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[RP] La cavalerie gasconne en plein excès de zèle.

Xael
Quand il reprit conscience quelques heures plus tard, Xael fut stupéfait de constater qu'il était toujours en vie. Ouvrant les yeux, la première chose qu'il vit fut un plafond. La deuxième fut un feu brûlant dans l'âtre. La troisième fut un vieux paysan barbu, assis à son chevet en fumant sa pipe.

Comment suis-je arrivé ici? interrogea le Tsigane.

Je vous ai retrouvé inconscient sur la route, répondit l'inconnu. Vous avez pris un sale coup à la tête, mais je vous ai soigné aussi bien que j'ai pu. Vous étiez presque mort gelé quand je vous ai retrouvé. Heureusement, ceux qui vous ont attaqué ont eu la générosité de vous laisser deux miches de pain...

Je ne vais point les remercier pour cela, murmura l'Oiseau de Proie en tâtant sa bourse vide. Y a-t-il un village à proximité?

Il y a Bazas, dit le paysan. À peine trente minutes de marche.

Xael hocha la tête. L'incident le retarderait de quelques jours, ce qui était fort agaçant. Il aurait aimé dénoncer ses trois assaillantes, mais n'étant lui-même pas innocent de brigandage, faire cela aurait été hypocrite. Il devrait donc laisser cet affront impuni, du moins pour le moment. Tant pis.

Une heure plus tard, il était déjà sur la route, marchant vers Bazas. La tempête s'était calmée.



(HRP: Et me voici hors de ce topic.)
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Eilith
Aller au Tribunal

Bref passage à Marmande, pour aller s'échouer à Agen, en attendant de pouvoir bouger. Une ville fantôme, plus que celles qu'elle a déjà croisées.

Mais cela lui laisse le temps de se rendre au Tribunal, pour son affaire. Ce qui lui donne l'occasion d'assister à un spectacle des plus comiques.
En effet, la Justice dans ce pays étant assez impatiente, ils n'ont pas attendu qu'elle arrive en ville pour amorcer un procès. Un pigeon supersonique et sorcier s'est juste chargé de la prévenir.
En guise de réponse, la jouvencelle avait envoyé une lettre, emportée par un de ses propres volatiles.

Quelle n'est pas sa surprise en rentrant dans la Salle de voir le témoin et le procureur s'adresser à son piaf comme si c'était elle. Dans le Périgord, on la prenait pour un messire, et là, on la confond avec un pigeon. C'est positif, elle peut être sûre de se promener n'importe où, personne ne la reconnaîtrait.
En plus, arriver à la fin du discours, et entendre que la victime dit s'être défendue, a le mérite de la faire se marrer intérieurement. C'est on ne peut plus faux, il s'est gentiment laissé faire, d'abord.

Marrant comme les pleutres deviennent hargneux sitôt qu'ils se sentent en sécurité.
Elle peut pas s'empêcher de sourire.
Enfin, la jeune fille a un peu pitié de son pigeon, et le laisse s'envoler, tout en entamant sa deuxième plaidoirie. Contredit le messire, fournit un alibi, a une petite pensée pour la gentille personne qui a accepté de témoigner pour eux, et repart aussitôt, sans attendre la réponse du juge. De toute façon, le temps que cette dernière cogite à l'affaire, la nuit sera passée.


Retour du Tribunal.

C'est en retournant vers les tavernes vides d'Agen qu'un oiseau totalement ivre la percute. Eilith fronce les sourcils, et s'apprête à le faire rôtir, quand elle le reconnaît. Moui, bon, on va le laisser en vie, son propriétaire risque de pas apprécier sinon. Elle ouvre le petit parchemin et son visage s'éclaire à la lecture du bout de chiffon.

Aussitôt, elle balance ses affaires, harponne la Simone, balance un pigeon avec une lettre d'excuse pour le faux-bond en direction de Dame Enorig, et en envoie un autre à la recherche du cousin.
Elle s'élance sur son cheval, et va pour écrire un autre parchemin pour prévenir Ardath, quand elle entend une voix familière crier depuis une ferme :

Saaaaaaiinnnte Boulasse protégez moi !

La jeune fille a un petit sourire en coin, et s'élance en direction du cri. C'est hilare qu'elle annonce leur départ à la Moufette.
Désolée, la Boulasse, on pourra pas la prier dans les jours qui viennent, y a du chemin à faire.
Elle prend toutefois la peine d'expliquer en deux morts le pourquoi du comment.
Enfin, elle talonne à nouveau sa monture, qui se met illico à galoper.
Je pars devant, rejoignez-moi assez vite, hein! Et traînez pas trop en taverne aujourd'hui.

Deux secondes après, plus d'Eilith devant cette ferme.
--__lyr
L'oiseau passa par là
l'oiseau fut amusé.


En voila une menteuse...

c'est pas vrai du tout ce que tu dis! Je ne t'ai pas percuté, je n'étais pas ivre...


Je ne suis pas un oiseau supersonique!!!
D'ailleur c'est quoi un oiseau super so ni, jamais entendu parlé de ca


L'oiseau se demanda si ce n'était pas celle qui disait qui l'était? Ivre....

J'ai bien envie de te faire un procès pour injures et mensonges au tribunal des oiseaux de mauvaises augures....

Puis le bel oiseau s'envola tout en lachant une fiante sur la tête de cette dernière...

edit couleur par inferno
Simone_de_beauvoir
Marmande… Des rencontres, des mauvaises rencontres, des hasards fâcheux, des imprévus, de la sorcellerie, des dénonciations, de l’omniscience, du dédoublement… Seule, peut-être, une trouée dans les nuages.

Allons manger des pruneaux à Agen. Une ville morte, dit la rumeur ? Baste ! En rrrroute ! On en a vu d’autre.

Que nenni… Jamais Simone n’avait connu ville si lugubre. Vagabonde pourtant, elle avait connu Labrit et le Périgord. Mais jamais encore l’épidémie d’achairpisme n’avait atteint pareils sommets. Et de pruneaux, pas la queue d’un. Si, lui avait affirmé Ardath, mais seulement dans les tavernes. Nulle trace au verger, aussi en avaient-elles conclu qu’ils poussaient directement en bouteille, comme les petits bateaux et certaines sortes de poires.

La cruelle jouvencelle erre donc comme âme en peine, de taverne en taverne, à la recherche de la moindre personne au dialecte compréhensible et au comportement logique. C’est au cours de cette errance qu’elle croise Eilith.


Rassure-moi ! On part ce soir ? On ne reste pas ici deux longues journées supplémentaires ?!

À sa réponse affirmative, elle rit de soulagement, écoutant à peine la direction prévue. Montauban lui convient très bien, Cahors de même, elle irait à Bergerac si on le lui proposait, du moment qu’il s’agit de foutre le camp.

Elles se rendent ensemble au tribunal où elles sont attendues. Les accusées se défendent. La chaste Simone s’offusque.


Ainsi, sur la bonne foi d’un individu, que je ne connais pas, mais qui ne s’est même pas déplacé et n’a pas fait l’effort de porter une plainte intelligible, nous sommes accusées de troubles à l’ordre public ? Faut-il que cet homme soit de vos intimes, pour qu’un tel crédit lui soit accordé ?

Je suis une jeune fille honnête, comme tout le monde vous le dira. Et je ne connais pas de Ruffius. Si les jeunes filles honnêtes ne peuvent plus se promener tranquillement, où va le monde, ma brave dame.


Au tour du plaignant qui, en bon plaignant, se plaint. Simone rit sous cape. Cet homme délire, elles ne l’ont pourtant pas violenté puisqu’il s’est rendu sans résistance. Il parle de journal, de mémoires… Pourquoi donc lui auraient-elles dérobé son journal ? Dans l’idée de le publier sous leur nom pour devenir célèbres et s’enrichir sur son dos ? Au passage il les flatte, faisant allusion à leur beauté. Qu’espère-t-il au juste, que la flagornerie les fera plier ? Or elles se savent hors de cause. Tandis que l’accusateur n’a que sa parole pour lui, elles ont le témoignage d’un ancien sergent de police. Si avec une telle recommandation on leur cherche encore des poux, c’est qu’il y a définitivement quelque chose de pourri au duché de Guyenne.

À la sortie du tribunal, Eilith surexcitée lui bondit dessus. Changement de programme. Elles se concertent rapidement, tombent d’accord, avides d’action et de rebondissements. Alors qu’elles se mettent en quête du reste de la troupe, un long cri de détresse les aiguille vers Ardath.


T’égosille pas… La boulasse ne soigne que la soif et la couardise, pas l’omniscience et l’achairpisme. Sans quoi l’épidémie n’aurait pas pris racine dans cette ville de pruneaux. La Boulasse, prie-la d’avance ce soir, mais pas trop quand même ! On aura besoin de la pleine possession de tes moyens.

Elle rit gaiement, consciente de leur inexpérience flagrante aux côtés de la Mouffette, espérant tout de même ne pas lui être un boulet. Eilith s’élance sur son canasson, en reconnaissance. Ses paroles se mêlent au martèlement des sabots.

Je pars devant, rejoignez-moi assez vite, hein! Et traînez pas trop en taverne aujourd'hui.

Traîner en taverne ? Quelle idée : elles sont vides et poussiéreuses.
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Eilith
Sur un autre chemin

Enfin, elle arrive à l'endroit prévu. Légèrement en avance, elle commence à creuser les trous et préparer les pièges. Le terrain commence déjà à être un peu mieux quadrillé, et, pour la première fois, elle n'est victime d'aucun de ses propres pièges. Ce serait vraiment merveilleux s'il n'y avait ce petit détail.

Juste une épine dans le pied.
L'oiseau poivrot la suit depuis tout ce chemin. Et c'est qu'il la regarde bizarrement en plus.
On pourrait presque croire qu'il pense, l'ivresse initiale ayant disparu.
Elle chope un caillou discrètement, tout en le surveillant du coin de l'oeil.
C'est alors qu'il lui lâche une fiente sur la tête.
De juste assez près pour qu'elle sente les relents de soufre qui émane du sale piaf. Il lui fournit ainsi la preuve de ce qu'il est.
La réaction est immédiate, le caillou part de suite assommer l'oiseau.

Il s'est approché trop près d'un sorcier pour s'en sortir indemne, et vaut mieux le purifier tant qu'il est temps.
Elle profite du fait de l'avoir bien assommé pour allumer un feu, et l'y plonge dedans.
Il était peut-être déjà mort, mais on n'est jamais trop prudent.

Enfin, le cadavre étant rôti, elle le sort du feu.
Hésite à en faire son repas, mais le laisse finalement de côté. On sait jamais, ça pouvait être toxique, un truc aussi mauvais.
Elle laissera le soin aux charognards de se charger de ce déchet, histoire de débarrasser la route d'un aussi mauvais représentant de leur espèce.

Et puis, c'est pas tout ça, mais elle a des trous à finir de creuser, là.

--Heidrun


Toujours prêt à rendre service, Heidrun. Ramassage de macchabées H24 double 7 sans sur-facturation de déplacement. C'est qu'il était demandé, le bougre.

C'est donc la panse pleine de vers grouillants et de chairs putréfiées (parmi lesquelles on trouve un oeil de petite vieille), qu'il se pose non loin de la maigrichonne qui creusait des trous, étant désormais sans doute trop éloignée de la plage pour faire des petits pâtés de sable tout en écrasant sauvagement ceux des autres, un sourire mesquin placardé sur la trogne. Une fois installé, Heidrun fixe rapidement son collègue rôti, qui semblait plus engageant mort qui ne l'était de son vivant.

Déception pour le chasseur charognard, la viande, c'est crue qu'il l'aimait. La chair dure comme des semelles de godasse, ça, il la laissait aux hommes et leurs goûts vulgaires. Digérant sur son tronçon de bois, Heidrun assiste tranquillement au creusement des tombes de personnages qu'il ne connaît pas encore, mais qu'il espère illustres, afin qu'il ai, au moins, quelque chose à raconter en rentrant.
Cornelio
Le jeune homme a entendu parler de la cavalerie Gasconne.
A ce qu'il parait elle écumerait les chemins Guyennois.

Il n'a que seize ou dix-sept printemps, mais il rêve de liberté, d'aventure.
Il a quitté ses parents depuis quelques jours, il sert pour la journée chez le premier paysan voulant bien l'accueillir, tirant au flanc autant que possible, couchant dans des ruines ou squattant la douce paille des grenier lorsqu'il le peut.
Trop de la misère, de soumission.
Trop souvent il a vu ces maréchaux racketter ses parents, trop souvent ces militaires réquisitionner leur maigre troupeau.
Sa mère doit-être morte d'inquiétude, mais l'insouciance et l'égoïsme de la jeunesse le protège de ces considérations sentimentales. A l'occasion il leur écrire un mot, quoiqu'il ne sait pas écrire, eux ne savent pas lire. Bon, il passera peut-être les voir. Si le temps lui est accordé.

L'esprit farci de l'histoire des Cadets de Gascogne et de leurs folles aventures, le jeune et fougueux Cornelio se promet qu'un jour, il chevauchera ou bon lui semble, alimentant palabres et suppositions chez ces bourgeois, ces nobles, et leurs laquais de l'Ost.

Un jour il rejoindra la Cavalerie Gasconne.
Un jour il ne se brisera plus le dos à ces taches ingrates et humiliantes.
Un jour il sera son propre maître.

Parait que leur capitaine, un certain Falco est un peu timbrée.
Juste ce qu'il faut pour prendre un gamin rêveur et fainéant pour écuyer ?
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La Butte rouge c'est son nom l'baptème s'fit un matin,
Où tous ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin,
À présent y'a des vignes il y pousse du raisin,
Mais moi j'y vois des croix portant l'nom des copains.
Simone_de_beauvoir
Enthousiaste, elle rejoint Eilith alors que celle-ci parfait ses trous. Ils étaient déjà nombreux, mais cette fois-ci c’est du lourd qu’ils attendent, aussi doivent-ils se montrer accueillants. Les pièges lui paraissant suffisamment grands, mais bien trop visible, elle brise quelques fins branchages aux arbres dénudés du chemin, et les dispose en croisillons au dessus des ouvertures béantes, qu’elle recouvre ensuite d’herbe gelé, de feuilles mortes et de neige boueuse. Elle se redresse essoufflée, écarte les cheveux de ses yeux et se recule pour admirer son œuvre.

Satisfaite, elle secoue la neige de ses vêtements et s’installe sur une grosse pierre pour attendre la tombée de la nuit, précoce en cette saison, cette heure bleuâtre qui les dissimulera encore mieux que l’habile camouflage des embûches.

Ils attendent donc, et au fil des heures l’excitation retombe. Vient la nuit, la lumière faiblit lentement, le froid se fait plus mordant, et toujours personne. Puis c’est la nuit noire, et les yeux de Simone se plissent vainement dans l’obscurité, et sa frénésie se mue peu à peu en déception, puis en rage narquoise. Et dans le noir elle ricane, de leur espoir déçu, de leur naïveté punie. Cinq cent chacun, plus même, c’était bien trop beau. Ce n’était pas pour elle. Elle rit en silence, et son rire a le mérite de la réchauffer, depuis des heures qu’elle stagne dans la froidure.

Malgré les ténèbres qui persistent, les oiseaux recommencent déjà à gazouiller, seul repère de l’heure matinale. Leur chant se fait toujours plus insistant, comme s’ils étaient tenus de s’égosiller pour faire poindre enfin la lumière.

Et la roseur matutinale qui apparaît alors lui fait prendre conscience de l’espoir qu’elle conservait encore, puisqu’elle vient de le perdre. Personne n’est passé, pas un pouilleux qu’elles auraient épargné par pure bonté d’âme, pas un groupe de costauds qu’elles se seraient prudemment gardées d’approcher. Et plus personne ne passera. Et elles doivent se rendre au tribunal entendre l’énoncé de leur verdict. Demain sans doute, ou cette nuit-même, les attendus passeront, chargés de leur quincaillerie. Et pendant ce temps, elles se traîneront un boulet au pied.

Mais le jour se fait plus clair, et elle doit veiller à recomposer son expression. Ne pas montrer sa déception, reprendre son attitude nonchalante et blasée, à peine agacée d’avoir attendu pour rien mais qui au fond s’en moque. Elle n’est pas vénale, jamais elle n’a eu en sa possession assez d’argent pour le devenir. Mais jamais non plus elle n’en a eu assez pour pouvoir s’y montrer indifférente.


Elle se lève, agite les jambes pour les désengourdir, s’étire longuement en bâillant exagérément.

Crevée, moi… J’vais faire pâle figure à mon procès. On croira que c’est le signe de mon innocence bafouée. Dommage d’avoir raté ce butin, j’aurais aimé avoir de quoi me distraire pendant mon premier séjour en cabane. Voire de quoi soudoyer mes gardes. Enfin… Il nous faut déjà repartir.

Sur ces mots, elle tourne la tête de droite et de gauche, soudain indécise. Repartir, oui. Mais par où ?
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--Gali_le_poney


Arrivée à Blaye



Crevé, le Gali.
Il vient de se coltiner toutes les routes entre le Périgord et la Guyenne, et rien, pas une seule trace de son humaine !
Il a fait en long en large et en travers les routes boueuses de la région, même allé jusqu'à Saintes, pour elle. Si jamais il la retrouve, il lui fera regretter de l'avoir abandonné pour un vulgaire étalon de course !

Et en plus, y a rien à manger.
Les quelques herbes qu'il déniche au bord de la route ont un goût salé des plus désagréables.
Tout son corps se met à trembler, secoué par une jalousie dévorante.
A qui elle donne les fruits, vu qu'elle les déteste ? Qui en profite, qui ose s'emparer de ce qui lui revient de droit ?! A coup sûr, ce fichu palefroi doit se régaler, profitant de tout ce dont la bipède ne veut pas !
Et à part la viande, elle ne veut pas grand chose, celle-là.
Mais c'est SA bipède !!
Que l'autre aille se faire chevaucher par des soldats rustiques et bourrins !!
Qu'il aille parader avec une donzelle qui irait minauder et faire sa précieuse sur sa croupe, mais celle-là, pas touche !

Il enrage, seul.
Inutilement, il le sait.
Il est devenu efflanqué, à force d'errer sur les routes, à la recherche de son humaine.
Le poney sait bien qu'il pourrait bien dégotter un autre serviteur, mais c'est elle qu'il veut, la seule qui le laisse tranquille et prend soin de lui en même temps.
La seule qui se plie à ses caprices plus qu'elle ne lui donne des ordres.

Une odeur emplit ses narines. Un verger.
Son estomac lui fait rapidement oublier tout le reste, le traînant jusqu'à la limite de Blaye, là où les arbres laissent pendre de quoi le requinquer un peu.
Il se goinfre des fruits tombés à terre, et réfléchit rapidement.
D'abord, se remplumer.
Ensuite, arrêter d'errer n'importe où.
Dès qu'il ira mieux, il retournera l'attendre en Gascogne.
Le poney martyrise le sol à petits coups de sabots, nerveux.
Et si elle revient pas, il fera en sorte de la faire se bouger un peu.
Faire vivre un enfer à tous ceux qu'il croise, histoire de la forcer à venir le chercher.

Ça lui apprendra à le laisser tomber, lui, Gali, le poney de course et de combat hors pair, lui qui est inégalable en n'importe quel domaine ! Elle va bien être forcée d'admettre qu'il est le meilleur.
Mais d'abord, se reposer.
On va pas vendre la carotte avant de l'avoir regardée pousser tranquilou.
Simone_de_beauvoir
Elle s’est enfin décidée, ou plus exactement le côté face de l’écu lancé en l’air a décidé pour elle qu’elle retournerait à Marmande, Labrit étant par trop souf(f)reteuse ces temps-ci. Elle salue donc Ardath et Eilith qui y retournent.

J’vous dis à bientôt je suppose… Et si vous croisez l’Commandant Poivrot, tirez-lui les oreilles pour le remercier de ses putains d’tuyaux percés.

Les deux jeunes filles partent à bride abattue vers la Gascogne.

Alors qu’elle s’apprête à proposer à Staron de la suivre, il reçoit une missive dont la lecture le met dans tous ses états et se précipite en direction de la ville après lui avoir lancé quelques vagues explications. Simone ne se laisse pas désarçonner et se lance à sa poursuite, regrettant tout de même le cheval auquel elle avait fini par s’habituer. Le pèlerin daigne ralentir lorsqu’il remarque sa présence, et clarifie enfin la situation. Sa fiancée est gravement blessée, sans doute attaquée sur les chemins, et il doit de toute urgence la rejoindre. Simone acquiesce donc gravement et presse le pas. Le pauvre doit se sentir coupable, bien qu’il n’y soit pour rien, et surtout être mort d’inquiétude, connaissant l’amour qu’il lui porte.

Rapides et muets, ils ont donc tôt fait de voir arriver les portes de la ville de Marmande. Staron y entre sans problème, obnubilée par la pensée de sa promise. Mais lorsque Simone cherche à le suivre, les gardes barrent la grande porte de leurs lances. Étonnée, elle fronce les sourcils, avance d’un pas, mais les gardes ne bougent pas. Elle redresse le menton et les toise.


Que signifie… ?

Fini de faire la mariole !

Elle en reste un instant bouche bée, mais reprend rapidement ses esprits.

Ah ! je fais la mariole ?... Ah ! je fais la mariole ?... Je… C’est… C’est trop fort !...Moi, faire la mariole !... J’exige des excuses !... Des excuses, vous m’entendez ? Vous n’avez pas le droit !... Moi, Simone de Beauvoir, faire la mariole !... Oser me dire des choses pareilles !... Vous !... Vous !... Je vais vous montrer, moi, de quelle façon je fais la mariole !... Mais… Mais… Mais que faites-vous ?!!

Durant son monologue, les gardes ont échangé un regard d’abord ébahi, qui a rapidement tourné à l’agacement, et ce regard a semble-t-il suffit à leur concertation puisqu’avec un bel ensemble, ils l’ont attrapée chacun par un bras et l’ont soulevée de terre comme une plume. À un mètre du sol, les jambes ballant dans le vide, elle hurle de plus belle en se débattant pour la forme.

Lâchez-moi, lâchez-moi, vous n’avez pas le droit !!

En soupirant, ils l’entraînent un peu à l’écart du village, répétant machinalement la même chose à chacune de ses récriminations.


Fini de faire la mariole.

...

Fini de faire la mariole.


Ces cerbères étaient-ils donc débiles ?

Découragée, elle finit par cesser de lutter, angoissée cependant et espérant un instant propice à l’évasion. Les sentinelles la transportent jusqu’à un petit bâtiment d’aspect miteux, où ils la jettent sans ménagement. À peine a-t-elle le temps de se relever douloureusement qu’on referme déjà la porte sur elle. Elle s’y rue, s’y abîme l’épaule, en secoue les barreaux.


Attendez !! Où allez-vous ? Vous allez m’abandonner ici ? Monstres !!

Une voix sifflante lui répond, et une tête de vieillard apparaît entre les barreaux.

Reste tranquille, toi ! Ils ont fini leur boulot, à présent c’est à mon tour de faire le mien. Et pour l’heure ça consiste à t’surveiller pendant trois jours, alors mets-y du tien !

Elle se recule, effrayée par l’affreux maton. La juge avait donc fini par rendre son verdict, malgré l’absence de preuves de sa culpabilité. La justice guyennoise n’était qu’une vaste plaisanterie. Mais elle savait qu’elle serait vengée. Son ventre criait famine, elle prit son courage à deux mains.


J’peux avoir à manger, au moins ?

Le geôlier la dévisagez avant d’éclater d’un rire sinistre quoi que peu sincère. Il devait avoir l’habitude de la question mais se plaire encore à y répondre.


Puis quoi encore, c'est-y qu'tu serais donc une duchesse pour qu’on te flagorne ? T’es pas à l’auberge ici, t’es en taule, gamine ! Si ça t’plaît pas tu r’commenceras pas les bêtises au moins, et pour cette fois ben fallait y penser avant ! Maint’nant souffre en silence, steu plaît, j’aimerais roupiller tranquille.

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Eilith
Sur la route vers la Gascogne

Pour une fois qu'elle avait tout fait correctement... Fallait que l'ivrogne qui leur sert d'indic se soit planté...

Eilith soupire, et s'étire, le corps ankylosé à force d'attendre pour rien.
Bon, ben on va faire comme on a dit, hein, retourner un peu à Labrit ?
Sauf que Simone a pas l'air décidée à vouloir rentrer en Gascogne. Elle hésite longtemps, et le joue finalement à pile ou face. Face, elle part donc pour Marmande. Elle leur adresse toutefois un salut avant de partir.


J’vous dis à bientôt je suppose… Et si vous croisez l’Commandant Poivrot, tirez-lui les oreilles pour le remercier de ses putains d’tuyaux percés.


Oui, t'en fais pas, je lui échaufferai les oreilles... avec ma méthode...

Puis, Eilith talonne le palefroi, et file droit vers la Gascogne, suivie de près par Ardath, et par... et par...

Staron ?

Elle fronce les sourcils en se retournant, constatant la disparition du cousin.
Bah, il a du vouloir accompagner Simone. Oui, ça doit être ça.


Labrit

Enfin, retour en Gascogne. Elle avait appris par un pigeon, sur le chemin, la blessure de Lou, expliquant donc le revirement de Staron. C'est fou ça, suffit qu'elle apparaisse pour qu'il devienne vraiment cinglé.
Mais bon, de toute façon, ils se reverront.

Labrit et ses sapins. Peut-être parce qu'elle y habite, la Gascogne a pour elle une teinte différente des autres endroits où elle va. Déjà, en allant dans les tavernes, elle reconnaît des visages, déjà, elle n'a plus à se présenter à chaque personne qu'elle croise. C'est moins fatigant.
Elle jette un coup d'oeil à la Mairie, pour voir que la Fourmi cherche un employé. Et en plus, elle trouve de suite de bons boulots bien payés. C'est avec un grand sourire qu'elle s'exécute.

Elle était en plein milieu de ses semailles de maïs, quand deux maréchaux viennent la trouver.

Bonjour, Dameisela Eilith. On vient de recevoir un pigeon nous ordonnant de vous mettre en prison pour trois jours. Donc, nous sommes désolés, mais... vous devez nous suivre.

Non.

Merci de votre coopér... comment ça non ?!


Ben, là je travaille, donc je vais pas laisser mon travail, hein ? Ça fait pas très très sérieux, quand même...


Sa phrase reste quelques secondes sans réponse, dans un silence interrompu par les coups répétés du soc de la charrue. Faut dire qu'elle l'entretient très bien, sa charrue, la Fourmi. Surtout la partie métallique, elle est presque sans défaut.


Hem... Nous, on a des ordres, Dameisela. Et donc, vous devez être emprisonnée.
Et comment on va faire, alors, hein ?


Quelques minutes plus tard.

Non, plus à droite. Voilà, et puis surtout, restez ferme, hein. Mais non, pas comme ça!! Vous avez pas du tout de force, vous ?

Une Eilith ligotée qui donne ses ordres aux pauvres maréchaux pétris de bonne volonté, ça vaut le coup d'oeil. Surtout quand les deux bougres semblent plus doués pour rester plantés à surveiller le marché ou l'horizon que se baisser pour travailler la terre.

Finalement, les semailles sont finies. Les trois repartent alors tranquillement vers la prison.


Diiiites, je pourrais sortir, de temps en temps ?

Non, désolé, Damiseila. Quand on va en prison, on sort pas.


Mais...même pas pour boire un peu ???
Elle prend un air horrifié.

On est vraiment désolés.


Dans les geôles.


C'est avec un grand sourire qu'elle découvre sa cellule. Lugubre à souhait, mais, surtout, délabrée. Avec un courant d'air... et qui dit courant d'air...
Y a pas à dire, elle est bien contente d'être de retour au pays...
Simone_de_beauvoir
Le tour du propriétaire est vite fait.

Le cachot est totalement vide à l’exception d’un banc branlant recouvert d’une paillasse éventrée qui vomit son foin. Elle s’y assied, y reste songeuse un moment, désorientée. Brusquement elle pense à son chat, que dans la bataille elle avait oublié. Elle ouvre précipitamment sa besace et constate avec horreur son absence. Sans doute a-t-il filé lorsque les deux brutes la malmenaient, et occupée à s’en indigner, elle n’y a pas prêté attention. Elle se sent soudain bien plus seule encore. Elle ne s’en fait pas pour lui, farouche et débrouillard, mais sa peine lui paraitra bien plus longue sans sa présence réconfortante.

Entre un freux porteur d’un message. Elle sursaute en reconnaissant le messager. La missive émanait donc du colosse croisé au marché aux esclaves. Le gardien fronça ses sourcils broussailleux, visiblement peu habitué à ce genre d’oiseau, et tenta de s’en emparer par le cou comme d’une volaille ou d’un pigeon. Mal lui en prit. Le freux lui larda vivement la main de la pointe de son bec et vint s’agripper aux barreaux de la cellule. Simone détacha le message et l’oiseau repartit aussitôt. Elle se rencogna dans le fond du cachot et s’appliqua à déchiffrer la lettre malgré l’obscurité. En fond sonore elle entendait les grommellements furieux du gardien.

Sancte avait appris sa condamnation et lui conseillait à l’avenir de faire appel à Lorca, le meilleur dans le domaine selon lui. Simone froissa la lettre et la fourra dans sa poche, songeuse. Elle aurait aimé lui répondre, le remercier de l’attention, même minime. Après tout cet homme lui était parfaitement inconnu. Elle passa la tête entre les larges barreaux, laissant retomber ses bras à l’extérieur, découragée. Il allait lui falloir tuer trois jours en compagnie d’un geôlier acariâtre et sadique, et sans le moindre moyen de communication. C’est alors qu’elle remarqua, par la fenêtre de la prison, le freux sur un arbre perché à quelques mètres de là. Il n’avait pas disparu, il attendait sa réponse. Elle sourit, rapide à reprendre espoir, tira un morceau de parchemin de sa musette et griffonna une réponse dessus, à la faible lumière ambiante.




Grand merci pour vos conseils avisés. Quant à ma condamnation actuelle, elle touche effectivement mes compagnes de voyage, qui elles la purgent en Gascogne, mais nous allons porter l'affaire devant la Cour d'Appel.

S'il vous reprenait l'envie de m'envoyer un messager durant mon séjour, faites-moi donc porter des pommes, c'est je crois ce qui se fait en pareil cas.

Cordialement,
Simone de Beauvoir.


Elle agita le papier à travers les barreaux, et le corbeau vint le cueillir au vol. Puis elle se rassit dans le fond, sur la paillasse humide où elle allait devoir coucher trois nuits, attendant la réponse en se tordant les doigts. Soudain une idée lumineuse lui travers l’esprit. Elle avait dans sa besace assez d’herbes diverses pour endormir le gardien, voire l’occire si l’envie lui en prenait. Il ne lui restait plus qu’à imaginer un moyen de les lui faire ingurgiter. Alors qu’elle y réfléchissait, l’évidence lui apparut. Il ne servait à rien de l’endormir, quand bien même elle y parviendrait elle ne pourrait pas pour autant s’évader. D’ailleurs lui-même ne comptait sans doute pas rester éveillé trois jours et trois nuits et faisait confiance à l’énorme serrure, à moins que les gardiens ne se relayassent. Elle soupira profondément, tandis que la tête noire de l’oiseau reparaissait entre les barreaux. La réponse était ouvertement moqueuse. Trop lourdes, les pommes… Elle grimaça en voyant le proposition de pruneaux. Avec le souvenir qu’elle gardait d’Agen, merci bien, elle préférait encore jeûner. À moins qu’il ne fit allusion à l’alcool de pruneaux… Mais non, bien sûr, une bouteille eût été logiquement bien plus lourde que quelques fruits.

Hé, c'est qu'il ne fallait pas la prendre pour une poire, la Simone.




Me voilà fort désappointée, j'imaginais vos oiseaux plus costauds. Je suppose donc que les pruneaux seront tout aussi lourds pour eux, s'ils sont renfermés dans une bouteille de liqueur. Las, je sauterai quelques repas.

Merci quand même.


Elle confia le message au corbeau en le traitant de gringalet au passage, puis se laissa choir de nouveau sur la paillasse inconfortable, ruminant de plus belle quelque machination. Si au moins elle avait eu en sa possession la flûte d’Eilith… À coup sûr le gardien l’aurait laissé s’enfuir, tout plutôt que de perdre l’ouïe et la raison. Cet instrument avait réellement des pouvoirs magiques. Pour passer le temps elle entreprit de graver quelque chose sur le mur de sa prison. C’était de bon ton, à ce qu’il paraissait. Quelques inscriptions à demi effacées y étaient déjà. Elle les lut pour s’inspirer, mais rien ne lui semblait très emballant.

Un bruissement d’ailes attira son attention, mais au lieu du freux attendu c’est un pigeon qui entra dans la cellule. Petit, il s’y était aisément faufilé. Même dans la pénombre elle le reconnut.



Hé ! Mais… J’te connais, toi…

Nul doute qu’il s’agissait de l’un de ceux qu’elle avait confié à Betoval pour qu’il puisse la joindre lorsqu’elle serait partie. Elle eut un petit rire sarcastique en pensant que finalement, l’oiseau n’avait pas eu à faire beaucoup de chemin. Elle s’empara de l’objet de sa visite, et lut la missive tout en caressant, faute de chat, la tête du pigeon roucoulant, visiblement heureux de l’avoir retrouvée.



J'ai su que vous étiez prisonnière ici a Marmande, à défaut d'oranges je viens vous apporter un soutient moral, j'espère qu'il suffira. Si la justice imbécile de ce Duché ne vous incite pas a le quitter dans les plus brefs délais, nous aurons peut être le temps de parler un peu à votre sortie.Je l'espère de tout mon cœur que vous savez joli.
Vous me voyez navré de vous voir en cet état.
Bon courage.


L’allusion aux oranges, ces fruits merveilleux au goût indescriptible que lui avait vanté Cymoril, lui fit d’abord penser qu’il avait dû se rendre en Espagne, lui aussi. Puis elle se ravisa. Sans doute un voyageur lui en avait-il parlé, comme à elle. Elle lisait et relisait la lettre. Les hommes s’imaginaient-ils donc qu’elle se nourrissait de soutien moral et d’eau fraîche ? La journée avançait et elle n’avait toujours rien avalé. Vagabonde, elle avait l’habitude de parfois jeûner. Mais trois jours de suite ?

Elle se demanda si elle avait droit aux visites, et posa la question au gardien qui ne répondit pas. Irritée, elle se leva et reposa la question plus fort, en vain. L’homme pionçait à poings fermés. Elle en fut outrée.


Ah ! C’est comme ça. Ah ! Messire dort pendant que je crève la faim dans un cachot glauque et suintant. Ah mais, nous allons voir ce que nous allons voir.

Furieusement, elle tapa de son bâton contre les barreaux, mais l’assourdissant vacarme métallique ne put tirer le dormeur de son sommeil injuste. De plus en plus excédée, elle vida sa musette sur la paillasse à la recherche de ce qui se faisait de plus bruyant. Plût au ciel qu’elle eût en sa possession le maudit chalumeau d’Eilith ! Mais peut-être la jouvencelle était-elle la seule à savoir tirer aussi épouvantables bruits de cet instrument. Simone décida de s’appliquer à la surpasser. Elle tira une herbe d’un sachet, la coupa en deux de la pointe de l’ongle et souffla puissamment dans la fente, produisant un sifflement strident. Le geôlier eut un léger hoquet et se rendormit aussitôt. Elle jeta rageusement le brin d’herbe et son dévolu sur un pochon rempli de graines et de cailloux, qu’elle agita comme une maracasse. Aucune réaction cette fois-ci.

Sans se décourager pour si peu, elle poursuivit ses recherches...

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Betoval
Betoval rentre chez lui, la journée a été bonne, très bonne, il commence une nouvelle carrière, il a de bonnes nouvelles de tout le monde, tout va bien , tout va bien...

Pourquoi ce gout amer?

Qu"est ce que j'en ai a faire, je la connais à peine.


"Je peux pas vous donnez ce laisser passer pour une visite, on risque de me taper sur les doigts". Les mots du lieutenant lui reviennent et augmentent son énervement.
J''ai l'air d'un si terrible brigand? Vais je donc égorger mes potes gardes de Marmande?
Enfin ses potes pas tous... mais bon de la à les égorger.

C'est leur peur qui l'énerve le plus, la peur par habitude. Il a espoir d'y échapper en prenant de la bedaine mais pas sur; ça a l'air sacrement insidieux comme truc, ça touche même des gens corrects.

Bref, il a raté sa rue, il se dirige vers la prison. Va la ou tes pas te guident qu'il disait son presque père.

Qu'est ce quelle a cette princesse?. Je sais pas. Il a jamais aimé les oiseaux en cage, même ces putains de charognards, pour lui un oiseau c'est fait pour voler, en décider autrement c'est aller à l'encontre de la création, un oiseau qui vole ça lui fait plaisir, c'est libre, ça fait rêver.

Ça va te déprimer, c'est sur, bon alors par charité, c'est ça.
Fort de cette raison ridicule il arrive a la Prison, un petit bâtiment.
C'est calme Marmande, il se passe rien qui demande plus grand. au pire il y a les cachots de la sénéchaussée en prime.


Bon parait que c'est l'autre vieux débris qui la garde, autant dire que c'est mal barré. Il se rappelle ses derniers échanges avec le vieux, il lui filait des coups de pieds alors que cette ordure le tenait d'un bras et tentait de lui asséner des coups de trique avec l'autre, tout ça pour quelques fruits bouffés.
Enfin ça remontait à loin quand même, j'me demande si il s'en souvient. Lui se rappelait la trique mais l'autre? Le coup de pied dans le nez?


Bref c'est pas gagné. Il entends un ronflement
Il a espoir que ce soit pas la demoiselle, il sourit à cette pensée, ça détend.

Le vieux croulant est écroulé, sans doute imbibé. Il s'approche des barreaux.

Demoiselle Simone? Vous êtes la? et ou tu veux qu'elle soit crétin. ca va? sans doute aux anges, ca part mal , je savais qu'il fallait pas venir.
Simone_de_beauvoir
Dans une geôle de Marmande.

Elle avait fini par dénicher un appeau qui lui venait de sa mère, et qu’elle avait complètement oublié depuis des années qu’elle le trimballait sans en avoir l’usage.

Son visage s’éclaira alors. Certaine d’avoir enfin trouvé la solution à son problème, elle le porta à ses lèvres et lors qu’elle s’apprêtait à souffler dedans, un bruit l’arrêta. La porte de la prison venait de s’ouvrir en grinçant sinistrement comme seules une porte de prison ou des dents de gardiens de prison savent le faire. Simone retint son souffle. Qu’était-ce ? Amenait-on un autre prisonnier ? À l’affut, immobile au fond de sa cellule, l’appeau toujours stupidement brandi devant sa bouche, elle entendit un très léger bruit de pas. Elle se rencogna un peu plus dans l’ombre tandis que son appréhension se muait en angoisse au creux de son ventre. Elle se sentait démunie, on lui avait bien sûr confisqué épée et bouclier, même son fauve l’avait abandonnée et ce n’était pas ce foutu pigeon qui saurait le remplacer.

Un souffle plus qu’une voix se fit alors entendre.


Demoiselle Simone?

Elle crispa les mains sur l’arme dérisoire qu'était l'appeau. L’inconnu dont la vague silhouette se dessinait derrière les barreaux la connaissait, ou du moins connaissait son nom, ce qui ne prouvait rien. Elle s’abstint de répondre.

Vous etes la?

La voix lui disait quelque chose. Elle ne savait encore l’identifier, mais le nœud glacé dans son ventre sembla se dénouer légèrement.

ca va?

Enfin elle reconnut son inconnu, plus qu’à la voix, à l’intonation, celle de quelqu’un qui ne croit pas vraiment à ce qu’il dit et qui s’attend à se faire railler. Elle en fut si touchée qu’elle laissa échapper un éclat de rire clair qui fusa comme un trille parmi les ronflements du geôlier.

Puis elle s’avisa que Betoval s’attendait certainement à une réponse plus complète, mais elle restait silencieuse, hébétée, à tripoter machinalement le sifflet sans savoir que répondre. Une goulée d’air avalée la décida.


Je…

Sa voix résonna bizarrement dans la cavité humide. Elle baissa le ton, craignant de réveiller le gardien, ce qui aurait été vraiment trop bête après tous les efforts qu’elle avait fait en ce sens quelques instants auparavant.

…suis là, oui. Et je vais bien, merci de vous en préoccuper. Mais j’ai perdu mon chat.

Sans lui, son dénuement était tel qu’elle n’avait pu retenir ces paroles. À coup sûr il allait la prendre pour une folle, ou pis, une vieille fille qui buvait du lait chaud.

J’y tiens beaucoup et… On ne se sépare jamais longtemps. Un beau chat roux, plutôt costaud, j’ignore si vous l’avez déjà vu mais si par hasard vous le croisez…

Elle s’interrompit, consciente de sa sottise. S’il le croisait, quoi ? Qu’il le lui ramène par la peau du cou jusqu’à la prison ? Il allait se faire lacérer la gueule, oui. Qu’il s’en occupe bien en attendant son retour ? Faust était indépendant, la plupart du temps c’était même plutôt lui qui la nourrissait.

Oubliez ça… Je…

Elle déglutit, réalisant soudain qu’elle ne savait toujours pas ce qu’il trafiquait ici en pleine nuit. En tout cas elle avait la réponse à sa question, les visites lui étaient manifestement interdites sans quoi l’arrivée de Betoval eût été moins furtive. Mais il n’avait sans doute pas pris tant de risques pour le plaisir de discuter le bout de gras et s’entendre parler d’un chat. Son propre sens de l’à propos la fit sourire sarcastiquement, et elle changea de ton, le faisant mondain et détaché.

Que me vaut l’honneur de votre visite ?

Elle hésita à s’approcher des barreaux, et finalement se contenta d’un pas dans l’ombre.
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Betoval
Le rire qu'il attendait ne se fit pas attendre. Et voila.
Je…
…suis là, oui. Et je vais bien, merci de vous en préoccuper. Mais j’ai perdu mon chat.


Son chat?
Décidément le sort prends un malin plaisir a s'acharner sur certains, dans une autre situation cela le ferait rire mais la il ne se sent pas totalement détendu.


J’y tiens beaucoup et… On ne se sépare jamais longtemps. Un beau chat roux, plutôt costaud, j’ignore si vous l’avez déjà vu mais si par hasard vous le croisez…

Un chat roux, bon très bien, voila, il s'en tire a bon compte, il récupère le chat et il sera tranquille, débarrassé du malaise qui l'a conduit ici.

Oubliez ça… Je…

Ca n'aurait pas suffit de toutes façons

Que me vaut l’honneur de votre visite ?
Le ton mondain finit de le déstabiliser
... et bien... je me disais..

Qu'est ce que tu fais la? L'absurdité de sa présence en ce lieu lui apparait soudain.
Il tâte discrètement sa musette espérant un miracle, une bouteille de lait, c'est tout.

Et bien je pensais que peut être vous auriez faim, mais cela peut servir pour attirer votre chat aussi.
Il tente de passer la bouteille a travers les barreaux, ça ne passe pas.


La poisse

Il y a t'il quelque chose d'utile que je puisse faire pour vous ?
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