait de frôler Domir sans même s’en apercevoir. Un petit moment de faiblesse pour me soulager et je rentre chez moi, ajouta-t-il.

Domir l’observait en silence. Il évaluait d’un œil la fortune du marraud, il ne devait pas avoir plus de deux ou trois écus, mais il faisait glacial et ces quelques écus lui permettraient de payer quelqu’un pour profiter de son feu durant la nuit. L’homme était saoul, cela ne lui prendrait qu’un instant, il n’était pas même nécessaire de sortir son épée de son fourreau.

Ha !!! Se que ça peut faire du bien ...

Domir fît son apparition derrière lui pour lui subtiliser sa bourse presque vide.

Allez maraud ! Donne moi ta bourse, ou je te laisse ici sans vie !
Dit il sans peur.

Quoi ? Que me voulez vous messire ? Un peu aveuglé par tans d'alcool.

Toi, tu es sourd. Aboya-t-il, puis d'un geste brusque, lui enleva sa bourse en déchirant la ficelle qui lui servait de ceinture.

Mais vous allez pas bien ! un peu secoué par cette homme, il eu un bref moment de lucidité qui lui permis de reconnaitre l'homme qui était devant lui et pris de panique, pris ses jambes a son coup sans un son qui ne pu sortir de sa bouche pour crier sa terreur.

A la réaction de cet homme, Domir se dit qu’il commençait à être connu à Varennes et qu’il serait sans doute plus sur de quitter la ville. Mais, il ne pouvait s’y résoudre, il attendait une personne et l’attendrait jusqu’à sa mort s’il le fallait… Il avait soif de vengeance.
--Meskara
Meskara ne savait que faire. Le maire semblait n'être pas lui même. Complètement désorienté, il ne prononçait que des paroles incohérentes et ses gestes semblaient incontrôlés. Le regard vide, il observait les flammes de la marmite.

Je vous assure…c’est un parfait hasard qui m’ amène… je ne sais pas ce que je fais la…, lui dit-il presque à voix basse.

Meskara n'avait pas mille solutions. Elle voyait bien que le maire ne lui voulait pas de mal, mais elle était certainement une des seules du Quai des Brumes à ne pas le porter en haine. Le laisser ici signifiait signer son arrêt de mort: tous ses compagnons d'infortune le tenait pour responsables de leur misère et du mépris des bourgeois, et ils n'hésiteraient pas à l'occire à la moindre occasion s'il venait à s'aventurer dans leur domaine.

Mais ce domaine, il y avait pénétré, au péril de sa vie. Meskara ne cessait de regarder en tout sens, pour voir où se trouvaient ses compagnons mais surtout pour savoir si oui ou non la présence de Rhémy avait été détectée. C'est alors qu'elle entendit des cris monter de la ruelle d'à côté, juste à l'angle de sa place.


Allez maraud ! Donne moi ta bourse, ou je te laisse ici sans vie !

Domir s'était mis au travail. Quelques instants plus tard, elle vit un homme affolé courir et passer dans la ruelle d'en face. Il se dirigeait vers la halle. Une chance pour lui qu'il n'ait pas tourné vers elle, car il serait tombé plus loin sur Béroul qui aurait fini de le détrousser.

Meskara connaissait bien son Quai des Brumes, et savait que la violence était communicative dans ces bas-fonds. Qu'un seul des miséreux se mette en branle et c'était comme si les autres se formaient en meute de loups. L'appel de la violence.

Tous ses sens étaient en éveil. Elle regarda en direction de Béroul et étouffa un cri de terreur. Il avançait vers elle. Sans doute les cris de Domir et la course du bourgeois l'avaient-ils sorti de ses pensées. Il répondait à l'appel de la meute, prêt à bondir.

Si Béroul reconnaissait Rhémy, c'en était fini du maire de Varennes et ça, bien qu'elle ne le portât pas dans son coeur, elle ne le voulait pas. Jamais elle n'avait eu la mort de quelqu'un sur la conscience, et cela n'allait pas commencer cette nuit.

Tentant de rester la plus naturelle possible, elle attira Rhémy contre elle et l'embrassa avec force. Il fallait que Béroul pense que c'était un client, sans doute alors le laisserait-il tranquille. Devant la résistance de Rhémy, elle lui souffla à toute vitesse:


Laissez-vous faire, je suis en train de vous sauver la vie.

Continuant son manège, elle se rapprocha le plus vite possible de la porte cochère, la poussa et entraîna Rhémy dans son antre. Puis elle abattit le locquet, se retourna vers Rhémy et lui dit, la voix basse et paniquée:

Ne bougez pas, restez caché!

Elle colla ensuite son oreille à la porte, et entendit Béroul ralentir le pas.

Meskara... Qui est ce bourgeois?

Pas de réponse.

Meskara! Ouvre cette porte!

Toujours rien. De rage, il envoya un grand coup de pied dans les pans de bois puis reprit sa route. Sans doute allait-il rejoindre Domir et tenter de récupérer une partie du butin.

Meskara se tourna vers le maire et lui dit, chuchotant toujours:


Vous ne pourrez pas ressortir ce soir, ils fondraient sur vous comme une buse sur un rat. Vous allez devoir passer la nuit ici, au matin vous serez en sécurité.

Elle l'entraîna vers le fond de la cour, et lui indiqua une pièce où s'installer.
Rhemy
Rhémy commençait à regretter d’être venu, se demandant ce qui lui avait prit de prendre de tels risques …
La curiosité ?… Non… il connaissait l’existence de ce lieu et de sa population marginale.
L’envie de braver le danger ?… Non … il n’était pas craintif habituellement et non plus ce soir la, mais prendre des risques inutilement ça ne lui ressemblait pas.
Mais alors quoi ?…Peut être l’envie de voir d’autres gens , un autre monde, et pourquoi pas lui venir en aide…mais…

Il n’eut pas le temps de se poser la question plus longtemps.

La femme sans crier gare l’attira à elle presque violemment et l’embrassa…

Le moment de stupeur passé, il avait bien essayé de la repousser, essayé de lui demander ce qu’ il lui prenait, mais elle ne lui en avait pas laisser le temps, une fois encore, en le retenant contre elle et en lui murmurant…« Laissez-vous faire, je suis en train de vous sauver la vie ».

Il s’enfonçait un peu plus dans ce cauchemar bien réel, sa tête lui tournait, sa vue se troublait, il ne comprenait pas ce qu’ il se passait, ni pourquoi elle agissait de la sorte et encore moins comment elle lui sauvait la vie ainsi…

Sans relâcher son étreinte elle l’entraîna, sans qu’il ne puisse émettre la moindre protestation ni opposé la moindre résistance, dans la vieille maison délabrée qui se trouvait à proximité.
Elle en verrouilla la porte et se tournant vers lui, lui demanda à voix basse, presque paniquée, de rester caché et de ne plus faire aucun bruit….

Il était la hagard, l’observant le cœur battant, lorsqu’ une voix épaisse et lourde se fit entendre au dehors…

Le hurlement s’adressait à elle, et Rhémy dans toute cette confusion parvint à retenir le nom de cette femme…Meskara…
Au dehors l’homme…la bête…lui demandait d’ouvrir la porte…elle ne répondit pas….

Un violent coup de pied vint s’abattre sur le vieille porte qui en trembla de tous ses gonds… Il sursauta sous la force du choc et du bruit qui s’en trouva amplifié par l’écho que rendait le long couloir où ils étaient réfugiés. L’effet eut sur lui de le sortir de sa torpeur.

Il s’apprêtait à se saisir de son épée et la sortir de son fourreau, lorsqu’il entendit le pas lourd de l’homme s’éloigner…La femme se tourna alors dos à la porte et comme si le danger était toujours présent, lui chuchota… « Vous ne pourrez pas ressortir ce soir, ils fondraient sur vous comme une buse sur un rat. Vous allez devoir passer la nuit ici, au matin vous serez en sécurité ». Aussitôt elle l’entraîna au fond du couloir qui donnait sur une petite cour intérieure, en lui indiquant où aller.
Rhémy se saisit, aussi délicatement que possible, du poignet de la femme pour la faire se tourner et lui faire face. Il figea son regard dans le sien et sans lâcher son poignet, se saisit de l’autre …

Je ne sais pourquoi je suis venu…mais je ne peux pas rester…

Voyant qu’elle allait protester, il relâcha un de ses poignets pour que de sa main à nouveau libre, il vienne délicatement poser le bout de ses doigts sur les lèvres de la jeune femme pour la faire taire…

Vous savez qui je suis…je l’ai lu dans votre regard toute à l’heure…
En restant ici, je ne vous apporterais que des ennuis…


Il avait recouvré tous ses esprits à présent, et s’il ne s’expliquait rien encore, il savait qu’il devait partir au plus vite avant qu‘on ne s‘aperçoive de sa présence…pour sa sécurité à elle….

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--Petit_garcon
Entend du bruit dans la pièce d'à coté, se petit jeune homme sorti de sa chambre, a peine réveillé.
Il avait tout juste une dizaine d'année et vit sa mère avec cette homme qui la tenais par le poignet d'une main et de l'autre un doigt sur la bouche.
Il ne comprenait pas là scène, et encore moins qui était cet homme là avec ses habits si beau et cet homme qui avec autant de prestance.

L'enfant pris peur quand il entendu Béroul frappé sur la porte avec tans de violence, qu'il se blottit contre sa mère.


Maman ! Maman ! S'écria l'enfant tremblant de peur.

Pourquoi Béroul est encore en colère contre toi ? Lui demanda t'il.


Et qui est cet homme ? Se blotissant contre elle pour ne plus entendre se vacarme.
--Meskara
Comprenant qu'elle ne lui répondrait pas, Béroul avait fini par s'éloigner. Le maire s'était alors approché de Meskara. Lui intimant de se taire, il lui avait dit que, si il passait la nuit en cet endroit, elle n'aurait que des ennuis.

Des ennuis, moi? Mon pauvre, je suis depuis bien longtemps à l'épreuve des lames. Ce n'est pas à moi qu'ils en veulent, je fais partie des leurs...avait elle pensé en entendant Rhémy.

Puis, sans prévenir, son fils avait surgi du fond de la cour.

Maman ! Maman ! Pourquoi Béroul est encore en colère contre toi ? Et qui est cet homme ?

Meskara s'était tourné vers lui et l'avait bien grondé, tout en parlant à voix basse pour ne pas attirer l'attention de Béroul qui pouvait encore être dans les parages:

Je t'ai dit de ne jamais quitter la maison la nuit, tu m'entends? Jamais! Tu sais que le Quai des Brumes n'est pas un endroit pour les enfants la nuit, alors remonte dans ta chambre, et restes-y. Maman travaille, tu le sais. File.

Alors que le petit garçon allait remonter d'où il venait, elle le retint une dernière fois.

Quand à cet homme, (elle désigna Rhémy du doigt), tu ne l'a jamais vu, tu as bien compris? Si quelqu'un te demande avec qui ta mère était ce soir, tu répondras que tu ne le sais pas parce que tu n'as pas le droit de sortir la nuit quand maman travaille. Et tu as intérêt à tenir ta langue.

Elle le lâcha enfin et le petit disparut au fond de la cour. Elle se tourna alors vers Rhémy.

Très bien Messire, faites comme bon vous semble. Seulement si vous faites une mauvaise rencontre, je vous conseille de courir vite, et sans vous retourner. Parce que traîner par ici pourrait vous coûter la vie. Quoiqu'il en soit et quelque soit le malheur qui vous arrivera si vous passez cette porte, sachez que je ne m'en sentirai aucunement coupable. Je vous aurai prévenu.

Elle se dirigea vers la lourde porte de bois, la tira vers elle et indiqua à Rhémy le chemin de la nuit. Son regard était dur et sans âme. Puisque le maire ne voulait en faire qu'à sa tête, et bien soit. Qu'il aille au diable, et que le Quai des Brumes l'entraîne dans sa chute.

Au revoir Messire.
Rhemy
Rhémy avait assisté sans rien dire au remontrances de cette femme envers son fils. Il aurait voulu intervenir, dire quelques mots apaisants à l’enfant, mais Meskara ne lui en avait pas laissé le temps, bien au contraire et déjà elle se dirigeait vers la porte pour lui indiquer le chemin….
En la suivant, il l’entendit prononcer des paroles vides de tout sentiment à son égard, ce qui lui fit penser à l‘ énoncé de la sentence à la fin d’un procès. Elle lui parut si cruelle, si froide dans ses propos, que tout à coup l’hiver lui sembla bien doux en comparaison…un frisson le parcourut.

La mort le guettait -t- elle au coin de la rue comme le pensait cette femme ?

Peut être…qui sait… , mais pour lui, pas question de céder à la peur ni de rester terré la en attendant que le danger veuille bien s’éloigner.
Il avait, par le passé, été Sergent de la Maréchaussée avec comme seul objectif, celui d’assurer la sécurité de tous, aujourd’hui Maire, il ne pouvait admettre qu’il en soit autrement…même au prix de sa vie.

Meskara l’attendait déjà sur le pas de la porte lorsqu’il sortit de ses songes …
« Au revoir Messire »…il l’observa un court instant, cherchant ses mots.

Je vous avoue que je ne sais toujours pas ce qui m’a conduit ici, ni comment je suis venu à vous…
Vous m’avez sans doute sauvé la vie par ce baiser , je ne l’oublierai jamais…
mais à présent, je saurai trouver mon chemin pour qu’il m’épargne de mauvaises rencontres.


Il plongea son regard dans le sien, puis fouillant dans sa poche, en sortit une fine bourse contenant quelques écus. Avant même qu’elle n’ouvre la bouche, et comme si il s’y attendait, il reprit aussitôt…

Je sais que vous n’accepterez pas cet argent, je ne vous demande pas de le faire…
Je voudrais juste que vous en soyez la gardienne et qu’il contribue à atténuer les morsures de l’hiver qui ne manqueront pas de s’attaquer à ce petit garçon …qui doit être le votre.


Rhémy tendit le bras vers elle, et de sa main ouverte, présenta le petit sac de pièces…

Ma dette envers vous vaut bien plus que quelques écus, alors prenez ça pour lui…s’il vous plait…

Il resta immobile sans la quitter du regard, attendant avec espoir qu’elle lui réponde en tendant son bras à son tour…

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--Meskara
Le maire semblait percevoir que Meskara n'appréciait pas qu'il s'entête à ce point, et cela ne la surprenait pas une seule seconde.

Vivre au Quai des Brumes signifiait oublier les états d'âmes. C'était une question de survie. Si on pouvait les laisser transparaître quelques instants, il fallait les ravaler bien vite. Les Autres, au Quai, ne traitaient pas avec les sentiments. La faim, le froid et la rancoeur étaient seuls maîtres dans les bas-fonds de Varennes. Jamais le loup ne se souciait de la douleur de l'agneau.

Etre des leurs était le seul moyen d'être épargné. Partager un coin de feu, un bout de pain, quelques écus, une partie du butin...telle était la règle pour ne pas subir le même sort que les bourgeois. Pour autant, dans les ruelles, personne ne craignait personne. C'était la règle. Qu'on la respecte et jamais rien n'arriverait, qu'on y déroge et c'était toute la meute qui s'abattait sur le mutin. Point final.

Meskara l'avait toujours respectée et jamais elle n'avait eu le moindre problème. Bien sûr, Béroul et les autres compères faisaient souvent montre de colère ou d'autorité. Mais là encore, c'était comme ça. Les hommes étaient les rois. Et si les femmes pouvaient se vanter d'un certain pouvoir dans les bas-fonds, elles n'en auraient jamais plus qu'eux.

Ainsi presque vingt ans de Quai des Brumes avaient-ils appris à Meskara à ne pas se perdre en mièvreries. Elle avait fait preuve de sympathie et de considération pour le maire en le cachant et en lui sauvant la vie, mais il s'était borné à refuser son aide. Tant pis pour lui. C'était donc d'un regard débarassé de toute considération pour son sort qu'elle lui avait indiqué le chemin de la sortie.

Mais le maire était resté là, à lui dire encore qu'il ne savait pas pourquoi il était venu. Puis il avait tiré une bourse de dessous son mantel et l'avait tendue à Meskara.


Ma dette envers vous vaut bien plus que quelques écus, alors prenez ça pour lui…s’il vous plait…


Sans un mot, Meskara s'était saisie de la bourse. Elle l'avait soupesée, par réflexe. Combien? A vue d'oeil, elle aurait dit entre huit et dix écus. Peut-être un peu plus, mais pas moins. Evidemment qu'elle allait l'accepter, cet argent. Avec le froid mordant, la faim était bien peu commode, et elle n'allait certainement pas refuser de quoi donner du pain à son fils, qui était déjà bien maigre.

Merci Messire.

Elle attendit que le maire s'avance dans la ruelle. Son ton était toujours aussi dur, et son regard d'un noir de jais.
Rhemy
Rhémy la regarda avec soulagement prendre la bourse qu’il lui offrait.

Meskara lui paraissait toujours aussi dure, aussi froide, mais au moins elle n’avait pas rejeté le peu qu’il pouvait lui donner.

C’est à cet instant qu’il prit enfin conscience de la misère qui régnait au Quai des brumes…
Ho, il connaissait bien la réputation du lieu, ses repères mal famés et ses populations de marginaux ou autres brigands, mais ne se doutait pas de l’existence d’une misère si profonde et dévastatrice. Pour lui, la vie à Varennes pouvait être parfois rude et pénible, mais laissait à chacun la possibilité de s’en sortir avec plus ou moins de bonheur, la…il avait sous les yeux la preuve du contraire…

Un sentiment de culpabilité et d’injustice s’empara de lui…

Comment était -t- il possible qu’ il ne s’en soit pas rendu compte avant…

Tant de jours passés à vivre à côté de cette misère sans même l’apercevoir…

Tant de jours passés à ne rien faire pour la combattre…

Un éclair transperça son regard et un bruit de tonnerre raisonna dans son âme, Il ne resterait pas plus longtemps sans agir, il s’en fit la promesse à cet instant.

Il fixa le regard noir de Meskara une dernière fois comme pour y trouver ce qu‘elle semblait avoir perdu il y a bien longtemps, puis se penchant de droite et de gauche sur la ruelle, murmura deux mots avant de se fondre dans l’obscurité …

Je reviendrai…

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