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[RP] La fin d'un présumé despote

Tokugawa_takezo



[ Dans une dimension sensible qu'à Takezo ]


Les yeux de Takezo étaient clos mais nul ne pouvait voir que derrière, ses globes occulaires se mouvaient en un rythme effréné jusqu'à ce que soudain, ses pupilles s'ouvrirent sur le regard sombre du jeune Seigneur.

Celui-ci se redressa alors pour apercevoir l'environnement dans lequel il se trouvait.


La salle de réception.

La salle de réception du Yamajirô dans laquelle il avait accueilli pour la première fois Yawasshi.

Takezo était installé dans cette salle, à la place qui était la sienne, celle du Seigneur.
Il attendait, sans vraiment savoir ce qu'il devait attendre.
Soudain, la porte coulissa et Chiba entra avant de se prosterner.
Une fois autorisé à se relever, il dit:

Takezo-sama, une certaine Yawa-chan désire vous proposer ses services. Elle attend avec Daisuke-sensei au dehors. Puis-je leur dire d'entrer ?

Et la permission d'entrer fut donnée. Un serviteur arriva et autorisa Yawa à pénétrer dans la pièce.
Le Seigneur Tokugawa l'attendait.
Le bushi accueillit avec un plaisir tout à fait dissimulé la décision du Seigneur. Il se releva enfin après avoir attendu la permission de Takezo-sama et fit quelques pas de côté pour laisser place à Yawa-chan.

Takezo ne savait pas pourquoi, mais il se sentait mal. Et ce mal-être fut immédiatement justifié lorsqu'il LA vit.

Entra alors dans la pièce une jeune femme au visage voilé d'un masque blanc immaculé.
Elle s'approcha alors de Takezo puis d'un geste inattendu se décala pour ne pas faire dos à la porte avant de s'incliner devant lui.

Je suis honorée que Votre Seigneurie m’ait accordé la permission de la rencontrer. Je suis Yawa.

Le souffle de Takezo s'accéléra alors. Ce n'était pas censé se passer comme ça. Elle n'était pas masqué. Elle avait un visage d'ange quoiqu'un peu fourbe mêlée d'une certaine appréhension.
Elle était rebelle, impulsive.
Pourquoi était-elle cachée sous un masque??

Alors qu'elle était inclinée, Takezo aperçut de nouveau sa nuque comme la première fois. Sauf que son désir fut d'autant plus violent.
Il aurait voulu lui demander pourquoi elle portait ce masque et lui demander de l'ôter.
Mais lorsqu'il voulut parler, seuls ces mots sortirent de sa bouche:

Puis-je savoir ce que vous venez faire ici, cependant que vous craignez ma maisonnée?
Relevez-vous et répondez.


Yawa se redressa alors, toujours ce visage masqué qui provoquait un terrible malaise en Takezo, lui rappellant d'horribles souvenirs, se sentant comme le prédateur à la place de la proie.

Je vous prie d’excuser mon impertinence. Mon intention n’était nullement de vous offenser en choisissant cette paillasse. Mais mon expérience passée fait que mon esprit et mon corps se refusent à tourner le dos à une ouverture. Je n’aurai de cesse d’apprendre et de me battre pour Votre Seigneurie. Ma vie sera consacrée au clan, à sa grandeur, à sa renommée, à sa prospérité jusqu’à ce que le dernier souffle de vie m’ait abandonné.

D’un geste assurée, celle qui prétendait derrière son masque être Yawa sortit alors rapidement les Kaiken qu’elle cachait dans les manches de son kimono, et prestement, avant que le bushi ou le seigneur puissent prendre son geste comme une agression, elle s'élança vers Takezo et lui planta une de ses lames dans le coeur. Retirant la lame elle planta alors le deuxième dans la même plaie tandis que le sang coulait sur le kimono de la femme masquée.

Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, le sang qui coulait de la poitrine de la femme masquée n'était pas le sang de Takezo.
Sentant ses forces la perdre, elle tomba alors sur Takezo.
Ce dernier ne souffrait aucune blessure, et, enlevant son masque, il vit le visage de Yawa livide mais apaisé.
Posant sa main sur sa poitrine, il regarda son sang du bout des doigts.
Comment se faisait-il?
C'était son coeur qu'elle avait transpercé!
Son coeur à lui!

Dans un dernier souffle, elle lui murmura alors...

...jusqu’à ce que le dernier souffle de vie m’ait abandonné.

Takezo l'observa horrifié alors que sa vie l'abandonna.
Le sang continuait de couler et c'est une véritable flaque qui se forma sous Takezo qui tenait dans ses bras le corps inanimé de Yawa.
Le souffle court, il l'observait incrédule, ne réalisant pas la scène qui venait de se produire.
Son coeur battait de plus en plus vite, ses tempes lui faisaient mal et le chagrin troublait sa vue dont les larmes tombèrent sur le visage de Yawa avant de couler sur ses joues.
Elle n'avait pas le droit de mourir.
Pas comme ça.
Ni de sa main, ni d'aucune autre.
Elle n'avait pas le droit de les laisser tomber.
Elle n'avait pas le droit!

Takezo la serra un peu plus fort dans ses bras, puis alors toutes les névroses qu'il avait enfermé en son coeur jaillirent d'un coup, son souffle qui se bloquait doucement se libéra alors magistralement, et c'est dans un hurlement témoignage de son chagrin qu'il prononça son nom...





[ Monde réel, alors que Toka et Yawa sont proches du corps inanimé ]

Alors que sa respiration était faible, les poumons de Takezo se gonflèrent d'un coup à leur maximum, restant en cet état pendant une seconde et demi, puis expirant tout l'air, Takezo et son inconscient l'accompagnèrent d'un nom hurlé...



YAWAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

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Yawasshi
Yawa était toujours agenouillée près du corps inanimé du Seigneur du clan. Elle observait les moindres gestes de Tokagarusan, lui apportant l'aide dont il avait besoin lorsqu'il lui demandait.

La jeune femme pria les kamis de laisser la vie s'écouler à nouveau. Le Seigneur des Fleurs du crépuscule ne pouvait pas s'éteindre ... Yawa refusait cette éventualité. Son esprit était dominé par une seule pensée ... une seule idée ...

Tout son être était livré à un tumulte intérieur dissimulé derrière un masque d'impassibilité. Yawa tentait de se concentrer sur ce que lui demandait Tokagarusan, ne laissant aucune place à de quelconques sentiments ou émotions.

Kadokawa-sensei lui avait appris à fermer son esprit au monde extérieur quand cela était nécessaire et la jeune femme appliquait inconsciemment les leçons apprises.


Une fois les soins terminés, ils restèrent tous deux agenouillés guettant, tout comme tous ceux présents, le moindre signe de vie qui pouvait s'échapper du corps allongé.

Alors seulement, la jeune femme se laissa aller à ses pensées, restant ainsi dans une position immobile tandis qu'elle se remémorait son arrivée au clan... sa première entrevue avec le Seigneur... Durant des mois elle avait appris à canaliser sa fougue, son impulsivité.
Le clan lui avait permis de grandir, de mûrir comme personne n'avait réussi à le faire. Yawa avait prêté serment à ce clan et à son Seigneur ...

Elle posa alors son regard sur le visage de Takezo et compris toute la dimension des paroles qu'elle avait prononcées alors ... Si le sang Tokugawa ne coulait pas dans ses veines, elle ne se sentait pas moins Tokugawa pour autant. A cet instant la jeune femme compris que les paroles de son serment avaient été dictées par ce que son coeur avait reconnu : elle était profondément Tokugawa dans son âme, dans son coeur et dans son corps ...

C'est alors que Yawa se redressa en entendant la voix de son maître d'armes dans le corridor. Gardant un instant ses prunelles rivées au visage de Takezo, elle s'en détacha finalement, hésitant entre aller voir son maître d'arme et rester près du Seigneur.

Un cri retentit alors dans la pièce, brisant d'un seul coup le silence glacial qui y régnait.
Ce cri se planta dans le coeur de Yawa aussi surement qu'une lame .... son nom ... hurlé par le Seigneur ... La jeune femme resta abasourdie, ne sachant comment réagir à ce cri, ni comment l'interpréter. Chassant ces idées et questions loin d'elle, elle regarda Tokagarusan se demandant ce qu'il fallait faire puis sans attendre elle se pencha au dessus du maître et en un souffle, soulagée d'entendre à nouveau sa voix :


"Battez-vous Tokugawa-sama, N'abandonnez pas ..."

Se rapprochant un peu du visage livide, elle ajouta en un murmure :" Ne m'abandonnez pas...."
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Tokugawa_takezo


[ Dans une dimension sensible qu'à Takezo ]


Les yeux de Takezo étaient clos mais nul ne pouvait voir que derrière, ses globes occulaires se mouvaient en un rythme effréné jusqu'à ce que soudain, ses pupilles s'ouvrirent sur le regard sombre du jeune Seigneur.

Celui-ci se redressa alors pour apercevoir l'environnement dans lequel il se trouvait.

Il était debout, face à chaque personne importante ou pas d'Oda.
Tous ceux qu'il aimait, ceux qui l'aimaient, ceux qui le détestaient, ils étaient tous là.

Yawasshi,
Takayo,
Kadokawa,
Daisuke,
Ashitaka,
Saburo,
Painappuru,
Razan,
Shingen,
Sakoura,
Engo,
Shinken,
Azumamaro,
Ko,
Yoshimasa,
Katsura,
Sakuvie,
Kazuchi,
Darkanubis,
Ryokai,
Akire,
Amaterasu,
Susanoo,
Tsukuyomi,
ils étaient tous présents, en ce lieu, dans la Cour du Yamajirô Tokugawa à Nagoya.
Ils étaient tous présents, face à lui, l'observant comme s'ils attendaient quelque chose de lui.
Takezo se sentit alors dans le devoir de dire quelque chose, même s'il se sentait relativement étrange de devoir s'adresser à tous ces gens en même temps. Mais finalement, il prit la parole, au delà des considérations de chacun.


"Peuple d'Oda, mes amis, mes frères, aujourd'hui est le jour du pardon.
Je m'excuse.

Tout d'abord, pour avoir attenté à ma vie, égoïstement, vous laissant tous tomber, même si certains d'entre vous penseront qu'il est dommage que je sois encore là.
Mais je ne leur en tiens pas rigueur. Confucius disait que le pardon était le grain de la sagesse.
Je m'excuse pour n'avoir pas été à la hauteur et n'avoir su tous nous rallier autour d'une même cause.
L'intégrité de notre terre.

Mais pendant mon coma, j'ai fait un rêve.

J'ai fait le rêve que les dissidences d'Oda ne furent plus, que mes détracteurs devenaient mes alliés, que mes ennemis venant du dehors des frontières d'Oda seraient repoussés par l'ensemble des citoyens qui étaient alors tous mes amis et mes alliés.

J'ai rêvé que du littoral de Kiyosu jusqu'aux montagnes de Takayama règne une atmosphère de paix et de liens puissants que les Kamis jalouseraient.

J'ai rêvé que j'avais un fils. Et je voyais cet enfant jouer dans les plaines d'Oda en compagnie des enfants de ceux que l'on aurait jamais pu croire.

J'ai revé que chaque Clan était uni pour une seule et même bannière.
Celle d'Oda.

J'ai rêvé que les Clans oeuvraient pour le peuple, et que le peuple ne craignaient plus les Clans mais au contraire les soutenaient, comprenant que tous ici avaient le même objectif."


Takezo observait chacun des êtres présents et chacun lui accordait un sourire.
Takezo le leur rendit, puis tout à coup reprit un air sérieux, presque mélancolique.

"J'ai rêvé et je rêve encore que vous êtes tous face à moi, que vous vous êtes déplacé en ma demeure, spécialement invités par moi-même pour m'écouter.
Je rêve encore que mes mots puissent avoir un certain impact, que mes rêves puissent encore se réaliser, que d'autres possèdent sans doute le même rêve..."


Les sourires des gens face à lui s'éteignirent alors et chaque personne présente se dissolvait peu à peu dans le vent marin qui les menait vers le ciel.

Se retrouvant alors de nouveau seul, Takezo ferma les yeux, l'environnement autour de lui disparaissant pour faire place au noir selon sa sensibilité.
Il se sentait profondément seul lorsque soudain il sentit une chaleur proche de lui et entendit au loin les mots...

"Ne m'abandonnez pas..."

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Tokagarusan
Il fallait donc maintenant finir le tout, refermer le ventre et laisser Takezo se reposer. La chose allait en tout cas être des plus faciles, sachant que l’hémorragie avait été arrêtée , il fallait donc désinfecter les plaies internes et refermer le tout, avant de coudre le ventre de cet homme. Tokagarusan allait donc s'y mettre lentement. Après avoir obtenu le saké et les linges propres qu'il avait demandé, il prepara son fil de lin se leva lentement pour mettre les linges à bouillir et pour préparer d'autres linges en les imbibant de saké.

Je suis désolé Takezo, là tu vas souffrir , mais je le fait pour ton bien .J’espère que ce que je t'ai donné t'as fait effet. Bloquez le. Domine vobiscum.


Des valets et Yawa bloquèrent complétement les bras et les jambes de Takezo avec la seule force des bras. Le florentin s'approcha lentement, pas à pas de Takezo, avec son linge imbibé de saké . Il s'agenouilla donc à sa droite, puis , après avoir levé le bout de peau, il commença à toucher les bouts infectés par la lame . Des spasmes en continu commencèrent à infester le corps de Takezo, mais les serfs l’empêchèrent de bouger. L'homme en noir continua donc à désinfecter les plaies, lentement . Après avoir terminé, il jeta le linge derrière lui , par terre et alla chercher son matériel de "couture" .

Après avoir remis en place les bouts de peau , il fallait donc qu'il coude le ventre. Il pris son fil de lin, l'ajusta sur l’aiguille le fil, puis commença à coudre. L'affaire était plutôt délicate à cause de la longueur de la plaie et surtout sa forme étrange : néanmoins Tokagarusan y arriva sans vraiment de grosses difficultés , vu son expérience.


Lâchez le . Il faut maintenant prier.

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Togukawa_kadokawa
Personne, personne ne répondit à son appel, seuls des regards interloqués et attristés l’entouraient. Mais que faisaient-ils tous ici ? Son cousin, en habit de cérémonie ? Ces femmes dont il ignorait le nom, était-elle des ennemies ? La petite Sakoura aussi, blottie tel un animal sauvage dans un coin.
Et que faisait cet étranger dans ces lieux ? Et pourquoi son élève dédaignait son appel pour se pencher vers son seigneur, alité ? Et pourquoi était-il alité au milieu de tous ?

Toutes ses questions se bousculaient dans sa tête, et, pour une fois, il n’arrivait pas à analyser la situation. Que se passait-il donc pour qu’il soit lui-même aussi déstabilisé ? Etait-ce la fin ? Ses yeux passaient de l’un à l’autre, cherchant une réponse, cherchant à faire le lien entre les personnes présentes, cherchant à comprendre vers lequel il devait se tourner.


Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Pourquoi avait-il crié ? Il ne se rendait même pas compte lui-même de ses propres gestes ! Etait-ce la folie qui s’immisçait peu à peu en lui ? Etait-il en train de perdre ses sens, de perdre ses capacités, de perdre ses esprits ?

Ou était-ce qu’il refusait de comprendre l’évidence. Qui ne pouvait pas comprendre ce que cette scène signifiait !? Surement pas lui !

Mais son esprit se refusait à l’évidence, son esprit n’avait semble-t-il trouvé que cette parade pour réfuter ce que le corps étendu de Takezo lui renvoyait.


Quelqu’un va-t-il me répondre à la fin ?

Et puis, comme si une bulle venait éclater en lui, l’évidence révélée ! Le corps, la tristesse, les messes basses, Shingen… tout était clair à présent.

La jambe malade cède. Le voici qui s’écroule sur son genou, le Tashi toujours aux aguets, le visage déformé par la douleur, autant physique que morale.

Qui…… qui a fait ça ? Est-ce toi étranger ?

Qui a fait ça ? A qui dois-je ôter la vie pour réparer le crime commis ? Qui a fait ça ? Qui a fait ça ? Qui a fait ça ? Qui a fait ça ? Qui a fait ça ? Qui a fait ça ? Qui a fait ça ? Qui a fait ça ?


[i]Cette phrase, répétée sans cesse, pour essayer de rejeter la faute sur autrui. Il était maître d’armes, il était donc responsable de la sécurité de leur seigneur. Il avait échoué, encore une fois. Son frère, son neveu à présent.
Il ne pouvait à présent plus se soustraire …. Il était faible, il était incompétent pour garder en vie leur seigneur.

Tintement métallique lorsque le tashi touche le sol, libéré des doigts du maître d’armes. Et puis ces mots qui remplacent les interrogations, prononcés à voix basse, à peine perceptibles. « j’ai échoué, je ne mérite plus ce nom, je ne mérite plus ce nom, je ne mérite plus ce nom ».

Bravant la douleur le maître d’arme se relève et se retourne, oubliant sa lame sur le sol.

Ses yeux croisent ceux de la jeune fille qu’il avait eu tant de mal à accepter en leur clan, la petite Sakoura, et ce qu’il y lit ne fait que renforcer son désarroi.

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Sakoura
Sakoura attendait une parole.. quelques mots afin de lui soulager la peine qu'elle endurait.
Elle regarda Togukawa_kadokawa et baissa les yeux, jadis elle ne lui avait pas fait bonne impression et essayait tant bien que mal de lui montrer qu'elle était digne de la confiance porter en elle par Takezo.
Elle l'écouta mais n 'osa dire mots ne voulant pas le voir plus en colère qu 'en cette instant.

Sakoura regarda autour d'elle et attendit de savoir...

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Tokugawa_takayo
Voyageant sur les routes toujours en compagnie de sa garde personnelle, retournant sur les chemins que parcourait sa défunte mère, Takayo avait eu vent que son frère Takezo occupait actuelle sa villa de campagne près de Nagoya. Comme à son habitude, la jeune femme avait fait envoyer une lettre à celui-ci, afin de le prévenir de son arrivée.

Takayo posa pied à terre et contempla, comme à son habitude, l'habitat dans lequel elle s'apprête à entrer. Deux servantes se précipitèrent aussitôt vers elle, et tendirent un petit plateau où se trouve l'objet fétiche de la jeune femme : sa pipe et des herbes diverses entreposées. Les ignorant totalement et sans quitter la villa des yeux, elle se murmura à elle-même " Mais pourquoi n'y-a-t-il personne pour m'accueillir...?"
Les sourcils se froncèrent automatiquement. Quel manque de respect envers elle ! Elle regarda les deux servantes, s'apprêtant à s'énerver sur elle lorsqu'un Ashigaru arriva en courant vers Takayo, l'air affolé,s'inclinant dans un salut des plus maladroits,et peina pour reprendre une respiration calme. Le regard furieux et perçant se planta dans celui de l'homme et le ton de sa voix fut tranchant à souhait :


Comment se fait-il qu'il n'y ait personne à l'entrée de la villa ?


L'homme se confondit en excuses, comme si tout reposait sur ses épaules, et commença à s'expliquer dans de grands effets de bras, des phrases coupées par des respirations saccadées, des mots incompréhensibles. Takayo l'écoutait sans véritablement comprendre, elle réfléchissait davantage à la punition qu'elle pourrait lui infliger pour ne pas avoir tenu son poste, une fois qu'il aurait terminé, lorsque quelques mots attirèrent son attention à propos de Takezo. La jeune femme s'immobilisa, les yeux grands ouverts face à l'Ashigaru :

Quoi?! Qu'as-tu dit?! "C'est fait" ?


La dernière fois qu'elle avait entendu cette expression du "c'est fait", comme si on n'osait pas appeler le suicide par son nom tout simplement, c'était du vivant de son père, à propos d'un de ses proches dont elle a désormais oublié le nom.
Elle ne répondit rien à l'homme affolé, elle abandonna même ses deux servantes sans dire mot et pénétra sans tarder à l'intérieur de la villa. Une mauvaise impression s'empara d'elle rapidement. Les mots de l'homme résonnait dans la tête de Takayo, une sorte de nausée naissait au creux de son ventre, et plus elle progressait à l'intérieur de la villa en suivant les voix lointaines, plus celle-ci s'intensifiait. Une servante portant des linges recouverts de sang passa à ses côtés, tête baissée et ne reconnut pas Takayo. Puis se fut des hommes et des femmes, au service de son frère, qui circulaient à vive allure, telle une fourmilière en plein travail. Tous les visages étaient blêmes, comme glacés, figés et sans expression aucune. Des instruments tranchants remplis de sang, inconnus aux yeux de Takayo passèrent sous ses yeux, posés sur un plateau aux mains d'un servant dont la sensibilité était palpable à cet instant.
Takayo attrapa alors une servante par le bras :


Mais enfin, dites moi ce qu'il se passe ici !

La jeune fille qui ne devait pas dépasser les quinze ans, se figea devant Takayo,ne sachant quoi dire, comme choquée. Les yeux de la jeune Tokugawa se baissèrent sur ce que portait la fille entre ses bras. Ses mains se posèrent dessus, prirent ce tas que Takayo crut tout d'abord à un tas de linges blanc, mais la qualité du tissu la fit changer d'avis. Elle le déploya à bout de bras et l'image effrayante de l'habit d'un blanc parfait, qui partageait désormais un rouge vif... Takayo regarda la jeune fille, hagarde, en lui remettant l'étoffe :

Alors, c'est donc vrai...


La jeune fille baissa les yeux devant le regard de Takayo et lui intima d'un geste de la main, l'entrée d'une pièce, où l'on pouvait entendre des voix qui en provenaient.
Takayo s'en approcha doucement, sentant une nausée intérieure la prendre de plus en plus, comme si quelqu'un vous pressait le coeur. Elle reconnut des voix, celle de Yawa notamment et celle de son oncle.
Tout était vrai.
Takayo s'arrêta même avant l'encadrement de la porte ouverte, comme si quelque chose l'empêchait d'y pénétrer. Sans doute la peur...la peur... elle qui n'avait certainement jamais eu peur, à cet instant, elle ne parvenait pas à franchir l'ouverture. Les voix seules lui suffisaient pour ressentir une profonde tristesse intérieure, qu'elle ne pouvait exprimer aux yeux des servants qui allaient et venaient franchissant tour à tour cette porte sans aucun souci. Mais la différence était qu'il s'agissait de son propre frère, certainement dans un très mauvais état qui se trouvait dans cette pièce. Celui qu'elle avait tant surveillé, celui qu'elle avait tant aimé comme une soeur aime son frère, celui qu'elle avait pensé solide. Sans doute est-ce trop tôt ? Sans doute avait-elle mal pesées les dernières paroles de son père sur son lit de mort, lorsqu'il lui avait demandé de le guider et de l'aider.
Takayo resta longtemps appuyée contre ce mur, comme une jeune enfant écoutant aux portes, à entendre les moindres bruits, les moindres paroles qui ne faisaient qu'accentuer ses questions.
La dernière fois que Takayo resta de longues heures à écouter aux portes, c'était le jour de la naissance de son frère, mais également, le jour du décès de sa mère.

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Yawasshi
Tandis qu’elle observait toujours Tokagarusan prodiguant les soins nécessaires à Takezo, Yawa ne cessait pas pour autant de garder un œil vigilant sur le Seigneur. La pâleur du teint masculin, l’immobilité dans laquelle le corps s’était à nouveau enfermé, témoignaient de l’incertitude de l’état du maître des Tokugawa. Se redressant tout à fait, toujours à genoux, assise sur ses talons, Yawa se laissa aller à ses pensées.

Le cri lui revenait en mémoire. Que signifiait-il ? Yawa se sentait coupable de ce qui se passait. Elle l’avait vu se débattre, elle l’avait vu s’épuiser, elle avait entendu sa voix lasse. Chaque jour elle le voyait au conseil, arpentant les couloirs du château, silencieux. Ce silence que beaucoup prenaient pour de l’arrogance, ces paroles que nombres prenaient pour du mépris mais qui n’étaient que le reflet d’une profonde conviction. Celle que les Tokugawa devaient tout faire pour faire de cette terre d’Oda, une terre prospère et accueillante. Cette terre que leurs ancêtres avaient foulée avec honneur et fierté.

La jeune femme se tenait immobile, les yeux perdus dans le néant. Elle n’avait pas su comprendre les signes. Elle n’avait pas su déceler la faille. Il était Seigneur … Mais il était également homme et Yawa l’avait oublié …
Il ne fallait pas que ce geste soit couronné de succès … Pour le clan, pour lui … Pour elle ….


Des bruits dans le corridor la tirèrent alors de ses funestes pensées…Tournant la tête vers l’ouverture de la pièce, Yawa reporta rapidement son regard sur le Seigneur puis elle se pencha à nouveau et dans un geste instinctif, sans même y prendre garde, elle glissa sa main dans la sienne tout en lui murmurant en un souffle :

» votre père a versé son sang pour cette terre … ne versez pas le vôtre inutilement … vous l’offrirez à Oda le moment venu … Pour ça relevez-vous Takezo-sama … revenez-nous «

puis elle s’éloigna, retira sa main de celle masculine et ajouta pour elle-même
« revenez-moi… » avant de se lever et de rejoindre son maître d’armes avec qui elle eut la surprise de voir la sœur du Seigneur.
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_yoshimasa_ashikaga_
Ko a écrit:
La teigne marchait dans les couloirs, une semaine s'était écoulée. Une semaine depuis qu'inquiète, elle était allée voir son senseï, le Seii Teishogun Ashikaga qui essayait d'empêcher la mort d'un homme. Elle n'avait pas le coeur à décrire la villa, même la contempler lui semblait vain.

Il y à une semaine elle avait passé une des soirées les plus intéressantes depuis bien longtemps. Exaspérante aussi, pour elle le seppuku ne convenait pas vraiment à sa définition de l'honneur, pour le sauver qu'on disait. Mais comment? en le perdant une nouvelle fois? Empêcher un homme de se supprimer pour sauver son honneur? Encore plus déshonorant. On s'y perd.


"Voici le Seii Teishogun Ashikaga no Yoshimasa, je suis son élève, Ashikaga-Keibo no Ko. Laissez-nous entrer je vous prie."

Le ton était sans appel, toujours hautaine elle passa devant sa senseï pour la première fois du trajet et entra dans la pièce. Du coin de l'oeil elle la remarqua se mettre à l'écart, au fond de la pièce. Elle ne chercha pas à comprendre, Ko n'était pas du genre à chercher à comprendre ce qui animait les gens à des petites choses comme ça, elle ne chercha pas non plus à comprendre pourquoi le seigneur du clan avait fait ça. Le seppuku. Elle se contenta d'être consternée. Elle s'avança vers le corps, oui le corps, sa respiration était presque inaudible, l'homme qu'elle avait trouvé plein de charme un jour en gargote était simplement blanc.

Blanc. Comment avaient-ils réussit à le remettre sur pied? Et pourquoi? Pour avoir un seigneur au teint livide qui ne ressemblait plus à rien? C'était miraculeux qu'il est survécut. Elle l'observait encore, sa poitrine qui se levait imperceptiblement, ses yeux fermés. Existait-il encore de la vie en lui? Elle ne voyait rien.

Nouveau regard sur Yoshimasa. Comment une semaine plus tôt elle est tant d'autre était allez à l'encontre de la volonté de cet homme? Pourquoi ne pas l'avoir tout simplement laisser aller auprès des Kamis dans sa stupidité? Si il vivait, qu'en serait-il? Comment ferait-il? Elle le regarda une dernière fois. S'il aurait pu la voir il aurait remarqué son regard froid, le poids qu'elle y mettait, comme il l'avait déçu. On n'y voyait nullement tout le soulagement qu'elle avait à voir qu'on se démenait pour sa survie, l'envie qu'elle avait qu'il se batte pour conserver se qui vivait encore en lui, qu'elle le revoit encore vivant même si elle n'avait jamais vraiment parler à cet homme qui l'intriguait plus qu'autre chose.

Elle partit, c'est ce qu'il y avait de mieux à faire. S'inclinant bien bas devant celle qui l'avait prit sous son aile, Yoshimasa.


"Gomen nasai."

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_yoshimasa_ashikaga_
Douce brise qui fleuretant avec le tissu soyeux d’un hakama verdoyant, celle-ci faisait battre le vêtement dans un bruit régulier. Elle se glissa le long de l’habit pour envelopper la jeune femme et tourbillonner autour d’elle, ondulant sur la rondeur d’une épaule, cascadant sur la chaire nue de son cou, batifolant sur sa bouche innocente, baisant ses paupières et souffla sa chevelure ténèbres. La brise vint s’y glisser pour la soulever et danser dans ses mèches insolemment lâchées sur sa taille. ‘Shima dict la Franche, penchait son visage aux traits si peu séducteurs légèrement en arrière. Debout, fasse au plant d’eau, droite et immobile. Puis tout doucement, lentement… Elle fit chanter le fer de sa lame en sortant son Tsurugi de son écrin. Le temps passa sans qu’elle ne s’en rende compte. A coups réguliers dans sa poitrine, son cœur battait douloureusement. Ses gestes étaient gracieux, lents mais précis et calculateurs. Arme en mains, elle se mouvait contre le vent comme seul adversaire. Si se n'est la sueur trempant son front et sa longue chevelure ténèbres battant l'air, rien ne trahissait la fatigue et la souffrance qui meurtrissait ses muscles. Son corps vêtu comme le plus simple des guerriers trahissait la finesse de sa taille et le modelage de ses cuisses. Dans un dernier mouvement cérémonieux où transperçait un grand respect pour sa discipline, Yoshimasa enfant de Shôgun mais humble jeune fille sans grand attrait de séduction, s'inclina devant le vent. D'une main, elle s'essuya le front et écarta les mèches rebelles. Ce qui dévoila un immense regard étincelant comme s'il était toujours empli de larmes, dont les yeux ébène perçaient le cœur. Pouvait-on cacher quelque chose à se regard d'enfant si plus innocent que cela?

Prenant ses effets étalés dans l'herbe autour, Yoshimasa se mit en marche pour retrouver le camp Ashikaga qui s’était établit non loin de la maison de campagne des Tokugawa. Ici, en ce lieu, elle s’était éloignée car l’inquiétude avait été trop grande et un fort besoin de vider son esprit l’avait étreint. Les souvenirs de même oppressèrent son cœur. Ses doigts dégoulinaient du sang du Seigneur alors qu’elle demeurait face au prêtre et quand qu’il s’était écarté, le regard sauvage de Yoshimasa avait croisé celui de Ko qui se trouvait à l’embrasure de l’entrée. Regard agrandit d’effroi qui fit ensuite place à une maîtrise que l’Ashikaga appréciait. Ko s’était avancée vers elle et avec des gestes apaisant et délicat, l’avait éloignée alors que Yawa était entrée à son tour dans la pièce. Rappelant à elle sa cousine Yasuko, ‘Shima était sortie laissant place à l’entourage du Maître. Pendant une semaine elle s’était faite discrète, prenant nouvelles de l’état de santé du Chef Tokugawa. Elle le savait maintenant dans le sommeil qui se prolonge. Elle le savait, plongé dans un rêve incessant… Yoshimasa souhaitait lui parler. Ce qu’elle éprouvait à ce jour pour cet homme était fort étrange. Elle le percevait mi rival mi ami mais elle se refusait totalement d’accepter ce que la situation lui inspirait ; une amitié fidèle et une admiration sans faille. Trop fière…

Faisant rabattre avec fracas les pants de sa tente, elle traversa le lieu jetant ses affaires de ci de la, un bac d’eau chaude l’attendait derrière un paravent. Elle n'aimait pas être servit par une autre qu'elle-même mais elle savait Yatsuko prévenante et elle s’accorda un sourire bien qu’indescriptiblement sans joie. Puis elle se déshabilla révélant des épaules fines, presque fragiles si on faisait abstractions de ses traits trop fiers. La ligne de sa mâchoire trahissait un lignage des plus orgueilleux et son expression, qu'elle tentait souvent de cacher en baissant la tête, révélait une autorité acquise de par son éducation. Le tissu glissa le long de ses jambes et elle pénétra dans l'eau fumante. Elle s'y allongea et égouttant ses doigts mouillés sur sa nuque, des larmes tièdes glissèrent sur sa chair brune telles des perles caressantes. Yoshimasa poussa un léger soupir de lassitude. Presque aussitôt elle en ressortit décidé à aller voir l’homme qui demeurait entre la vie et la mort.

Pauvre éclat qui transperçait à peine les interstices des murs de la bâtisse japonaise, silhouettes qui se portaient le long du couloir par des pas indistinctes… Ko et son Maître marchaient le long du couloir sombre dont l’air semblait suspendre le temps. La poussière se révélait au travers des quelques peu rayons qui traversaient l’espace. L’insolente Ko l’a nomma de tel ton et de telle manière que cela aurait prêté à sourire si la situation n’avait pas été à ce point délicate. La guerrière pénétra alors dans les appartements du blessé et le voyant allongé de tout son long et immobile, elle retint ce qui aurait pu l’émouvoir et le fit disparaître. D’un pas, elle se disposa à l’écart laissant la place à son Kohai. Yoshimasa se devait de faire état de son aura, de ses émotions et de ses pensées. Fermant les yeux dans l’attente, elle ne voulait voir ce corps si faible et le préféra imaginer face à elle, fort, irritant certes et plein d’arrogance alors qu’il l’a défiait du regard. Sous l’excuse de Ko, elle rouvrit les yeux, la suivit du regard et se reporta sur le guerrier. La Franche s’avança alors et suspendit ses doigts au dessus de sa bouche pour en sentir son souffle si faible soit-il et en effleurer l’extrémité au tactile délicat. De ses paupières clauses, elle se rappela la larme diamant qu’elle avait aperçu perler sur la joue masculine et aspirait à le voir rouvrir les yeux un jour et non pas sur la peine et la colère mais sur un éclat, un sourire.


- Takezo-san le Fier !Prononça-t-elle d’un ton qui ne laissait rien à redire. Oi, homme, entend ma voix. Prête oreille à ma parole. Vis, hais moi pour mon geste s’il le faut mais vis. Non pas pour un être de chair mais pour toi-même. Tu n’as pas accompli ta destiné.

Cet homme faisait naître bien des sentiments ambigus dans les cœurs de ceux qui l’entouraient. Cependant Yoshimasa n’était pas tout à fait de ceux là. Non point troublée, assurée de l’honneur de Takezo. Sentiment de profond respect pouvait en elle côtoyer sentiment de défit. Sa logique était peut-être simplette, trop enfantine… Mais l’idéal pouvait parfois faire chemin. Un sentiment rageur l’époumona soudainement qui lui fit soulever le menton et entrouvrir ses lèvres pour s’abreuver d’air. La jeune femme, réprima son envie de grogner et serra les dents en abaissant à nouveau son regard sur le rêveur. Un instant elle lui accordait crédit, un autre elle le détestait… La Leone fit un léger pas en arrière, ne se rendant pas compte elle-même de son recul.

- Tu t’y dois Tokugawa, murmura-t-elle. On ne laisse pas une mission inachevée. Quand ta fin arrivera, qui sait par quelle main ce sera…

Puis lui tournant le dos elle s’éloigna d’un pas vif vers la porte coulissante mais s’arrêta net. Tournant quelque peu la tête vers l’arrière mais elle arrêta son mouvement, ne souhaitant plus voir son visage blanchi de faiblesse, pour sortir brusquement de la pièce. A ce moment là, Yoshi rejeta Takezo l’homme bien qu’elle ne pouvait se défaire de la défense que son être mandait de lui prodiguer.
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Tokugawa_takezo


[ Dans une dimension sensible qu'à Takezo ]


Les yeux de Takezo étaient clos mais nul ne pouvait voir que derrière, ses globes occulaires se mouvaient en un rythme effréné jusqu'à ce que soudain, ses pupilles s'ouvrirent sur le regard sombre du jeune Seigneur.

Celui-ci se redressa alors pour apercevoir l'environnement dans lequel il se trouvait.

Il se trouvait sur un rocher au fond du grand jardin de la villa du Seigneur Tokugawa d'où l'on pouvait admirer les montagnes de l'ouest où le soleil se couchait dans une lumière rouge sang.
Le regard de Takezo semblait rouge vif à la lueur de ce crépuscule.
Le crépuscule dont il avait fait l'un des symboles de son Clan. Cette fin éclatante à laquelle il aspirait tant.
Ces derniers jours, il avait bien cru que son heure était arrivée.
Plusieurs fois.

Tandis qu'il réfléchissait, sur son rocher, les yeux rivés sur le soleil couchant derrière les cimes montagneuses, une main se posa sur son épaule.
Tournant la tête, il le reconnut alors, son visage familier empreint de sagesse et de sérénité, l'homme qui avait été son modèle et son maître, son idole, mais par dessus tout, son père.
Tokugawa Takeshi.

La surprise de Takezo dont le charisme s'effrita pour retrouver la place de l'élève était telle qu'il restait sans voix, ne réalisant pas que ce qu'il était en train de voir se pouvait réellement, alors que quelques mois plus tôt, il diffusait ses cendres sur les terres et mers d'Uchi.

"Kotaro. Ecoute moi bien. Je veux que tu saches que je suis fier de toi. Tu as mené le Clan selon les traditions et malgré quelques erreurs que j'aurai pu faire moi-même, j'ai vu en toi un Seigneur digne de ton Clan.
Cela dit, j'avoue ne pas te comprendre, mon fils.
Pourquoi avoir fait ça?
Pourquoi le seppuku quand ton honneur était au beau fixe?"


Takezo observa son père tout en mesurant la valeur de ses propos. Malgré le fait qu'il avait du mal à y croire, la question était posée et il se devait d'y répondre, et c'est par réflexe qu'il le fit.

"Les temps changent Tousan. Les notions des valeurs Samouraïs n'ont plus le même crédit auprès du peuple de nos jours. Je sais que cet acte, le seppuku injustifié, est déshonorant.
Je sais aussi, et vous me l'avez enseigné, qu'il faut savoir se salir les mains et faire des sacrifices pour le bien du plus grand nombre..."


Takezo baissa le regard honteux, puis ajouta:

"Père, me blâmez-vous d'avoir risquer ma vie pour rappeller aux miens que celle-ci est éphémère? Me blâmez-vous d'avoir agi ainsi pour fédérer mes frères d'armes, mes alliés et mes soldats?
Me blâmez-vous d'avoir risquer de réduire en cendre toute votre entreprise vouée à l'honneur d'un simple coup de poignard...?"


D'un geste vif, Takezo prit alors le poignard qui était à sa ceinture avant de se mettre à genoux aux pieds de Takeshi. Plaçant le pommeau dans la main de son paternel, il se prosterna alors et ajouta le visage contre sol.

"Je serai honoré que vous m'ôtiez la vie en paiement de cet affront, Tokugawa-sama."

Un son sourd indiquant que le poignard avait été lâché pour s'écraser au sol, et les épaules de Takezo empoignés pour le redresser.
Takeshi était à son niveau et le regarda droit dans les yeux avant de dire.

"Je crains que vous ne vous soyiez trompé de personne, car je ne vois qu'un Seigneur vivant et viable ici, Tokugawa-sama."

Takeshi recula alors d'un pas avant de se prosterner à son tour.
La scène paraissait iréelle. Son propre père, Seigneur d'entre les Seigneurs, se prosterner devant lui...
Tokugawa Takeshi se releva alors et acheva.

"Il est temps de te réveiller Takezo-sama."

D'un geste inattendu, Takeshi poussa alors Takezo qui perd l'équilibre et tombe en arrière provoquant un vertige qui fit bondir son coeur, qui fit bondir ses veines lui rappellant qu'au delà de l'esprit, il y avait un corps...






[ Monde réel ]



Son coeur bondit, ses veines bondissent, lui rappellant qu'au delà de l'esprit, il y avait un corps.
Ces vrais pupilles s'ouvrirent alors, laissant ouvrir dans sa rétine un flot de lumière aveuglante.
Depuis combien de temps était-il allongé ici?
Il l'ignorait.
Quelques heures?
Quelques jours?
Quelques semaines ou quelques mois?
Aucune de ses hypothèses ne l'aurait étonné.

Se redressant, une douleur au ventre le prit, et sa tête tourna lui donnant des vertiges. Les gémissements qui en découlèrent et les bruits occasionnés alertèrent lesdeux servantes qui n'étaient pas loin pour le veiller.
Apparemment, c'était le matin.

Alors qu'il essaya de s'adresser à elle, un son rauque racla sa gorge provoquant alors une toux incontrôlée dirigée vers le sol qui reçut en agrément quelques gouttes de sang.
Les servantes alarmés commençaient à s'exciter de peur lorsque d'un geste il leur fit signe, bien que l'air fatigué...

"Tout va bien... Je veux voir ma soeur. Dites-lui que..."

Une nouvelle toux l'emporta et sa blessure au ventre le faisait encore souffrir bien qu'il sentait que ça cicatrisait doucement.

"Dites-lui!"

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Dans son enfance, elle avait toujours trouvé fort ennuyeux les heures passées à calligraphier et à respecter chaque mouvement. Cette pratique invitant à la méditation et à la maitrise de l'esprit et du corps était tout particulièrement appréciée de la jeune femme qui, voilà maintenant près d'une semaine, s'y abandonnait. La calligraphie était devenu pour elle une échappatoire, un moyen d'oublier l'acte de son frère, un moyen d'éviter tout ce monde qui s'était naturellement retourné vers elle, comme si tout reposait sur ses épaules.
Isolée dans ses appartements de la Villa, à calligraphier à longueur de journée, ses pensées la portaient irrémédiablement vers Takezo, vers ce qu'il a pu le pousser à commettre l'acte ultime.
Tandis que le pinceau glissait sur le papier au fil des mouvements souples du poignet, Takayo entendit quelques pas derrière elle. La servante n'osait parler à la jeune Tokugawa tant que le pinceau de celle-ci ne s'était pas relevé. Lorsque le tracé se termina, Takayo observa le papier, posa le pinceau et sans se retourner, elle interrogea la servante :


J'espère pour toi que c'est important, je déteste qu'on me dérange pour rien...


Sans bouger, les mains croisées devant elle, remuant avec nervosité, la servante osa d'une timide voix d'annoncer la nouvelle :

Votre frère vous demande, il est réveillé.


Takayo s'immobilisa un instant. Il était grand temps qu'il rouvre les paupières. Bien que cette annonce soit une nouvelle plaisante, et signe qu'il se remettait doucement, Takayo hésita un instant à y aller tout de suite, alors que la servante attendait toujours, de plus en plus nerveuse. C'est alors que Takayo se leva, laissant sa calligraphie de côté, et ordonna à la servante de retourner auprès du Seigneur afin qu'elle puisse le servir s'il le souhaite.


Ses mains se posèrent délicatement sur les panneaux des appartements de son frère. Elle les fit glisser silencieusement sur eux-mêmes, et pénétra dans la chambre de Takezo. Pour la première fois, depuis une semaine, elle ne ressentait plus cette pression au niveau de son ventre, cette pression qui lui avait donné la sensation qu'on vous torture l'abdomen sans cesse.
Pas à pas, elle s'avançait dans la fraicheur matinale de la chambre, lorsqu'elle le vit allongé sur son lit, le visage blême et fatigué, mais vivant.
Un soulagement pour elle.
Qu'en était-il pour lui ?
Elle s'apprêtait à recueillir reproches et rafales violentes de remarques en tout genre de sa part. Quant à elle, elle avait été furieuse de l'acte de son frère, puis était parvenu à canaliser cette colère dans les heures passées à calligraphier.
Debout au bout du lit, Takayo observa son frère dans la difficulté de bouger provoquée par la douleur encore existante. Relevant fièrement le menton, sans montrer une quelconque émotion elle s'approcha à nouveau de lui :

Il était temps que tu te réveilles.

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Tokugawa_takezo


Le temps qu'elle arrive, il s'était assoupi quelques temps et c'est sa voix dure et fière qui le réveilla.

Il était temps que tu te réveilles.

Moi aussi, je suis ravi de te voir Takayo...

Le côté ironique de leur relation était un aspect fréquent entre Takezo et sa soeur. Leur fierté était telle que malgré tout leur amour, ils ne pouvaient que s'envoyer des vannes dont seuls eux pouvaient comprendre le fond.

Inutile de faire durer l'émotion de ces retrouvailles, nous avons plusieurs choses à traiter.

Takezo observa alors sa soeur quelques secondes depuis son lit tout en se redressant. Il trouvait le charisme de sa soeur fort appréciable pour le Clan et souhaitait en tirer parti.

Tout d'abord, j'imagine que tu ne sais pas ce qui s'est passé. D'ailleurs personne ne sait ce qu'il s'est passé.
La plupart des gens ont pu voir là un acte de seppuku. J'ose espérer que la rumeur ne s'est pas trop répandu.
Je ne me suis pas fait seppuku.


Takezo plongea son regard de braise dans les yeux de Takayo d'un air entendu. Il savait que disant cela elle comprendrait.

La vérité c'est que j'aisubi une tentative de meurtre de la part d'un shinobi qualifié et que celui-ci a bien failli parvenir à ses fins.

Nouveau regard entendu vers sa soeur pour s'assurer qu'ils étaient bien sur la même longueur d'onde.

J'aimerai faire de toi mon Porte parole au sein du Clan et que tu fasses passer un message au peuple. D'ici peu je devrais reprendre mes fonctions au Conseil, et il faut que les gens sachent ce qu'il m'est arrivé pour justifier mon absence.
Es-tu d'accord?


Il savait qu'elle le serait et enchaina avec une question.

Qui m'a sauvé la vie?
Et j'aimerai également connaitre les nouvelles d'Oda. Les éventuelles menaces ou attaques physiques ou morales contre le Clan Tokugawa ou contre Oda.

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Voilà bien des années que le regard de braise ne faisait plus effet sur la jeune Takayo, si déjà effet il y ait eu. Ce regard si ardent et dangereux, dont personne ne puisse céder, s'en détourner, c'était comme un regard qui se regarde lorsqu'il plongeait ses yeux dans ceux de sa soeur, et le reflet ne renvoyait qu'un unique message dont Takayo en saisissait immédiatement le sens.
Alors qu'il eut terminé de parler, Takayo marqua un silence profond tout en observant son frère. Elle tourna la tête vers les deux servantes postées à l'entrée de la chambre et fit un signe vif du regard, en désignant la porte, ordonnant à celles-ci de partir. Après avoir attendu qu'elles soient sorties, Takayo s'approcha de la tête de lit et remonta quelques oreillers, dans le dos de son frère afin qu'il puisse prendre une meilleure assise.
Toujours dans son mutisme, sorte de provocation chez elle, elle se dirigea vers une table où était entreposés un récipient et quelques serviettes. Elle prit l'une d'entre elles, la plongea dans l'eau tiède quelques instants et l'essora. Un regard tourné vers son frère qui attendait des réponses à ses questions, puis elle se rapprocha tenant fermement la serviette entre ses mains mouillées.
Son silence volontaire provoquait certainement l'agacement chez Takezo, mais elle n'en avait pas grand chose à faire. Elle se pencha au dessus de lui et vint poser doucement ses lèvres sur le front de son frère durant quelques secondes. Elle se retira délicatement tout en le regardant :


Tu n'as plus de fièvre.

Elle prit place sur le rebord du lit, lui permettant de faire plus amplement face à son frère. Elle lui passa délicatement la serviette sur le visage pour lui redonner une meilleure mine, puis se débarrassant du linge, elle remit en ordre les vêtements de Takezo au niveau du col, ordre dont Takayo était très attachée, ordre désordonné par cette semaine de sommeil à rester emprisonné dans un repos forcé. Un Seigneur, quoique bien blessé, ou bien encore malade, doit resté un Seigneur digne et présentable à chaque instant, arborant une image impeccable de lui, et il était hors de question pour la jeune Tokugawa de regarder un instant de plus, son frère dans cet état.
Et alors qu'elle remettait en ordre ses habits, d'une agilité surprenante, elle rompit le silence, se décidant enfin à lui répondre :


Tes intérêts et ta santé ont toujours été mes priorités Takezo. Je sais combien il est difficile de gérer le clan alors que la terre d'Oda se trouve entre des mains destructrices, qui commettent de nombreuses erreurs. Cela me navre tout autant que toi de constater que cette terre ne ressemble plus à celle que nous avions connu dans notre enfance...

Elle retira ses mains de Takezo et vint les poser devant elle, à plat sur ses cuisses :


La situation d'Oda est plus que délicate. Oda doit être sauvée. Des tensions au sein du Conseil surgissent de plus en plus, mais tout cela n'est pas nouveau pour toi, je ne t'apprends rien à ce sujet.
En revanche, un homme, du nom de Masatoyo, un fils de, s'est chargé de répandre que tu te serais fait seppuku. Mais... cela n'est qu'une rumeur, attendons-nous bien là dessus.


Le regard fixe de Takayo se fit pesant dans les yeux de son frère.


D'ailleurs, je trouve qu'il s'agit là d'une intéressante coïncidence... Tu as subi une tentative de meurtre et cet homme, fils de je-ne-sais-plus-qui, semble avoir été le seul à cet instant à être au courant de cette agression... Bien évidemment, s'il se met trop en avant et répand davantage cette rumeur, les soupçons de tentative de meurtre se tourneront vers lui très rapidement...

Un léger sourire se dessina au coin des lèvres de Takayo puis disparut aussitôt :

Les attaques contre notre clan ne cessent de surgir de jour en jour. Des menaces, des rumeurs... Mais c'est le prix à payer lorsqu'on est au sommet, Takezo. Notre clan n'est pas un des moindres, et tu sais que notre père t'a laissé en héritage un clan puissant et riche. Ces gens-là ont peur de nous, ils nous craignent, ils cherchent à nous faire tomber et à abattre notre clan.
Vois-tu, nous commettons le crime d'aimer cette terre, et de vouloir la défendre.


La voix de Takayo s'effaça sur ses dernières paroles, fixant toujours du regard, son frère :


Nous sommes bien plus fort que des menaces et des petites attaques de ce genre, pour fléchir, n'est-ce pas ?

Elle se releva du lit et marcha un peu dans la chambre, se dirigeant vers une ouverture donnant sur un jardin :

Tu n'as jamais manqué de clairvoyance Takezo et je sais parfaitement que tu sauras déjoué ceux qui attenteront à Oda. Les dires de ces personnes qui nous crachent dessus non pas d'importance, ils ne savent qu'user inutilement leur salive, et ils savent trouver vers qui se tourner pour nous faire porter les erreurs des autres.

Elle se retourna vers Takezo, et prononça d'une voix emplie de fierté en se rapprochant de lui:

Beaucoup critiquent l'omniprésence des Tokugawa au Conseil mais ils oublient que ces mêmes Tokugawa, sont ceux qui oeuvrent activement pour Oda.
N'oublie jamais notre foi en cette terre.


Elle s'interrompit à ce sujet, puis remit correctement la couverture du lit, qui semblait bien trop en désordre à son gout :

Tokagarusan a veillé à bien te soigner. Tâche de guérir au plus vite, tu as tes responsabilités au Conseil à assumer qui t'attendent.

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Tokugawa_takezo


Tokagaru-san.
Un Gaijin.
Takezo eut un haut le coeur en apprenant avoir été soigné par un Gaijin aux mains impures. Malgré tout, il lui devait la vie.
A moins que Tokagaru-san l'avait fait pour lui rendre le fait que Takezo n'avait pas ordonné d'assassiner le blond sur la plage.
Ils devaient être à égalité...
Inutile de le remercier, pensa-t-il. Du moins, il l'espérait.
Allongé sur son lit proche du sol, il observait sa soeur sereinement tout en l'écoutant.

La suite des évènements allait s'avérer tout aussi périlleuse que passionnante.
Takezo le savait.
Mais il ne renoncerait pas.
A l'image du conseil donné par son père.
Pour le Clan Tokugawa.
Pour Oda.
Il sortira ses serres affûtés.

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