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[Rp] Croisade : "Ô rage, Ô désespoir, Ô Curie ennemie!"

Alcalnn
[url]Le début du Rp ici![/url]






[Genève, la veille en fin de matinée]

Le Chat était face aux bannerêts qui composaient l'armée In Phooka Memoriam. Il avait de profondes cernes et des rictus bien visibles qui annonçaient la couleur. Ce n'était pas un bonjour. Il attendit que chacun soit bien présent et attentif avant de commencer à s'exprimer. Il ne parla pas d'une voix forte, mais d'une voix lasse, comme lorsque l'orage arrive, mais qu'il est encore suffisamment loin.

-Bannerêts! Je vous ai convoqué ici, car j'ai une affligeante nouvelle. Nous n'entrerons pas dans Genève, ainsi en a décidé la Curie, se satisfaisant du bout de papier sale que l'avoyer leur à envoyé. Je laisse à chacun le soin d'en tirer ses conclusions. Ordre nous est donné de marcher sur Annecy, en Savoie, qui a bien voulu nous accueillir pour le retour. Le départ sera prévu dans deux bonnes heures. Je n'ai rien à ajouté. Si vous avez des questions, nous aurons tout le chemin pour en discuter.


Il laissa son petit laïus faire son chemin, puis quand tous furent repartis, il alla préparer ses affaires... au moins, ca lui éviterait de casser quelque chose.

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Patsy


[Annecy...le lendemain.]




C'est après un courte retraite que les armées croisées arrivèrent en Savoie.
L'ambiance n'était point très festive, nous pouvions lire beaucoup d'amertume sur les visages de nos compagnons.

Quel gâchis de temps et de moyens se disait Conches en son fort intérieur. Tout cela pour rien...Genève n'avait, selon lui, absolument pas respecter les exigences de Rome...
Quelle naïveté!

A l'arrivée devant Annecy, Conches rassembla les Croisés de son armée afin de lire une annonce que lui avait fait parvenir le Connétable de France...
Il l'a lu le cœur serré par une forme de honte...


Citation:
Citation:
Aux Volontaires du Royaume de France,
En copie au Peuple du Royaume de France,
D'Anthémios de Deliancourt, Connestable de France



Messires et Dames,


Ce 31 décembres 1457, a l'aube d'une année que je souhaite bonne et fructueuse pour vous tous, je vous annonce le retrait de nos armées de Genève, conformément a la demande de la Curie.

Je ferai nul étalage du sentiment qui m'anime. L'issue de la Croisade contre les Lions de Juda n'est pas celle que nous attendions. J'en suis le premier conscient et vous m'en voyez profondément désolé. Je vous sais éprouver un goût d'inachevé, non convaincus que l'Hérétisme sera bouté hors des murs de Genève. C'est également mon cas, c'est présentement le cas de tous les volontaires respectivement présents dans les armées Ost Orléanais, In Phooka Memoriam, Crepi Coronia et Moulins-Engilbert et ceux en dehors.

La Curie a pris une décision surprenante diront certains, aberrante diront d'autres. Les Armées Saintes devant les remparts de Genève ne sont a ses yeux plus nécessaires. Étant seule décisionnaire pour ce qui relève du spirituel, nous nous y plions. La Curie a fait choix de ne point prendre en considération nos remarques, nos craintes, nos mises en garde. Soit, il en est de son droit. Qu'il soit su dès lors que si les négociations de Genève venaient a échouer, alors nous n'en serions point tenus pour responsables. La Curie en porterait a elle seule le fardeau.

J'en viens maintenant a vous, Volontaires du Royaume de France, ayant répondu présents a la mobilisation de la Connestablie. Je vous sais par la présente Croisade avoir du quitter vos foyers, vos proches, avoir cessés vos activités pour rejoindre nos armées, avoir été contraint de puiser grandement dans vos économies personnelles pour subvenir a votre faim. Je sais les contraintes, les concessions et les coûts avoir été grands, que dis-je, faramineux.

Mon estime a votre égard n'a d'égal que votre dévouement. Je ne saurai énuméré vos qualités tant elles furent nombreuses. Je vous savais forts, dévoués, disciplinés et par dessus tout animés d'intentions nobles et justes mais vous êtes parvenus a me surprendre. Votre comportement fut chaque jour exemplaire, et ce malgré les aléas du quotidien, le manque évident d'estime a notre encontre et les insultes proférées a tort a notre égard.

Qu'il soit su de tous, que malgré la déception qui nous anime tous, ce fut un Plaisir et un Honneur d'avoir pu marcher a votre côtés. Je vous en remercie, sincèrement.

Il est dit que dans chaque déception est présent malgré tout une fierté. La déception que j'éprouve ce jour est grande, la fierté elle immense. Vous avez su mettre de côté vos différents pour ne faire qu'un, pour faire route commune et poursuivre un même but. Messires et Dames, le Royaume de France tout entier peut être fier de vous.


Pour le Royaume de France !

Pour le Roy !


Citation:






























Voilà qui fut chose faite...


Alcalnn





[Genève, la veille en fin de matinée]

Les hommes ne pipaient mot. D'une part, parce que leurs dizainiers et centeniers n'auraient certainement pas apprécié qu'ils le fasse, car eux aussi étaient de mauvaise humeur et d'autre par, parce que les hommes n'en n'avaient nulle envie. Quand la trahison est si vive et si intense, aucun mot ne peut la décrire.
Les Salamandres, qui avaient fièrement montés Rohana sur son châssis tournant, ne purent même pas entendre le doux son de sa voix. Pourtant, Dieu savait qu'Alcalnn aurait aimé la faire tirer une fois, au moins. Mais non et en plus, Dieu et Alcalnn étaient en froid depuis peu.

La bannière croisée avait disparu du paysage. On les avait renvoyé à Rome avec un joli petit message tout mignon tout gentil. Au pire, si on avait plus de quoi se torcher dans les fourrés... ca pouvait servir. Mais non. L'Amiral de France était morose. En fait, il s'étonnait lui même. D'habitude, les revers, il connait. Mais celui-ci avait mauvais goût. Un peu comme lors de la Guerre de Bretagne, lorsque le plus dur avait été fait, que lui et ses hommes -dont bon nombre étaient encore avec lui cette fois ci- avaient coupés en deux les forces Bretonnes, avec une pénétration audacieuse et surprise en Fougerrais.

Mais c'était là un exploit qu'ils ne pourraient renouveler. On décida de ne pas mettre le feu au village. Après tout, si l'Église avait décidé d'épargner les futurs parjures, s'était leur problème. En revanche on se servit et l'on mit la main sur tout ce que l'ont pu trouver. En effet, tout les croisés étaient parti sur leurs propres fonds et l'interdiction d'entrer dans la ville avait fait s'envolé l'espoir de butin ou du moins, d'une solde régulière pour tenir garnison dans la ville.
Finalement, à l'heure dite, l'avant garde, où ne flottaient plus que des bannières temporelles, s'ébranla....



[Annecy, au soir]

Ils arrivèrent enfin en terre amie. Non pas que les Savoyards seraient particulièrement heureux de recevoir tant d'hommes et de gens d'armes, mais au moins, ils les avaient autorisés à passer sur leurs terres, pour rentrer chez eux. De plus, le Vice Duc et la Duchesse de Savoie avaient été tout particulièrement bienveillant avec eux diplomatiquement.

Là encore, les ex-croisés, s'émerveillèrent de la beauté du lieu. Ils virent au loin la magnifique forteresse des anciens Comte de Genève dominant un autre lac, celui d'Annecy. Ils se mirent en quête de bâtiments à louer, ou abandonnés, pour s'abriter, bien qu'il faisait relativement beau et chaud dans cette région pour que l'on supportasse de dormir au moins sous la tente. Une abbaye ou une grosse ferme auraient pourtant été les bienvenus....

Dès qu'ils trouvèrent ce qu'ils cherchaient, le Duc de Mortain donna l'ordre à l'avant garde de stopper là:


-Halte.
chuchota t il pour lui même.

-HALTE!
beugla Luhpo dans son si charmant accent italien.

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Actarius


[La veille au matin, dans le camp de l'armée du Vicomte de Pierre de Courtalain de Conches au nord de Genève]



Les principaux dignitaires de l'armée étaient présents dans le réfectoire, tous ceux que l'Amiral de France avait fait mandés. Une pesanteur certaine régnait dans ce lieu morne et silencieux comme une vaste plaine au lendemain d'une sanglante bataille. En regardant mieux le Duc normand, le Vicomte mendois comprit bientôt de quoi il en retournait. Il avait vu juste. Trop lâche devant l'adversité, trop heureuse d'éviter un conflit généralisé avec le Saint Empire en raison d'une organisation plus que défaillante de sa part, trop éloignée pour avoir pu entendre les insultes de tout genre balancées sans répit aux enfants qu'elle avait elle-même levés, la Curie ordonnait la retraite.

Un vélin signé d'une main avait suffi malgré la réalité du terrain, la réalité de l'attitude. Quelques mots choisis, une signature avait convaincu. Des dizaines de jours de voyage en vain, l'épée n'était pas même sortie du fourreau. Des combattants de tout horizon, qui avaient tout laissé derrière eux pour répondre à l'appel de la Foy, reniés, abandonnés ou au mieux ignorés. La leçon était belle et à n'en pas douter elle serait retenue par les Croisés, par des gens comptant parmi la fleur de leur Province et du Royaume de France.

Rome avait failli et malgré la contenance apparente, le Languedocien fulminait d'avoir perdu du temps en vain. Les esprits chagrins, les diplomates aux esprits tordus, les cardinaux au courage plus que douteux pouvaient sourire car nulle goutte de sang n'avait été versée. Mais cela n'était qu'une défaite quelque nom qu'on pût lui donner. Car l'hérésie ne se battait avec une plume ou avec la langue, mais avec l'épée et des bûchers.


Le Vicomte pencha la tête vers Insanius et lui murmura ceci à l'oreille.

On ne m'y reprendra pas à aller combattre pour des cardinaux plus soucieux de leurs ornements que ceux qui défendent la foy, leur foy, sous les insultes et le froid glacial de l'hiver. Qu'ils s'étouffent dans leur lâcheté !

Puis, il poursuivit plus haut de manière à se faire entendre des personnes présentes.

Bien, allons préparer le départ. Nous n'avons que trop tarder loin de chez nous pour... un morceau de vélin sans aucune valeur. Je gage que les hérétiques reviendront en Helvétie et je gage qu'alors la Curie pourra se rouler les pouces pour qu'un Languedocien lève l'épée en son nom ! Car je le dis aujourd'hui, la manière avec laquelle ont été traités les Croisés est inacceptable. Et je ferai en sorte que tous mes frères d'Oc le sachent.

Le Vicomte sortit sur ces paroles. Le pas était lourd, la déception était immense. Le doute, la colère, voilà tout ce qui avait meublé ces derniers jours d'une Croisade fantoche. S'il avait été un cardinal à ce moment précis devant lui, nul doute que celui-ci aurait connu une fin des plus douloureuses. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas. Et durant la première étape du "voyage" de retour, l'ire s'était apaisée, elle était devenue lassitude et désillusion.

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Galahad*
[3 petits jours et puis s'en vont]

Galahad était ressorti étonné et furieux d'avoir dépensé tant d'efforts pour rien. Que les Franc-Comtois devaient rire, que les Gènevois devaient se féliciter, sans effort, d'avoir vu déguerpir la croisade ! Il était question d'un vulgaire bout de parchemin envoyé à l'Eglise par l'avoyère alors qu'elle-même, le 05 décembre, avait écrit aux Lions de rentrer dare-dare sur Genève ! Galahad ne comprenait plus. Cette croisade partie sur les traces de la tête des lions, avec enthousiasme, envie et ferveur, revenait avec des pensées de soufflé au fromage.

Revenu aux fortifications de Rohanna, il demanda aux soldats de verser de la poix sur tous les systèmes de défense et d'y mettre le feu. L'heure
du départ avait sonné, malheureusement aucun ne verrait de prêt les murs de Genève, ni ne mangerait du lion. Ordre était donné de lever le camp.
L'Eglise, après avoir bénie les croisés, les renvoyait dans leur foyer ! Qu'il est loin le temps de : "In hoc signo vinces".

L'amertume pouvait se lire sur les visages, mais c'est avec discipline que les soldats réagirent. Galahad donna des encouragements face à des soldats désabusés. Tous devaient suivre strictement les ordres. Les contingents se remirent en route, direction Annecy !
Un dernier regard sur Genève et le rêve s'effaça. En avant marche ! En plus un détour, nouvelle insulte à ces croisés dont certains ventres commencent à crier famine !
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Armoria
Les compagnies chevauchaient de concert, et c'était un spectacle impressionnant que de voir tant de gens réunis sans entendre de paroles, ou si peu. Il faut dire qu'ils étaient moroses, et avaient de quoi l'être...

Et parmi les plus moroses, une blonde altesse, qui avait été touchée dans ses principes fondateurs... Elle avait éperonné sa monture pour devancer les troupes, faisant comprendre à son entourage qu'elle avait besoin de se retrouver un peu seule. Au flanc de son cheval, se dressait, inutile puisque la bannière à la croix en avait été retirée la veille au soir - elle serait non pas renvoyée à Rome, mais rendue à sa suzeraine - la hampe de bois à pique d'or réservée d'ordinaire à ses propres couleurs.

Son trajet solitaire lui avait permis de méditer sur les derniers événements, et faire le tri entre l'intolérable et le supportable. Sa plus grande peur était d'avoir perdu la foi, tant sa déception était grande... Mais le ciel miséricordieux la lui avait conservée dans son aspect le plus pur : celui qui ne s'appuyait que sur Dieu, et pas sur ses serviteurs dévoyés. Au petit matin, se redressant sur sa monture, le menton de nouveau fièrement levé, elle prit dans sa fonte de gauche la bannière des Mortain, soigneusement roulée - celle dont elle n'avait toujours pas pris le temps de la changer, et qui était dépourvue des couleurs de la principauté - puis se saisit de la hampe, qu'elle orna et remit en place.




Piquant des deux, elle fit demi-tour et galopa jusqu'à rejoindre les troupes. Elle attendrait que tout le monde mette pied à terre lors de l'étape pour se faire entendre : elle se doutait bien que l'on voulait d'elle une réaction, quelques mots, un geste.

Et il y aurait des réactions, des mots et des gestes : et tous auraient la force que nécessitait ce qui venait de se passer.

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Vous pouvez utiliser mes lettres RP.Héraldique
Yohann65
[Armée "In Phooka Memoriam" - derrière Patsy - entre Genève et Annecy]

Il marchait aux côtés des autres croisés, sans le sourire, épée bien rangée au fond du fourreau.

Réflechissant, Genève évitait une énième fois sa prise par armée. Pourtant, il avait cru que cette fois était la bonne, les troupes étaient motivées, et elles avaient bravées bien des obstacles. Elles étaient arrivés juqu'à Genève et pour quoi? Pour faire quoi?
Rien, à cause de cette satanité curie! Il n'y avait même pas un siège qui avait été fait. Un siège de plusieurs semaines, ou des assauts successifs auraient montrés à quel point l'église était présente, montrait sa volonté de domination sur le monde.
Genève était toujours la ville qui revendiquait la possession de la cathédrale de Genève, la ville qui se disait réformée et avait hébergé si longtemps le Lion de Juda, la ville qui avait même été dirigée par le Lion de Juda!

Une religion qui ne bat pas disparait, avait dit un jour un haut dirigeant.
Il avait l'impression que l'église aristotélicienne se laissait mordre et macher par la réforme et les autres mouvements que lui même appelait sectes.

"En ce jour, je n'ai plus aucune reconnaissance de la curie", aucune reconnaissance au sens où il n'admettait plus la légitimité de la curie. C'était la conclusion à laquelle il était arrivé par ces pensées: il ne visait pas le pape ou Dieu, juste les membres de la curie. L'église se fesait marcher dessus, et quelle réaction avaient les membres de la curie? La seule diplomatie - et encore, ce n'est pas sûr que la diplomatie marche. Mais où était donc le glaive de l'église?

Pour l'heure, il continuera à suivre les saintes armées. Le retrait de Genève se fesait en silence, peu parlaient. Yohann se demandait à quoi pensait les autres soldats, mais il ne leur demanda pas.

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Armoria
Ses mots, elle les avait pesés tout au long de la route, dans ce cheminement qu'elle avait accompli seule : et ce qu'elle s'apprêtait à dire avait aussi cheminé dans son esprit. Elle héla un scribe, qui reçut ordre de sortir son matériel afin de retranscrire son discours. Elle ne descendit pas de cheval : une harangue perdait toujours du poids quand son auteur était invisible au yeux du plus grand nombre. Prenant place au coeur des troupes, elle prit la parole, et sa voix se fit forte, pour mieux porter.

Fidèles parmi les fidèles ! Hommes et femmes, vous qui furent Croisés jusques à hier encore ! Ecoutez à présent mes dires, qui seront portés à Rome !

Elle attendit d'avoir capté l'attention de la plupart avant de reprendre, sortant de temps à autre des documents de son aumônière, quand elle devait citer les phrases que d'autres avaient prononcées ou écrites :

A faire trop de compromis, l'on finit par se compromettre...

La déception est à la mesure de l'attente ; le sentiment de trahison, à la mesure des espoirs qui avaient été fondés ; la certitude d'avoir été abandonnés, à la mesure de la confiance qui avait été de mise lorsque nous vous avions offert sans hésiter nos vies.

Le plus grand ennemi des fidèles, ce n'est donc pas, en définitive, le lion de juda. Ce n'est même pas l'ensemble des hérésies qui grouillent telle la vermine à la surface de notre monde. Non, entendez-moi : le plus grand ennemi des fidèles, c'est la propension de Rome à tergiverser, c'est cette Rome timorée qui n'ayant pas compris et assimilé les mots de Saincte Kyrène, n'a pas voulu user du fer quand le verbe avait échoué, ce fer que pourtant Dieu a mis à notre disposition pour les cas les plus extrêmes.

Le plus grand ennemi des fidèles, c'est Rome qui s'aveugle dans la confortable crédulité apportée par un morceau de parchemin ne promettant mie, n'engageant à rien si ce n'est à « envisager » d'agir...

Rome vient de commettre une erreur dont les répercussions se feront entendre fort, loin, et longtemps. Rome a préféré ne pas heurter la sensibilité des suppôts du sans-nom, ne faisant pas le moindre geste pour défendre les hommes et les femmes qui n'ont, eux, pas hésité une seule seconde lors de son appel.

Ces hommes et ces femmes dont l'honneur a été sali, qui le leur rendra ?

Ces hommes et ces femmes qui ont préféré ne piper mot sous les pires insinuations, sous les accusations les plus mensongères, les plus éhontées, sous les menaces les plus fantaisistes, sous les calculs les plus perfides visant à faire passer leur acte de foi pour une vilénie, qui les a défendus ?

Pas Rome, qui pourtant, sans eux, n'aurait pas « gagné » le moindre geste de la part de Genève. Ce que Rome ose nommer une victoire, et qui n'est que mépris, elle n'aurait même osé en rêver sans les quatre armées qui se sont réunies devant le nid des hérétiques. Rome avait toutes les cartes en main, et a refusé de les jouer : Rome a d'ores et déjà perdu la partie, et a fait le nid des ennemis de Dieu plus sûrement encore que toutes les actions de ces derniers.

Nous avons le verbe. Mais sans le fer, le verbe est insuffisant : le verbe ne sert qu'à guider ceux qui n'ont pas encore trouvé Dieu, et ceux qui s'en sont éloignés non sans espoir de retour. Le verbe ne saurait convaincre ceux qui ont vendu leur âme.

Nous avons le fer. Mais sans le verbe, le fer n'est rien d'autre qu'un piège dangereux, que l'engeance retourne contre ceux qui le portent.

Dieu qui aime l'équilibre nous a donné les deux, parce que dans Sa grande sagesse, Il sait que nous avons besoin des deux tour à tour. Pourquoi craindre d'utiliser l'un ou l'autre ?

Nous avons été les objets d'une sombre manigance : ainsi, la Franche Comté, déclarant tantôt ne tolérer que les Croisés, puis faisant annonce qu'ils les refusent, le soir-même, et ils le savaient, où nous franchirions la frontière, par conséquent, trop tard pour faire marche arrière, n'ayant eu que le lendemain connaissance de cette volte-face alors que nous pensions avoir fait en sorte de remplir les conditions requises.

Qui a dénoncé cette vile manigance ? Rome ? Non point : nous, et nous seuls. Et il est connu que le témoignage d'un accusé n'a que peu de poids, tant coupables et innocents mettent la même ardeur à se défendre. Il aurait suffi que Rome stipule que nous n'avons en aucun cas pu avoir connaissance de cet interdit avant de faire mouvement pour que s'apaisent les tensions. Rome l'a-t-elle fait ? Non.

Les Genévois, les Helvètes, ont crié haut et fort que nous affamions nos « pauvres victimes », alors même que leur marché regorgeait de vivres, alors même que le bourgmestre de cette ville maudite sommait ses habitants de retirer lesdites denrées du marché.

Qui a dénoncé ces mensonges ? Rome ? Non point : nous, et nous seuls, en donnant liste de ce que le marché contenait, en faisant le détail des denrées qui, passant sous notre nez, entraient en ville.

Il a été dit de nous que nous venions par calcul, par intérêt. Or, nous aurions eu les mains libres si nous étions venus en tant que Français, au lieu de venir en tant que Croisés, et à l'heure qu'il est, les remparts de Genève seraient en bien mauvais état. Car, rappelons-le, c'est Genève qui, en envoyant ses mercenaires maudits en Béarn, a déclaré la guerre à la France, et nous aurions été en droit de demander justice, et l'Empire lui-même, selon les textes qui nous lient, aurait été tenu de choisir sauf à vouloir devenir l'ennemi du Royaume. Mais non ! Nous sommes partis en tant que fidèles, avec notre Foy pour tout soutien, avec notre fortune pour tout viatique, et avons choisi ces entraves avec la certitude que la grande famille des Aristotéliciens graverait dans le marbre une page de l'Histoire, avec la certitude que notre croyance trouverait son écho dans l'Empire, faisant fi des frontières pour communier...

Qui a mis en avant cette abnégation ? Rome ? Non point : personne, jusques à ce jour où je le clame, et où le Connétable de France lui a rendu hommage.

Qui peut croire que Genève tiendra promesse ? Qui le peut croire, avec ce qui s'y dit ?

Voici les mots de celui qui se dit procureur de Genève, mots datant d'hier, après la signature du torchon dont Rome se contente :


 

Voici les mots adressés par le bourgmestre de Genève, celle-là-même qui a signé le torchon susdit, mots datant d'hier :

Citation:
Genevois, Genevoises, amis.....

En se temps de guerre 4 armées nous encerclent pour nous affamer. Ils volent nos pains sur le marché et nos autres victuailles
Mes amis, en ces temps difficiles, une guerre se prépare et c'est pourquoi je vous demande pendant que les armées ennemies nous encerclent, et parce que cette guerre sera certainement autant economique que tactique,
- ne plus vendre pain, maïs, fruits, legumes, viande ou poisson
- de retirer de la vente toutes les armes et protections
- de ne plus vendre de denrées consommables sur le marché

Nous allons également lever un petit impôt afin de vousvprotéger en ne subbissant pas ce que nous a déjà infligé Vénisia lors de la dernière prise de mairie
je vous annonce également que la taverne les retrouvailles sera toujours fournies, donc n'hésitez pas à vous y rendre lorque le marché sera vide ou trop cher.

ne perdez pas foi en Genève, nous tiendrons bon quoiqu'il arrive

Rgmax
Avoyère de Genève


Sont-là les mots de personnes prêtes à renier leurs errements ? Sont-ce là les mots de la contrition ?

Ils sont optimistes, ceux qui disent que ce n'est qu'une question de semaines avant que Genève ne montre que son engagement n'est qu'un mensonge de plus... C'est déjà fait.

Qui a dénoncé ces agissements ? Rome ? Non point : nous, et nous seuls, et sans le moindre écho de la part des Cardinaux.

Et que dire du comportement de l'évêque de Genève ? Que penser de ces mots qu'il a tenus ?


Citation:
Et vu le comportement des croisées, même moi j'ai du mal avec eux !

Si les SA et les Croisées ne quittent pas Genève ce soir, c'est que la Sainte Eglise n'aura pas, une fois de plus, tenue ses engagements.


et la Curie par la même


Sont-ce là les mots d'un évêque, d'un homme de Dieu, envers ceux qui sont venus Le défendre, portant Sa bannière ? Que sait-il de notre comportement, cet évêque que pas une fois nous n'avons vu ? Cet évêque qui entretient de si bons liens avec l'engeance, cet évêque qui accepte sans broncher de voir la Cathédrale souillée, qui accepte de se faire tout petit en quémandant le droit de prêcher de temps à autre ?

Je suis fière de chacun de ces hommes et de ces femmes qui ont tout laissé pour répondre à l'appel du camerlingue. Je suis fière d'eux, de leur bravoure et de leur dévouement.

Et parce que je suis fière d'eux, et parce que j'estime qu'avoir accepté le torchon de Genève comme s'il s'agissait de paroles du Livres des Vertus, à dater de ce jour, et en tant que croyante, je ne reconnais plus en Rome les bergers que Dieu mérite, et que nous méritons. Je ne reconnais plus que les Evêques du Royaume de France, qui, eux, nous ont soutenus sans coup férir.

Je pensais renvoyer mon étoile d'Aristote, mais ce serait manquer au souvenir de feu Monseigneur Tony. Je la conserve donc, mais ne l'arborerai plus, en nul lieu. Et chaque jour, je prierai pour que les cardinaux ouvrent les yeux sur le grand danger où ils viennent de plonger la totalité des croyants.

J'irai dans le Béarn, et userai du verbe. Et partout où je devrai par la suite user du fer, j'irai aussi. Sans demander l'aval de la curie. J'irai en tant que croyante, et pour mes frères et mes soeurs dans la Foy.

Les ouailles que nous sommes sont bien seules... Bien trop seules. A ce titre, elles doivent se rassembler, et guider ceux de nos frères et de nos soeurs qui doutent ou ont déjà failli.

En le Royaume de France, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que se durcisse la position contre les hérétiques, et en faveur des fidèles. Puisque nous sommes abandonnés, sans guide, nous choisirons nous-mêmes notre voie : et ce sera sans conteste celle de la Foy, et de sa défense ardente, en tous lieux, en tous temps, en tous points.

Ce jour, moi, Armoria de Mortain, simple fidèle parmi les fidèles, croyante parmi les croyants, je retire à Rome ma confiance, qui pourtant lui était toute acquise. Une curie qui ne fait rien pour défendre ceux prêts à mourir pour leur Foy ne la mérite plus. Ma croyance, Dieu merci, est demeurée intacte, et s'est renforcée. Dieu nous a envoyé une épreuve : j'en prends conscience. Et je prie pour que Rome en prenne conscience tout autant que moi, et sache se remettre en question.

Je prends ce jour la route vers le Béarn, parce que mon devoir me l'ordonne, parce qu'ayant un jour choisi d'entrer dans la famille aristotélicienne, j'ai aussi choisi d'aider ceux de cette famille qui souffrent, et ceux que l'on en détourne.

Je vous invite à en faire autant : puisque nous avons été tenus de laisser notre fer au fourreau, usons de notre verbe, qui est libre, et sans entrave aucune. Il fera bien plus de mal au lion que les coups d'épées.

Et à nouveau, je le dis humblement : qui m'aime me suive !


Ayant tiré l'épée au clair pour sa dernière phrase, elle la leva bien haut vers le ciel, frêle silhouette sans casque, mais dont la ferveur brûlait, ardente et indomptée.
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Vous pouvez utiliser mes lettres RP.Héraldique
Neottie
La Duchesse de Luserne av ait écouté le discours de son amie. Debout auprès de son époux, elle était avec l'armée de Bourguignon. La déception était grande. Bien sur elle savait qu'ils rentreraient chez eux à Bourg après la croisade mais pas comme cela.

Neottie s'approcha d'Armoria


- Ma Princesse. Sachez que tous ici, partageons vos dires et que nous vous soutiendrons. Je ne puis partir tout de suite en Béarn. Nous vous rejoindrons dés que nous le pourrons. Les hérétiques qui ont bafoués et souillés le Béarn doivent en être chassés et nous vous y aiderons.

La Duchesse de Luserne se tût, elle n e pouvait traduire son émotion. Elle était partie en voyage avec son amour et elle avait appris pour le Béarn, sa meilleure amie en ce monde y était comtesse régnante. Elle avait eu mal pour Caro, Neottie n'avait donc pas hésité une seconde à répondre oui à l'appel de son autre amie la Princesse Armoria et voila elle n'avait rien pu faire, rien pu faire parce que la curie les en avait empêché.

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Virtuellevinou
Il fallait bien avouer que Vinou ne s'y connaissait pas trop en diplomatie, pourparlers ou autres négociations mais là, la jeune femme ne comprenait plus grand chose.

On avait fait appel aux volontaires pour combattre les hérétiques, le "On" désignant la Curie. Étant profondément aristotélicienne et soldat de métier, la jeune femme n'avait pu que répondre à l'appel lancé même s'il demandait des volontaires, même si le trajet serait long, même si elle risquait d'y perdre la vie, elle ne pouvait ne pas y aller.

Après de longs jours de chevauchée, quelques arrêts dans des endroits tantôt accueillants, tantôt inhospitaliers, ils étaient enfin arrivés à destination : Genève. La bataille allait pouvoir commencer et ils allaient enfin pouvoir chasser les félons de la ville ! Le jeune Lieutenant ne demandait pas mieux pour se dégourdir les muscles un peu raidis par le voyage et de prouver, s’il le fallait encore, sa Foy envers le Tout Puissant.

Les journées avaient passé dans une sorte de torpeur proche de l’ennui, la ville, son marché et ses tavernes leur étant interdits d’accès, elle avait attendu suivant les ordres qu’elle avait reçus. Fort heureusement, des croisés avaient ouvert un endroit de rassemblement pour les leurs. La première soirée fut animée, jalonnée de retrouvailles plaisantes pour la jeune femme. La seconde et dernière fut plus en demi-teinte. Déjà des annonces de départ se faisaient entendre, la Curie se satisfaisant d’une annonce, si on pouvait appeler cela ainsi, de l’Avoyère Genevoise.

Bien sur la jeune femme n’avait pu s’empêcher de trainer aux alentours de la ville, bien sur, elle n’avait pas ne pas pu entendre ce que l’on disait d’eux : des pilleurs, des affameurs, des barbares, des sauvages, voilà ce qu’ils étaient aux yeux de la population et bien plus encore mais elle n’en avait cure, elle avait passé son chemin, sans réagir. A quoi cela aurait-il d’ailleurs servi à part à attiser encore plus, si besoin il y avait, l’animosité des Genevois et des Helvètes à leur encontre ?

Les rumeurs s’étaient avérées fondées, le lendemain, ils étaient à Annecy qui les avaient accueillis de bonne grâce, à n’en point douter. L’atmosphère générale parmi les croisés avait changée, on la sentait plus lourde, plus grave aussi, comme si une chape s’était posée lentement sur eux. La colère était plus que présente également mais surtout, une forme d’incompréhension générale.

Un sentiment d’avoir été utilisée puis rejetée sans ménagement assailli à nouveau la jeune femme. Cela recommençait donc ? Pourrait-elle à nouveau faire façon à la bassesse, à la défection et au baiser de Judas … ? Perdue, elle était tout simplement perdue, ne sachant plus que faire, qui suivre, où aller…

Sa Foy l’avait amenée en Helvétie, elle qui n’aimait pas plus que cela voyager. Elle l’avait fait pour Lui, le Très Haut, pour la Lumière et l’Aura qu’il diffusait parmi ses fidèles, pour les Messages qu’Il envoyait. Mais que faire à présent de tout cela ? Pouvait-elle encore y croire lorsque ses représentants parmi les hommes préféraient croire un parchemin, peut-être écrit à la va-vite, énonçant simplement ce qu’ils voulaient entendre ? Elle se savait plus … sauf que sa croyance en Lui était toujours vivante et vivace.

C’est alors qu’elle vit la Princesse Armoria s’avancer au milieu de troupes et prendre la parole. Vinou l’écouta avec beaucoup d’attention. Lentement un sourit naquit sur son visage. Maintenant, elle savait. Elle pencha la tête en direction de Son Altesse en signe de ralliement à sa cause. Elle irait en Béarn avec ceux qui poursuivraient cette croisade.

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Patbis2007
Bafoués, insultés, diffamés, sous-estimés, je n'avais plus de mots, plus de salive, plus d'envies... Rien n'y personne ne pouvait me reprocher ma dévotion au Très Haut, rien n'y personne ne pouvait se vanter de m'avoir autant maltraitée à moins de reposer 6 pieds sous terre et là pourtant !

Une chose était sûre, une furieuse envie me prenait d'aller faire rotir quelque cardinal qui pourrait servir de viande pour les baptêmes monstrueux de notre cher Evêque antropophage Odoacre !!! Le gout du sang, moi si calme et si partisante de la paix, j'avais déjà vu tant de morts en dehors de la guerre, comment vouloir que cette dernière en provoque également, mais là !!!!!

j'en étais à me demander si une pourpre pourrait faire de jolis rideaux dans mon salon si douillet... un rouge passion pour une femme passionée... J'avais la rage au ventre, la colère au bout des lèvres et la hargne digne de celle de mon loup dans ses pires moments...

Armoria parla, je l'écoutais et mon sourire se fit carnassier. je rentrerai chez moi pour payer les impôts que personne ne paierait à ma place et je partirai pour Pau, j'irai rejoindre mes amies qui se battaient contre les matous du traitre... Oui, un petit civet de félin n'était pas pour me déplaire et il était temps que mon épée et mon arc chantent à nouveau...

Je me retourne et vois l'air convaincue de Vinou, elle sait comme j'ai besoin d'en découdre, et pourquoi... Lui transmettant ma fureur du regard, je laisse figé ce sourire carnassier et mon corps a déjà pris la pause qui va bien. Plus rien ne m'arrêterai et si je devais prendre la mairie de Pau seule je le ferai, et cette fois-ci que personne ne croit pouvoir me donner des ordres stériles. Mes amis étaient affammés et il n'était plus temps du verbe, l'épée devait parler !

Me retournant, j'enfourche ma monture, la flatte, jette un regard de compréhension à mon âme soeur, je le regarde partir en courant devant moi et sais que d'ici la pleine lune, je hurlerai avec lui...

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Laclemanus
Que de chemin parcouru pour Laclemanus et son épouse Néottie qui se retrouvaient en Savoie après l'avoir quittée pour proposer leurs services au BA, une guerre lente qui les avaient emmené jusqu'au Berry.
Ils s'en étaient sortis sans une égratignure et avaient préféré partir quand les pourparlers de paix s'éternisaient, préférant bouger en voyageant plutôt que de rester statique sur place à attendre on ne sait quoi.

C'est en se déplaçant étape par étape qu'ils se retrouvèrent dans le Duché d'Orléans ou après quelques broutilles douanières réglées par des personnes avenantes, ils eurent plaisir à rencontre des gens sympathiques. C'est après ces rencontres, que la Princesse Armoria, amie de son épouse, leur proposa de participer à ce qui devait être une croisade. Plus tard, au vu des problèmes que causa la Bourgogne pour des peccadilles plus proche d'un problème d'égo que d'un réel soucis de passage, Laclemanus s'était demandé se que la suite présageait et il eu raison.

Après la Bourgogne c'était la FC qui tel un coq tentait de montrer ses ergots déjà fort émoussés pour se faire valoir, malheureusement inutilement si c'était dans l'espoir de montrer leur puissance et leur souveraineté.

Et maintenant ils se retrouvaient en Savoie à écouter le discours de la Princesse Armoria et Laclemanus ne put s'empêcher de secouer la tête en voyant comment Rome s'était aplati devant simplement une ou deux personne de Genève,c'était tout sauf une façon de montrer sa puissance pour l'Église aristotélicienne alors que c'est ce qu'elle avait toujours voulu montrer...visiblement en vain.

Il écouta la fin du discours assez déçu, sachant qu'après quelques jours de repos dans le château de son épouse, ils iraient faire un tour en Béarn et rejoindre un ami très cher qui, lui avec son armée se battaient depuis plus d'un mois contre les lion de judas, ne se contentant pas de simples écrits.
Kehl


La duchesse avait annoncé que les anciens croisés quitteraient l'Empire en passant par la Savoie. Finalement ils n'iraient pas au bout de leur assaut, et Genève était sauvée. Quel sentiment étrange. Ces gens étaient des étrangers, et même des envahisseurs. Mais ils avaient fait ce qu'ils avaient cru bon de faire, dans l'honneur.

Pourvu que les prêtres de la sainte église ne souffrent pas trop. Quand on se sent trahi on a tendance à perdre sa lucidité. Mais les croisés l'avaient-ils vraiment été ? Comment ne pas comprendre ces combattants désorientés, et comment leur dire de se redresser, de rester fiers, à eux dont les nerfs étaient déjà si prêt de craquer ? Un feu est toujours plus facile à allumer qu'à éteindre avant qu'il ait tout détruit : personne n'avait perdu la vie dans un choc entre les deux souverains les plus puissants d'Europe. Ce que tout le monde pensait impossible, l'église l'avait fait. Les paysans de l'empire pouvaient continuer à aller aux champs, la famine était évitée, les clochers pouvaient continuer de sonner, chacun gardait ses êtres chers, les commerçants pouvaient continuer d'approvisionner les marchés, en un mot la vie continuait...

Kehl restait appuyé sur sa lance, bien que sa garde soit finie depuis longtemps. La nuit appartenait aux pensées, et si Dieu le voulait 1458 mettrait un peu d'optimisme dans le le coeur des armées étrangères qui allaient tristement défiler sur les routes de Savoie pendant plusieurs jours encore. Les consignes étaient claires : on les surveille mais surtout on ne les approche pas. C'était sûrement plus sage. Si proches, en corps et en esprit, mais pourtant à une distance peut-être totalement infranchissable, au niveau des valeurs. Ad majorem dei gloriam.
Pierre_von_kolspinne


[Challes les Eaux]

La lueur matinale filtrait dans la chambre du jeune duc. La faible lumière éclairait deux corps, encore enlacés, dans un grand lit. Bien que deux fois ducs, le jeune couple vivait encore dans la baronnie que leur avait cédée le vieux lion d’Aoste. Ils y avaient pris leurs repères, leurs habitudes et le château se situait non loin de Chambéry. Plus prêt que le Genevois, duché hérité de la mère de Pierre et dont, d’ailleurs, celui si comptait bien se débarrasser dans un très bref délai. Trop de mauvais souvenirs résidaient encore là et Artemis refusait d’y mettre les pieds. Verceil, fief de retraite de Pierre, était bien plus agréable, mais bien plus loin encore de Chambéry, en Piémont. Toute la Savoie à traverser. Hors pour celui qui était encore vice duc et celle qui était héraut, il était bien plus pratique de se trouver à proximité de la capitale.

Lentement Pierre ouvrit les yeux et regarda son épouse encore au creux des bras de Morphée. Il contemplait ce visage et ces traits si pleins de grâce et de beauté encore embellis par l’insouciance du sommeil. Après un moment, sans doute long, de cette contemplation, il déposa un baisé sur le front de la blonde, qui lentement ouvrit les yeux, et s’étira lentement avant de se diriger vers le petit salon et de prendre une copieuse collation en sa compagnie.

C’est là qu’arriva un page annonçant l’arrivée des troupes française à Chambéry. Le couple alla s’apprêter puis se dirigea vers les écuries pour y faire seller leurs deux équidés. Pierre grimpa sur sa jument, une selle française alezan qu’il avait prénommé Elsa, sans se soucier de son épouse qui n’avait besoin de personne pour faire de l’équitation. Quelques gardes vinrent à leur rencontre.

Nul besoin d’escorte, nous n’allons pas très loin et pas en ennemis.

Puis il leva la tête afin de contempler les montagnes environnantes et ils partirent ensemble en direction de Chambéry.

[Chambéry]

Peut avant Chambéry, ils arrivèrent dans une plaine où ils virent les croisés monter leur camp. Les visages qu’ils croisaient, fermés, étaient marqués par la déception. Nul doute que ces troupes avaient du mal à encaisser ce qui leur été arrivé, après avoir, sans doute, compris qu’ils avaient été victime d’une sombre machination. Mais quand on avait à faire à des franc comtois, des provençaux ou des teutoniques, il fallait s’attendre à ce genre de choses. Alors quand les trois étaient réunis … Rehael, provençal. Izidore, teutonique et comtois. Et Rome n’était plus vraiment un lieu religieux, mais un endroit où les conflits politiques régnaient. Ces personnes en avaient fait les frais.

Pierre espérait pouvoir rencontrer certains d’entre eux dont il avait fait la connaissance ces derniers jours. Il mit pied à terre et se dirigea vers un homme.

Pourriez vous annoncer à vos chefs Pierre Von Kolspinne Rosenberg Von Valendras et Artemis Mitara Von Kolspinne Rosenberg Von Valendras

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Galahad*
[le retour est un calvaire]

Annecy, Chambéry, les croisés étaient toujours aussi bien accueillis:

Citation:
Nous, Melisende Maledent de Feytiat, Duchesse de Bielle, Vicomtesse de Mosso, Dame de Pont de Veyle, en conformité avec nos attributions de Duchesse de Savoie, après discutions avec le conseil de Savoie et avoir obtenu des garanties auprès des armées croisées, décrétons ce qui suit.

Article 1 : Donnons aux armées françaises croisées l’autorisation de traverser le territoire savoyard dans le but de retourner en France. Ces armées entreront par Annecy et se dirigeront vers Bourg d’où elles rejoindront la Bourgogne.

Article 2 : Les armées françaises seront escortées par l’armée Sav'Van-Wever commandée par Alex Van Wever le long de leur trajet. Les armées croisées seront considérées par l’armée Sav'Van-Wever comme amie et, réciproquement, les armées croisées considéreront l’armée Sav'Van-Wever comme amie.

Article 3 : Les armées croisées n’auront pas l’autorisation d’entrer dans les villes.

Article 4 : Les armées croisées ne pourront acheter sur les marchés savoyards. Si un quelconque besoin se faisait sentir, les armées croisées pourront faire une demande au duché qui s’engage à leur répondre.

Fait à Chambéry le 30 décembre 1457,

Mélisende Maledent de Feytiat
Duchesse de Savoie


Galahad lut ces placards affichés et s'étonna de l'erreur écrite "l’armée Sav'Van-Wever commandée par Alex Van Wever" alors que différents rapports attestaient le commandement par un certain Alex6560 originaire de Belley !
En lisant ces quelques lignes, il eut un rictus d'amertume, ceux de Savoie avaient certainement plus de considération pour un chien que pour les Français. Il ne croyait plus au terme de croisé. Son coeur se remplissait de révolte.

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