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[RP] A tire de rame

Valmeu
Valmeu était furieux contre lui-même contre Iskander et sa bande, contre Véro sa propre marraine en qui il avait mis toute sa confiance, contre Hersende elle même qui se promenait le plus souvent sans escorte sans tenir le moins du monde compte de ses conseils,
contre lui-même enfin …lui qui ne s’absentait quasiment jamais !
Pour une fois…qu’il partait..Ne voila t’il pas que sa Majesté choisissait ce moment pour se faire rapter ! Non vraiment ! S’en était trop !

En mission de protection avec l’accord de la Marquise Hersende, il avait du escorter L’Archidiaconesse Jenjitai aux limites de la frontière du Comté du Périgord…
Le voyage n’avait pas été sans embuches et le Capitaine Marquisal était fatigué.

Il avait bien essayé d’étoffer son escorte ou de se faire remplacer, mais les « amis » à qui il avait demandé de l’aide s’était dilués dans l’espace aussi surement que le pigeon disparait à l’approche de l’aigle en chasse…Seuls Zaza l'amie de toujours et Youston une de leurs connaissances s'étaient dévoués...
Il sourit en repensant à cela…Lui qui moult fois avait tout plaqué afin d’aider les êtres chers !....La naïveté d’enfant qu’il conservait au fond de son âme, n’était décidément pas prête de s’éteindre !

Il venait donc après tout le monde, par pigeon, d’apprendre cet enlèvement qu’il ne parvenait pas à qualifier d’odieux…il connaissait trop bien son ami le berger et ses gentils comparses pour se faire du soucis quand à la santé d’Hersende…néanmoins il leur en voulait…
Il prit la plume et envoya un pigeon de la ville où il se trouvait...Rhodez




Aux ravisseurs de Sa Majesté Hersende De Brotel.

A vous, Iskander, Vero, et vos autres complices, je viens d’apprendre le rapt perpétré en mon absence sur la personne de SM Hersende…

je suis consterné que ce fait provienne de mes meilleurs amis !...Incrédule, j’ai lu et relu plusieurs fois le pigeon, qui a mis du temps à me trouver étant moi-même en mission d’escorte.

Je remercie publiquement icelieu le Ltt Kalifleretour qui a su faire preuve d’initiative pendant mon absence…
En conséquence je l’élève au grade d’Officier Supérieur Adjoint (ASO) avec prise d’effet immédiate.
Il en a été avisé et dispose des pleins pouvoirs pour discuter du rapatriement de sa Majesté et écouter vos conditions.
Ne vous offusquez pas trop, c’est un jeune officier de fort caractère qui ne mâche pas ces mots et qui adore autant que moi Sa Majesté... mais qui n’a pas... disons... ma diplomatie...Il a par contre mon entière confiance!

Bien qu’en cet instant si vous étiez devant moi et malgré toute l’amitié que je vous porte…Par ma Foy ! Il vous en cuirait!

J’ai appris par le biais que vous envisagiez de faire appel à la garde pour le rapatriement de Sa Majesté…Je trouve que vous ne manquez pas de culot ! Car vous avez su faire le chemin pour procéder à l’enlèvement et même vous payer le luxe d’acquérir les services d’un navire !
Maintenant vous réclamez le concours de la Garde Marquisale pour le rapatriement… ! Décidément cette attitude pour le moins egocentrique m’agace au plus au point...
Quand on décide de procéder à un enlèvement sans avoir véritablement de mauvaises intentions…On s’assume !

De surcroit, vous n’êtes pas sans savoir que voyager en armée ou même en lance constituées en terre étrangère pose quelques petits problèmes de diplomatie…mais bon sur ce point je vous pardonne car à mon instar vous êtes plus sensible à la poésie qu’à la diplomatie^^.

Néanmoins si la voie de terre s’avère être choisie, je vous propose un rendez vous en la ville de Dié située à mis chemin de Genève et d’Aix…Si la voie maritime devait être préfèrée, je ne vois pas comment la Garde pourrait faire la moindre escorte…A vous donc de choisir.


Valmeu posa sa plume, aggrava délicatement le parchemin sur la patte du volatile, puis le lâcha dans les airs…espérant qu’il ne fisse point de mauvaise rencontre durant son voyage…
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Vero5
Forcement grave et à l'écoute, un sourire éclos à la dernière phrase, un rire léger s'échappe et l'élan ce termine contre sa joue.

Le flots des mots libérés, enfin.


Diantre...cela ne ce fait donc pas.. hmm.. zut...je trouve que cela ce fait très bien et bien plus facilement que ce que j'avais imaginée, sauf le poids de l’après réussite.

Je sais que je suis une de ses garde marquisale depuis fort longtemps...aucunement pour la gloire, l'uniforme ou autre, je ne suis pas certaine que je la protégeais contre elle même, je ne sais si j'ai des vibrisses en plus..depuis le temps que l'on y pensait.. pour elle peut être un peu.. pour nous beaucoup..



s'enlise patauge et se reprends si possible sans la nécessite d'un verotraducteur..


Groumpff et recommence

Sans être devin, on peut si on observe un peu, constater des choses, aucunemennt être certain du déroulement hein, mais additionner les événements et s'apercevoir que sauf événement exceptionnelle, on arrive a une situation ou on subit plus qu'il est raisonnablement humain d'encaisser. Celui qui est dedans subit peu à peu, ce qui aurait était insoutenable au début deviens quotidien, les confrontations de plus en plus insistant, insidieusement l'escalade .
Étant si dedans on ne voit plus.. l'insoutenable.

Que son absence crée l'effondrement de tout ce qu'elle c'est battue pour..
Cette question je me la pose et repose, c'est sa vie... cela sera possiblement sa mort.

Je crois que si, l'effondrement a lieu c'est qu'elle tenait à bout de bras une Provence moribonde et révolu et que son peuple est devenue sans âme. Son absence aura que précipité la fin.

Eavan
Je la crois forte, avec des envies démesurées, l'obliger de prendre un air autre, avoir un recul, voir de loin.. qui au mieux permettra un envol.

L'Histoire tournera une page pour en écrire une autre...

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Tristan_masselet
On lui a dit que la Marquise dormait comme une marmotte hiberne , mais qu'un hypothétique printemps la réveillera .

On dit qu'un Prince de vain printemps en aurait le pouvoir .. absurdités !

On dit que la Provence pleure sa marquise , mais que ses larmes sont aussi brûlantes que les gouttes d''acide ... sont ce larmes de crocodile ou de biche agonisante ?

On dit Hedrsende retenue à Genève contre son gré . Mais en piètre navigateur , Tristan sait que le gré ment parfois ...

On dit ... onde dit .. comme le fleuve est tranquille pourtant !

Tristan voudrait écrire à la Marquise , lui dire de réfléchir , qu'une colombe ne peut nicher dans un pigeonnier , pas plus qu'un agneau ne peut diriger des loups .
Que lorsque le peuple a décidé d'immoler son César , il n'est pas de main , même pas celle d'un fils , qui puisse retenir le coup , et que parfois , le cocher doit abandonner la cariole dont les chevaux se sont emballés ! On raconte aussi , qu'en 68 av JC , un certain Général Carolus Gallus , aurait dit : "les réformes oui , la chienlit non !" , et serait parti en Germanie , plutôt que de voir la plage sous les pavés de Marseille !

La tête embuée tenue dans les mains , Tristan pense . Son pigeon n'a pu atteindre Sa Majesté , pas plus que l'onde du fleuve n'a pu lui porter ses messages . Alors sa résolution est prise , il partira , et lui même ira lui parler !

C'est décidé , il va prendre la route de Genève !
Ledzeppelin
Bloquée sur une île durant quelques mois ou tout ne fut que brouillard et confusion, Led finit pour revenir parmi les siens, pensant que beaucoup ont du la croire morte. Elle apprit par les moines que son amie d'autrefois, qui avait pu la sauver in extremis, sans connaître au juste les événements qui se sont déroulés. Mais elle avait eu l'impression que la mer allait l'engloutir et le soleil la dévorer. Mais tout cela n'était peut-être que délire dû à la fièvre qui la rongeait. Quoi qu'il en soit elle parvint à reprendre vie, elle avait des choses à faire, c'est l'image de sa fille qui la guidait. Elle devait revenir pour la déclarer au grand jour. Ma fille ...... Aurorre ..... elle avait tant de choses à lui dire .... il fallait qu'elle revienne au moins pour ça. Elle doit lui expliquer .... oui expliquer .... parler aussi de son père ... elle doit savoir .... surtout que son père est devenu désormais un homme d'importance. Led appréhendait de devoir avouer tout cela à sa fille. Mais ne le savait-elle point déja ? Elle se sait illégitime, elle est intelligente et peut-être sait-elle déja. Lorsqu'elle fugua il y a quelquesmois, n'est-elle pas allée .... en Périgord ? Il fallait vraiment en parler et ne plus attendre.

Sa fille lui avait manqué, mais aussi les amis et tous ceux qu'elle connaissait et chérissait .... plus ou moins .... 2 mois d'absence ... cela lui parut être bien plus. Nous étions en plein été et la Provence ruisselait de soleil et l'air embaumait les fleurs : lavande et roses comme de coutume.
Arrivée chez elle et persuadée de voir arriver sa Marquise et son ami Pproc qui devait sûrement l'attendre, elle eut beau les chercher, mais sans les voir. Mandragore lui, l'attendait fidèlement mais semblait avoir de graves nouvelles à lui transmettre. Sa fille chérie était là aussi, mais elle semblait tendue, nerveuse.

A chaque nouvelle elle était de plus en plus ébahie, éberluée même. il y avait une bonne nouvelle mais plein de mauvaises. Mais ce qui lui coupa le souffle ce fut l'enlévement de Sa Majesté .... Hersende ! Enlevée ! Kidnappée ! Son amie ! Pauvre Hersende ! Sa Marraine ! Mais surtout en ce cas présent, sa Suzeraine. Elle se souvient de ce jour ou elle fut anoblie, toute jeune encore par elle. Jeune protégée de Jerminel son regretté ami, Hersende lui avait donné sa confiance et son amitié.

Elle apprit que l'Illustre fustigeait les nobles de ne point réagir. Elle était éberluée et doute de la véracité de cela. Hersende a, en dehors d'elle 4 vassaux, dont 2 présents en Provence et ce serait félonie si aucun n'avait réagi. Mais de cela il n'était pas temps d'y penser encore, elle ne savait pas tout encore et peut-être que ..... Elle osait espérer et ne voulait point accuser sans être sûre.

Elle toucha la mèche de cheveux de la Marquise qui avait été envoyée par ses ravisseurs. Certains les disent blonds ces cheveux, mais il est pourtant bien connu depuis longtemps qu'ils sont d'une couleur indéfinissable tant ils ont de reflets.

Une fois chez elle, elle se changea, se vêtit de vêtements bleu et jaune, les mêmes que ceux qu'elle avait porté à son anoblissement : les couleurs de Mondragon. Aujourd'hui ce n'est point la Comtesse de Saint-Rémy qui se lève, mais la Dame de Mondragon. Prenant ensuite une paire de ciseau, elle .... coupe ses cheveux mèche à mèche. Ses longs cheveux noirs qui faisaient sa fierté ne seraient qu'un maigre sacrifice. Ramassant les poignées de cheveux elle se jura de ne pas les laisser repouser tant que Hersende ne serait pas de retour et sauve et surtout elle jure de pourfendre ses ravisseurs et de leur faire répondre de leur forfait. Elle se mit même à parler tout haut :


- Iskander ! Serais-tu un vil personnage ? Tu répondras devant moi de ta forfaiture et j'essuyerais mon épée tachée de ton sang sur un mouchoir que je tendrais à Sa Majesté si jamais j'apprends qu'elle ait été malmenée ou ait souffert de sa captivité ! Nous fûmes amis mais ton acte est inqualifiable et désormais prépare-toi à répondre de tes actes. Cela .... cela ne se fait point !

Allant chercher une bourse pour le voyage et pour affrêter un bateau, elle trouve sur le bureau un mot griffonné à la hâte, les mots dansent devant ses yeux :

"Je me meurs d'inquiétude en t'attendant et je hante les lieux ...
La Marquise a été enlevée et je ne sais trop ....
... tu serais déja sur place, c'est pour cela et pour la foi que je lui porte moi aussi, je prends la route ......
Je reviendrais avec elle ou ne reviendrais point ....
et c'est signé : Pproc

Led sourit. Elle aurai dû deviner tout de suite ..... Pproc, un simple homme du peuple, vassal de personne, suzerain de personne, même pas noble, pouvait en remontrer à chacun et chacune en matière d'honneur et de la Foi que l'on donne à quelqu'un. Et cela sans tambour, ni trompettes, en toute simplicité et humilité : un paladin .....

Ayant tout ce qui lui semble utile, la Comtesse saute dans son carosse en laissant Saint-Rémy à la garde de ses fidèles serviteurs qui furent ébahis de la voir repartir si vite. La cape dont la capuche cachait les cheveux coupés à la diable et qui témoignaient de son serment elle se rendit tout d'abord à la cérémonie d'allégeance, devoir sacré dont elle ne pouvait, ni voulait se dérober. Dans la cour elle croise Khalif de la Garde Marquisale qui, apprenant son retour, venait lui demander aide et conseil.

Ce fut comme lorsqu'elle était à la tête de la Provence : agir vite, réactif, ne pas se tromper, faire le mieux possible ou souvent le moins mal possible malheureusement. L'ex-dirigente de Provence durant 4 mandats retrouve les gestes d'antan. Faire mentalement une liste des gens à contacter et des choses à faire, parer au plus urgent Tout ceci en vrac mais déja bien précis en son esprit. Mais avant toute chose il lui faudra écrire à Iskander. Lui dire que ... que cela ne se faisait pas.

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Eavan
Eavan avait écouté. Attentivement. Oui parce qu'il fallait être sacrément attentive pour les suivre les deux poètes. Elle avait écouté et ... elle se trouvait au beau milieu d'un sacré dilemne ... Son coeur lui disait que la démarche était sensée et très attentionnée. Hersende avait sans doute besoin de personnes comme Véro et Isk pour se soucier de sa santé avant toute chose ... Mais son esprit, lui, lui dictait de condamner cet acte. Enlever quelqu'un était un acte grave.
Je sais que vous pensez faire ce qui est juste pour Hersende ...

La jeune femme inspira prodonfément. Son visage était grave. Elle réfléchissait à toute vitesse à la situation ... Et c'était pas évident.

Mais vous prenez beaucoup de risques. D'abord, pour se donner bonne conscience la moitié de la Provence voudra sous peu vos têtes et puis ce n'est pas à vous de juger de ce que doit faire ou non Hersende.

Même si les choix de nos amis ne nous plaisent pas, nous devons les respecter.

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armes et bannière en réfection ...

Vidame de Provence
Baronne de Salon de Pce
Dame de Barjols, vassale de Rians & Dame de St Antonin sur Bayon
Officier de la Croix Provencale
Grand Officier de l'Ordre de Sainte Kyrène
Vero5
La taverne ce ressert, les murs semble dissout, rien que des yeux qui sondent et des mots qui s’envolent.

Son choix...je ne suis pas certaine que nous soyons d'accord sur ce qui l'es, même entre nous.

Si ce souffle dans sa vie la détruit, si, peu de temps suffit à démolir une vie de travail...arrache la à nous.. parle lui...demande lui ce qu'elle désir, mais laisse lui le temps de voir autrement, de vivre autre chose, d'écouter les voix d'ailleurs qui lui reflète l'image de la Provence, faire pour elle peut-être au loin mieux que en luttant dans la boue sur place.

Piètre ravisseuse que je suis...amateur. La politique et le pouvoir, je n'en connais que les défauts.

Laissons venir ceux qui en veulent à nos têtes, qu'il les tranchent, si tel est leurs pouvoir, si c'est comme ça que l'on doit traiter ceux qui conçoivent autrement, l'amour des êtres. Je me suis déjà fais destituer de mes titres par fidélité à mon serment fait a mon Seigneur, obtenue la croix provençale ensuite... rien n'est simple.. rien n'est évident dans le domaine des émotions...de l'amitié...du sens des devoirs.

Le mien semble passer par outrepasser les lois, faire ce qui ne ce fait pas, je puis me tromper, mais ayant pesé les pours et les contres, j'assume, on assume, on fait ce qui nous semble juste envers celle que l'on aime.


La gorge plus sèche que des linteaux de bergerie abandonnées, happe la carafe et vers dans les gobelets disponibles, une gorgée de ce qui se présente.

Vive Valeque
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Iskander
L'air prenait substance. Et les mots leur force.

Vero parla ... intensément.


Le Devoir. Assumer ses choix jusqu'au bout, jusqu'à la lie, jusqu'à la cendre.

C'est une chose que vous connaissez, vivez, accomplissez, n'est-ce pas, Eavan ? Assez pour savoir le poids qu'il coûte quand les choses portées deviennent lourdes, insupportables. Assez pour savoir qu'il n'y a ni merci, ni reconnaissance qui touche que celle de ceux qui portent pareil poids, en pareille condition, pas pour la gloire, juste pour la compassion, qui permet d'aller plus loin.

Aller plus loin. Faire un pas de plus. Qui peut le faire quand il fait front, magré tout, envers et contre tout, contre tous ?

Il y a ce moment où l'ont est assailli de partout. Ce moment où l'on ne parvient plus à protéger tous. ce moment où l'on ne parvient plus à protéger quiconque, ce moment où l'on est débordé, où l'on ne voit même plus qu'on est débordé.

Nous avons perdu Tristan. Nous avons perdu ... nous aussi, quelque part. Et tant d'autres ...

Vous avez connu cela. Vous connaissez le rôle de celui qui est derrière celui qui combat. Protéger ses arrières. Le tirer en arrière, quand le feu l'emporte.

Frère d'arme.

N'est-ce pas ?

Alors, peut-être la Provence est-elle perdue ? Peut-être pas ? Qui sait ?

Si elle est perdue sans elle, avec elle, elle le serait aussi, car, seule, avec les mourrants autour d'elle, elle ne peut tenir.

Une fin glorieuse ? C'est une fin surtout.

Vivre. Garder des poussières d'espoir. Allumer des lucioles quand on a pas de chandelle. Et verdir à nouveau. Ou simplement pouvoir voir, porter sur les choses un regard nouveau, ample, trouver une ouverture, ou plusieurs. Pouvoir faire un choix, là où les évènements nous menaient, et plus nous ..

Mourrons-nous pour cela ?

Peut-être.

C'est ainsi.

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Hersende
Hersende s'était réveillée un matin mais elle n'aurait pas su dire si c'était l'effet du baiser dont elle avait rêvé dons son sommeil ou le breuvage qui avait cessé de faire effet. Elle s'était retrouvée seule, dans une chambre accueillante dont la fenêtre ouvrait sur un paysage fait de verdure, de fraîcheur et de montagnes. Grandiose... mais tellement étranger!

Elle était apparemment libre... Elle avait retrouvé ses vêtements lavés et pliés, et une fois habillée, elle avait exploré la maison. Une boulangerie à l'évidence de l'odeur délicieuse de pain frais qui s'y répandait...

Accueillie par une servante qui apparemment la trouvait trop maigre et s'était chargée immédiatement d'y remédier, elle avait rencontré Jeanne, la soeur d'Iskander qui l'avait conduite jusqu'à la maison dans laquelle les ex-Provençaux comptaient s'installer et qu'elle appelait de manière sybilline "la maison de la lanterne aux lucioles".


Là, dans la paille de la bergerie, était né le fils d'Aubanne et de Thorvald... Genève comptait une nouvelle vie, ses amis construisaient à nouveau leur avenir...


Même si elle leur enviait cette liberté de choix qu'elle-même ne possédait pas, Hersende n'avait pas oublié ses projets de fuite de Genève. Ses amis l'avaient laissée maîtresse de ses mouvements. Elle leur avait exposé sa position, avait tenté de leur faire comprendre que son devoir vis à vis de son peuple dont elle avait reçu mandat la contraignait à retourner là-bas... Mais s'ils lui avaient affirmé qu'elle était libre de le faire si elle le voulait vraiment, ils n'avaient rien fait pour lui faciliter les choses, s'ingéniant à la retenir...
C'était d'ailleurs facile : Hersende n'avait pas d'argent. Les quelques écus que possédaient son fidèle secrétaire, un peu dépassé par les événements, n'auraient jamais suffi à affréter un bateau ni à se procurer des provisions en suffisance pour le voyage de retour.
Or un voyage à cheval – encore aurait-il fallu trouver ou voler des animaux – était exclu avec l'oriflamme de son armée qu'elle portait avec elle : jamais on ne lui aurait accordé le droit de passage...


En taverne elle avait questionné plusieurs étrangers, dans l'espoir qu'ils fussent venus en bateau. Mais tous voyageaient pas la route.
Elle avait appris aussi que sa Garde avait écrit à ses ravisseurs, les menaçant de mort s'ils ne la relâchaient pas. Peut-être ses vassaux personnels, Ledzepplin, Atchepttas et Castor22 la recherchaient-ils maintenant que certains en Provence savaient où elle se trouvait?
Elle devait rentrer au plus vite, afin d'éloigner tout danger de ses ravisseurs... et amis. Ils avaient agi de bonne foi, ils ne méritaient pas de courir un risque.



Peut-être pourriez-vous vendre ces quelques bijoux, Yvain? dit-elle à son secrétaire en lui tendant les boucles d'oreilles - bien modestes car c'était des souvenirs de sa mère, simple femme noble sans fortune - qu'elle portait depuis qu'elle avait vécu à Forcalquier.
A vrai dire, Majesté, j'ignore comment m'y prendre... Vous savez, je suis homme de lettres et ce genre d'affaires... Mais confiez-les moi, je vais tâcher de voir ce que je peux en obtenir.

Elle sourit au jeune homme qui ne semblait pas plus qu'elle accoutumé à ce genre de situation.

Et tentez de vous procurer quelques feuilles de parchemin ainsi qu'un ou deux pigeons qui connaîtraient le chemin de Provence. Je dois envoyer des courriers d'urgence... à mon fils avant tout, ajouta-t-elle le coeur serré.
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Hersende de Brotel, Marquise des Alpes Occidentales
Eavan
Un très léger sourire. Un fin sourire. Le plaisir de parler, vraiment. D'écouter, vraiment. D'échanger. Avec des gens biens, des amis. De véritables justes. Ne pouvoir que respecter ces mots, forts, vrais. Sincères. Eavan ne connaissait plus grand monde capable de mots vrais. De promesses tenues, de serments respectés.

Pourtant, une révolte était montée lorsque Véro avait parlé de leurs têtes avec une presque négligence. Et une tristesse infinie s'était rouverte dans le coeur de la Vidame aux mots d'Iskander. Des mots forts. Durs. Trop vrais. Trop douloureux. Les pertes ... c'était encore trop vivace. Et le spectre de son incapacité à protéger ceux qu'elle aime ressurgit, violent. Elle baisse les yeux, honteuse soudain.
Sa filleule qu'elle n'a su retenir. Sa soeur dont elle a apprit le décès, par hasard. De la honte oui, sous un voile de fierté.


Et finalement, elle garde les yeux baissés. Un murmure. Une promesse.

Si un provençal veut votre tête, il devra d'abord prendre la mienne. Je ne laisserais pas se faire une telle hérésie.

Les yeux brillants de beaucoup de sentiments contradictoires, présents, passés, qui s'entremèlent ... Une sorte de vulnérabilité mélée de force ... Un étrange mélange. Et puis relève la tête, et avec un ton léger, qui peine à masquer l'intensité des mots.


Et en ce qui concerne Hersende, je veux la rencontrer. Je suis venue pour vous, et pour elle. Je vous ai écouté, j'aimerais lui laisser la possibilité de me dire ce qu'elle en pense.

Et sourit.


Et puis, soyez surs que je ne suis pas -plus- une fanatique provençale. Je respecterais sa décision. Je ferais ce qu'elle me demandera de faire. Je ne suis pas là pour orienter les décisions.

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armes et bannière en réfection ...

Vidame de Provence
Baronne de Salon de Pce
Dame de Barjols, vassale de Rians & Dame de St Antonin sur Bayon
Officier de la Croix Provencale
Grand Officier de l'Ordre de Sainte Kyrène
Ledzeppelin
Led pris la plume et d'une main tendue par l'énervement elle jette les mots qui vont certainement sortir brûlants et tranchants, tant son émotion est vive.



Iskander !

Durant mon absence vous avez accompli un acte inqualifiable : vous avez porté atteinte à la personne sacrée de ma Suzeraine ! Je crois que vous avez la complicité de Beausoleil et d'Aubanne que vous avez attirées dans cette aventure insensée.

On me rabâche les oreilles en long, en large et en travers des vertueux motifs qui vous auraient guidés. Pour l'instant, fraîchement de retour, je ne vois qu'une seule chose : ma Suzeraine a été contrainte, ma Marquise a été enlevée, ma Marraine court un danger, ma chère amie n'est plus maîtresse de Son destin.

L'amitié que j'ai pour vous et vous connaissant, je me doute que vos motifs sont sérieux et non crapuleux. Mais en accomplissant un tel geste vous lui avez fait courir des risques immenses à tous points de vue. Je frémis rien que d'y penser.

Je me rend à Genève moi-même et prend mon armée avec la permission de la Comtesse de Provence, pour servir d'escorte à Sa Majesté pour aller ou elle le souhaite et non ou vous le souhaitez vous. Car quelle que soit sa décision, je ne viens pas dans le but de la ramener de force en Provence non plus. Mais je veux la voir, m'assurer qu'elle va bien surtout et ... vous dire ma façon de penser aussi. Si Elle a souffert d'une manière ou d'une autre de cet enlèvement, je vous le dis Iskander, je vous tuerais. J'ose croire que ma réaction ne vous surprend point.

Je joins un mot pour elle à travers vos bons offices puisqu'elle n'est plus maîtresse de son destin. J'espère que vous aurez l'honneur de le lui remettre.

LedZeppelin





Ma Chère Hersende !

Je te demande bien pardon de ne pas avoir été là pour te défendre.

Tout ce que je puis faire c'est accourir !

Je jure Hersende de tout faire pour préserver ta vie, ta santé, ton honneur et ta liberté. C'est vêtue de jaune et bleu, couleurs de Mondragon et les cheveux coupés par serment que je viens te chercher. Ceci pour que tu saches, si tu en avais douté, de l'attachement de ta fidèle vassale.

Je te dis donc à très bientôt !

Led

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Iskander
Ecouter les paroles d’Eavan. Retrouver la mesure de l’eau et celle du feu.

Eavan, noble, Vidame, guerrière. Pas encore vraiment sereine, mais ferme.


Accompagnez-nous donc jusqu'à la maison de la Lanterne aux Lucioles.

Elle sera là, ou pas loin. Elle sera heureuse de vous voir.


...

Pigeons, encore ... et un sourire enfin.



Valmeu,

Je suis content d'avoir reçu de tes nouvelles. Elles m'ont ravi. J'ai transmis tes compliments et tes attentions à Hersende.

Je rechercherai quelque paladin prêt à lui servir d'escorte jusqu'à votre rendez-vous, ou a défaut, un reitre, ou un lansquenet de confiance.

Mais tu comprendras que tant que je ne trouver personne prêt à risquer sa vie pour la mener à bon port, je ne pourrai la laisser partir en paix et la pousserai à différer son retour éventuel jusqu'à ce que j'ai quelqu'assurance de tout cela.

A très bientôt,

Cordialement,

Iskander


Et l'autre de venir. LedZeppelin ...



Dame LedZeppelin,

J'ai désespéré d'avoir encore jamais des nouvelles de vous. Voir la trace de votre plume sur le parchemin fut comme une aube nouvelle et une source de grande joie.

Comment allez-vous ?

Hersende se porte magnifiquement. Je la laisserai vous écrire autant qu'il lui plaira, mais je voulais déjà vous rassurer quant à son état.

J'ai plaisir à lire votre détermination et vous attends incessamment en la belle ville de Genève, où Hersende se repose.

A très bientôt,

Cordialement,

Iskander

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Milady
Un mot de Kalif, une lettre de Genève, des procès en Provence, un mariage au Rouergue, une maladie qui s'étend, une amitié brisée, un fiancé absent, des réunion diplomatiques, de la politique, du pain à trouver, une guerre qui fait rage, une famille en famine....

Constance aurait voulu s'arrêter, crier STOP et s'enfuir.

Comment, comment Hersende avait fait pour tenir un an, deux ans.... plus... comment ? Est-ce que comme elle, elle tenait malgré elle, en souffrant en silence ? Est-ce que sa couronne était un poids qui l'étouffait lentement ?

Parfois elle se disait qu'Iskander et les autres avaient raison... les provençaux de coeur partaient au fil des semaines et il ne restait que les fauteurs de trouble. La Provence d'antan n'était que nostalgie et la nouvelle Provence tuait. Parfois, elle se le disait... Une voix cependant, lui disait qu'on ne peut décider pour quelqu'un d'autre. Que si Sa Majesté devait quitter la Provence cela devait être de son propre chef.

Elle tournait en rond, si loin de Genève. Elle aurait voulu être sur place, savoir ce qu'il se passait ; mais elle était là. Elle était là à voir des conseillers discuter le concordat, des nobles discuter la régence et se contrefiche du sort de leur suzeraine, des provençaux être divisé entre deux discours en totale contradiction... Elle était là seule, elle avait perdue une amie, elle n'avait pas son fils avec elle et elle mourrait.

Constance faisait les cent pas dans son bureau, elle songeait, se perdait dans des pensées plus sombres les unes que les autres et s'interrompit.

Une quinte de toux assez violente la surprit. Elle lui coupait le souffle et Constance dût s'agenouiller et se recroqueviller pour cracher le mal qui venait gêner sa respiration. Sa main se posa sur le bord de ses lèvres, des larmes perlaient dans le coin de ses yeux. Quand enfin cela se calme, elle retira ses doigts de devant sa bouche et ses yeux s'écarquillèrent. Elle venait de cracher du sang....

Il fallut plusieurs heures de repos à la Comtesse pour retrouver un peu de force et de calme. Elle se décida à se remettre à l'envoi de courriers.




Prunille,

J'ai reçu ton courrier. Je ne te poserai que deux questions :
Quand pourrai-je voir mon fils ? je ne veux pas mourir sans l'avoir revu.
Que comptes-tu faire pour changer ça ? (je fais référence à ce que tu m'as écrit)

Mila




Iskander,

Je sais que tes motivations sont de coeur mais ramène Hersende. Laisse-la choisir, je t'aiderai à la convaincre s'il le faut.

Je vais mourir, je ne sais pas quand mais mon état de santé empire. N'en parle à personne. Je veux me marier, je veux revoir mon fils, des amis... je ne veux pas mourir régente.

Ma démarche est purement égoïste mais je t'en prie, laisse-la revenir, laisse-la choisir.

Mila




Zohadez, mon amour,

Il y a quelque chose que je me dois de vous dire. Je vais mourir. J'aurai dû vous en parler bien plus tôt, me confier à vous mais je craignais que vous changiez nos projets en l'apprenant.

Ma santé se détériore à vue d’œil. Je cache mon mal tant bien que mal mais mes derniers symptômes me laisse croire que bientôt, cela ne sera plus possible de faire semblant.

Je comprendrai que cette nouvelle vous fasse réfléchir à propos de notre mariage.

Je vous aime et croyez que j'aurai aimé prendre la plume pour vous promettre monts et merveilles pour vous assurer d'une longue vie à vos côtés... Je ne le puis...

Mila


Elle avait interrompu l'écriture de la dernière lettre, les larmes inondant son visage. C'est finalement en apposant son nom le plus simple qu'elle avait conclu la séance d'écriture.

Elle posa sa plume et attacha les parchemins aux pattes des pigeons. Elle s'endormit en entendant les battements d'ailes des pigeons qui s'envolaient par la fenêtre ; la pensée de sa mort prochaine l'angoissait, elle se pensait plus forte.

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Eavan
Eavan avait opiné légèrement aux mots d'Iskander. Elle avait bu un verre puis ses doigts avaient été chercher le capuchon. Elle attendit que ses deux amis se lèvent pour les imiter et les suivre.
Ils en étaient sans doute inconscient mais suivre des gens pour ainsi dire les yeux fermés dans une ville où elle n'était pas la bienvenue, c'était leur privilège. Elle ne portait une telle confiance qu'à de rares personnes.

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armes et bannière en réfection ...

Vidame de Provence
Baronne de Salon de Pce
Dame de Barjols, vassale de Rians & Dame de St Antonin sur Bayon
Officier de la Croix Provencale
Grand Officier de l'Ordre de Sainte Kyrène
Kalifleretour
[campement de Ost Marseillais... dimanche 31 juillet]

Alors que Kalif était en route pour le campement de l'armée de la comtesse de Saint Rémy vers la fin de la soirée, le pigeon tant attendu arriva enfin, une lettre de la Vice- Amirale de Provence attachée à sa patte. Il la prit et la lut attentivement : enfin leur bateau était prêt, enfin presque, la capitaine finissait de l'armer

Il replia la lettre et se dirigea à toute vitesse ver la tante de la comtesse, d'un signe de la tête il fit comprendre au garde de l'annoncer auprès d elle
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Lieutenant de la Garde Marquisale.
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