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[RP-IG] Et la Loire rougit...

Charlesdecastelroy


Lenay, 5 Juin au matin

Charles sursauta lorsque la porte s'ouvrit brusquement devant lui, et ses yeux se mirent à loucher sur le tisonnier qui s'avançait vers lui. S'était-il tromper d'endroit? Où était-il tomber? Dans une maison de fou peut-être? Mais le tisonnier s'avançait toujours vers lui, menaçant, et lui louchait toujours. Il recula alors précipitamment et se prit dans quelque chose qui le fit tomber par terre. Il continua alors de reculer, ses mains touchant la terre humide. Et bien il serait dans un bel état en tout cas, enfin s'il s'en sortait.

Une petite voix se mit alors à parler, le surprenant:


NON !!
On n'a pas besoin de marchand de carpettes! Y en a assez chez nous!
Si c'est pour vendre au porte-à-porte, vous pouvez décamper avant que j'vous pétrifie en statue de pierre! Faites gaffe hein. J'suis forte.


J'suis pas toute seule, d'abord ...
Mhm.
Y a le chat ! Et il griffe si j'lui demande. Enfin si j'le retrouve. Minou ...


Le jeune homme arrêta donc de loucher sur le tisonnier et son regard se dirigea vers la personne qui avait parler. C'était une jeune fille brune, avec de la pêche on dirait. Peut-être la moitié de son âge mais pas plus. Elle était aussi assez bien habillée, quoique sa robe était chiffonnée, et il y avait une tâche sur chaque manche, du charbon en déduit-il vu la couleur et du fait qu'elle avait un tisonnier dans les mains. Enfin ceci lui était plutôt logique.

Il se releva alors prestement, il devait avoir l'air pitoyable par terre comme il était. Il lissa alors ses vêtements, qui étaient noirs (pas qui sont... enfin si à certains endroits seulement), pour se donner un minimum de prestance. Il était tâché à cause de la terre humide, et ses mains étaient, légèrement sales...

Il soupira alors et dévisagea la fillette qui lui faisait face. Elle était assez grande, peut-être une tête de moins que lui-même, qui n'était ma foy pas très grand, et même si des personnes disaient le contraire! Tout ça pour lui faire plaisir alors que ça l'énervait encore plus...
La fillette en face de lui était donc assez grande, assez bien habillée, mais ceci ne l'aidait pas à savoir qui cela pouvait être. Cela pouvait être un servante, quoiqu'il douta que Linon embauche une si jeune personne à son service. Bon, peut-être la fille d'un des employé de maison? Oui mais si tel était le cas elle n'aurait pas ouvert, ou alors pas si brutalement. Cela pouvait être aussi la fille de Linon, mais... si rustre? si sauvageonne? Bizarre non même si ses parents, si c'était le cas, avaient un fort caractère... Ou alors il s'était trompé? Non non, il se souvenait parfaitement de la description que Dame Linon lui avait fait.

Bon bon. Il allait pas rester comme ça jusqu'à la fin des temps. Après un dernier époussetage il se mit alors à dire:


Salutations jeune fille.

Tiens c'était bien à lui de dire ça alors qu'on l'appelait souvent jeune homme... enfin bon et il continua alors:

Je suis venu voir le maître des lieux, c'est très urgent.

Puis il attendit. La fillette tenait toujours son tisonnier dans les mains, et il s'en méfiait... Vu l'accueil qu'il avait reçu...

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Letiti
[Angers, 4 juin, de retour du chateau]

Conrnegidouille!
Foutu enfant d'puterelle!


L'humeur du petit homme au chapeau rouge était décuplée par l'inquiétude. Il n'avait pas eut accès au chateau, il n'avait pu contacter le geolier et encore moins aller voir qui s'y trouvait.
Il avait essayé de graisser des pattes, mais l'huile de tournesol ne semblait pas réellement faire l'affaire. il grommella à part lui:


Faut qu'j'importe de l'huile d'olive pour la prochaine fois!


Après coup il s'était dit que s'il mettait un peu de grabuge dans une taverne et finissait éméché au beau milieu de la nuit braillant à tue tête, il finirait bien en prison et continuerait son enquête de l'intérieur. Cette technique il l'avait utilisait sans le vouloir un bon paquet de fois déjà. on était un génie ou on l'était pas.
Cette solution fut mise de côté en voyant le foutoir qui régnait déjà dans la capitale. Il n'arriverait jamais à se faire suffisamment remarqué.

Il ne lui restait qu'un seul moyen:


Pas le choix!
Faut que je m'enquille verre sur verre!


La mort dans l'âme il se dirigea vers la taverne, près à écluser la cave. Il les ferait les unes derrières les autres si besoin. Sa femme passait avant tout:

C'pour te retrouver trognon!
Slurp!


Il attaqua donc, les ivrognes parlant surtout aux ivrognes, les sobres ne se méfiant guère des poivrots, il s'était dit qu'il rassemblerait ainsi beaucoup plus vite et en plus grand nombres des renseignements pour la retrouver. Forcément quelqu'un devait l'avoir aperçu.
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Miel.
[Choc des rencontres]

Jouissive surprise, que de voir son tissonier magique fonctionner à merveille ! A peine brandit en l'air, que l'inconnu en tombe à terre !! Si ca, c'est pas de la Majie !! Sans épée, sans baton, sans même taper, elle arrive à destabiliser un potentiel ennemi.

La puce à la robe... tâchée, ouais bon ok, mais pas trop trop. Faut pas exagérer, elle a juste trainé dans la Tour, allongée contre le sol poussiéreux, puis joué avec le feu. C'est pas siiii crados que ca. Un peu quand même pour une fille de Noble. Humf. Même pas drôle.

La puce, disais-je, ô cher lecteur, bin elle était déboussolée.

D'abord, C'était un jeune! Waaaaaw. Un jeune qui est réel, pas imaginaire, double waaaaw. Quoique. 'tendez, y a erreur sur la personne là. Il doit pas être réel. Sinon il l'aurait déjà pris de haut, avec l'air dédaigneux de ceux qui la croient folle.

Ensuite, esprit ou humain, c'était pas un charlatan. Il n'avait pas de charette derrière lui, ni l'allure carnassière de ces derniers. Déjà ca. Un bon point pour le grand blond.

Seconde victoire du jeune homme : il semblait lui aussi aimer la terre. Ca, c'est la classe. Du moins pour Miel. Si les Damoiselles devraient s'en offusquer, la jolie sauvageonne elle était plutot agréablement surprise. Mais ne le montra pas. Ne jamais baisser la vigilence. Ca pouvait être un voleur, sous ses apparences courtoises. Sa baguette magique toujours brandit en l'air.


Salutations jeune fille.
Je suis venu voir le maître des lieux, c'est très urgent.


Froncement de sourcils. Rapidement, ses neurones se mettent en action et analysent brillamment la situation. Avec, en guise de conclusion : ca sent le sapin. Eh oui. 3 possibilités s'imposent.

- Si c'est un voleur, lui dire qu'il n'y a qu'elle serait une grooooosse bêtise. Quoiqu'elle a sa baguette magique, hein.
- Si c'est un gentil, euh, bonne question... La politesse voudrait une courbette? Et lui offrir hospitalité. Moui.
- Si c'est un Esprit ... mwouarf. Elle serait vraiment mal barrée.

Soupirs. La fillette opte pour la politesse. Pour ne pas froisser l'eventuel Esprit, et même si c'est un roublard, elle est toujours sur ses gardes.

La brunette ravale sa salive, et se lance. Allez, jeune sauvage, tu peux le faire. Un sourire forcé se joint aux paroles, dites avec douceur. (Si si)

Oui, bonjour M'sieur, ca va, toussa toussa.

Bin quoi? C'était poli ! Elle a même devancer les traditionnelles questions relou pour aller droit au but. Il a bien dit urgent, non? Ah, elle a oublié la courbette. Mince.

Le dévisageant de plus belle, elle poursuit sur sa lancée.


Z'êtes qui? Voulez quoi ? Comment vous avez trouvé le chemin ? Vous avez croisé le marcassin blessé en venant? Non parce qu'il faut le soigner hein.


Si si. Les deux dernieres questions sont super importantes. Ne jamais laisser un animal en plan. Qui sait qui il a été dans une vie antérieur, hein? Ou qui il deviendra.

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Princesse féerique de Linon & Letiti. Môme de 6/7 ans.
Apprentie Maje, sur-douée mais pas encore douée. Trop dans la lune... Bcp trop.

« Ça y est... Je vois trouble. C'est le manque de gras, je me dessèche. » (Karadok)
Charlesdecastelroy


Le jeune homme se fit lui aussi dévisager par la fillette. Ça commençait bien. Il ne savait toujours pas qui elle était d'ailleurs. Il se laissa donc dévisager par la gamine en face de lui qui commençait un petit peu à lui taper sur les nerfs. Mais bon, il patienterait le temps qu'il faudrait, quoiqu'il était quand même pressé...

Mais heureusement la jeune fille eu rapidement finit et se mit à parler:


Oui, bonjour M'sieur, ca va, toussa toussa.

Charles fut surpris de ce qu'elle dit. Il ne s'y attendait pas du tout et il réfléchit. Que répondre? Que ça allait mal car Linon était dans un lit entre la vie et la mort? Non car cette personne connaissait sûrement la mairesse et serait sûrement en état de choc. Et puis il avait quand même plus de tact non? Bon enfin il l'espérait, il n'était pas un rustre! Rohhh il allait finir par le croire s'il continuait à penser comme ça...

Mais il fut tellement long à réfléchir, ben oui c'était pas une lumière quand même, que la jeune fille continua de parler:


Z'êtes qui? Voulez quoi ? Comment vous avez trouvé le chemin ? Vous avez croisé le marcassin blessé en venant? Non parce qu'il faut le soigner hein.

Bon là il n'allait pas réfléchir pendant une plombe quand même. Quoique les questions étaient un peu bizarre... Mais bon s'il ne répondait pas d'autres questions tout aussi bizarre allaient arriver... donc il répondit:

J'suis Charles de Raveline, Maire de Saumur et filleul de Dame Linon. Je veux juste parler au maître des lieux...

Ah oui c'est vrai qu'il se répétait là... Rohhh mais il avait pas réfléchit aussi! Et pis il était pas un Dieu. Mais bon il continua quand même:

Donc... euh... j'en étais où déjà... Ah oui c'est vrai. Et bien c'est ma marraine qui m'a expliqué le chemin dès fois que j'aurais besoin d'elle, quoique ce ne fut jamais le cas. Et... ben non je n'ai pas rencontré de marcassins par ici... Et encore moins blessé...


Charles réfléchit quand même à ça. Il avait été tellement vite à venir. D'ailleurs il avait même hésité à rentrer au domaine des Ravelines pour prendre un cheval. Mais bon, pas sûr qu'il mettrait moins de temps avec un cheval... Mais normalement, il avait pas vu de marcassin... Non non... enfin bon il ne pouvait pas en être sûr...

Donc le jeune homme continua:


Je suis désolé de vous presser comme ça damoiselle, mais ceci est extrêmement urgent. Je ne puis rester longtemps s'il n'est pas là. Et si c'est le cas je vous prierai de me dire où je puis le trouver.


Il fit alors sa tête d'Ange, ça fonctionnait avec tout le monde, tout le monde craquait. Il fit un tendre sourire, ses yeux s'embuèrent légèrement de larmes pour faire croire que ça allait très très mal. Il remit alors ses cheveux un peu mieux, tout en faisant croire qu'il s'essuyait les yeux en même temps.

Sauf que là il vit encore mieux la personne qui lui faisait face! C'était une jeune fille. Et son truc ça fonctionnait qu'avec les adultes. Il laissa alors échapper un juron, tout tout bas quand même. L'était pas autant malpoli quand même. Il ne fallait pas exagérer. Il prit alors un air sévère, oui ça pouvait changer du tout au tout avec lui. Ah c'était ça de jouer la comédie. Et donc la ses yeux se froncèrent, et ses lèvres firent une petite moue. Dommage qu'il n'ai pas cette teinture noir qu'il trouvait chez l'herboriste. Avec du noir aux yeux, les cheveux teints en noirs et du noir au lèvre, oui bon ça faisait un peut fillette pour certains, mais s'il était normal il avait une tête d'ange! Ah dur la vie quand on est jeune, et si beau. Ben oui, il l'était.

M'enfin il n'étais pas là pour penser pour ça. Il demanda, toujours avec sa tête sévère, bon pas trop mais un peu quand même...


D'ailleurs vous êtes qui vous?

Et il observa, toujours avec le même aire, la jeune fille qui lui faisait face.

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Miel.
[Patience limitée...]

Vindijou de vindijou. Invasion de nobles. Qu'est ce qu'elle a contre les nobles? Rien, si ce n'est le ton dédaigneux. Sans même s'en rendre compte, la liste de présentation du blondinet inconnu en devient désagréable. Et lui aussi, du coup.

La môme ne sait retenir une fugace grimace. C'est plus fort qu'elle.

"Chââârles De Raveliiiine" "Maire de Saumur" blablabla.

Son nom. Elle a demandé un nom. Charles suffisait. Gna Gna Gna. De Ravioli. Maire. Maire. Le dernier mot raisonna dans l'esprit de la gamine.


Maire? J'vous crois même pas. Un maire ne quitte pas son village quand il est agité pour venir faire de la Majie ici! C'est pas très bien ca. Devriez être honteux! D'abord.

Et elle peste de nouveau. Non seulement il se répète, mais en plus, il n'a pas vu Marcel, le marcassin. Les villageois urbains (), j'vous jure. Plus aucun respect ni attention envers la Mère Nature.


Je suis désolé de vous presser comme ça damoiselle, mais ceci est extrêmement urgent. Je ne puis rester longtemps s'il n'est pas là. Et si c'est le cas je vous prierai de me dire où je puis le trouver.

D'ailleurs vous êtes qui vous?


C'est qu'il commence à être ennuyant, à se répéter sans cesse! Pis son comportement était bizarre. Un coup souriant comme une tomate, la seconde d'après, une tentative d'être sévère, sérieux, adulte.

Oui maître des lieux.
Oui urgent.
Oui, elle n'est pas greluche non plus.
Juste un peu dans son monde. Mais cela ne veut pas dit débile, bien au contraire.

Une rafale de vent s'empresse de jouer avec la robe de la gamine, qui en frissonne. Qui baisse le tisonnier, aussi, pour mieux se draper de sa cape vert -nature, pour être en mode caméléon pour mieux approcher les biches-.
Baisser la garde, donc. Après tout, il est Maire. Soit disant. Pis surtout ... elle a froid. Etrange pour un matin printanier...

Et, contre toute attente, virevolte et rentre dans la maison.

Lançant par dessus son épaule, un

"V'nez prendre un verre. Mais j'previens, je fais pas de courbette moi!
L'urgence attendra. J'ai froid. L'esprit du Vent nous dit qu'on sera mieux près du feu que parloter à la porte."


Le voyant hésiter - Ciel que les garçons peuvent être longs! -, elle l'attire par la peau du dos, euh, du mantel, dans la bâtisse. Non, non. Il n'y a aucun jeu de séduction de sa part. Juste de l'agacement. Ne jamais sous-estimer un message subliminal des esprits. Ja-mais. Pis il caille dehors...


Allez, promis, je chercherai même pas à vous pétrifier.

Croisement de doigts dans le dos

Le maitre des lieux est à l'intérieur.

Ment elle si bien. Quoique non. La maitresse des lieux, c'est elle. Donc il doit suivre ses instructions. Hahaha! Ca change la donne et amuse la brunette, qui d'un coup, se donne des grands airs.

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Princesse féerique de Linon & Letiti. Môme de 6/7 ans.
Apprentie Maje, sur-douée mais pas encore douée. Trop dans la lune... Bcp trop.

« Ça y est... Je vois trouble. C'est le manque de gras, je me dessèche. » (Karadok)
Linon
Pendant des semaines, la vie de la jeune femme se résuma à une longue fuite le long du littoral, à pied ou en charrette les jours de chance, mais le plus souvent loin des chemins et des gens. Vivant essentiellement de rapines, elle se déplaçait la nuit autant que possible, dormait dans les fossés et les buissons, parfois dans une église abandonnée depuis l’arrivée des averroïstes. Elle dût de temps en temps se résoudre à la mendicité, et apprit à courir très vite pour fuir les hommes qui voyaient en elle une proie facile et esseulée.

Sa sécurité augmenta d’un cran quand elle réussit à se procurer une crécelle qu’elle agitait frénétiquement en s’enveloppant dans un voile quand elle croisait un groupe, ce qui ne manquait jamais de les faire fuir. Le temps guérit son corps, elle put refaire sa longue tresse noire et les cicatrices de l'incendie disparurent, aidées par le hâle de son visage devenu permanent. Mais qui la croisait et plongeait le regard dans ses yeux bleu marine pouvait déceler le désespoir de son âme rongée de culpabilité, teinté d'une légère pointe de folie. Aussi apprit-elle à détourner le regard.

Arrivée à Antioche, la question de la traversée de l’Anatolie devint problématique. Elle erra deux jours dans la ville, cherchant un moyen de rejoindre une caravane qui put la mener à Constantinople. Car le tête-à-tête avec ses cauchemars, le reproche muet du regard du défunt qui hantait ses nuits l'avaient peu à peu convaincue que la seule issue était là, dans le pardon de Dieu. Et Dieu ne pouvait être que dans la plus grande église d'Orient, la Grande Eglise de Constantinople.

Au caravansérail d'Antioche, elle réussit à se faire engager comme servante par une famille bardée d'enfants. Elle se fit aussi discrète et humble que possible pour échapper à l'oeil inquisiteur et suspicieux du chef de famille. Mais l'arrivée à Constantinople fut un moment inoubliable malgré la présence de la citadelle neuve qui surveillait le Bosphore en face de sa soeur jumelle.

Jamais elle n'avait vu si grande et si belle ville. Linon regardait tout avec autant d'ébahissement que d'inquiétude, car si elle n'avait aucune notion des changements géopolitiques en marche, elle sentait bien que venir ici n'était pas forcément la meilleure idée. L'atmosphère tendue de la ville ne fit que confirmer ses craintes. La population était quasi inexistante, bien loin du fourmillement attendu dans la plus grande ville après Rome, Constantinople n'était plus que l'ombre d'elle-même, attendant le coup de grâce qui la ferait tomber.

En revanche, Sainte Sophie combla toutes ses espérances... Linon passa de longues heures sous la coupole inondée de lumière, la tête basculée en arrière, attendant une illumination divine qui redresserait sa vie. La petite silhouette tanguant dans les rayons du soleil attira rapidement l'attention de la dernière communauté de moines qui gardait les lieux. Bien que peu désireuse de renouer contact avec ses semblables, elle finit par dire qu'elle était venue rencontrer Dieu, et qu'elle comptait l'attendre là.

Interloqué, le moine en référa au supérieur de la communauté qui vint lui-même se rendre compte de l'illuminée qui occupait l'église. Il fit preuve d'autant de patience que d'exaspération pour amener Linon à se rendre à l'évidence. Dieu était fort occupé à convaincre le reste du monde d'aider l'empereur, et la ville était dorénavant un piège dont elle risquait de ne jamais ressortir. Mais comme justement, partir n'était pas plus envisageable que de la chasser, il confia la jeune femme à l'une des dernières familles grecques présentes.

Linon se retrouva dans la maison du vieux Nicetas, marchand lettré en affaire avec les gênois avant le blocus. Les échanges commeriaux étant interrompus, Nicetas passait beaucoup d'énergie à préparer la fuite de sa famille. Les contacts avec les gênois avaient été renoués et quand un bateau réussissait à s'approcher des côtes, il envoyait ses enfants chargé d'une partie des biens familiaux le rejoindre pendant la nuit. Chacun des fils était déposé à un endroit différent, à charge pour lui de rejoindre dans l'année le berceau de la famille à Athènes.

Sans bien saisir la gravité de la situation, Linon se retrouva à nouveau servante. Mais on la laissait passer de longues heures dans la Grande Eglise, et c'était finalement tout ce qui lui importait. Les semaines s'écoulèrent dans l'attente de l'attaque ottomane pour les uns, dans celle d'une révélation divine pour Linon. Nicetas observait parfois la jeune femme et tentait de lui faire dire le secret qui semblait la ronger. Et comme le temps vient à bout de tout, elle finit par lâcher par bribes sommaires le drame qui l'avait conduite chez lui. Mais au lieu de compatir et de la plaindre, le vieil homme se mit en colère et passa le savon de sa vie à une Linon stupéfaite. Il y était question du respect de Dieu et de la vie qu'il lui avait donnée, bien trop généreusement sans aucun doute, d'acceptation des décisions qui ne relevaient pas d'elle et enfin de renoncement à son nombril.


Petite sotte, le Très-Haut n'a aucune raison de se pencher sur ta petite personne, alors que des milliers de gens bien plus méritants que toi vont mourir demain. Idiote !!


Et pour bien souligner sa pensée, il gifla Linon à la volée. Sa tête partit violemment de côté alors que sa mâchoire manquait tomber de stupeur. Car jamais elle n'avait reçu de gifle. La main à la joue, elle tourna la tête vers le vieil homme qui s'excitait tout seul en vociférant à qui mieux mieux. Linon baissa un front buté au-dessus d'un regard noir de colère. Il levait à nouveau la main dans l'intention probable de la rouer de coups quand sa femme Thalie s'interposa et tenta de le calmer. Et le vieil homme en effet se calma. Mais en vieux rusé, il se jeta à nouveau sur la malheureuse dès que Thalie faiblit son attention et attrapant son bras, la traîna jusqu'à son bureau en braillant

Inutile ! Inutile! Tu ne sers à rien !

Il la jeta sans ménagement sur un siège, plaqua violemment une tablette de cire et un stylet sur la table et les pointa du doigt en lui ordonnant


Et maintenant, sois utile au Très-Haut !

Et il lui apprit à lire et à écrire.

Plus tard, quand elle eut regagné sa couche, Linon sourit pour la première fois depuis l'incendie.

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Linon
La jeune femme se révéla bonne élève et apprit à lire et à écrire le grec sans trop de difficulté grâce aux leçons colériques du vieil homme. Devenu son maître à penser et son tortionnaire quotidien, Linon lui vouait une admiration sans borne tout en essayant de maintenir une distance raisonnable entre ses mains à lui et ses joues à elle. Mais il ne leva plus la main sur elle. Il avait trouvé mieux ! Quand Linon faisait une faute, il lui assénait sur les doigts un coup de badine bien sec. Enfin du moins... il essayait, car elle devint vite experte en esquive et planquait ses mains entre ses genoux plus vite que l'éclair. Alors, la badine claquait sur la table. Un jour le claquement fut si brusque et inattendu car il était persuadé de ne pas la rater que Nicétas sursauta avec elle. Linon éclata de rire devant sa mine déconfite, et Nicétas sourit en coin, l'observant du coin de l'oeil d'un air satisfait.

Quand il jugea qu'elle savait assez de grec, Nicétas entreprit de lui apprendre la belle science mathématique et l'utilisation d'un boulier. Et très vite, il s'arracha les cheveux, et les coups de badine plurent sur la table. Car jusqu'à 2+2, Linon suivait bien, à 2+3, ça se gâtait, et à 2+3+2, il l'avait perdue. Complètement insensible à la soi-disant beauté de la science mathématique, la jeune femme s'y montrait hermétique jusqu'à la bêtise.

Au comble de l'exaspération devant tant d'hermétisme, Nicétas fit un jour claquer la badine sur les fesses de son élève au cours d'une leçon dans le jardin. Linon poussa un cri de douleur et lui arracha la maudite badine qu'elle brisa en deux sur son genou.

Ça suffit maintenant avec ça !

Curieusement, Nicétas ne s'étrangla pas de rage mais lui présenta un sourire fin.

Eh bien Linon, on peut t'en faire des trucs avant que tu ne réagisses...

Puis il décida que Dieu ne souhaitait pas que Linon soit utile à quelque chose dans le domaine commercial, qu'en plus, les bouliers étaient souvent faux, et qu'il était plus urgent qu'elle apprenne l'arabe et le latin car il avait toute une bibliothèque à traduire et qu'il restait bien peu de temps.

Le latin c'est l'avenir Linon ! Dans 500 ans, tout le monde parlera latin, plus personne ne parlera grec, foi de Nicétas !


Son élève trouvait quant à elle qu'on aurait pu commencer par le latin si c'était si pressé, plutôt que de passer tant de temps sur une langue presque morte. Mais elle se garda bien de le dire pour ne pas décevoir son cher maître et se mit de bonne grâce au latin et à l'arabe. Pleine d'entrain, elle entreprit de mélanger l'arabe et le latin à son grec pas tout à fait sec. Trois alphabets, que du bonheur.

Nicétas désespéré chercha un nouvel instrument éducatif.


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Linon
En quelques mois, la métamorphose de Linon était complète. On ne voyait plus ses os à travers sa peau, ses cheveux noirs étaient luisants de propreté et elle souriait très souvent. Seule une ombre voilait parfois son regard quand elle restait trop longtemps silencieuse et tournait le visage vers le ciel, en serrant à travers sa chemise un mystérieux petit sac pendu à son cou.

L'éducation de Nicétas portait ses fruits et elle l'aidait dans la traduction des Anciens en écrivant sous sa dictée. Son arabe restait lacunaire, mais elle maîtrisait assez bien le grec et le latin. Après le départ de sa dernière fille, Thalie insista en pleurant à chaudes larmes pour rhabiller la jeune femme d'une tenue légère aux couleurs gaies presque neuve. Ce fut ensuite le tour du dernier fils de quitter Constantinople, il abandonna à Linon son pipeau. Dorénavant seule avec eux, elle tentait de les distraire le soir en jouant du petit instrument.

Mais l'ambiance était alourdie des menaces de plus en plus précises qui pesaient sur la ville. Nicétas avait entrepris d'expliquer sommairement à son élève la situation de l'empire. Il admirait l'empereur Constantin qui se battait quotidiennement pour sauver la dernière parcelle de l'empire romain d'Orient. Mais il pensait la situation perdue sans l'aide des frères occidentaux qui clairement, ne feraient rien. Les navires italiens ne pouvaient plus approcher les côtes sans essuyer des tirs de bombarde, et l'espoir de quitter la ville s'amenuisait chaque jour.
Pourtant chaque matin, Nicétas sortait pour tenter d'organiser leur départ à tous les trois, et chaque soir il rentrait plus sombre, une nouvelle exaction des ottomans en tête, un espoir de partir en moins.

Il tenta alors de lui faire entendre raison. Elle était jeune et forte, elle pouvait tenter sa chance seule. Toutes les portes de la ville étaient fermées, sauf les portes militaires. Sans doute ils trouveraient le moyen de la déguiser en soldat et elle pourrait fuir la ville condamnée. Linon secouait obstinément la tête. Jamais. Il se fâcha et tenta de lui faire honte de si peu tenir à la vie. Elle secouait toujours la tête, le front buté, jamais. Nicétas lança un regard interrogateur à sa femme qui lui répondit d'un hochement de tête. Il soupira et raconta à la jeune femme le sac de Thessalonique un quart de siècle plus tôt par les mêmes ottomans qui s'apprêtaient à fondre sur la ville. Il y était, il avait tout vu. Ses parents avaient été tués sous ses yeux, il n'avait jamais revu son frère emmené comme esclave avec tous les survivants. Nicétas n'en avait réchappé qu'en se cachant dans le puits que par chance, les ottomans n'avaient pas vérifié. Linon écouta, désolée, et secoua la tête en sortant le pipeau. Jamais. Jamais elle ne partirait sans eux.

Les bombardes continuaient à harceler les murailles de la ville assiégée, une tour de défense s'était écroulée, la faim approchait à grand pas, Linon secouait la tête et jouait obstinément.

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Linon
Enfin un jour, le vieil homme rentra, un sourire fatigué aux lèvres. Il avait réussi ! Et tous les trois pourraient embarquer dans moins d'une semaine à bord de l'expédition de secours que le Pape faisait partir de Venise... Ça lui avait coûté la fin de sa fortune, et si jamais il ne retrouvait pas ses enfants, le couple terminerait ses jours en mendiant, mais au moins une issue était apparue. Le vin coula à flot ce soir-là, Nicétas, confiant dans les défenses byzantine et vénitienne n'évoqua pas les deux premiers assauts contre la muraille. Il décida que c'était sans doute l'anniversaire de Linon qui fêtait donc ses 18 ans et quelques, et le jour à marquer d'une pierre blanche où l'espoir renaissait. On était le 28 mai 1453, quelques heures avant que l'enfer ne se déchaîne sur la ville.

Après le vin, ils préparèrent le minimum à emporter. Bien sûr, tous les livres de Nicétas, et tout l'argent qu'il restait. L'homme équipa son élève d'une besace et lui confia son livre préféré en la menaçant gentiment du doigt


Tu devras le traduire dans le bateau. C'est du grec, je veux du latin !

Il compléta la besace d'un couteau et d'un peu d'argent, et la lui passa en bandoulière pour vérifier qu'elle était à sa taille. Brusquement, il leva la tête vers la porte pour écouter, alors que Thalie embrassait dévotement une icône et la glissait dans la besace de Linon.
La rumeur enfla jusqu'à eux, le bruit des cris et des bousculades, des chocs, des fracas métalliques et de hurlements plus loin.

La rue leur offrit un spectacle ahurissant. Les gens couraient dans tous les sens, refluant de la muraille en hurlant ou s'y précipitant en hurlant, une arme à la main. Car oui, les civils se jetèrent dans cette bataille de fin du monde pour tenter de sauver leur ville, de se sauver eux-mêmes puisque tous savaient le sort qui leur serait réservé si la ville tombait. Mais le plus terrifiant était sans doute les soldats qui fuyaient avec les civils...

Le spectacle de la ville prise de folie, les rugissements des janissaires qui se ruaient à l'intérieur, les gens qui se fracassaient les uns dans les autres, contre les murs, tombaient, se piétinaient...ce spectacle d'apocalypse tétanisa immédiatement Linon et ses compagnons qui sans plus réfléchir, pris par la panique générale, suivirent le mouvement de foule qui refluait vers le port. La jeune femme tourna la tête vers la Grande Eglise et vit les moines sortir, armes à la main, puis disparaître dans la cohue en direction des murailles. Même les moines qui n'avaient jamais tenu une épée allaient se battre...

Maintenant le trio courait avec la foule. Enfin... Linon et Thalie couraient, alors que Nicétas peinait derrière elles tout en les pressant d'une voix sourde d'aller plus vite. Linon jeta un coup d'oeil sur son vieux maître et s'arrêta brutalement. Le vieil homme portait un gros sac qui l'empêchait de courir, son fichu sac de livres !
La colère s'allia à la terreur et l'élève se jeta sur son maître pour le secouer violemment et tenter de lui arracher le sac.


Mais lâche ces livres ! Nicétas lâche ça, bon sang ! Tu vas tous nous faire tuer, mais lâche ces foutus bouquins, espèce de vieux fou !!

La voix montait dans les aïgus de l'hystérie alors qu'elle le secouait de plus belle, prise d'une violente envie de le battre.


C'est tout c'que j'ai ! C'est tout c'qui compte !
répondit le vieil homme accroché désespérément à son sac

Mais c'est trop lourd ! tu peux pas courir !! Mais lâche ces saloperies de bouquins !!!

Secoué comme un prunier, Nicétas déséquilibré tomba quand un groupe le bouscula. Linon et Thalie se jetèrent sur lui et contre la foule qui commençait à se replier sur le vieil homme, menaçant de le piétiner. Les deux femmes hurlaient comme des folles. Linon lâcha la foule et agrippa l'homme pour le tirer vers le haut tout en continuant de hurler.

Lève-toi!!! Alleeeeeeeeeeez !! Ils arrivent! Pauvres de nous, ils arriiiiiivent !
!

Son cri fit redoubler ceux de la foule qui se jeta en avant vers le port. Le mouvement aida l'homme à se redresser au milieu de ses livres piétinés et Linon qui avait planté ses ongles dans sa peau le tira en courant comme elle pouvait dans la cohue. Mais l'homme était hors d'haleine et ne pouvait suivre. Il repoussa violemment la jeune femme et tonna pour qu'elle entende.

Suffit Linon ! C'est fini... je ne peux pas, c'est tout ! Maintenant tu cours et par pitié, tu vis !!

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Linon
De toute façon elle n'entendait rien et n'allait sûrement pas écouter un vieux fou qui abandonnait si facilement. Enragée et bornée jusqu'au suicide s'il le fallait, elle fut en un pas derrière lui et s'arcbouta de toutes ses forces pour le pousser désespérément vers le port. Mais l'homme épuisé se courbait déjà en avant pour appuyer les mains sur ses cuisses et reprendre haleine.

Un roulement de tonnerre et un mouvement anormal perçu à la limite de son champ de vision lui fit détourner le regard vers une masse énorme qui se précipitait vers eux. Linon ne comprit pas ce qu'elle voyait, hébétée de peur et de fureur, mais Thalie avait déjà compris,et attrapant son poignet faisait un pas un avant. Et alors que la jeune femme tirait pour reprendre sa main et pousser Nécitas, le cheval les frôla et Linon quitta le sol dans un cri d'effroi.

Jetée et plaquée en travers d'une selle, le souffle coupé, elle ne réussit pas tout de suite à crier mais se débattit comme une enragée pour échapper à son ravisseur et aller récupérer tout de suite ce vieux dingue de Nicétas et le coller dans un p***** de bateau !! elle agita donc autant qu'elle put et vainement bras et jambes, frappa tout ce qui passait à sa portée, se tortilla comme un ver pour échapper à la puissante emprise qui pesait sur son dos, retrouva enfin un peu d'air et se mit à hurler toutes les injures qu'elle connaissait dans toutes les langues possibles, c'est-à-dire en gros en français vu que ce vieux filou de Nicétas ne s'était jamais donné la peine de lui apprendre autre chose que le strict nécessaire pour ses p***** de bouquins !

Et alors qu'elle se tortillait de plus belle en se redressant un peu, voilà que le monde physique devint irrationnel et que le sol s'éloigna de ses yeux horrifiés en même temps que le cavalier poussait une sorte de cri de guerre. Le choc de l'appontage fut violent et lui coupa à nouveau la respiration.

Elle se retrouva sur le pont, tomba, et se dépêcha de reculer à toute allure pour s'écarter du monstrueux janissaire qui l'avait enlevée. Dès qu'elle put se relever, elle fut debout et écartait les cheveux de ses yeux en vacillant, le temps que le sang reflue de sa tête et que le monde se stabilise dans le bon sens. Un bref coup d'oeil vers l'ottoman qui curieusement ne l'avait pas encore massacrée. Il était bizarre ce janissaire mais elle le détesta immédiatement quand même... pas le temps de penser. Elle remarqua surtout qu'il était occupé avec son cheval et que l'occasion était trop belle... Elle se précipita vers le bastingage, et découvrit avec horreur qu'il n'y avait plus moyen de sortir de là. Affolée, elle sautilla sur place en tendant le cou pour tenter de les voir, cria leurs noms qui se perdirent dans les hurlements de ceux qui étaient sur le quai et se jetaient maintenant à l'eau pour rejoindre le bateau ou pour échapper aux ottomans qui se déversaient dans la ville. La caraque de guerre commença à s'écarter du ponton... Linon se rua le long du bastingage et des bouche-à-feu pour voir plus loin, poussa les ottomans qui la gênaient avec leur manoeuvre, lesquels ne se gênèrent pas pour la repousser brutalement. Elle se souvint qu'ils avaient tourné au court de leur folle chevauchée... Un gémissement sourd s'échappa de sa gorge quand elle comprit que c'était fini.

Subitement vide de toute force, Linon chancela un instant et s'écroula sans grâce sur un tas de corde. Immédiatement un ottoman lui vociféra dessus et elle se traîna vers le bastingage. Le janissaire apparut pas très loin d'elle... toujours aussi bizarre le gars. Et d'ailleurs, pourquoi était-elle encore vivante? Elle ramena les genoux sous le menton, lissa sa jupe pour vérifier que ses jambes étaient entièrement couvertes, entoura ses jambes de ses bras, posa le front sur ses genoux et étouffa des sanglots de rage. L'homme posé à quelques mètres se mit à lui parler. Elle releva la tête pour le regarder, surprise de le comprendre tout à coup. Mais pas du tout décidée à lui répondre, en revanche.
Lui sauver la peau? Mais elle ne lui avait rien demandé ! Oui oui, Linon était particulièrement ingrate et manquait pour l'instant complètement de reconnaissance pour sa vie sauvée, toute au désespoir de sa vie perdue. Quant à apprendre que Maël, puisque Maël il y avait, était breton, disons simplement quelle s'en foutait carrément. D'abord c'était quoi breton? Une religion? Elle haussa une épaule indifférente mais garda la bouche close. Et oui, elle comprenait, évidemment qu'elle comprenait, quelle question ! Hochement de tête un peu sec pour signifier qu'elle avait compris, mais le langage corporel atteint ses limites quand il faut dépasser les simples oui ou non. Maël lui demandait son nom... Elle le prononça à regret, se tut, et comme on ne semblait pas vouloir la tuer tout de suite, se releva douloureusement et rejoignit le gaillard d'arrière pour être seule.

Là, assise sur une jambe repliée, le menton à nouveau posé sur un genou, elle regarda en pleurant silencieusement, l'agonie de Constantinople et de son peuple abandonné.

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Linon
Elle resta longtemps à l'écart, bien après que les lueurs du ravage de Constantinople eurent disparu à l'horizon. Elle sentait les hommes s'agiter sur le pont, entendait le blond Maël parler dans une autre langue. Au bout d'un moment, cette information arriva à son cerveau engourdi. Elle reconnaissait quelques mots de cette langue que Nicétas utilisait souvent, de l'italien. Elle jeta discrètement un regard derrière elle et regarda les marins. Non, vraiment... ils n'avaient pas le type ottoman. Et d'ailleurs Maël non plus.

Elle rejoignit le haut des marches pour l'observer plus attentivement. Il revenait justement sur le pont, le visage propre et recousu. Elle se souvint l'avoir vu plein de sang... elle grimaça. Il entreprit d'ôter le reste de son armure, dévoilant une carrure vraiment impressionnante. Elle avait sans doute l'air d'une fillette à côté de lui, alors que leurs âges ne devaient pas être très éloignés. Quand il se mit torse nu, elle se détourna, gênée de son indiscrétion. Linon redescendit à pas lent sur le pont et ne put empêcher son regard de s'échapper vers Maël. Elle rougit et se dépêcha de rejoindre le bastingage auquel elle s'accouda.

Ses pensées retournèrent immédiatement vers la ville martyre. Qu'est-ce qui se passait en ce moment? Nicétas et Thalie étaient-ils encore vivants? Les questions tourbillonnaient dans sa tête, les possibilités de secours, le besoin désespéré de croire encore que quelque chose restait à faire. Son ignorance crasse de pourquoi et du comment, l'incapacité que cela engendrait à réfléchir posément à une solution l'exaspéraient. Elle n'entendit pas Maël arriver et fit volte-face brusquement quand il posa le seau devant elle. Il évoqua la promiscuité, le besoin de se laver... Un homme passa en la reluquant et fila sans demander son reste quand Maël le foudroya du regard. Linon réalisa alors sa situation. Seule sur ce bateau au milieu de la mer... Combien d'hommes y avait-il à bord? Que pensaient-ils de sa présence ? Et que se passerait-il si... on ne peut pas fuir sur un bateau! Elle comprit immédiatement la précarité de sa situation et adressa un regard inquiet et reconnaissant au grand blond.


Oui... oui, oui, bien sûr, je comprends... j'y vais.

Elle ramassa le seau, le savon et la serviette et fila vers l'escalier qui menait au château avant. Elle s'arrêta le pied sur la première marche et tourna la tête vers le jeune costaud. Elle hésita un peu sur la manière de s'adresser à lui.


Euh... Maël? J'aimerais beaucoup... enfin, si vous aviez le temps tout à l'heure... j'ai besoin de vous parler.

Elle reprit l'ascension des marches en réfléchissant à toute allure. Il était le seul à parler la même langue qu'elle, la couleur de ses yeux et de ses cheveux montraient son origine occidentale, il l'avait ramassée au milieu de la folie et il était super costaud, visiblement décidé à veiller au moins un peu sur sa sécurité. L'occident venu au secours de l'orient... Il n'y en avait eu qu'un, qui n'en avait sauvée qu'une... Linon serra les dents et avant qu'elle ait posé le seau sur le plancher, sa décision était prise : le géant blond devenait sur le champ le meilleur ami de la petite brune.

Agenouillée au plus loin du pont et lui tournant le dos, Linon ôta sa chemise en jetant de fréquents regards inquiets par-dessus son épaule. Elle se dépêcha de se laver au minimum, mais franchement, elle n'en ressentait pas l'urgence. En revanche ses vêtements et ses cheveux auraient eu bien plus besoin qu'elle d'être nettoyés. Elle se peigna avec les doigts et refit sa tresse, remit sa chemise qui sentait la mort. En fait, s'il y avait bien une partie de son corps que Linon ne négligeait jamais, c'était ses pieds. Parce que quand votre survie dépend d'eux, que ce soit pour voyager, pour travailler et manger, ou pour fuir un danger, ils sont votre meilleur allié et vous les gardez en bon état ! Elle s'activa donc pendant 10 bonnes minutes à nettoyer ses orteils un par un

Sa toilette de chat terminée, elle redescendit sur le pont et après une courte hésitation, s'approcha de Maël devant qui elle déposa les affaires. Puis elle releva ses yeux bleu sombre et essaya de sourire. Mais ça ne passait pas, et elle ne put sortir qu'un rictus misérable.

Merci...

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Letiti
[Angers, la nuit du 4 au 5]

t'vois...
hips
c'quand même un monde j'dis pas...meme pu l'écu pour payé un coup..
hips


Fin rond, le maje questionnait au mieux de ses capacités les habitués du comptoir. Nooon il n'avait pas perdu son objectif de vue, il laissait juste son esprit suivre les différentes pistes qu'on lui soumettait. Il avait réfléchis sur les différences vin-bières, sur les prix exorbitants pratiqués sauf pour leur propre récolte, sur les marchands qui vous saignait les veines.
Forcément il avait abordé le sujet de sa femme (il a pas oublié j'vous dit!), et forcément il avait suivi les éternelles récriminations des hommes après leurs femmes qui les maternes trop et ne devrait franchement pas les engueuler quand ils rentrent de taverne alors qu'ils décompressent juste un peu après une dure journée de labeur quand celle-ci s'est tournée les pouces à la maison, à faire les pseudo taches ménagères et s'occuper des marmots!
Ah les bonnes femmes!
Voyez qu'il a pas oublié.


C'foutues greluches!
Comprennent rien à rien!
L'mienne elle fout tellement qu'dalle que j'la rtrouve meme p...

Trognon!


Ca y est le film réalisé s'efface de sa tête, et la disparition refait son apparition le dégrisant suffisamment.

Il titube un peu, grimpe sur son canasson:


D'conne pas vielle carne!
J't'aime pas.
t'm'aime pas.
Mais les pistes nous disent toutes l'meme choses!
L'bonnes femmes sont à la maison!
Donc r'tour Lenay trouver trognon!


Et le voila tentant de rester en selle, en route pour son chez lui. Normalement il devrait y trouver sa femme et sa fille Miel.
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--Coldtraker


Au large de Constantinople....1453....

Il avait laissé linon grimper les marches de bois.....Et faire ce qu'elle avait à faire ....
En attendant, il s'était simplement assis sur les marches de bois interdisant tout passage à une autre personne sous peine d’avoir de rapides problèmes de santé...

Des problèmes définitifs et non curables....

En bref, on appelait cela mourir.....

Pourquoi?
Cette question, il se la posait sans relâche...

Pourquoi avait-il fait cela...?

Il ne se l'expliquait pas, ou plutôt, il ne le voulait pas.....

Plus jeune, sa famille au complet avait été massacrée et cela avait déclenché le voyage d'études de l'art du combat du jeune Maël....

II ne se l'avouerait jamais mais sauver Linon était peut-être une façon de sauver quelqu'un qu'il n’avait pu sauver auparavant....
Ou un moyen de se dire que Constantinople n'avait pas été qu'une mission de combat mais peut-être l'occasion de sauver une vie....

Mais la décision prise, il devait assumer celle-ci selon les traditions celtes de Bretagne et la protéger....

Elle redescendit après sa toilette et le remercia....

Là, torse nu, sa lame de bâstarde sur les genoux qu'il affutait, il dit d'un ton faussement taciturne:
-"Je t'écoute Linon, de quoi veux-tu parler....?"

Il avait fait l'impasse sur le vouvoiement, ils n'en étaient plus là tout les deux....

Les yeux bleus acier du jeune colosse fixaient la jeune femme d'une façon singulière ....
De manière intelligente et curieuse qui dénotait avec le commun de ses semblables que l'on pouvait rencontrer....

Avant qu'elle ne put répondre, il dit:
-"J'ai choisi de sauver ta vie, et sache que j'en réponds sur la mienne....

Et ce n'est pas une parole en l'air....."


D'un sac près de lui, il sortit un fourreau garnie d'une dague et lui dit:
-"Mais prends ceci au cas où je ne serais pas en état de tenir cette parole...."

Le jeune colosse ne se faisait pas d'illusions sur ce qui pouvait arriver....
Il dit à nouveau ce qu'il avait dit précédemment....:
-"Je t'écoute Linon...."

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Une guerre à mener?De Morrigan-Montfort à vostre service...
Letiti
[Sur la route]

Sale fichue carne!

Si tu r'commence j'te bouffe en arrivant!

Mortecouille!


Furax? Pensez vous, c'était à prévoir un maje sur le dos d'un équidé. En particulier quand le cavalier a les idées bien brumeuses. Résultat, ordre et contre ordre, les rennes vont dans un sens, les cuisses se crispent, le virage se négocie mal, le bonhomme penche, il rattrape son chapeau d'une main, penche un peu plus....
Un coup de rein, et hop le voila d'aplomb, il sert encore plus fort, ne voit plus la route, le cheval effrayé s'emballe, c'est la course folle qui finit il faut bien le dire assez bien pour la monture, mais beaucoup plus violemment pour le cavalier.

Les quatre fers en l'air dans un buisson d'aubépine, il jure encore largement. Quelques accrocs à ses vêtements plus tard, il est de nouveau sur la monture qui s'est elle aussi calmée.


Bon autant mettre le temps de trajet à profit

gniiiiiiiii

pfiouuuu

gnnnnniiiiiiiiiiiii

Créfieu!
Faudra qu'on revoit la lecon!


Il avait beau se concentrer, rien... mais alors rien de rien..le néant. Ce qui n'arrangea pas son humeur.

[Lenay]

Moral au beau fixe, migraine carabinée, habits sales et abimés, le maje ouvrit d'un coup sec la porte avant de hurler:

MIEL!

Fichue feignasse!

T'peux pas répondre quand j'te contacte?!

MIELLLLLLL!!!


Euh oui.. l'effort de concentration précédent, c'était soit disant une méthode pour communiquer par télépathie avec sa fille. Et comme de bien entendu il n'a rien entendu d'elle dans sa tête (notez le jeu de mot pourri), il en a logiquement déduit qu'elle ne s'était pas entrainé et du coup n'arrivait pas à l'entendre ou à lui répondre.
Mauvaise fille qui n'apprend pas ses leçons...
Il n'a pas oublié linon, mais une femme après l'autre c'est dejà bien suffisant.

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Charlesdecastelroy


Charles vit tout d'un coup la jeune fille faire demi-tour sans un mot. Et sur le coup, le jeune homme eu bien peur qu'elle lui ferme la porte au nez cette gamine. Il passa donc son pied au niveau de la porte pour l'empêcher de fermer, au cas où... Sauf qu'il faillit glisser, mais heureusement il se rattrapa prestement comme si ne rien s'était passer. Heureusement la jeune fille ne s'était pas retourner, de quoi aurait-il l'air si c'était le cas? Pfiou il avait eu de la chance quand même.

Mais la jeune fille sans s'arrêter, continuant à avancer dans la maison sans fermer la porte d'ailleurs... mais se mit à parler:


"V'nez prendre un verre. Mais j'previens, je fais pas de courbette moi!
L'urgence attendra. J'ai froid. L'esprit du Vent nous dit qu'on sera mieux près du feu que parloter à la porte."


Charles fut alors surpris par sa proposition. Aller prendre un verre alors qu'à peine 2 minutes plus tôt elle le menaçait avec un tisonnier? Vraiment bizarre cette gamine... Et puis il y avait aussi son truc de "L'esprit du vent". C'était plutôt l'esprit de cette gamine dont il fallait parler, et cet esprit là avait bien l'air d'être légèrement, et encore là il était gentil, dérangé...

Bon que faisait-il? Rentrait-il avec cette folle dans la tour où il avait d'ailleurs un pied à l'intérieur. Ou faisait-il demi-tour. Quoiqu'il risquait de partir en courant... complètement taré c'te fille... ça on ne lui ferait sûrement pas dire le contraire... Mais il ne put choisir car déjà la gamine l'agrippait par le mantel et le tirait à l'intérieur de la tour. Bon là sur le coup il n'avait plus trop le choix. Par contre en lui parlant elle dit:


Allez, promis, je chercherai même pas à vous pétrifier.


Euh... si c'était dans le but de le rassurer ça ne fonctionnait pas du tout... mais vraiment pas du tout... Bon c'est vrai il n'avait pas peur de se faire pétrifier par la gamine, mais par contre, il s'en méfiait. Ben oui il ne savait pas de quoi elle était capable cette môme. Et puis elle était si bizarre.Ça ce trouve c'était une sorcière! Bon p'tèt pas quand même mais qui sait... Et puis elle continua:

Le maitre des lieux est à l'intérieur.

Bon ben là il allait suivre... il allait pas s'dégonfler quand même. Mais elle avait intérêt à lui présenter rapidement Letiti sinon ça allait pas l'faire, et puis il emmènerait la gamine dans l'oubliette sous la mairie tiens. Une petite journée dedans lui remettrait peut-être du plomb dans la tête à cette gamine, parce-qu'elle commençait à le gonfler un peu quand même...

Il la suivit donc à l'intérieur, fermant la porte d'un coup de pied et entra dans un... euh... ça aurait pu être un salon mais il y avait plein d'ustensile de cuisine, peut-être une cuisine alors? Non du tout si tel était le cas il y aurait une bassine pour nettoyer. Enfin bon, cette salle ne ressemblait à rien du tout en fait... Il continua à la suivre mais elle le lâcha, bon il faisait quoi maintenant? Et bien comme il n'en avait aucune idée, il se planta au centre de la pièce et attendit.

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