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[RP] Un ange passe, une sainte trépasse...

.mahaut.
Mahaut descendit de la statue et reposa le tabouret. Les portes de la salle s’ouvrirent et elle put remonter la file des âmes en attente, jusqu’à la rampe d’accès. Arrivée là, elle se retourna.

- J’espère ne pas me tromper en faisant ça…
- Voyons, j’ai promis !
- Oui, oui, vous n’oseriez pas mentir à votre dieu quand même…
- Ben non.
- Allez, descendez. Et répandez la bonne parole. On se revoit à votre prochaine mort.
- Promis ! Enfin pas de suite, de suite hein ? Allez, babaille tout l’monde ! Oh et Ari !
- Oui ?
- Achetez leur plus de gâteaux, les anges c’est comme les poules, il faut les engraisser pour qu’ils vous respectent. Conseil d’amie.
- Allez, retournez sur Terre. J’ai du travail.


Mahaut s’agrippa à la rampe et salua les âmes et anges qui la regardaient. Se laissant porter jusqu’à Terre, elle laissa échapper un gloussement de joie.
Au loin, une voix résonna.


- J’ai comme un mauvais pressentiment…
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.mahaut.
- Aieuuu.

Elle s'était vue descendre à toute vitesse vers son corps. Apparemment, les anges trouvaient plus fun de faire traîner la montée au paradis mais de renvoyer les réanimés à la vitesse de la lumière. En réalité, ce n'était pas particulièrement douloureux, le "aieuuu" n'était qu'un simple réflexe.
Elle réintégra son corps et reprit ses bonnes vieilles habitudes.

*snifff snifff*

A l'odeur, on n'était plus dans la crypte. Ça sentait toujours le brûlé mais en moins fort et il y avait comme un petit vent frais. Parfait, elle était donc dehors.

*tain, j'ai mal aux ch'veux... Pis au dos aussi... Raaah chuis sûre qu'ils m'ont trainée exprès sur une pierre pointue, c'est un test pour voir ma réaction.*


A proximité d'elle, Anatole s'était assis, ne sachant que faire et encore moins quoi penser. Elle était morte, c'était indubitable, il avait vérifié, aucun battement de coeur. Et déjà, le fait de ne pas avoir entendu de "haaaaaaaan ! Aieuuuu ! Mais faites attention, bougre d'âne ! je suis une princesse, moi ! Enfin pas encore mais... HAAAAAAN regardez là bas, un tonneau !" était déjà un indice en soi.

En entrouvrant discrètement les paupières, elle distingua son écrivain, ainsi que quelques badauds qui commentaient la situation. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Elle allait avoir besoin d'un public. Après tout, la situation l'imposait.

Elle hésitait encore un peu sur le comportement à adopter. D'un côté, elle avait envie d'attendre qu'on l'étende sur un lit de fleurs, pleurée par tous les habitants, déjà en train de procéder à une collecte pour une statue géante à son effigie, pour finalement hurler "J'vous ai bien eu, hein ?" quand la vieille Fernande viendrait déposer une bouteille sur sa poitrine. De l'autre côté, Aristote avait été très clair sur le comportement à adopter. Et puis ça impliquerait d'attendre un petit moment vu que les hommes à côté en étaient encore aux constatations d'usage après un incendie.

- Ça flambe bien, hein ?
- Ben penses-tu, c'était du chêne. Moi, dans le bois à côté, j'ai planté trois chênes, ça paiera la dot de la fille quand elle sera en âge.
- Quel âge ça lui fait, ta fille ?
- Quatorze.
- Ouais, donc un chêne faut compter 80 ans avant d'être rentable à la découpe, c'est bien, t'es optimiste.
- Nan mais de toute façon, personne voudra d'elle, elle a le caractère de sa mère.
- Ouais, c'est pas faux.
- Nan mais le chêne, ça fait aussi des châtaignes, on aura de quoi vivre l'hiver en cas de famine.
- Alors là j't'arrête tout de suite, ça c'est les châtaigniers.
- Ah bon ? T'es sûr ?
- Ah ben oui. Le chêne ça fait des glands. Tu sais, l'hispanique les ramasse pour faire sa liqueur, là.
- Ben mince alors... Et si je plantais des frênes alors ?
- Ben, ouais, ça se vend bien aussi...
- Ça donne quoi des frênes ?
- Des freins ?


C'était bien des hommes. Aucun sens de la mise en scène, rien. Elle était morte, et eux, ils commentaient le prix de la stère. Il fallait qu'elle attire leur attention. Elle soupira profondément.

Anatole releva la tête, paniqué. En silence, il s 'approcha d'elle. Elle était morte, hein ? Donc ça devait être son corps qui laissait échapper des... des humeurs, voilà. Pis, elle, question humeurs, elle devait être fournie vue son sale caractère...
Mais un doute le tenait. On ne souriait pas en étant mort. Inquiet, il se laissa tomber tout près d'elle.


- Dites ! J'ai... J'ai entendu un soupir...
- Nan mais n'importe quoi, tu peux pas planter un cerisier ! Ça rapporte pas, les cerises et on a déjà un verger !
- Oui mais c'est bon les cerises !
- Ben oui mais ça donne la courante aussi, si on en mange trop. Pis y'a des pépins.
- Des noyaux, non ?
- Héééé ! J'vous ai dit que j'avais entendu un soupir ! Ramenez-vous !
- C'est qui, lui ?
- Le limousin de la crevée, là.
- Ah pas trop tôt, j'ai jamais pu l'encadrer celle là... A se faire passer pour une sainte, moi j'dis, c'est pas aristotélicien.


Malgré tout, ils s'approchèrent du cadavre en tendant la tête devant l'air inquiet du limousin.


- Ben quoi ?
- Elle... Dites, quand on meurt, on meurt, hein ?
- T'es fin intelligent, toi, dis donc ! T'es limousin ?
- Chuuut ! J'ai encore entendu un soupir !


Les hommes firent silence auprès de la morte.
Il était temps. Elle se remémora tout ce qu'Aristote lui avait fait promettre.




- MIRACLEUUUUUH ! SAINTE BOULASSE REVIENT A LA VIIIIE ! Youhouuuu ! Gloire ! Gloire à la Sainte ! Le Grand Machin l'a renvoyée sur Terre ! A genoux, pauvres pêcheurs ! Je porte la parole divine ! Youhouuuu !



Remise sur pieds en moins de deux, elle sautilla sous l'oeil ahuri des badauds.


- Et j'ai soif ! Ramenez moi un tonneau, bordel, plus vite que ça ! Sainte Boulasse est immortelle, HA HA HAAAAAAAAAA ! Allez, hop, prière collective, préparez vos foies.

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