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[RP] Domaine de Terrides : Les chasses de Samain...

Asophie


RP ouvert à tous ceux qui vivent, sont de passage ou logent même temporairement à Montauban. La chasse a lieu RP le samedi 30 octobre mais le RP sera ouvert dès demain à tous. N'hésitez pas, au contraire !!!

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"Connais-toi toi-même et connaitras l'Univers et le Divin."
Asophie
A une vingtaine de lieues à l'est de Montauban, juste au sud du petit village de Catelsarrazin, s'étendait le vaste domaine de Terrides. Au cœur d'un écrin roussi par l'automne se dressait la demeure, bien trop grande au goût de la Vicomtesse, et qui se révélait être pourtant un petit bijou, aucunement défendable, véritable folie avant-l'heure, caprice d'une noble angloyse aux visions romantiques mais absolument pas martiales.



Richement boisées, agrémentées de quelques lacs, parsemées ça et là de vignes racornies qui ne devaient sans doute pas faire la fierté de la nouvelle propriétaire des lieux, les terres étaient longtemps restées sans maitre et cela se ressentait. L'intendant, nommé par le Roy au moment de la récupération de la Guyenne, avait fait au mieux, trouvant métayers pour les terres et domestiques pour le château. Néanmoins, si la demeure avait bien traversé le temps de l'abandon, les bois étaient redevenus sauvages et le gibier avait proliféré au point d'en devenir un fléau pour les paysans qui régulièrement voyaient leurs cultures ravagées par une harde de sangliers. Les faisans qui se disputaient aux volailles domestiques les nourritures que les fermiers leur donnaient et se faisaient une orgie du maigre raisin qui peinait à pousser. Sans compter d'autres bêtes plus dangereuses tapies au fond des bois comme lynx et loups qui faisaient fuir cerfs et chevreuils vers les plantations. Bref, en résumé : un carnage ! Et par-dessus ça, impossible de se trouver un garde-chasse digne de ce nom.

Sur la recommandation de son Intendant qui n'avait pu le faire sans autorisation seigneuriale à moins d'écrire à l'époque au Maître des Chasses royales, Sophie avait donc, dès la fin de l'été ouvert la chasse à tous les habitants et fermiers de son domaine. Pour autant, quelques paysans armés de fourches, même aidés par des métayers armés n'avaient guère résolu le problème. Tout juste avaient-ils fait des réserves de viandes et de venaisons pour l'hiver...



C'est à l'occasion d'une petite soirée en taverne où, discutant avec Son Infâme Grandeur, Agnès de Saint-Just que l'idée d'organiser une chasse leur était venue. La Comtesse s'ennuyait ferme et toutes les occasions de se distraire semblaient bonnes à prendre. La région, pour l'heure comptait peu de nobles. On décida donc d'ouvrir la chasse aux habitants de Montauban. Les règles en seraient naturellement différentes mais il y aurait, espérait-on, du monde. Surtout si banquet était organisé le soir pour les participants qui auraient bien sur le droit de s'arroger une part des prises.
A cela, s'ajouta aussi immédiatement l'idée de participer aux efforts de la guerre qui se profilait. Et aux pires, d'aider à nourrir les soldats et volontaires qui avaient défendu la Guyenne. Ainsi donc, on prit la décision que la majeure partie des carcasses de bêtes tuées seraient distribuées aux armées.

Ou comment mêler l'utile à l'agréable...

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"Connais-toi toi-même et connaitras l'Univers et le Divin."
Sancte
La Vicomtesse de Terrides était-elle si sotte dans l'expression de sa jeunesse pour refiler la majeure partie des richesses de sa forêt giboyeuse aux paysans et aux soldats qui n'avaient jamais eu pour eux qu'une incorrigible grossièreté, alors même qu'il était de notoriété publique qu'en dépit de son titre et de sa forge elle se trouvait des plus désargentée ? Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même, dit la maxime. Et bien fait-on de la répéter, tant elle n'est jamais plus vraie que lorsqu'elle concerne le nerf de la guerre, duquel on ne dispose jamais assez. Le bon et généreux bourgmestre, qui tenait ces qualités en détestation lorsqu'elles n'émanaient pas de lui-même, observa un long moment l'horreur constituée par cette affiche avec une dureté qu'il eut bien du mal à dissimuler derrière son enveloppe charnelle, tant il brûlait d'aller trouver Sophie pour lui révéler sa manière de penser. Sachant néanmoins qu'il n'arriverait jamais à soumettre à sa volonté -ou de manière infinitésimale- la stupide obstination d'une femme dans l'exercice insensé de sa prodigalité, il s'abstint de se présenter couci-couça au domicile de sa seigneurie. Seulement, si Iohannes se trouvait certes profondément outré devant l'indéfendable, il devenait de plus en plus apparent que depuis sa mandature municipale, son jugement ordurier qui confinait à l'aveuglement pâtissait à chaque instant, avec une constance toute angliche, de son manque criant d'exercice. Un grand classique chez les combattants reconvertis de force à la sédentarité. Alors, peut-être qu'éventuellement, n'ayant pas pu participer aux dernières manoeuvres militaires, il irait débusquer le lapin dans les buissons à coups de manche de pioche.



Ou de quelle manière séparer son aigreur d'un profond sentiment d'inutilité. En vain, probablement.
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"Aux hommes la droiture et le devoir, et à Dieu seul la gloire !"
S.I. - Gouverneur de Montauban-la-Réformée.
Gnia



Depuis la veille déjà, la Saint Just ne tenait pas en place, surexcitée comme une gamine devant des présents à déballer, comme le néophyte qui prononce pour la première fois "Sésame, ouvre toi" et devant lequel s'ouvre la caverne aux milles splendeurs. Certes, la comparaison pouvait sembler exagérée, mais c'était oublier qu'Agnès commençait à souffrir de la longue inactivité qui avait suivi ses mandats de régnante. Puis, elle peinait à appréhender son nouvel environnement. Puis, elle devait s'occuper l'esprit, le corps, se donner l'impression qu'elle n'était pas juste une petite baleine échouée sur un rivage pour lequel il n'avait été encore point décidé s'il était hospitalier ou non.
Et puis, fallait-il véritablement une raison pour se réjouir de s'adonner au noble art de la chasse ? Surtout quand on avait tout le matos pour.

A défaut de la clameur et du frisson de la bataille, l'on se contenterait du plaisir de la traque et de la mise à mort.

Aussi ce fut un équipage d'importance qui quitta ce matin-là l'Alabrena pour prendre la direction de Terrides. La comtesse souhaitait s'y rendre avant pour prendre la mesure du terrain et aider son hôte à organiser la chasse.
L'importante escorte soulevait un nuage de poussière visible des lieux à la ronde. La Lavedan caracolait en tête de peloton, juchée sur un robuste coursier rompu à la chevauchée en terrain accidenté, serrée dans ses habits de chasse. Suivaient ceux de sa mesnie qui voulaient participer à la chasse et aux festivités qui ne manqueraient pas de l'accompagner, domestiques, charettes chargées d'habits de rechanges, d'armes, de remèdes pour soigner chiens et oiseaux, rabatteurs, veneurs à pied peinant à retenir l'ardeur des nombreux chiens qui tiraient sur leurs longes et même un fauconnier qui portait un bel oiseau encapuchonné sur un gant de cuir.

La Saint Just n'était pas férue de chasse à l'oiseau, préférant la violence et la longue poursuite du gros gibier mais elle voulait offrir à la Vicomtesse de Terrides la possibilité de suivre la chasse avec ses invités et la chasse à l'oiseau restait l'apanage des nobles dames. Restait à la faire monter à cheval...

Enfin alors que le soleil qui peinait à percer les nuages gris de cette journée qui aurait dû être morne semblait être à son zénith, l'importante compagnie arriva sur les terres de Terrides.
Arrivée au castel, Agnès découvrit une construction extravagante qui ne manquait pas de charme et qui semblait la perle d'un écrin boisé et lacustre. La Comtesse se fendit d'un sourire en coin. Etrange comme parfois les demeures pouvaient ressembler à leur propriétaire...

Une fois annoncé, tout ce petit monde se dispersa, qui aux écuries, qui à une dépendance qui tiendrait lieu de chenil, qui suivant les domestiques pour décharger leur bagage.
Agnès avança sa cavale dans la cour et mis pied à terre, le regard rivé sur les portes du corps principal d'habitation guettant l'arrivée de la maîtresse des lieux qui ne tarderait probablement pas à venir l'accueillir.

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Asophie
Naturellement, la vicomtesse de Terrides attendait Sa Grandeur, mais avec un pareil barouf dans la cour du château, elle ne risquait pas de manquer son arrivée. Sophie réalisa alors que jamais il n'y avait eu tant de monde, tant de vie en ces lieux qui jusque là étaient associés en son esprit à la solitude, sereine ou pénible selon les circonstances qui l'avaient poussées à s'y réfugier. D'un coup ce fut l'angoisse : est-ce que tout était prêt? Est-ce qu'on pourrait loger tout le monde? Est-ce que tout allait bien se passer...?

Las, il était trop tard pour se poser ce genre de question! Sortant comme à son habitude en trombe, pimpante et souriante, elle vint à la rencontre d'Agnès :

"Votre Grandeur. Bienvenue à Terrides!"

Jetant un œil distrait à l'effervescence qui régnait autour, régulée en maîtresse par Amendine, sa gouvernante, laquelle bénéficiait de l'aide la grosse Mariette que tous ici appelaient "l'intendante" pour ce qu'elle était l'épouse de l'Intendant, Sophie s'empara familièrement du bras de la Comtesse et l'entraina vers le château :

"Vous voulez visiter, vous reposer, vous rafraichir, manger...? Vous êtes ici chez vous... Melina est là?"

Après avoir bombardé l'Infâme souriante de ses questions et avant que d'entrer, elle se retourna soudain en se disant qu'il y avait tout un monde à attendre...
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"Connais-toi toi-même et connaitras l'Univers et le Divin."
Sancte
Tiré à hue et à dia, le lecteur réformé aux sentiments contradictoires absorbés dans un typhon finit par se décider. Il allait se rendre à Terrides. Aussi, juché sur Destin, son musculeux coursier, ne tarda-t-il pas à accéder aux grilles du domaine, qui contrairement à celles de son manoir, tenaient encore debout. L'oeil triste et la mise défraîchie par le climat de ce que les bretons appelaient le "Mois Noir", son inexpérience de l'étiquette le fit hésiter. Fort heureusement Amendine, la gouvernante austère qu'il devinait huguenote, ne tarde pas à aller à son encontre. Depuis que la vie de la Vicomtesse avait été soumise à une séparation brutale, entre Terrides et Montauban, il n'avait guère eu l'occasion de voir cette veuve digne ; et quoi qu'elle ne lui avait jamais semblé avenante, en ce jour, il fut presque soulagé de distinguer sa lugubre silhouette sur le sentier.

Ahhh, Amendine, quelle joie de vous revoir !

Là, prenant appui sur son étrier, il démonta en tournant sur lui-même, régulé comme la mécanique d'un œillard à moulin, et affirma sa présence en avançant en sa direction dans la plus grande quiétude. Aux alentours, s'étendait la silhouette coquette de la bâtisse, avec ses fontaines, ses fleurs, ses jardins, et ses piaillements d'oiseaux dont la protestation aiguë signifiait sans doute qu'ils devaient se les geler menu. Contrôlant ses émotions tel l'ouvrier devant son chef-d'œuvre lors d'une opération cruciale, il suivit les traces de la gouvernante, afin qu'elle le mène auprès de celle qui fut jadis son infirmière de quelques jours, devenue aujourd'hui Vicomtesse, ce qui démontrait que l'on pouvait aisément le fréquenter sans -trop- en pâtir. Un constat assez léger, plaisant et tutti quanti pour le questeur Montalbanais, mais qui n'était pourtant pas sans susciter un fond de contrariété auprès de certains esprits chagrins qui en refusant de s'amender, finiraient bien un jour ou l'autre bannis de la Province. Arrivé au coeur du domaine, Iohannes abandonna simplement sa monture dans la chaumière qui hébergeait les écuries, avant d'en ressortir en ouvrant la porte grinçante et vermoulue comme gruyère avec la brutalité dont il savait se montrer coutumier lorsqu'une saloperie lui résistait. Avançant de sa démarche sanguine, ses arpions freinèrent dans le sable et le gravier lorsqu'il aperçut le noble et auguste profil de ces demoiselles se détacher dans la grisaille du jour.

Moi qui ne m'attendait qu'à voir une Vicomtesse, voici que la providence m'envoie en prime Son Infâme Grandeur, et fait par conséquent de moi céans et sur l'heure, le plus heureux des coquins.

Auparavant, il ne se serait sans doute jamais permis un ton si frivole avec ces deux nobles bombes à retardement réunies et tout récemment ... associées. Un sourire mutin naquit subrepticement à la commissure de ses lèvres alors qu'il lui venait en tête plus de questions que de réponses. Depuis quelques temps, la relation qu'entretenaient les deux femmes lui était totalement opaque et il en vint à se demander s'il ne s'agissait pas là de prémices d'un sérieux problème qu'il devrait par la suite évacuer. Le front haut et le buste droit, il finit par se tourner vers son hôte, graduel et impassible, comme s'il se préparait à s'entendre parler. Mais aucun son ne sortit de ses lèvres. En vérité il ne s'attendait pas à arriver parmi les premiers et ne savait que dire pour dégeler l'atmosphère. Alors il choisit de verser dans la banalité. Pour une fois.

Je me suis permis d'inviter Matalena à cette fameuse chasse, Vicomtesse. J'espère que cela ne vous dérangera pas. La demoiselle sait se tenir, et puis ... j'ai une vieille promesse à honorer à son endroit. Elle devrait arriver sous peu, son mulet avançant nettement moins vite qu'un palefroi.
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"Aux hommes la droiture et le devoir, et à Dieu seul la gloire !"
S.I. - Gouverneur de Montauban-la-Réformée.
Matalena
Mulet ? Que nenni très cher !
La tendance instinctive à la tésorisation de la jeune occitane -que d'aucun jugerai confiner à la radinerie- avait peu à peu porté l'état de ses finances vers une sorte d'Age d'Or, stricto sensus. Cependant qu'elle se plaisait à user ses épaules nues sur un lit de planches, une fortune certaine s'accumulait dans le secret de ses coffres et, si de bourgeoise elle n'avait pas l'embonpoint, le pécule en revanche restait indiscutable.
Il n'était pas dit que celui que certaines prenaient déjà la liberté d'appeler "Le Vieux" appartenait à l'univers des gâteux : sa mémoire, à défaut de ses articulations, avait encore la vivacité d'un jeune homme, et c'est on ne peut plus surprise de cette attention que la tisserande prit connaissance d'une invitation en bonne et due forme pour une partie de chasse à laquelle, semble-t-il, les vilains étaient conviés. L'idée de répondre par la négative à une injonction à comparaitre du Lecteur ne lui traversa pas un instant l'esprit. En revanche, celle de se présenter honteuse dans ses piètres vestures et sur sa modeste monture à robe grise et dégarnie lui paraissait des plus inenvisageables. Ce que tout un chacun ignorait, et qu'elle avait jusqu'alors su dissimuler parmi les innombrables non-dits qui formaient son quotidien, c'est qu'elle s'était offert un cadeau.
Sans doute était-il temps de faire un usage de son acquisition tout autre que l'entretien des cultures auquel il s'était jusque là attelé.

Portant haut le rouge et noir qu'elle affectionnait, la brune ajouta à son ordinaire le port d'une légère côte de cuir doublée d'une paire de gant de même matière, et s'en alla quérir son bien aux écuries de maistre Jean Langlois. Parqué dans une jachère vouée à cet usage, le massif cheval de trait piaffa d'impatience à son arrivée, saluant l'approche de sa propriétaire d'un hennissement de bon aloi. Large de poitrail comme de sabots, le garrot de la monture devait culminer à quasiment six pieds de haut. Il portait la robe noire, la crinière longue, et les fanons abondants, d'un blanc soutenu en accord avec la tâche claire qui marquait sa tête au profil convexe. Les épaules profondes, le dos court et musclé, il semblait taillé pour supporter le poids d'au moins quatre individus du gabarit de sa maitresse. Si les anglois avaient apportés en Guyenne leurs atroces coutumes culinaires, de leur passage on garderai heureusement quelques apports bénéfiques, dont cette espèce superbe baptisée Great Horse, ou Shire pour leurs descendants, assez robustes pour pouvoir tirer charrues, charrettes, et porter son chevalier en caparaçon complet lors de joutes épiques.


Adieussiatz Lucha.

Murmura-t-elle en lui flattant l'encolure, les yeux luisants d'un respect et d'une affection dévouée que, face à l'animal, elle ne cherchait pas à dissimuler.
L'arnachement était d'une excellente facture, bien que sans fioritures, et la jeune femme se hissa avec agilité au sommet du palefrois, ses jambes minces parvenant tout juste à encadrer suffisamment ses flancs pour lui garantir une bonne assiette. Sous ses mains, les imposantes épaules de la bête se murent d'abord lentement, puissamment, avant que le galop ne se précise.
Tout juste pensa-t-elle à ralentir l'allure en pénétrant sur le domaine vicomptal, adoptant un trot enlevé tranquille, avant de s'immobiliser à proximité des hôtes de marques, et regagner le plancher des vaches non sans manquer de flatter l'encolure de l'animal avec une fierté de propriétaire.


Vicomptesse, Votre Grandeur, Messire... J'espère ne point vous avoir fait attendre.

Croyant percevoir un léger soulagement de la part du bon et généreux bourgmestre coincé, comme elle l'ignorait tout à fait d'ailleurs, entre deux femelles dont l'accointance faisait l'objet de vastes inquiétudes, la brune lui adressa un signe de tête qui se voulait obligeant, avant d'observer les alentours avec une enfantine curiosité bien mal dissimulée.

Votre fief est superbe dame Sophie. J'ose espérer que vos bois ne souffrirons pas notre visite. Quand commençons-nous ?




*Bonjour "Lucha", prononcé Loutcha en occitan.
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« N'oubliez pas que, si longue vous apparaisse votre existence, votre mort, elle, est éternelle.»
Robert Merle

Asophie
Voilà que ça arrivait... D'abord messire le Bourgmestre, lequel ne manqua pas d'abord de trouver la situation amusante avant de se rendre compte qu'elle pouvait se retourner contre lui à tout moment. Heureusement pour lui, les deux femmes n'avait pas encore atteint un degré de complicité suffisant pour le tailler en pièces en se rejetant la proie. Quoique, elles auraient pu improviser un petit numéro intéressant... Mais le simple fait de le voir gêné au point de sortir les banalités qu'elle-même s'efforçait généralement d'énoncer pour dégeler les atmosphères trop fraiches la fit sourire en coin. Dans cinq minutes, il allait nous parler du temps! Mais non, il aborda un sujet plus aimable...

"Matalena était naturellement invitée, comme tous les montalbanais. Et plus encore parce qu'elle fait partie des gens estimables que j'apprécie. D'ailleurs... "

Plissant les yeux pour identifier la silhouette qui s'approchait sur sa grosse bête, Sophie ne manqua pas de siffler en souriant :

"...Je crois qu'elle a un mulet d'exception dites-donc... Ou alors, vous vous y connaissez moins bien que moi en matière d'équidés !"


Lorsque la languedocienne fit stopper sa monture à un mètre du groupe, trop près, beaucoup trop près, la maîtresse des lieux avait déjà monté deux marches pour s'éloigner du bestiau qui, non content d'être un canasson était en plus gigantesque. Foutu peur! Il allait falloir qu'elle apprenne à la dominer... Elle fit donc l'effort de redescendre à la rencontre de la jeune femme :

"Bonjour Matalena et bienvenue à Terrides. Mes bois, j'en suis certaine, seront soulagés du traitement que vous allez leur infliger... Sa Grandeur va mener la chasse..."

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"Connais-toi toi-même et connaitras l'Univers et le Divin."
Cyrinea
Les temps étaient sombres. Novembre s’annonçait mal, Octobre finissait encore pire. Sa seule consolation était cette jument qu’elle avait eu à un bon prix à Castelnaudary lors de son dernier voyage, au prétexte qu’elle était rétive, alors que son propriétaire montait comme un sac et mordait donc régulièrement la poussière. Mais les juments de race, c’est comme les femmes. Si on les malmène, elles se cabrent ; si on mime la douceur, elles vous jettent des œillades méfiantes ; si on ne les laisse pas s’exprimer, elles s’ennuient ; si en outre on est balourd, qu’on use à mauvais escient de son assiette ou qu’on cravache au lieu de soumettre délicatement, elles vous envoient paître ailleurs où l’herbe est toujours soit disant plus verte. Mais l’herbe reste l’herbe, les balourds des balourds et les femelles de race à la recherche de toujours plus d’élégance, et de l’assiette, et de l’âme.

Cyrinea chevauchait donc grand sourire et port léger, laissant derrière elle et Novembre à venir et Octobre finissant, pour se rendre à l’invitation de la Vicomtesse.

Lorsqu’elle arriva, elle ralentit l’allure, donnant au trot ce rassemblé et cette puissance contenue qui n’était pas loin de constituer la jouissance équestre dont ne tarissait pas d’éloge son cavalier et espagnol de père. Elle flatta l’encolure, rejeta en arrière après en avoir dénoué le lien la capuche qui protégeait et domptait sa chevelure et de la poussière laissée par la cavalière précédente qui ne la distançait que de peu, et du vent automnal. Elle fit face, dans un arrêt digne de la plus haute école, aux trois femmes et au seul homme de cette assemblée champêtre, symbole de ce qu’était la vie à Montauban relativement à la mixité de sexes.


Bien le bonjour, votre Grandeur....Vicomtesse, Amiral, Matalena....Cette chasse m’émoustille et me ravit comme une enfant un matin de Noël !

Petit rire gêné, face à la niaiserie de ce qu’elle venait de proférer, mais elle ne se démonta pas pour autant et resta bien assise et bien droite dans sa selle.
Sancte
Ahahah. Très marrant le coup des équidés. Vraiment. Une fois que tout le monde s'était bien fendu la pomme sur le mulet d'exception de Matalena, il refila la patate chaude dans les mains de l'indifférence afin que sa méprise tombe le plus rapidement dans l'oubli. Aussi loin de fuir ces femmes inférieures que de leur faire des avances familières, et quoi qu'il connaissait déjà les lieux, le bon pasteur Montalbanais préféra accrocher son regard sur le singulier établissement de Terrides à la configuration ternaire, entretenant l'espoir secret de voir -enfin- débarquer un homme alentour, dont la présence, combinée à celle de l'auguste vieillard qu'il était, permettrait de mieux faire face à l'assistance des citadines en mal de sensations fortes. Car s'il n'était pas désagréable au fond d'être le seul et unique totem de virilité de Montauban, le peu de présence masculine plongeait peu à peu les femmes dans une atonie absolument insoutenable dont il ne savait se dépêtrer et qui du coup, par ricochet, suscitait en lui un soupçon de culpabilité. Pour résumer, seule une cohabitation plus équilibrée serait à même de ragaillardir les beaux vagins de sa cité.

Vrai que sans me rappeler nullement la noël qui n'a jamais eu l'occasion de me bailler quelque souvenir similaire à ceux que vous évoquez, il n'est point tous les jours donné de chasser en si bonne compagnie.

Oui. Oui. C'est triste, un enfant sans noël. Pourtant non. Il ne renifla pas plus qu'il ne réprima un profond sanglot. Au contraire. Il libéra sa poitrine en détachant son col. Puis il se massa la nuque avec indolence, le regard empli d'une gravité qu'il voulait sans doute faire passer pour de la sagesse. Après quelques secondes de latence, il décida de s'absenter pour aller se promener tranquillement, profitant de cette balade pour se taire. Dans sa tête bien déjetée, déjà échafaudait-il les plans, ruses, et stratégies de la chasse à venir. Une fois arrivé à proximité d'un tas de foin, il se coucha couci-couça dessus, s'écroulant comme s'il se laissait tomber sur un siège qu'il savait défectueusement imbriqué, prêt pour se faire un petit somme, le chapeau à large bord lui couvrant le visage.
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"Aux hommes la droiture et le devoir, et à Dieu seul la gloire !"
S.I. - Gouverneur de Montauban-la-Réformée.
Rosedeplantagenest


Depuis son arrivée et son installation sur Montauban, la petite princesse de la famille s’était renfermée sur elle-mesme, réfléchissant sans cesse sur sa vie, il est vrai que du haut de ses dix-neuf étés, elle en avait déjà vu des vertes et des pas mures, et elle passait le plus clair de son temps à tourner en rond comme un lion en cage… Evidemment tout ceci la mettait ‘une humeur massacrante et si sa tante n’avait pas un pouvoir sur elle, elle serait devenue folle depuis belle lurette !

Mais ce matin là, toute la maisonnée se trouvait en branle bas de combat, ce qui intrigua la jeune Rose qui pointa son minois hors de la demeure et se dirigea droit vers sa tante pour lui mander ce qu’il se passait. Accueilli d’un large sourire, sa tante accompli encore un tour de magie dont elle seule détenait le pouvoir et réussit à faire sortir Rose de son mutisme récurent en l’entrainant avec elle à une chasse.

La chasse : une horreur pour Rose mais la voici cahin-caha à chevaucher derrière tata Agnès et devant presque une armée aux vues du cortège qui les suivaient.

Arrivée au castel, Agnès ralentit et Rose fit de même, ne parlant toujours pas et suivit alors sa tante vers l’entrée même du castel avant de voir sa tante prise par le bras par une femme que Rose ne connaissait pas encore et là, au milieu de tout ce petit monde, Rose resta plantée à observer.
Quelle ne fut pas sa surprise de voir arriver Sancte en personne et puis d’autres personnes…qu’elle ne connaissait pas…Quelle idée aussi de vivre recluse au fin fond du castel d’Agnès ! Bougonnant contre elle-même, elle fit quelques pas en direction de tous, mais surtout en direction d’Agnès qui allait lui dire qui était qui.

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Melina
Mélina avait reçu l'invitation et bien qu'une bonne chasse l’intéressait vraiment, cette violence ne lui serait guerre bénéfique... Il faut dire qu'elle imaginait déjà la présence d'Emi qui allait la suivre partout et lui interdire le plaisir que la chasse apporte... Avec un soupir, elle monta a cheval tant bien que mal, son ventre prenant trop de place et la débalançant.. Elle n'avait presque pas monter depuis le début de sa grossesse... il lui faisait du bien de se promener et à la marche, son dos trouvait un certain réconfort qu'elle n'arrivait plus à trouver sur terre. Elle éclata de rire à la pensée qu'elle serait des moins élégante à sa descente, qui serait ardu.. elle repris son sérieux , le plus possible du moins et poursuivi sa route vers le domaine de dame Sophie.

Une fois au porte, elle approcha les autres... Heureusement que sa jument était calme et patiente avec elle, car elle allait devoir passé sa jambe par dessus le cou de l'animal pour se laisser tomber par terre.. Elle suivis son instinct et descendit ainsi... sa grande robe cachant en partie le mouvement peu élégant, elle arriva sur ses pieds avec un sourire de satisfaction. Elle ne s'était point retrouver sur son fessier... Elle se dirigea donc vers ceux qu'elle connaissait bien, les salua de la tête.


- Dame Sophie, Dame Gnia, Sancte, Dame Rose!

Puis un sourire en reconnaissant Cyrinea. S'adressant à celle-ci et à Matalena avec un sourire radieux.

- Bonjour! Nous avons là une excellente journée pour la chasse!
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Gnia
Bon, bon, bon...
La vicomtesse de Terrides, présente. Et tout à fait à son aise dans son rôle d'hôtesse. A peine le temps de répondre aux mondanités que les premiers participants commençaient à arriver.

Le Sieur Gouverneur et son incomparable humour auquel la Saint Just se garda bien de rétorquer d'une cinglante pique, bien que le climat entre le Mirifique et l'Infâme ne fut pas au beau fixe. On allait pas se laisser gâcher la perspective d'une si belle journée en ajoutant un touche glaciale à un froid qui ne manquerait pas de toutes façon de se faire sentir. Imperceptible hochement de chef donc pour répondre à son salut, ça ira bien comme ça.

Suivit donc celle que le bourgmestre avait annoncée, la brune Matalena suivie de près par Cyrinea. Que de brunes... et dire que dans son Nord natal, sa chevelure de jais héritée de ses origines du Sud faisaient tourner les regards, tranchant distinctement sur tant de rousses, de blondes, de châtains. Ici, elle n'était finalement que sombre parmi les sombres, si l'on excluaient le regard clair et la peau diaphane, bien nordiques ceux-ci.

On s'éternisait un peu en mondanités entre femelles, aussi l'Amiral jugea bon de profiter d'un moment de latence pour prendre la tangente. On ne pouvait pas vraiment lui reprocher. L'ambiance gynécée montalbanaise éprouvait tous les nerfs.

Agnès fit signe à Rose qui restait à l'arrière, timide, et l'invita à rejoindre le petit groupe et en profita pour la présenter. Salut à Melina qui venait de les rejoindre et qui ne dépareillerait pas aux côtés de sa suzeraine à gros bide.

L'invitation avait rencontré moins de succès que ce qu'escomptait la Saint Just. Toutefois, l'on allait pas attendre jusqu'à la Saint Glinglin que les montalbanais se décident à vaquer à autre chose qu'à leur petite vie niaise donc misérable et bien rangée.
L'on était venu pour de l'action, il était temps de l'amorcer.


Bien...
Je propose que nous commencions par une chasse au petit gibier, lièvre et garenne. La proposition n'est pas anodine puisque qu'il sera plus aisé pour ses dames
Elle montra vaguement Sophie, Rose et Melina qui n'ont guère l'habitude de chasser ou de monter de suivre une chasse à l'oiseau qu'une course au vieux sanglier solitaire.

A ses mots, elle chercha du regard où pouvait bien être celui qui s'approchait le plus de cette charmante et virile description. Avisant un tas de foin au loin, elle fit signe à un garçon d'écurie d'aller secouer le vieillard. On commençait.


De plus, la fin de journée reste plus propice à repérer les souilles du sanglier ou à voir les cervidés sortir des bois. Durant la matinée les pisteurs nosu repèrerons le terrain tandis que nous iront cueillir du lapin.
Concrètement, la chasse à l'oiseau est l'apanage des nobles dames. Mon fauconnier s'occupera de le lancer et vous aurez toutes, et tous, l'occasion de le tenir sur le poing. Une fois sa proie repérée, il fond dessus. Les chiens, spécialement dressés permettent de ramener le gibier que l'oiseau aura plaqué au sol.


Le temps que la petite assistance se prépare à remonter en selle et qu'oiseau et meute s'organisent autour des chasseurs, Agnès s'approcha de la Vicomtesse de Terrides. Passant son bras sous le sien, elle l'entraîna non loin des écuries où un garçon tenait les rênes d'une haquenée, l'ossature légère, le garrot bas, élégante.

J'ai amené le faucon pour vous. Il aurait été fâcheux que la maîtresse des lieux ne puisse assister à ses propres chasses. Aussi je me suis permis également de vous pourvoir d'une monture qui vous corresponde.
Cette jument est la docilité incarnée. Elle n'est ni nerveuse ni rétive et ce garçon vous accompagnera tout le temps de la chasse.
Prenez le temps de vous apprivoiser. Quand vous serez prête nous partirons.


La Comtesse s'approcha de la jument, flattant d'une main légère le museau de la bête, invitant Sophie à imiter le geste. Puis elle recula de quelques pas, prête à opposer force arguments au cas où la Terrides se tétanise de peur ou encore bien décidée à lui prodiguer quelques conseils si d'aventure elle bravait sa mauvaise expérience des équidés et la laissa aux bons soins d'une jeune palefrenier.
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Wolverine669
Demain le combat de chien aurait lieu, après cette chasse de froufrou il pourrait enfin revoir le magnifique molosse que l’Infâme possédait. Il sourit en y repensant et s’empressait d’arriver chez l’amie de la tante, enfin un truc du genre quoi. Fermant le long, très long cortège, Wolverine se demandait quand est-ce que l’action allait enfin revenir, et si Rose ne l’avait pas sorti d’une situation presque cocasse, il retournerait brigander sur le champ. Mais, oui il y a toujours un mais, une promesse est une promesse, et du coup il suivait sa patronne. Il arriva enfin à destination et de loin vit l’Infâme en pleine conversation entouré de quelques personnes, et il décida de rester en retrait. Après tout il n’était pas là pour chasser mais pour veiller sur l’Infâme et Rose, tel était sa mission. Bras croisé sur le torse, visage baissé vers le sol mais regard perçant en direction du groupe, il veillait.
Asophie
Sophie était également déçue par le peu de monde qui s'était déplacé. Bon, elle se consolait en se disant qu'on avait les meilleurs mais quelques "meilleurs" manquaient... Enfin, au moins la mesnie Saint-Just avait son poids. Agnès pourrait ainsi faire connaissance avec les terres que Sophie avait offert de lui laisser à disposition chaque fois qu'elle voudrait chasser...

Aimablement, la vicomtesse accueillit ses invités, sourit aux uns et aux autres, encouragea la jeune Rose à approcher et serra dans ses bras l'adorable Melina même si l'exercice était difficile vu le ballon qui les séparait...


La chasse... Bon, voilà : on y était. Et devant le canasson aussi...


"...Cette jument est la docilité incarnée. Elle n'est ni nerveuse ni rétive et ce garçon vous accompagnera tout le temps de la chasse.
Prenez le temps de vous apprivoiser. Quand vous serez prête nous partirons."


Mouais... La bestiole avait l'air jolie mais Sophie se méfiait des beaux et grands yeux doux. Celui qui l'avait envoyée valdinguer sur une pierre et lui avait cassé un bras alors qu'elle était enfant après l'avoir piétinée avait aussi ce genre de regard, doux et calme. Ces canassons étaient sournois... Bref. Alors qu'Agnès l'avait encouragée à faire connaissance, elle posa une main timide sur le nez de l'équidé. Celle-là, au moins, ne se mit pas en tête de lui léchouiller le bras avec gourmandise. Bon point. Alors la cavalière, plus rétive que la monture, décida d'avoir une conversation honnête avec elle. Comptant sur la sincérité de son interlocutrice, la jument, elle décida donc de lui faire confiance. Relativement. Donc, les yeux dans les yeux. Ou plutôt, de bouche à oreille parce qu'il parait que ça faisait classe de murmurer à l'oreille des chevaux...

"Alors... toi et moi, on va devoir faire semblant de s'apprécier aujourd'hui... Toute la journée. Donc toi, tu vas être une brave bête. Tu vas pas me foutre par terre, ni partir comme une folle au galop et moi, à la fin de la journée,je te refilerais toutes les sucreries, carottes et autre que tu voudras... ça marche?"

Évidemment, pas de réponse. Mais la bête inclina légèrement la tête de son côté. Probablement parce que le chuchotis avait du lui agacer l'oreille mais Sophie prit ce mouvement comme un assentiment. Prenant donc son courage à deux mains, elle adressa un hochement de tête, assorti d'un timide sourire à Agnès puis, monta sur la bestiole sans aucune difficulté. Parce que c'est maintenant que ça allait commencer, les difficultés.

Du haut de son perchoir, elle remercia la Comtesse :

"Je vous remercie Agnès. Pour tout. J'espère que cette journée sera magnifique."

Ouais, j'espère que je vais pas me retrouver en petits morceaux surtout...
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"Connais-toi toi-même et connaitras l'Univers et le Divin."
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