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[RP] Orphelinat Sainte Clothilde

--Torak


[A l’entrée devant la grille]

Ben où étaient-ils tous passés ?
Perdu dans le grand domaine qu’il apprenait à connaître, Torak, le petit maître des lieux, vadrouillait en sautillant sur ses pattes dans le jardin, courant une fois après un papillon, une autre fois après une branche qu’on voulait bien lui lancé. Oui, parce que Torak c’est lui : le terre neuve de 2 mois aussi mignon qu’une peluche, aux poils longs et tout doux, et que tout le monde aime d’un simple regard. Et comme tous les chiots, Torak veut jouer. Normal non ?

Enfin le chiot ne fait pas que cela. Lorsque la gentille madame est venue le cherché, là bas dans le froid, elle lui avait bien dit qu’il fallait qu’il monte la garde. Alors quand arriva le sergent avec un enfant, c’est un chiot avec un faux air de sauvage qui s’élança au pas de course vers la grille.


Awhhouuuuuuuuuuf Awhhouuuuuf

Voilà, il espérait qu’avec ce hurlement retentissant, sa maîtresse viendrait à lui avec un os tout frais pour le féliciter. Même s’il se doutait bien qu’il s’agirait plutôt du vieux bonhomme qui n’arrêtait pas de lui courir après, Torak gardait quelques espérances d’avoir une douce caresse qu’une tape dure sur le crane. Oh et encore une fois tiens.

Awhouuuuuufff Awhouuuuuuffff

Puis, arrivé devant la grille, de l’autre coté des deux humains, le chiot s’assit en haletant, se demandant ce que faisait sa maîtresse.
Rodrielle
[Bureau de Rodrielle]

Rodrielle pouvait lire tout l’intérêt que portaient les jeunes femmes à l’orphelinat dans le fond de leurs yeux. Quelque chose en elle était étonnement touchant, comme un lourd passé ou un manque affectif profond, que la brune elle-même connaissait depuis plus de deux ans. Les enfants étaient pour elle une bénédiction, des êtres qu’on ne devait jamais laissé. Mais, dans sa propre histoire, Rodrielle le comprit bien trop tard… L’orphelinat était-il donc une sorte de pardon qu’elle tentait de gagner du Très-Haut ?

Lorsque les deux femmes signèrent, Rodrielle frappa des mains de joie. Ses yeux brillaient d’émotion, sentant que l’orphelinat commençait très bien pour son premier jour. La donzelle allait donc remercier ses deux nouvelles collègues lorsqu’elle remarqua l’attitude du félin… Même pas le temps de l’en empêché que le voilà déjà sur la table à tout chambouler. Seul un « nooonn » bruyant s’échappa des lèvres de la propriétaire qui attrapa le chat par la peau du dos dans un réflexe.

Bon sang d’bon soir mais c’est pas possible ! Tu as vu le foutoir que tu as mis ?! Dehors !!

Accompagnant le geste et la parole, Rodrielle lança le matou dans le couloir d’un geste brusque, en colère contre l’animal qui n’était pas à elle. Ainsi, après avoir maugréé contre la bête en regardant les parchemins et son bureau tachés d’encre, Rodrielle poussa un profond soupire.

Je crois que cet animal nous causera plus de soucis que les enfants… je suis désolée vraiment. J’espère qu’aucune de vous n’est tachée. Mais, au moins, je reconnaîtrai vos contrats ! Dans tous les cas, je vous souhaite la bienvenue dans l’équipe ! Des chambres sont à disposition au bout du couloir, celles de l’étage étant réservées aux enfants, et la cuisine est en bas. Encore félicitation à vous ! –Tout en leur serrant amicalement la main survint l’aboiement du chien- Quand ce n’est pas l’un c’est l’autre… Mais, je crois que nous avons de la visite mesdames !

Effectivement, Rodrielle aperçu à la fenêtre de son bureau un sergent qui attendait à la grille en tenant un enfant par le col. Tout sourire, Rodrielle invita ses nouvelles surveillantes à aller accueillir le premier enfant en s’élançant dans l’escalier et dans le jardin. Mais où était donc Nestor ? Mais elle n’eut pas le temps de l’appeler que déjà les trois dames étaient à la grille.

Bonjour ! Bienvenue à l’orphelinat Sainte Clothilde ! Que pouvons-nous pour vous ?

_________________
--Elouan.


[Devant les grilles de l'orphelinat]


L'aboiement d'un chien sorti le gamin un instant de sa bouderie. Curieux il se retourna pour voir qu'elle était cette bête si féroce qui venait a leur rencontre.
Une prison, c'était bel et bien une prison puisqu'ils avaient des grilles, mais aussi des chiens ! De gros molosse dresser pour manger les enfants si ceux-ci tenter de s'échapper...

Il avait tout gagné aujourd'hui ! Mais pourquoi avait-il fallu que ce maudit marchand passe à ce moment là ! Il n'en serait certainement pas là maintenant...

Maugréant, pestant après cette grosse paluche qui lui tenait fermement le col de la chemise. Le derrière par terre dos à la grille, Elouan essaya de se retourner pour voir la grosse bestiole qui était venue a leur rencontre. Et quand il aperçut la boule de poil, que dis-je, l'espèce de peluche poilu qui montait la garde derrière la grille, le garçonnet eut un moment de surprise avant d'éclater de rire.
Alors c'était le bouquet ! Garder par une saucisse poilu courte sur pattes ! et il espérait quoi le toutou, lui faire peur...


-T'as vu l'gros ! Même l'nounours l'a pas peur d'toi ! Lança le gamin à l'encontre du sergent. T'crois franchement qu'j'vais rester dans un endroit pareil ? Non mais tu rêves! c'est pas c'te boule poilu qui va m'ret'nir !
Et le môme repartit dans un éclat de rire avant de se reprendre une claque derrière la tête par le gros sergent.

L'homme le fusilla du regard, mais Elouan, bien que cessant de rire, ne put s'empêcher de penser à un moyen de fuguer à la première occasion, surtout avec la boule de poil comme gardien.

Regardant le chiot droit dans les yeux, le gosse avança un pas espérant faire peur à la bestiole.

-BOUH !

Mais le chien ne sembla pas bouger d’un poil, pire que ça, trois dame arrivèrent presqu’en même temps à la grille.
Trois dames ! Trois personnes pour l’accueillir… Et lui qui espérait que le sergent le lâcherait. Lui qui espérait qu’il se rendrait compte que ce n’était pas la peine de le laisser dans un pareil endroit. Et là, trois personnes pour lui ouvrir la porte ! Trois personnes pour le faire entré dans cette prison.

Elouan ne put s’empêcher de grimacer et de bougonner. Le sergent le tira sans ménagement par le col pour qu’il se lève et le gamin fut non pas prier mais contraint de se lever et de faire face aux charmantes dames.


-B’jour mesdames ! J’vous amène un pensionnaire ! Un vagabond qui f’sait des bêtises ! Le lieutenant a ordonné qu’il soit placé chez vous et sous bonne garde ! J’vous laisse… bon courage ! C’est un p’tit démon c’môme ! la rien dans l’tetiot ! Déclara sans état d’âme le Sergent en poussant le gosse devant les dames.

Elouan se débattit une dernière fois tentant de repousser cette grosse main velu qui lui serrait le kiki et se retrouva, boudant devant les dames.


Blanche30
Blanche sursauta quand le chat bondit et renversa l'encre. Elle rit de bon coeur.

- Ne vous inquiétez pas, j'ai deux chatons très turbulents à la maison, je sais ce que c'est.

Les trois femmes se dirigèrent ensuite vers le portail pour accueillir un enfant, le premier du nouvel orphelinat de Ste Clothilde. Elle écouta le sergent énoncer l'objet de sa venue.

Un petit garçon. Un petit diable disait le sergent. Mais n'était ce pas le cas de beaucoup de garçons de cet âge ? D'ailleurs, quel âge pouvait-il bien avoir ? Pas plus de 10, c'était certain. Il avait une petite frimousse bien boudeuse. L'intervention du sergent n'avait pas l'air de lui plaire. Qu'avait-il pu faire pour qu'il soit mené ici par cet homme ? Ce n'était sûrement pas le temps d'aborder ce sujet. Cela mettrait l'enfant plus mal à l'aise qu'autre chose.

En tout cas, il allait sûrement leur donner du fil à retorde. Cela se voyait dans ses yeux et il avait voulu faire peur au chiot. Lequel n'avait pas bronché d'ailleurs. Mais cet esprit de rébellion n'était pas pour déplaire à la jeune fille. Ceci lui rendait l'enfant sympathique. De plus, il était assurément passé par des moment difficiles, il n'avait pu en sortir indemne.

La blondinette sourit d'un air malicieux au garçonnet. Mais elle ne parla pas, préférant pour le moment observer et laisser faire.
Shahdara

[Quelque part au milieu de … nulle part, sur les chemins]


- Ah, je t’ai eu !

Shah avait enroulé sa précieuse lettre autour du ventre d’un rat famélique qu’elle tenait à présent bien fermement à pleines mains. C’est Soji qui lui avait appris à le faire. Soji c’était un grand très gentil. Soji il lui avait appris à faire des tas de choses. Comme un papa qu’on lui avait dit. Sauf que la puce elle n’avait jamais eu de papa. Les autres se moquaient d’elle quand elle disait ça. Parce que c’est pas possible de pas avoir de papa qu’ils disaient. Mais c’est vrai ! Shah c’était pas une menteuse ! Shah elle se souvenait pas d’avoir eu un jour un papa. Mais elle avait eu une maman Shah, une très belle maman. Avec de longs cheveux blonds tout bouclés. Elle sentait bon sa maman. Elle était grande aussi. Mais un jour des méchants sont venus lui enlever, et depuis, elle a plus jamais vu sa maman. Soji il disait que les rats c’était plus discret que les pigeons pour emmener les lettres, il disait que les messages arrivaient plus vite alors Shah elle avait appris à attraper les rats. Elle aimait bien attraper les rats, pour faire comme Soji, et puis après elle les donnait à des gens du marché. En échange ils lui donnaient un peu de manger.

Sauf que Soji il avait disparu aussi, il l’avait laissée toute seule, un jour, dans un village où elle connaissait personne. Peut-être qu’elle avait fait une bêtise... peut-être qu’il l’aimait plus Soji… ou peut-être que les méchants étaient revenus et qu’ils l’avaient emmené lui aussi ! Alors Shah elle avait eu peur, très peur, alors elle s’était enfuie, le plus vite possible. Elle avait pleuré aussi, beaucoup, longtemps. Elle était partie. Toute seule. Dans la campagne. Pour retrouver Soji.


- Va trouver Soji le rat, aller ! Moi j’vais aller… par là !

Alors que le rat terrorisé s’enfuyait à travers champs, heure est à l’espoir et à l’inconscience d’une fillette perdue au milieu de nulle part. Grelottant de froid et de peur. A la recherche de quelqu’un qui n’était surement déjà plus de ce monde.

En plus du fait que le "message" n’attendra jamais son destinataire, Shah fini par s’écrouler de faim et de fatigue au beau milieu de nulle part. Ramassée par une mendiante, car « ramassé » était le mot, elle fut conduite à la ville la plus proche sans même s’en rendre compte. Elle se réveilla à l’hospitalet où on lui prodigua quelques soins pour de menues écorchures et où on lui donna de quoi remplir sa panse bien vide et étancher sa soif. Après un bref interrogatoire, alors qu’elle était loin de vouloir s’éterniser ici, on la somma de rester et de prendre du repos. Ses revendications demeurèrent sans réponses.

Pendant ce temps, une lettre parvint à l’orphelinat Sainte Clothilde. Son contenu était très bref. Il était question d’une toute jeune orpheline, elle leur sera confiée très bientôt, dès qu'elle aura repris des forces. L'hospitalet n'était pas en mesure de s'occuper d'elle.

_________________
--Sethh




[ Le bureau – le couloir – l’escalier – le jardin – le toit ]



Comment ? On a osé porter la main sur le roi des matous ! Le secouer comme un vieux prunier ! Le jeter dans le couloir comme un paquet de linge sale ! Ces humains n’ont vraiment aucune éducation, aucun respect pour le seigneur des greniers, le phénix des talus, la fine fleur des félins !

Je me ramasse en poussant un feulement d’indignation. Mes poils se hérissent tout le long de mon dos. Je deviens panthère. Cela suffit amplement pour effrayer les trois donzelles qui se précipitent dans l’escalier. Bien. Je vais me montrer clément, je vais les ignorer. Même un roi doit parfois faire preuve de bienveillance. Je reconnais d’ailleurs que je n’ai pas été des plus adroits avec cette plume et cet encrier. En route. Je poursuis l’exploration de la bâtisse, sans remarquer que chacun de mes pas dépose sur le carrelage ma signature à l’encre bleue. Mon sceau royal …

Soudain ? Qu’est-ce que j’entends là ? Des aboiements au rez-de-chaussée ? Alerte ! L’ennemi héréditaire est dans nos murs ! Avec la ruse et la prudence qui me caractérisent, je dégringole l’escalier dans un silence absolu. Personne. Hop, je me précipite vers la porte d’entrée restée entrouverte, sans croiser ni roquet ni molosse, heureusement. Je glisse une œillade furtive vers le jardin, et je l’aperçois, ce jeune corniaud occupé à japper comme si on lui avait marché sur la queue.

L’animal n’est guère impressionnant, j’en ai rossé de plus terribles, mais ma longue expérience de la vie m’incite à la plus grande sagesse. Il faut d’abord observer attentivement l’ennemi, et en tirer ses propres conclusions. Zou ! Un sprint, un bond, un tronc, une branche, et me voilà perché sur le toit ! J’ignore si le chienchien à sa mèmère m’a repéré, mais moi je ne le quitte pas des yeux …

--Anahis

Le matou eut tôt fait de filer de ses genoux pour en un éclair, mettre la pagaille sur les fameux contrats à peine signés.
L'Anahis rit, franchement, de la situation. Et lorsque le chat s'en alla, plus ou moins forcé, il lui lança un regard qui lui sembla complice.
La romni d'adoption n'aimait pas la rigueur d'un contrat mais dans le monde des gadje, c'était habituel et elle s'y conformait lorsqu'il le fallait.
El Gato, cette fois-ci venait de donner une tournure particulière à ce contrat-ci.

Bien vite, les trois femmes se trouvèrent devant la grille où un policier tenait fermement un enfant, comme s'il s'était agi du diablos lui-même.
A nouveau, Anahis sourit, elle sourit à l'enfant à l'air boudeur et au policier qui pestait. Mais tout comme Blanche, elle laissa dame Rodrielle accueillir l'enfant et répondre au policier.
Sur ce arriva un messager, porteur d'une lettre adressée à l'Orphelinat. Encore une fois, dame Rodrielle s'en occuperait et déléguerait ce qu'elle pensait utile.

En attendant, Anahis s'accroupit et plongea ses doigts fins dans l'épaisse toison du chiot qui semblait aussi perdu que le petit garçon. C'était une bonne chose que des animaux vivent ici, les enfants apprécieraient. Anahis fut satisfaite du choix qu'elle avait fait. Vivre ici, puisqu'il y avait une chambre à sa disposition, serait très bien pour elle.
--La_cunegonde


[Derrière les rideaux de la maison d'en face]

Attirée par les bruits de va et vient et par le grincement de la grille, que le majordome qu’elle surnomme « N’a qu’un œil » ouvre et referme sans arrêt, la vieille Cunégonde repousse son tabouret et laisse son travail sur le rouet, posant le bac de laine à carder à ses pieds.
D’un pas traînant elle s’approche de la petite lucarne percée dans l’épais mur de pierre, en écarte le rideau effrangé, histoire d’un peu regarder ce qui se passe, et elle glisse un regard furtif au travers du vieux vitrail cassé. Sa curiosité y est toujours satisfaite, car la vue donne sur l’immense bâtisse voisine, longtemps désertée par ses propriétaires.

Voyons voir un peu c’que c’est tout ce remue ménage ! Elle fronce le nez et dodeline de la tête. J’étions ben tranquille avec cet orphelinat fermé, et v’la t’y pas qu’une donzelle, même qu’elle s’appelle Rodrielle d’après la boulangère, accompagnée d’un borgne en plus, veut y remettre des sales mômes braillards. C’est qui vont faire peur à mes bestiaux et chaparder dans mon potager, et dame c’est y sans compter sur mes c’risiers, vont m’casser les branches, et les écus de la vente, ben, vont s’envoler !

Arf ! Et d’où qui sortent tous ces mendigots ?

C’est qu’elle réfléchit dur la Cunégonde. Du revers de la main elle essuie la goutte qui pend à son nez et l’essuie sur son tablier décousu.

Sans compter que depuis mâtine y a des donzelles qui rentrent dans le manoir, des blondes, des brunes et joliment tournées ma foi !
C’est y qu’elle va ouvrir un bordeau la Rodrielle ?
Et le vieux gargouilleux « N’a qu’un œil », y s’le rince quand il les fait rentrer ces damoiselles !

Arf ! Et d’où qu’elles sortent toutes ces pécores ?


Pensive, la vieille se gratte la tête, c’est qui faut pas la lui faire à Cunégonde, elle a vécu elle, elle a connu la cour des miracles en son temps, quand elle avait des nichons gros comme des pastèques et que les beaux gars lui mettaient la main aux fesses.

Ha ! Et v’la la maréchaussée maintenant, qu’arrive avec un p’tit loupiot !
Mordiable encore un chenapan, quelle engeance !

Arf ! Et d’où qui sortent tous ces gueux ?

Des aboiement féroces retentissent, la vieille Cunégonde tend l’oreille, mais d’où elle se trouve elle ne voit pas le monstre.

Awhhouuuuuuuuuuf Awhhouuuuuf

Arf ! Et qu’y ont même un chien méchant, c’est sûr qui va m’bouffer mes dindons çui- là !

Et qui c’est qui la regarde du haut du toit ? Ha ! C’est le matou du voisin qu’a toujours l’nez dans ses livres, ses papiers et ses plumes d’oie, et prétentieux avec ça, l’a appelé Sethh c’est pas un nom de chat, ça !

Shahdara

[Sur la route de l’orphelinat]



- A l’orphelinat, je vous prie.
- Bien m'dame.

Ils étaient en route, à bord d’une chariote. Pour tout bagage, elle portait dans son dos une minuscule rame de bois sur laquelle était gravé « Pour Shah, Soji. ». A son épaule une petite besace de toile dans laquelle trônait sa petite princesse. Une poupée qu’on lui avait offerte après qu’elle ait perdu sa maman. Elle n’était plus très propre mais la petite en avait prit grand soin. Ce n’était pas vraiment le cas de ses jupons, déjà maintes fois reprisés, qui pouvaient témoigner de la dureté de leur périple à travers les ronces.

La puce s’était assise bien au fond, sagement. Le cocher moustachu l’avait prévenue de sa grosse voix :

- On gard'les mains et l' pieds à l’intérieur jeun'fille.
Sa voix avait résonné si fort que la puce n’avait pas bronché. Et encore il parlait calmement là. Elle préférait ne pas avoir à l’entendre une fois fâché.

La chariote cahotante fit remonter à la surface de vieux souvenirs. Elle était là, avec son sourire magnifique. Et elle sentait si bon. L’étoffe de sa robe était tellement douce qu’elle se blottissait à l’intérieur. De la chaleur, de la tendresse, de l’amour. De ces instants de bonheur purs qu’on voudrait qu’ils ne s’arrêtent jamais. Et puis des cris, des hennissements, de la peur, des menaces, des mouvements brusques, violents. La puce sursaute, les yeux ronds.


- Voyons, ne t’en fait pas, ils sauront bien s’occuper de toi. Un jour ton Soji viendra te chercher, en attendant, il te faut un toit et de l’attention. Tu verras, là-bas il y aura d’autres enfants, tu pourras jouer autant que tu veux.

Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Décidément elle ne comprendra jamais les grands.



[Devant les grilles de l’orphelinat]


Pas la peine de sonner la cloche pour avertir de son arrivée ici, ils avaient une étrange boule de poil pour système d’alarme.

Awhhouuuuuuuuf Awhhouuuuuuuuf

Original non ?
Quoi qu’il en soit la petite resta bouche-bé d’admiration devant cet animal. Oubliée la taille de la bâtisse, oubliée la hauteur de la grille, oublié ce lieu inconnu. Sans prévenir, la puce lâcha la main de la dame et se mis à trottiner en direction de la grille. Les genoux par terre, elle passa ses bras à travers les barreaux pour y accueillir l’animal. De loin, son pelage semblait lourd et dur, mais la puce enfonça ses menottes dans quelque chose de doux, léger et soyeux. Pour tout accueil, le chiot lui lécha abondamment le visage.


- Hi hi hi… Ha ha ha… Tu m’chatouilles !
_________________
--Torak



[A la grille]

Qu’est-ce qu’ils ont tous ces humains à vouloir faire peur aux petits animaux ? Mais Torak s’en fichait, trop insouciant tel un enfant de 2 ans, il n’avait peur de rien. Alors, lorsque le petit garçon tenta de lui faire peur, le terre-neuve prit ca comme une envie de jouer et redressa l’arrière-train en remuant la queue prêt à bondir derrière la grille. Sauf que voilà, il n’eut pas le temps : sa maîtresse arrivait à grand pas, accompagnée par deux autres femelles que Torak regarda. Et voilà un flot de caresses dont le chiot ne se lassait jamais et qui ne le fit pas remarquer la présence féline sur le toit. Y a pas à dire, il était tombé dans une super famille !

Puis vint les discussions de grands, grille grande ouverte, dont Torak ne comprenait le traître mot… Lui ne comprenait que les plus importants : coucher, assis, viens, manger. Alors lorsqu’une charrette s’arrêta sur le chemin qui menait à l’orphelinat, le chiot refit le garde en aboyant de la même façon que la fois précédente, persuadé d’avoir un « nonos » au diner. Mais ce ne fut pas un os qu’il eut comme cadeau cette fois ci : une petite humaine venait vers lui en courant et le serra fort contre elle. « Chouette ! Encore une humaine gentille ! » Pensa le chiot alors qu’il léchait déjà la joue de l’enfant, heureux de toute cette attention. Quelle belle vie de chien !
Rodrielle
[A la grille - Rencontres]

Rodrielle gardait les yeux rivés sur le petit gars alors que le sergent expliquait la raison de sa venue. Petit diable qu’il disait… Cela était bien possible, vu le regard espiègle du garçon et sa mine boudeuse. Mais tout cela n’était rien d’alarmant pour la donzelle… Jaris avait été de la même souche : fougueux, fugitif et petit diable en personne, mais l’amour de Rodrielle avait changé la donne. Pourquoi pas avec celui-ci ? Ainsi, avec un sourire mesquin au visage, elle répondit au Sergent :

N’ayez crainte, ce petit bonhomme sera bien ici ! Et on ne le quittera pas des yeux ! Au revoir !

Une fois le sergent parti, Rodrielle s’accroupit devant le garçon pour se mettre à sa hauteur –en signe de respect ils disaient- et déposa une main réconfortante sur son épaule et l’autre sous son menton pour lui faire relever la tête. Emeraudes rentrant en contact avec les perles du petit, Rodrielle lui sourit.

Je suis Rodrielle, la directrice de l’orphelinat. Et voici les deux dames qui s’occuperont de toi : Anahis et Blanche. Ne boudes pas bonhomme, nous ne sommes pas des monstres, au contraire ! Quel est ton nom ?

Alors que sa voix douce berçait l’oreille du petit, Rodrielle se redressa sous les nouveaux hurlements de Torak. Après un clin d’œil au garçon, qu’elle amena vers les deux surveillantes, la donzelle tourna le regard vers le chiot qui se faisait câliner par une petite fille. Sans demander quoique ce soit, Rodrielle comprit qu’il s’agissait de la petite nommée dans une lettre arrivée quelques minutes plus tôt et que la propriétaire des lieux ne lut qu’à cet instant précis.

Humm… Ne serais-tu pas Shahdara ma petite ?

Pour seule réponse, elle eut celle d’une dame qui était restée en retrait. Oui, il s’agissait bien de Shahdara, petite puce de 6 ans retrouvée affaiblie et restée pendant quelques jours à l’hospitalet avant d’être envoyée ici même. Quelques maigres affaires lui furent donné, quelques promesses rendues en retour, un au revoir pas si déchirant que cela, et voilà la dame et la charrette reparties aussi vite qu’elles étaient arrivées.

Bon, mesdames nous voilà avec deux nouveaux pensionnaires ! Que diriez-vous, tous, d’aller en cuisine pour un petit gouter ? On s’occupera des chambres plus tard.

Après avoir entendu les réponses (positives ou négatives) de ses interlocuteurs, Rodrielle fit un signe de la main à la voisine mal cachée derrière sa fenêtre avant de tourner les talons vers la cuisine. La mission première de Rodrielle était de mettre en confiance les enfants. La suite se ferait toute seule…

_________________
--Nestor


[Dans la cuisine, au calme]

Non d’un chien c’est quoi tout ce foutoir ?!

Appuyé contre la fenêtre de la cuisine, un bon verre de rouge dans la main, me voilà en train d’espionner ma chef et sa nouvelle troupe. Vrai qu’elles sont pas mal les nouvelles surveillantes, j’vais peut être devenir aimables avec elles… qui sait ce qu’il pourrait s’passer ?
Même pas envie d’aller accueillir le premier rejeton qui vient d’arriver avec le sergent, j’suis pas un portier ni un hibou ! Et puis la Rodrielle sait très bien se débrouiller apparemment… Son effrayant chien de garde sachant très bien faire ce que moi je ne sais pas faire. Et puis faut que je garde mes forces pour plus tard… Surement que les mômes vont être intenables ce soir, et y a qu’un homme comme moi qui peut crier et faire la loi ! Parole de soldat !

Mais malheureusement, la pause était de courte durée. Voilà les jeunettes (et la moins jeunette en fait) avec les deux mioches et le cabot qui s’approchent de la cuisine. Vite, mon verre ! Hop le voilà ballé en deux secondes et le verre dans un seau prêt à être lavé. Maintenant, paraître le plus naturel possible… Tirant mon veston vers le bas et l’époussetant, je me retrouve dans le hall d’entrée pour découvrir les dégâts provoqués par le matou du voisin.


Bougre bleu de non d’nom !! Si j’l’attrape c’te fichue bestiole j’vais m’la faire à la broche ! Bigre de bougre de nom de D…

Mes cris l’emportent sur mon calme légendaire et me voilà hurlant contre ces tâches d’encre bleus signé Sethh. Qui est-ce qui va devoir nettoyé tout ca, hein ? J’vous l’donne en mille ! Quelques jurons de plus et la porte grince ; Oups…


___________
--Elouan.


[Dehors devant les grilles]


Bien sa veine au gosse… Le Sergent ne le lâchait pas d’une semelle. Resserrant au contraire sa grosse patte velue sur le col de ce qui restait de la chemise du garçonnet. Et plus la poigne se resserrait, plus l’asticot gesticulait. Et le pire de tout, les trois Dame le regardait en souriant, de ce genre de sourire que les p’tits durs détestait.

Ca sentait les papouilles, les câlinous et les chatouillis à tout va. Pouah ! Pas digne d’un dur de dur ça !

Tant pis, de toute façon à la première occasion il s’enfuirait, c’était promis. Mais pour l’instant pas question de dire quoi que ce soit, et surtout pas de leur sourire ! Il ne voulait pas qu’elles sachent, pas qu’elles voient non plus l’immense détresse qu’il tentait de dissimuler sous son air de dur à cuire.


-Aller l’drôle ! Au moins ici, tu m’cassera plus les oreilles ! Mais si j’te r’vois dans la rue, mon p’tit. J’te découpe les oreilles et je les mange ! Marmonna, moqueur le Sergent en poussa le gamin un peu plus en devant les dames, avant de s’éclipser à son tour.
Elouan se retourna violement les poings en avant près à en découdre avec le gros bonhomme mais trop tard… Le lâche était déjà parti.

Grognant, pestant, le gamin fourra les mains dans ses poches et tapa dans un caillou avec son pied. La dame qui s’était présenté comme la directrice se mit alors a sa hauteur lui relevant le menton et posant une main sur son épaule.

Le contact. Il détestait cela le môme. Mais quand ses billes sombres rencontrèrent les émeraudes de Rodrielle il ne trouva pas le courage de se dégager de la main de la jeune femme. Mais pas question pour autant de parler. Pas question de lui dire quoi que ce soit. On voulait l’enfermer, lui l’oiseau libre, le chat sauvage, et bien il n’obtiendrait rien de lui. Pas un mot… ou presque.

Un chariot s’arrêta devant les grilles et une fillette en descendit. Elouan la regarda, de haut, sans sourcilier, presque moqueur même. Elle n’était qu’un bébé pour lui, déjà grand… Trop grand malgré son jeune âge. Lui les chiens il leur mettait des coups de pieds, il ne les caressait pas. C’était pour les bébés ça.

Toujours préoccupé par le moyen de trouver une sortie rapide, Elouan ne remarqua pas le chariot s’en aller, ce n’est que lorsque Rodrielle proposa d’aller gouter que le gamin sembla sortir de ses pensées.

-Gouter ? Ouais c’est ça ! Aller gouter avec l’bébé, moi j’retourne d’où j’viens ! Déclara-t-il en faisant demi-tour tranquillement avant d’être rattraper une nouvelle fois.

--Anahis

L'endroit promettait d'être riche en aventures et le chiot ne serait sans doute pas un laissé pour compte dans ces histoires. La petite fille nommée Shah le trouva à son goût à la seconde même où elle fut déposée à l'orphelinat.
Ce lieu serait, pour les enfants, une grande partie de leur vie car, il fallait être réaliste, beaucoup d'enfants arriveraient ici mais peu seraient un jour choyés dans une vraie famille. L'Anahis sourit devant la gamine serrant le chiot entre ses bras, cherchant et donnant cette affection qui devait lui manquer, remplacer des parents disparus ou n'ayant jamais côtoyer leur enfant.
Le gamin était différent, fermé et résigné. Pauvre gosse, qu'avait-il du vivre pour déjà avoir un regard blasé, sans pouvoir se laisser attendrir même par le nounours chiot.
Et le voilà qui tournait les talons alors qu'on lui promettait un goûter ! Il avait sans doute l'estomac dans les talons et n'avait probablement pas bu un bol de lait depuis longtemps mais sa fierté lui interdisait de profiter. Sans doute la peur de se laisser amadouer, la peur de l'autre, des blessures qu'il pouvait infliger.
Chez les roms, les enfants nés dans un clan étaient fils et filles de tous. Il n'y avait pas d'orphelins car si un parent venait à mourir, le clan dans son entier prenait la relève et donnait aux enfants tout autant la nourriture mais aussi l'attention que les parents auraient assurée.
Pourtant, les roms étaient mal vus par les gadjé. Etonnant...

Rodrielle était agenouillée, Elouan filait, Anahis, cette fois, réagit et allongeant le pas, elle rattrapa le gamin et se posta devant lui, lui barrant la route, bras écartés.


Oui vas-tu aller ? Dans la rue ? Qu'est-ce que tu vas trouver, là-bas ? Quelqu'un t'attend ?

Elle baissa les bras, adoucit le ton de sa voix.

Si tu restais au moins pour le goûter ? Ce serait bien. Après, si tu as encore envie de partir, bah...j'irai avec toi, histoire de voir ce qu'il y a de tellement bien de l'autre côté de la grille. T'es d'accord ?

Anahis ne lui souriait plus mais lui parlait comme à un grand.
Tout à coup, des cris s'échappèrent de la cuisine, Anahis reconnut la voix de Nestor. D'un mouvement de tête, elle indiqua la cuisine au gamin.


C'est Nestor...il a du se brûler avec le lait chaud...Tu viens voir ?
--Elouan.


Elouan s’arrêta net dans son élan devant la jeune femme qui se planta devant lui les bras grand ouvert barrant toute issu.
Le visage fermé, le gamin leva vers elle un regard sombre, ténébreux, près à mordre à la moindre contrariété.
Ou aller ? Bonne question ça… C’est vrai qu’il n’avait pas d’autre endroit que la rue et ce petit coin dans un vieux tonneau avec un peu de paille pour dormir… La rue ? C’était tout ce qu’il avait depuis 3 ans. Sa maison, sa famille, son terrain de jeu sa vie quoi… Alors non personne ne l’attendait, à part peut être d’autres voleurs près à lui mettre un raclée mais il n’avait connu que ça depuis tout ce temps… Et de se retrouver dans un endroit fermé, sous l’autorité d’adultes… ça il n’en voulait pas… Il ne voulait pas l’avouer mais il avait peur… oh oui il avait peur…

Il cala ses poings serrer dans le fond des poches et soutenant le regarde de la dame il écouta malgré tout silencieusement.
Un deal ? Du chantage ? Ce qu’elle lui proposait, était plutôt alléchant. Un gouter pensez-vous… Il n’avait rien mangé depuis deux jours… Alors un gouter… du lait chaud… Quel gout ça avait le lait…
Elouan déglutit avec peine en y songeant. A croire que cette dame lisait dans ses pensées. Il avait faim, il avait soif, mais jamais, oh non jamais il ne se serait aventuré à en parler.
Il s’était toujours débrouillé seul pour manger, boire, dormir alors quoi ? Ce n’était pas maintenant qu’il allait demander de l’aide… Pourtant un gouter… oui un gouter…


-J’viens avec vous, mais si ça m’plait pas j’pourrais partir ? On est d’accord ? Mais j’vous previens c’qu’il y’a là-bas c’est pas pour les femmes ! C’est pour les hommes, les vrais !

Moqueur il haussa les épaules et suivit Anahis en trainant les pieds, se gardant bien de lui donner la main. Manquerait plus qu’on le prenne pour un bébé en plus.

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